G. L. DUVERNOY
AIVAÏOMIE VÉGÉTALE («va7o>-/,,
dissection), bot. — L'Anatomie végétale a pour objet la connaissance de la structure intime des végétaux. Cette dénomination, appliquée au règne végétal , est moins étendue que quand elle a pour objet l'organisation des animaux. Ainsi, l'Anatomie animale comprend non seulement la connaissance des tissus élémentaires qui entrent dans la formation de tous les organes , et qu'on désigne aussi sous le nom d''élémcnts anatomiques , <omme le tissu cellulaire , le tissu nerveux , le tissu musculaire, etc.; mais elle a également pour objet la description spéciale de chacun des organes constituant le corps, étudié dans sa position, sa structure , sa composition , son étendue , etc. De là la division de l'Anatomie animale en deux parties bien distinctes : 1" l'Anatomie générale ou des tissus; 2o l'Anatomie descriptive , ou topographie des organes. Il n'en est pas de même en botanique. L'Anatomie végétale ne s'occupe que de l'étude des tissus élémentaires (iui composent les organes; elle correspond , par conséquent, à l'Anatomie générale des animaux. Quant à l'Anatomie descriptive des parties constituantes ou des organes des végétaux, elle constitue une branche à part de
(1) F'oir C. Duméril : Essai sur les moyens de perfectionner et d'étudier l'art de l'Analomiste. Paris , 1S05. — Et le Nouveau, Manuel de l'Analomiste, par E.-A. Lanlh, 2° édit. Paris, 1836.
(2) Nous faisons tous nos efforts pour donner une esquisse de ses progrés récents et de son état actuel dans la nouvelle édition des Leçons d'Anatomie comparée de G. Cuvier, dont le t. VII paraît en ce moment. Paris, Fortin, Masson et Compagnie, 1840.
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la botanique, que Ton désigne sous le nom (l'^organographie. (V. le mot Botanique, où nous donnerons l'indication des diverses divisions qui ont été établies dans cette science.)
La structure des végétaux est généralement plus simple que celle des animaux considérés dans leur 'ensemble, et cette simplicité d'organisation est en rapport avec le nombre moins considérable des fonctions dont leur vie se compose. Ainsi, tandis que dans le règne animal la vie est le résultat de deux ordres différents de fonctions , les fonctions vitales ou végétatives, qui servent à entretenir la vie de l'individu, et à propager les espèces, et les fonctions de relation, destinées à mettre l'être en rapport avec tous les corps qui l'environnent , et par lesquels il peut être influencé , la vie des plantes se réduit aux seules fonctions vitales, que , pour cette raison , on a également désignées sous le nom de végétatives , tandis que les autres sont appelées fonctions animales, y^^iTce qu'en elTct on ne les observe que dans les animaux. Il résulte de là nécessairement que les plantes manquent des organes servant aux fonctions de relation, et, par conséquent, des éléments anatomiques qui les composent. Aussi, chez elles, n'y a-t-il ni muscles, ni nerfs, c'est-à-dire ni organes de la locomotion , ni organes de la sensibilité , qui sont les deux grandes fonctions de relation des animaux ; et, par suite , ni tissu musculaire, ni fibre nerveuse. Il n'y a donc dans les plantes que des organes de nutrition et des organes de reproduction.
De ce qui précède il résulte que l'Anatomie végétale ne comprend que la connaissance des tissus élémentaires ou éléments anatomiques qui constituent les organes des végétaux. Quoiqu'au premier abord ces tissus élémentaires se montrent sous des formes assez variées , et qu'ils semblent souvent fort différents les uns des autres, par exemple des utricules ou des tubes creux ou vaisseaux ; cependant on peut admettre , et l'observation confirme cette vérité , qu'il n'existe dans les végétaux qu'un seul élément anatomique primitif, Vutricule ou les utricules, dont le groupement constitue le tissu utriculaire. Nous verrons en effet par la suite, quand nous traiterons spécialement du tissu utriculaire , qu'originairement il constitue à
lui seul tous les organes du végétal , et que seulement pluj tard quelques unes de ses parties se modifient et se transforment soil en tubes courts ou utricules allongées , soit en véritables vaisseaux. Ainsi nous n'admettons dans les plantes qu'un seul tissu élémentaire . qui, en se modifiant , constitue tous leurs organes ; mais ce tissu élémentaire peut se présenter sous trois formes principales , susceptibles chacune de plusieurs modifications. Ce sont : 1° le tissu utriculaire simple ou primitif, composé d'utricules de forme variée, rapprochées et plus ou moins intimement soudées ensemble , de- manière à former une masse ou un tissu continu. Ces utricules, primitivement globuleuses , prennent, en se pressant et se soudant mutuellement les unes contre les autres, une forme plus ou moins régulièrement dodécaédrique, de telle sorte que leur coupe transversale offre une figure hexagonale, dont les côtés peuvent être égaux ou inégaux; 2» le tissu vasculaire, composé de tubes très grêles, généralement simples, cylindriques ou anguleux , destinés à contenir soit des liquides, soit des gaz, et qui , au premier abord, paraissent si diiTérents des utricules, bien qu'ils en procèdent constamment; 5" enfin , une forme intermédiaire entre les utricules et les vaisseaux, c'est-à-dire participant à la fois des uns et des autres, et qu'on a désigaée sous les noms de tissu liyneux, de tissu fibreux, de tissu fibro-ulriculaire , de tissu cellulaire allongé, etc. C'est, en efl'et, ce tissu qui constitue uniquement les fibres ligneuses soit dans les Monocotylédonés, soit dans les Dicotylédones. Il se distingue des utricules proprement dites par sa forme plus allongée, par ses deux extrémités amincies en pointe ou taillées obliquement en bizeau ; et, enfin, par ses parois généralement très épaisses , et dans l'épaisseur desquelles on aperçoit souvent des couches distinctes les unes des autres. Par ces différents caractères , et surtout par leur longueur moins considérable, ils se distinguent des vaisseaux.
La forme d'un dictionnaire ne se prête pas à ce que nous traitions ici avec détails de toute l'Anatomie végétale; un semblable travail aurait trop d'étendue. Néanmoins , nous croyons utile de donner une idée générale et succincte de l'Anatomie des végétaux , parce que , dans le cours de cet ou-
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vrage , nous aurons à faire connaître successivement les particularités d'organisation de chacun des principaux organes des plantes, et qu'il est. par conséquent , indispensable d'avoir une connaissance exacte de la structure anatomique des plantes, considérée dans sa généralité. En effet , en traitant spécialement de chacun des organes, nous ferons connaître sa structure intime, et nous passerons ainsi successivement en revue toutes les modifications que le tissu élémentaire subit dans chacune des parties constituantes du végétal. Ainsi , par exemple , aux mots tige, racine, feuilles, etc., nous exposerons avec détails l'organisation anatomique de chacun de ces organes dans toutes leurs particularités.
Nous croyons utile de donner ici , en faveur des personnes qui, sans en avoir encore l'habitude, voudraient se livrer à des recherches d'Anatomie végétale, quelques considérations générales sur la manière de faire des observations.
Les éléments anatomiques des végétaux sont tellement fins et délicats, que leur structure échappe à notre vue. Pour l'apprécier et la bien connaître , nous avons besoin du secours du microscope ; aussi l'Anatomie végétale est-elle une science toute moderne, et dont les anciens n'ont eu aucune connaissance. Malpighi et Grew, à peu près à la même époque , c'est-à-dire vers la fin du 46' siècle, doivent être considérés comme les pères de cette branche de la botanique. Toutes les observations faites avant eux sont à peu près nulles pour la science, et ne nous font en aucune manière connaître la vraie structure des végétaux. Mais, depuis cette époque, des travaux importants ont été faits dans presque toutes les parties de l'Europe, et spécialement en Allemagne , en France et en Angleterre. Une louable émulation s'est établie entre les savants de ces pays, et a donné naissance à des découvertes qui ont singulièrement perfectionné la structure anatomique des végétaux ; aussi aurons-nous à citer bien souvent dans cet ouvrage, parmi les botanistes allemands , les noms de MM. Treviranus, Link, Bernhardi , Rudolphi, Schultz , Mohl, Moldenhaver, Meyer, Unger, etc.; en France, ceux de MM. de Mirbel, Turpin, du Trochet, Adolphe Brongniart, Decaisne ; etc. , et enfin MM. Robert Browa
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et Siack en Angleterre, M3I. Viviani et Amici en Italie, dont les travaux ont contribué à amener TAnatomie végétale au point ou elle est parvenue aujourd'hui.
Nous venons de dire tout à l'heure que le microscope est indispensable pour faire connaître la vraie structure anatomique des végétaux. En effet , observé à la vue seule , le tissu des plantes représente une masse celluleuse et continue, dans laquelle, suivant la partie ou le végétal que l'on observe, se voient des flbres excessivement gri}Ks. Pour prendre une idée exacte et complète de la structure de ces tissus élémentaires , il faut les soumettre au microscope. Nous n'avons pas à discuter ici les avantages de chacun de ces instruments, qui ont été modiûés ou perfectionnés dans ces derniers temps. Celui dont nous faisons habituellement usage, et qui nous a toujours suffi pour les recherches les plus minutieuses et les plus délicates de l'Anatomie des plantes, est un microscope de MM. Charles Oberhauser et Trécourt. Lorsqu'on veut avoir une idée générale de la structure des tissus élémentaires des végétaux, il faut enlever à la partie qu'on veut étudier des fragments aussi minces que possible , les uns enlevés suivant la longueur de l'organe, les autres faits transversalement. Cette partie mécanique de l'opération , qui paraît bien simple au premier abord , offre cependant quelque didiculté, et exige non seulement de l'habitude, mais une certaine dextérité de la main. A cet effet , il faut nécessairement se servir d'un instrument ^ien tranchant. Bien souvent on emploie un rasoir; mais il est préférable de se servir d'un instrument dont la lame soit plus mince, et ique son poids et son étendue moindres rendent plus facile à manier. Ainsi , un petit couteau à peu près semblable à celui dont on se sert pour l'opération de la cataracte , dans la méthode par extraction , ou enGn un petit bistouri à lame étroite et mince, seront substitués avec avantage à un rasoir. Quand on est parvenu souvent, après plusieurs essais infructueux , à se procurer un fragment aussi mince que possible, il faut le soumettre à l'observation microscopique Pour cela on le place sur une plaque de verre blanc , et l'on a soin de le recouvrir d'une petite goutte d'eau très claire. Cette dernière précaution est indispensable : en
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effet, l'eau donne une transparence presque complète au fragment, surtout s'il est très mince. On recouvre alors la première plaque de verre d'une autre plaque aussi mince que possible , surtout si les lentilles dont on se sert sont très fortes, et, par conséquent, à très court foyer. Les choses disposées de la sortcf on place l'objet sur le porte-objet du microscope. Il faut d'abord employer des lentilles d'un grossissement moyen, par exemple un grossissement de 80 à 100 diamètres. On sait par expérience que , moins la lentille est forte , mieux l'objet est éclairé. Un grossissement tel que celui que nous venons d'indiquer permettra de voir les objets assez distinctement , et comme le champ embrassé par la lentille est assez large, on verra une portion plus grande de l'objet soumis à l'observation, et, par conséquent, on prendra ainsi une idée plus complète des rapports de position qui existent entre les différents éléments anatomiqucs de l'organe que l'on étudie. Mais on devra employer des lentilles plus fortes pour bien apprécier toutes les particularités de l'organisation. Kn général, avec une lentille grossissant environ 200 fois, on peut tout voir en Analomie végétale, parce qu'avec ce grossissement , si les objets ne sont pas extraordinairement amplifiés , ils sont encore assez bien éclairés pour qu'on puisse en bien saisir tous les détails. Aussi, pour les observations ordinaires sur les tissus, n'est-il guère nécessaire de recourir à de plus grande» amplifications. Néanmoins , il est un certain nombre de points encore obscurs de l'Anatomie générale des plantes que leur extrême petitesse ne permet que de voir difficilement, et qui exigent des grossissements plus considérables, cinq ou six cents diamètres, par exemple, quand on peut les obtenir avec assez de lumière et de netteté. Telles sont les ponctuations ou pores, les lignes ou fentes du tissu utriculaire et des vaisseaux, la nature de la matière verte ou de la chlorophylle des tissus herbacés, et plusieurs autres points encore en litige parmi les phytotomistes. Mais, à part ce petit nombre de sujets difficiles, il n'est jamais nécessaire d'employer des lentilles aussi fortes. Il ne faut pas , du reste , perdre de vue que le plus souvent , en se servant de verres très grossissants, on perd en netteté et en
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lumière ce que l'on gagne en amplification.
II est une substance dont l'emploi est bien avantageux , et qui souvent sert merveilleusement pour bien distinguer les diverses parties constituantes des tissus végétaux : c'est la teinture d'iode. En effet, non seulement elle colore instantanément les grains de fécule en une bcHc couleur bleue violacée, ce qui, sur-le-champ , fait reconnaître ceux-ci, et les distingue des autres corps que les tissus pourraient contenir; mais, en donnant aux membranes végétales une teinte jaune ou brun-clair, elle fait distinguer la disposition de parties que leur extrême ténuité et leur transparence ne permettaient pas d'apercevoir.
Il faut quelquefois avoir recours à la macération dans l'eau , pendant un laps de temps plus ou moins long , pour bien reconnaître la disposition des éléments anatomiqucs, et spécialement celle des faisceaux vasculaires. En effet, par ce moyen , on sépare et détruit en grande partie le tissu utriculaire , et les vaisseaux plus résistants montrent plus clairement leur disposition et leurs anastomoses. On obtient plus rapidement le même effet en faisant bouillir pendant une minute ou deux dans de l'acide azotique pur ou légèrement affaibli la partie dont on veut reconnaître la structure. L'acide azotique jouit de la propriété de dessouder et d'isoler toutes les parties constituantes du tissu végétal, que l'on peut alors étudier bien plus facilement. Nous bornerons là ces observations préliminaires, et nous allons donner, en abrégé, une idée générale de la structure anatomique des végétaux.
Coup d'œil général sur la structure des éléjnents anatomiques des végétaux.
Ainsi que nous l'avons dit précédemment, en commençant cet article, il n'existe qu'un seul élément anatomique primitif dans les végétaux : c'est l''utricnh\ Elle est pour le règne végétal ce que la forme primitive est pour les espèces minérales; toutes les autres formes n'en sont que des modifications, et , par conséquent , peuvent y être rapportées. L'utricule ou plutôt les utricules, en se réunissant et se soudant, forment une masse toniinup, ou un tissu spécial que ''on a dé-
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signé sous les noms de tissu u'riculaire , (issu cellulaire, parenchyine , etc. Le tissu utriculaire est donc l'élément fondamental de toute l'organisation des végétaux; mais il se modifie de différentes manières , et peut prendre des formes extrêmement diverses , à tel point que ces formes ont été regardées par plusieurs phytotomistes comme constituant autant de tissus primitifs. Ainsi, lorsqu'on examine avec les moyens amplifiants convenables l'organisation intérieure d'un végétal phanérogame, on voit qu'il se compose : 1" de cellules h parois minces et diaphanes d'une extrême petitesse, d'une forme variable , régulière ou irrégulière , toujours polyédrique; 2° de tubes courts, ter ■ minés en pointe à leurs deux extrémités, à parois épaisses et à diamètre intérieur très petit, disposées bout à bout, de manière à constituer des fibres souvent très résistantes; o» enfin de vaisseaux cylindriques ou anguleux, simples ou ramifiés, isolés ou réunis en faisceaux. Telles sont les trois formes principales sous lesquelles se présentent les parties élémentaires qui entrent dans la composition des végétaux, et auxquelles on a donné les noms de lissu ntriculaire , de tissu fibreux ou ligneux, et de tissu vasculaire. Quoique ces trois tissus ne soient que des modifications d'un seul et même élément anatomique, l'utricule végétale, nous traiterons pourtant oc chacun d'eux en particulier, afin d'en mieux faire connaître la nature.
§ 1 . Du lissu utriculaire.
Ce tissu est le principe de l'organisation végétale parce qu'en effet il fait partie de tous les organes constituants des plantes qui , à une certaine époque de leur développement , en sont uniquement formés. On l'a encore désigné sous les noms de tissu cellu laire, tissu vésiculaire, et parenchyme.
Le tissu utriculaire se compose d'utriculcs ou de vésicules d'une extrême ténuité, à parois minces et transparentes , très variées dans leur forme , et soudées intimement les unes aux autres, de manière à former un tissu continu. C'est par suite de cette soudure des utricules entre elles que pendant long temps on a considéré le tissu cellulaire comme formé de cavités ou de cellules créa-
sées dans une niasse continue , que l'on a comparée tour à tour soit à une épongée , soit à la mousse légère qui s'élève à la surface de l'eau de savon agitée , ou des liqueurs alcooliques en fermentation. Mais aujourd'hui il est généralement reconnu que le tissu utriculairc se compose de petits corps vésiculaircs, qu'on peut considérer comme ayant été primitivement distincts, et qui ont fini par se souder entre eux. Cette structure avait déjà été parfaitement indiquée pa. Malpighi, dans son Jnalomie des plantes , il y a plus d'un siècle et demi. Et, en cfl'et, ce grand anatomiste se sert déjà du mot utricules pour distinguer les parties constituantes du tissu cellulaire. Sprengel en 1S02, et MM. Linck, du Trochet, et un grand nombre d'autres phytotomistes , ont rais ce fait dans tout son jour. D'abord , cette séparation des utricules se fait quelquefois naturellement , par exemple dans l'intérieur de certaines tiges herbacées, ou de pétioles, ou
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cwies, par suite de leur multiplication et des pressions diverses auxquelles elles sont soumises , se présentent sous des aspects extrêmement variés. Généralement, elles deviennent polyédriques, et leur forme est à peu près celle d'un dodécaèdre; de là la forme hexagonale que montrent les utricules d'une masse cellulcuse coupée transversalement. Mais il arrive bien souvent aussi que, dans leur agencement général, les utricules prennent la forme de prismes anguleux , juxtaposés les uns sur les autres, de manière à ressembler, s'il est permis de faire une semblable comparaison , à des masses de basalte prismatique : c'est ce que l'on observe fréquemment dans des coupes faites suivant la longueur de l'organe , dans le oarenchyme des tiges par exemple.
La forme hexagonale a quelquefois une
régularité presque parfaite, c'est-à-dire que
ses six côtés sont égaux entre eux ; mais
néanmoins il arrive plus souvent que cha-
cnfin d'autres organes parenchymateux, dont h"e utriculc, bien que conservant encore
l'accroissement a été très rapide; maison peut l'obtenir avec la plus grande facilité en faisant bouillir pendant quelques instants un fragment de tissu utriculaire soit dans l'acide azotique, soit dans l'eau simple. On voit alors, comme nous l'avons déjà dit, les diverses parties constituantes du tissu végétal s'isoler les unes des autres, et se montrer avec les caractères qui leur sont propres. A. Formes des utricules. (Consultez dans l'Atlas les détails anatomiques des diverses espèces figurées.) — Lorsque, dans une partie d'un végétal, on cherche à déterminer la forme des utricules, en soumettant à Tcxamin microscopique une coupe transversale de ce tissu on reconnaît que celles qui le composent présentent une aire polyédrique , et le plus souvent hexagonale. Cependant cette forme de la coupe transversale des utricules n'est pas tellement générale qu'on ne la trouve fréquemment modiOée , soit dans le nombre de ses ïngles et de ses faces , soit dans leur proportion et leur régularité. La forme vraiment primitive des utricules, c'est-à-dire celle qu'on observe dans les végétaux ou les organes végétaux, à la première période de leur développement, approche plus ou moins de la forme globuleuse ; mais il est rare qu'elle se conserve long- temps dans cet état. Les utri-
Jans sa coupe transversale une aire à six pans, est cependant plus ou mo/ns irrégulière, parce qu'une ou plu.sieurs de ses faces ont pris aux dépens des autres un développement plus considérable. Il peut même se faire que les utricules perdent ainsi une ou même deux de leurs faces, et qu'elles se trouvent réduites à une forme pentagonale ou carrée.
Les utricules sont quelqtiefois disposées sans ordre dans la masse qu'elles constituent; mais, très-souvent aussi, elles sont superposées régulièrement les unes au-dessus des autres, de manière à constituer des séries longitudinales. Cette disposition s'observe fréquemment dans les plantes monocotylédonées, particulièrement dans la masse de la tige.
Telles que nous venons de les décrire, les utricules sont, en quelque sorte, à leur état normal; mais il y en a quelquefois qui ont une forme extrêmement irrégulière et tellement anomale, qu'il est fort dilTicile delà comprendre, à moins qu'on ne les considère non plus comme des utricules simples , mais comme des groupes d'utricules soudées irrégulièrement. Nous aurons occasion de revenir sur ces cellules irréguUères et anomales , quand nous traiterons spécialement de la structure des feuilles , qui sont les or-
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gaoes où elles existent principalement. ( V. Feuilles. )
Il existe encore une modification très remarquable du tissu utriculaire : c'est celle qui existe dans ces lignes divergentes du centre à la circonférence qui font communiquer le canal médullaire avec le parenchyme de l'écorce , et qu'on nomme les rayons médullaires. Ici, en effet, le tissu utriculaire est disposé en séries transversales et parallèles, et se compose d'utricules allongées dans le sens transversal. ( V. Accroissement
Lorsque Ton examine avec soin une masse celluleuse, on voit fréquemment que les utricules ne se touchent pas exactement entre elles dans tous les points de leur circonférence.
De cette disposition résultent de petits espaces ordinairement triangulaires, auxquels on a donné les noms d'espaces ou de méats inlercellulaire!;. Pour bien se rendre compte de la formation de ces méats intercellulaires, il faut se représenter que les utricules ont d'abord été à peu près globuleuses.
Dans cet état, elles ne pouvaient se toucher que par un certain nombre de points ; mais, comme elles étaient compressibles, en s'appliquant et se pressant de plus en !)lus les unes contre les autres, ces points sont devenus des surfaces planes plus ou moins étendues. Mais les parties extérieures de leur surface externe, par lesquelles les vésicules n'étaient pas en contact, ont formé des espaces libres et vides , qui représentent autant de canaux très courts et très irréguliers, généralement triangulaires, communiquant entre eux , et formant ainsi une sorte de réseau qui doit nécessairement, quand il existe, jouer un rùle important dans les phénomènes de la nutrition. On les appelle alors conduits intracellulaires {ducius intracellulares). (F. ce mot.) Les méats intercellulaires sont quelquefois très apparents et très développés, surtout dans les parties qui ne sont pas soumises à une trop forte pression de la part de celles avec lesquelles elles sont en contact.
B. Nature de la membrane qui forme les utricules. — La membrane qui constitue les utricules est excessivement mince , parfaitement incolore et transparente ; elle laisse
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facilement entrevoir les parties contenaes
dans les utricules, qui font que ces dernières paraissent colorées, bien qu'elles soient toujours incolores. Le plus souvent, les utricules semblent avoir une coloration verte, ce qui est dû à la présence d'une matière organique spéciale, contenue dans leur intérieur, et qu'on a désignée sous le nom de Chlorophylle. Quand on examine une masse de tissu cellulaire en employant des grossissements même assez considérables, comme 120 à 15t: diamètres, par exemple, les parois qui séparent les utricules paraissent tout à fait simples. Pendant long-temps, en efl'et, un grand nombre de phytotomistes ont eu cette opinion sur la composition de la membrane constituant les diverses parties du tissu cellulaire; mais ce que nous avons dit dans le paragraphe précédent sur la composition du tissu utriculaire doit déjà faire voir que cette opinion n'est pas généralement conforme à la nature. En effet, la membrane qui sépare deux utricules contiguës, quelque mince qu'elle paraisse , est formée de deux feuillets intimement unis, puisqu'il est constant qu'une masse de tissu utriculaire résulte en général de l'agglomération et de la soudure de petits corps vésiculeux qu'on peut considérer comme ayant été primitivement distincts et séparés les uns des au-' très. Cette duplicature de la membrane du tissu cellulaire peut néanmoins être aper çuc dans certaines circonstances , quand on emploie des lentilles assez fortes. C'est surtout lorsqu'on examine des portions de tissu utriculaire dans lesquelles les espaces intercellulaires sont très marqués, qu'on peut suivre facilement chacun des deux feuillets, qui, après avoir été distincts et écartés dans les espaces intercellulaires, se rapprochent et se soudent pour former la membrane qui sépare les deux utricules. C'est ce que montrent très bien plusieurs des figures de la planche 1"^'^ de cet atlas, consacrée à l'anatomie végétale, et, entre autres, la fig. 3, représentant le tissu utriculaire du canna indien.
Quelle que soit la puissance amplifiante des lentilles dont je me suis servi dans les nombreuses observations microscopiques auxquelles j'ai soumis les diverses parties du tissu cellulaire, j'ai toujours trouvé la membrane des utricules parfaitement homogène,
ANA et ressemblant en quelque sorte , pour laspcct , à une lame excessivement mince et diaphane d'un verre incolore, sans y pouvoir distinguer la moindre trace d'une structure organique quelconque. Cependant , pour quelques physiologistes , cette membrane aurait une organisation plus ou moins compliquée : ainsi, les uns la disent formée de fibres intimement soudées; les autres, de molécules excessivement petites , disposées en spirales. !\ous n'avons à examiner ni à discuter ces opinions, qui nous paraissent d'ailleurs peu importantes, et qui sont fondées sur des faits vrais, mais formant plutôt une exception. Ainsi, pour nous, la membrane utriculaire est mince, transparente, parfaitement incolore et sans organisation appréciable.
Dans le plus grand nombre des cas, c'est en effet avec ces caractères que se montrent les utricules; mais, dans certains végétaux, leurs parois semblent présenter, soit des ouvertures ponctiformes ou pores, soit des fentes transversales. Les vaisseaux offrent aussi de semblables dispositions. L'existence d'ouvertures sous la forme de pores ou de fentes dans les parois des utricules ou des vaisseaux est un des points de l'Anatomie végétale qui a été le plus débattu parmi les phytotomistes, surtout au commencement de ce siècle. M. de Mirbel, et, plus récemment, M. Amici, sont les observateurs qui ont le plus fortement soutenu l'existence de ces pores et de ces fentes dans le tissu cellulaire et dans les vaisseaux; cependant cette opinion ne paraît pas conforme à l'observation rigoureuse des faits. Il est vrai que, dans un assez grand nombre de végétaux, et particulièrement parmi les Monocotylédonés, les parois du tissu cellulaire paraissent percées d'ouvertures ponctiformes, tantôt disposées symétriquement par lignes parallèles, tantôt dispersées sans ordre. Plusieurs causes ont pu souvent en imposer aux observateurs, et leur faire croire à l'existence de véritables perforations dans les parois des utricules là où il n'en existe que l'apparence. Ainsi , par cxeniiiic , les grains de fécule fins et tout h fait transparents qui sont fréquemment attachés à leur face interne ont pu être pris quelquefois pour des porcs. Et, en effet, ces petits corps, à cause de leur transparence et de leur forme plus ou moins sphérique, agis-
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sent a la manière de lentilles, et, concen- Irant les rayons lumineux dans leur centre , y montrent un point beaucoup plus éclairé , entouré d'une partie circulaire un peu obscure. Le point lumineux a été pris pour un trou, et la partie moins éclairée pour un bourrelet circulaire; mais ce cas n'est pas celui où l'erreur a été le plus souvent commise. Il existe , comme nous l'avons dit précédemment, des utricules dont les parois offrent soit des points transparents, soit des lignes transversales, qui ont entièrement l'apparence de pertes de substance. C'est dans ces cas que beaucoup de phytotomistes croient à l'existence de pores ou de fentes. Mais M. Mohl a prouvé dans ses différents mémoires, et, entre autres, dans ses belles anatomics des Palmiers et des Fougères recueillis au Brésil par MM. Spix et Marlius , que ces prétendus pores et que ces fentes étaient non pas de véritables ouvertures faisant communiquer ensemble les deux cellules contiguës , mais de simples amincissements d'une partie de l'épaisseur de la paroi des cellules. Il en résulte que la coupe transversale d'un de ces points se présente sous l'apparence d'un enfoncement ou d'une sorte de petite niche , dont le fond est toujours bouché par une membrane, qui empêche qu'elle ne soit complètement perforée.
Ce qui est remarquable , c'est que, dans une coupe longitudinale des vaisseaux ou des utricules où l'on observe ces pertes de substances ponctiformes, celles des deux utricules contiguës se correspondent ordinairement avec exactitude , de manière à ce qu'on voie un grand nombre de petits canaux transversaux, présentant, dans leur partie moyenne , c'est-à-dire dans le point où les deux utricules sont soudées, une petite membrane en forme de diaphragme , qui empêche les deux utricules de communiquer ensemble. Il est quelquefois très dilficile d'apercevoir la petite membrane dont nous venons de parler , parce qu'en effet elle est excessivement mince; i! arrive même que dans certaines circonstances, surtout par les progrès de la végétation, elle ne finisse par disparaître complètement. C'est dans ce cas là seulement qu'on peut admettre l'existence de pores , c'est-à-dire de perforations traversant complètement l'épaisseur des parois des utricules. Mais ces ou- 32*
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vertures sont purement accidentelles , et le résultat de la destruction d'une partie du tissu, et non de l'organisation.
C. Matières contenue!; dai^s Icr.xitricules. — Les utricules contiennent des matières dénature diverse. Tantôt ces matières sont liquides, tantôt elles sont solides, tantôt enfin elles sont gazeuses.
lo Matières liquides, — Une branche très jeune ou tout autre organe végétal examiné dans la première période de son développement oITre un tissu cellulaire dont les utricules ont non seulement les parois plus épaisses, mais encore la cavité remplie par un liquide aqueux, qui n'est autre chose que de la sève. Par les progrès de la végétalion, et à mesure que les organes foliacés se développent, ces sucs aqueux disparaissent; les parois des utricules s'amincissent , se sèchent; et souvent le tissu utriculaire finit par former une masse spongieuse, sèche et légère, qui ne contient plus que de Pair dans ses cavités.
La sève n'est pas le seul liquide qu'on trouve dans les utricules du tissu cellulaire ; il peut y exister encore des huiles de différente nature, volatiles ou grasses. Ainsi, l'huile grasse est abondante dans le parenchyme du péricarpe de l'olivier , dans l'endosperme charnue des Euphorbiacées, dans l'embryon des Crucifères, de beaucoup de Rosacées, etc.
2° Matières çiazeuses. — La présence de l'air atmosphérique est incontestable dans le tissu cellulaire des végétaux. L'air, en effet, est absorbé dans une foule de circonstances, et sert à la nutrition de la plante; on y trouve de plus de l'acide carbonique, quelquefois de l'azote, etc. Rien n'est plus facile que de constater la présence des gaz dans le tissu des végétaux. Il suffit de recouvrir d'eau et de placer sur le porte-objet du microscope un fragment très mince du tissu à examiner; on voit alors un grand nombre de petites bulles opaques , adhérant chacune aux utricules ouvertes. Ces petites bulles sont formées par l'air ou par les autres gaz renfermés dans les cavités, et qui se voient comme autant de points opaques. C'est même cette opacité qui constate la présence de l'air dans les organes élémentaires des végétaux.
3» Matières solides.— Les matières solides
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renfermées dans l'intérieur Jes utricules sont lo la fécule, 2° la matière colorante ou chromule, 5° les jeunes utricules, au moment où elles s'organisent ou le cambium solidifié, 4" enfin les matières cristallisées ou les raphides et autres cristaux.
A. La fécule ou amidon. — Rien de plus commun dans le tissu utriculaire que les grains de fécule , qui quelquefois en remplissent presque complètement les cavités ; d'autres fois y sont peu abondants et en quelque sorte clairsemés. La fécule existe dans le tissu cellulaire de presque toutes les parties des végétaux , dans les racines , les tiges, les feuilles , le péricarpe , les divers organe> de la graine, etc. Elle se montre sous la forme de petits corps plus ou moins sphéroi daux , mais souvent d'une forme allongée ou irrégulière, parfaitement transparents et incolores , primitivement adhérents à la paroi interne de l'utricule , mais qui en sont souvent détachés , et , par conséquent, libres dans la cavité. On s'est particulièrement occupé, depuis un certain nombre d'années, non seulement des propriétés chimiques de la fécule , mais encore de sa constitution physique, ou, pour mieux dire , de son organisation. (F. Fécule amylacée.)
B. La chromule ou m(iti"rc colorante. — Le tissu utriculaire, comme nous l'avons déjà exposé précédemment , est formé d'utricules à parois minces et tout à f;iit incolores. Cependant, quand on examine ce tissu dans un grand nombre d'organes , dans les feuilles par exemple, ou l'enveloppe herbacée des jeunes tiges , il se montre sons l'apparence d'une masse colorée en vert. Cette coloration n'est pas propre au tissu lui-même , mais provient d'une matière colorée qu'il contient; c'est cette matière qu'on désigne sous les noms de chromule , de matière colorante ou de chlorophylle. Mais le nom de chromule doit être préféré, parce qu'il exprime que c'est ce corps qui colore, sans indiquer la teinte. En effet , toutes les autres colorations, et souvent si brillantes, que présentent les diverses parties du végétal, sont dues à la présence d'une matière toujours la même dans sa structure , et dont la teinte seule varie. Cette matière offre une véritable organisation. Ce sont encore des globules, ou plutôt des espèces d'ntricules contenant dans leur inté-
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rieur des corps plus petits , cux-m(*ines composés; en un mot, il y a , pour plusieurs phytotomistes , une sorte d'emboîtements indéfinis d'utriculcs de plus en plus petites. !Vous ferons connaître avec plus de détails, au mot C hro m ulr, cette organisation, et surtout les observations curieuses que M. Wohl a récemment publiées sur la chlorophylle.
r. CUROMDLE.
C. lîaphides. — Le tissu cellulaire de la tige et de la racine d'un grand nombre de végétaux contient, dans 1 intérieur môme des utricules, des amas réguliers de petits corps aciculaires, raides et pointus aux deux extrémités, que M. De Candolle a désignés sous le nom de Raphides. Les Kaphides avaient été parfaitement observées et décrites par plusieurs anatomistes. Ce sont, ainsi que ILieser l'avait reconnu depuis long-temps, des cristaux excessivement grêles et allongés, le plus souvent d'oxalatc, quelquefois de phosphate de chaux. Ces raphides sont toutes réunies parallèlement entre elles , et quelquefois remplissent complètement l'utricule.
Indépendamment des Raphides , on y trouve encore quelquefois d'autres cristaux de forme variée : ce sont tantôt des cristaux prismatiques et diversement groupés , tantôt des cristaux isolés. Ainsi , par exemple , dans plusieurs plantes de la famille des Amomées , j'ai observé des cristaux rhomboédriques , rappelant tout à fait la forme du carbonate de chaux.
D. Cavibiiim. — Enfin les utricules contiennent fréquemment une matière qui, après avoir été liquide, se solidifie petit à petit, s'organise, passe par tous les états intermédiaires , depuis la forme mamelonnée jusqu'à celle d'utricules parfaites , et servant ainsi à la multiplication et à l'accroissement de toutes les parties de la plante. Cette matière est le camhium , dont M. de Mirbel a si bien étudié dans ces derniers temps les développements successifs, avec cette sagacité , celte persévérance et ce génie d'observation , qui caractérisent les travaux de ce savant physiologiste. (F. Cambiiim.)
Lacunes. — A mesure que les organes de ja plante se développent et s'accroissent, le lissu utriculaire qui entre dans leur composition s'étend et se muUiphe ; mais, lorsque 1 cet accroissement est très rapide et très con- j
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sidérable , comme dans les végétaux herbacés , le tissu utriculaire se déchire , et il se forme dans l'intérieur des organes des cavités accidentelles , qu'on désigne sous le nom de lacunen. Ces lacunes sont ordinairement le résultat de la déchirure et de la destruction partielles du tissu utriculaiie- EUes sont communes dans l'intérieur des tiges et des feuilles d'un grand nombre de végétaux qui vivent au voisinage des eaux, comme les joncs ,"les sagittaires , etc. La cavité très grande qu'on observe dans la tigo d'un grand nombre de Graminées , d'Ombellifères, et de plusieurs autres plantes herbacées dont la croissance a été très rapide, est une véritable lacune. La moelle contenue dans l'intérieur des branches du noyer présente un grand nombre de cavités superposées, séparées les unes des autres par des cloisons minces, et qui sont aussi des lacunes. Leur cavité n'est pas tapissée par une membrane propre, mais seulement par une membrane accidentelle, résultant de la condensation du tissu utriculaire, aux dépens duquel elle a été formée. Leur forme est extrêmement variable, le plus souvent elle est très irrégulière; d'autres fois, au contraire, elles offrent une certaine régularité. Les réservoirs connus sous les noms de vaisseaux propres dans les Conifères, les Térébinthacccs, etc., et qui sont remplis de térébenthine ou de sucs gommo-résineux, sont une forme particulière de lacunes.
Tissu fibroso-utriculaire. — Le tissu cellulaire que nous avons décrit jusqu'à présent est, en quchiue sorte, cet élément anatomique à son état de pureté primitive , et c'est ainsi , en effet , qu'on l'observe dans le plus grand nombre des cas; mais il présente quelquefois une modification toute spéciale, et qui a été très bien étudiée dans ces derniers temps. Les parois des utricules, au lieu d'être simples, présentent une ligne spirale ou spiricu'i; contournée sur ei!e-mêmc , et dont la disposition varie beaucoup. C'est à cette modification qu'on a donné les noms de cellules fibreuses, tissu fibroso-utriculain:
Le tissu fibroso-utriculaire existe dans plusieurs parties des végétaux, les feuilles, les racines, la moelle, les anthères, le tégument des graines. Le premier auteur qui ait sérieusement appelé l'attention des phytotomistes sur ce point est le docteur Purkinje ;
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danssa dissertation sur ces cellules fibreuses des anthères. Depuis cette époque, un grand nombre d'autres auteurs ont fait connaître ce tissu dans presque toutes les parties des végétaux. Il nous suffira de citer ici les noms de MM. de Mirbel, R. Brown, Lindley,Slack, Meyen, Schleiden, etc.
Lorsque les tours de la spiricule sont conligus, l'existence d'une membrane extérieure est bien moins évidente, et elle a même été niée par quelques auteurs , parce qu'au premier abord la spiricule se déroule sans apparence de déchirure , comme nous Tobserverons bientôt dans les vaisseaux aériens, désignés sous le nom de trachées. Mais cette membrane n'en existe pas rncins, comme nous le montrerons plus tard , quand nous parlerons en son lieu du mode de formation de ces utricules. D'autres fois , la spiricule forme des tours plus ou moins écartés, ou bien elle est interrompue en certains endroits; ou enfin une même utricule peut offrir deux spiricules enroulées en sens contraire, et formant une sorte de réseau à mailles quelquefois très régulières.
§ II. — Du lissu fibreux ou ligneux.
Si l'on examine la structure du bois dans un chêne, un peuplier ou tout autre arbre dicotylédoné, on \oit qu'il se compose de fibres immédiatement juxtaposées les unes à côté des autres. Ces fibres se composent de cellules très allongées ou de \aisseaux fort courts, toujours terminés en pointe à leurs deux extrémités, et présentant une épaisseur considérable, eu égard à la petitesse de leur diamètre intérieur. Le même tissu s'observe dans les couches de l'écorce, les nervures des feuilles , aussi bien dans les végétaux monocotylédonés que dans les végétaux dicotylédones, soit herbacés soit ligneux. Ce tissu tient en quelque sorte le milieu entre le tissu utriculaire proprement dit et les véritables vaisseaux. On l'a tour à tour désigné sous les noms de lissu allongé, prosenthyme , lubilles, tu bes ou vaisseaux fibreux, «loslres , tissu ligneux.
On peut distinguer trois modifications principales dans ce tissu : 1» les utricules fibreuses ou cellules allongées, qui, par leur forme et leurs dimensions, ressemblent tout à fait aux utricules du tissu cellulaire, dont
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elles diffèrent par l'épaisseur de leurs parois, et leurs extrémités coupées obliquement en pointe; 2" les clostres ou tubes fusi forme», très distincts par leurs extrémités amincies en pointe aux dépens de chacun de leurs côtés, et leur forme de fuseau très allongé; 5" enfin les tubes fibreux proprement dits, égaux en diamètre dans toute leur longueur, et ayant leurs extrémités coupées en pointe oblique et unilatérale. Mais cependant ces trois formes ne sont pas si distinctes que l'on ne puisse trouver facilement des intermédiaires de l'une ù l'autre dans un même végétal, et souvent dans un même organe. Toutes les fibres textiles extraites des végétaux, et qui servent à la fabrication des cordes et des fils, et, en particulier, celles du lin et du chanvre, sont formées par ce tissu, qui offre une force de résistance extrêmement considérable.
L'organisation de ce tissu est très remarquable, et le distingue des utricules et des vaisseaux. Leurs parois sont transparentes , diaphanes, mais d'une épaisseur extrêmement considérable ; elles sont formées de plusieurs couches superposées et intimement soudées entre elles. Les vaisseaux fibreux paraissent à leurs deux extrémités pointues ; cependant M. Slack assure leur avoir vu présenter quelquefois une très petite ouverturt de communication.
§ III. — Du lissu vasculaire.
Les vaisseaux ne sont qu'une modification des utricules ; c'est ce qu'il nous sera facile de prouver quand plus tard nous traiterons de l'organogénie végétale, ou de l'origine et du mode de formation primitive des éléments anatomiques des plantes. Ce sont des tubes tantôt cylindriques, tantôt anguleux, isolés ou réunis en faisceaux simples ou ramifiés, et qui varient beaucoup quant à leur structure et aux fluides qu'ils contiennent. Sous ce dernier point de vue, on peut admettre deux sortes principales de vaisseaux ; l» les vaisseaux scvcux, destinés à contenir la sève; 2» les vaisseaux ttéiiens, qui contiennent de l'air ou tout autre gaz. Sans doute cette distinction n'est pas à l'abri de tout reproche, en ce qu'elle tranche une question encore en litige pour quelques phytotomistes. pour qui les trachées et leurs
AN A modificalions sont les principaux conduits delasève. En clïet, dans quelques circon stances, les \aisscaux pneumatopliores peuvent contenir les sucs séveux; mais c'est par exception, et leur principale fonction est de servir à la respiration du végétal, comme nous le démontrerons plus tard.
I. Vaisseaux séveux.— La nature, la disposition, la structure et la position des vai;.seaitx séveux,ne sont bien connues que depuis un petit nombre d'années. M. le professeur Schultz de Berlin est le premier qui les ait décrits avec exactitude , et qui ail étudié leur disposition générale dans toute la série des végétaux qui les contiennent. Il leur a donné le nom de vaisseaux laticifères, parce qu'ils ne contiennent que la sève élaborée, c'est-à-dire déj<\ propre à se convertir en cambium ou matrice de l'organisation, et qu'en latin on désigne sous le nom de latex. Ce sont des tubes simples ou ramifiés, complètement clos, à parois transparentes, sans apparence de ponctuations ou de lignes transversales; cylindriques quand ils sont isolés, prismatiques et anguleux quand ils sont réunis en faisceaux. Selon M. Schultz, ils peuvent se présenter sous trois états différents, qui ne sont probablement dus qu'à des dilTérences d'âge : 1" en état de contraction ; 2" en état d'expansion ; 5° en état d'articulation. Le latex ou sève élaborée est un suc ordinairement coloré, rarement incolore, et contenant des granules organiques, qui permettent d'en suivre le mouvement dans les différentes parties des vaisseaux.
Les vaisseaux du latex n'occupent pas la même place dans les végétaux dicotylédones et dans les végétaux monocotylédonés ; en général, ils ne sont pas très abondants. Dans la tige des premiers on ne les observe guère que dans le parenchyme cortical , tantôt isolés, tantôt en faisceaux, tantôt enfin constituant une couche continue ou à peu près continue. Dans la tige des Monocotylédonés, ils font partie des faisceaux ligneux épars au milieu du parenchyme qui constitue sa masse. On les trouve encore dans toutes les parties herbacées de la plante accompagnant les \aisseaux aériens.
Sous le nom de vaisseaux propres, on a, ielon nous, confondu des organes fort différents. Ainsi on a donné ce nom :!<> tantôt aux réservoirs qui, dans l'écorce des Conifères et
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desTérébinthacées, contiennent les sucs résineux , et qui ne sont, que des lacunes vasipirmes ; 2" tantôt aux espaces intercellulaires qui, à une certaine époque, se dilatent pour recevoir la sèvejâ" tantôt aux fibres du liber; 4° enfin aux véritables vaisseaui laticifères. De tout ceci il résulte qu'on ne peut aujourd'hui admettre de vrais vaisseaux propres , tels qu'on les entendait autrefois; mais que les sucs propres peuvent être contenus soit dans des lacunes vasiformes, soit dans un système de vaisseaux particuliers, ramifiés et anastomosés entre eux, et qu'on nomme vaisseaux laticifères.
IL Vaisseaux aériens. — Nous réunissons ici sous le nom de vaisseaux aériens 1" les trachées, 2" les fausses trachées, o^» les vaisseaux réticulés, 4" les vaisseaux ponctués.
10 Des trachées ou vaisseaux en spirale.— Ce sont des tubes communément cylindriques, ayant une analogie frappante avec les vaisseaux aériens des Insectes, auxquels ils ont emprunté leur nom. Ce qui distingue essentiellement ces vaisseaux, c'est qu'ils se composent d'un corps filiforme ou d'une lame mince et très étroite, que j'ai désignée sous le nom de sptricidc , et qui est contournée sur elle-même en hélice. Tantôt les tours de la spiricule sont contigus, et ne laissent aucun intervalle entre eux; tantôt, au contraire, ils sont plus ou moins éloignés. Dans le premier cas, il est à peu près impossible de constater l'existence d'un tube extérieur, à l'intérieur duquel la spiricule est appliqués; mais ce tube est évident quand les tours de la spiricule sont écartés. Ce tube est excessivement mince, diaphane, sans stries ni pores, et son existence, incontestable dans cette dernière circonstance, peut porter à l'admettre, même dans le cas où l'on ne peut la constater directement.
La nature de la spiricule n'est pas encore bien déterminée. Quelques phytotomisles admettent qu'elle est creuse, c'est-à-dire que c'est un tube cylindrique ou comprimé ; d'autres, au contraire, pensent que c'est un corps plein et solide. Nous reviendrons plus en détail sur ce sujet quand nous traiterons spécialement des trachées.
La spiricule offre ordinairement une assez grande régularité dans tous les points de son étendue; et quand les tours sont écartés, ils sont généralement espacés d'une manière à
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peu près égale; d'autres fois, au contraire , on remarque une certaine irrégularité dans la disposition des tours. Une de ces formes les plus remarquables, c'est quand la spiriîule, après plusieurs tours continus, est interrompue, constitue plusieurs anneaux complets, et plus loin forme encore des spires continues. Nous avons observe cette modiGeation des trachées dans les faisceaux ligneux de la canne de Provence {mundo donax L.), et nous lui avons donné le nom de vaisseaux spiro-annulaires.
Les trachées ont une position bien déterminée, et qui varie dans les deux grandes classes de végétaux embryonés, les seules où elles existent. Ainsi , la tige des Dicotylédones ne les présente que dans la partie de la couche ligneuse la plus intérieure qui environne la moelle, en un mot dans les parois de Tétui médullaire; nulle part ailleurs de la tige on n'observe ces vaisseaux. Dans les tiges des Monocotylédonés, ils font partie dos faisceaux vasculaires et ligneux épars dans toute leur épaisseur, et généralement ils occupent la partie centrale de ces faisceaux. On les y retrouve encore dans les pétioles, les nervures des feuilles, et les diverses parties de la fleur qui ne sont que des modifications des feuilles. On a cru pendant long-temps que les racines en étaient dépourvues; mais nous en avons constaté Texislence dans les racines des plantes dicotylédonées où il existe un canal médullaire, et dans celles de plusieurs Monocotylédonés,
2" Des vaisseaux réliculés. — Ces vaisseaux ne sont probablement qu'une simple modification des trachées , dans laquelle la spiricule, au lieu d'être enroulée régulièrement et d'une manière continue, est irrégulièrement ramifiée et anastomosée, de manière à former un réseau à mailles très irrégulières. Je les ai souvent observés dans les racines; mais ils existent aussi dans la tige , celle de la Balsamine par exemple.
3'' Vaisseaux rayés. — On a nommé ainsi des vaisseaux qu'on trouve abondamment répandus dans un grand nombre des organes de la plante. Ils sont simples, cylindriques ou anguleux, quand ils sont réunis en faistcaux, et offrent, pour caractères distincts, des lignes transversales qui n'occupent qu'une portion de la circonférence des vaisseaux. On a émis sur la nature de ces lisnesdes ooinions
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très diverses. Certains auteurs les ont regardées comme des fentes entourées d'un bourrelet : de là la dénomination de vaisseaux ^-nc/us ; d'autres, comme de simples lignes {vaisseaux rayes ); quelques uns, comme des trachées incomplètes, dont la spiricule est irrégulière et interrompue {fausses trachées ). Nous reviendrons sur ces diverses opinions quand nous étudierons avec plus de détails la structure intime de ces vaisseaux. Nous avons dit tout à l'heure que les raies transversales qui caractérisent cette sorte de vaisseaux étaient quelquefois irrégulières et inégales ; c'est ainsi qu'on les observe dans le plus grand nombre des cas, et, en particulier, dans les faisceaux ligneux de la tige des plantes monocotylédonées. Mais il arrive aussi que parfois ces vaisseaux, surtout quand ils sont réunis en faisceaux, présentent ces lignes bien égales et symétriquement disposées les unes au dessus des autres. C'est à celte forme particulière qu'on a donné le nom de vaisseaux scalari formes. On les trouve très abondamment répandus dans les divers organes des plantes de la famillo des Fougères.
Nous avons quelquefois observé que les vaisseaux rayés ou scalariformes se séparaient en lanières roulées en hélices, à la manière des vraies trachées. Nous en figurerons un exemple dans les planches de cet ouvrage consacrées à l'Anatomie végétale, que nous avons dessiné d'après une tige ligneuse d'une espèce de fougère.
io Vaisseaux ponctués. — Ils sont aussïcxtrèmement communs dans l'organisation végétale, et, en particulier, épars au milieu du tissu ligneux de la tige des plantes dicotylédonées. On leur a donné les noms de vaisseaux ponctués ou vaisseaux poreux, suivant l'opinion qu'on s'était formée de la nature de ces ponctuations. Ce sont, comme les précédents, des tubes ordinairement cylindriques, plus rarement anguleux, présentant des ponctuations très fines, rangées symétriquement en lignes transversales. Ces lignes transversales sont souvent interrompues par des espèces de bandes longitudinales (lui ne présentent pas de ponctuations.
Telles sont les principales formes sous lesquelles se montre le tissu vasculaire des végétaux. Quant à l'origine et au mode de formation Drimitive des vaisseaux, nous en trai-
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torons spécialement au mot Vaisseaux des plantes, et au mot Organogcnie.
Nous résumerons ici en forme d'aphorismes les principaux points de l'organisation végétale , dont nous venons de donner une ùlée succincte.
Àphorismes sur l'organisation des végétaux.
I. Les végétaux sont composés originairement d'un seul élément anatomique, l'utricule, vésicule membraneuse, dont la forme et la structure, en se modiflant, produisent trois sortes de tissus élémentaires : l» le tissu cellulaire ou utriculaire ; 2" le tissu fibreux ou ligneux; 3" le tissu vasculaire ou les vaisseaux.
5> I. Tissu utriculaire.
II. Le tissu utriculaire est la base de l'organisation végétale.
III. Il est composé d'utricules ou vésicules closes de toutes parts , primitivement globuleuses, se soudant ensemble, et qui, par la pression égale qu'elles exercent les unes sur les autres, prennent communément une forme polyédrique , le plus souvent dodécaé- (Irique.
IV. Dans une masse tissulaire , les lames membraneuses qui séparent les utricules les unes des autres sont formées de deux feuillets appartenant chacun à l'une des deux utricules contiguës.
V. La forme des utricules varie beaucoup ; elles sont ou polyédriques ou prismatiques, quelquefois très irrégulières.
VI. Il y a des utricules de forme irrégulière Cl anomale , et qui semblent résulter de plusieurs utricules soudées.
VII. Les utricules soudées d'une masse de tissu cellulaire laissent, dans les points où elles ne se touchent pas, des espaces vides, ordinairement triangulaires, qu'on nomme méats o\icondiii:s intercellulaires.
VIII. La membrane des utricules est en général diaphane, et ne présente aucune ouverture appréciable.
IX. Les prétendus porcs ou fentes qu'on observe quelquefois ne sont que des amincissements ponctiformes ou linéaires des parois: cependant, par les progrès de la végéta-
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tion , ces amincissements deviennent quelquefois de véritables ouvertures; mais ces ouvertures sont aceideutciles.
X. Les utricules ne conimui>'quent entre elles que par des pores intermoléculaires cf tout à fait invisibles.
XI. Il y a des utricules qui contiennent intérieurement une lame plane ou filiforme, roulée en spirale de différentes manières. Cette modification porte le nom de tisst fi broso-ulrictdaire ou cellules fibreuses.
XII. Les utricules contiennent des matières gazeuses, liquides ou solides.
a. Les matières gazeuses sont principalement de l'air, souvent plus ou moins altéré.
b. Les liquides sont la sève, les huiles grasses ou volatiles, etc.
c. Les solides sont :
l» Le cambium, s'organisant insensiblement, et prenant petit à petit toutes les formes du tissu utriculaire ;
2" La chromulc, chlorophylle on globulinc, matière colorante, de teinte très variée, composée de petites vésicules contenant des granulations colorées. C'est elle qui donne leur coloration spéciale à toutes les parties du tissu végétal;
5'^ La fécule ou amidon, sous forme de grains plus ou moins globuleux ou cylindriques, incolores, d'une grosseur variable, suivant les espèces , se colorant en bleu par la teinture d'iode;
•4" Les raphides, petits cristaux sous for me d'aiguilles, terminées en pyramides pointues à leurs deux extrémités, et réunies en faisceaux ;
5" Des cristaux ou tables rhoniboédriques;
6" Les biforines, utricules allongées en forme d'hexagone , ouvertes à leurs deux extrémités, contenant une seconde utricule intérieure plus étroite, remplie de cristaux aciculaires.
XIII. Les lacunes sont des cavités plus ou moins grandes qui se forment au milieu du tissu cellulaire , ordinairement par suite de la destruction d'une partie des utricules qui le composent.
XIV. Le tissu utriculaire peut se multiplier de trois manières différentes :
1" Par addition de nouvelles utricules à l'extérieur des anciennes, accroissement extra-utriculaire ;
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2" Par développement de nouvelles utriculcs entre les anciennes, accroissejiieni iiiler-ulriciiJaire ;
3" Par formation de nouvelles utriculcs dans rintcrieurdes anciennes, acc/ofssoxe»' tntra-tilriculaire.
^ lî. Tissu fibreux.
XV. Le tissu fibreux a reçu les noms de tissu allongé, tissu ligneux , prosenchijmc , vaisseaux fibreux, lubilles, clnstres, etc.
XVI. Il est composé de cellules très allongt'es ou de tubes très courts, terminés en pointe à leurs deux extrémités, toujours simples.
XVII. En se pressant les uns contre les autres, les tubes fibreux prennent des formes très variées.
XVIII. Leurs parois sont généralement très épaisses, et leur cavité intérieure assez petite. Elles sont souvent composées de plusieurs couches superposées, qui apparaissent sur la coupe transversale comme autant de zones concentriques, emboîtées les unes dans les autres.
XIX. Les tubes fibreux peuvent offrir des enfoncements ponctiformes (pores) ou linéaires (fentes); ils présentent aussi , mais plus rarement, un fil intérieur roulé en spirale.
XX. En s'ajustant bout à bout, ils constituent les parties fibreuses, non vasculaires, de la plante, et, en particulier, le tissu du bois et celui du liber.
§ III. Tissu vase nia ire.
XXI. On distingue deux espèces principales de vaisseaux, suivant la nature du fluide qu'ils contiennent : 1" les vaisseaux séveux; 2" les vaisseaux aériens.
1° Vaisseaux séveux.
XXII. Les vaisseaux désignés sous le nom Je vaisseaux monilifnrmes ne sont que des séries d'utricules superposées, et dont la parei horizontale finit quelquefois par se détruire.
XXIII. Les vaisseaux lateiiféres ou laticifères, ainsi appelés parce quïls contiennent le suc élaboré ou laiex, sont les conduits spéciaux de la sève descendante.