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t'galement par M. De Candolle sur Vy^garicus oleariu.s-, qui croît très communément dans le midi de la France et dans le Levant. Les lames seules sont phosphorescentes; mais la lueur qu'elles répandent n'est pas due à la décomposition du Champignon ni au développement du Cladosporium umbrinum , comme M. Pries semble le soupçonner; au contraire, plus l'Agaric est vigoureux, plus elle est brillante. M. Delille dit que cette phosphorescence se manifeste seulement pendant la nuit, et qu'elle n'est pas visible pendant le jour dans les souterrains les plus obscurs. Les expériences que j'ai faites à Smyrne ne me permettent pas de partager l'opinion du célèbre professeur de Montpellier, et mon ami Steinheil . qui vient d'être enlevé si malheureusement aux sciences, avait fait en Afrique les mêmes observations que moi.
Tous les jours on demande aux personnes qui s'occupent de l'étude des Champignons, comment on peut distinguer ceux qui sont vénéneux de ceux qui ne le sont pas. Cette question m'a mis bien des fois dans l'embarras , et j'avoue que je ne sais encore comment y répondre. On peut bien donner quelques caractères généraux; mais il est impossible, quand on ne connaît pas suffisamment ces végétaux , d'en faire une juste application ; car les caractères sont souvent si légers, qu'il faut en avoir une grande habitude pour les saisir. Malhioledit que l'on doit considérer comme Champignons vénéneux ceux qui croissent dans un endroit où il se trouve un clou rouillé, du drap moisi, auprès d'un trou de serpent ou au pied de quelque arbre à propriétés vénéneuses. Les auteurs modernes conseillent de repousser ceux que l'on trouve dans les lieux humides, ou à l'ombre dans les bois touffus; ceux qui, au contact de l'air, changent de couleur quand on les brise ; ceux qui ont les lames colorées en brun , en jaune clair ou en bleu. Enfin on doit regarder comme suspects ceux qui changent la couleur du papier de tournesol ; ceux qui colorent en brun une cuiller d'étain ou d'argent; ceux enfin qui donnent une couleur noire à l'ognon avec lequel on les fait cuire. La saveur ne fournit pas beaucoup de renseignements, car on mange plusi-îurs espèces de Galorrheus et de RuHsula qui ont une saveur extrêmement
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acre, mais qui disparait par la cuisson. On conseille au contraire de mangerles Champignons qui croissent dans les près, sur le bord des forêts ; ceux dont les lames sont blanches ou rosées , ou jaune citron , dont la saveur rappelle celle du Champignon de couche. Il est évident que de semblables caractères ne peuvent être d'aucune utilité; il faut, pour manger des Champignons, suivre la routine du pays qu'on habite , ou les connaître par leurs caractères particuliers; autrement on s'expose aux plus grands accidents. Pour les usages domestiques , on accommode les Champignons de différentes manières que je ne décrirai pas. M. Schwœgrichen.dans une lettre à Persoon, dit que dans un voyage qu'il fit en Allemagne, il remarqua, dans les environs de Nuremberg, que les paysans mangeaient des Champignons crus avec leur pain noir assaisonné d'anis ou de carvi. Ce célèbre botaniste les imita, et loin d'en éprouver une influence nuisible , il sentit croître ses forces. J'ai observé, dit-il, que les Champignons, si l'on en use sobrement, sont très nourrissants, mais qu'ils perdent leur bonne qualité par la préparation culinaire, qui, de plus, enlève leur goût naturel.
J'ai goûté bien souvent en effet des Champignons crus, et je leur ai trouvé un goût plus délicat et plus prononcé que quand ils étaient cuits; mais on ne peut disconvenir qu'un grand nombre d'espèces détermineraient l'inflammation de la bouche et de l'estomac, si on ne détruisait par la coction le principe acre et irritant qu'elles contiennent. Dans quelques pays, les Champignons sont d'une grande ressource comme aliment ou comme assaisonnement: aussi les conservet-on en les faisant sécher, ou en les mettant dans de l'huile, du vinaigre, ou de la saumure. On les boucane même quelquefois.
Farces différents moyens on fait ses provisions pour toute Tannée. Les Champignons secs forment même une branche de commerce assez étendue et qui mériterait un peu plus de surveillance de la part de l'autorité. On croit généralement que la dessiccation détruit leur principe vénéneux; c'est une erreur, et il est d'observation aujourd'hui que les espèces qui, à l'étal frais, sont dangereuses , le sont également après leur dessiccation.
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On dit aussi que la cuisson détruit les propriétés vénéneuses des Champignons, ce qui estyrai; mais il faut alors les couper par morceaux, les faire bouillir, et jeter l'eau qui a servi à les faire cuire. C'est dans cet état , je pense, que l'on peut considérer tous ces végétaux comme comestibles. Mais quelles peuvent être leurs qualités nutritives quand on les a dépouillés de tous leurs principes? On ne peut y avoir recours que dans les moments de nécessité. D'après Braconnot, on peut obtenir le même résultat en les faisant cuire dans de l'eau légèrement alcaline. Le principe actif n'est pas encore assez connu pour qu'on ait une confiance entière dans ce moyen. Tous les auteurs conseillent aux amateurs de Champignons de les mettre dans du vinaigrcétendu d'eau avant de lesaccomraoder. C'est une précaution qu'il ne faut pas négliger, surtout pour ceux que l'on ne connaît pas ; car aujourd'hui on a la certitude que le vinaigre dissout parfaitement bienle principedélélèredeplusieurs espèces; et M. le professeur Kunth ( Officin. Gevjccchse ) dit qu'on les rend tous in/iocents en les faisant cuire dans cet acide.
On a observé que des Champignons que l'on mange tous les jours avaient été quelquefois pernicieux. Ceci peut tenir à des circonstances dont on n'a pas su se rendre compte. Ainsi ne doit-on jamais les récolter quand ils sont trop vieux , quand leurs couleurs sont altérées, ou quand ils ont éprouvé un commencement de décomposition, mais bien quand ils sont jeunes, parce qu'alors ils sont plus tendres , plus parfumés et d'une digestion plus facile.
Les accidents qui arrivent tous les ans, et les expériences faites sur les animaux, nous apprennent seulement à connaître les dangers et les avantages qui peuvent résulter de ce genre d'aliment. Dans 1 • premier cas , malheureusement pour la science , les espèces sont le plus souvent caractérisées d'une manière si vague qu'il est impossible de les reconnaître. Les expériences sont précieuses pour la science et la pratique, quand elles ont été faites par des hommes comme Schaeffer, Paulet, Bulliard, MM. Schwœgrichen , Orfila, Herlwig, Cordier, etc. L'analyse chimique nous a , jusqu'ici , peu éclairés sur le principe vénéneux des Champignons. Les travaux de Bouillon-Lagrange, de Yauque-
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lin, etsurtout de Braconnot, renfermés duo» les tomes 79 et 87 des Annales de Physique et de Chimie , nous ont appris que ces végétaux renferment une grande quantité d'eau de végétation; de lafungine que l'on peut considérer comme un principe immédiat; un acide particulier ou fnngiqiie, le plus souvent uni à la potasse; 2 matières animales, l'une insoluble dans l'alcool et dont la nature est peu connue; l'autre, qui au contraire s'y dissout très facilement, et qui est l'osmazome; de l'huile, de l'adipocire, de l'albumine, une espèce particulière de sucre, et enfin quelques autres substances , mais en très petite quantité. Le célèbre Schrader a trouvé dans Vylgaricus muscarius une substance rouge, acre, soluble dans l'eau et l'alcool, et qu'il croit être la partie vénéneuse, puisque, administrée à de petits oiseaux, elle en a déterminé la mort. M. le docteur Letellier, dans sa dissertation inaugurale ( Essai sur tes propriétés chimiques et toxiques du poison des Agarics à voira ) a trouvé un nouvel alcali végétal auquel il a donné le nom d'^7«a«2n'we,etdans lequel, selon lui, réside la propriété vénéneuse. Les nombreuses expériences qu'il a faites ne laissent aucun doute à cet égard; mais l'alcalinité de ce principe n'est cependant pas encore parfaitement démontrée. Espérons que notre estimable confrère, qui consacre à la mycologie, avec tant de zèle et de succès, les moments de loisir que lui laisse le pénible exercice de la médecine, répétera ses expériences sur un plus grand nombre d'espèces.
Comme quelques personnes, passionnées pour les Champignons, ne craignent pas d'expérimenter sur elles-mêmes, je dois les prévenir que ces essais ne sont jamais sans danger. Le poison, en effet, n'agit pas immédiatement, mais constamment plusieurs heures après l'ingestion, et même quelquefois quand la digestion eut terminée. Les vomitifs et les purgatifs, sur lesquels on compte le plus pour en détruire les effets, sont sans action, parce qu'alors le poison circule avec le sang. On doit donc agir avec la plus grande prudence, comparer l'odeur, le. goût et les caractères du Champignon que l'on essaie, à ceux des espèces dont les propriétés sont parfaitement connues et avec lesquels il offre le plus d'affinités. Trattinnick conseille de garder longtemps un morceau
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de Champignon dans la bouche , et de le rejeter comme suspect , si la saveur en est acre ou repoussante. Il vaut mieux n'en manger qu'une petite quantité et sans mélange d'autre aliment. Alors on observe les phénomènes qui ont lieu ; et s'il survient le plus léger symptôme du côté du cerveau ou des voies digestives, il faut immédiatement recourir aux évacuants par le haut et par le bas; ne pas cherchera l'aciliter la digestion ni à en neutraliser les efTets par le thé , le café, l'huile, le lait, le vinaigre, etc. C'est en agissant ainsi que l'on parviendra à connaître les propriétés des Champignons. Les expériences faites sur des animaux, comme les chiens, les chats, donnentdes résultats avantageux ; mais je n'oserais accorder la même confiance à celles que l'on tenterait sur des grenouilles ou sur des animaux d'un ordre inférieur.
On croit que les mauvais Champignons ne sont jamais attaqués par les limaces et les insectes : c'est une erreur; tous sont attaqués par des espèces dillerentes. Si VAgaricus muscurius tuc les moucbes, s'il a causé la torpeur à un Triton lacustre,comme on pourrait le penser d'après M. Ascherson, je puis assurer qu'il n'a aucune action sur la Limace grise; car pendant huit jours j'en ai nourri une avec ce Champignon , sans que sa santé ou son appétit en aientété altérés. Il est donc impossible de tirer aucune conclusion formelle des faits de ce genre.
Presque tous les empoisonnements par les Champignons dont parlent les auteurs , et dont les journaux rapportent malheureusement chaque année un trop grand nombre d'exemples, sont produits par des individus du g. Agaric, que des personnes imprudentes ramassent et mangent ordinairement avec confiance en assez grande quantité, et souvent on n'observe que des symptômes d'indigestion, qui disparaissent après le vomissement; car beaucoup d'estomacs ne peuvent supporter les Champignons. Mais quand les espèces que l'on a mangées sont vénéneuses , les symptômes sont bien différents. « Les Champignons vénéneux, dit M.Orfila( Toxico/., t. ], p. 409), ne manifestent leur pernicieuse action qu'un certain lemps après qu'ils ont été mangés. Ce n'est le plus souvent que 5 ou 7 heures après. Il b'en écoule quelquefois 12, 1 G, plus rarement
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24 , sans qu'on éprouve aucun symptôme. Les altérations graves de presque tous les viscères prouvent que ce venin, ayant acquis toute son énergie par le moyen de la digestion, se répand dans toute l'économie, y excite l'irritation la plus violente et une inflammation qui dégénère promptement en gangrène; ce qui a lieu surtout avec plus d'intensité dans les voies digestives qui ont reçu le poison, et qui en conservent les restes dissous pendant plus longtemps. Les symptômes que l'on observe sont des nausées, des envies de vomir, une salivation plus ou moins abondante, un malaise général, des sueurs tantôt chaudes , tantôt froides, une soif vive, des douleurs dans le trajet de l'œsophage à l'estomac, ou dans tout le ventre ; l'urine est rosée, quelquefois sanguinolente; les selles sont fréquentes, fétides, accompagnées de lénesrae; le pouls est petit, fréquent , irrégulier. Quelque temps après , agitation extrême, anxiété, refroidissement des membres, sueurs froides générales, altération des traits, coloration en violet du nez, des lèvres et de la face, hoquets fréquents , aberration des sens, vertiges, délire, stupeur; enfin la mort termine cet alTrcux tableau, que l'on observe le plus ordinairement sur plusieurs membres de la même famille. »
Dans un rapport faiten juin 1809 à la Société de médecine à Bordeaux, l'auteur résume ainsi toutes les altérations pathologiques qui ont été observées jusqu'à ce jour sur les cadavres des personnes empoisonnées par les Champignons. « Taches violettes très étendues et nombreuses sur les téguments ; ventre très volumineux; conjonctive comme injectée; pupille contractée; estomac et intestins phlogosés et parsemés de taches gangreneuses ; sphacèle dans quelques portions de ce viscère ; contractions très fortes de l'estomac et des intestins, au point que dans ceux-ci les membranes épaissies avaient entièrement oblitéré le canal ; œsophage phlogosé et gangrené chez l'un des sujets; chez un autre, iléum invaginé de haut en bas, dans l'étendue de 3 pouces ; un seul individu avait tes intestins gorgés de matières fécales. On n'a trouvé chez aucun des vestiges de Champignons : ils avaient été complètement digérés ou évacués. Les poumons étaient enflammés et gorgés d'un sang noir. Le même engorgement avait lieu dan»
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presque toutes les veines des viscères abdominaux , dans le foie , dans la rate , dans le mésentère ; taches d'inflammation et taches gangreneuses sur les membranes du cerveau , dans ses ventricules , sur la plèvre, Ses poumons, le diaphragme, la matrice, et même sur le fœtus d'une femme enceinte ; le sang était très fluide chez cette femme ; la flexibilité extrême des membres n'a pas clé constante. »
J'aurais pu passer sous silence ces délails, qui se rapportent plus à la médecine qu'à l'histoire naturelle ; mais on voit un si grand nombre de personnes manger des Champignons sans les connaître, qu'elles prendront peut-être quelques précautions, en voyant quelles peuvent être les suites de leur imprudence. Quand on est appelé auprès d'une personne qui a mangé quelque espèce vénéneuse , et qui éprouve des symptômes d'empoisonnement, il faut à l'instant même provoquer le vomissement par une potion émélisée, ou avec l'ipécacuanha ; administrer un éméto-catharlique , afin d'évacuer les Champignons, s'il en restait encore dans l'estomac et les intestins. On fait ensuite boire assez abondamment au malade une infusion de thé , de café, ou du bouillon de poulet. On conseille également de donner de l'eau vinaigrée ou une potion éthérée. Comme on ne connaît encore ni la nature du principe délétère , ni son antidote , il faut combattre les symptômes les plus alarmants par les moyens que l'on jugera les plus convenables. Les anciens praticiens accordaient une grande confiance à l'ammoniaque liquide. Mirabelli la recommandait particulièrement, et, tout récemment, un médecin de Bordeaux, dont je regrette beaucoup de ne pouvoir citer le nom, en a obtenu des résultats si avantageux, qu'il n'hésile pas à regarder cette substance comme le contrepoison des Champignons vénéneux. Les expériences de Paulet et de M. Orfila ont prouvé que ce médicament était dangereux dans les premiers moments. On ne devra donc "•'employer qu'après les éméliques et les purg ilifs. M. Courhaut en a remarqué également 'es bons efTets dans les empoisonnements par le seigle ergoté. On le donne à la dose de 5 ou 6 gouttes dans un verre d'eau sucrée ou de bouillon. Maintenant que quelques observations parlent en faveur de l'am-
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moniaque , un médecin aurait peut - cire quelques reproches à se faire, s'il négligeait de l'employer dans ces tristes circonstances.
J'aurais désiré donner les caractères dos espèces d'Agarics comestibles ou vénéneuses; mais la nature de cet ouvrage ne le permettant pas, je me contenterai de les indiquer en suivant les divisions qui ont été établies dans ce genre par Persoon.
Amanites : YAgaricus amaïuiacus Bull.^ et VA. cœsareus SchœlT. , que l'on connaît sous le nom d'Oronges, ne diffèrent que par la couleur du chapeau , qui est rouge dans la Ire ^ et jaune dans la 2"" . Les Romains en étaient très friands, et les regardaient comme les meilleurs Champignons. Chacun saitque l'empereur Claude mourut après en avoir mangé : les historiens accusent Agrippinc d'y avoir ajouté du poison ; Paulet pense qu'on a pu servir à cet empereur un mets préparé avec YAgaricus muscarius. C'est le Champignon dont on fait la plus grande consommation après l'Agaric des couches.
A. ovoïdes Bull., ou Oronge blanche, est une espèce aussi délicate et aussi recherchée que la véritable Oronge , dont elle est peutêtre une variété.
A. sotitavius'hnW. J'ai rencontré quelquefois cette espèce dans les environs de Paris. Bulliard et M. De Candolle disent qu'elle est délicieuse. Dans quelques pays, cependant, on la regarde comme vénéneuse ; peut-être la confond-on avec d'autres espèces.
A. rubescens Tcrs., ou Agaric verruqueux de Bulliard, très commun dans les environs de Paris. Yittadini dit que l'on mange cette espèce en Italie. M. Cordier m'a dit en avoir mangé plusieurs fois, qu'elle est excellente, et qu'il n'en avait jamais été incommodé. Krombhotz au contraire la regarde comme vénéneuse.
A. muscarius L. , ou fausse Oronge ; c'est une espèce très dangereuse. On trouve dans les auteurs un grand nombre d'observations qui le prouvent. Loesel dit que six hommes perdirent la vie après en avoir mangé. Le docteur Vadrot, dans sa dissertation inaugurale, rapporte l'histoire de plusieurs soldats français qui eurent le même sort en Russie. Les expériences de M. Lctellier prouvent également que ce Champignon est vénéneux. Mon confrère Cordier a vu cette année, dans deux maisons différentes et le mémo
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Jour, dix personnes empoisonnées par ces Champignons , et un seul a suffi pour causer des accidents alarmants chez sept d'entre elles. Quelques auteurs disent que les Russes le mangent sans en éprouver aucun accident. Pallasditaucontraire très positivement : «On mangegénéralementen Russie toutes les esp. de Champignons etmémeceux qui sontpassés ou verreux. Le Champignon aux mouches, leChampignon puantdu fumier et plusieurs autres petits entièrement dénués de chair, sont les seuls dont on ne fait point usage. » Schoeffer rapporte qu'une troupe de comédiens italiens achetèrent à Ralisbonne V^garicus mttscarius pour la véritable Oronge, et qu'ils n'éprouvèrent aucunaccident après l'avoir mangé. Bulliard dit qu'il est agréable au goût et à l'odorat. Il n'a rien éprouvé après en avoir mangé 2 onces. D'après Murray, les brebis le mangent impunément.
Herlwig, après en avoir fait prendre à des chiens et à des brebis, a seulement observé des nausées et des vomissements chez quelques uns de ces animaux. M. 3Iérat m'a dit avoir vudesgardes-du-corpsen manger plusieurs fois et en abondance sans le moindre inconvénient. On ne sait véritablement quel parti prendre en présence de résultats si différents , basés sur le témoignage d'hommes aussi respectables.
Mais ce qu'il y a de plus singulier dans l'histoire de ce Champignon , c'est l'usage que l'on en fait au Kamtschatka. Krascheninnikow, dans sa description de ce pays, rapporte, et ces détails sont confirmés par Langsdorf, que les habitants coupent l'^inaniia muscaria en petits morceaux, qu'ils la font sécher pour la conserver, ou qu'ils en préparent avec le suc du Faccinium uliginomm , ou en le faisant infuseravec les feuilles d'une esp. d'Epilobium, une boisson dont ils se servent au lieu de vin. Quand ils ont bu de ces liqueurs, ou mangé le Champignon sec, il se manifeste chez eux une ivresse particulière , dans laquelle les facultés intellectuelles sont anéanties; il survient des tremblements, des soubresauts dans les tendons, quelquefois des convulsions. Les uns sont gais, chantent ou sautent ; les autres au contraire sont tristes et abattus. On les voit, les ermes à la main, se précipiter les uns sur les autres, ou se blesser eux-mêmes ; ils ne connaissent plus aucun danger, et divulguent au
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premier venu leurs plus intimes secrelâ. Les forces musculaires paraissent considérablement augmentées. Langsdorf a vu un de ces individus qui dans l'état ordinaire ne pouvait porter un sac de 120 livres , le porter, après s'être enivré , à une distance de 15 werstes (5 lieues). Enfin les malades tombent, le sommeil s'en empare, calme cette étrange exaltation, et bientôt ils se réveillent dans leur état naturel. Oo a observé qu'il survient quelquefois des vomissements, mais l'ivresse n'en est pas diminuée. L'urine de ceux qui se sont ainsi enivrés jouit des mêmes propriétés que le Champignon: aussi voit-on les indigents rechercher celle des personnes riches afln d'y puiser celte ivresse , et quelques uns même prolongent ce triste état par des libations successives. Langsdorf fait observer que ceux qui s'adonnent habituellement à ce genre de crapule finissent par devenir fous. On a remarqué que la chair des Rennes tués quelque temps après avoir mangé de ce Champignon, avait aussi la propriété d'enivrer. Enfin V^igaricus muscarius a été administré avec succès dans l'épilepsie et dans quelques affections nerveuses. On l'a conseillé , réduit en poudre , pour combattre les ulcères de la cornée , les ulcères phagédéniques , les affections scrofuleuses. On a donné sa teinture contre la teigne, les affections cutanées , les catarrhes chroniques, etc. On doit donc, malgré quelques observations qui militent en sa faveur, s'abstenir de le manger, et le considérer comme dangereux.
Amanita venenosa : Persoon (C/ia>np.coni.) réunit sous ce nom 3 esp. que les auteur» reconnaissent comme distinctes : 1° A. hiilbosm vernus Bull., ou Oronge ciguë blanche de Paulet; 2» A. ciirinus Schaeff., ou Oronge ciguë jaunâtre de Paulet; Z° A. phalloïdes Bull., ou Oronge ciguë verte de Paulet. Ces 3 esp. ou variétés sont vénéneuses au plu» haut degré. Ce sont elles qui causent presque tous les empoisonnements dont on entend parler chaque année.
A. paniherinus Pries : Esp. assez rare dans les environs de Paris. J. Bauhin la regarde comme vénéneuse. Hertwig n'a obtenu aucun résultat en la donnant à des animaux, à la dose de dix gros.
A. crux meliiensis, ou Agaric croix de
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Malle Paul. :Je mentionne celle espèce qui fl'a encore été trouvée que par Paulet, parce que, après en avoir mangé la moitié d'un individuel ne tarda pas à éprouver une grande faiblesse cl à perdre connaissance. L'émélique, pris une demi-heure après l'ingestion, lui fit rendre les morceaux du Champignon. Malgré cela , il conserva pendant plusieurs jours de la faiblesse à l'estomac, des coliques et du dévoiement.
A. excelms Fries, Am. ampla Pers. : Il est vénéneux, quoique le goût en soit assez agréable.
Toutes les espèces d'Amanites que je viens de citer ont le pédicule entouréd'un anneau. Parmi celles qui n'en ont pas , et qui sont comestibles , on dislingue :
L'A. vagiitaïus Bull. : La couleur du chapeau est jaune-orangée ou grise. Clusius regardait celle espèce et ses variétés comme dangereuses. On les mange en Allemagne , en Italie et à Montpellier.
A. incarnaïus Batsch : Se mange très fréquemment en Toscane.
A. leiocephalus DC. : Esp. assez commune dans le midi de la France, et que l'on mange à Montpellier.
A. regius Fries : Commun dans l'Europe méridionale. On dit cette esp. délicieuse.
A. speciosus Fries : C'est une des plus belles Amanites. Elle est comestible; mais M. Fries la regarde comme suspecte à cause de son odeur nauséabonde.
On peut considérer comme vénéneuses les espèces suivantes :
A. volvaceus Bull., qui croît très abondamment sur la tannée des serres chaudes. L'odeur de ce Champignon est très désagréable, et, conservé dans les appartements, il a causé plusieurs fois des maux de télé très violents.
A. gloiocephalus DC. : M. Letellier en a constaté plusieurs fois sur des Lapins les propriétés vénéneuses.
A. insidiosus Letell. : Croît solitaire dans les environs de Paris. Quelques grains de Bon extrait aqueux, injectés dansle tissu cellulaire d'une grenouille, l'ont fait périr dans les convulsions ( Letel. ).
A. maleficus P.oques : Celte esp. a été trouvée dans les bois du département de laGi- Tonde. L'auteur la cite comme ayant empoi- «onné cinq personnes, dont une mourut.
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A. viperimmYntiyA. co»iici«Picco: Celle esp., que je ne connais pas, et que Picco [Melethm. et Mém. de la Soc. roy. de Méd.nSd- 81 ) regarde comme vénéneuse, a, suivant cet auteur, un pédicule garni d'un anneau très fugace. Les personnes empoisonnées par ce Champignon se ressentaient encore, un an après, des maux qu'elles avaient soufferts.
Lepiota. Les esp. de cette section que l'on mange le plus communément sont les suivantes :
A. procerus Pers. : Cette belle esp., qui croît solitaire dans les bois , est une des plus grandes que l'on connaisse. Dans chaque pays, elle porte un nom différent; elle est généralement recherchée, quoique un peu coriace. On ne la mange pas en Allemagne. La Gazette médicale (1839) rappelle un cas d'empoisonnement causé par ce Champignon. C'est un des accidents les plus singuliers que je connaisse, et j'avoue que si le nom de M. Gréville ne corroborait pas cette observation, je conserverais plus que des doutes sur la détermination de l'esp., cause de l'accident. Je rappellerai pourtant, dans celte circonstance , qu'en 1823 , dans le département de la Nièvre , j'ai garanti peutêtre des plus graves accidents une famille entière qui était sur le point de manger un plat préparé avec VÀgaricus clypeolarius Bull., qu'un développement considérable avait fait prendre pour l'^. procerus.
A. excoriatus Schjeff. : Celle espèce croit en automne dans les bois, et quelquefois sur les pelouses. C'est un Champignon plus tendre et plus délicat que le précédent. Je l'ai mangé très souvent et en grande quantité , sans en avoir jamais éprouve la plus légère incommodité.
A. caudicinus Pers. : Croît dans les bois sur les vieux troncs. C'est un des Champignons dont on fait la plus grande consommation en Allemagne.
A. pohjmtjces Pers. : Cette esp. ressemble beaucoup à la précédente. Paulet, qui la nomme Tète de Jléduse, dit qu'un chien auquel il en a fait manger une certaine quantité mourut 12 heures après. Persoon le considère aussi comme délétère. Trattin-' nick, au contraire ( Essb. schwœm.), dit que ce Champignon est très agréable à manger, qu'il a le goût de la chair d'agneau, et que
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c'est lui que l'on trouve le plus abondamment et au plus bas prix sur le marché de Vienne. Mon confrère Cordier m'a dit en avoir mangé plusieurs fois celte année , et l'avoir trouvé très bon et parfaitement innocent.
A. squamosu.s Bull. : Beau Champignon qui croît également par groupes sur les arbres. Bulliard dit qu'il a le goiJt et l'odeur du Champignon comestible. M. Cordier en a mangé, et l'a trouvé excellent.
A. Qiieimaim DC. : Croit en automne sur les troncs de Saules. On le mange à Montpellier sous le nom de Pivoulade, ainsi que VA. cylindinceus DC, que je ne connais pas. A. albo-rufus Pers. {Champ, com.) , Agaric paillet de Thore; Croit dans les environs de Dax, aii printemps et en automne, par groupes nombreux , au pied des Sureaux. 11 est très recherché par quelques personnes.
Les esp." vénéneuses de cette section sont peu connues. On cite particulièrement \'.4. F'iiladim Fries , qui croit dans les bois en Italie.
A. ecldnocephalus Fries : Assez fréquent dans l'Europe méridionale.
A. chjpeolarius Bull. : Très commun dans les endroits humides des bois. Son odeur pénétrante et vireuse le fait généralement regarder comme vénéneux ; soupçon qui n'est du reste autorisé, jusqu'à ce jour, par aucune observation directe.
CoRTiNARiA. Les autcups ne citent aucune esp. vénéneuse dans cette section , et il n'y en a qu'un petit nombre de comestibles.
A. lurbinaiiis Bull. : Croît solitaire dans les bois. 11 est surtout remarquable par le renflement de la base de son pédicule. Sa saveur est assez agréable.
A. castaneus Bull. : Petite esp. très jolie , de couleur marron. Elle croit assez abondamment dans les bois. Persoon lui trouve une saveur très agréable et la croit comestible.
A. violaceus Bull. : Micheli dit qu'on le mange en Italie.
A. violaceo-ciuereus Pers. : Se mange égaiaisent en Italie.
GrMKOPUS. Cette section fournit le plus grand nombre des Champignons comestibles ; et s'il y en Si quelques uns vénéneux , i!s ont été probablement mal déterminés. A. fusipes Bull . Très commun dans les
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bois. Allioni le regarde comme comestible ; il a le goût du Champignon de couche , mais il est coriace.
A. russula Pers. : Comme son nom l'indique, ce Champignon ressemble à un Russula; mais ses lames sont composées, et sa saveur n'est ni acre ni poivrée. On le mange en Allemagne, surtout à Vienne.
A. graveoteus Pers. : Assez rare en France, mais très commun en Allemagne , où on le mange communément.
A. albellus DC. : C'est un des premiers Champignons qui croissent au printemps en France. On le nomme Mousseron. Il se fait remarquer par sa forme , sa blancheur el surtout son parfum. Les insectes en sont très friands. On le sèche très facilement; et, comme dans cet état il conserve son odeur, on s'en sert pour les besoins de la cuisine.
A. orcades Bat. : Petit Champignon , que l'on nomme. Mousseron gorfai/Ze ou de Dieppe,, et qui croît presque toute l'année sur les pelouses. Il se sèche , et se conserve comme le précédent. Son pédicule se tourne comme une corde en se desséchant ; ce qui l'a fait nommer A. tonilis par M. De CandoUe.
A. prumdus Scop. : Cette esp. est remarquable par l'épaisseur de sa chair, et par ses lames décurrentes , d'un rouge tendre. Son odeur rappelle celle de la farine. C'est un des meilleurs Champignons que l'on puisse manger.
A. oroella Bull. : Croît sur les pelouses. Il pourrait bien n'être qu'une variété du précédent, ainsi que VAgaricus auricula Dub., qui a les lames blanches, et que l'on mange dans les environs d'Orléans. Ces trois Champignons , qui croissent à la même époque et dans les mêmes endroits, se ressemblent encore par le goût et l'odeur.
A. auisaïus Pers. : Croît assez abondamment parmi les feuilles en automne. Son odeur, qui est très agréable et rappelle celle de l'anis, disparaît quand on le fait cuire.
A. nebularis Batsch. : Ce Champignon croît très abondamment dans les bois des environs de Paris. Bulliard dit qu'il est très agréable au goût, et qu'il a , quand il est jeune, l'odeur du Champignon comestible. Il est promptement attaqué par les insectes, et s'il était reconnu innocent, on pourrait en retirer les plus grands avantages. Malheureusement, de nombreuses expériences faites-
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récemment ont démontré à M. Cordier qu'il fallait s'en abstenir. Lui-même et plusieurs personnes après en avoir mangé ont éprouvé de violentes coliques, accompagnées de diarrhée abondante.
A. eburuens Y^wW. : Commun dans les bois en automne. M. De Candolle dit qu'on le mange en Italie sous le non: de gozzolo.
A. columbeuci Pries : L'auteur donne cette esp. comme comestible. Son odeur et sa saveur sont peu prononcées.
A. imbricaïas Fries : Commun en automne dans les forêts de Paris. On le mangeait autrefois.
A. carderella Fries : Celte esp. , que Batarra a fait connaître, se mange fréquemment en Italie.
A. iticinus DC. : Croît assez abondamment dans le midi de la France, et se mange à Montpellier sous le nom de pivoulade d'eousse. On rejette le pédicule, parce qu'il est trop coriace.
A. praiensis Pers. : Très commun sur les pelouses. Son volume est extrêmement variable. Comme ce Champignon a la même savcurque celui de couche, et qu'il croît dans les lieux exposés au soleil , Persoon pense qu'il est comestible.
A. palomei Thore , viridi.i Fries : On le mange habituellement dans le Béarn et dans les Landes , sous les noms de Palomet , Palom bette ou Blavct.
A. alliants Pers. : Très répandu da^^ toute l'Allemagne. Il croît au printemps et en automne. On s'en sert comme condiment à cause de son odeur.
On trouve dans les ouvrages de Micheli , de Batarra et d'autres auteurs , un grand nombre de Champignons de cette section regardés comme comestibles ; mais nous ne les connaissons pas assez en France , pour les indiquer ici sous leur véritable nom scientifique.
A. rimosus Bull. : Balbis rapporte que cette espèce a empoisonné toute une famille à Turm.
MvcENA. Cette section ne renferme que de petits Champignons dont le chapeau est presque membraneux. Ils ne pourraient être que d'une faible ressource pour ceux qui voudraient en manger.
A. esculentus Jacq., ou Agaric clou : Très petite esp. que l'on mange en Allemagne.
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Traltinick dit que c'est le moins délicat des Champignons.
A. fœuicttlaceus Fries : Cette esp. a beaucoup de rapports avec VA. orcades, et comme lui, elle sert d'assaisonnement dans quelques pays.
A. cepaceiis Fries : Il a , comme quelques autres espèces, une odeur d'ail qui fait qu'on le mange quelquefois ; mais il n'est pas recherché.
A. urens Bull. : Celte espèce a une saveur acre et brûlante ; j'ai vu néanmoins , dans le déparlement de la Nièvre , des charbonniers la faire cuire sur des charbons, et la manger sans aucun inconvénient.
CoPRiNDS. Tous ces Champignons soni re poussés , par rapport à leur ténuité et à la prompte décomposition qu'ils éprouvent.
Les anciens les regardaient tous comme pernicieux.
A. comaïus SchœlT. : Paulet regarde cette esp. comme comestible dans le jeune âge ; mais il conseille de s'en abstenir, si les lames sont rouges. Les expériences de Hert- \vig sur des Brebis et des Chiens prouvent que ce Champignon n'est pas vénéneux, lors même qu'il se fond en eau noire. Buxbaum dit que dans cet état on peut s'en servir au lieu d'encre. On lui a accordé, mais sans fondement, la propriété de guérir les ulcères de mauvaise nature.
A. airamtniarius Bull. : Quand ce Champignon est jeune, dit Buliiard , il n'est désagréable ni au goût ni à l'odorat. En vieillissant il prend une odeur de pourri, se fond en une eau noire avec laquelle j'ai fait une très bonne encre pour le lavis. Elle porte sa gomme avec elle ; mais il faut la filtrer.
Praïella. Ce groupe ne renferme aucune esp. vénéneuse, et quelques unes sont comestibles.
A. campestris L. : Ce Champignon est le plus connu de tous ; on l'appelle, suivant les pays , Paturon , Potiron , Champignon de couche , de pré , de fumier, elc; c'est aussi celui dont on fait la plus grande consommation. N'y a-t-ii qu'une esp. de Pratelle à collier , dil M. De Candolle , comme je l'ai admis d'après Linné et Buliiard ; y en a-l-il 2, comme le veut Persoon ; 5, comme le pense Paulet; 10, comme le dit Micheli.» Peu nous importe, quant à la question actuelle ; toutes sont mangeables et ne peuvent se confondre
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avec aucune esp. vénéneuse. Il existe cependant quelques observations qui prouvent que YAgaricus cawpeslris peut causer les plus graves accidents. Dardana, dans une lettre à Pico ( Meletemaia ) , cite plusieurs personnes qui se seraient empoisonnées en «n mangeant. Il rapporte en outre une observation de CroUa, médecin à Verceil , dans laquelle il est fait mention de neuf personnes chez lesquelles ce champignon aurait aussi produit des symptômes d'empoisonnement et la mort de deux d'entre elles. La description que l'auteur donne du champignon qui aurait causé ces accidents se rapporte trop bien à VAgariciis campesiris pour que l'on puisse avoir des doutes sur l'espèce dont il s'agissait. Willdenow {Piodrom. Fl. Berol.) dit aussi que, dans quelques circonstances , il peut être vénéneux.
Lactifluus.Tous ces Champignons, quand on les brise , versent un suc plus ou moins abondant, acre ou sans saveur. Ils sont vénéneux ou comestibles ; et sur ce sujet il existe la plus grande confusion parmi les auteurs.
A. piperatus Pers., A. acris Bull. : Cette espèce, entièrement blanche, renferme un sucre blanc, très acre ; malgré cela, on la niange en Allemagne, en Russie et même en France. On n'a jamais remarqué qu'elle ait causé d'accidents.
A. controversus Pers. : C'est un des plus gros Champignons que l'on connaisse. Son sucre est si acre, que dans quelques pays où on le mange on lui donne le nom de Laihyron.
A. deliciosus L. : Ainsi nommé probablement par les habitants du Nord parce qu'ils aiment les saveurs fortes ; il croit rarement dans les environs de Paris. Indépendamment des caractères propres qui lui appartiennent, les lames prennent une couleur verte très foncée quand on les brise. C'est une espèce très recherchée. Dufresnoy, médecin à Vaienciennes {Caract. el irait, de quelq. mal.), dit avoir administré la poudre de cet Agaric à des malades affectés de phthisie tuberculeuse et en avoir obtenu les plus heureux résultats. L'espèce d'Agaric que l'auteur a employée avait le suc blanc, tandis que dans i'A. deliciosus W est d'une couleur jaune safranéc. Il y a donc ici des doutes sur l'identité de l'espèce.