‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelleChapitre 5 sur 129 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Depuis un demi-siècle , les Sciences naturelles ayant fait des pro grès immenses , leurs éléments, jusqu'alors dispersés, ont été groupés dans un ordre logique. On a établi des nomenclatures nouvelles , redressé d'anciennes erreurs; et, plus sûrs enfin de leur point de départ , les savants se sont élancés avec confiance vers de nouvelles découvertes , dont l'ensemble a dû finir par amener une véritable révolution scientifique.

Pour apprécier la valeur de cette révolution , dont les conséquences se font chaque jour sentir davantage , il suffit de comparer aux connaissances modernes celles de la fin du siècle dernier. L'imperfection de l'analyse rendait alors toute synthèse impraticable. Privée des principes immuables qui pouvaient seuls assurer sa marche, l'étude errait à l'aventure, sans rien coordonner, jetant çà et là, en les isolant, des idées qui devaient former, de nos jours , les anneaux d'une même chaîne. Des faits mal interprétés étaient enregistrés sans ordre , et souvent à côté des hypothèses les plus insoutenables. Les écrivains même les plus distingués n'étaient point à l'abri de ces erreurs; et , comme aucune loi n'était posée , si la science avait ses adeptes, elle comptait aussi beaucoup d'incrédules. Le scepticisme , en effet , ne s'était point arrêté à la subversion des idées morales et politiques ; il avait aussi envahi les sciences. Toutes les vérités reconnues étaient remises en question. Que l'on me fasse un grain de blé , s'écriait Voltaire , et je croirai à la chimie 1 — Buffon, à la même époque, dictait des écrits éblouissants des pompes du style , et qui , déjà souvent critiqués pour le fond , ne doivent plus guère qu'à leur mérite littéraire le rang qu'ils conservent encore dans l'estime publique.

Cependant (quelque incompréhensible que cela puisse paraître dans

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