DISPOSITION D'UN HERBIER
Un herbier, étant destiné à être consulté sans cesse, doit être disposé de la manière la plus favorable. Les Champignons placés comme les autres plantes dans des feuilles
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de papier forment un volume considérable, des paquets très irréguliers et souvent fort difficiles à déplacer sans en faire tomber quelques uns. Pour avoir sous ma main les échantillons, et pour obvier aux inconvénients dont je viens de parler, je me suis fait depuis longtemps un herbier que je pourrais dire portatif. Les Champignons sont fius sur des cartons fins recouverts d'une feuille de papier; chaque carton représente donc une feuille pliée sur ellemême, mais dont les deux parties seraient de nature différente. On peut leur donner 10 à 12 centimètres de longueur, et de 6 à 7 de largeur. Toutes les espèces ou toutes les sections d'un même genre sont réunies par une bande de papier, sur laquelle on écrit le nom des genres et des sections ; les paquets sont ensuite placés dans un casier, les uns à côté des autres, comme des livres. De cette manière j'ai un herbier divisé à l'infini. Une ou plusieurs cases renferment les Basidiosporés , distribués méthodiquement; une autre les Thécasporés, et ainsi de suite ; je n'ai qu'à consulter les titres comme dans une bibliothèque pour avoir un genre et ses espèces, ou ses différentes sections quand il en embrasse plusieurs.
Pour former un semblable herbier, il faut faire choix d'échantillons qui ne laissent rien à désirer sous le rapport des caractères. On diminue leur volume, on les aplatit avant de les fixer sur les cartons. Si l'on n'a pas une nombreuse suite d'individus, on a le caractère principal s qui est le plus précieux.
On a l'habitude d'enfermer les échantillons dans des capsules, ou de les coller par une de leurs faces sur une feuille de papier. J'ai presqueentièrementabandonné les premières, parce qu'elles demandent trop de temps et de précautions pour les ouvrir et les fermer, et je ne colle les échantillons que quand ils sont inséparables des corps sur lesquels ils se sont développés; je fixe ceux qui sont libres, comme les Polypores , les Bolets, les Agarics, les Hydnes, les Théléphores, etc. , par l'extrémité inférieure du pédicule, ou par un point qui n'offre pas de caractères essentiels , à une petite bandelette de parchemin , avec de la cire à cacheter, et l'autre extrémité de la bandelette au carton , de manière que l'échan-
tillon n'aille ni à droite ni à gauche et qu'on puisse le retourner à volonté et voir ses deux côtés. Toutes les personnes qui ont vu mon herbier ont été étonnées de son peu de volume et de la facilité avec laquelle on peut le consulter. M. le professeur Fée m'a dit que la nécessité avait fait naître en lui la même idée. Je tiens de M. Moriz que l'herbier de M. de Notaris, à Turin, est disposé de la même manière ; mais j'ignore comment ils ont fixé leurs échantillons.