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VAnguloa uniflora R. et Pav. est une plante herbacée, pseudo-bulbeuse; à feuilles lancéolées , plissées; à fleurs solitaires, très grandes. Elle croît au Pérou, dans les bois. M. Kunth en a décrit et figuré dans les Nova Gênera et Species PL amer., t. I, p. 543, tab. 93, une seconde esp. sous le nom d'Anguloa superha, qui est également du Pérou, et que les habitants nomment Periqueto, à cause de la ressemblance de sa fleur avec la tête d'un Perroquet. (G...TV.)
AlVGULOS^. ARACii?i. — Voyez anguleuses. (H. L.)
AIVGUUIA, Tourn. [nec Linn.) ( àyyo^jotov, sorte de petit vase ). bot. pii.— Tournefort et quelques auteurs plus anciens donnaient ce nom à la Pastèque ou Melon d'eau ( CUrullus ) , et à quelques esp. du g. Cticumis. Voy. angourie. (Sp.)
* AIVGUSTIFOLIÉ. Angustifoliatus {angustus, étroit ; folium, feuille). Se dit de toute plante dont les feuilles sont étroites et plus ou moins linéaires. Cette expression ne s'emploie que comme nom spécifique.
(CL.) AIVGUSTIPEIVIVES ou STEIVO- PTÈRES ( angustus , étroit ; penna , plume, aile). INS. — Nom donné par M. Duraéril à sa 12= famille de l'ordre des Coléoptères , sous-ordre des Hétéromères , qu'il caractérise ainsi : Élytres dures, rétrécies. Antennes en fil , souvent dentées. —Elle se compose de 6 genres qu'on distingue entre eux par la suture des élytres , la forme des antennes et la présence ou l'absence de l'écasson. — Ces g. sont les Sitarides , les OEdémères , \(isNécydales , les Ripiphores, Xoa Mordelles et les ^naspes. Voy. ces mots. (D).
AIVGUSTURA. bot. pu. — Voyez
A>GOSTURA. (C. L.)
ANGYSTOME. Angystoma { angy .
corruption (Tuyyjrj, étreindre , serrer; azd- Ma, bouche j. MOLL. — Mauvais g. proposé par Klein, dans son Tcntamen MethodiOsiracologiœ, pour rassembler toutes les Coquilles à ouverture étroite qui ont cette pa-ilie obstruée par des dentelures plus ou moins saillantes. Quoique ce caract. soit très superficiel , et qu'il réunisse des coquilles extrêmement dill'érentes, on conçoit jusqu'à un certain point qu'il ait pu être proposé; mais il aurait fallu, du moins , que l'auteur
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se conformât aux caract. que '.ui-méme avait trouvés ; tandis que, loin de là, on trouve aussi , dans ce g. oublié de Klein , des Coquilles dont l'ouverture est grande et sans dents. (Desii.)
*AIVGYSTOMES (les). Angystomata [angy , corruption d'ayx^tv , étreindre , serrer; r:7d,u.x, bouchc). MOiL. — M. de Blainville a proposé cette famille dans son Traité de Malacologie. Il y rassemble un grand nombre de g. sous un caract. qui nous semble de peu d'importance, celui de l'étroitcsse de l'ouverture. On conçoit , en effet , que des animaux très ditférents peuvent habiter des Coquilles dont l'ouverture longitudinale est proportionnellement étroite. C'est ce qu'on a reconnu lorsqu'on a examiné avec toute l'attention convenable les difl'érents g. compris dans la famille de M. de Blainville. On y trouve les Cônes à côté des Strombcs, quoique les animaux de ces deux g. n'aient pas la moindre ressemblance. L'on y remarque, à côté des deux g. que nous venons de nommer, tous ceux de la famille des Enroulés de Lamarck; on y rencontre même les Volutes et les Mitres. Une personne qui aurait été plus exercée que M. de Blainville à juger de l'importance des caract. des Coquilles aurait évité certainement la confusion qui règne dans sa famille des Angystomcs, Les premières observations de MW. Quoy et Gaimard , quelques unes de M. Lesson, plusieurs de M. Délie Chaje, auraient pu guider M. de Blainville dans l'appréciation des caract. zoologiques de plusieurs de ces genres. Aujourd'hui qu'ils sont parfaitement connus , depuis les beaux travaux de MM, Quoy et Gaimard, il faut revenir, sans beaucoup de changements , aux familles de Lamarck, et abandonner cette famille des Angystomcs de M. de Blainville. (Desh.)
*ANHALONIUM.4riocarpus,Scheidw.
( 6 priv.; V euph.; «/wvtov, petite aire, aréole). BOT. PU. — G. de la famille des Cactées, de notre Ir. desPhymatocotylédonées, que nous avons établi {Cact. Gen. nov. Spec.q. nov. 1859. — Herb. de VAtn. 1840 ) en lui assignant pour caract. : Rhizome perpendiculaire, béti forme. Aréoles nulles. Mamelons prismatico-triangulaires , plans en dessus^ foliiformes à la base , disposés en rosace spirale. Aiguillons nuls. Aisselles garnies d'une laine 1res abondante , persistante. Inflores- 35*
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cence axillaire. Fleurs amples , a divisions périgoniales bisérices , connécs à la base en un tube court, lisse, charnu. Élam. nombreuses, inégales, incluses, insérées sur le tube en séries spirales , à filaments très ténus. Style égalant presque les divisions , dilaté au sommet , charnu , infundibuliforme, creux dans toute sa longueur , et peu à peu atténué vers la base; rayons stigmatiques S, grands, ré volutes, papillcux, charnus, arrondis en dessus. Baie subanguleuse , lisse, d'un blanc-rosé pâle, comme les fleurs.
Graines nidulantes, digitaliformes. Pulpe rare. — Ce g. ne se compose encore que d'une seule espèce, 1'^. prismaticum ?iob., plante rare et Tune des plus singulières de cette singulière famille. Elle rappelle complètement par son faciès VÂloc retusa, dit vulgairement le pouce écrase. Elle a été découverte au Mexique , croissant dans les fissures d'une roche porphyrique , près de San Luis de Potosi, h 2,lll"',4o4 oa 2,!275'",8Tô de hauteur au dessus du niveau de la mor. Le rhizome de cette plante , d'environ O^.Sl" à0'",2"l de long, sur une grosseur proportionnée, est semblable à celui de notre betterave cultivée, et rempli, comme dans celleci, d'une pulpe épaisse et violacée , très Goreuse , caverneuse , laissant couler, quand on la coupe, un suc lactescent pour ainsi dire intarissable. Le caudex est formé de mamelons prismatiques , triangulaires , très glauques, obtus et membranacés sur lesborùs ainsi qu'au sommet, sur le côté plan duquel, et à peu (Je dislance de son extrémité, se voit quelquefois, dans la jeunesse du manie- Ion, un véritable nectmire ( oa fausse aréole) garni d'un court duvet fauve et caduque. Dans les très jeunes individus (naissants), les mamelons sont cylindriques-déprimés , cl portent au sommet un faisceau de soies caduques , barbelées , qui rappellent les aiguillons ordinaires des Cactées , et ne prennent que peu à peu la forme angulaire des individus adultes. Toute la surface culiculaire des mamelons est membraneuse et parsemée de petits points blancs ( stomates ). Les fleurs naissent en grand nombre au sommet de la plante. Elles sont d'une excessive délicatesse , et ont près de O'",054 d'ouverture. Les pétales en sont légèrement frangés au sommet, et munis, en dehors, d'une nervure médiane pourprée. Les anthères sont d'un beau
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jaune orangé; le stigmate est blanc. Le» graines sont noires, multiforaminées , en forme de dé h coudre. — Ce g. est très voisin des Mammiliaria , en raison de son inflorescence axillaire , et d'autres caract. qui leur sont communs. Toutefois son faciès , l'absence de véritables aiguillons , le mode d'insertion des étamines, etc. , l'en éloignent suflîsamment. Ce g. paraît devoir être adopté. VO'J. ARIOCARPl'S. (C. L.)
AIXHALTIA (nom d'homme), bot.
CR. — ( Phijcees. ) M. Schwabe ( Linnœa , 1834; Heft. tome I, p. 127, cum icon. ) a tenté d'élever sous ce nom , au rang de gcn re , une esp. que tous ses caractères rejettent dans le g. Chœtospora. {Voy. ce mol. ) llne seule espèce , que l'auteur nomme A. Fridericœ , composait le g. Anhaltia , qui n'a pas été adopté. (C. M.)
*AKHAMÎ\IUS. nss.— G. de Coléoptères létram., famille des Longicorncs , établi par M. Dupont , et adopté par M. Dejean, qui, dans son dernier Catalogue , le place à côté du g, Monohammus de Megerle, qui appartient à la tribu des Lamiaires de M. Servillc. —Ce g., dont les caract, n'ont pas été publiés , ne renferme qu'une seule esp. , de Java, nommée par M. Dejean A. conspersiis. D'après l'examen que nous avons fait de cette esp. , les caract. principaux qui la séparent du g. Monohammus sont ; Point d'épines latérales au corselet. Présternum très avancé. Yeuxoblongs. Angles huméraux très aigus. (!>•)
*ANÏIEBECARPEA( â priv.; v euph.; i?/;, duvet [de puberté] ; za/jirss, fruit), bot. PII. — Division du g. Felicia, Cass. de la famille des Synanthérées-.'Vstéroïdées , formée par M. De CandoUe {Prodr., v. 221), et caractérisée par des akènes très glabres. (C. L.)
*ANIIÏIVGA. Plotus { Atihinga , nom brésilien de ces oiseaux, selon Marcgrave; Plotus ou Plautus, en ïalin pied plat, em ployé primitivement par Klein pour une famille de Palmipèdes, et appliqué par Linné aux Anhingas). ois. — Ce g. , de l'ordre des Palmipèdes de Cuvier cl de sa famille des Totipalmes , fait partie de notre famille des Pélécanidées, sy n. de ces derniers , et de notre s.-famille des Plotinées.Les caract. en sont- Bec plus long que latCtc, très droit, grêle, très fendu et très aigu , à bords rentrants et
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finement denliculés vers la pointe; narines peu visibles, situées, au bord du front, dans une rainure linéaire. Tète petite et grélc, cou extrêmement long et mince. Tarses très courts , mais robustes ; doigts intermédiaires et externes égaux; tous, ainsi que le pouce, engagés dans une membrane; ongles robustes , recourbés et acérés, l'intermédiaire pectine à son bord interne. Ailes allongées. Queue très longue, arrondie, formée de 12 pennes singulièrement raides , les médianes surtout, qui, ainsi que leurs tiges, sont traversées de stries profondes en forme de cannelures.
Ces Oiseaux sont piscivores et excellents nageurs et plongeurs, quoiqu'en même temps percheurs. Leur conformation particulière concourt parfaitement à leur rendre plus faciles ces deux, genres de locomotion. Leurs tarses courts, mais très robutte;; et déjetés en arrière ; leurs larges pieds totipalmés, et leur queue à pennes longues et raides faisant roflice de gouvernail, leur servent merveilleusement non seulement à plonger, mais à nager et à se diriger rapidement sous l'eau, lorsqu'ils y poursuivent leur proie. La longueur de leur cou semblerait seule un obstacle à celte marche rapide et sous-riveraine ; mais, dans cette circonstance, ils le tiennent raide et tendu; de plus, leur bec et leur tète efQlée, qui le précèdent, en font une sorte de flèche susceptible de fendre l'eau avec la plus grande facilité. ■\ous ne doutons pas que ce cou ne soit doué d'une grande énergie musculaire et que ses vertèbres n'oUVent de fortes apophyses pour l'attache des muscles , comme on peut le remarquer chez les Plongeons, les Grèbes, excellents plongeurs et nageurs comme eux, et possédant la même faculté de natation sous-marine et sous-riveraine.
D'après cette organisation particuUère, les Anhingas, naturellement méfiants, plongent dès qu'ils éprouvent la moindre frayeur et ne reparaissent le plus souvent qu'à une grande distance ; encore ne mettent-ils que leur tète hors de l'eau pour respirer un instant et nagent souvent dans cette position. Quoique Palmipèdes, ils se perchent, comme tous les Totipalmes, sur les arbres qui iîordent les rivages , y passent la nuit et y 1 lèchent. C'est sur les eaux douces et les sa-
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vancs noyées des régions les plus méridionales des deux mondes que les Anhingas vivent habituellement. Ils y poursuivent les poissons qui font leur nourriture. Quand ils en ont saisi quelqu'un , ils l'avalent tout entier s'il est petit, et sans sortir de l'eau ; mais s'il est trop gros, ils l'emportent sur un rocher ou sur un tronc d'arbre, où ils le dépètent à l'aide de leur bec et de leurs ongles crochus. Jusqu'ici l'on n'a encore bien constaté que deux espèces d'Anhingas : l'une africaine, c'est VÂnhinga, Levaillant {Plains Levaillantii, Enl. 107 ; Teni. Col. 587), noir depuis la poitrine jusqu'à la queue,' avec la tète, le cou et les couvertures alaires , d'un roux doré , et une bande blancne descendant de chaque côté depuis l'œil jusqu'à moitié du cou; l'autre américaine, c'est VÂnhinga à ventre noir ( Plotus mêla' nogaster, Enl. 9o9et9G0; Vieillot, GaL , pi. 278; et YVilson, pi. 74, 1, 2). Le mâle, dont nous nous sommes procuré un individu adulte et en livrée de noces, est alors tout noir, à reflets vert-bouteille, et porte sur la tète une huppe de plumes effilées retombant en arrière, et qui , réunies à celles du dessus du cou, également allongées, lui forment une sorte de crinière très remarqua-; ble. Les variations assez nombreuses qu'éprouve le plumage de ces oiseaux suivant les mues et la différence des sexes en ont fait multiplier à tort le nombre des espèces. ( Lafk. )
* ANHÎSTE. Anhlstiis. (:?.priv.; Iço,- , toile, tissu), bot. cr. — Quelques auteurs se servent de cet adjectif pour caractériser certains organes des végétaux, dans lesquels on n'observe, au plus fort grossissement du microscope composé , aucune structure cellulaire. De ce nombre sont les tubes extérieurs des Conferves , et , en général , des' Algues filamenteuses articulées. (C. M.)
■*■ ANHYDRE. Ânhydrus («vucT^os, qui manque d'eau). Épithète donnée à tout corps qu'on soupçonne d'être privé d'eau.
* ANHYDRITE {à-Jv^Tpa, qui manque d'eau). GÉOL. — M. Cordier {Classification des Roches) a donné ce nom à une esp. de sa famille des Roches à base de sulfate de chaux. — L Anhydrite est formée de chaux et d'acide sulfurique , et ne contient par consé-
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quent pas d'eau de composition. Elle se présente tantôt à Tétat grenu, tantôt à J'état compacte , et quelquefois avec ces deux sortes de contexturc. Elle est ordinairement blanche , bleuâtre , ou même rougeâtre, et, dans ce dernier cas, elle doit sa couleur au protoxyde 'Je fer; quelquefois elle est noirâtre ou grise par suite de la présence de quelques matières bitumineuses.
On trouve aussi, mais très rarement, le soufre , dissémine en parties très ténues dans l'Anhydrite. Il peut arriver alors que la roche prenne une teinte citrine, et donne une odeur sulfureuse par la calcination.
Indépendamment des minéraux que nous venons de citer comme se trouvant disséminés accidentellement en parties impalpables dans cette roche, on peut y rencontrer des grains plus ou moins distincts , savoir : 1° de Carbonate de fer, â» de Pyrite ordinaire, 5" de Boracite (borate de magnésie) toujours cristallisé, 4" de Chlorure de sodium (sel commun) , quelquefois assez abondant pour y être exploité , par dissolution , comme à Bex,en Suisse. L'Anhydrite, considérée en grandes masses , contient presque toujours quelques parties sédimentaires, même celle des terrains les plus anciens. Dans les terrains primordiaux, elle ne renferme guère que les minéraux accessoires de la doiomie,tels que le Mica, leTalc, l'Amphibole grammatite, et des cristaux de carbonate de chaux magnésifère. Dans les terrains subséquents , elle peut contenir du Quartz et du Mica.
Cette roche, qu'on croyait jadis restreinte à l'étage des grès bigarrés, flgure, ainsi que nous venons de le dire , dans quelques terrains primordiaux, dans tous les étages de la période salino-magnésienne , et dans ceux de la période crayeuse. Il est probable que , dans beaucoup de cas, elle doit sa formation à une épigénie qui s'est exercée plus ou moins profondément sur des masses calcaires par l'action de vapeurs sulfureuses , qui ont transformé le carbonate de chaux en sulfate anhydre. Cette opinion est justifiée par la présence des fragments de la roche originaire qu'on trouve dans les amas d'Anhydrile de diverses localités; dans les autres cas, elle parait s'être formée de toutes pièces à la manière des roches de sel gemme.
L'Anhydrit« est susceptible de s'hydrater
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à la longue , alors elle se désagrège, devient spongieuse, augmente de volume, et flnit par se convertir en gypse proprement dit. (C. D'O.)
AIVIIYDRITE (avu'^^o,-, sans eau).
MEV. — Nom donné par Werner au sulfate de chaux anhydre ou sans eau , autrement dit Rarsténite. Voij. silfates. (Del.) ANI. Crotophaga (ani, nom vernaculaire; x/5c't'jjv, tique, vermine; pa/o'î, mangeur ). ois. — G. de l'ordre des Grimpeurs deCuvier, et des Zygodactyles de Vieillot et de Temminck , faisant partie de notre famille desCuculidées et de notre s.-famille desCrotophaginées. Les caract. en sont : Bec très élevé et très arqué supérieurement, Irèi comprimé, et formant une carène arquée et très mince, souvent ridée sur ses côtés, et s'avançant par derrière entre les plumes du front. Narines de forme ovalaire , placées près de la base du bec , vers le milieu de la mandibule. Ailes faibles, à rémiges courtes , sub-obtuses. Tarses médiocres, à larges scutelles; doigts minces, terminés par des ongles faibles. Queue longue, étagée.
Ces Oiseaux, particuliers au nouveau monde , sont d'un naturel très familier et éminemment sociable. Ils vivent en troupes plus ou moins nombreuses , et se tiennent ordinairement hors des grands bois , dans les savanes plantées de buissons , ou au milieu des palétuviers des marécages. Ce qu'ils offrent de plus remarquable dans leurs mœurs est leur nidification. Ils travaillent en commun à la construction d'un nid assez grand pour que plusieurs femelles puissent y pondre et y couver ensemble ; à peine une très légère cloison les sépare-t-elle l'une de l'autre, et souvent les œufs se trouvent mêlés et couvés par une seule , lorsque les autres sont à chercher leur nourriture. Toutes les esp. ont la même coloration de plumage , un noir intense , avec la plupart des plumes bordées de vert ou de bleu luisant. On n'en a connu long-temps que deux espèces, l'Ani des palétuviers {Crotophaga major. Lin., Enl., Wl-l ), et l'Ani des savanes {Crotophaga Aiii Enl. , 102->i>, et Vieillot, Gai., pi. 45). Depuis , M. Lesson en a publié une troisième esp., dans son Traité et dans sa Cent. zooL, pi. 9, sous le nom d'Ani dv Lascasas {Crot. Casasii) , que M. Swainson a prétendu être le même que son Crotopho-
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ga iulcirostra, publié antérieurement dans son Sijnopsis ofMexican Birds. Ce dernier auteur en a encore décrit deux autres dans la b' partie de sa Classification, sous le nom de Crot. riigirostra et de Crot. semisulcata, toutes deux de l'Amérique méridionale.
Vieillot a rangé parmi les Anis , sous le nom d\ini Guira cantara {Crot. Piririgua, Gai., pi. 44), un Oiseau du Paraguay et du Brésil qui, d'après les couleurs de son plumage et la forme de son bec , semblerait mieux placé avec les Coucous , mais qui réunit les habitudes toutes exceptionnelles de nidification et d'incubation en commun des Anis, et qui, d'après Azara, s'associe même à eux pour nicher et couver sur le même arbre. M. Lesson , dans son Traité , a fait de cet oiseau une division de ses Coucous , sous le nom de Guira.
Ces habitudes toutes particulières , et qui ne se retrouvent chez aucune autre esp. de Coucou, nous engagent à adopter cette dénomination de Guira donnée par M. Lesson; mais nous en formerons un s.-g. du g. Anij la conformité de leurs mœurs nous paraissant , dans cette circonstance , assez déterminante pour un tel rapprochement.
Ainsi notre g. Ani[Crotophaga) renfermera le s.-g. Guira Less., formé d'une seule esp., le Guira piririgua Nob. {Piririgua Azara, Crotophaga piririgua Vieill. , Gai. , pi. 44) , à bec rougeâtre, ayant un plumage mélangé ie .oux , de llammettes brunes sur un fond blanc , une huppe de plumes étroites , pointues, rousses au sommet , blanchâtres à la base; des ailes brunes, variées de brun et de blanc; la queue blanche en dessous, traversée au milieu d'une très large barre noire, et les tarses jaunes; du Brésil et du Paraguay. (Lafr.)
AIVIA (avi3i, chagrin?). BOT. pu. — G.
de la famille des Orchidacées, tribu des Épidendrées, créé par Lindley [Orchid. 129), qui lui assigne les caractères suivants : Lacinies du périgone linéaires-lancéolées, égales , conniventes ; les extérieures semblables. Labelle trilobé, plan, lamelle au milieu, conné avec la base du gynostème, qui se prolonge quelquefois en éperon ou en capuchon. Gynostème dressé, allongé, ailé. Anthère 6-8-lo"ulaire. PolliniesS, égales, ou les alternes plus petites. — Les espèces peu
nombreuses de ce g. appartiennent à l'Inde , et sont épiphytes, à rhizome rampant; a feuilles plissées , membranacées , solitaires ; à scapes muitiflores. (C. L.)
* ANIAUA («vw.^o'î, triste). Tfis. — G. de Coléoptères hétéromères , famille des Taxicornes, établi par M. Dejean, mais dont il n'a pas publié les caract. D'après la place qu'il occupe dans son dernier Catalogue , il appartiendrait à la tribu des Diapériales de Latreillc. Il y rapporte 7 esp. , toutes exotiques, et chacune d'une contrée dlirérente. Nous citerons comme type celle que M. Bu quet a nommée A. dorsalis, et que nous avons vue dans sa collection. Elle se rapproche beaucoup, pour la forme, de VUloma culinaris Fabr. La tête et le corselet sont noirs; Icsélytres rougeûtrcs, avec une grande tache noire elliptique sur la suture ; les antennes et les pattes rougeâtres. Cette espèce est de Java. (D.)
ANIBA. Cedrota, Schreb. (nom vernaculaire ). bot. pu. — G. formé par Aubiet [Guyan., t. 126) sur un arbre de la Guyane, et ainsi incomplètement caractérisé : Cal. sex- parti, à segments obtus, concaves.
Étam. 8, hypogynes, à filaments courts, à anth. ovales. Un seul style. Ovaire ceint d'une glandule. Un style court, à stigm. obtus. Fruit.... ? Feuilles opposées ou verticillécs. Fleurs petites, en grappes. Bois citrin, aromatique, appelé , dans le pays, bois de cèdre. — Les botanistes sont d'accord pour regarder cet arbre comme une espèce indéterminée du g. Launis. Voy. ce mot. (C. L.)
*ANlDE.^mdews(à priv.; tî-Toi, lUix , T'hy., forme, espèce}, térat. — Genre de Monstres unitaires, type de la famille des Anidiens. Votj. ce mot. (I. G. S. H.)
* ANIDIENS. Anidœi. {Voy. AivroE.) TÉRAT. — Cette famille, que nous avons nous-même récemment établie {Voy. Hist.
gén. des Anomalies, t. II, 528 , ne comprend qu'un seul g., composé d'un très petit nombre de cas ; et elle est jusqu'à présent fort imparfaitement connue. L'excessive simplicité de l'organisation des Anidiens les place tout à fait au bas de la série des Monstres unitaires omphalosites; c'est non seulement le dernier terme connu parmi les Monstres de cet ordre, mais presque le dernier terme que l'on puisse concevoir comme possible. Qu'on se figure un sac de forme ovoïde ou globu-
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leux, mais toujours mal symétrique , tantôt nu et tantôt velu, ne renfermant aucun viscère distinct , pas même de canal intestinal, mais seulement du tissu cellulaire, de la graisse, quelques branches vasculaires, et tout au plus quelques osselets informes : tel est le corps d'un Anidien, réduit ainsi à une sorte de bourse cutanée dont on aurait peine à déterminer la nature, sans ses connexions avec le cordon ombilical , à Tcxtrémité duquel on la trouve suspendue. De là, un caractère très remarquable et exclusivement propre à ce groupe , au moins par rapport à tous ceux qui le précèdent : c'est l'absence de toute forme spécifique. Chez tous les Jlonstres unitaires autosites sans exception, chez tous les autres Omphalosites, c'est-à-dire chez les Paracéphaliens et les Acéphalicns, il est toujours facile de déterminer à quelle espèce zoologique appartient l'être anomal que l'on examine. Parmi les Anidiens , cette détermination est impossible , au moins sans une analyse anatomique très déUcate, puisque le corps n'est plus qu'un sac ovoïde ou globuleux , sans appendices comme sans caractères spéciaux de forme.
Le genre Anide, type de cette famille, a été établi seulement en 1832 par Gurlt l Voyez Lehrbuth der path. Anat. der Haus-Sœugeth. , partie II , page 13 ) sous le nom inadmissible d'J.mo;p/ius; mais on connaissait déjà depuis long-temps deux exemples de la même monstruosité. L'illustre Ruysch avait figuré , il y a un siècle , dans ses Trésors anatomiqiies , un Anide né d'une vache, et un cas analogue chez l'homme avait été décrit il y a cinquante ans en Angleterre par le docteur Bland. Mais ce type organique , qui caractérise le singulier genre des Anides, et dont ni Ruysch ni Bland n'avaient saisi les conditions , avait été laissé dans un oubli complet , et c'est à Gurlt que Ton doit d'avoir reconnu dans les Anides de véritables monstres, plus simples seulement que les autres , et notamment que les Acéphaiiens, dont, comme nous l'avons montré, ils sont d'ailleurs voisins à quelques égards. Aux deux cas déjà connus, Gurlt a eu en outre le mérite d'en ajouter deux autres , fournis , comme celui de Ruysch, par l'espèce bovine. Nous ne doutons pas que, l'attention se trouvant
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ainsi fixée sur ce groupe physiologique si remarquable , son histoire ne s'enrichisse promplement de nouveaux faits , et que bientôt la famille des Anidiens ne comprenne un plus grand nombre de cas, dont quelques uns pourront devenir les types de nouveaux genres. [I. G. S. H.)
*AIVIDIUM,Necl£. (corruption et dimin.
(ranisum , anis ). bot. pu. — Syn. du g. Bifora, HolTm.; de la famille des Ombelliferes. (Sp.)
* ANIDRITM, BC.Prodr. est une erreur typogr. pour Ânidium. Voyez ce mot. (Sp.)
ANIGOSAIVTHUS, Labili.; Anigozia, Salisb. ; Anœgosanthus, Reich. ; Sc/itc<pgrichenia, Spr. (àvor/oj, je développe; kv9os, fleur). BOT. PII. — G. de la famille des Hémodoracées, créé par Labiliardière {Voyag., t. 1,441, t. 22, ISov. HolL, II, 119) et dont voici les caractères essentiels : Périgone corollacé, laineux en dehors ; tube allongé, conné avec l'ovaire à la base, puis décidu. Limbe sexfîde. Lacinies presque égales, unilatérales supérieurement. Étam. 6 , ascendantes , insérées à la gorge du périgone. Filaments filiformes. Loges des anthères adnées à un connectif en avant. Ovaire 3-loculaire ; ovules nombreux insérés sur des placentas saillants , dans l'angle central des loges... Style filiforme. Stigmate simple. Caps, infère, 5-loculaire, subglobulcuse, loculicide-trivalve au sommet ; graines nombreuses. — Ce genre, qui a besoin d'être encore étudié, renferme cinq ou six espèces, presque toutes cultivées, pour la singularité de leur inûorescence, dans les serres d'Europe. Elles sont indigènes dans la partie australe de la Nouvelle-Hullande ; ce sont des plantes herbacées, vivaces, persistantes, à racines fibreuses, fasciculées, épaisses; à tige simple ou ramifiée au sommet, laineusevelue, garnie de feuilles ensiformes, à lame inverse, semi-vaginantes à la base ; fleur? grandes, remarquables, disposées en unesor te de corymbe formé d'épis courts et garnis de bractées oppositiflores. Périgone laineux en dehors. Poils colorés, ramifiés. — L'esp. la plus remarquable du g. est 1'^. coccineus de Paxlon. (C. L.)
AA'!L ou AiVIR. bot. pu. — Synon. , dans les Antilles, de VIndigofera tinc'toria L. vC. L.)
ANILOCRE. Anilocra. crvst.
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Leach désigne sous ce nom un g. de l'ordre des Isopodes, famille des Cymothoadcs, dont les caractères peuvent être exprimés ainsi : Yeux granulés, convexes, écartés. Côtés des derniers articles de l'abdomen presque '■'nvolutés ; le dernier article plus étroit h son extrémité. Pattes d'égale grosseur. Lames des appendices ventraux postérieurs inégats, allongées; les extérieures plus longues que les internes.— Ce g. renferme trois espèces, dont une a été dédiée à Cuvier, et se trouve dans la mer de l'île d'Ivira ; les autres habitent la Méditerranée et les mers du cap de Bonne-Espérance. (H. L.)
ANIMAL. — Le mot animal exprime , dans la langue française comme dans la langue latine , un être doué d'un principe de sentiment et de mouvement, que les Latins appelaient anima , du grec ave /o?, qui signifie air, vent, souffle de l'air. C'est que respirer , pour les peuples qui ont créé le mot animal, était le premier caractère de la vie. Cesser de vivre était rendre , par la dernière expiration , le principe de la vie , animam efflare. La distinction nominale latine et française des animaux a donc été prise d'abord du phénomène de la respiration aérienne; aussi l'adjectif ammahs, dérivé d^animal, voulait-il dire, chez les Romains , non seulement qui respire , mais encore qui a vie, et, ce qui était pour eux la même chose, qui est anime.
Ces idées sur la vie étaient d'ailleurs conformes à celles des Grecs, chez lesquels les mots Çtisv, animal, et Ç'«ji, vie, ne dillcraient que par la terminaison et par le genre.
Ainsi ridée la plus simple qu'on s'est faite d'abord d'un animal était celle d'un être qui respire. Plus tard , celte idée s'est comiplétée par celle d'un êtie ayant en lui un principe d'activité qui le rend susceptible de recevoir les impressions du monde extérieur, d'en être excité ou affaibli ; puis un autre principe d'activité qui lui donne la faculté de se mouvoir ou d'agir sur ce même monde. Enfin on s'est élevé à un principe supérieur d'activité, auquel les deux autres sont subordonnés , au moi , qui a la faculté de percevoir ces impressions , auquel elles deviennent sensibles, et qui produisent en lui un sentiment de plaisir ou de peine , des désirs ou des aversions; et, par suite, la volonté d'agir, dont il a la puissance au
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moyen de ses organes du mouvement.
On a cru pouvoir ajouter encore à ces caractères facultatifs un caractère d'organisation et de fonction , celui d'être pourvu d'une poche intéiieure, ayant son entrée (I3 bouche ) à la surface du corps , pour recc voir du dehors les substances alimentaires et les digérer ; mais nous verrons bientôt que ce caractère n'est pas absolu , et qu'il manque à quelques uns des animaux les plus simples.
La science n'a réuni que depuis peu d'années tous les êtres vivants , les végétaux et les animaux , en un seul groupe , celui des êtres organisés , pour les opposer, dans une étude commune, aux êtres privés de la vie , aux êtres inorganiques.
Cependant Linné, dans la l"édit. du Systema Natures , qui date de plus d'un siècle ( 23 juillet 1725 ), définissait déjà les végétaux des êtres naturels qui croissent et vivent, et il les distinguait des minéraux par ce dernier caractère , qu'il retrouvait dans les animaux, jouissant , de plus que les végétaux, de la sensibilité: Lapidas crescunt. Vegetabilia. crescunt et vivunt.
AjîiMALiA crescunt, vivunt et sentiunt.
Après plus d'un demi-siècle, Gmelin, dans une édition du même ouvrage , ajoutait au caractère d'être vivant, donné par Linné aux végétaux et aux animaux , celui d'être organisé , et à celui de sentir , par lequel les animaux se distinguent, suivant Linné, des végétaux, celui de se mouvoir spontanément : Lapides, corpora con(7esra. Vege- TABiLiA , corpora organisata et viva , non sentientia. Aiximalia , corpora organisata et viva, sentientia , sponteque se moventia.
3Iais il y avait encore, dans ces trois divisions des êtres de la nature, dont les principaux caractères distinctifs étaient sans doute bien indiqués, le défaut capital, à notre avis du moins , de ne pas les grouper d'après le degré d'importance de leurs principaux caractères difierenticls et de ressemblances.
Il fallait opposer d'abord tous les êtres organisés , ou doués de vie , aux êtres inorganiques.
C'est surtout au célèbre Bonnet que i'ou doit de s'être arrêté à cette importante co'isidération de l'organisation, et d'avoir étudié tous les êtres qui en jouissent, du moins sous le point de vue de leur propagation
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§ 1. — Caractères généraux de l'organisation.
Les corps organisés ont principalement, et en premier lieu, le caractère de Vindividualité. Il résulte d'une forme propre, bien circonscrite, qui distingue l'être individuel de tout ce qui l'entoure , qui le limite dans l'espace, qui le sépare des autres êtres organisés et de l'être compliqué dont se compose le monde inorganique. Elle suppose des forces indépendantes qui agissent en lui, pour lui conserver cette forme particulière , ou pour la modifier, toujours d'une manière caractéristique, aux diCférentes phases de son existence.
Cet être individuel est un petit monde, •lui ne se distingue pas seulement par sa forme et par son volume ; mais encore par sa composition chimique et par sa composition organique , c'est-à-dire par la nature et par les différents arrangements de ses molécules constituantes. C'est un centre d'attraction et de répulsion , qui prend et rejette autour de lui les matériaux qui doivent entrer et s'user dans la composition de ses organes. C'est un tout, dont les parties sont d'autant plus dépendantes de l'ensemble , quelles sont plus nombreuses et plus compUquées. C'est une machine {Vorganisme) dont les rouages (les organes) sont admirablement arrangés pour produire la succession des phénomènes qui constituent et caractérisent la vie individuelle.
Tous ces caractères d'individualité distinguent le corps organisé eî vivant du corps brut ou inorganique , dout l'individualité est beaucoup plus diûicile à saisir.
Pour les uns , l'individualité minérale existe dans la molécule intégrante , composée d'un groupe d'atomes de même nature ( les corps simples) ou de natare différente ( les corps composés ), allcctant une forme déterminée. Pour les autres, l'individualité minérale ne se montre que dans les agrégats réguliers de ces mêmes molécules intégrantes dont se composent Il's cristaux.
Le repos, la permanence de la forme, de l'agrégation des atomes, qui constituent la molécule intégrante, ou de l'agrégation des molécules intégrantes qui constituent le cristal, caractériscnl, dans l'une et l'autre sup-
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position, l'individualité minérale, dont la durée est indéflnie, une fois qu'elle a été constituée; elle ne peut être détruite que par une force extérieure étrangère, dont l'énergie viendrait surmonter celle qui maintient réunis, dans l'état de repos, les atomes de la molécule intégrante ou les molécules intégrantes du cristal.
Les vicissitudes successives de forme , de volume, de compositions chimique et organique, de phénomènes, qui manifestent et distinguent le mouvement vital dans chaque individualité organique; qui limitent son existence, comme elles la caractérisent ; tous ces changements , et leur succession régulière , établissent , au contraire , de la manière la plus évidente une séparation tranchée entre le monde organique et le monde inorganique.
Nous n'avons pas besoin de pousser plus loin notre comparaison pour en conclure qu'il n'y a pas de passage gradué et insensible de l'un à l'autre; que l'échelle des êtres est une hypothèse insoutenable , et que les êtres naturels , étudiés sous ce premier et grand point de vue , se séparent et se classent en deux grandes séries bien caractérisées, celle des corps inorganiques et celle des corps organisés.
Les corps organisés ( Voy. ces mots ) composent le règne organique, le règne de la vie individuelle, et l'autre le règne inorga nique, le règne de la vie générale.
§ 2. — Les corps organisés se divisent en végétaux et animaux.
Ce dernier peut se subdiviser de même ; mais d'une manière beaucoup moins tranchée, en deux autres séries, celle des végétaux et celle des animaux , formant ensemble deux règnes subordonnés au grand règne organique.
Nous venons de faire connaître les animaux par leurs caractères les plus généraux, ceux qu'ils partagent avec les végétaux, comme corps organisés et doués de la vie , et qui se distingucntles uns et les autres des corps bruts ou inorganiques.
Pour compléter l'idée que nous devons nous faire d'un animal quelconque , il nous reste à exposer , avec quelques détails , les caractères qui le distinguent plus ou moins
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d'un individu végétal. Ces caractères sont matériels et dynamiques ou phénoméniques.
§ 3. — Composition chimique.
La composition chimique différentielle entre l'organisme végétal et l'organisme animal tient sans doute à la prédominance du carbone dans le premier, et à la grande proportion relative de l'azote dans ce dernier.
Le tissu cellulaire végétal a généralement une composition chimique isomère avec l'amidon, et le ligneux qui se dépose dans ce tissu et le durcit se compose d'un dixième en sus de charbon, ou de 0,54 , au lieu de 0,44. (D'après M. Payen. Voij. les comptesrendus de l'Académie des sciences pour 183P, no 2, p. 51.)
Mais ce tissu n'est pas dépourvu d'azote , surtout dans les graines ibid. p. GO) ou dans les organes naissants. Le cambium même en renfermerait. [Ibid. —Premier semestre de 1838^ p. 152.)
Cependant l'organisme animal est généralement plus azoté. Remarquons d'ailleurs que , quand il se durcit , c'est surtout en se pénétrant de matières salines ( de sels calcaires) étrangères à sa constitution primitive; tandis que le ligneux qui solidifie le tissu végétal appartient essentiellement à son organisme, et le caractérise tellement , qu'il semble que le dernier but de la végétation est d'en surcharger cet organisme, et de lui donner la rigidité qui finit toujours par le caractériser.
§ 4. — Éléments organiques.
Les éléments organiques des végétaux sont les différents sucs celluleux ou les dill'érentes sèves qui se meuvent dans ce tissu végétal , pour leur propre élaboration, ou pour la nutrition et pour les sécrétions. Ces sucs, ou ces sèves en mouvement, composent les liquides nourriciers en usage. Il faut y comprendre le cambium, liquide ou demi-fluide nourricier en mouvement d'assimilation, ou s'organisant.
La fécule ou les grains d'amidon , soit purs , soit enveloppés de chlorophylle, si généralement répandus dans les tissus végétaux ; ta f'écule, dis-je , est un élément orga-
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nique solide, une substance nourricière en réserve , que le mouvement vital dissoudra tôt ou tard dans la sève , pour donner à celle-ci les qualités nutritives nécessaires.
Les animaux ont de même des liquides nourriciers, montrant différents degrés d'élaboration , de dépuration , d'organisation ; se mouvant dans l'organisme animal , pour y subir la triple action dépuratrice , organisatrice etassimilatrice, de cet organisme. La lymphe, le chyle, le sang veineux, le sang artériel, ce dernier comparable au suc vital des végétaux, composent dans les animaux ce que j'appelle le fluide nourricier en usage.
Ils ont, en réserve, les substances huileuses ou graisseuses renfermées dans les vésicules du tissu cellulaire , et dont les principaux réservoirs sont dans la cavité viscérale ou sous les téguments. La graisse est donc, pour les animaux, ce que la fécule est pour les végétaux.
Le fluide nourricier fait partie essentielle de l'organisme en action : sans lui , point d'activité vitale. Cette activité , suspendue dans la graisse , ne commence que lorsqu'elle a été mélangée à une certaine proportion de liquide, qui transforme la substance nourricière en réserve en un fluide nourricier en mouvement, et , par suite, en usage.
Il est bien remarquable qu'à l'origine du végétal et de l'animal, la substance nourricière en réserve , qui doit s'organiser dans le germe pour son premier développement, est à la fois de nature huileuse et albumineuse {Vendosperme des graines, le vitellus de l'œuf).
Je ne fais qu'indiquer les différents sujets de ce chapitre , qui pourront être développés aux articles suc celluleux , sève ,