‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelleChapitre 17 sur 129 · AT^T · texte numérisé non relu

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niques, il est indispensable, pour se faire une idée générale et précise de l'abdomen , de l'étudier dans les diverses classes d'animaux. Comme il sera parlé des organes digestifs et de l'abdomen aux articles Mammifères, Oiseaux, Reptiles, Poissons, Articulés , iMoLLusQUES et ZooPHYTES, nous y renvoyons le lecteur. On trouvera aussi au mol TÉRATOLOGIE lout cc qui a rapport aux vices de conformation et au développement du ventre. (M. S. A.)

ABDOniIIVAL ou ABDOMmAllXAbdomiuales [abdomen, ventre; A'abdo, je cache). poiss.-Linné comprenait sous ce nom , dans le 4= ordre de sa classification ichthyologique, les Poissons pourvusd'une membrane branchiostège, ayant les nageoires ventrales inséréesenarrière des pectorales. Les g. qu'il réunissait dans cet ordre( 12^édit. du Sysiema Naiurœ) sontles suivants : Cobiiis, Amia, Siturus, Teulliis, Loricaria, Salmo, Fistularia, Esox, Elops, Arcjenlina, Alherina, Mugil, Mormyrus, Exocœtus , Polynemus, Clupea, Cyprmus; mais, dans la classification qu'ils imaginèrent, les successeurs de Linné ont tous employécette expression en lui donnant une autre valeur. Ainsi Bloch, auteur d'une méthode artificielle pour la distribution des Poissons, fondée uniquement sur le nombre des nageoires, a employé l'épilhète d'Abdominal pour désigner les divisions de quelques uns des il ordres que celte méthode lui fournissait. Dans le 1 1« ordre des Decapterygii, la 3« famille comprend, comme Abdominaux, le genre Polynemus. Dans le 4^ ordre des Octopierygii, les Abdominaux renferment les genres suivants î Cataphractus , Sphyrœna, Alherina, Ceniriscus , Fistularia , Mugil . Gaslerosltus , Loricaria, Squalus. Le 5' Ordre des Hepiapierygii a aussi sa famille des Abdominaux, composée des genres Acipcn- ^er, Chimœra, Pri.stis , Rhina , Rhinobaïus , Raia,Plalyslacus, Silurus, Anableps, Acanilionotus, Esox, Synodus , Salmo, Clupea, Exocœtus, Cliaiiliodus, Elops, Albula,Cobilis, Cypriinis, Amia, Pœcilia, Pegasus, Mormyrus, Polyodon, Argeniina. Il n'y a pas de Poissons à ventrales sous l'abdomen dans les autres ordres.

Lacépède , combinant la méthode dePennant, qui subdivise les Poissons en Osseux €t en Cartilagineux, avec celle de Linné, fondée sur la position des nageoires paires

inférieures , a donné aussi une autre valeur au mot abdominal. Il comprend sous ce nona les espèces qui font partie du 4= ordre de chacune des divisions de chaque sous-classe, dans lesquelles sa niélbode range les Poissons. Dans les Cartilagineux, ]cs Abdominaux desal"div.sonl: \es Raie s, \cs Squales elles Aodons; ceux de la 2"»^ sont les Chimères; ceux de la 3% les Polyodons et les Esturgeons; enfin,dans sa 4« division il range, sous le nom Ù' Abdominaux, les Macrorhynques, les Pégases et les Centrisques. La sous-classe des Poissons osseux a aussi ses Abdominaux, extrêmement nombreux dans la 1" division ; car cet ordre , le 20' de sa méthode , se compose des genres Cirrtiiie , Chéilodactyle , Cobile, Misgurne , Anableps, F ondule , Colubrine , Amie , Bulyrin , Tripiéronote , Ompock , Silure , Macropléronote , Malaptère ^ Pimélode, Doras , Pogonathe , Cataphracte , Ploiose , Agénéiose , Macroramphose , Cen- Iranodon , Loricaire, Hyposlome, Corydoras, Tachysure , Salmone , Osmère , Corrégone , Characin , Serrasalme , Elope , Mégalope , Nolacanihe,Ésoce, Synode, Sphyrène, Lépisostée , Polyptère , Scombrésoce , Fistulaire, Aulostome, Solénoslome , Argentine, Aihérine , Hydrargyre,Sloléphore , Muge, Mugiloïde, Clianos, Mugilomore, Exocet , PoUjnème , Polydaclyle , Buro , Clupée , Myste , Clupanodon, Serpe, Mené , Dorsuaire, Mystère , Cyprinodon , Cyprin. Enfin le g. Mormyre appartient seul au 4^ ordre de la 3« division des Osseux, ou le 28« de la méthode générale.

M. Duraéril, dans ses ouvrages généraux sur l'Histoire naturelle, et surtout dans sa Zoologie analytique, a rendu la méthode de Lacépède plus facile à retenir, par la précision qu'il a donnée aux différentes subdivisions, ou aux divers ordres. Il a conservé Se mot Abdominaux pour le 4* sous-ordre des Holobranches. Ces Abdominaux sont ici subdivisés en 8 familles, qui comprennent les genres énumérés plus haut pour représenter l'ordre du même nom de la 3* subdivision de la sous-classe des Osseux de Lacépède. Les familles de M. DuméVil sont : les Sipitonosiomes, Cylindrosomcs, Oplophores , Dimérèdes, Lépidopotnes, Gymnopomes, Dermoptères et Siagonoies.

Ce n'est pas le lieu de parler des auteurs postérieurs à ceux-ci , dont les méthodes ne

sont que des complications qui ne servirent nullement les sciences naturelles, tant que l'observation delà nature ne vint pas éclairer, par une critique saine et savante , des méthodes imaginées précédemment; mais J'arrive de suite à Cuvier, qui a fondé sa méthode ichthyologique sur les grandes divisions adoptées par Arlédi, et qui, par conséquent, ne pouvait donner au mot Abdominal la même extension que lui donnait Linné.

C'est le P" ordre de ses Malucopiérygieus ; il retranche, par conséquent, de l'ordre de Linné , les Teuihis , FisuUaires, Argentines, Atliérines, Muges et Polynhnes , qui sont pour lui des Acanihopiérygiens à nageoires ventrales abdominales, mais appartenant à différentes familles de cette grande division. Les Malacopiérygiens abdominaux sont divisés en 5 tribus qui correspondent aux genres Salmo , Clupea , Esox, Cyprinus et Siluriis de Linné. Ces familles sont elles-mêmes divisées en genres, subdivisés en sous-genres, et ces derniers en groupes auxquels, dans sa méthode , il n'a plus donné de noms distincts. Il faut avouer que ces sous-genres de sous-genres sont un très grand défaut de nomenclature. Je me suis toujours étonné que Cuvier, d'un esprit si juste, si sévère , ait ainsi altéré la nomenclature binaire, ce qui a souvent empêché de bien comprendre son œuvre immortelle du Hegne animal.

Ainsi, la V famille , celle des Salmones, se partage dans les 2 genres Saumon et Siernopiyx. Or, le genre des Saumons se divise dans les sous-genres Saumons proprement dits (dont les Truites sont une sous-division ), les Eperlans, Ombres, Argentines, Citaracins, subdivisés eux-mêmes en Curiniaies, Anoslomes, Serrasalmes, Piabuques, Tétragonoptères, Raies, Hydrocyns , Cy- Iharines, Saurai, Scopèles , Aulopes et Serpes.

La 2« famille, celle des Clupes,s(i compose des g. Hareng, Élope, Chirocenlre, Éryihrin. Amie, F astre , Lépisostée , Polyptère ; les harengs sont divisés en sous-genres ; harengs propres ^ Mégalopes , Anchois, Thrisses, Odontognalhes, Prislig astres, JVotoptères.

La 3« famille , celle des Ésoces, ne comprend que 3 genres : les Brochets, les Exocets, les Mormyres ; mais les Brochets se composent des sous -genres Brochets pro-

près. Galaxies , Microslomes , Stomias, Chauliodes, Salanx, Orphies, Scombrésoces, Demi-becs.

La famille des Cyprins se compose des 2 g. Carpe et Loche; le f"^ subdivisé en Carpe» propres. Barbeaux, Goujons, Tanches, Cir rhines. Brèmes , Labéons, A Nés et Gonorhynques. Celui des Loches comprend lei sous-genres Anableps , Pœcilie , Lebias , Cyprinodon. Enfin, sous le nom de Siluroïdes, dans la dernière famille, il a réuni les genres Silure, Malaptérure, Asprede et L»ricaire. Le genre Silure a pour sous-genres les Silures propres, diviJés eux-mêmes en Silures spécialement dits et en Scitilbés ; le 2« sous-genre, celui àes Machoirans , est subdivisé en Pimélodes, Agénéioses et Doras; mais ces Pimélodes sont encore scindés en Shals, Pimélodes propres et Bagres ; le 3* sous-genre, celui des Héiéro branches, se subdivise aussi en Macropiéronotes et en Hétérobranches propres. Viennent ensuite les sous-genres Ploiose et Callichihe. Enfin les Loricaires ont pour sous-genres les Hyposlomes etles Loricaires propres.

Cet examen démontre que le mot abdominal, employé par Linné dans sa méthode artificielle , avait une première signification précise dont tous les auteurs ont altéré plus ou moins le sens.parce que ces derniers, essayant de réunir les Poissons suivant les principes de la méthode naturelle, se sont servis d'un caractère artificiel. Cette position abdominale des nageoires ventrales est en effet peu importante dans l'organisation des Poissons , et la preuve la plus directe en est dans l'absence si fréquente de ces nageoires, ou, quand elles existent, dans la variation de leur position. On doit donc, selon moi , ne plus se servir désormais du mot abdominal que comme d'un adjectif commode dans une description ichthyologique , sans y attacher l'idée d'une grande division naturelle de la classe des Poissons. (Valknciknnes.)

•ABDOMINAUX. Abdominales [abdomen, ventre; ù'abdo, je cache), ins. — Section établie par Latreille , dans la famille des Carabiques , adoptée par Eichwall , et qui correspond aux Simplicimanes de Bonelli, ainsi qu'aux Simplicipèdes de M. Dejean. Tous les Coléoptères de celte section onv l'abdomen très grand relativement au prothorax. (D-)'

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ABEILLE, y^pii (Pline), ins. — Ce genr^., qui, dans le système de Linné, réunissait un grand nombre d'Insectes, estaujourd'hui restreint aux seuls Hyménoptères , offrant pour caractères : 1° Antennes filiformes et brisées, c'est-à-dire faisant un coude ; 2" Mandibules en forme de cuiller chez les individus neutres ou ouvriers, et au contraire bidentées dans les màlcset les femelles; 3" enfin le 1" article des tarses des jambes postérieures 1res développé et quadrilatère dans les individus neutres, où il présente intérieurement une sorte de brosse formée de poils régulièrement rangés en bandes transversales. Ces caractères et plusieurs autres permettent de distinguer les Abeilles proprement dites, des Insectes qui les avoisinent et qui appartiennent aujourd'hui à des genres différents. L'espèce qui sert de type au genre Abeille est l'Abeille commune, ^pis melllficu des auteurs. Nous allons donner brièvement l'histoire deses mœurs; mais, avantd'entrer dans ces détails, nous devons jeter un coup d'œil sur l'organisation de ces Insectes, ne fût-ce que pour faire connaître les instruments à l'aide desquels ils exécutent leurs merveilleux ouvrages.

Et d'abord , tout le monde sait qu'outre les mâles et les femelles, il existe, parmi les Abeilles, une autre sorte d'individus qu'on dislingue sous le nom d'Ouvrières; celles-ci composant la très grande majorité des habitants d'une ruche. Ces trois sortes d'individus , savoir : les Mâles, qu'on nomme aussi Bourdons , les Femelles , appelées vulgairement les lieines , et enfin les Ouvrières, Neutres ou Mulets , se distinguent facilement entre eux par divers traits de leur organisation. Passons rapidement en revue ceux qui les caractérisent davantage.

Les Mâles, généralement plus gros que les Ouvrières , ont la tète arrondie , ce qui est dû surtout au développement des yeux presque contigus sur le vertex. Toujours ils manquent d'aiguillon ; le thorax est très velu; le ventre plus convexe que dans les femelles ; enfin le premier article des tarses postérieurs a une forme allongée et non quadrilatère comme dans les Ouvrières.

LesFeme//esont les ailes proportionnellefnent plus courtes que celles des mâles et des ouvrières ; leur tête est triangulaire et non arrondie; leurs yeux sont écartés sur le ver-

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tex; leur ventre, prolongé en pointe, est armé d'un aiguillon; le premier article des tarses postérieurs manque de la brosse dont sont pourvues les ouvrières.

Les Ouvrières ou IVeuires se reconnaissent à une taille moindre; elles ont un aiguillon avec lequel elles produisent une piqûre très douloureuse ; mais ce qui les distingue surtout des femelles et des niàlcs , c'est la conformation de leur dernière paire de pattes. Le premier article du tarse offre une structure curieuse que nous 'avons déjà signalée, mais qui mérite d'être décrite avec détail, à cause du rôle important qu'il joue dans les divers actes qu'exécute TAbeille ouvrière. Ce premier article, qui a reçu le nom spécial de pièce carrée, est en effet de forme quadrilatère. Supérieurement il s'articule par son angle antérieur avec la jambe , de manière à exécuter sur elle un mouvement de ginglyme, à la manière d'une lame de couteau qu'on fermerait et ouvrirait alternativement. L'angle opposé , ou postérieur, est libre et prolongé en une petite pointe légèrement recourbée. Ces deux parties, la jambe et le premier article du tarse , forment ainsi une sorte de pince , dont nous indiquerons l'usage en pariant de la construction des gâteaux de cire. Ce même article , si différent des quatre suivants, présente une autre particularité très curieuse : lisse extérieurement, il est garni, sur sa face interne , de plusieurs rangées transversales de poils raides et parallèles qui ont valu à cette face le nom de trosse; la jambe elle-même, à cause de la forme qu'elle affecte, a été appelée palette triangulaire ; et, comme elle présente à sa surface externe un léger creux, ce petit enfoncement a reçu le nom de corbeille.

C'est au moyen de ces instruments bien simples, n'existant que dans la caste ouvrière, que se fait la récolte d'une poussière particulière nommée pollen. Ce pollen , fourni par l'anthère des étamines d'un grand nombre de plantes, s'attache d'abord naturellement aux poils qui recouvrent le corps de l'Abeille ; il est ensuite balayé au moyen des tarses des jambes, et surtout par la brosse qu'on distingue à la troisième paire. L'insecte parvient à réunir cette poussière en petits globules, déposés successivement par la 2' paire de pattes dans la

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lorbeille, jusqu'à ce que celie-ci en soit bien garnie. C'est aussi le même appareil qui sert à la récolle d'une autre substance résineuse, odorante, nommée propolis , que les Abeilles emploient principalement pour clore leur demeure. Le tarse, outre la pièce carrée, est encore formé par 4 autres articles beaucoup moins développés , et se termine par 2 crochets bidentés que sépare une pelote charnue.

Tels sont les caractères extérieurs les plus saillants des 3 sortes d'Abeilles qu'on rencontre dans une ruche. Jetons maintenant un coup d'œll sur les organes de ces Insectes, dont les fonctions se lient davantage aux merveilleux phénomènes que présente leur industrie.

Le. système nerveux des Abeilles se compose, suivant Swammerdam, d'un cerveau formé de 8 parties rangées par paires , et d'une portion moyenne qui est l'origine de la moelle épinière. La moelle cpinière présente 7 ganglions. Du cerveau et des ganglions naissent les principaux nerfs qui se Jistribuent flux divers organes.

Huber a tenté, sur les organes des sens, quelques expériences qui lui ont fait penser que la cavité de la bouche était le siège de l'odorat , et les antennes celui du toucher. Il n'a pu reconnaître l'organe de l'ouïe; cependant, tout porte à croire que les Abeilles entendent, à moins de supposer aucun but dans les sons qu'elles produisent. Celte sorte de voix n'est qu'un bourdonnement très nuancé. Tantôt c'est la Reine seule qui le fast entendre; et, alors, elle prend une altiîude particulière qui frappe les Abeilles d'immobilité ; tantôt ce sont 7es jeunes Pleines qui , retenues captives dans les cellules, produisent un son très singulier -, d'autres fois, c'est un bruit général qui a lieu , dans certaines circonstances , à l'intérieur de la ruche ; souvent , enfin, c'est le bourdonnement d'une ou de plusieurs ouvrières, qui font part d'un danger. Quoi qu'il en soit, cette faculté, chez ces animaux , est en rapport avec leur instinct ; car le bruit du tonnerre , d'une arme à feu , et méfne la vibration de divers corps métalliques , ne paraissent pas les affecter.

Un sens sur le siège duquel il n'est plus permis d'élever aucun doute, est celui de la vue. On sait que les Abeilles aperçoivent de

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très loin leur habitation , qu'elles distinguent leur ruche entre toutes les autres , et qu'elles y arrivent en ligne droite et avec rapidité.

Le siège de l'organe du goût, placé par Swammerdam dans la trompe , n'est pas , à beaucoup près , aussi bien détermine que celui de la vue. On se rend même diiririlement raison de l'existence d'un tel sens, lorsque , jugeant d'après ses propres sensations , on considère que l'Abeille , pour se désaltérer, préfère une eau croupie à une eau limpide , cl qu'elle se nourrit indistinctement du suc d'un grand nombre de plantes ayant des propriétés très différentes : de là aussi les nombreuses variétés de miel qu'on observe dans des ruches placées les unes auprès des autres. Les Abeilles, en elîet , se nourrissent de liquides végétaux , et principalement de liqueurs sucrées ; c'est du nectaire des plantes qu'elles retirent, au moyen de leur trompe, un suc qui sera bientôt converti en miel.

La trompe n'est pas exclusivement formée, comme celle des Papillons , par le prolongement des mâchoires ; elle l'est surtout par celui de la lèvre inférieure. Au reste, la bouche est formée des mêmes parties que celle des autres Insectes. On y trouve une lèvre supérieure, une paire de mandibules bidenlèes , à leur sommet , dans les mâles et dans les femelles , mais qui , chez les ouvrières , ont une terminaison très différente ; en effet, celles-ci les ont tranchantes par leur bord et creusées intérieurement d'une fossette divisée en 2 portions par une arête longitudinale. Les mandibules viennentelles à se rapprocher ? l'une de ces portions , l'antérieure, s'applique exactement contre celle qui correspond à la mandibule opposée , et forme avec elle une pince tranchante. Au contraire, l'autre portion (postérieure), ne se rapprochant pas également bien de celle qui lui fait face , constitue une sorte d'intervalle ou de gouttière.

C'est au moyen de celte conformation de leurs mandibules , que les ouvrières construisent avec tant d'art les cellules qui garnissent l'intérieur d'une ruche. Nous reviendrons plus loin sur la manière dont elles mettent en jeu ces instruments. Les mâchoires qu'on voit en arrière des mandibules sont réduites à des lamelles envclop-

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pant cl protégeant la trompe, beaucoup plus longue qu'elles. Celle-ci, qui est l'analogue de la lèvre inférieure des autres Insectes, présente les mêmes pièces , mais à divers degrés de développement. L'Abeille sait, à l'aide de cette trompe, extraire le suc des fleurs et le porter dans la cavité buccale, située plus en arrière. Svyammerdam s'était mépris sur les fondions de ces parties. Réanmur en a mieux observé le jeu , et ■nous a appris que la trompe proprement dite était une sorte de langue qui, en léchant ou lapant, sc»chargeait de la liqueur miellée; que cette liqueur passait entre elle et les étuis extérieurs ou les mâchoires, et qu'elle gagnait ainsi une ouverture qui avait échappé à Swammerdatn. Cette ouverture, placée au-dessus et à la base de la trompe , est recouverte par une sorte de langue charnue- et doit être considérée comme l'entrée pharyngienne ou le pharynx lui-même; c'est par elle que s'écnappe ordinairement une gouttelette de miel, lorsqu'on presse une Abeille entre les doigts.

Le canal intestinal consiste en un œsophage aboutissant à un jabot renflé, ordinairement plein d'une liqueur jaune, limpide, ayant toutes les propriétés du miel. Après ce premier renflement, en vient un second que Swammerdam nommait co/oh, et qui a beaucoup plus de longueur et de capacité que le précédent : c'est l'estomac proprement dit; il se continue avec l'intestin grêle, et vers le point de leur réunion on remarque un grand nombre de vaisseaux biliaires. Le canal intestinal est terminé par l'intestin grêle, le cœcum et 3c rectum.

La respiration a lieu, comme dans '.es autres Hyménoptères, au moyen de Irachées naissant des stigmates qu'jn observe sur les côtés du thorax et sur les parties Mtérales de l'abdomen ; elles aboutissent à quelques vésicules aériennes très développées, et à un grand nombre d'autres plus petites.

A cette fonction se rattachent quelques phénomènes très curieux, qui nous ont été transmis par Huber. Cet observateur, ayant remarqué qu'une ouverture d'un grand diamètre, pratiquée dans une boite ou une cloche de même capaiilé qu'une ruche or-

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dinaire, était tout-à-fait inutile pour le renouvellement de Tair; ayant appris, aussi, par plusieurs expèriences,que les Abeilles ne pouvaient continuer de vivre dans un espace où l'air ne se renouvelait pas, et sachant, en outre, que, dans une ruche peuplée quelquefois de 25,000 habitants , ce fluide est, à peu de chose près, toujours aussi pur à l'intérieur qu'à l'extérieur, parvint à expli quer ce phénomène par la ventilation que les ouvrières produisent presque continuellement, en agitant leurs ailes à la partie inférieure de la ruche. Sans pénétrer dans cette demeure, on peut, à l'époque des chaleurs, surprendre, en dehors et près des portes de la ruche , quelques Abeilles dans celte singulière action. Ce mouvement, quelquefois général , suffit, suivant Huber, pour établir , entre l'air extérieur et l'air intérieur, des courants au moyen desquels celui-ci esl sans cesse renouvelé. Ce phénomène, qui n'a encore été observé que dans les Abeilles et dans quelques Bourdons, était un fait digne d'être noté. Il est une conséquence immédiate de la respiration , ainsi que la chaleur des ruches, qu'il ne faut plus maintenant attribuera la fermentation du miel. Si le système respiratoire est remarquable par son développement et ses fondions, celui de la circulation se réduit, de même que dans tous les Insectes hexapodes, à un simple vaisseau dorsal n'offrant rien de particulier.

Aux différentes fonctions que nous avons jusqu'ici fait connaître, il faut en ajouter une très importante, celle des sécrétions. Nous avons dit que les gâteaux sont formés de cire. On a pensé, pendant long-temps, que l'ingrédient prmcipal de cette cire était le pollen, dont les ouvrières se nourrissent quelquefois, et qu'elles niellent le plus souvent en magasin dans certaines cellules. Ce pollen, disait-on, était élaboré dans leur estomac, et dégorgé ensuite par la bouche sous la forme d'une bouillie blanchâtre, qui était delavcritablecire. TellefuU'opiniondelous les savants, jusqu'à ce qu'un cultivateur de Lusace , et par suite John Hunier , eussent découvert des lamelles de cire engagées entre les arceaux inférieurs de l'abdomen.

Cette observation fixa l'attention de Huber, qui confirma cette importante découverte en relayant de nouvelles preuves-

iVcïi content d'avoir connu dans tous ses détails cetappareil singulier, des expériences ingénieuses lui apprirent que les Abeilles nourries uniquement de pollen ne sécrétaient jamais de cire, et que celles auxquelles, au contraire, on donnait une liqueur sucrée, en fournissaient en grande abondance. Une preuve d'un autre genre vint à l'appui des observations de Huber : il vit que l'ouvrière qui rentrait à la ruche l'estomac plein de miel et avec l'intention de construire, se gardait bien de dégorger le produit de sa récolte dans les magasins, comme si elle n'ignorait pas qu'en agissant autrement elle ne pourrait produire des matériaux de construction.

C'est avec celle cire , dont maintenant l'origine n'est plus douteuse, que les ouvrières bâtissent les cellules, destinées surtout à contenir les œufs pondus par la femelle, quelque temps après son accoupîement avec le mâle. Les meîles, dont nous avons déjà fait connaître les caractères extérieurs , se distinguent principalement des femelles par leurs organes gé- ' nitaux. Swammerdam , Réaumur et Huber les ont étudiés avec beaucoup de soin. Les organes femelles se composent de deux ovaires subdivisés en plusieurs oviductes et réunis en un canal commun; ils contiennent un nombre prodigieux d'œufs. Une femelle , qui en avait déjà pondu plus de 28,000, offrit à Réaumur son abdomen encore plein de plusieurs milliers d'autres. A ces organes se joignent un sac sphérique et deux vaisseaux aveugles s'ouvrant dans le canal commun des oviductes, et que Swammerdam suppose renfermer une liqueur visqueuse propre à enduire les œufs. Huber ne partage pas celte opinion ; et quelques recherches que j'ai faites sur cet organe ne me permettent pas, non plus, de lui attribuer cet usage.

H suffit d'avoir jeté un coup d'œil sur les organes mâles et femelles pour penser que de tels appareils sont faits dans un but déterminé. Swammerdam et Réaumur n'ont pu être spectateurs de la jonction des sexes; mais Huber, plus heureux sans doute, reconnut que celle union avait toujours lieu hors de la ruche: il en eut des preuves certaines, quand, ayant tenu captives des femelles, •oit isolées soit avec des mâles, elles res-

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lèrenl toujours stériles; quand, au contraire, leur ayant laissé toute liberté, ellei prirent leur essor , s'envolèrent au loin et revinrent fécondées; quand, enfin, il retrouva, dans la vulve des mêmes femelle», l'organe copulaleurdu mâle, qui y adhérait encore.

Si les mâles sont inutiles à la ruche , parce que , n'étant pas pourvus des instruments de travail, ils ne récoltent ni mie) , ni pollen, et se nourrissent au contraire des provisions amassées par les ouvrières ; si, dis-je, ils sont inutiles sous ce rapport, ils ne le sont pas sous celui de la propagation de l'espèce ; aussi voit-on , à une certaine époque, les ouvrières donner un soin particulier à leurs larves. Je dis à une certaine époque; car il arrive un autre moment où elles percent de leur aiguillon tous les mâles et détruisent même ceux qui étaient près d'éclore. C'est ordinairement dans les mois de juin, de juillet et d'août que ce grand carnage se fait au fond de la ruche. Âpres celle époque, on ne trouve plus de mâles dans les ruches; et ce n'est qu'en avril et en mai suivants que de nouveaux œufs ayant élé pondus, on en voit reparaître, d'abord en pclit nombre , et ensuite en grande quantité, ils éclosent dans les ruches avant les Reines: celles-ci sont aussi impropres que les mâles à toute espèce de travail; leur seule fonction est de perpétuer l'espèce ; aussi ne restent-elles que très peu de temps dans l'état de virginité. Cet état peut être prolongé par certaines circonstances; mais ordinairement, cinq ou six jours après leur naissance , cl un jour après qu'elles se sont établies dans une nouvelle demeure, à la tête d'une colonie (ce qui a lieu vers les mois de mai, juin et juillet), on les voit sortir pour aller à la recherche d'un mâle. Elles reviennent à la ruche ordinairement fécondées, et la perte de leur virginité n'est pas équivoque. Elle reçoivent alors, de la part des ouvrières des hommages et des soins empressés qu'on ne leur avait pas encore rendus. C'est généralement 46 heures après l'acte de la copulation que la ponte a lieu; elle se continue jusqu'au printemps suivant, sans que la femelle ait été fécondée de nouveau ; car nous avons dit qu'à dater du mois d'août on ne rencontrait plus de mâles. La ponte peut donc avoir lieu 11 mois après l'accouple-

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ment ; et ce terme n'est pas le plus éloigné ; var Huber nous apprend qu'un seul accou- /ylement peut rendre une femelle féconde pendant 2 ans.

Si la femelle est fécondée dans les 15 premiers jours de sa vie , elle ne pond guère , jusqu'au printemps , que des œufs d'ouvrières. A cette époque, elle fait une copieuse ponte de mâles ; et, immédiatement après , a lieu celle des Reines, mais à un jour d'intervalle, aQn que ces Reines , conductrices des colonies qui doivent sortir de la ruche , ne naissent pas toutes en même temps. Si , au contraire , la fécondation de la Reine est retardée au-delà du 21'°' jour qui suit sa naissance, ou bien si la ponte éprouve quelque retard, à cause du peu d'élévation de la température, elle ne produit plus que des œufs de mâles , et les dépose indistinctement dans toutes les cellules ; mais, avant de parler de la ponte et des phénomènes qui l'accompagnent, nous devons jeter un coup d'œil dans la ruche, et faire connaître les cellules des gâteaux, où sont déposés les œufs.

Nous avons déjà parlé, sous plusieurs rapports, des 3 sortesd'individusqui s'observent dans une ruche ; c'esl-â-dire des mâles , des femelles ou Reines, et des ouvrières. Ces dernières ne différent des Reines que par un moindre développement des organes génitaux. Leurs fonctions principales sont d'aller à la récolte du miel et du pollen , de bâtir les cellules , de soigner les larves , de faire la police extérieure de la ruche, et de la défendre contre ses ennemis. Réaumur avait remarqué qu'elles n'étaient pas toutes de même grosseur, ce qu'il attribuait à une plus ou moins grande quantité de matière contenue dans leurs intestins ; mais Huber donna plus de valeur à cette différence , quand il découvrit qu'elle constituait deux variétés , plus distinctes encore par les fonctions qu'elles étaient appelées à remplir. Les unes, dont l'abdomen est habituellement dilaté, et qu'il nomme Cirieres , s'occupent uniquement de la construction des gâteaux; les autres , dont l'abdomen a moins de volume , et qu'il appelle les Nourrices, ont pour emploi de soigner le produit de la conception jusqu'à son entier accroissement.

Lorsque les alvéoles ou cellules sont réunies, elles portent, ainsi que tout le monde ie sait, le nom de fjàieuux. Chacune d'elles

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constitue ordinairement un pt * godet hexagone , ouvert d'un côté et fermé de l'autre par un fond ou calotte pyramidale , résultant de la réunion de 3 rhombes qui auraient chacun de leurs angles obtus au centre de ce fond pyramidal , et seraient réunis entre eux par les côtés qui renferment cet angle. Le contour de la base de cette pyramide présenterait alors six angles rentrants et saillants alternativement, qui, se joignant à la circonférence d'un tuyau hexagonal formé par six trapèzes , et auquel on remarque les mêmes angles, l'emboîteraient et seraient à leur tour emboîtés par lui.

Ces gâteaux présentent deux faces semblables , c'est-à-dire qu'ils résultent de l'adossement de deux couches ouséries de cellules. Les Abeilles, dans leur construction, sont surtout étonnantes par l'économie qu'elles savent faire de la matière et de l'espace: à cet effet, les fonds des cellules de l'une des couches constituent les fonds des cellules de l'autre ; par cela même, la base de chaque cellule est formée par la réunion de 3 cellules opposées. Ceci peut être rendu palpable et très intelligible , au moyen d'une expérience fort simple : introduisez 3 longues épingles dans l'intérieur d'une cellule, et percez -en le fond au centre des trois rhombes qui le constituent, chacune d'elles aboutira à une cellule distincte du côté opposé.

Ces admirables ouvrages ont ordinairement une très grande régularité ; et à la régularité du travail se joignent, dans l'exécution, un flni et une délicatesse qu'on a peine à concevoir. L'admiration n'est pas moindre quand on observe la simplicité des instruments de construction ; les ayant précédemment décrits avec assez de détails, nous n'aurons plus qu'à en considérer ici l'action.

Lorsque l'Abeille veut construire, elle prend successivement les plaques de cire sécrétées et tenues en réserve entre les anneaux inférieurs de son ventre , les porte entre ses dents pour les mâcher et leur faire subir une certaine préparation; mais le ventre étant éloigné de la bouche , celleci ne saurait atteindre les lamelles de cire. La nature a pourvu à cette difficulté, en conformant la dernière paire de pattes, de telle sorte qu'elle devient un instrument commode . à l'aide duquel l'Abeille saisi/

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ces lamelles. Ncrusf avons dit que le 1" article du tarse était très allongé , mobile sur la jambe , de manière à l'oiiiicr avec elle une sorte de pince; l'Abeille insinue celle pince entre les anneaux de son ventre, s'empare d'une plaque de cire , la porte aussitôt s sa bouche, cl la rompt avec le bord tranchant de ses mandibules. Lorsque la lamelle de cire a passé et repassé entre ses dents, elle en suri de nouveau sous la forme d'un filament mou que l'insecte „s'il commence à construire , applique contre la voûte de la ruche, ou bien qu'il ajoute aux lamelles déjà posées. Plusieurs Abeilles agissent de concert à la même place , et la matière qu'elles y déposent ne tarde pas à former une masse dans laquelle elles commencent à creuser les cellules du premier rang. Celles-ci n'ont plus les formes que nous avons décrites, et celle sorte d'anomalie a pour but de fournir une base plus solide à l'édiflce qui va bientôt s'élever : en effet, les ouvrières ajoutent successivement au travail que l'une d'elles a commencé ; d'autres posent les fondements de nouvelles constructions à des distances égales ; et tous ces gâteaux , ordinairement parallèles entre eu\ et perpendiculaires au fond de la ruche, s'agrandissent en très peu de temps. Réaumur nous apprend qu'un gâteau de huit à neuf pouces de diamèlre est quelquefois l'ouvrage d'une seule journée. Nos architectes toutefois ne mettent pas de suite la dernière main à l'œuvre : lorsque tout nous paraît achevé , on voit d'aulres Abeilles cirières entrer dans chaque alvéole pour en égaliser et polir, en quelque sorte , les parois. Elles s'occupent aussi à ciicadrer les pans des cellules et leur orifice de propolis qu'elles recueillent sur certains végétaux, et entre autres sur les bourgeons du Peuplier sauvage. Elles se servent aussi de celle gomme résine pour boucher toutes les ouvertures de leur ruche, et, à une certaine époque , elles l'emploient pour consolider la base des gâteaux.

Si , comme il convient de le faire , nous distinguons les cellules en peliies , moyennes et fjyandes , nous devrons observer que ce qui vient d'élre dit de leur construction et de leur forme s'applique uniquement aux deux premières. En effet , les grandes cellules . ijn'on nomme aussi celi'ilcs royales

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outre qu'on n'en compte jamais plus de 21 (leur nombre étant ordinairement de IG à 20), diffèrent des autres sous plusieurs rapports. Elles sont en général oblongucs, pyriformes cl très amples. Rien n'est épargné pour leur solidilé ; et, dans leur construction, on ne se montre avare ni d'espace , ni de matière ; à loi point que le poids d'une^ loge royale équivaut au moins â celui de cent cellules ordinaires. Leur position ensuite est bien différente : au lieu d'élra placées horizontalement comme les alvéoles des ouvrières et des mâles , elles le sont verticalement. Quelquefois elles ressemblent à une slalaclile, et paraissent détachées du gâteau.

L'observation a appris que la plupart des alvéoles , tant peliies que moyennes , reçoivent les œufs. La poule a lieu pendant toute l'année, mais principalement au printemps , et dès le mois de mars, lorsque la température est un peu élevée. La reine parcourt alors les gâteaux , regarde et palpe avec ses antennes les cellules sur lesquelles elle passe, y enfonce profondément son abdomen; et, lorsqu'elle les trouve vides, elle y dépose un œuf qu'elle colle par l'un de ses bouts au fond de l'alvéole. Elle pond d'abord dans les petites cellules des œufs^ d'ouvrières; ensuite, dans les cellules moyennes, des œufs de mâles; et, en dernier lieu , des œufs de femelles dans les cellule» royales.

îl n'est personne qui n ait entendu parle» des hommages rendus au Roi par ses sujets lidèles. CeRoi ou plutôt celle Reine , car l'individu auquel ils s'adressent est toujours une femelle, en reçoit en elfct de la part des ouvrières, surtout au moment de la ponte. Il est curieux de voir les soins assidus que rendent â leur souveraine les Abeilles du cortège pendant cette importante opération ; elles la nelloient , la frottent avec leur trompe , et lui présenlentde temps en teni[).'s du miel qu'elles dégorgent. S'il arrive qu'elle soit très féconde , et qu'au contraire les cirièrcs soient en trop petit nombre pour bâtir une quantité de cellules égale à celle des œufs , la femelle , pressée de pondre, en dépose 2 , 3 et même 4 dans les mêmes alvéoles. Les ouvrières , qui s'en aperçoivent , ne tardent pas à enlever tous les œufs surnuméraires et à les détrnir»

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Les œufs sontoblonjîs , un peu courbés et d'un blanc bleuâtre. Une fois pondus , ils «ont abandonnés aux soins de cette variété d'ouvrières qu'on appelle nourrices; cellesci ne commencent leurs fonctions que lorsque les vers sont éclos, c'est-à-dire 3 jours après qu'ils ont clé pondus. Alors, selon Swammerdam , elles apportent à plusieurs heures du jour une sorte de bouillie, différente suivant l'âge delà larve. D'abord insipide et blanchâtre , puis légèrement sucrée et transparente , d'une couleur jaune-verdàtre, elle devient ensuite très sucrée. La quantité de cette bouillie est proportionnée d'une manières! exacte aux besoins du ver, que, selon Huber, il la consomme toujours en entier. Le même auteur a observé que le pollen des étamines des plantes était la véritable nourriture des larves ; les nourrices en remplissent leur estomac et le dégorgent, sans doute après l'avoir mêlé avec une certaine quantité de miel.

La nourriture varie non seulement suivant les âges , mais encore suivant les sexes. Celle des mâles et des ouvrières paraît analogue; mais celle des larves de Reines est une bouillie toute particulière , dont l'influence sur le développeraenl de l'individu est telle qu'elle rend fécondes les ouvrières qui en ont été nourries à l'état de larves. Il n'est plus permis de douter de ce fait, depuis que Huber a conflrmé les expériences de Riem et de Schirach. Ce dernieravait observé que, lorsqu'une ruche se trouve privée de Reine, les Abeilles agrandissent, aux dépens des cellules voisines , les alvéoles de quelques ouvrières , dans lesquelles se trouve une jeune larve, et qu'elles lui apportent, en outre, avec abondance, une bouillie semblable à celle dont elles nourrissent les vers royaux; qu'enQn il naît bientôtdeces larves des Reines ou Abeilles femelles.

Si , pendant que les ouvrières sont occupées à réparer une perte qui entraînerait celle de la colonie tout entière, oti introduit une Reine dans la ruche, aussitôt ces travaux cessent, comme si elles sentaient que leur précaution est devenue désormais inutile. Riera avait remarqué un fait non moins extraordinaire : il vil plusieurs ouvrières, absolument semblables aux autres , pondre dans les alvéoles. Huber observa le même fait, mais

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il remarqua que ces ouvrières ne pondaient jamais que des œufs de mâles , cl supposa que cette fécondité était due à une petite portion de bouillie royale , tombée comme par accident dans leurs étroites demeures, toujours situées dans le voisinage des cellules royales. Ces Abeilles ouvrières ne deviennent fécondes que dans les ruches privées de Pleines ; car celles-ci ont grand soin de détruire ces chétives rivales. Les Abeilles ouvrières sont donc réellement des femelles dont les organes génitaux et quelques autres parties n'ont pas atteint tout leur accroissement.

La larve ou le ver, objet de tant de soins, et qui nous présente des faits si remarquables , est blanchâtre, apode, composé de 14 anneaux, y compris la tète : celle-ci est munie , selon Réaumur , de 2 mandibules rudimenlaires, d'une lèvre supérieure , et d'une lèvre inférieure trifide.

Ce ver, contenu dans l'alvéole, après avoir changé plusieurs fois de peau, arrive vers le 6"^ jour au dernier terme de son accroissement. Pendant ce temps, il s'est approché petit à petit de l'ouverture de sa loge , et n'en est plus qu'à deux lignes. A cette époque , les ouvrières bouchent l'alvéole au moyen d'un petitcouverclede cire, plus bombé pour les cellules de mâles que pour celles d'ouvrières ; alors le ver lui-même file, en trente-six heures, une coque de «oie, complète lorsqu'il appartient à une ouvrière ou à un mâle, et incomplète s'il doit donner une Reine. Trois jours après seulement, il se métamorphose en nymphe. La nymphe est le passage de la larve à l'insecte parfait; il dure 7 jours et demi ; ce temps écoulé , on voit paraître l'insecte parfait 20 jours après que l'œuf qui l'a produit a été pondu. Au contraire, les femelles ne mettent que IG jours à prendre tout leur accroissement. L'insecte , pour arriver à son étal parfait , doit, sans auxiliaire, se débarrasser de son enveloppe, percer sj coque soyeuse , ainsi que le couvercle de cire qui fermait son alvéole. A peine est-il né, que les autres Abeilleslui prodiguent mille soins, l'essuient ou le lèchent, et lui olTrent du miel. Il ne tarde pas lui-même, s'il appartient à la caste ouvrière , à se mettre à l'ouvrage , et n'a pas besoin de leçons pour remplir ses devoirs : son instinct est son maître.

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Un grand nombre d'Abeilles sont nées; l'habitation ne peut plus contenir tous les habitants; le nombre en estprodigieux;car, selon Réaumur,une ruche peut conteniralors plus de 26,426 Abeilles ouvrières, 700 mâles et une seule femelle. Une émigration devient nécessaire; elle ne peut toutefois s'effectuer que lorsqu'une nouveUe Reine , qui remplacera celle qui va partir à la tête de la colonie , est sur le point d'éclore. Quelles que soient les incommodités résultant de celle nombreuse réunion , le départ est toujours retardé jusqu'à celte époque. A peine cet événement attendu esl-il arrivé , qu'un grand nombre d'Abeilles , précédées de la vieille Reine , abandonnent l'habitation. Cette colonie errante porte le nom d'Essaim ; les Insectes qui la composent ne tardent pas à s'arrêter dans un endroit quelconque, souvent sur une branche d'arbre ; là, ils forment une sorte de grappe ou de cône en se cramponnant les uns aux autres au moyen de leurs pattes. Au moment où ce groupe se fixe, la femelle reste ordinairement dans le voisinage , et ne se réunit à la masse que quelque temps après. C'est le moment que doit choisir le cultivateur pour s'emparer de l'essaim et le placer dans une demeure convenable.

Le départ est précédé de phénomènes assez singuliers , et s'annonce par des signes non équivoques. Les mâles, qui viennent de naître, paraissent alors en grand nombre ; plusieurs milliers d'habitants , ne trouvant plus de place dans la ruche, se groupent par tas au-dehors. Un bourdonnement particulier se fait souvent entendre le soir et la nuit dans l'intérieur de l'habitation , ou bien on y remarque un calme qui n'est pas ordinaire ; enfin , dés le matin du jour où la colonie doit s'expatrier, le cahne est encore plus parfait, et le repos succède à l'activité générale qu'on remarquait la veille.

Les Abeilles qui doivent émigrer semblent ainsi prévoir l'heure du départ, qui a ordinairement lieu vers le milieu du jour, par un temps chaud et un ciel pur. Il paraîtrait aussi qu'elles jugent inutile d'entreprendre ou d'achever des travaux dont elles ne doivent pas jouir. La même inaction a lieu , lorsqu'un essaim, après s'être établi dans nne demeure et y avoir commencé quelques travaux se décide à l'abandonner. Une

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ruche donne ordinairement, pendant le printemps, trois ou quatre essaims; quelquefois aussi elle n'en fournit aucun, lorsque les habitants sont en trop petit nombre. Dans le premier cas, les vieilles femelles prennent toujours la direction de la 1" colonie ; les autres essaims se forment quand, de nouvelles ouvri^-res et une nouvelle Reine étant nées, la ville est de nouveau trop petite pour contenir la population. Ces émigrations se succèdent par conséquent à des intervalles plus ou moins longs , mais qui ne dépassent pas 9 jours , et il est curieux de remarquer que les ouvrières savent retarder la naissance des Reines, jusqu'à ce qu'il soit éclos un assez grand nombre d'ouvrières pour former une nouvelle colonie : elles les constituent prisonnières dans leurs propres cellules, en renfonçant le couvercle qui bouche les alvéoles, et ne leur permettent d'en sortir que successivement, à quelques jours de distance les unes des autres. En vain les femelles se débattent-elles d-ans leur cellules ; en vain font-elles entendre un son particulier ; les ouvrières ne les délivrent que lorsque le besoin le réclame, et ne laissent pas, pendant cette captivité, de leur prodiguer les soins nécessaires à leur existence : un trou pratiqué dans le couvercle de l'alvéole permet à la Reine d'y passer l'extrémité de sa trompe ; les ouvrières, qui s'en aperçoivent, dégorgent du miel et en répandent sur cet organe.

Nous avons rendu compte des phénomènes qui précèdentla sortie d'un essaim, et de quelques unes des causes auxquelles cette émigration semble due. La cause prochaine et en quelque sorte déterminante de départ, est l'antipathie ou plutôt la haine que les femelles se portent réciproquement, et l'inquiétude qui en résulte pour les ouvrières qui font la garde. Ces sentinelles vigilantes harcellent de toutes parts la femelle qui doit émigrer, la poursuivent avec opiniâtreté. Ne sachant plus où se retirer, elle parcourt avec vitesse les gâteaux , et met en mouvement toutes les Abeilles qu'elle rencontre sur son passage. L'agitation est bientôt générale ; plusieurs individus se précipitent vers l'entrée de la ruche; la Reine, cédant à cette impulsion , sort , s'envole , et est aussitôt suivie par un grand nombre d'ouvrières.

La chaleur qui résulte de l'agitation don»

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nous venons de parler, semble aussi contribuer beaucoup à la sortie des essaims. Le thermomètre de Réaumur, qui , dans une ruche habitée, est ordinairement, l'été, de 27 à 29 degrés, s'élève dans ces circonstances jusqu'à 32.

On serait dans l'erreur si l'on pensait que le nombre des femelles est toujours exactement proportionné à celui des colonies ; il n'est pas rare d'en trouver 2 et même 3 dans un seul essaim. Si un essaim de ce genre est mis dans une ruche, on remarque bientôt que les Reines, toutes les fois qu'elles se rencontrent, se livrent des combats à mort. Les circonstances qui accompagnent ces combats ,les ruses qu'emploient les 2 champions, le rôle qu'y jouent les ouvrières qui en sont spectatrices, mériteraient des descriptions détaillées qu'il nous est impossible de donner ici. Nous nous bornerons à ajouter que lorsqu'une ruche est réduite à une seule Reine , si l'on enlevait celle-«i au moment où les travaux sont déjà en pleine activité, et à une époque où les œufs n'ont pas encore été poncfus, on verrait l'oisiveté succéder au travail, l'espoir de perpétuer l'espèce serait détruit, la langueur atteindrait les ouvrières laborieuses; elles ne construiraient plus d'alvéoles, ne feraient plus de provisions, vivraient au jour le jour, et ne tarderaient pas à mourir. Leur rend on une femelle dans une telle circonstance, ou, ce qui revient au même, leur présente-t-on des gâteaux contenant des cellules royales ou déjeunes larves, capables d'être converties en femelles, à la manière déjà indiquée? tout aussitôt les travaux reprennent leur activité , et ce peuple découragé recouvre son énergie. Les ouvrières ne sont donc pas seulement instruites par la présence d'une femelle qu'elles doivent compter sur une postérité ; mais cet espoir se réveille encore par la présence des œufs ou des larves contenues dans les alvéoles.

L'histoire des Abeilles, comme on voit, présente trop d'intérêt pour qu'il soit nécessaire de l'embellir de suppositions idéales et merveilleuses. Ce peuple industrieux, si remarquable par l'union et l'ensemble qui régnent dans chaque habitation, ne l'est pas moins lorsqu'il s'agit de défendre sa propriété contre les ruses des ennemis nombreux qu'il doit combattre. Suivant quel-

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ques observateurs, une Abeille ne vit pas plus de 5 ans. Il est probable que lorsqu'elle meurt, les ouvrières adoptent une jeune Reine, qui ne quitte pas la ruche. Si l'insecte, comme quelques uns l'ont prétendu , était une simple machine, et privé de toute fïculté intellectuelle , serait-il susceptible de modifier ses acles.^* saurait-il prévoir, calculer l'événement, le juger lorsqu'il se présente, proportionner les moyens de défense à ceux de l'attaque, et substituer mille stratagèmes à la force, quand l'infériorité du nombre ne lui permet pas de triompher avec ses armes? C'est pourtant là ce qui arrive, lorsque des Frelons, des Guêpes, des Souris, des feignes, des Sphinx Têle-de-mort, etc., cherchent à s'introduire dans sa demeure. Tous les moyens sont alors mis en usage pour s'opposer à leur entrée; tous les efforts sont dirigés vers ce but : car, une fois que ces redoutables ennemis ont pénétré dans la ruche, il est bien difficile aux Abeilles de s'opposer à leurs dégâts ; elles n'ont plus d'autre parti à prendre que de fuir, et de transporter ailleurs leur industrie. Les ouvrières , comme on le pense bien , sont les seuls combattants ; elles veillent sans cesse à la ruche, et font une reconnaissance scrupuleuse de tous les individus qui y entrent, en les touchant de leurs antennes.

Réaumur et Hubert ont été les historiens de leurs victoires et de leurs défaites , et nous ont donné des détails curieux sur leurs combats. Nous engageons de nouveau à recourir à leurs intéressants ouvrages.

Tout ce que nous avons dit des Abeilles s'applique à celle de notre pays , c'est-àdire à l'Abeille mellifique, y4pis melUfica Linn. Fab. [F. PI. 14, fig. 1 , le mâle ; fig. 2, la femelle ; fig. 3, une ouvrière ou neutre.) Parmi les autres espèces d'Abeilles qu'on a distinguées jusqu'à présent de la précédente , les plus remarquables sont :

l'abeille ligurienne, u^pis//î/(«/!ca Spin., cultivée dans toute l'Italie, et qui habite peut-être aussi la Morée, l'Archipel, etc.

l'abeille unicolore , Apis unicolor Lat., qui habite les îles de France, de Madagascar et de Bourbon , et qui fournit un miel vert très estimé.

l'abeille indienne , Apis indica Fab., qu'on rencontre au Bengale et à Pondiehéry.

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l'arkille FASciÉE , ^i)is fasckiia Lat., domestique en Egypte, et qu'on faisait voyager sur le Nil , de la Basse-Egypte dans la Haute, pour obtenir une double récolte de miel.

l'abeille h'AVAy9,oy, ^ pis yJdansoDii Lat., trouvée au Sénégal.

l'abeille de pÉron, yipis Peronii Lat., qui se trouve à Timor, d'où elle a été rapporté par Pérou. (V. AUDOUIN.)

*ABELl.\ (Dédié au docl. Abe! Clarke).

BOT. PH. — Genre de la famille des Caprifoliacées, tribu des Lonicérées , établi par R. Brown, qui en donne les caractères essentiels suivants: Calice à tube linéaire, oblong. adhérent, un peu comprimé, urcéoléau sommet; limbe 5-parti, persistant, à segments foliacés. Corolle infundibuliforme, subrégulière ; limbe à 5 divisions ovales, étalées. Etamines 4, subdidynames, incluses ou à peine saillantes, insérées au tube de la corolle. Ovaire 3-Ioculaire;2 des loges pluri-ovulées ; la '.i' uni-ovulée et seule séminifère; ovules axiles: ceux des 2 loges pluri-ovulés, 1-sériés ; les inférieurs suspendus, le supérieur ascendant; l'ovulede laloge séminifère suspendu, anatrope. Style court ; stigmate disciforme. Baie coriace, 3-loculaire, couronnée par le limbe calicinal; 2 des loges aspermes par avortement, la S""^ plus grande, monosperme. Graine suspendue, anatrope, subcylindrique. — Arbrisseaux à feuilles opposées, pétiolées, crénelées. Pédoncules, soit axillaires ettrichotomes ou trifides , soit terminaux et indivisés. Fleurs accompagnées d'un involucre polyphylle. On connaît 3 espèces (YAbelia ; une indigène de la Chine, les 2 autres de l'Himâlâyà. (Sp.)

ABELICEA (corruption d'airslex/a, Théoph.; arbre indéterminé), bot. rii.— Honorius Eelli [Clii'i. Hht. Plani.)SLAonnécc nom à un arbre qu'il trouva dans lePéloponèse, où il croit dans les endroits les plus escarpés des montagnes. Smith le rapporte à l'Ulwus nemoralis d'Alton ; Pallas à son Jlliammis carpinifolia , etc. Les botanistes modernes le réunissent au genre P/a)iem, Gm., dans lequel ils en font un sous-genre sous le nom A'Ahelicea. (C. L.)

AB-EL-MOSCe.^Z'e/mosc/iU5,Medik.;yÇamia, R. Br. (En arabe, père du musc, à cause de l'odeur de ses graines), bot.pii.— Genre de la famille des Malvacées. tribu des Hibiscées,

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Kcicli. Il ne diffère essentiellement des //th I scus ovi Ketmia qnt par son calice coniquecylindracé , légèrement 5-denté , se fendant irrégulièrement d'un côté, ver.s l'époque de l'épanouisscitient de la corolle. Graines glabres.—Ce g., propre aux régions équatoriales, renferme environ 40 espèces, la plupart imparfaitement connues. Les graines de \'u4. moschaïus Moench , sont employées en parfumerie sous le nom d'Ambrctte. (Sp.)

ABER. MOLL. — Dans son voyage au Sénégal, Adansnn donne ce nom à une petite esp. de Moule, le Mytilns pimicens (Gmelin, Dilwyn), qui, peut-être, est la même que le Mytilus sev.egiilansis de Lamarck. (Desh.)

ABERAS, Gesner.BOT. ph. — Syn. d'ANArjA5.

ABEREMOA, Aubl. (nom galibi). BOT.pn.

— Synonyme du genre Guaiieria.

*ABIE. Abia (âÇioç, doux, frêle), ins. — Genre d'Insectes Hyménoptères, fami'le des Tenthrédines, établi par Leach (Zoo/.rnwcc//.) aux dépens du genre Cimhex , sur des espèces qui ont la massue des antennes formée de 5 articles. Foy. cimbex. (Dl.)

ABIES. BOT. PII. — Voy. sap;n,

*ABIÉTI\'ÉES. Abielinœ. bot. ph. — Nom d'une des tribus établies par L, G. Richard dans la famille des Conifères. (Ad. B.)

ABILDGAAREi {Abildgaard, naturaliste danois), poiss. — Nom donné par Bloch a un poisson d'Amérique, qu'il a représenté, pi. 259 , et que Lacépède a reproduit sous le même nom [Sparus Abildgaardii). C'est un poisson d'une tout autre famille et du genre Scare. Il revient en double emploi dans Lacépède,.comme espèce nominale, souslenom de Spare rouge or (III, xxxiu , 3). C'est aussi le Scarus coccineus de Bloch Schn., établi d'après Parra (xxviii, fig. 2). (Val.)

ABILDGAARDIE. Abildgaardia [Abildgciard, savant danois), bot. ph. — Genre de la famille des Cypéracées, établi par Vahl et adopté par tous les botanistes. Il est très voisin du g. Fmbrisiylis , dont il diffère par les caract. suivants : Epis multiflores, composés d'écaillés distiques , mais devenant presque trisériés, par suite de la torsion du rachis ou axe de l'épi. Écailles carénées , caduques ; mais 1 eur base, persistant de chaque côté, avait fait dire à Valil que l'axe offrait des fossettes membraneuses sur les bords • les plus inférieures sont seules vides

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et stérUes. Les fleurs manquent de soies 011 d'écaillés hypogynes. Elamines 1 à 3. Shie trifide, renflé à sa base , cl comme triangulaire, caduc et articulé avec l'ovaire. Fruit pyrirorme ou triangulaire.— Les espèces de ce g. , au nombre de 12 environ , ont leur chaume rarement aphylle et plus souvent pourvu de feuilles à la base. Les é[)is sont solitaires ou géminés, ternes , ou enfin réunis , soit en capitule , soit en une ombelle simple ou décomposée. Toutes ces espèces sont exotiques , et habitent , pour la plupart, les régions tropicales. (A. R.)

ABLME. GÉOL. — f^oy. abvme.

• ABLABERA (àô>o?y,';, innocent), ms.— Genre de Coléoptères pentamères , famille des Lamellicornes, établi parM.Dejcan dans la dernière édition de son Catalogue , mais dont il n'a pas publié les caractères. Il ne renferme que des espèces du Cap de Bonne- Espérance , à l'exception d'une seule [A. mijrmidon ) qui est du Sénégal. (D.)

ABLAX'IA, Aubl.; Trichocarpns, Schreb.

{Ablani, nom galibi de cette plante dans les Guyanes). eot. ph.— Genre incomplètement connu , rapporté avec doute , par la plupart des auteurs , à la famille des Tiliacées, mais qui peut-être est plus voisin des HioMcées. Suivant la description d'Aublet, ses caractères sont les suivants : Calice 4- ou 5-parti, pcrsistant.Corolle nul le. Étamines nombreuses, hypogynes; filets libres , capillaires; anthères petites, suborbiculaircs. Ovaire ovale ; styles 2, bifides. Capsule 1-loculaire, 4-vdlve, polysperme , hérissée de sétules caluques; placenta central, libre.Graines recouvertes d'une membrane (arillc?) muqueuse. — Ce genre n'est fondé que sur une seule espèce, indigène de la Guyane. C'est un arbre atteignant environ 50 pieds de hauteur, remarquable par son bois de couleur rouge , tandis que l'aubier en est blanc. Les feuilles sont grandes, alternes, indivisées ; les fleurs disposées en panicules axillaires. (Sp.)

ABLAQUE. moLL. — Nom vulgaire de la soie que fournit le byssus des Pinnes marines. (Desii.)

ABLE [albwi, blanc), poiss. — Ce nom a été employé par Bonnatcrre comme épilhète du Salmo albula L. dont Lacépède a fait son Cor- ■içone able. La même espèce est reproduite i,ar Bloch, sous le nom de Salmo Murœnn-

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lu

la , qui est le Corrcgone Murrénule de Lacépède. Ce nom est encore employé , dan»

Loiinalerre et dans Lacépède , comme épilhète 'Ju Cyprin Able , plus connu sous le nom d'Ableite. Enfin.Cuvier s'est servi de ce mot Able, corruption A'Albiis, pour un g. de Poissons de lafamilledesCyprins,connusde8 pécheurs de nos rivières sous la dénomination de Poissons blancs , et que Klein avait déjà mal indiqués sous le nom de Leuciscus. Ce genre comprenait, dans le Rè(jne unimal, tous les Cyprins à dorsale et à anale courtts, niaiiquant d'épines et de barbillons > c'. à lèvres simples. Cuvier établissait plusieuri subdivisions , dans lesquelles étaient rangées un grand nombre d'espèces européennes ou étrangères connues.

Depuis , M. Agassiz a donné des noms à quelques unes des subdivisions de Cuvier, et en a lui-même établi de nouvelles; d'où il suit que le genre Able se divise aujourd'hui en Cliondrosloma ( Cypriiius A'uzus Kl.), en Aspius [Cyprinus aspius L.), en Piioxinu.% {Cijp- plioximis L. ), en Pelœus ( Cyp. cultratus L. ) {f^. ces mots); et que les .\bles {Leuciscus) ne comprennentplus mamtenantqueles Cyprinus dobula L., argotieus Agass. ( C. Leuciscus Auclor. ), orjus L., Jases L., ^ryiluophllialmus L. , et un grand nombre d'autres espèces européennes ou étrangères. La chair de ces Poissons est, ea général , peu estimée.

jM. Agassiz cite une quinzaine d'espèces ; mais j'en ferai connaître un bien plus grand nombre dans l'histoire naiurelle des Poissons. 11 décrit plusieurs espèces d'Ables fossiles : les Leuciscus œningensis , £. pupillus et L. heierurus , viennent d'OEningen ; le Leuciscus papy raceus, des ligniles tertiaires; les Leuciscus leptus , du Habichlswald ; enfin les Leuciscus graciiis cl L. Harmannii viennent de Steinheim. (Val.)

* ABLE^iîVES ( à priv. ; ê^/wa , mucus ). poiss. — On trouve ce nom dans Lacépède comme l'un des synonymes de V Orphie (Esox belone L.). [Val.)

* ABLÉPHARE. Ablepharus ( oiîli<fjiao<; , sans paupières), rept. — C'est le nom d'un g. appartenant à la !■= division de la famille des Scincoïdiens , celle des Ophiophthalmes. 11 a pour caractères : 4 pattes terminées chacune par 5 doigts inégaux, simples, cylindriques. Le museau conique; l'orei''? distincte

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exléneuremenl, et la langue squammeuse.

— Ce genre, établi parFitzinger dans le recueil des travaux de la Société des naturalistes de Berlin ( f^erhand. der Gesel, nalur. Freunde in Berlin , in-^», etc.) , ne se compose que de 3 espèces : l'A. de Kitaïbel, l'A. DE PÉiiON, et l'A. DE Leschenaolt, dont il existe d'excellentes figures dans les études sur les Scincoides par Th. Cocteau (Paris, 183C). Les 2 premiers méritent particulièrement d'être cités comme les seuls Reptiles connus dont l'espèce soitrépandue en des contrées où toutes les autres productions naturelles présentent, au contraire, les plus grandes différences ; ainsi, l'Abléphare de Kitaibel se trouve en Hongrie, en Morée, à la N. -Hollande ; et l'A. de Péron , outre ces. 2 derniers pays, habite encore l'ile de France, Java , et presque toute l'Océanic. — Ce sont de fort petits Sauriens, tout-à-fait innocents , qui vivent à la manière de nos •Lézards communs. P'oy. opiiioputhalmes.

• ABLEPHARIS. kept. —Cocteau a employé ce nom au lieu d'yiùlepharus pour désigner le g. précédent, dont une des principales particularités se trouve peut-être, par là, moins bien exprimée, attendu que /3>£- ^apt'ç , en grec , signifie seulement les cils , tandis que ^lîtpapov veut dire la paupière, ■et à?),£Vapo? celui qui en est privé. (G. B.)

ABLET ou ABLETTE (Dim. d'Able, «/bus), poiss. — Poisson désigné par Linné sous le nom de Cyprinus Albimms , et par Lacépède sous celui de Cyprin able. Cuvier le rangeait dans les Ables , et M. Agassiz le place, aujourd'hui, parmi ses Aspius. Il est long de 5 à 8 pouces, 1res commun dans toutes les eaux douces de l'Europe ; à corps comprimé ; à ligne latérale très arquée et très infléchie vers le ventre ; vert-jaunâtre sur le haut du dos, brillant du plus bel éclat d'argent sur tout le corps ainsi que sur tout le péritoine. Cette matière, recueillie au moyen de l'Ammoniaque, produit l'essence d'Orient, employée pour la fabrication des perles fausses. On prend l'Ablette à la ligne ou souvent avec des filets en nappe ou dans des nasses. Elle se réunit quelquefois en grandes troupes.

11 paraît que sous ce nom A' Ablette on désigne aussi quelquefois l'Épinoche , Ga.sicralens ncttleaius de Bloch. (Val.)

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