DIUM
* AGARDDIIMELLA. bot. cr. — Un des diminutifs du g. Agardltia proposés par Gaillon , et non adoptés. ;C. L.i
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AGARIC. Acariens ( àyapixov ). bot. cb. — L'étymologic de ce mol , employé par Dioscoridc et par tous les auteurs jusqu'à nos jours, parait assez obscure. On le fait dériver d'Agaria, contrée de la Sarmatie, dans laquelle croissait très abondammen t le Champignon auquel on avait donné primitivement ce nom. Le célèbre Scaliger a contesté cette étymologie, parce qu'il ignorait où était située Agaria ; mais Saumaise a levé ces difficultés, et maintenant elle est généralement adoptée. Ce mot a servi pendant longtemps à désigner un Champignon dont l'hyméiiium est poreux , et dont on faisait un grand usage comme purgatif: c'est le Bolet du Mélèze , Boleius purgans de Persoon , ou Agaric des Pharmaciens ( voy. ce mot }. Plus tard il a été donné à une autre esp. de Bolet , qui croit sur le Chêne et sur d'autres arbres , et auquel on a accordé bien gratuitement la propriété d'arrêter les hémorrhagies. Persoon le désigne sous le nom de Polypoiuaigiiianus. On le nomme encore Agaric desChirurgiens {voy. ce mot). Linné, sans que l'on puisse en deviner le motif, a jugé convenable d'appliquer ce nom à un autre g. de Champignons, dont l'hyménium est composé de lames parallèles qui s'étendent du centre à la circonférence, comme les rayons d'une roue ou d'une ombrelle. Tous les auteurs ont , depuis cette époque , conservé le mot Agaric ; Paulct seul a tenté de lui substituer celui A'Hypophyllum.
Ce g. est le plus nombreux en espèces que l'on connaisse. Les sections que l'on a établies , et les différents noms sous lesquels on les trouve indiquées dans les auteurs du XVIII^ et du XIX"^ siècle , comme Amaniia , Pelrona, Kouma, Gelona, P^olva, Lactarium, Jius.suta , etc. , reposent sur des parties trop secondaires pour que l'on puisse les considérer comme genres, puisque dans toutes on trouve le même plan d'organisation. Persoon était tenté de diviser les Agarics en plusieurs genres; mais il a reculé devant celle iimovalion. Nous savons trop peu de chose, disail-il, sur les organes de la reproduction, sur la slruclure et les fonctions des diaércnlcs parties, pour établir des genres véritables. Ce que Persoon n'avait osé . M. Frics vient de le faire dans un ouvrage extrêmement remarquable, publié a Upsaî en 183G-1838, sous le titre d'Epicrisis ô\::»-
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maii^ Mijcolcrjici. Je laisse aux savants , plus versés que moi dans la mycologie, le soin de décider si le célèbre professeur en a rendu l'élude plus facile.
L'hyménium est la partie principale des Agarics , celle sur laquelle repose le caractère du genre. Toutes les autres peuvent éprouver des modiflcalions extrêmes , et c'est sur CCS modificalions , quand elles se présentent d'une manière normale et à peu près constante , que les subdivisions ont été établies. Il est donc nécessaire d'entrer dans quelques détails au sujet de ces parties. On peut considérer les Acjaricus Cœsareus, biUbosus, etc., comme les espèces qui présentent l'organisation la plus parfaite. On y distingue le mycélium , le pédicule , la volve, Vanneau et Vliymenium.
Le mycélium est une production blanche, filamenteuse, qui se développe dans la terre, sur le bois pouni , etc. Il se forme sur cet organe, à une certaine époque de l'année et sous l'influence de circonstances qui ne sont pas encore connues, des tubercules charnus qui, par l'évolution successive des dilférentes parties qui les composent, donnent naissance à un Agaric ou à un autre Champignon. On a considéré pendant longtemps le mycélium comme des racines; maintenant on le regarde généralement comme remplissant les fonctions d'une tige souterraine ou rhizome.
La volve {volva, bourse), voile général, enveloppe générale ou radicale, est une membrane qui renferme toutes les parties du Champignon, comme la coquille renferme tous les éléments de l'œuf. Il parait qu'elle existe dans tous les Champignons ; mais elle est d'une texture si délicate dans le plus grand nombre , qu'elle disparaît complètement pendant la première évolution, sans que l'on puisse en trouver le moindre vestige. On n'y attache donc de l'importance que quand ses débris restent manifestes à la base du pédicule ou sur le chapeau. Le mot volve ou volva parait dériver du verbe latin to/i'o, j'enveloppe. La volve est composée de cellules allongées et rameuses qui s'anastomosent entre elles. Elle est complète quand elle se déchire pour laisser passer le chapeau et le pédicule, et qu'elle reste à la base de celui-ci ; incomplète, quand elle ne recouvre vas le Champignon en entier; elle est cadu-
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que ou persistante , épaisse ou mince ; ample , quand elle représente un vase dont le bord estévasé ; vaginée, lorsqu'elleestassez étroite et longue; et enfin ochrée ou en forme de guélre, quand elle est exactement appliquée sur le pédicule. On ne connaît guère que Yyigaricus oclirealus qui soit dans ce cas. Dans les Champignons comestibles , on rejette toujours cette partie, mais elle est de la plus haute importance pour l'étude : aussi faut-il toujours enlever un Champignon de terre avec précaution pour constater l'exigtence de cette membrane.
Le pédicule , stipe ou pied [siipes , caulis, peiiolus , pediculus) , est la partie qui supporte le chapeau et qui fixe le Champignon au lieu où il a pris naissance. Il est ceniml , excentii(\ue, latéral ou ascendant, quand il occupe le centre, un point plus ou moins éloigné du centre ou le côté du chapeau. Sa partie moyenne est nue ou munie d'un anneau ou d'une corline. Il est court ou long , plein ou fisiuleux ; on le dit creux quand sa partie centrale vient à disparaître. Dans quelques espèces, il est floconneux ou traversé dans toute sa longueur par un filament byssoide. La forme du pédicule est très variable : il est simple , rameux , bulbeux , fusi~ forme, atténué à l'une ou à l'autre extrémité ; gros, épais, long, court, filiforme, etc. Sa surface est lisse, rude, écailleuse, lornenleuse, viUeuse, etc. Sa consistance est le plus ordinairement molle, spongieuse, cassante, quelquefois ^7»re!«e, élastique, etc. Cette partie se dilate à sa partie supérieure et forme le chapeau. Il arrive quelquefois que dans les endroits profonds et obscurs, comme les souterrains , elle s'allonge, se ramifie même, et ne produit pas de chapeau. Dans cet état de monstruosité , les Agarics ressemblent à des Clavaires.
L'anneau, le collet, voile partiel {anuulus, vélum partiale), est cette partie membraneuse qui entoure le pédicule comme d'une manchette. Bulliardadit que « le collet parait être au Champignon ce que le calice et les pétales sont aux fleurs. C'est un abri sur pour les graines, qui sont probablement fécondées avant que le collet se détache du chapeau. » — Rien ne prouve jusqu'à ce jour cette assertion, parce qu'il y a beaucoup plus d'Agarics qui n'ont pas de collet que de ceux qui en ont, et dans ceux-ci la féconda-
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lion, s'il en existe une, s'opère également bien. Si l'on étudie l'anneau dans les espèces qui l'ont parfailement développé, comme les Amanites, V^yaricui campesnis, etc., on voit que son extrémité supérieure s'insère au sommet du pédicule , le recouvre dans une certaine étendue ; puis ce même anneau s'en éloigne, s'élargit et se fixe à la marge du chapeau dont il se détache pluf tard, et reste adhérent au pédicule. Il est composé de cellules très allongées, presque toutes parallèles. Son épaisseur et sa consistance varient dans un grand nombre d'espèces. II retient l'impression des lames , et il est persisiam ou fugace, libre ou adhérent. Sa couleur est généralement blanche. Le collet présente de très bons caractères pour établir des sousdivisions dans le genre Agaric.
Lacorline, voile partiel, voile ou collet aranéeux ou arachnoïde [conina, vélum partiale, vélum araneosum) , doit être regardée comme un anneau imparfait qui unit les bords du chapeau avec le pédicule, et qui se compose de filaments blancs ou colorés, restant adhérents sur le pédicule ou à la marge du chapeau quand le Champignon est développé. Persoon fait observer qu'on peut trouver une Amanite qui ait en même temps une volve et un collet , mais jamais un Agaric pourvu simultanément d'une cortine et d'un anneau. La cortine, organe généralement assez fugace, fournit pourtant de très bons caractères de sous-genres.
Le chapeau , chapiteau , table [pileus , pileum, pileolus. pileolutn, umbraculum , capilulum, ou mieux hymenophorum du professeur Fries), considéré d'une manière générale, forme presque à lui seul ce que l'on nomme •an Cliauipiguon. C'est la partie qui frappe la vue et celle que l'on mange. Ce chapeau est formé , comme je lai dit , par l'expansion delapartiesupérieuredu pédicule. Il se compose d'une partie charnue et de l'hymenium. La forme du chapeau ou de l'hyménophore est arrondie, conique, campanif orme, convexe, plane, déprimée, infundibuliforme, mavulonnée, etc. La surface en est lisse, striée , villeuse , écailleuse , rugueuse , sèche ou visqueuse. L'épiderme qui la recouvre s'enlève dans quelques espèces , et fait, dans d'autres, corps avec la chair. Sa couleur et sa consistance sont extrêmement variables. Il est plus ou moins charnu , épais ou membra-
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neux , se dessèche facilement , se pourrit . ou tombe en déliquescence. La marge de celte partie est très importante aussi à étudier dans ses formes , surtout quand elle est roulée en dedans ou qu'elle est appliquée immédiatement sur le pédicule.
M. Fries a, dans son Epicrisis, tiré uci parti très avantageux de cette disposition , à laquelle aucun mycologiste, jusqu'à ce jour, n'avait fait attention. La structure du chapeau est la même dans tous les Agarics. On n'y trouve que des cellules plus ou moins allongées ; dans les uns , elles sont lâches, éloignées; dans les autres, au contraire, elles sont petites et très rapprochées. Elles renferment des liquides de dilTérenles natures, et très probablement de l'air ou des gaz.
Les lames ou feuillets {laminœ , lamel.œ sulci deBatarra) sont les prolongements membraneux et parallèles de la partie inférieure du chapeau, qui se dirigent du centre à la circonférence. C'est sur celte disposition que reposent les caract. du g. Agaric. Elles sont composées de 3 couches , une médiane ou trame formée de cellules qui se continuent avec celles du chapeau , et 2 latérales formées par l'hymenium. Cette organisation existe dans tous les Agarics , et ne manque dans aucune espèce , malgré l'assertion du plus célèbre mycoljgiste de notre époque. Si , dans les Coprins , l'y^garicus coniiguus Bull., et quelques autres espèces , les lames paraissent dépourvues de trame , c'est que les cellules qui la co.mposent sont moins abondantes , et qu'elles forment un tissu moins dense et moins résistant que celui de l'hymenium ; ce qui permet de séparer quelquefois cette membrane du chapeau.
Dans aucune espèce d'Agarics ni dans aucun des sous-genres établis, les 2 couches de l'hymenium ne sont en contact immédiat. Elles sont toujours séparées par la trame, et tout caractère fondé sur l'absence de cette partie est un prétendu caractère anatomique , qu'il faut soigneusement éliminer, dans la crainte que quelque botaniste ne soit tenté d'en faire usage pour former de nouveaux g. dans les Dolets , les Polypores , les Hydnes , etc. — On dislingue dans une lame deux bords : l'un , adhérent au chapeau ou à la base ; l'autre, libre, et que l'on appelle marge ou tranche ; deux ex-
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trémilés : une inlerne qui répond au pédicule , et que quelques auteurs regardent comme la base; l'autre, qui répond à la marge du chapeau ; deux surfaces qui sont parallèles et qui forment les cotés. L'hymeaium ou membrane sporulifcre recouvre la trame des lames dans toute leur étendue. Son tissu est composé de cellules superposées en plus ou moins grand nombre, et de formes qui varient suivant les espèces. Sur les surfaces examinées au microscope, dans les sous-genres Amanha, Lepiota , Gymno~ pus , Russula , etc. , on remarque un nombre considérable de Basides , ou petites éminences qui se divisent en 4 pointes , à l'extrémité de chacune desquelles est flxée une spore. Dans les Coprins , on trouve parmi les basides des Cysiides ou vésicules allongées transparentes qui paraissent vides, et dont la forme est tantôt celle d'un cyhndre, et tantôt celle d'une massue , etc. Ces organes , sur lesquels j'ai donné ailleurs {Mém. sur L'Hijmenium , Soc. Philom., 12 mars 18-37, et Aun. des Se. nat. , décembre 1837) des détails assez étendus , n'avaient pas échappé à la sagacité de Micbeli ; mais ce célèbre botaniste ne les avait vus et dessinés que d'une manière incomplète. Les observations de MM. Ascherson , Bekerley et Corda, du moins pour VAgaricus peiasiformis, sont parfaitement conformes aux mJennes. C'est maintenant un point d'organisirjon acquis à la science ; il ae faut pas le conS^Jérer comme le caractère ropre du genre Agaricus, mais bien comme e caractère d'une grande famille à laquelle j'ai donné le nom de Basidiospores , et qui .;omprend les Agarics , les Bolets, les Polypores, lesHydnes, les Clavaires, etc.
Les spores ou sporules [sporcc, sporulœ), ou organes reproducteurs , sont d'une ténuité extrême et seulement visibles au microscope. Leur forme est constamment ronde ou ovale. Elles sont , comme je l'ai dit , fixées aux divisions des basides , et dans quelques esp. , a l'aide d'un fort grossissement, on en distingue le point d'insertion. La couleur des spores a été pour le professeur Fries un .noyen très ingénieux d'établir les caractères | des différents groupes du g. Agaric. Elles sont blanches , rosées , ochracées , ferrugineuses , noires ou d'im roux pourpre. Pour constater ces couleurs , il suffit de mettre pendant
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quelques heures un Agaric sur une glace ou sur une feuille de papier, de manière que les lames regardent en bas, les spores se détachent spontanément et forment une légère couche qui présente une des couleurs que je viens d'indiquer. Ces spores renferment quelquefois, dans leur intérieur, d'autres corps beaucoup plus petits que l'on nomme sporidioles ; d'autres fois elles paraissent nébuleuses , mais le plus souvent elles sont transparentes. Telle est la structure des lames des Agarics j mais ces parties, sous le rapport de leur proportion, de leur forme et de leur mode d'insertion avec le pédicule, présentent des caractères très précieux. On les dit simples ou égales quand elles sont toutes de même longueur, et composées quand, entre deux lames qui s'étendent du pédicule à la marge du chapeau , on en trouve un certain nombre d'inégale longueur. Krombholtz , dans ce cas , les nomme didynamiques , Iridynamiques , léiradynamiques etpobjdynamiques , suivant que l'on trouve des lamelles ou portions de lames qui ont la moitié, le tiers ou le quart, ou moins d'une lame entière. Dans quelques esp. elles sont bifurquées à la base, et dans d'autres elles s'anastomosent à l'aide de divisions ou prolongements latéraux. Cette dernière disposition est rare, et doit être plutôt considérée comme un accident que comme un caractère particulier. Quand les lames sont écartées les unes des autres , on les dit rares ou peu nombreuses ; dans le cas contraire , elles sont nombreuses ou rapprochées. Suivant leur forme , elles sont minces ou épaisses , larges ou. étroites , aiguës, tronquées, arrondies ou obtuses à l'une ou à l'autre extrémité. Piclativement au rapport qu'elles ont avec le pédicule, on les dit d^c(nTt'«;es , quand leur extrémité interne se prolonge en pointe sur une étendue plus ou moins grande du pédicule; libres {remotœ, distantes, discrctœ], quand elles n'ont aucune connexion avec cette partie, et qu'elles en sont séparées par un certain intervalle. Quand elles adhèrent au pédicule par toute l'étendue de leur extrémité interne, on les nomme adnées [adnatœ], eladnexes [adnexce) quand l'insertion est incomplète, et enûn onguiculées lorsqu'elles adhèrent au pédicule par le moyen d'un petit prolongement ; la base ou le bord supérieur dei lames ne présente pas de caractères. Dans
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^quelques esp. seulement , il est marqué de petites saillies ou veines qui se continuent avec le chapeau. Le bord libre ou tranche est régulier, denté, ondulettx , droit. Dans un grand nombre d'esp. , on remarque à sa partie interne une échancrure ou sinus ( lamellœ sinuaiœ).'Pcvsoon et M. Pries, dans plusieurs circonstances , se sont servis de ce caractère avec le plus grand avantage. La substance des lames est toujours la même que celle du chapeau, puisqu'elle n'en est que le prolongement; comme celui-ci , elles sont charnues , coriaces, fragiles, succulentes, aqueuses, lactescentes , etc. Leur couleur est en général celle des spores ; mais pourtant il ne faut pas juger la couleur des spores d'après celle des lames. On devra toujours recevoir ces organes sur une feuille de papier, afin de ne pas être induit en erreur. M. Fries admet G couleurs dans les lames : Le blanc , le rosé , le jaune , le rouillé , le brun pourpre, le noir el le 7ioirdtre. Quelquefois elles sont nébuleuses ou tachetées. On en rencontre aussi qui conservent la même couleur pendant toute leur durée ( immuiabiles], et d'autres au contraire qui pâlissent ou qui en changent {décolorantes), comme ilans les Cortinaires et les Pratelles. Enfin on dit que les lames sont persistantes {persisienies ) quand elles durent autant que le chapeau ; et fugaces {fugaces ), dissolubles {difjluentes , liquescentes) , quand elles disparaissent avant le chapeau , ou qu'elles se liquéfient comme on le voit dans les Coprins.
Le g. Agaric, établi par Linné et adopté par tous les botanistes , présente les caractères que j'ai indiqués plus haut. Comme les esp. sont très nombreuses , tous les auteurs ont senti la nécessité de subdiviser ce g. pour en faciliter l'élude. Micheli , Gleditsch , Batarra, Haller, SchaeCTer, Batsch, Scopoli, Allioni, Gmelin , etc., n'ont guère consulté que la couleur des différentes parties. Persoon le premier, dans sonSynopsisfungorum, a saisi avec une admirable sagacité les affinités des différentes esp., et en a formé 10 sous-genres. 3Ialheureusement , comme les auteurs qui l'avaient précédé, il a plus attaché d'importance aux couleurs qu'à la disposition des lames, qui présentent, comme je raidit, des caractères précieux. Ce célèbre botaniste a cru devoir séparer les Amanites
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du g. Agaric , par rapport à la volve dans laquelle le Champignon est renfermé dans son jeune âge; mais comme cet organe finit presque par disparaître dans quelques esp., je pense, comme M. le professeur Fries, qu'il ne doit pas former un genre particulier. Le genre Agaric présentera donc 11 sousgenres.
1. Amakita : Agaric à volve. Chapeau charnu, le plus souvent verruqueux. Lames nombreuses , serrées. Pédicule allongé , nu ou muni d'un anneau. Ex. : ^4. vaginatus Bull., phalloïdes Bull., etc.
2. Lepiota: Pas de volve. Pédicule muni d'un anneau membraneux. Lames ni nébuleuses ni fuligineuses, dépourvues de sucs. Ex. : ^. procerus Scop. , hœmatospermus Bull. , cristatus Fries , etc.
3. CoRTiNARiA : Chapeau le plus souvent charnu. Lames émarginées ou sinuées à leur extrémité interne, unicoloresetenfin couleur de cannelle. Pédicule souvent bulbeux entouré d'une cortine ou anneau arachnoïde. Ex. : A. violaceus Lin. , hercynicus Fers. , collinitns Sow., etc.
4. GvM.NOPus : Chapeau charnu entier et convexe. Lames unicolores, marcescentes. Pédicule sans anneau ni cortine. Ex. : A. leucopltyllus Pers., gymnopodius Bull., sulphureus Bull., etc.
Myckna : Chapeau le plus souvent membraneux, strié, presque transparent, convexe et persistant. Lames unicolores , se desséchant facilement. Pédicule allongé , fistuleuxetnu.Ex. : A. aUiaceusl?eTS.,polygrammtisBuW., ciirinellusPers., etc.
CopRiNus : Chapeau membraneux ou à peine charnu , fugace. Lames noires, se liquéfiant. Pédicule blanc , nu ou muni d'un anneau. Ex. : A. comalus Fers., picaceus Bull., ferrugineus Fers., etc.
Pratella : Chapeau charnu ou presque membraneux, persistant. Lames nébuleuses et enfin noires. Pédicule nu ou muni d'un anneau. Ex. : A. campestris Linn., œruginosus Pers., corru'jis Fers., etc.
Lactiflucs : Chapeau charnu , le plus souvent déprimé au centre. Lames lactescentes. Ex. : A. lorminosus Fers., thelogalus Bull. , plumbeus Bull., etc.
RiTssuLA : Chapeau charnu, le plus souvent déprimé au centre. Lames dépourvues de suc et toutes de la même longueur. Pcdi-
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cule nu. Ex. : A. riiveus Pcrs., alutaceus Pcrs., furcaïus Pers. , etc.
Omphalia : Chapeau entier, charnu ou membraneux , infundibuliforme ou déprimé au centre. Lames d'inégale longueur, ni succulentes, ni lactescentes, le plus souvent décurrentes. Pédicule nu et central. Ex. : A. imolulus Batsch. , cupularis Dull., lentus Fries.
Pleuropus : Chapeau charnu, déprimé, oblique, entier ou dimidié. Pédicule excentrique, latéral ou nul. Ex. : A. nlmariusBviW., ostreatus Curt., applicaïus Batsch.
Cette distribution des Agarics a été adoptée par tous les auteurs ; et , en effet, malgré les imperfections qu'elle présente, celui qui l'adopte pour étudier les Champignons rapporte avec la plus grande facilité les différentes espèces aux sections qui leur conviennent. Persoon l'a à peu près conservée dans son Traité des Champignons comestibles. Il lui a fait subir quelques modiGcalions dans son Mycologia europœa ; mais comme cet important ouvrage n'a malheureusement pas été terminé, je crois inutile d'indiquer les corrections que cet auteur a été obligé d'y faire, par suite de sa grande expérience et des immenses progrés de la science. M. Fries, dans un ouvrage imprimé en 1821, sous le titre de Synema mijcolo'jicum, a présenté une nouvelle distribution iiug,eme A garicus, basée principalement sur lacouleur des spores, et qui lui permet d'établir 5 grandes sections divisées en 36 sous-genres, à la suite desquels viennent les g. Copriims et Gomphus. Je renvoie à l'ouvrage de M. Fries ceux qui désireraient connaître l'étendue et la hardiesse de ce travail , dont une analyse ne pourrait que donner une idée très imparfaite. Plus tard, en 1825, l'auteur, dans le Syslema Orbis legeiafci/ii , établissant le g. Agaricus {&\iT lus caractères suivants : Zamellœ simplices, inœqiiales, exsuccœ , persislentes, a pileo discretœ ), en éloigna les sousgenres Coprinus , Gatorrheus , Russula, Lentimus, pour en former des g. distincts, qui, par leurs caractères particulier;;, semblaient rompre la continuité des séries formées dans les Agarics. Enfln M. Fries, dans VEpicrisis Sytemaiis mycologici, a non seulement conservé ces genres , mais encore en a formé de nouveaux, comme Montagniies, Bolbiiius, PasiUus, Go'nphidius, SiyloOales, Hygro-
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phorus , etc., d'après des caractères que l'œil le plus exercé ne saisit pas toujours et que l'examen analomique ne démontre pas constamment. Il en résulte, je ne dirai pas de la confusion , mais un bouleversement général dans cette partie de la mycologie.
Les Agarics sont des Champignons très communs, croissant presque partout. Comme beaucoup d'espèces servent à la nourriture de l'homme, on a cherché à les reproduire ; mais on n'a réussi jusqu'à ce jour que pour un très petit nombre d'entre elles. Le Champignon de couche {Agaricus edulis) est celui que l'on obtient le plus facilement. On fait pour cela un mélange de terreau, de fumier pourri et de crottin de cheval, et on en forme dans une cave des couches de 2 pieds ou plus de haut , auxquelles on donne la forme d'un triangle dont on arrondit l'angle supérieur. On étend sur toute cette surface du blanc de Champignons que l'on recouvre ensuite d'une couche de terreau. Il faut avoir soin d'arroser de temps en temps pour entretenir la fermentation, la chaleur et l'humidité, trois circonstances essentielles au développement des Champignons. Dans un très court espace de temps, la couche se recouvre de filaments blancs et byssoides, sur lesquels naissent, en nombre immense, de petits tubercules qui croissent et se succèdent rapidement. Quelques personnes n'emploient pas le blanc de Champignons mais arrosent les couches avec de l'eau dans laquelle elles ont fait macérer les Champignons. Ce moyen réussit également: seulement, ces couches produisent peu, et cessent de produire peu de temps après leur préparation. Quand le nombre des Champignons diminue , il faut songer à former une nouvelle couche, car c'est un signe de l'épuisement de l'ancienne, qu'on arroserait désormais en vain : les éléments de la fermentation n'existant plus , la chaleur n'est plus suffisante pour ce genre de végétation. On trouve quelquefois avec \' Agaricus edulis différentes espèces de Coprins , Y Agaricus volvaceus Bull., le Fuligo vaporaria Pers. Dans ce cas , il ne faut pas hésiter à détruire les couches et à en faire de nouvelles. Enfin on en rencontre quelques unei qui sont remplies de Scolopendres, d'Iules, de Cloportes et de dilTérentes autres espèces d'insectes. Il faut également en faire le sa.
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criGce, nettoyer parfaitcmcnl l'endroit, l'enfumer, et même l'abandonner pendant quelque temps. On voit assez souvent les Champignons s'allonger, devenir difformes, leurs chapeaux se former avec peine ; ou bien ils se recouvrent d'un duvet blanc, plus ou moins épais. Ces accidents s'observent quand l'air n'est pas suffisamment renouvelé et que les couches sont trop humides. Comme celles-ci sont alors d'un mauvais rapport, il faut les placer dans un lieu mieux aéré, et les arroser moins abondamment. L'établissement de couches est un moyen très avantageux pour se procurer des Champignons pendant toute l'année. On vend le blanc de Champignon comme les graines des plantes, et il peut se conserver pendant très longtemps sans perdre de ses propriétés. M. Toilard en a vu qui avait 20 ans de conservation, et qui produisit des Champignons comme s'il eût été récent.Onpeutencore, quand les Champignons croissent dans certaines localités, enlever la terre avec le mycélium qu'elle renferme , et la transporter dans des circonstances semblables. C'est un moyen qui m'a parfaitement réussi pour me procurer abondamment et sans avoir la peine de le chercher, V^^garicus albellus. Thore rapporte que , dans le département des Landes, on sème VAgaricii^ palomet et le Bolems eduii.s. Pour cela, on se contente d'arroser la terre d'un bosquet planté de Chênes, avec de l'eau dans laquelle on a fait bouillir une grande quantité de ces deux Champignons. La culture n'exige d'autres soins que d'éloigner de ce lieu les chevaux, les porcs , et toute espèce de bêles à cornes', qui sont très friandes de ces deux plantes. Ce moyen ne manque jamais de réussir ; mais nous laissons aux physiciens à nous expliquer pourquoi l'ébullition n'a pas fait mourir les germes de ces Agarics, {f^oy. Pers., Champ, com., p. 16.) M. Tenore, dans une lettre à Persoon, indique le moyen que l'on emploie pour se procurer YAgaricus neapolitanus , dont on fait une grande consommation àNaples. Je ne puis m'empêcher de rapporter ce passage ; quelques personnes seront peut-être tentées de répéter l'expérience. — « Le Champignon que vous trouverez ci joint se développe sur le marc de café pourri et gardé dans un endroit humide pendant 8 ou 10 mois. Ce n'est que depuis peu d'années que le hasard le fil découvrir.
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De jeunes religieuses d'un couvent de Naples l'ont trouvé sur un tas de marc de café mis à l'écart dans un coin ombragé de leur jardin. Dès lors elles en ont répandu la nouvelle, et à présent on se le procure artificiellement ; car ici on a pris l'habitude de ramasser ce marc pendant quelque temps, en employant aussi celui des boutiques pour en faire une provision plus considérable. On le fait pourrir dans un pot de terre cuite, non vernissé, déposé à l'ombre , et on l'arrose pour y entretenir une humidité constante. Les Champignons paraissent au bout de G mois environ ; ils sont bons à manger et d'un goût assez agréable. {J^oijez Pkksoon , Myc. Europ. secl. ler., p. 74.)
Rumphius {Berb. amb.) nous fournit deux exemples semblables. Une seule espèce d'Agaric, qu'il désigne sous le nom de Molciua moschocuryanus, croit à Amboine et dans les îles voisines, sur les brous de noix muscades que l'on entasse dans les forêts lors de la récolte de ces fruits. A l'époque des pluies chaudes, la décomposition s'opère, et il se développe surces matières des Champignons très délicats que l'on ramasse et qui se servent sur la table des riches. L'autre espèce d'Agaric ou Boleius saguarius se trouve également à Amboine et dans toutes les îles où croît le Sagus farinacca. Il naît sur les débris entassés et pourris qui proviennent de cet arbrequand on prépare le sagou. Il est moins délicat que le précédent, et les habitants le récoltent pourleurpropre nourritureoupour en engraisser les cochons et les poules. Les sangliers en sont très avides. Les personnes qui désirent cultiver cette espèce emportent dans leurs jardins des débris de sagou, les entassent, et, comme les Napolitains, obtiennent en tout temps un aliment agréable. J'ai cru devoir rapporter ces faits, parce qu'ils sont généralement peuconnus,elqu'il serait possible que dans nos pays on rencontrât quelque espèce qui offrît les mêmes avantages.
Les Agarics ne sont pas remarquables seulement par leur forme et leur mode de développement. Rumphius a le premier observé qu'une espèce, qu'on appelle /"«ngu* igneus, est phosphorescente pendant la nuit. Ce phénomène , dont on ne possède pas encore une théorie satisfaisante, malgré les expériences de M. Becquerel , a été observé