‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelleChapitre 108 sur 129 · LATEX , FÉCULE (BOT.) , GRAISSE, HUILE · texte numérisé non relu

LATEX , FÉCULE (BOT.) , GRAISSE, HUILE

(ZOOL.).

J'ajouterai seulement que les liquides nourriciers des végétaux, complètement élaborés, charrient des globules comme ceux des animaux supérieurs ; et que la chlorophylle me paraît avoir une certaine analogie physiologique avec l'hœmatosine , cette matière colorante du sang rouge.

g 5. Organes élémentaires et systèmes généraux qu'ils composent.

L'organisme animal ne se compose , dans

ANl

Jes animaux inférieurs, comme dans les végétaux, que du seul organe élémentaire appelé celluleux , tiisu cellulaire, parce qu'il se montre souvent sous la forme de lames , interceptant des cellules dans leurs divers entrecroisements. Dans d'autres cas , il ne se compose que de fils plus ou moins résistants ; dans d'autres cas enfln , ces lames ou ces fils sont à peine solidifiés, et semblent être le cambium des animaux.

C'est le tissu cellulaire qui sépare et qui ndividuafise , pour ainsi dire , dans les organismes les plus compliqués, les deux autres organes élémentaires dont nous parlerons tout h l'heure , l'élément nerveux et l'élément musculeux.

C'est lui qui forme la trame de tous les organes composés ou concrets ; c'est lui qui les sépare et qui les unit.

Comme dans les végétaux , Vêlement celluleux est l'organe générateur de toutes les capacités du fluide nourricier. C'est donc aussi à cet organe élémentaire, et aux parois de ces capacités qui en sont essentiellement formées, qu'il faut rapporter toutes les sécrétions, et, en général, la grande fonction de nutrition.

Dans les animaux inférieurs , ces capacités ne sont que des cellules, dont les parois sont tellement molles et transparentes, qu'à peine les distingue-t-on, dans beaucoup de cas, du fluide qu'elles renferment. On dirait même que l'une et l'autre ne forment qu'une seule substance homogène , ressemblant à du verre fondu , laquelle , dans ces derniers temps, a été désignée, par M. Dujardin, sous le nom de Sarcode.

Dans cet état de simplicité, l'organisme animal se distingue déjà de celui de la plante, du moins de la plante dont la végétation est avancée, par le caractère physique d'une moindre consistance , et par le caractère phénoménique de l'expansibilité, sans nouvelle addition d'eau ou de toute autre substance du dehors; en troisième lieu par sa contractilité.

Dans les animaux plus compliqués, le tissu cellulaire est l'organe élémentaire principal, et l'élément producteur l» Des vaisseaux de toute espèce ;

2» Des organes de sécrétions, arrangés en follicules, en capsules, en canaux de toute forme et de toute étendue ;

ANI

3» Des membranes dermoïdes , muqucu ses , séreuses , fibreuses , élastiques ;

4° Des parties dures, de la nature du cartilage ou des os.

Chacune de ces parties , comme l'organe élémentaire qui les forme, a, dans l'économie animale, un caractère propre qui la distingue de l'économie végétale.

Le plus général est la souplesse pour celles qui ne doivent pas prendre la consistance osseuse et la contractilité modérée , ou cette faculté de se resserrer qui caractérise cette propriété vitale qu'on appelle tonicité, et qui se manifeste par une plus grande activité vitale de la partie où elle se manifeste.

Les vaisseaux des animaux , en particulier, ont un caractère qui les distingue nettement de ceux des plantes. Ils sont disposés en arbre, ayant une partie centrale composée d'un tronc et d'une souche. Les racines amènent et concentrent dans celleci, des différentes parties de l'organisme, le fluide nourricier dont elles sont remplies. Il passe ainsi de la souche dans le tronc, et se répand de celui-ci dans les branches et les rameaux.

Tous les vaisseaux de cet arbre communiquent donc les uns dans les autres , et ces communications sont d'autant plus nombreuses que les divisions sont plus éloignées du tronc. Il en résulte que toutes les parties d'un même arbre vasculaire sont, jusqu'à un certain point, dépendantes, et qu'elles unissent de même tous les organes où elles se distribuent. C'est pourquoi on donne le nom de système à l'ensemble des vaisseaux du fluide nourricier, dans l'organisme animal. Ce système, lorsqu'il est complet , se compose au moins de deux arbres, arrangés de manière que les derniers ramuscules de l'un se continuent avec les premières radicules de l'autre, et réciproquement.

Les communications deviennent si fréquentes dans les vaisseaux intermédiaires des deux arbres, qu'elles forment les mailles nombreuses d'un double réseau de vaisseaux capillaires , origine et aboutissant des racines et des ramuscules de chaque arbre , el complétant, dans les animaux supérieurs, le cercle dans lequel le fluide nourricier doit circuler.

D'autres arbres vasculaires peuvent être

ANl

annexés ou subordonnés a ces deux arbres principaux.

Je ne dois pas traiter ici des dilTérences que présente, à cet égard, la série animale; il me suffit d'indiquer en ce moment ce grand caractère des vaisseaux de l'économie animale, de communiquer tous les uns dans les autres, et de former un ensemble , un organe général excitateur de tout l'organisme , par le fluide nourricier qu'il en reçoit et qu'il lui envoie , et qui lie, par Ih même, toutes les parties de cet organisme.

Il centralise et généralise tout à la fois la grande fonction de nutrition h laquelle il préside, et toutes celles qui lui sont subordonnées. Il en rend les effets plus ou moins dépendants dans toutes les parties de l'organisme. {Voy. notre Appendice aux Leçons d'Anatomie comparée de G. Cuvier , t. VI, 2» édit.)

L'autre organe général qui forme un lien puissant entre toutes les parties de l'organisme animal est le si/slbmc nerveux , lequel préside à toute espèce d'activité vitale, et plus spécialement à la sensibilité , attribut exclusif de l'animalité.

La présence du système nerveux distingue essentiellement de l'organisme végétal l'organisme animal qui en est pourvu. A la vérité , on n'a pu le reconnaître jusqu'ici que dans très peu d'animaux du type des Zoophytes. Le genre Linguatule , parmi les Intestinaux , les Astéries et les Oursins, parmi les Échinodermes , sont les seuls animaux de ce type chez lesquels on soit parvenu à en découvrir des traces incontestables. On croit , à la vérité , pouvoir l'admettre par le raisonnement, et conclure sa présence de celle des yeux dans un grand nombre d'animalcules ; mais les points colorés que l'on suppose être les organes de la vision en remplissent-ils réellement les fonctions ? C'est ce qu'il faudrait démontrer en premier lieu.

Au reste , il est à présumer que, chez beaucoup de Zoophytes, sa structure et sa transparence l'empêchent de se dessiner dans fe.reste de la substance, en apparence homogène, qui constitue leur corps.

Tout système nerveux a ses parties ou sa [lartie centrale ; ses parties périphériques ou terminales ; et ses parties intermédiaires conductrices , chargées de transmettre son

activité de la périphérie à un centre, et réciproquement.

Il se compose, en général , de deux organes élémentaires distincts :

Les globules , ayant une enveloppe celluleuse, renfermant un parenchyme granuleux, et un noyau, lequel montre toujours dans uu point de sa surface une apparence de noyau plus petit.

Ces globules paraissent être l'organe producteur de l'animation vitale.

L'autre organe élémentaire nerveux sert de conducteur à cette même animation. Il consiste en filets extrêmement ténus, dont les faisceaux composent les nerfs. Ces fllets ont une gaîne celluleuse contenant une pulpe molle, demi-fluide, limpide, transparente, non granuleuse comme le parenchyme des globules. (Koy. le Mémoire de M. Yalentin, sur la composition du système nerveux, inséré dans les Mémoires de l'Académie L. C. des Curieux de la JSature, t. XVIII.)

Ces deux organes élémentaires nerveux se trouvent inégalement répartis et agrégés dans les différentes parties de l'organisme , pour en constituer le système nerveux.

Dans sa partie périphérique, ou terminale des organes, ce système ne montre que des filets élémentaires ou restés réunis en faisceaux peu nombreux , se détachant des uns pour se rapprocher des autres, et former des apparences de réseaux irréguliers ; mais ayant pour caractère de se replier toujours sur euxmêmes, en figurant des anses plus ou moins fermées.

Ce même système montre un mélange, une agrégation de globules et de filets, dans ses parties centrales (les ganglions, les principaux cordons nerveux). Ces filets paraissent repliés sur eux-mêmes à leur origine centrale, comme à leur terminaison périphérique; de manière que chaque filet, dans toute son étendue , dessine une longue ellipse. Dans sa partie la plus initiale , si je puis m'exprimcr ainsi, ou la plus centrale, le système nerveux ne se compose que d'une agglomération de globules producteurs : telle est la substance grise qui se trouve au centre de la moelle épinière, et à l'extérieur du cerveau et du cervelet, dans les animaux vertébrés.

La disposition générale du système nerveux est en rapport évident avec le plan général

ANI

d'organisation qui constitue chaque type du règne animal; avec l'arrangement des parties qui composent l'organisme de chacun de ces types ; et surtout avec la forme générale qui les caractérise. Cela devait être : ce système , ayant pour fonction de faire irradier de ses centres, ou d'un centre unique, sur chacune des parties de l'organisme, toutes les activités vitales résultant de l'influx nerveui ; ou de faire aboutir à ces mêmes centres et d'y faire retentir toutes les impressions du dehors ou du dedans que peuvent recevoir ces mêmes parties ; il devait être arrangé pour cette communication générale et réciproque d'impulsions motrices , ou d'excitations sensitives ou non sensitives et de simple innervation.

L'organisme animal se distingue encore de l'organisme végétal par Vorgane élémentaire moteur, qui entre dans la composition de tous les muscles, de tous les faisceaux musculeux, de toutes les fihres de même nature, qui jouissent de la contractilité, que j'appellerais volontiers nerveuse , parce qu'elle agit généralement sflus l'influence évidente de l'innervation ; mais qui est plus connue sous le nom dHrritahilité.

La fihre musculaire se compose de filets élémentaires cylindriques, creux ou tubuleux, renfermant une série de globules selon les uns, une pulpe homogène selon les autres. La gatne de ce tube paraît avoir des stries transversales ou obliques , également distinctes, qui manquent dans certains muscles et dans certains animaux. Cette gaîne est formée de l'élément celluleux. Plusieurs filets élémentaires sont réunis dans une gaîne commune de même nature, pour composer une fibre musculaire. Des fibres musculaires plus ou moins nombreuses sont réunies de même dans une gaîne commune, pour former des faisceaux graduellement plus compliqués.

L'organe élémentaire musculeux est, comme on voit, composé d'un élément contractile qui le caractérise essentiellement; élément contenu dans la gaîne celluleuse du filet ou du tube élémentaire. Cet organe élementaire avait besoin d'être complété dans son organisation par les deux organes élémentaires précédents. Cela est incontestable pour l'élément celluleux.

On peut le démontrer encore pour l'élément nerveux chez les animaux qui ont des

ne» fs , la communication libre des filets qui se rendent aux muscles avec les parties centrales du système nerveux étant indispensable pour l'exercice de l'action musculaire. Doit-on supposer que , chez les animaux où les muscles sont évidents et qui nous paraissent privés de nerfs (les Actinies), cette privation apparente tienne plutôt à nos moyens imparfaits d'investigation qu'à h réalité ?

Si les systèmes nerveux et musculeux distinguent et séparent de tout le règne végétal la plupart des animaux , nous re pouvons pas ajouter qu'ils cir:rtéris3rt essentiellement l'organisme animal.

Dans les organismes inférieurs, on ne découvre plus de traces de ganglions médullaires ni de nerfs; on n'y trouve même plus de fibres musculaires bien évidentes. Cependant les phénomènes caractéristiques de la vie animale y sont plus ou moins manifestes.

A présent que nous connaissons l'organisme animal , comparé à l'organisme végétal , dans sa composition élémentaire, au delà de laquelle nos sens ne peuvent pénétrer, étudions -le dans Tagrégalion de ses éléments, composant des individualités, dont la forme générale est la première circonstance qui frappe notre vue , qui doit attirer notre attention.

§ 6. — De la forme extérieure générale des organismes.

Le caractère le plus général de l'organisation ou de l'arrangement moléculaire des êtres vivants , est d'abord dans la form.e extérieure, dont rélément générateur est toujours, ainsi que nous l'avons dit, en totalité ou en grande partie , une ligne courbe.

Mais déjà, sous ce premier point de vue, l'organisme animal s'éloigne rapidement de l'organisme végétal.

Les détails dans lesquels nous allons entrer à cet égard se résument dans la proposition générale suivante, et n'en seront qu'un commentaire : Que la forme, dans les êtres qui jouissent de la vie , est l'expression figurative de V organisme, mis en rapport avec le monde extérieur. En effet , si nous comparons sous ce point de vue un animal à un végétal , nous aurons la certitude que , dans les deux règnes , la forme n'est que l'expression de ces rapports.

Dans les animaux , au lieu d'être épanouie, comme dans les végétaux, elle est ramassée. Au lieu dY'tre amincie et étalée, afin de multiplier la surface que la quantité de matière organisée attribuée à chaque individuaalité végétale peut occuper, celte surface est le plus souvent restreinte dans les animaux par la forme, qui lui donne le moins d'étendue possible.

Au lieu de se diviser pour embrasser le plus d'espace, comme le végétal, l'animal montre dans sa forme une tendance à l'unité, à la concentration.

Au lieu de porter au dehors, comme la plante, tous ses organes d'alimentation et de respiration , de fécondation , de fructification ou de propagation par germe libre, l'animal les voile sous ses téguments prolecteurs , sans que ceux-ci en suivent toujours les contours, sans qu'ils soient astreints à en revêtir la forme; ou mieux , il les recèle dans des cavités plus ou moins profondes, creusées en dedans de lui. Les substances alimentaires et le fluide respirable y sont introduits à sa volonté. Les germes y reçoivent leur premier développement, et souvent leur développement subséquent à la fécondation , dont le principe d'activité pénètre jusque dans le réduit des ovaires.

Ces caractères de la forme animale sont essentiellement en rapport avec les deux attributs de l'animalité : la locomotilité et la sensibilité.

Toute l'économie animale en est d'autant plus modifiée , et sa forme en particulier, que ces facultés y sont plus parfaites , c'està-dire plus développées, à la fois, et plus fictives.

La forme animale ne devait avoir rien d'embarrassant pour le transport d'un lieu dans un autre ; elle devait , au contraire , être disposée pour vaincre les résistances de la pesanteur et du frottement que l'animal éprouve nécessairement et doit surmonter dans ses mouvements variés à la surface du sol ou dans sa profondeur, dans les airs ou dans les eaux.

Cette forme , si bien disposée pour toute espèce de progression , devait l'être encore pour recevoir les impressions du monde extérieur. Elle devait montrer au dehors ces crftanes des sens extérieurs, faits pour avertir l'animal de ce qui se passe autour de lui.

ANI

Cette impresstonnahilité , cette excitabilité extérieure, peut être départie dans tous les téguments, sur toute la surface de l'animal, dont elle ne modifie pas autrement la forme.

Mais lorsqu'elle devient sensibilité spéciale pour la lumière, dans l'appareil de l'œil; pour les vibrations des corps sonores, dans l'appareil de l'ouïe; pour les elTlux odorants, pour les corps sapidcs, dans ceux de l'odorat et du goût ; pour les résistances des surfaces et leur température, dans l'appareil du toucher actif; il en résulte des modifications de forme très remarquables par la position à la surface du corps, ou plus ou moins rapprochée de cette surface , de ces organes spéciaux des sens externes. La forme même de l'organe du sens interne , où réside le moi , où viennent retentir les impressions des sens externes, ou du moins la forme de la boîte osseuse qui le renferme dans les animaux les plus parfaits, influe sur cette forme générale, dont nous cherchons à apprécier, à analyser les causes et les rapports avec tout l'organisme.

Cet organisme manifeste donc, dans toutes les individualités animales , simples et non agrégées, qui jouissent de la locomotilité, des caractères de forme qui le distinguent d'une manière bien tranchée de l'organisme végétal.

Mais il existe des animaux composés ou agrégés, privés d'organes des sens spéciaux, chez lesquels on ne peut plus assigner de place déterminée et circonscrite à un organe du sens interne; qui ne sont plus revêtus d'organes particuliers de locomotion ; mais dont tout le corps est une substance molle , impressionnable et contractile. Ici la forme se rapproche de celle de la plante , et plus particulièrement de cette partie de la plante où la vie se manifeste par des mouvements, par un reste de motilité plus évident: je veux pailer de la fleur, et' de 1'%di-e d'eau douce, pour l'animal que je lui compare.

La forme de la plante tout entière, avec ses racines, sa tige, ses rameaux , et même des apparences de fleurs et de fruits ( les feuilles seules sont exceptées), reparaît dans les animaux de la même classe, les Polypes h polypier, qui sont entièrement privés du mouvement progressif. Ils ont des organes

AM

de fixité, des racines , mais qui ne paraissent avoir que celle seule fonction de fixer l'animai au sol ou aux corps submerges. La tige est un organe central qui , dépouillé des organes du mouvement, ne s'élcnd et ne se divise, comme celle delà plante, que pour la nutrition. Les parties de cette agrégation, qui ressemblent à une fleur composée , jouissent seules d'une grande mobilité. Ce sont des organes de préhension, disposés en rayons autour d'un axe, dans lequel est l'entrée de l'estomac.

Chez quelques uns même ( les polypiers flexibles) , les ovaires apparaissent au dehors, comme les capsules , comme les fruits des végétaux. Cette tige bourgeonne , pousse des germes adhérents , qui prennent la forme de l'espèce , dans leur développement ultérieur.

On voit combien encore , dans ce cas exceptionnel de la forme animale , les modifications de la forme générale se lient à tout l'organisme, et par suite à tout le genre de vie ; elles sont toujours l'expression de cet organisme , mis en rapport avec le monde extérieur.

Remarquons que, pour les animaux, cette forme phytoïde , qui devient incompatible avec le mouvement progressif, entraîne la nécessité de vivre dans l'eau ; soit que Torganisme animal , privé de moyens de rechercher sa nourriture, n'en eût pas trouvé suffisamment dans l'air qui l'entoure, et que l'eau, et plus généralement l'eau de la mer, ait pu seule charrier autour de cet être immobile toutes les molécules nutritives qui lui sont indispensables; soit que l'air eût promptement desséché cette substance animale, si souple, si molle , si aqueuse , dans laquelle sont probablement fondues et mélangées les parties essentielles des organes élémentaires de nutrition , de motilité et d'excitabilité, sinon de sensibilité (I).

I (1) Nous avons donné, depuis plusieurs an- , ées, dans nos cours, la définition de la forme 'es corps organisés, qui vient d'être expliquée (dans le présent paragraphe , et nous avons l'ha- 'hitude de la développer dans une ou plusieurs leçons, afin d'en faire sentir toute la portée, Ijrincipalement dans ses applications à l'Histoire naturelle classique.

L'intérêt du sujet a frappé plusieurs de nos au-

ANI

§ 7. — Des téguments.

Après la forme, la circonstance matérielle qui nous frappe le plus, dans l'observation des organismes végétaux ou animaux , ce sont les parties qui les terminent, qui les recouvrent , qui les enveloiipcnt et qui les protègent; je veux parler des téguments.

Si nous avons défini la forme Vcxpression figurative de V organisme mis en rapport avec le monde extérieur, nous pouvons appliquer cette même définition aux téguments, avec cette seule difl'érence, qiCils sont l'expression matérielle de ce même organisme, dans tous ses rapports avec ce qui est liors de lui, ou dans toutes les dispositions qui l'en séparent.

En elfet, les téguments sont les parties superficielles de l'organisme , qui limitent chaque corps organisé ; qui le séparent du monde extérieur ; (pii l'individualisent ; qui le protègent contre les ell'ets nuisibles de tout ce qui Tentoure , et particulièrement du milieu dans lequel il est plongé ; mais qui le mettent aussi en rapport avec ce milieu, pour en recevoir l'influence nécessaire à l'entretien de la vie.

Ainsi les téguments ont à remplir deux fonctions générales opposées dans leur but. L'une doit séparer l'individu organisé de tout ce qui l'entoure, et le protéger particulièrement contre l'action désorganisatrice des agents physiques.

L'autre a pour effet de le lier, de le mettre plus ou moins en rapport avec ces agents, ou avec les autres corps de la nature, étrangers à l'individualité organique.

Ces deux buts fonctionnels , communs h tous les corps organisés , sont subordonnés à des nécessités bien différentes dans les végétaux et dans les animaux.

Les végétaux puisent leur nourriture , h. l'état moléculaire, dans le sol, dans l'air ou

dileurs les plus assidus. L'un deux l'a choisi, d'après notre conseil , pour sa Thèse de zoologie , soutenue devant la Faculté des sciences de Paris, le 3 juin ISiO. 11 y traite , d'après un plan et plusieurs vues remarquables, de la [orme animale considérée dans ses rapports avec l'orijantsm€ intérieur.

ANl

dans l'eau, par toute la surface de leur corps ou par quelques parties de leurs téguments, suivant la simplicité ou riiomogénéitc, l'bétérogénéitc ou la complication des types organiques auxquels ils appartiennent.

Ils respirent de même par toute l'étendue de leurs téguments plongés dans l'air ou dans l'eau, ou par des organes particuliers qui sont dans l'une ou dans l'autre de ces conditions physiques, suivant les mêmes diOérences de simplicité ou de complication organique.

Ils produisent au dehors leurs organes de fécondation , et le plus souvent ceux de fructification.

Cette double série de rapports fonctionnels avec les agents physiques modifie partiellement ou universellement la partie superficielle de leur organisme, pour les deux grandes fonctions de la vie végétale , la nutrition et la propagation.

Les animaux , pour l'immense majorité , ont leurs principaux organes d'alimentation et de propagation, et même souvent ceux de respiration , retirés dans des cavités intérieures ; ce qui diminue chez eux , sans les faire disparaître entièrement, le nombre des arrangements superficiels de leur organisme, c'est-à-dire de leurs téguments, pour les fonctions de nutrition ou de propagation.

Mais celles de la sensibilité , dont ils sont exclusivement doués, ont nécessité de grandes modifications dans la peau, qui en est le siège général.

D'autres nécessités, qui tiennent à la locomotilité , ont fait que leurs téguments sont pourvus d'organes moteurs ( les muscles sous-cutanés ) qui les doublent ; ou qu'ils sont attachés à des leviers durs et raides (les écailles abdominales des serpents, le test des animaux articulés) ; ou bien enfin qu'ils sont munis d'armes offensives ( les ongles , les cornes) plus ou moins puissantes.

Mais cette peau sensil)lc et mobile , qui peut encore être en rapport d'absorption et de respiration avec le milieu dans lequel 'animal est plongé , est revêtue de parties insensibles qui modèrent cette sensibilité {les couches d'épiderme, les écailles épidermiques des Serpents; lesplaques cornées ou osseuses des Crocodiles, des Tortues, des Tatous, etc. ); ou bien elle est implantée de poi]s {les Mammifères), ou de plumes [les

ANI

Oiseaux) , ou d'écaillés (les Poissons). Elle peut être encore pénétrée ou doublée, ou bien enduite de substances muqueuses , huileuses ou graisseuses , qui la pretcgent contre l'action dissolvante ou desséchante des agents physiques , et tout l'organisme contre l'action refroidissante ou échauffante de ces mêmes agents.

Les différents appareils qui produisent ces parties ou ces substances insensibles qui en. trent dans la composition des téguments sont enfouis, pour ainsi dire, dans le derme ou dans le tissu cellulaire sous-jacent , et font de la peau , en général , un organe très important de sécrétion , dont l'activité plus ou moins forte, surexcitée dans les moments de la mue , ébranle et modifie, à cette époque, celle de tout l'organisme.

Toutes ces considérations feront comprendre la justesse de la définition que nous avons donnée des téguments.

Elle est applicable, à la lettre, aux végétaux cellulaires comme aux animaux les plus simples. Chez les uns et les autres, les téguments ne sont ni de l'écorce proprement dite, ni de la peau, dans l'acception ordinaire de ce n;ot ; c'est-à-dire un ai)pareil organique plus ou moins complique, qui serait très distinct de l'organisme intérieur, qu'il recouvre et qu'il protège , et dont on pourrait le séparer facilement. Dans ce double type des organismes inférieurs appartenant aux deux règnes , l'organisme intérieur paraît se continuer, sans interruption, jusqu'à la surface du corps , et s'y montrer avec de simples modifications; celles qui étaient les plus indispensables pour terminer le corps , pour résister à la fois aux agents physiques et pour en recevoir l'influence vitale.

Ici les ressemblances, ou plutôt les analogies entre les végétaux et les animaux, sont dans la disposition la plus générale des parties tégumentaires ; mais les différences sont dans la nature même de chaque organisme, qui se montre au dehors , à peu près comme il est constitué dans toute sa profondeur.

Les Échinodermes et les Intestinaux cavitaircs ont presque seuls, parmi les animaux de ce type, une peau bien distincte du reste de l'organisme.

Cependant , cette partie superficielle et terminale qui constitue les téguments des ani-

maux inférieurs a sans doute plus de cohésion , plus de consistance , que les parties sous-jacentes. Elle se garnit d'ailleurs de parties dures de nature cornée ou calcaire. Tel est le bouclier des animalcules ou la coquille polythalame des RMzopodes. Remarquons, d'ailleurs, que, dans les éponges, toute la substance animale n'est qu'une peau très mince et de la plus faible consistance ; que , dans VMjdre d'eau douce , ce n'est d'e môme qu'une peau disposée en sac, et coupée en lanières sur les bords de l'ouverture de ce sac , qui est la bouche de ce singulier animal.

Les Polypes à polypier , qui s'agrègent de tant de manières, ont une peau commune, sécrétant de sa couche superficielle, interne ou externe , la matière cornée ou calcaire, qui forme l'écorce (les sertulaires], ou l'axe ( le corail ) du polype. Les petits Polypes sont comme des bouches entourées d'appendices préhensiles , conduisant dans le sac ou le canal alimentaire partiel de cette partie centrale. Ils forment une extension tégumentaire de celte peau commune , laquelle reste molle par ses deux faces, et ne se charge jamais de matières calcaires.

Dans les trois autres types du règne animal, les Mollusques, les Articulés et les Vertébrés, les téguments forment toujours une peau distincte , organe compliqué , dont les parties peuvent avoir une forme, une nature et un développement très variés. Ces diiïérences sont cependant, du moins pour les principales , en rapport avec le reste de l'organisme, et caractérisent les types et les classes.

Pour compléter l'idée générale que nous cherchons à donner de la nature des animaux , il nous reste à esquisser les trois grandes fonctions de la vie animale , et les caractères principaux des instruments ou des appareils d'organes qui les mettent en jeu.

Voyons d'abord comment les animaux se nourrissent.

§ 8. -Fonctions et organes de nutrition.

Tous les corps organisés ont deux degrés rie nutrition : le premier est celui du fluide nourricier, qu'on appelle plus particulièrement alimentation quand les substances

ANl

nutritives sont prises hors de l'atmosphère , ou respiration quand elles sont puisées daîis le fluide respirable, et absorbées par l'organe respirant.

Le second degré de nutrition est celui qui assimile les molécules du fluide nourricier aux parties solides de l'organisme , et qui les organise de même ; c'est à cette seconde opération qu'on réserve plus particulièrement le nom de nutrition.

L'alimentation des plantes est une simple inlussusception , et les voies capillaires de cette introduction des molécules alimentaires sont toujours quelques parties de leurs téguments , ceux des radicelles , modifiés pour cet usage seulement. Ces parties absorbent les molécules de toute nature mises en contact avec leurs bouches absorbantes , pourvu qu'elles soient suffisamment dissoutes dans l'eau; mais elles ne paraissent avoir aucun moyen organique ou chimique d'agir sur ces substances alimentaires , en les atténuant ou en les dissolvant par des sucs digestifs , et d'en préparer l'introduction dans l'organisme végétal. C'est le sol qui est chargé de cette opération préliminaire, et c'est la permanence de son contact avec les racines qui le pénètrent , et qui y restent fixées , qui permet l'action lente, mais plus ou moins continue , de l'absorption alimentaire.

Dans les animaux, au contraire, dont les mouvements de progression d'un lieu vers un autre auraient été incompatibles avec ( c mode de nutrition , qui suppose la fixité , 1.» peau extérieure se replie en elle-même pour former une capacité intérieure, qui reçoit et tient en réserve une provision d'aliments, et les parois de cette cavité exercent sur la masse alimentaire des actions multiples de décomposition ; jusqu'à ce qu'étant suffisamment préparées, ces molécules, ainsi désagrégées, puissent servir à composer le fluide nutritif réparateur ; opération dont est chargée la partie absorbante de ces mêmes parois.

Cette action digcstive des parois du sac ou du canal alimentaire est tellement caractéristique de l'organisme animal , que , dans quelques animaux inférieurs qui n'ont ni sac ni canal alimentaire , elle semble s'exercer par leur peau extérieure ou par leurs téguments.

ANI

Les Rhizostomes et les Eudores , parmi les jWe'dujes ,• les Phy sales, parmi les Âoalèphes hydrostatiques , n'ont ni estomac ni canal alimentaire. Ces animaux composent et absorbent leur fluide nourricier répararateur par les bouches absorbantes de leurs téguments ; mais la surtace de leur corps exhale un liquide caustique, qui produit sur la main qui le touche un sentiment de brûlure. On vient même de constater que , dans les Physales, ce suc est de nature acide. Analogue à celle des sucs digestifs des animaux supérieurs, cette composition chimique fait comprendre comment ces animaux dissolvent ou digèrent une proie qu'ils ont embrassée ou enveloppée par quelques parties de leurs téguments. Ceux-ci agissent sur cette proie, comme la peau de l'estomac ou celle du premier intestin des animaux supérieurs. Ainsi que nous l'avons signalé , depuis plus de dix années, dans nos Cours de la Faculté des sciences ( Leçons d'Anal, compar., t. V , p. 454 et 456 ) , c'est une digestion extérieure, démontrant une nouvelle analogie entre les deux peaux. On peut en conclure que la digestion est un caractère fonctionnel plus général de l'animalité que l'existence d'un sac ou d'un canal alimentaire , c'est-à-dire d'un organe destiné spécialement à l'exercice de la digestion, ou de cette fonction préliminaire de la nutrition dans les animaux.

" Leur nutrition atmosphérique ou leur respiration est plutôt une dépuration qu'une alimentation. Il existe entre le fluide nourricier et le fluide respirable un tel échange de principes, que ceux que l'organisme animal verse dans l'atmosphère ne le cèdent pas de beaucoup , en poids, à ceux que l'atmosphère lui abandonne. L'air expiré a été trouvé moindre d'un quatorzième au plus , et d'un cent vingt-deuxième au moins, de l'air inspiré , dans les afnimaux des classes supérieures (Mammifères et Poissons ).

On ne pourrait pas en dire autant de la respiration des végétaux , dont la substance prend généralement plus à l'atmosphère qu'elle ne lui rend. Ici la respiration est plus essentiellement une alimentation (1).

L'action moléculaire de l'air sur le fluide

(1) Voir, entre autres, les belles recherches 'le M. Boussingault {Comptes rendus des séan T. I.

ANI

nourricier, et celle du fluide nourricier sur l'air atmosphérique , qui constitue la respiration , doit agir à travers les parois des capacités qui renferment ce fluide, et les téguments qui recouvrent et protègent tout l'organisme.

Les téguments , qui sont en contact immédiat avec le fluide ambiant respirable , sont les organes de respiration les plus naturels , les plus simples. Quelle que soit la quantité de sang qu'ils reçoivent, eUe y est soumise à l'action du fluide respirable, toutes les fois que leur structure ne les empêche pas de la ressentir. Les belles expériences de M. Edwards [Influence des agents physiques ) l'ont prouvé.

Cependant ce contact de la peau avec le iluide ambiant ne suffit pas pour en faire un organe spécial de respiration. Les téguments remplissant essentiellemcni les fonctions d'organes protecteurs, devaient être composés de parties dures , insensibles , qui diminuent leur aptitude à recevoir l'action atmosphérique. Il a donc fallu des modiQcations organiques particulières, qui font de certaines parties de la peau des animaux , ou de ses dépendances extérieures ou intérieures , des organes spéciaux de respiration.

Les plantes elles-mêmes respirent plus particuUèrcment par les cavités pneumatiques des feuilles.

Les arrangements spéciaux des téguments ou de leurs appendices, pour la respiration, consistent essentiellement dans l'extrême diminution de leur partie protectrice , et dans le nombre et la grande division des capacités qui dirigent successivement une portion plus ou moins considérable du fluide nourricier à la rencontre du fluide respirable.

Toutes les fois que c'est à la surface du corps qu'ont lieu ces dispositions, s'il n'y a pas de couvercle ni de capsule pour contenir les parties de la peau ainsi modifiées , afin de les préserver contre l'action desséchante de l'air atmosphérique , la respiration est aquatique , l'animal vit plongé dans l'eau. C'est par la même raison que lesk-uilles des plantes submergées n'ont pas de cavités pneumatiques , ainsi que l'a très bien obser-

ces de l'Jxadémie des seiences, t. VI, p. 102, 129 et 383).

km

vé M. Ad. Brongniart. {Mémoire sur la ptructure des feuilles ^ Annales des se. natur., t. XX.)

La quantité de respiratioo, et son influence vivifiante sur la température des animaux , sur leur activité , sur leur vivacité de sentiment, se mesurent assez exactement, en premier lieu, par les modifications organiques qui déterminent une respiration aérienne atmosphérique, ou qui réduisent ranimai à ne respirer que la petite quantité d'air contenue dans l'eau. Elles se calculent ensuite par celles qui amènent , dans un temps donné, la plus grande quantité de fluide nourricier dans l'organe de respiration, à la rencontre du fluide respirable ^ les Mammifères et les Oiseaux ) ; ou la plus grande quantité de ce dernier fluide à la rencontre du fluide respirant les Insectes).

Nous n'insisterons pas ici sur les différences que présentent les organes de respiration dans la série animale. Comparés à ceux des plantes , ils sont généralement plus distincts, mieux séparés, ainsi que leur fonction, des organes d'alimentation proprement dits.

Disons encore que les organes de respiration aquatique sont généralement, et à très peu d'exceptions près , des corps saillants de forme arborescente , tubuleuse ou en lames ; tandis que ceux de respiration aérienne sont des poches ou des canaux, prolongements intérieurs des téguments, devenus tellement minces et déliés , qu'ils devaient s'enfoncer dans des cavités spécialement destinées à les protéger contre l'action nuisible d€s corps extérieurs. Cette disposition rappelle les cavités pneumatiques des feuilles.

Relativement à la nntrition proprement dite, ou au fluide nourricier que les organes s'assimilent , on peut dire qu'en général l'organisme reçoit pour cela, dans ses interstices, certaine quantité de ce fluide qui sort de ses réservoirs, comme on voit le cambiom des végétaux supérieurs se placer en- Ire récorce et le bois; comme on voit de «lême les sucs nutritifs s'épancher, chez les «nimaux, entre les bouts d'os fracturés. Ceux qui transsudent de la surface d'une plaie , en préparent la réunion organique. r>an« ces trois exemples, les parties organisées, essentiellement vasculeuses ou ccUuleuses, que le fluide touche, ont sur lui une action plastique qui l'organise à leur manière.

ANI

C'est ainsi que l'organisalion encienne devient le moule et la puissance d'une organisation nouvelle.

Quant aux organes des sécrétions , l'anatomic ne découvre, dans les animaux qui ont des vaisseaux, que des divisions parliculièies de ceus.-ci; que des enlacements plus oi^ moins différents , avec les capacités qui renferment le fluide sécrété et le portent hors de l'organe , soit dans des réservoirs particuliers, soit dans les parties où il est mis immédiatement en usage.

Le mystère des sécrétions semble se passer en partie dans la structure des membranes formant les canaux ou les capsules du fluide sécrété, et séparant leur capacité du sang contenu dans les ramifications vasculaires qui enlacent ces parois. Il y a là , sans doute, une cause qui modifie plus ou moins les aflinités chimiques mises en jeu sous l'empire de la vie , et qu'afin d'exprimer ces modifications, nous avons distinguées sous le nom A'affinités vitales. ( Réflexions sur les corps organisés, etc. , publ. en 1T99, Magasin encyclopédique de A. L. Miiltn. )

§ 9. — Organes et fonctions de propagation.

Les innombrables individus qui composent le Règne organique , n'ayant qu'âne existence passagère , auraient bientôt disparu , du moins pour la plupart, sans laisser aucune trace de cette existence, s'ils n'étaient remplaces par d'autres individus qui leur succèdent. C'est la fonction des corps organisés , produisant cette suite d'individus de la mCme espèce , provenant successivement les uns des autres, que nous appelons propagation.

La propagation est la condition essentielle de la vie de l'espèce ; de môme que la nutrition est la condition essentielle de la vie des individus.

C'est une faculté inhérente aux organismes, qui paraît d'autant plus étendue que les individus, soit en germe, soit développés, sont exposés à plus de causes de destruction. Les végétaux la possèdent au plus haut degré, sans doute à cause des conditions désavantageuses sous le rapport de leur durée auxquelles ils sont soumis par suite de leur immobilité.

Les animaux inférieurs. qui vivent immo-

ANl .

biles, jouissent de la même compensation; et, comme nous voyons encore celte puissance de propagation chez ceux qui possèdent !a locomolilité, tels que les Hydres , etc., après avoir apprécié sa cause Gnaie dans les premiers , il faut en faire remonter la faculté, chez les uns et les autres , à la simplicité de leur organisation.

Plus, en eOet, Torganisation est simple, plus elle a de moyens de se reproduire.

La multiplication des individus peut se faire par une division spontanée ou accidentelle. Les parties ainsi mutilées ont la faculté de se compléter, en reproduisant celles qui leur manquent.

Les Paramécies, les Vorticelles , les NyfPres, les Actinies? les Planaires, etc., etc., parmi les Zoophytes; les IS'aïdes, parmi les Articulés , pouvant ainsi se reproduire par scissure , sont doués de cette propagation fissipare.

La propagation gemmipare , ou par germe adhérent, consiste dans l'apparition, sur quelques points de la surface du parent, d'an bouton, dont le développement ultérieur le fait paraître tôt ou tard sous la même forme, avec la môme organisation que ce parent.

€ette propagation gemmiparc est commune h tous les Zoophytes , susceptibles , comme beaucoup de plantes , de former des agrégations d'individus.

J'appelle encore cette sorte de multiplication propagation par germe adhérent, parce qu'en effet le germe , qui porte le rrem de bourgeon, reçoit son développement durant sa continuité avec son parent, en se nourrissant par le concours de tous les moyens de nutrition départis à celui-ci. Seulement il semble que ce germe tsoit le centre d'une activité nutritive particulière, subordonnée à l'activité générale de cette grande fonction.

Le troisième mode de propagation départi aux animaux comme aux végétaux est la propagation par germe libre ou par ceuf.

J'appelle ainsi le germe avec ses enveloppes protectrices , et les matériaux nutritifs nécessaires pour son développement ultérieur.

Dans les plantes, ce germe Hbre porte les noms de gong y le , de spo-ntle et de graine, suivant les classes auxquelles il ap-

ANl

partient , et la nécessité du concoars des sexes pour le produire.

Dans les animaux , tout germe libre , de quelque animal qu'il provienne, sera pour nous un œuf.

L'œuf d'un animal n'atteint jamais son développement définitif , qui complète son individualité, et lui donne les facultés de vivre indépendant dans la partie de son parent où il a reçu son premier développement ou sa première organisation apparente.

Quelques animaux, parmi ceux dont l'organisation est la plus homogène, n'ont point d'organe spécial pour cette première évolution des germes libres. Les Hydres paraissent être dans ce cas. Ici , la propagation par germe libre est unisexuelle et diffuse.

Mais, le plus souvent, l'œuf est produit dans un organe spécial qu'on appelle ovaire. Dans ce cas, la propagation unisexuelle par germe libre est élective, c'est-à-dire qu'il y a un lieu d'élection , dans l'organisme , pour remplir cette fonction.

Le mode de propagation par œuf a toujours ce dernier caractère quand la génération est bisexuelle.

Celle-ci présente encore des différences très importantes. Tantôt le même individu possède au moins un organe femelle ou un ovaire, et un organe mâle, sécréteur de la liqueur fécondante nécessaire pour produire le développement ultérieur de l'ovule , préparé dans l'ovaire.

C'est la génération bisexuelle monoïque.

Tantôt la génération bisexuelle est en même temps dioïque, c'est-à-dire que les organes sexuels appartiennent à des individus différents.

L'une et l'autre générations bisexuelles présentent des différences remarquables.

Dans la génération bisexuelle monoïque, les individus ainsi pourvus des organes sexuels des deux sexes peuvent se suffire à eux-mêmes, et manquent des organes de copulation : tels sont, entre autres, les Actinies, les Bivalves, les Cirrhipcdes , chez lesquels on a récemment découvert des Sperraazoïdes (1).

(1) Nous (Icsigtions ainsi , dans nos Cours, les prétendus animalcules spermatiques appelés encore mal à propos, à noire avis, Zoospermes, parce que nous les «-egardons comme des ma chines mobiles , ayant pour fonction de transpor-

AlNl

D'autres fois, il y a des organes de copulation qui montrent que la fécondation doit être réciproque. C'est le cas, entre autres, de la Limace et du Colimaçon.

La génération bisexuelle dioiquc présente de mi^me de grandes difTérences. Elle suppose toujours le concours des sexes pour la première apparition du germe dans l'œuf; mais cet œuf peut ne recevoir l'influence vivifiante de la liqueur fécondante du mâle qu'après la ponte et sans rapprochement préalable des sexes. C'est le cas de la plupart des Poissons, dont le mâle vient répandre sa laite sur les œufs de la femelle , plus ou moins long-temps après qu'elle les a déposés sur les rivages. D'autres fois , c'est à l'instant de la ponte , lorsque le mâle est rapproché de la femelle , que celui-ci féconde les œufs ; ce qui a lieu pour les Crapauds et les Grenouilles.

Enfin la fécondation peut s'effectuer avant la ponte. C'est le cas de quelques Poissons vivipares, de la plupart desReptiles, de tous les Oiseaux et des Mammifires. Ce paraît être encore celui ^les Animaux articulés, à pieds articulés, ilcs Mollusques Céphalopodes, et de beaucoup de Gastéropodes.

L'œuf n'acquiert jamais que son premier développement dans l'ovaire; il y est à l'état d'ovule. C'est dans l'utérus des Mammifères, OH dans l'oviducte des Ovipares ou des Ovovivipares, qu'il prend son second degré de développement , qu'il complète les enveloppes protectrices ou nutritives, et les substances alimentaires qu'elles doivent contenir pour composer un œuf achevé, sauf la fécondation si elle n'a pas encore eu lieu.

ter dans l'ovule la part du germe fournie par le mâle. Celte doctrine est en partie, celle adoptée relativement aux filamenls-machiiies découverts par Needliam , et dont l'histoire vient d'être reprise par MM. Philippi, Carus, Péters et Milne- Edwaids , qui les appellent Sperm'tlophures. (Voy. Annales des scierices nalur., avril I8i0, p. 193.)

L'usage, qui parait indubitable dans les Céphalopodes, de ces porte-semence, qui ne contiennent cependant que des prétendus animalcules spermaliques , détrut, il me semble, de fond en comble, le système de Burdach, qu en fait des animalcules parasites, existant accidentellement dans le sperme. Les Spermazoides ordinaires sont des Spermalophores moins compliqués que ceux des Mollusques Céphalopodes.

ANl

C'est une différence très caractéristique avec l'ovule des plantes, qui ne se déplace pas pour se changer en graine, cet œuf complet des végétaux.

Dans ce cas, le germe ou l'embryon a tous les moyens de prendre autour de lui la nourriture nécessaire pour terminer sa vie fœtale. Chez les Mammifères ordinaires, il absorbe cette nourriture dans les parois de l'utérus; chez les Didelphes , après avoir pris un premier développement dans l'utérus intérieur , il achève cette première période de son existence, et commence, sans transition précise et apparente, la vie mammaire dans une sorte d'utérus extérieur.

Dans les plantes comme chez les animaux, l'ovule préexiste dans l'ovaire avant la fécondation; mais chez les uns et les autres, du moins chez ceux à génération bisexuelle, cet ovule ne paraît contenir de germe qu'après la fécondation.

Celle-ci commence une seconde période de l'existence de l'ovule ; elle détermine chez les animaux à la fois l'apparition du germe, et le déplacement de l'ovule , qui passe dans l'oviducte, ou dans la matrice. Là, ii se complète et devient œuf.

Une troisième période est celle de la vie utérine du germe , de la vie embryonaire pour les ■\'ivipares, de l'incubation pour les Ovipares, pendant laquelle l'embryon acquiert le développement nécessaire pour vivre librement dans l'air ou dans l'eau, c'està-dire sous l'influence directe d'un milieu respirable.

La période d'incubation suit immédiate ment l'époque de la fécondation dans les Vivipares, dans les Ovovivipares et dans les Ovipares chez lesquels la fécondation n'a lieu qu'après la ponte.

Mais, dans les Ovipares ordinaires, chez lesquels la fécondation a lieu avant la ponte les Oiseaux , l'incubation ou la germination de l'œuf, qui dépend do la mère ou des agents physiques, peut n'avoir lieu qu'aprè» un intervalle assez marqué , qui la sépare du moment de la fécondation.

Dans ce cas, l'activité vitale de l'œuf est suspendue, comme dans la graine, et elle a besoin des agents physiques, surtout d'un certain degré de chaleur et d'air , pour être mise en mouvement.

Il n'y a que l'humidité, nécessaire pour la

ANÏ

germination de la graine, mais dont l'œuf animal n'a pas besoin , parce qu'il en contient suffisamment, qui établisse une dillérence importante entre la germination de la plante, et celle de l'œuf, ou l'incubation.

11 résulte de tout ce que nous venons de dire sur la fonction destinée à multiplier les individualités qu'elle n'est qu'une sorte de nutrition ou d'assimilation qui reproduit les parties manquant à un individu mutilé par la propagation fissiparc; qui développe par continuité des germes adhérents à la surface du corps, dans la propagation gemmipare ; qui détermine l'évolution successive d'un germe libre dans l'ovaire ou l'oviducte, ou dans l'utérus, lors de la propagation sexuelle , à laquelle nous réservons le nom de généralion.

Dans tous ces cas, la propagation n'est qu'une nutrition partielle, subordonnée à la nutrition générale ; un foyer simple ou multiple d'assimilation, sur le modèle de tout l'organisme dans lequel est mise en jeu cette activité vitale, cette force organisatrice , dont la première impulsion , la direction première, remonte, de génération en génération , jusqu'à la Puissance créatrice.

§ 10. — Fonctions de relations ou de motilité , d'excitabilité et de sensibilité.

Nous avons déjà dit, en parlant des organes élémentaires, que l'organisme animal se distingue, dans la plupart des cas , de l'organisme végétal, par la présence de la flbre nerveuse ou sensible, et par celle de la fibre musculaire ou motrice.

Ces deux organes élémentaires s'agrègent de mille manières avec l'élément celluleux , pour former les instruments si variés de l'excitabilité, de la contractilité, de la sensibilité et de la motilité. Ils caractérisent la plupart des animaux, et distinguent ceux-ci des végétaux, d'une manière tranchée, toutes les fois qu'ils y sont évidents; mais il y a des organismes inférieurs où ces deux éléments sont confondus , avec l'élément celluleux, en un tissu homogène, dans lequel il est impossible do les distinguer (le corps des Hydres, des Cristatelles, etc., etc. . Il en est d'autres chez lesquels la fibre musculaire se dessine très distinctement sans la fibre nerveuse , ou même sans la pulpe mé-

AN

dullairc, qui en est la partie essentielle (les Actinies).

Nous avons vu ïa faculté génératrice se manifester dans tout l'organisme ( VHydre) avant d'avoir des organes ou des instruments particuliers chargés do cotte fonction. Nous avons vu, de même, la peau extérieure ajouter à ses fonctions multipliées la faculté digestive ' certaines Méduses , les Physales , avant qu'une peau intérieure en soit spécialement chargée.

Il en est de même des fonctions de relations, réduites, à la vérité, dans les animaux inférieurs, à l'excitabilité et à la contractilité, ou à la faculté excito-motrice , d'autant plus répandue dans les organismes animaux, que ces organismes sont plus simples. Cette faculté distingue essentiellement, à notre avis, le tissu animal du tissu végétal, dont la rigidité et l'immobilité contrastent , d'une manière frappante , avec la mollesse et la mobilité du premier.

A la vérité, beaucoup de végétaux supérieurs manifestent, dans leurs feuilles ou dans leurs fleurs, des mouvements partiels très remarquables , qui ne peuvent s'expliquer que par une faculté excito-motrice analogue à celle des animaux, susceptible, dans quelques cas ( celui de la Sensitive ), de se montrer dans un point éloigné de la partie immédiatement sollicitée, par la transmission de cette excitation; mais celte faculté est toujours localisée ; elle n'est jamais répandue dans tout le végétal; ensuite elle y montre des caractères particuliers.

Les parties mobiles de la plante se rapprochent toujours de l'axe de leur mouvement par une simple inflexion vers cet axe, et s'en éloignent par une inflexion semblable dans un sens opposé. Le tissu végétal, en un mot , se courbe en arc dans ses mouvements, qui ne sont jamais que des mouvements de rétraction , ainsi que l'a démontré M. Dutrochet.

Au contraire, la fibre musculaire animale paraît se plier en zigzags quand elle se contracte; et, en général, les tissus contractiles animaux peuvent s'infléchir dans tous les sens, et produire des mouvements de répulsion ou de protraction tout aussi bien que des mouvements de rétraction.

Le tissu animal contractile et la fibre musculaire changent à la fois , plus ou

ANl

moins manifestement , de forme et de dimension , dans leurs mouvements de contraction.

La fleur qui s'épanouit ou qui se ferme ne fait que clianger sa forme en plissant ou déplissant ses pétales ou sa corolle , sans changer de dimension , sans se resserrer sur elle-même dans toute retendue de son tissu.

Voilà pour les dilTérences ou les ressemblances organiques ou mécaniques que nous pouvons apercevoir dans les fonctions de relation entre les végétaux et les animaux.

Quant aux phénomènes généraux de ces fonctions dans les animaux les plus simples, et à cette faculté excito-motrice qui en est le principe, ils semblent ne diflerer que par le degré d'énergie, que du plus au moins , entre les animaux inférieurs du type des Zoophytes, qui passent leur vie fixés aux rochers sous-marins , et les végétaux supérieurs, chez lesquels ils se manifestent partiellement , ainsi que nous venons de le dire.

Mais, dès qu'on peut supposer de la spontanéité dans les mouvements des animaux , ces mouvements distinguent évidemment l'animal de la plante.

Les actions spontanées des animaux ont pour principe la s-ensibilité , fonction qui leur est propre, et dont la fibre nerveuse ou la pulpe médullaire, qu'ils possèdent exclusivement, est l'organe spécial.

Les animaux sont avertis, par son moyen, de certains changements qui se passent en eux, ou autour d'eux, à la suite desquels ils éprouvent un sentiment de plaisir ou de peine, et qui excitent leur voîonfe à rechercher l'un, à repousser l'autre.

Cette faculté suppose un sens interne, auquel les nerfs transmettent ces impressions; elle suppose un moi, qui en a la conscience; une volonté qui commande aux organes du mouvement pour réagir sur le monde extérieur.

On voit que nous distinguons les mouvements des animaux, produits par leur faculté excito-motrice, des actions, qui supposent la conscience des impressions et la spontanéité les mouvements.

«Quant à l'impression des objets extérieurs » sur le moi , dit M. Cuvicr, à la production » d'une sensation, d'une image, c'est un » mystère impénétrable pour notre esprit, » et le matérialisme une hypothèse d'autant

AM

» plus hasardée, que la philosophie ne peat » donner aucune preuve directe de l'existen- » ce effective de la matière. » ( Règne o/?imal , t. I , p. 40.)

Dans cette courte esquisse de l'organisation et de la vie animale , nous ne saurions avoir pour but d'en caractériser tous les phénomènes. ÎNous cherchons simplement à donner une idée générale des principaui, et à montrer leur liaison avec l'organisation.

Si nous analysons les actions des animaïuc supérieurs , nous verrons que les unes supposent un certain raisonnement, ou I intelligence et même la prévoyance de leur suite ou de leurs cfl'ets : ce sont les actions intelrlectuelles;

Que les autres ont pour principe Vinsiinct, cette faculté départie aux animaux pour la conservation des individus et des espèces ; qui les pousse invinciblement à exécuter, dans ce double but , des actions quelquefois très compliquées , et leur en donne l'intelligence , sans que l'expérience puisse en être la source, ou vienne la modifier.

Cette analyse nous montrera , en troi^ sième Heu, des actions involontaires , dont l'animal n'a pas la conscience, qui peuvent, du moins, se passer chez lui sans la participation de son moi. Tels sont les mouvements du cœur, ceux des intestins, et même les mouvements des membres, qui peuvent avoir lieu involontairement, que l'animal dorme ou qu'il soit éveillé.

L'existence et l'énergie, ou l'étendue, en un mot, des fonctions intellectuelles, lesquelles sont loin de se manifester toujours par des actions produites au dehors, mais par l'activité intérieure du moi, est dans un rapport marqué avec les masses centrales dti système nerveux; particulièrement des hémisphères du cerveau, qui en sont les instruments matériels nécessaires.

L'instinct, au contraire, et ses différents degrés, n'ont aucun rapport connu, évident, avec le développement ou la forme des partics centrales du système nerveux.

La série animale, étudiée sous ce point de. vue le plus relevé, nous offrira trois grandes catégories.

La plupart des Zoophytes, ceux qui n'ont pas de système nerveux démontrable, pourraient bien n'avoir, pour principe de leurs mouvements, que la faculté excito-'molrice.

AlNI

Chez les autres animaux dont l'oiganisalion est plus compliquée, il y aurait, outre ces mouvements involontaires , des actions mstinctives ou intellectuelles , qui seraient du domaine de la conscience.

Mais les animaux les plue bas dans l'échelle , qu'on nous passe cette expression, n'auraient que l'instinct pour principe déterminant de leurs actions spontanées.

Quelques Zoophytes, qui paraissent avoir des actions volontaires, les types des Mollusques et des Articulés ,\es Poissons et les Reptiles parmi les Vertébrés , seraient dans ce cas. Du moins les actions intellectuelles sont-elles encore , dans ces deux dernières classes, plus ou moins bornées et peu manifestes.

Enfin les deux classes les plus élevées , celles des Oiseaux et des Mammifères, réuniraient à la faculté excito-motrice des organismes inférieurs , à l'instinct des classes qui ont une organisation plus compliquée , une partie de cette intelligence qui distingue si éminemment le Genre Humain ; mais ils ne la posséderaient qu'à un degré plus ou moins limité.

L'homme lui-même , outre les mouvements qui s'exercent à son insu dans son organisme , outre les actions instinctives qui ne se manifestent chez lui que dans la première enfance , se distingue du reste de la création terrestre, non seulement par l'étendue de son intelligence, mais encore par ses actions libres , pour le choix desquelles il peut se déterminer avec réflexion, indépendamment des impressions des sens.

Ce libre arbitre, ce choix libre dans ses déterminations; cette prévoyance possible de leur suite , que lui donne la faculté de rét3échir sur les impressions reçues actuellement ou sur les souvenirs , sur les idées abstraites que lui fournit la langue parlée ou écrite, sur la mémoire ainsi conservée de l'expérience et des idées des générations qui se succèdent, imprime aux actions de l'homme un caractère de moralité , qui les classe dans une catégorie supérieure.

Ce caractère s'élève encore lorsque cet Ctre privilégié médite sur l'univers et ses lois, transporte ses pensées jusqu'à la contemplation de la Cause première , et développe ainsi en lui - même le sentiment reli-

ANÏ

gieux, qui lie son existence à lidée de Vlnjini.

Nous terminerons ici ces considérations toutes positives , sur l'organisation des animaux et les facultés qui les distinguent.

La longueur de cet article, et les limites qui nous sont prescrites, et que nous craignons déjà d'avoir dépassées, nous forcent de remettre à d'autres plusieurs considérationi importantes qui pourraient se rapporter au mot ANIMAL. Nous traiterons, au mot COMPOSITION ORGANIQUE, dcs principaux plans qu'elle présente dans le Règne animal j au mot ESPÈCE , des caracl. indélébiles et des caractères variables de l'espèce; de la GÉNÉRATION SPONTANÉE , à ce* mots;

Au mot GÉOGRAPHIE ZOOLOGIQUE, Ôl'.

la distribution des animaux à la surface as la terre , et de leur nombre;

Au mot MÉTHODE [zool.) , dc la méthode naturelle de classification du Règne animal.

Enfin nous examinerons s'il existe dei corps organisés qui n'ont que les caractères généraux de l'organisation fans montrer les caractères distinctifs et particuliers de l'animal ou de la plante ( l ).

Page 1