‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelleChapitre 72 sur 129 · A IX · texte numérisé non relu

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moins agréable, paico que la leiulc bleuâtre du métal se pronuncc davantage.

A l'état de pureté, ralumiiiium est inodore, insipide et d'une sonorité excessive.

Il fond vers 600° et reste malléable jusqu'à cette température; sa ductibilité, son élasticité, sa dureté, sa ténacité diffèrent peu de celles de l'argent. Sa densité, qui est égale à 2,56, monte à 2,G7 par l'action du laminoir.

L'aluminum est inaltérable à l'air sec ou humide, même à une haute température :

aussi peut-on le foudre dans un creuset découvert, absolument comme on !e ferait pour le plomb. L'usage d'un fondant, tel que le borax ou le verre, destiné à soustraire le métal rougi au contact de roxy;,'ène atmosphérique, est plutôt nuisible qu'utile, carie fondant, ayant à peu près l;i même densité que l'aluminium, s'interpose souvent entre les grenailles métalliques et les empêche de se souder entre elles.

La réunion des globules de métal exige alors une pression assez forte à l'aide d'une barre de fonte, ce qui complique inutilement l'opération ; enfin l'aluminiu*! peut attaquer le fondant et se charger de bore ou de silicium.

Un fait remarquable et auquel on peut attribuer une partie des difl'érences sigoalées, '•ntre l'aluminium de Woehler et celui de M. H. Deville, c'est que le métal pur, qui s'ailère à peine au rouge en présence de l'air, s'euflamme au contraire avec énergie lorsqu'il contient de petites quantités de silicium. Il est possible que l'aluminium de Woehler, au lieu d'être chimiquement pur, ait contenu du silicium, ce qui expliquerait sou inflammabilite. Au reste, l'état de division extrême sous lequel se trouvait le métal pouvait également favoriser l'inflammatiou. Plusieurs métaux, amenés en effet à l'état de poudre impalpable, deviennent pyrophoriqnes au contact de l'air. Nous citerons entre autres le fer, qui est l'objet, à cause de cette propriété, d'une des plus jolies expériences connues en chimie : cette expérieme consiste à réduire au rouge sombre par l'hydrogène du peroxyde de fer placé dans une ampoule de verre ou dans un tube de porcelaine; le métal obtenu présente la propriété curieuse de s'oxyder en rougissant lorsqu'on le projette peu à peu dans l'air.

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L'eau, l'aciiic sulfuriquc, l'hydrogène sulfuré, sotit sans ailion sur l'aluminium. L'acide azotique l'attaque lentement à l'ébullition. L'acide chlorhydrique le dissout à froid en dégageant de l'hydrogène et en donnant naissance à du chlorure d'aluminium anhydre.

Les solutions de potasse ou de soude transforment l'aluminium en aluminates alcalins.

La soude caustique peut servir à décaper l'aluminium.

Voici comment l'opération s'exécute : on plonge un instant le métal dans la soude en fdsion, puis après l'avoir retiré on l'abandonne au refroidissement.

Un lava;;e à l'acide azotique suffit ensuite pour enlever l'excès de soude fixé sur le niélal et pour laisser à découvert l'aluminium bien décapé.

L'ammoniaque attaque lentement l'aluminium , dégage de l'hydrogène et produit de l'alumine, qui se dissout en partie dans l'alcali.

Excepté le chlorure de sodium, tous le» chlorures métalliques sont décomposés par l'aluminium, qui s'empare du chlore et isole ain^i le métal formant primitivement le chlorure : il est possible que celte réaction puisse êire avantageusement employée [lour préparer certains métaux; cette hypothèse s'appuie sur le fait analogue et dijà bien connu de la décomposition de l'acide borique par l'aluminium, décomposition quia permis à M. H. Deville d'obtenir le bore cristallisé.

La couleur argentine, l'inaltérabilité, la légèreté de l'aluminium, permettent d'employer ce métal dans une foule d'usages domestiques et industriels. Dès le» premiers temps de son apparition, on s'en est s'rvi pour faiiriquer des bijoux, des manches de couteaux, des objets de marqueterie. BeaucdDh de chimistes ont remplacé dans leurs boîies de poids les divisions du gramme de platine par des divisions d'aluminium qui sont plus grandes ot partant plus maniables. Certains instruments de chirurgie, de physique et de mathématiques, surtout ceux destinés à la marine, se font maintenant en aluminium.

On entrevoit déjà dans l'industrie des métaux tout le parti qu'on pourra tirer des alliages que forme l'aluminium avec l'étaiu, le zinc, l'argent, le fer, le platine, etc. L'administration de la guerre fera sans

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doule iisaf-'C dans la (onfeclion des canons el des cuirasses d'un bronze d'aluminium obtenu dans ces dernières années el qui joint à l'éclat de l'or une dureté et une légèreté considérables.

On a fait sur cuivre un jilaqué d'aluminium excessivement solide, enfin on a produit des fils d'aluminium qui se sont parfaitement dorés à la pile.

En résumé, si les applications de l'aluminium n'ont pas encore tout le développement qu'on doit en attendre, cela lient au prix encore un peu élevé du métal.

Le jour où on le fabriquera dans de bannes conditions d'économie, l'aluminium remplacera cerlainement le cuivre, l'acier, l'étain, le zinc et même l'argent. On a reconnu au reste que pour fabriquer le même objet, qu'avec l kilogramme d'aluminium il faut employer :

2 kilogr.,619 de zinc. 4 kilogr.,580 d'argent.

2 ki:ogr.,847 d'élain. 7 kilogr.,519 d'or.

3 kilogr.,529 de cuivre.

Woehler isola le premier l'aluminium en décomposant au rouge le chlorure d'aluminium par le potassium.

L'opération eut lieu dans un creuset de platine dont le couvercle, attaché par un til de fer, rendait toute projection impossible. La décomposition fut vive cl accompai:née d'un fort bruissement. Il se forma du chlorure de potassium, el l'aluminium mis en liberté resta disséminé dans la masse de ce sel. 11 fallut ensuite traiter le tout par l'eau qui dissout le sel et laissa raluminium à l'état pulvérulent. Cette e-ipérience ne donna à Woehler qu'une faible quantité de métal.

Le prix élevé du potassium, la difficulté de préparer du chlorure d'aluminium exempt de fer et de silicium, enfin la vivacité de la réaction, tout devait faire croire que l'on ne réussirait pas à produire l'aluminium en quantité un peu considérable par la méthode de Woehler. El cependant c'est par le même procédé que M. H. Deville est parvenu à préparer industriellement ce métal.

Trois conditions étaient à remplir pour arriver à ce but :

i" Préparation du sodium au prix le moins élevé possible ;

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2° Production facile et prompte du chlorure d'aluminium ;

.3° Construction d'un appareil pouvant résister à une ré«ction qui serait sans doute des plus énergiques.

I^s deux premières conditions furent remplies avec un égal bonheur par M. H. Deville; quant à la troisième, on peut la négliger, car la décomposition si violente dans le creuset de platine et qui pouvait faire craindre une explosion au moment où l'on agirait sur une certaine quantité de matière, se borna en grand à un bruit considérable qui dura quelques minutes. Aussi, la préparation de l'aluminium est elle devenue une fabrication régulière, continue, livrant au commerce un métal ressemblant à l'argent et dont les applications se généralisent chaque jour davantage.

Voici comment on opère dans les usines : Le chlorure d'aluminium étant altérable au contact de l'air, a été remplacé par un chlorure double d'aluminium el de sodium qui est inodore, moins déliquescent à l'air, plus fixe et par conséquent plus maniable. D'ailleurs, au premier moment de la réaction indiquée par Woehler, ce sel double prend naissance et c'est lui qui donne plus tard l'aluminium, en se décomposant au contact du sodium.

Un mélange formé de ;

Chlorure d'aluminium et de sodium, . 10 parties.

Finoruie de calcium 5 —

Sodium en lingots 2 —

est donc introduit sur la sole chauffée à l'avance d'un four à réverbère. La décomposition s'opère bientôt et dégage assez de chaleur pour opérer non-seulement la fusion de la masse, mais encore pour faire rougir les parois du fourneau lui-même.

Lorsque la réaction est apaisée, on ouvre les registres qui ont été tenus fermés jusque alors, et l'on chauffe graduellement. La scorie et le métal fondent de nouveau et peuvent être coulés dans un bac de fonte placé sur un chariot. Il arrive d'abord une scorie très fusible, puis, en un seul jet, la presque totalité de l'aluminium proiluit pendant l'opération, enfin une seconde scorie d'un gris noirâtre, qui renferme encore de l'aluminhim en grenaille Ces diverses matières encore liquides se rangent dans le bac par ordre de densité : le métal occupe la

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partie inférieure, la scorie colorée le recouvre immédiatement, puis vient la scorie légère et fusible , qui était sortie la première par le trou do coulée.

Lorsque l'opération est bien conduite, on obtient un lingot d'aluminium pesant 6 à S kilogrammes et une centaine de kilogrammes de scories grises renfermant à près 200 grammes de grenailles métalliques. Cette scorie est brisée pour eu retirer le métal qu'on réunit plus tard au lingot primitif.

L'aluminium préparé en aussi grande quantité doit en effet subir une nouvelle fusion destinée à séparer la scorie qui s'est introduite accidentellement dans le lingot.

Pour arriver à ce but, le métal est placé dans un creuset de plombagine qu'on chauffe longtemps au rouge sans le couvrir. 11 se dégage des vapeurs acides provenant de la décomposition des matières solides interposées dans la masse métallique. On retire ensuite le creuset du feu et l'on promène une écumoire de fonte dans le métal eu fusion, les matières étrangères se rassemblent et peuvent être enlevées avec la plus grande facilité. Le métal écume est ensuite coulé dans une lingotière. Ordinairement cette opération tout entière doit être recommencée deux ou trois fois pour que le métal arrive au degré de pureté désirable. Pour s'arrêter, l'ouvrier est guidé par l'habitude, car le métal encore impur présente le même éclat que s'il était irréprochable. Ordinairement un métal à surface ouvrée ou très- polie doit inspirer de la défiance ; il prend à la longue un aspect désagréable, tandis que l'aluminium pur gagne en couleur par l'usage.

Telle est la méthode employée pour obtenir l'aluminium dans l'industrie. Le chimiste peut aussi dans son laboratoire préparer de petites quantités de ce métal.

1° Eu décomposant au rouge le chlorure d'aluminium par la pile, le métal se jiorte sur l'électrode de platine du pôle négatif.

2" En faisant passer des vapeurs de chlorure d'aluminium dans un tube de porcelaine chauffé au rouge et contenant une ou plusieurs nacelles de charbon remplies de sodium en fusion. Dans ce cas, la décomposition du chlorure d'aluminium a lieu dans la nacelle ; il se forme du chlorure de so-

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dium et de l'aluminium qui se dissémine eu globules dans la masse du sel. Lorsque l'opération est terminée, ou place les nacelles dans de l'eau froide, la masse saline se dissout et l'aluminium globulaire reste en grande partie inaltéré.

On peut encore extraire l'aluminium de la cvyolilhe (fluorure double d'aluminium et de sodium), qui existe en quantité considérable au Groenland.

L'opération est des plus simples : oa chauffe dans un creuset de terre un mélange intime de crjolithe et de sodium. La réacliou commence lorsque la masse est eu fusion et dure peu de temps. L'agitation la rend encore plus rapide ; l'aluminium mis en liberté se présente à l'état de globules brillants qui sont faciles à isoler.

Le prix si peu élevé de la cryolithe, la facilité avec laquelle on la décompose, ont fait songer à substituer ce composé au fluorure de calcium dans la fabrication de laluniinium. Les espérances conçues sur cette substitution se sont réalisées, et plusieurs usines ont remplacé le mélange que nous avons fait connaître par celui que nous indiquons ici :

Chlorure double d'aluminium et de sodium. 10 parties.

CrvoHlIie 5 —

Sodium 2 —

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