‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 133 sur 192 · I. VIII · texte numérisé non relu

I. VIII

parfums), bot. ph. — Genre de la famille des Composées-Mutisiacées , établi par Bunge (Enum. pi. chin. boréal., 38). Arbrisseaux des montagnes de la Chine. Voy. composées.

MYRIPRISTIS (fxvpco;, dix mille ;irPcwv, scie ). poiss. — Genre de l'ordre des Acanthoptérygiens, famille des Percoïdes , à plus de sept rayons branchiaux, établi par G. Cuvier (Règ. anim. , t. Il, p. 150). Ces Poissons ont tout l'éclat, les formes, les écailles des Holocentres; mais leur préopercule a ! un d nble rebord dentelé, et manque d'épine à son angle. Ils ont une vessie natatoire divisée en deux; la partie antérieure est bilobée et s'attache au crâne par deux endroits où il n'est fermé que d'une membrane, et qui répondent aux sacs des oreilles.

Les Myripristis sont remarquables au premier aspect par les dentelures qui garnissent les joues , les opercules et le bord des écailles. Ils se trouvent dans les parties chaudes des deux Océans. L'espèce la plus curieuse est le M. Jacobus Cuv. et Val. (vulgairement Frère Jacques , à la Martinique ). C'est un poisson d'une beauté ravissante, et qui égale en éclat la Dorade de la Chine, la plus rouge et la plus brillante. II n'atteint guère que 20 à 22 centimètres de longueur. (M.)

MYRIS11CA, bot. m. — Voy. muscadier.

MYRISTICACÉES. Myristicaceœ. bot.

ph. — Famille de plantes dicotylédones établie par R. Brown (Prodr. , 399), et généralement adoptée. Ses caractères principaux sont : Fleurs dioïques , unisexuelles. Périanthe simple, membraneux, tubuleux, urcéolé ou campanule , 3-fide ou rarement 2-4-fide, dont l'estivation est val vaire. F/eurs mâles : Étamines 3-15, monadelphes ; filets réunis en une colonne cylindrique ou turbinée, brièvement dentelée au sommet. Anthères exlrorses, fixées sur les dents de la colonne , libres , à 2 loges s'ouvrant longitudinalement. Fleurs femelles : Ovaire unique (très rarement deux, soudés à leur base), libre, à une seule loge 1-ovulée (très rarement bi-ovulée). Style très court ou nul; stigmate lobé ou indivis. Le fruit est une baie capsulaire , uniloculaire , à 2 valves in divises ou quelquefois bifides, monosperme. La graine est dressée, enveloppée d'un arille charnu, découpée en lanières profondes;

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son tégument propre est épais , crustacé , traversé irrégulièrement par des rugosités. Embryon très petit , à la base du périsperme, à radicule cylindrique, très courte, infère.

Les Myristicacées sont des arbrisseaux ou des arbres quelquefois très élevés , et généralement remplis d'un suc rougeâtre, à rameaux ordinairement cylindriques , quelquefois ancipités , couverts d'une écorce souvent réticulée , et d'une pubescence furfuracée. Les feuilles sont alternes, distiques, brièvement pétiolées, coriaces, simples, très entières, pubescentes et sans stipules. Les fleurs, petites, blanches, bleues, ou couvertes extérieurement d'une pubescence ferrugineuse , et glabres intérieurement, sont axillaires ou terminales, disposées en grappes ou en faisceaux. Les espèces de cette famille croissent principalement dans les régions tropicales de l'Asie et de l'Amérique,

Cette petite famille, établie aux dépens des Laurinées , se distingue principalement de cette dernière, par ses fleurs complètement unisexuelles et dioïques , par ses étamines soudées, et par son embryon contenu dans un endosperme ruminé. Les genres qu'elle renferme sont au nombre de trois , et ont été nommés : Myristica (Muscadier), Linn.; Knema, Lour.; Pyrrhosa, Blum. Voy. principalement l'article muscadier. (B.)

*MYRMAGI1IXENUS, ou mieux MYR- AIECOXENUS ( jiuptjwjÇ , fourmi; g/vos, hôte). Ins. — Genre de Coléoptères tétramères, famille des Xylophages , créé par nous {Revue entomologique de Silbermacn , 1835, p. 263), avec une espèce des environs de Paris , qui habite dans le nid de la Formica fusca, et qui a été retrouvée de même dans d'autres contrées de l'Europe fort éloignées les unes des autres. Le type est le M. subterraneus. M. Guérin-Ménevillea découvert depuis, dans la tannée d'une serre chaude des environs de Paris, une seconde espèce de ce genre, à laquelle il a donné le nom de M. vaporariorum. (C.)

*MYRMACICELUS (j^PfwiÇ , fourmi; xvAoç, brillant), ins. — Genre de Coléoptères tétramères, famille des Curculionides orthocères , division des Apionides, créé par nous {Annales de la Soc. ent. de Fr. , t. 2 , p. 358) et adopté par Schœnherr. Le type,

M. formicarius Ch., est originaire de l'Australie (Port-Jackson). (C.)

MYRMARACHNE. arachn. — Synonyme de Myrmecia. Voy. ce mot.

MYRMECIA (fAvppiS, fourmi), arachn.

— Genre de l'ordre des Aranéides, de la tribu des Araignées, établi par Latreille, et adopté par tous les aptérologistes. Dans ce genre , singulier par sa forme , les yeux sont au nombre de huit, inégaux entre eux, placés sur trois lignes- sur le devant du céphalothorax. La lèvre est ovale, allongée. Les mâchoires sont droites, allongées, dilatées et arrondies à leur extrémité. Les pattes sont allongées , fines; la quatrième et la première paire les plus longues; la seconde ensuite, avec la troisième la plus courte. On ne connaît rien sur les mœurs de ces Aranéides, qui sont toutes américaines. L'espèce type est le Myrmecia fulva Latr. {Ann. des se. nat., toro. III, p. 27); cette jolie sspèce a été rencontrée au Brésil. (H. L.)

MYRMECIA, Schreb. {Gen.y n. 177).

rot. ph. — Syn. de Tachia, Aubl.

* IUYRMEGILLA ( f*%»rè , fourmi ; xe'Uca , courir vite), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Cicindélides, tribu des Cténostomides, établi par M. Tb. Lacordatre ( Révision de la famille des Ckindélides, 1842, p. 40). Le type, la M. pygmœa Buq., Lac, est originaire du Brésil. (C.)

*MYRMECIUM f>wp/«j*t*, verrue). polyp..

— Genre de Spongiaires établi par M. Goldfuss pour une seule espèce fossile du calcaire jurassique, et caractérisé par sa forme subglobuleuse avec un grand trou central au sommet; le tissu est formé de fibres serrée? et traversé par des canaux rameux, irradiés de la base à la circonférence. Ce genre diffère trop peu des Siphonia pour en être séparé.

(Dm.)

*MYRMECIZA. ois. — Groupe d'Oiseaux indiqué par M. G.-R, Gray {List of gen. Birds., 1841). (E. D.)

*MYRMECOBIN.$;. mam. — M. Lesson {Nouv. tabl. du règ. anim. , Mam.> 1842) a créé sous ce nom une petite famille de Didelphes, dans laquelle il ne place que le genre Myrmecobius {Voy. ce mot). M. Waterhousse (Water. , Lib. Marsup. , 1841) donne à cette même division le nom de Myrmecobiidœ. (E. D.)

* MYRMECOBÏUS (pwppjÇ, fourmi;

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ff'oç, vie), mam. — M. Waterhousse (Proced. soc. Lond. , 1836 ) a décrit sous ce nom un genre de Mammifères de la sous-classe des Didelphes, et qui a pour principaux caractères : Huit incisives à la mâchoire supérieure et six à l'inférieure ; pas de canines inférieures; molaires au nombre de huit à ■ chaque mâchoire et de chaque côté; tête allongée ; oreilles droites, médiocres; pieds antérieurs à cinq doigts , les trois médians plus longs; quatre doigts seulement aux pieds postérieurs ; queue médiocre.

L'espèce type de ce groupe est le Myrrnecobius fasciatus Waterh. (loco citalo). 11 a 25 à 27 centimètres du bout du museau à la région de la queue, et cet organe a 17 centimètres. Le pelage est, au-dessus, de la couleur d'ocre rougeâtre , entremêlé de poils blancs; la partie postérieure du corps est ornée de bandes transverses, alternativement noires et blanches, disposées d'une manière à peu près analogue à ce qu'on voit chez le Thylacinus cynocephalus. Les parties inférieures sont d'un blanc jaunâtre; les pattes antérieures de la même couleur à leur partie interne, et d'un jaune pâle à l'externe; les postérieures sont aussi jaunepâle, avec la partie interne des tibias blanchâtre et la plante des pieds nue; les poils de la queue sont mélangés de blanc, de noir et d'ocre ; chacune de ces couleurs prédomine dans ces différentes parties. Cet animal habite la Nouvelle-Hollande, rivière des Cygnes, et il se nourrit presque exclusivement de Fourmis, comme l'indique son nom.

Une seconde espèce, décrite également par M. Waterhousse et désignée sous la dénomination de M. Diemensis , se trouve, comme l'indique son nom , à la terre de Van-Diemen. (E. D.)

MYRMECODA ( ^pu^oS-o; , semblable à une fourmi), ins. — Genre d'Hyménoptères porte- aiguillons, famille des Mutilliens, établi par Latreille sur des femelles du genre Thijnnus. En conséquence, ce genre doit être supprimé. Voy. thynnus.

MT'IUIECODIA (pvppn»wià»ç, semblable aune verrue), bot. pu. — Genre de la famille des Rubiacées-Cofféacées-Guettardées, établi par Jack (in Linn. Transact., XIV, 122).

Ses principaux caractères sont : Calice

presque entier; corolle quadrifide, dont le tube est velu intérieurement près de l'insertion des étamines ; étamines 4, plus courtes que la corolle; style plus long que les étamines, terminé par un stigmate simple. Le fruit est une baie ovée , quadriloculaire et tétrasperme.

L'espèce principale de ce genre a été nommée par l'auteur Myrmecodia tuberosa; elle a été décrite et figurée par Rumphius (Herb. Amb., VI, p. 119 , t. 55, f. 2). C'est une plante parasite sur les troncs des vieux arbres; elle a la forme d'un tubercule grand et irrégulier, duquel s'élèvent quelques branches courtes , à l'extrémité desquelles sont situées les feuilles, Celles-ci sont opposées, pétiolées,obovales-oblongues avec une courte pointe, atténuées sur le pétiole, entières et très lisses.

Cette plante croît aux îles Moluques.

*MYRMECO\SORPIiUS ( pvou,^, fourmi ; f.opcpï, forme), ins. — M. Westwood a désigné sous cette dénomination , dans la famille des Proctotrupiens , un genre qui paraît différer fort peu du genre Labeo. Il n'y rattache qu'une seule espèce , le M. rufescens Westw. (Bl.)

*MYRMECOPHAGA (P.vPF^, fourmi; <pa;.w, je mange), ois. — Groupe de Merles indiqué par M. de Lacépède (Mém. de l'Institut, 1800-1801). (E. D.)

*MYRMECOPHAGA. mam.— Voy. l'article FOURMILIER. (E. D.)

"MYRMECOPHAGINEJG. mam. —Famille d'Edentés, indiquée par M. Lesson (Nouv. tabl. du règ. anim. , Mam. , 1842), et comprenant principalement le genre Fourmilier ( Voy. ce mot). Les noms de Myrmccophagi , Vicq - d'Azyr ; Myrmecophagidœ, C. Bonap. ; et Myrmecophdgina , Gray, sont synonymes de Myrmecophagineœ.

(E. D.) * MYRMCOPSIS (pippiiE, fourmi; <&J, , aspect), ins. — M. Guérin (Voyage de la Coquille) désigne ainsi un genre que d'autres en tomologistes ne séparent pas des Thym^ nus. Voy. ce mot. (Bl.)

*MYRMECOPTERA ( pvftxtg , fourmi ; wte'pov, aile), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Carabiques, tribu des Cicindélètes , créé par Germar (Magasin de Zoologie, 1843, p. 124; Iiev.zool., 1844, p. 208). Il ne se compose encore que d'une

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espèce : M. egregia, qui a été rapportée de Nubie (Fasogl). (C).

*MYRMEDONIA GwPf«}Ç, fourmi ; <Wu, troubler ). ins. — Genre de Coléoptères hétérotarses, famille des Brachélytres, tribu des Aléochariniens,créé par Erichson (Gen. et sp. Slaphylinorum, p. 35). Il se compose de 30 à 40 espèces , dispersées en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique. L'auteur les divise en aptères et en ailées. Nous citerons comme faisant partie de ce genre, les M. canaliculata, obscura¥.,limbata, collaris Pk. , humer alis , funesta, lugens et fulgida Grav. Erichson a observé

4 articles aux tarses des quatres pattes antérieures , et 5 aux postérieures. Ces Insectes vivent cachés sous les feuilles, sous les détritus qui avoisinent les fourmilières, et font leur proie des Insectes qui les habitent. Ayant renfermé des Myrmedonia avec les précédents , nous avons trouvé ceux-ci peu de temps après privés de leurs têtes. Les Myrmedonia exsudent par leur corps une liqueur huileuse, qui est d'une odeur fétide.

MYRMEGES. ins.— M. Duméril désigne ainsi une famille d'Insectes hyménoptères , qui correspond à la famille des Hétérogynes de Latreille, et à la tribu des Formiciensde M. Blanchard.

MYRMELEON. ins. — Nom scientifique des Fourmilions. Voy. ce mot.

MYRMELEONIDES. Myrmeleonides.

ins. — Famille de l'ordre des Névroptères, de la tribu des Myrmeleonides. Les Insectes qui la composent présentent les caractères suivants (Blanch., Hist. des Ins., édit. Firmin Didot) : Antennes plus ou moins longues , mais toujours renflées vers l'extrémité. Corps long et grêle; palpes grêles, de

5 articles. Mandibules fortes, mais courtes, unidentées intérieurement. Yeux très saillants ; ailes larges et longues, très réticulées.

M. Blanchard n'admet que 3 genres dans cette famille; ce sont: Myrmeleon, Linn.; Ascalaphus, Fabr., et Haplogenius, Burm.

MYRMELÉONIENS. Myrmeleonii. ins.

— Tribu de l'ordre des Névroptères, caractérisée par des ailes planes , presque d'égale grandeur; par des appendices buccaux de consistance solide ; par des tarses de cinq articles; des antennes filiformes, multi-

articulées, etc. Nous diviserons cette tribu en quatre familles; ce sont les Myrmeleonides, les Némoplérides , les Hémérobiides et les Panorpides. (Bl.)

*MYRMEMORPHA (plpfMg , fourmi ; p.opepvî, forme), ins. — Genre de l'ordre des Diptères brachocères , famille des Musciens, tribu des Muscides , tribu des Hétéromyzides, établi par M. Léon Dufour (Ann. des se. nat. , 1833 , 218 ) pour un petit Insecte trouvé en Espagne sur des Gramens.

L'unique espèce de ce genre a été nommée par l'auteur M. brachyplera. (L.)

MYRMICA (pwppiÇ, fourmi), ins. — Genre de la tribu desFormiciens, de l'ordre des Hyménoptères, établi par Latreille sur quelques petites espèces, dont les mandibules sont triangulaires et les palpes maxillaires fort longs, composés de six articles. Le type du genre est la M. rubra ( Formica rubra) Lin. Voy. l'article fourmi. (Bl.)

MYRMICITES. Myrmicilœ. ins. — Groupe de la famille des Formicides , de l'ordre des Hyménoptères , caractérisé par l'abdomen, dont le premier segment forme deux nœuds, et par la présence d'un aiguillon chez les femelles. Nous rapportons à ce groupe les geures Cryptocerus, Lath.; Atla, Fabr.; /Ecodoma, Latr.; Eriton, Latr.; Myrmica , Latr. Voy. l'article fourmi. (Bl.)

*MYRMIDON. mam.— M. Wagler (Syst.

d'Amph. , 1820) donne ce nom à un groupe d'Édentés. (E. D.)

*MYRMIDONE. bot. ph. — Genre de la famille des Mélastomacées, établi par Martius (Nov. gen. et sp., III, 149). Arbrisseaux du Brésil. Voy. mélastomacées.

MYRMOSA. ins. — Genre de la famille des Mutillides, de l'ordre des Hyménoptères , établi par Latreille et adopté par tous les entomologistes. Les Myrmoses se reconnaissent à des antennes presque filiformes, à des mandibules tridentées dans les mâles et bidentées dans les femelles, etc. On connaît un petit nombre d'espèces de ce genre dont le type est la M. melanocephala Fabr. (alra Panz.), qui est répandue dans une grande partie de l'Europe. (Bl.)

MYRMOTHERA. ois. — Genre d'Oiseaux créé par Vieillot aux dépens de l'ancien groupe des Fourmiliers. Voy. ce mot.

MYROBALANÉES. Myrobalaneœ. bot.

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j>h. — Tribu de la famille des Gombrétacées. Voy. ce mot.

MYRQBALANS. bot. ph. — Ce nom a été donné, en Pharmacologie, aux fruits de diverses espèces de Terminalia. Voy. ce mot.

MYROBALANUS, Gœrtn. (II, 90, t. 97).

bot. ph. — Voy. terminalia, Linn.

MYRODENDRON , Schreb. ( Gen. , n.

901). bot. ph. — Syn. d'Humirium, Mart.

MYRODIA (pupov, parfum), bot. ph. — Genre de la famille des Sterculiacées-Hélietérées, établi par Schreber (Gen., n. 1147) et ne comprenant que trois espèces décrites parDeCandolle (Prodr., 1,477). Ce sont des arbres ou des arbrisseaux de l'Amérique tropicale qui répandent une légère odeur aromatique.

MYROSMA ( pv'pov , parfum ; larf , odeur), bot. ph. — Genre de la famille des Cannacées, établi par Linné fils (SuppL, 8) pour des herbes de l'Amérique tropicale.

Voy. CANNACÉES.

MYROSPERME. Myrospermum (^vp°v, parfum; cm/ppia, graine), bot. ph. — Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées, tribu des Sophorées, de la Décandrie monogynie dans le système de Linné. Considéré dans les limites que lui assignent MM. De Candolle, Bentham, Endlicher, etc., il correspond aux Myrospermum de Jacquin, Kunth, ou Calusia de Bertero, et aux Myroxylon de Mutis , ou Toluifera, Linn. En effet , les seuls caractères qui distinguent ces deux genres , et qui consistent dans les filets des étamines persistants chez ceux-ci et non chez ceux-là, dans les ovules au nombre de 2 seulement chez les derniers, et chez les premiers de 5 ou 6, parmi lesquels 1 ou 2 seulement se développent en graines, ces caractères sont évidemment insuffisants pour séparer des groupes génériques, et ne peuvent indiquer que de simples sous genres. Circonscrit de la sorte, le' genre Myrosperme se compose d'arbres ou d'arbrisseaux des parties chaudes de l'Amérique, devenus célèbres pour les baumes qu'ils produisent. Leurs feuilles, pennées avec foliole impaire, sont marquées de ponctuations et de lignes transparentes; leurs fleurs, blanches ou rosées, forment des grappes axillaires et terminales, et se distinguent parles caractères suivants: Calice

largement campanule, comme tronqué à son bord, ou à 5 dents très peu prononcées ; corolle papilionacée , dont l'étendard est large et presque arrondi, étalé, dont les ailes et la carène constituent 4 pétales distincts, linéaires- lancéolés , un peu plus courts; 10 étamines libres; ovaire rétréci en pédicule à sa base, oblong, 2-6-ovulé, portant un peu au-dessous du sommet et sur le côté un style filiforme. Le légume repose sur un pédicule nu inférieurement, largement ailé d'un côté à sa partie supérieure; il est indéhiscent, et renferme une ou deux graines plongées dans une matière pulpeuse balsamique provenant de la liquéfaction de leur tégument.

a. Calusia, Bertero ; Myrospermum, Jacq., Kunth. Étamines à filets persistants; ovaire à 5-6 ovules, dont 1-2 seulement se développent en graines.

b. Myroxylon , Mutis. Étamines à filets tombants ; ovaire 2-ovulé. A ce sous-genre appartiennent deux espèces d'un grand intérêt, sur lesquelles nous devons nous arrêter :

1. Myrosperme baume du Pérou, Myrospermum peruiferum DC. Cette espèce forme un arbre à rameaux arrondis, verruqueux , glabres , de couleur fauve ; ses feuilles sont pennées, avec impaire, composées au moins de 11 folioles égales entre elles, alternes, oblongues, obtuses et échangées, arrondies à leur base, quelquefois en cœur, très entières, marquées d'un réseau de veines, à ponctuations pellucides, arrondies ou allongées , coriaces , glabres à leurs deux faces, mais légèrement pubescentes sur leur côte médiane, luisantes en dessus, un peu plus pâles en dessous; leur pétiole commun est flexueux. Ses fleurs forment de nombreuses grappes souvent ramassées à l'extrémité des petits rameaux, longues do près de 2 décimètres; elles sont blanches, penchées , assez longuement pédiculées. Le légume est presque coriace, long de plus d'un décimètre, pédicule compris. Cette espèce croît spontanément dans le Pérou , la Nouvelle-Grenade, la Colombie. Par les incisions que Ton fait à son tronc et à ses grosses branches, elle donne une substance jaune pâle et visqueuse, qui ne tarde pas à se concréter à l'air, et qui n'est autre que le Baume du Pérou. Cette matière doit son odeur balsamique si remarquable surtout

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à l'acide benzoïque qui y existe en fortes proportions. Recueillie à sa sortie de l'arbre dans de petites calebasses, dans de petits pots ou potiches, ou dans des boîtes de ferblanc, elle constitue la qualité supérieure du baume du Pérou, ou le baume en coque, qui se distingue par son odeur suave, par sa couleur rouge-doré, et par sa demi-transparence ; mais cette qualité est aujourd'hui rare dans le commerce, et celle qu'on y rencontre le plus habituellement, et qu'on nomme baume noir, s'obtient par ébullition à la manière des extraits; elle se distingue par sa couleur brun-noirâtre , par sa consistance de mélasse qui augmente avec le temps, enfin par son odeur beaucoup moins prononcée et moins suave. Cette matière arrive souvent sophistiquée. Son analyse a donné à Stolz : 24 parties d'une résine brune peu soluble; 207 parties d'une résine brune soluble; 690 parties d'une huile volatile particulière; 64 parties d'acide benzoïque; 6 parties d'extractif; 9 d'eau et de perte, sur 1000. Le baume du Pérou a eu et conserve encore divers usages en médecine, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, surtout à cause de ses propriétés stimulantes énergiques ; mais aujourd'hui il a beaucoup perdu de son importance, qui a passé au baume fourni par l'espace suivante.

2. Myrosperme baume de Tolu, Myrospermum toluiferum A. Rich. Le célèbre auteur de la Flore du Pérou, Ruiz , dit, dans un de ses mémoires, que l'arbre qui vient de nous occuper fournit à la fois le baume du Pérou et celui de Tolu. Ces substances ne diffèrent, selon lui, que par le mode d'extraction et par la distance des pays d'où elles proviennent; la première nous vient en effet du Pérou, la seconde de Tolu, dans Jâ province de Carthagène. M. A. Richard avait d'afyord adopté cette manière de voir ; mais plus tard , en examinant deux échantillons recueillis par M. de Humbolt, il a reconnu que l'arbre d'où provient la dernière de ces deux substances constitue une espèce distincte, à laquelle il a donné le nom qu'elle porte depuis ( voy. A. Richard, Obscrv. sur les genres Toluifera et Myroxylum , etc. ; Annal, des se. natur., lrc sér., t. 2, p. 168). Cette espèce forme un grand et bel arbre , dont le hois , rouge vers le centre , a une

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odeur de baume ou plutôt de rose; ses rameaux sont arrondis, verruqueux et glabres ; ses feuilles sont composées généralement de 7 folioles , dont la terminale, de forme ovale-oblongue, est la plus grande, et dont les autres vont en décroissant graduellement de grandeur; ces folioles sont minces, acuminées au sommet , très entières et légèrement ondulées à leurs bords , marquées de points et de petites lignes pellucides, très glabres, luisantes, également vertes à leurs deux faces ; leur pétiole commun est très légèrement flexueux , anguleux , glabre.

Cette espèce abonde dans les hautes savanes de Tolu, près de Corozol ; elle est rare dans les montagnes de Turbaco, et se retrouve sur les bords de la Madelaine. Elle donne le baume de Tolu parles incisions faites à son tronc et à ses grosses branches. Cette substance nous arrive en morceaux de grosseur variable, aplatis, de couleur jaune-fauve ou rouiieàtre, luisants, translucides; sa saveur est chaude et douceâtre , laissant un léger sentiment d'âcreté au bout de quelque temps; son odeur est très suave; elle ressemble beaucoup à la qualité supérieure du baume du Pérou, dont elle partage au reste les propriétés, mais à un degré plus prononcé. Ses usages médicinaux sont analogues à ceux de cette dernière substance, en place de laquelle on l'emploie presque habituellement aujourd'hui; déplus, la suavité de son parfum lui donne un rôle important dans la parfumerie, particulièrement en Angleterre. (P. D.)

MYROTHECIUM (M.uPov , parfum ; 9*t*, thèque). bot. cr. — Genre de Champignons gastéromycètes , établi par Tode ( Fung. Meckl. , I, 25, t. 5, f. 38) pour de petits Champignons qui croissent sur les arbres et dans les terrains humides.

MYROXYLON. bot. ph. —Genre établi par Mutis, et qui rentre dans le genre Myrosperme. Voy. ce mot.

*MYRRHA (nom mythologique), ins.

— Genre de Coléoptères subtélramères (Trimères aphidiphages de Latreille), créé par Mulsant (Histoire naturelle des Coléoptères de France, 1846, p. 125 ) dans sa tribu des Sécuripalpes, branche des Halyziaires et rameau de ses Mysiates. Ce genre a été formé aux dépens des Coccinella, et a pour type : la M. octodecimguttatm

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de Linné (Coccinella) . Elle habite la plus grande partie de l'Europe. (C.)

MYRRHE. Myrrha ( f/.uppa , parfum).

chim. — La Myrrhe est une gomme résine qui nous arrive d'Arabie et d'Abyssinie, et qu'on présume découler d'un arbre du genre Amyris ou de quelque autre de la famille des Térébinthacées. Le Nouveau-Testament nous apprend que la Myrrhe fut au nombre des présents que les trois rois venus de l'Orient apportèrent au divin fils de Marie (Saint Matthieu, ch. IV, vers. 11).

La Myrrhe se présente en larmes pesantes, rouges, demi-transparentes, contenant des stries blanches et semi-circulaires ressemblant à des coups d'ongle, ce qui lui a fait donner le nom de Myrrhe onguiculaire. La saveur en est amère et résineuse ; l'odeur fortementaromatique et cependant agréable. La Myrrhe contient, selon Pelletier, 66 de gomme soluble, et 34 de résine imprégnée d'une petite quantité d'huile essentielle. Il résulte de l'excès du principe gommeux que cette gomme résine est plus soluble dans l'eau que dans l'alcool. La Myrrhe entre dans quelques préparations pharmaceutiques officinales; elle est, du reste, maintenant peu employée. (A. D,)

MYRiUIlDIUM, DC. (Prodr., I, 657).

BOT. ph. — Voy. pelahgonium, L'Hérit.

*MYRRHIMUM (pîppivoç, de Myrrhe).

bot. ph. — Genre de la famille des Oliniées (établie aux dépens des Mélastomacées), créé par Schott (in Sprengel Curt. post., 404). Arbustes du Brésil. Voy. oliniêes.

MYRRHIS ( fiwppiTvj's , qui a l'odeur de la myrrhe), bot. piï. — Genre de la famille des Ombellifères , tribu des Scandicînées , établi par Scopoli ( Flor. carniol. , édit. 2,1, 247), et que beaucoup d'auteurs réunissent au g. Cerfeuil. L'espèce type est désignée sous les noms de Chœrophyllum aromaticum L.

MYRSIDIUM, Raf. (Car ait. , t. 20, f. 12). bot. cr. — Syn. de Dasycladus , Ag.

MYRSINE (pupcu'vY), Myrte), bot. ph.

— Genre de la famille des Myrsinées- Ardisiées, établi par Linné (Gen., ». 269), et dont les principaux caractères sont : Fleurs polygames dioïques. Calice 5-fide, rarement 4-ou 6-fide; corolle hypogyne, arrondie, à 5, rarement à 4 ou 6 divisions; étamines 4-6, insérées au fond de la

corolle; filets très courts; anthères dressées , à 2 loges s'ouvrant longitudinalement ; ovaire à une seule loge, 4-5 ovulé; style simple; stigmate indivis, ou lobé ou frangé. Le fruit est de nature cornée ou crustacée, et monosperme par avortement.

Les Myrsine sont des arbustes abondants dans les régions tropicales du globe. Leurs feuilles sont alternes, membraneuses, très entières; leurs fleurs axillaires, réunies en faisceaux ou en ombelles; les mâles sont plus grandes que les femelles.

Les espèces de ce genre , au nombre de trente environ, ont été réparties en deux sections, nommées par Alph. De Candolle (in Linn. Transact., XVII, 104 et 112) : Myrsine : fleurs sessiles ou brièvement pédiculées, fasciculées, à bractées imbriquées, persistantes; Badula : fleurs disposées en grappes , en panicules ou en ombelles.

On en cultive principalement deux espèces au Muséum d'Histoire naturelle de Paris ; ce sont les Myrsine af ricana Linn., et retusa Ait. (J.)

MYRSINÉES. Myrsineœ. bot. ph. -— Famille de plantes dicotylédones, monopétales, hypogynes, établie par R. Browa (Prodr., 532) et généralement adoptée.

Ses principaux caractères sont : Fleurs her-

uhrodites ou quelquefois unisexuelles par fortement de l'un des sexes, régulières. Calice libre ou très rarement soudé à la base de l'ovaire, à 4 ou 5 divisions. Corolle hypogyne ou très rarement périgyne, tubuleuse, campanulée ou rotacée, à 4 ou 5 divisions profondes, alternant avec celles d* calice. Etamines insérées au tube ou à la gorge de la corolle, tantôt en nombre égal aux lobes de la corolle , opposées à ces derniers, et toutes fertiles, à anthères introrses; tantôt en nombre double des lobes de la corolle: les unes opposées à ces derniers, et fertiles avec les anthères exlroses, les autres stériles et alternant avec les divisions de la corolle. Filets généralement courts, libres, ou très rarement monadelphes. Anthères ovales ou oblongues, dressées ou incombantes, distinctes ou conniventes,à 2 loges s'ouvrant longitudinalement ou quelquefois par le sommet. Ovaire libre ou, très rarement, soudé à la base du calice, à une seule loge, contenant un trophosperme central portant un ou plusieurs ovules. Style court,

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simple; stigmate obtus, aigu, indivis ou rarement lobé. Le fruit est un drupe ou une baie très souvent monosperme , rarement oligo- ou polysperme. Graines 4, peltées, ayant leur tégument simple, leur hile concave, leur endosperme charnu ou corné, et leur eu bryon cylindrique, un peu recourbé, placé transversalement au hile.

Les végétaux compris dans cette famille sont des arbres ou arbrisseaux à feuilles alternes, rarement opposées ou lernées , simples, entières ou dentées en scie, membraneuses, souvent glandulifères, sans stipules. Les fleurs, petites, présentent divers modes d'inflorescence. On les trouve assez abondamment dans les régions tropicales du globe.

La famille des Myrsinées a les plus grands rapports avec celle des Sapotées (aux dépens de laquelle elle a été formée), par le port et plusieurs caractères de fructification. Elle se rapproche aussi des Primulacées par les étamines opposées aux lobes de la corolle , par son ovaire uniloculaire et son trophosperme central; mais le port en est tout-à-fait différent.

Voici, d'après Endlicher (Gen. plant., p. 734), l'énumération des diverses tribus établies dans cette famille, avec l'indication des genres que chacune d'elles renferme :

Tribu I. — Ardisiées.

Étamines stériles nulles. Anthères introrses. Ovaire libre. Fruit monosperme.

Vallenia, Swartz ( Petesioides , Jacq. ) ; Conomorpha, Alph. DC. (Conostylus, Pohl.); Weigeltia, Alph. DC. ; Cybianthus, Mart. ; Myrsine, Linn. ; Ardisia, Sw. (Anguillaria, Gaertn. ) ; Embelia , Juss. ( Ribesioides , Linn.; Ribes, Burm.); Choripetalum, Alph. DG.; Oncoslemum , Adr. Juss. ; Purkinja, PresL

Tribu 2. — Misées.

Étamines stériles nulles. Anthères introrses. Ovaire soudé. Fruit polysperme.

Mœsa, Forsk. (Bœobotrys, Forst. ; Sibouratia, Th.).

Tribu 3. — Théophrastées.

Étamines stériles visibles. Anthères extrorses. Ovaire libre. Fruit polysperme. Jacquinia, Linn. (Boncllia, Bert.); Theo-

phrasta , Juss. ; Clavija , Ruiz. et Pav. ( Theophrasta, Linn. ; Eresia, Plum.)

Genres douteux :

Leonia, Ruiz. et Pav. (Steudelia, Mart.) ; Oncinus, Lour.

A cette liste, il faudrait peut-être ajouter deux genres à peine connus, et désignés par Thunberg sous les noms de Othera et Orixa.

Quant au genre JEgiceras, Gœrtn., qu'on rapporte généralement à la famille des Myrsinées, M. Endlicher (loc. cit.) propose d'en faire le type d'une petite famille, celle des JEgicérées , et dont les caractères seraient alors les mêmes que ceux du genre dont nous parlons. Voy. .egiceras. (J.)

M1RSIFH1LLUM (^vpcrfvyj, Myrte; <pu/),ov , feuille), bot. ph. — Genre de la famille des Liliacées-Asparagées , établi par Willdenow (in Berl. Magaz., II, 25). Arbrisseaux du Cap. Voy. liliacées.

MYRTACÉES. Myrtaceœ. bot. ph. — Grande et belle famille de plantes dicotylédones, polypétales , à étamines périgynes, établie d'abord par A.-L. de Jussieu (Gênera, pag. 322) sous le nom de Myrti, nom qui a été modifié plus tard en ceux de Myrtées par le même botaniste , de Myrtinées par A. -P. DeCandolle, enfin de Myrlacéespar M. Rob. Brown. Elle se compose de végétaux ligneux, frutescents ou arborescents, atteignant même, dans certains cas, de si fortes proportions, qu'ils figurent parmi les géants du règne végétal ( Eucalyptus ). Leurs feuilles sont simples, le plus souvent opposées, dans certains cas alternes ou verticillées, entières ou légèrement dentelées, d'un tissu raide et consistant, quelquefois même épaisses et demi-cylindriques, parsemées généralement de petits réservoirs glanduleux d'huile essentielle qui produisent l'effet de ponctuations translucides, presque toujours dépourvues de stipules, ou n'en ayant que de très petites, caduques (quelques Chamaelauciées et Lécythidées). Ces caractères des feuilles permettent souvent de reconnaître les plantes de cette famille, même en l'absence des organes de la reproduction. Les fleurs sont parfaites, régulières, ou, dans un très petit nombre de cas, avec un commencement d'irrégularité dû à l'inégalité de longueur des étamines ; leur inflorescence est très variable; leur couleur est blanche, purpurine,

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rouge ou jaune , mais jamais bleue. Elles présentent les caractères suivants : Galice adhérent à l'ovaire dans toute l'étendue ou seulement dans la portion inférieure de son tube, à limbe divisé plus ou moins profondément en 4-5 lobes , quelquefois davantage , à estivation valvaire , parfois soudés en une sorte d'enveloppe fermée dont la partie supérieure se détache et tombe comme un opercule au moment de l'épanouissement; i'intérieur du tubecalicinal est tapissépar un disque , qui s'épaissit à la gorge en un anneau plus ou moins large , sur lequel s'insèrent la corolle et les étamines. Pétales en même nombre que les lobes calicinaux et alternes avec eux, souvent petits et presque squamiformes , ou nuls dans un très petit nombre de cas. Étamines en nombre très rarement égal à celui des pétales, assez souvent double, fréquemment multiple et même très considérable; à filets généralement très développés, et avec des proportions inverses de celles des pétales , libres et distincts , ou soudés entre eux de diverses manières : en anneau basilaire, en faisceaux opposés aux pétales et en même nombre que ceux-ci , en une seule masse asymétrique, etc., assez souvent entremêlés de filets stériles; anthères introrses, biloculaires, à déhiscence longitudinale. Ovaire adhérent en entier ou à moitié, recouvert par le disque; d'organisation variable comme le montreront les caractères distinctifs des tribus, mais toujours surmonté d'un style et d'un stigmate uniques et indivis. Fruit presque toujours couronné par le limbe du calice qui a persisté, à loges en nombre variable suivant l'organisation que présentait l'ovaire, tantôt uniloculaire et monosperme, et alors sec , indéhiscent, ou s'ouvrant incomplètement en deux valves, tantôt bi-pluriloculaire , et alors capsulaire ou en baie. Graines droites, à test cruslacé ou membraneux, sans albumen, à embryon droit ou courbé, dans lequel les cotylédons sont très rarement foliacés, souvent courts, obtus, quelquefois soudés en une seule masse homogène avec la radicule.

Les Myrtacées présentent des variations assez nombreuses et assez importantes dans leur organisation pour qu'il soit facile de les subdiviser en grandes tribus naturelles, qui sont même si nettement caractérisées

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que certaines d'entre elles sont considérées comme des familles distinctes par plusiei .*, botanistes. Ces plantes ont des rapports plus ou moins marqués avec les Rosacées, desquelles elles se distinguent par leurs feuilles presque toujours opposées, sans stipules et marquées de points translucides, ainsi que par leurs carpelles entièrement soudés en un pistil unique; avec les Mêlastomacées, desquelles elles diffèrent surtout par la forme de leurs étamines et leur situation avant l'épanouissement ; avec les Combrélacées, desquelles elles s'éloignent par leurs graines non suspendues ; enfin avec les Lythrariées et les Onagrariées.

Dans le volume XI du Dictionnaire clas~ sique d'histoire naturelle, et plus tard dans le volume III du Prodromus , De Candolle a établi dans la famille des Myrtacées une division qui a été généralement adoptée , et que nous allons exposer, en y rapportant , d'après M. Endlicher, les genres qui rentrent dans ses divers groupes.

Sous-ordre ï. — Cham.elauciées, DG.

Calice à 5 lobes (10 chez les Pilcanthus); corolle à 5 pétales; étamines le plus souvent en nombre défini, en une seule série , généralement entremêlées de filets stériles ; ovaire uniloculaire, à ovules peu nombreux portés sur un placenta central; fruit sec, monosperme, indéhiscent, ou s'ouvrant incomplètement par le sommet en deux val« ves. Arbrisseaux de la Nouvelle-Hollande» ressemblant assez bien pour le port à des Bruyères; à feuilles opposées, ponctuées; à fleurs petites, accompagnées de deux brac« téoles libres ou soudées entre elles.

Calycothrix, Labiil. (Calythrix, Labill.); Lhotskya, Schauer.; Thrylomene , Endlich.; Pileanthus, Labill.; Verlicordia, DG. ( Diplachne, R. Br.; Chrysorrhoe, Lindl.; a. Euverlicordia, Schauer.; b. Calymatanlhus , Schauer. ) ; Chamœlaucium, Desf. ; Homoranthus, A. Cunn. {Evosanthus, A. Cunn.); Darwinia, Rudg.; Polyzonc, Endlich.; Genotyllis, DC. ; Hedaroma, Lindl. ; Francisai, Endlich. ; Triphelia , R. Br. (Actinodium , Schauer.).

Genre douteux : Barllingia, Brongn.

Sous-ordre IL — Leptospermées, DC.

Calice a 4-6 lobes; corolle à 4-6 pétaW

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étamines généralement en nombre indéfini, libres ou polyadelphes ; ovaire à 2 ou plusieurs loges , contenant ordinairement de nombreux ovules; fruit capsulaire. Arbrisseaux et arbres pour la plupart de la Nouvelle-Hollande , à feuilles opposées ou alternes, presque toujours très entières, ponc- X tuées.

Astartca, DC ; Tristania, R. Br. ; Syn- I carpia, Ten. (Kamptzia, Nées); Lophoste- ; mon , Schott. ; Lamarcïiea, Gaudic. ; Calothamnus , Labill. (Baudinia, Leschen.; DUliottia , Colla.); Beaufortia, R. Br.; Schizopleura , Lindl. (Manglesia , Lindl.); Conothamnus, Lindl.; Mclaleuca, Linn. (Cajuputi, Adans. ); Eudesmia, R. Br. ; Eucalyptus * L'Hérit.; Angophora, Cav. ; Callistemon, R. Br. ( a. Eucollistemon ; b. Penlagonaster , Klotsch); Metrosideros (a. Eumelrosideros , Endlich. {Nani , Adans.); b. Agalmanthus , Endlich.; c. Glaphyranthus, Endlich. (iiTimjsea , Rchbch.); Eremœa, Lindl. ; Billiottia, R. Br. (<4#onis, DC); Hypccalymna, Endl.; Pericalymna, Endlich.; Salisia, Lindl.; Leptospermum, Forst. ; Fabricia, Gœrtn.; Bcec- 7<;ea, Linn. (Imbricaria , Smith; Jungia, Gœrtn.; Mollia, Gmel.; Cedreîa, Lour.).

Sous-ordre III. — Myrtées, DC.

Calice à 4-& sépales; corolle à 4-5 pétales ; étamines en nombre indéterminé , libres; ovaire bi-pluriloculaire , à ovules nombreux; fruit charnu, bi-pluriloculaire, loges le plus souvent 1-spermes par avortement. Arbres ou arbrisseaux pour la plupart

, des contrées intertropicales, s'étendant aussi assez haut au-delà des tropiques; un très

; petit nombre de la Nouvelle- Hollande ; feuilles opposées, très entières, ponctuées.

Sonneratia, Lin. f. ( Aublelia , Gœrtn.; Pagapate, Sonner. ; Blalli , Rheed.); Neliîris, Gœrtn. (Decaspermum, Forst.); Campomanesia, Ruiz et Pav. ; Psidium, Lin. {Guiava, Tourn.; Burchardia, Neclc); M.yriws, Tourn. (a. Leucomyrtus, DC; b. Rhodomyrlus, DC); Myrcia, DC ; Marlierea , St-Hil. '^Calyptranthes, Swdrlz.{Chytraculia, P. Brown ; Zuzygium, P. Brown ; Chytralia, Adans.; Calyptranlhus , Juss.) Sizygium, Gœrtn. {Opa, Lour.; Calyptranthus,\Mum.; Jambolifera, Auct.); Caryophyllus, Tourn.; Acmena,DC; Eugenia, Michel. {Plinia, Lin.; Guapurhim, Juss. ; Olinlhia, Lindl.; Greg-

gia, Gœrtn.); Jambosa , Rumph. (Jambos Adans. ).

Sous-ordre IV.— Barringtoniées , DC

Calice à 4-6 lobes; corolle à 4-6 pétales; étamines très nombreuses, en plusieurs séries, dont les filets sont soudés à leur base en anneau court; ovaire bi-pluriloculaire; fruit en baie ou sec, évalve, bi-pluriloculaire ; graines peu nombreuses, à cotylédons charnus. Arbres de l'Asie et de l'Amérique tropicale; feuilles alternes, rarement opposées ou verticillées, sans ponctuations translucides.

Barringtonia , Forst. (a. Butonica, Lam.

(Commersonia , Sonner.; Milraria, Gmel.; Huttum , Adans.); b. Slravadium , Juss.

(Stravadia, Pers. ; Meteorus, Lour. ; Menichea, Sonner.); Careya, Roxb. (Cambea y Hamilt.); Guslavia, Lin. (Pirigara, Aubl.; Spallanzania, Neck. ; Teichmeyera, Scop.).

Genres douteux : Fœtidia, Commers.; Catinga , Aubl. ; Coupoui , Aubl. ; Mongcsia , FI. FI.

Sous-ordre V. — Lécythidées, Rich.

Calice à 6 lobes; corolle à 6 pétales; étamines très nombreuses, en plusieurs séries , soudées toutes ensemble en un seul corps qui forme un anneau fortement prolongé d'un côté en une sorte de languette épaisse et recourbée en voûte; fruit sec ou charnu, indéhiscent ,ou s'ouvrant transversalement à sa partie supérieure par une sorte d'opercule. Arbres d'Amérique à feuilles alternes, non ponctuées, entières, parfois accompagnées, dans leur jeunesse, de stipules caduques.

Couratari, Aubl. (Lecythopsis, Schrank) ; Lecylhis, Lœfl. ; Eschweilera , Mart. ; Berthoiletia , Humb. et Bonp. ( Tonca, Rich.); Couroupita, Aubl. (Pontoppidana , Scop.; Elshotzia, Rich.).

Genres entièrement douteux: Grias, Lin.; Crossoslylis , Forst.; Peotalotoma, DC. (Diatoma, Lour.); Rhodamnia, Jack. ; Glaphyria, Jack.

La valeur des cinq grandes tribus dont nous venons de présenter le tableau n'a pas été appréciée de la même manière par tous les botanistes, et plusieurs d'entre elles ont été élevées au rang de familles distinctes et

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séparées par certains auteurs. Ainsi M. Poiteau {Mém. du Muséum, tom. XIII , 1825 , pag. 141-165) avait considéré les Lécythidées comme formant une famille à part, à laquelle il assignait comme caractère essentiellement distinctif d'avoir « les étamines épigynes, monadelphes et en nombre indéterminé » ; mais sa famille des Lécythidées était plus étendue que la tribu de même nom , puisqu'elle comprenait de plus des Barringtoniées. M. Ad. Brongniart adopte une manière de voir analogue, puisque, dans son Énumération, etc. (1843), il range dans sa classe des Myrtoïdées (cl. 63) les Myrtacées, composées seulement des Chamaelauciées, Leptospermées et Myrtées , et les Lécythidées , dans lesquelles il fait entrer les Barringtonia et Gustavia , en même temps que les Bertholletia , Lecythis et Couratari. M. Lindley va encore plus loin. En effet, dans son dernier ouvrage (The vegetable Kingdom, 1846), il place dans son alliance des Myrtales, et comme familles distinctes : 1° les Chamœlauciées (fam. 276); 2° les Myrtacées (fam. 282), composées seulement des Leptospermées et des Myrtées ; 3° les Lécythidacées (fam. 283); et, d'un autre côté, il transporte dans son alliance des Grossales les Barringtoniacées , dont il fait également une famille à part.

Les Myrtacées se recommandent sous divers rapports. La beautéde la plupart d'entre elles en fait cultiver un grand nombrecomme espèces d'ornement (Melaleuca, Metrosideros , Callistemon , Myrtus, Eugenia, etc.). Quelques unes produisent des fruits comestibles très estimés dans les régions chaudes du globe. Telles sont les Goyaviers (Psidium ), Jambosiers ( Jambosa ), des Eugenia , etc. D'autres fournissent des épices d'un usage très répandu, comme le Giroflier ( Caryophyllus ), VEugenia pimenta , le Calyptranthes aromaticus , etc. Plusieurs forment des arbres de la plus haute taille , dont le bois est très utile pour les constructions , pour les usages industriels et économiques. Enfin il en est un assez grand nombre que recommandent leurs produits résineux {Eucalyptus) ou leurs propriétés médicinales. (P. D.)

MYRTE. Myrtus (de ^uPto;, son nom grec), bot. pu.— Genredeplantes de la famille des Myrtacées à laquelle il donne son nom.

de l'Icosandrie monogynie dans le système sexuel de Linné. Établi d'abord par Tournefort avec des limites restreintes, ce genre fut étendu peu à peu par les botanistes postérieurs, et ses caractères étant tracés assez vaguement, on en vint bientôt à y comprendre une grande partie de la tribu des Myrtées. Les choses arrivèrent enfin à tel point , que Swartz et , à son exemple , M. Kunth , proposèrent d'y comprendre les Eugenia, Greggia, Sizygium, Caryophyllus, Jambosa. Il devenait donc indispensable de réformer un groupe si étendu et si peu homogène ; c'est ce qui a été fait par De Candolle dans le 3e volume du Prodromus. Ce botaniste a non seulement rétabli les genres qui avaient été confondus avec les Myrtes, mais encore il a séparé de ceux-ci deux genres nouveaux : l'un sous le nom de Jossinia, qu'il signalait lui-même comme n'étant pas assez distinct, et qui en effet n'a pas été généralement adopté ; l'autre qu'il a nommé Myrcia , dans lequel entrent déjà 160 espèces , toutes d'Amérique et surtout du Brésil. Restreint de la sorte, le genre Myrte comprend aujourd'hui 55 espèces, dont 20 imparfaitement connues. Ce sont des arbrisseaux ou des arbres qui habitent l'Amérique tropicale, plus rarement l'Asie équatoriale, le midi de l'Europe et les îles tempérées de l'hémisphère austral , dans lequel même une de ses espèces ( M. nummulari a Poir. ) s'avance jusqu'aux Faikiand. Leurs feuilles sont opposées, très entières, marquées de ponctuations translucides.

Leurs fleurs sont blanches ou très rarement purpurines , portées sur des pédoncules axillaires , uniflores , et accompagnées de deux bractéoles; elles présentent les caractères suivants: Calice à tube adhérent, à limbe 4-5-fide; corolle à 4-5 pétales insérés à la gorge du calice; étamines en nombre indéterminé, presque toujours considérable, en plusieurs séries ; ovaire adhérent, à 2-3 rarement 4 loges, dont l'angle central présente un placenta biparti , à la face intérieure duquel s'attachent les ovules. Le fruit est une baie noire ou rouge, couronnée par le limbe du calice, contenant généralement plusieurs graines (quelquefois une seule) réniformes, à test osseux, dont l'embryon présente une longue radicule et des cotylédons très courts, demi-cylindriques.

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De Candolle a divisé les Myrtes en deux sous-genres :

A. Leucomyrtus : Fleurs blanches ; graines presque en fer à cheval, dispersées irrégulièrement dans les loges à la maturité. C'est ici que rentrent la presque totalité des espèces, et que se trouvent compris les Jossinia, DC.

La plus connue et la plus intéressante des espèces de ce sous-genre est certainement le Myrte commun, Myrlus communis Lin. Cet arbrisseau , que les anciens avaient poétisé en en faisant le symbole du plaisir, abonde dans tout le bassin de la Méditerranée , principalement sur les côtes et dans les îles; il croît dans les lieux pierreux abrités, et sur les rochers exposés au Midi. Son port élégant et son joli feuillage en font une plante des plus gracieuses. Sa tige est très rameuse; ses feuilles sont petites, nombreuses et rapprochées, persistantes, d'un tissu assez consistant, ovales ou lancéolées, aiguës; ses fleurs blanches , assez petites , sont portées sur des pédoncules solitaires, uniflores, de longueur à peu près égale à celle des feuilles, ayant à leur sommet 2 bractéoles linéaires; leur calice est 5-fide. Son fruit est presque arrondi, à 2-3-logesqui renferment des graines réniformes. On possède beaucoup de variétés du Myrte commun, qui se rangent en 2 sous-espèces : l'une, plus rare, croît dans les îles Baléares, dans la Grèce et dans l'Archipel; elle se distingue par son fruit blanc, assez gros, de saveur agréable , et comestible (il/, communis leucocarpa) ; l'autre, beaucoup plus commune et plus largement répandue, que distingue son fruit noir et plus petit ( M. communis mclanocarpa). C'est dans celle-ci que rentrent les nombreuses variétés de cet arbuste que l'on cultive dans les jardins , et dont voici les mieux caractérisées : a. M. communis romand , Myrte romain: feuilles de grandeur variable, ovales, et pédoncules assez longs. 6. M. communis tarentina, Myrte de Tarente, Myrte à feuilles de Buis: feuilles ovales, petites et sessiles; fleurs petites ; fruit plus arrondi, y. M. communis italica, Myrte d'Italie: branches plus droites; feuilles ovaleslancéolées, aiguës. <5. M. communis bœtica, Myrte d'Andalousie ou à feuilles d'Oranger ; plus élevé, plus ferme; à feuilles ovaleslancculées, ramassées, s. M. communis lusi-

tanica (M. acuta Mill.), Myrte de Portugal: feuilles lancéolées - ovales , aiguës; fleurs et fruits très petits. Ç. M. communis belgica , Myrte de Belgique, Myrte moyen : feuilles lancéolées, acuminées, petites, rapprochées, dont la côte médiane est rouge en dessous. •fi. M. communis mucronata ( M. minima Mill.) Myrte à feuilles de Romarin ou à feuilles de Thym : feuilles linéaires-lancéolées , acuminées. Ces variétés ont donné elles-mêmes des sous -variétés encore plus élégantes qu'elles, mais moins constantes : les unes à fleurs doubles, d'autres à feuilles rayées de blanc, de jaune, tachetées des mêmes couleurs, etc.

Le Myrte commun était le végétal favori des anciens. Il était consacré à Vénus, et ses bosquets entouraient toujours les temples de cette déesse. Des couronnes de Myrte étaient décernées aux vainqueurs des jeux de la Grèce; dans les festins, les convives en ceignaient leur tête. A Rome, deux Myrtes étaient plantés devant le temple de Romulus Quirinus pour représenter l'ordre des patriciens et celui des plébéiens. Le parfum de cet arbuste était extrêmement estimé des peuples de l'antiquité ; ses branches et ses fruits servaient à parfumer les vins ; on en mettait des feuilles dans les bains; enfin son fruit était employé pour aromatiser les mets, et la plante tout entière servait fréquemment en médecine. De nos jours, le Myrte a perdu de cette haute faveur ; on sait cependant qu'il est cultivé dans presque tous les jardins et qu'il compte parmi les espèces d'ornement les plus répandues. Dans les lieux mêmes où il croît spontanément, on l'admet habituellement dans les jardins comme plante d'ornement; on en fait particulièrement des haies que son feuillage serré et frais rend touffues et d'un bel effet. Dans nos climats, on le cultive en terre légère, à une exposition méridionale, en ayant le soin de l'enfermer dans l'orangerie pendant l'hiver. Il se multiplie aisément par boutures, marcottes, graines ou rejetons. Considéré sous le rapport de ses propriétés médicinales et de ses usages, le Myrte commun se range dans la catégorie des végétauxaromatiques, astringents et toniques. De là, ses feuilles et son écorce étaient employées autrefois en décoction et quelquefois en poudre pour des lotions et des bains. On obtenait aussi de ses feuilles

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et de ses fleurs une eau distillée qui était en grande réputation, ainsi que l'atteste le nom d'eau d'ange qu'elle avait reçu. Aujourd'hui ces divers usages sont abandonnés, et les seuls qui permettent de compter le Myrte parmi les végétaux utiles consistent dans l'emploi de ses feuilles, en Italie et en Grèce, pour le tannage, et dans celui de ses fruits, en Toscane, en guise de poivre.

2. Nous nous bornerons à signaler en peu de mots le Myrte Ugni, Myrtus Ugni Molina, espèce du Chili où les indigènes lui donnent le nom d'Ugni, et les Espagnols celui de Murtilla. C'est un arbuste à odeur de musc, déforme arrondie, que distinguent ses feuilles ovales-aiguës, glabres; ses pédoncules uniflores, presque recourbés, un peu plus longs que la feuille à l'aisselle de laquelle ils se trouvent; et surtout son calice à 5 lobes réfléchis. Son fruit rouge, arrondi ou ovoïde, assez gros, sertàla fabrication d'une liqueur estimée dans le Chili, et que l'on dit comparable aux meilleurs vins muscats.

B. Rhodomyrtus. Fleurs roses; graines comprimées-planés , rangées régulièrement en deux séries dans chaque loge. Ce sousgenre a été établi pour le Myrte cotonneux, Myrtus tomentosa Ait., joli arbustede l'Inde que l'on cultive dans nos climats en serre tempérée, et que distinguent ses feuilles ovales, à 3 nervures, cotonneuses à leur face inférieure. Ses fleurs, plus grandes que celles du Myrte commun, sont d'un rose délicat, sur lequel se détache le rouge assez vif des filets. On le multiplie de boutures faites sur couche chaude. (P. D.)

MYRTÉES. Myrleœ. bot. ph. — Sousordre ou tribu de la famille des Myrtacées. Voy. ce mot.

MYRTILINE (ressemblant au fruit de l'Airelle myrtille), infus. — Genre proposé par M. Bory de Saint-Vincent dans sa famille des Urcéolariées, mais qu'on doit supprimer comme établi seulement sur un des états de certains Vorticelliensqui, après s'être développés par gemmation ou fissiparité sur des pédoncules simples ou rameux, deviennent libres et nagent dans les eaux, en présentant la forme que rappelle le nom de Myrtiline. Ce sont particulièrement des Epislylis à l'état de liberté qui ont servi à l'établissement de ce genre; ainsi la Myrtilina fraxinea paraît provenir

de VEpistylis digitalis (Vorticella digitalis Millier), et la Myrtilina cratœgaria provient de VEpistylis flavicans. Voy. vorticelle. (Dm.)

MYRTILLÏTES. polyp. — Dénomination employée autrefois par les naturalistes pour désigner de petits Spongiaires fossiles, qui ont une certaine ressemblance avec les fruits de l'Airelle myrtille, et qu'on prenait aussi pour des fruits pétrifiés. (Dcj.)

MYRTIFHYLLEM , P. Brown (Jam., 152). bot. ph. — Syn. de Psychotria, Linn.

MYRTUS. bot. ph. — Voy. myrte.

*MYSATELES Qwç, rat; à-rsX^ç, incomplet), mam. — M. Lesson (Nouv. Tabl. du règn. anim., Mam., 1842) indique sous ce nom un genre de Rongeurs formé aux dépens du genre Capromys, et ayant pour type le Capromys prehensilis Pœpp. Voy, l'article capromys. (E. D.)

♦MYSCEBUS (P.3ç, rat; xTtfoç, singe).

mam. — M. Lesson (Spec. des Mam., 1840, et Tabl. du règn. anim. Mam., 1842) donne ce nom à un groupe de Lémuriens, ayant pour type une espèce qu'il désigne sous le nom de Myscebus palmarum, et qui provient de Madagascar. Voy. l'article maki. (E. D.)

MYSCOLUS. bot. ph. —Genre de la famille des Composées-Cichoracées, établi par Cassini (in Dict. se. nat. , XXV, 60; XXXIV, 83). Herbes méditerranéennes.

Voy. COMPOSÉES.

*MYSïA ( Mysia , nom mythologique).

ins. — Genre de Coléoptères subtétramères (Trimères aphidiphnges de Latreille), éta bli par Mulsant ( Histoire naturelle des Coléoptères de France, 1846, p. 129), et que l'auteur place dans sa tribu des Sécuripalpes. Le type est la M. oblongo - gullata de Linn. { Coccinella) . Elle est aphidiphage , habite une partie de l'Europe, et vit aux dépens des pucerons des Pins. (C.)

*MYSIENS. Mysil. crust. — M. Milne- Edwards, dans son Histoire naturelle des Crustacés, désigne sous ce nom une tribu qu'il place dans l'ordre des Stomapodes et dans la famille des Caridioïdes. Les Mysiens ressemblent tellement aux Salicoques, que, jusqu'à ces derniers temps, on a rangé toutes les espèces connues alors dans la section des Décapodes macroures, où ils formaient une famille particulière désignée sous le nom de Schizopodes. Leur carapace s'étend jusqu'à

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la base des pédoncules oculaires, et présente , en général , au milieu du front, un rostre rudimentaire. Les antennes sont insérées sur deux lignes et conformées comme chez les Salicoques , si ce n'est que l'appendice lamelleux de celui de la seconde paire est moins grand. La bouche est située tout près de la base de ces derniers , et se compose essentiellement d'une lèvre , d'une paire de mandibules garnies d'une tige palpiforme, d'une lèvre inférieure, et de deux mâchoires lamelleuses ; quelquefois toute la série des membres , qui fait suite à ces appendices, appartient à l'appareil de la locomotion ; mais d'autres fois une ou même deux paires de ces organes constituent des pattes-mâchoires, sans toutefois que leur, forme diffère beaucoup de celle des pattes thoraciques. Ces pattes présentent chacune deux branches très développées , et portées sur un article basilaire très court, de manière qu'elles paraissent être bifides dès leur base; enfin , l'abdomen est de longueur médiocre, et les fausses pattes, fixées à ces premiers anneaux, sont quelquefois rudimentaires.

Cette tribu renferme trois genres bien caractérisés, désignés sous les noms de Mysis , Cynthia et Thysanopoda. Voyez ces mots. (H. L.)

MYSIS ( nom mythologique), crust. — Genre de l'ordre des Stomapodes, de la famille des Mysiens, composé de quelques petits Crustacés, qui, par la forme générale de leur corps , ressemblent extrêmement aux Salicoques, et qui, à raison de cette analogie , ont été rangés , par la plupart des naturalistes, parmi les Décapodes, mais l'absence complète de branchies et la conformation des membres semblent les rapprocher davantage des Amphions et des autres Stomapodes; et tout en reconnaissant qu'ils établissent le passage entre ces deux ordres, M. Milne Edwards a cru devoir les placer ici plutôt que dans l'ordre des Décapodes : marche qui, au reste, a été aussi adoptée par Latreille dans ses derniers ouvrages. Ces Crustacés ont le corps étroit, allongé; leur carapace recouvre l'extrémité antérieure du front, ainsi que la majeure partie du thorax; les antennes internes s'insèrent au-dessous des yeux; il n'y a point de branchies thoraciques; il y

a une ou deux paires de pattes-mâchoires ; les pattes postérieures sont complètes ; les fausses pattes abdominales sont très petites et dépourvues d'appendices branchiaux ; l'abdomen est allongé , presque cylindrique, et graduellement rétréci d'avant en arrière. Ainsi que nous l'avons déjà dit, il n'existe aucun vestige de branchies, soit à la voûte des flancs, soit à la base des pattes, soit à la partie inférieure de l'abdomen , et le seul appendice qui paraisse être modifié dans sa structure, de manière à devenir plus propre que le reste du corps à remplir la fonction d'un organe de respiration, est le fouet des pattes-mâchoires de la première paire, dont la disposition est du reste presque la même que celle qu'on remarque chez un grand nombre de Crustacés pourvus de branchies. Quelques auteurs donnent le nom de branchie à l'article basilaire de la branche externe , ou palpes des pattes thoraciques, mais sans étayer cette détermination d'aucun argument qui puisse la faire adopter. M. Thompson a observé la circulation des Mysis, et a constaté que le cœur de ces Crustacés est allongé , occupe la partie postérieure du thorax, et donne naissance antérieurement à un vaisseau grêle qui se porte au-dessus de l'estomac, et se continue en arrière avec une grosse artère abdominale; enfin, de chaque côté, il reçoit un vaisseau qui paraît être un tronc branchocardiaque. Les pulsations du cœur sont si rapides, qu'elles ressemblent à des vibrations, et le sang est si transparent et si peu coloré, qu'on n'en distingue le mouvement qu'à raison des globules qui y flottent. M. Thompson pense que ce vaisseau abdominal présente de chaque côté, vers son extrémité postérieure, une ouverture garnie de valvules, par laquelle le sang pénètre dans deux conduits veineux situés de chaque côté de l'intestin , et que c'est par ces derniers vaisseaux que ce liquide revient vers un grand sinus situé sous le cœur. Ce naturaliste a enrichi aussi l'histoire de ces Crustacés par des observations très intéressantes sur leur développement. Ainsi que nous l'avons déjà dit, les œufs éclosent dans l'espèce de poche située sous le thorax , et les jeunes Mysis y demeurent pendant les premiers temps de la vie; on les y trouve sériés les uns contre les autres, ayant la

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tête dirigée vers le sternum de ia mère, et leur corps recourbé en avant. Leur forme s'éloigne beaucoup de celle des individus adultes. Les plus jeunes ont la tête grosse et le corps pyriforrne ; on leur voit de chaque côté deux petits membres styliformes. Bientôt l'extrémité postérieure s'allonge et se bifurque , le nombre des membres augmente, les yeux pédoncules et les antennes se montrent, et les divisions entre la tête, le thorax et l'abdomen deviennent distinctes.

Enfin ce n'est qu'après leur sortie de la poche ovifère qu'ils acquièrent tout à-fait la forme qu'ils doivent conserver, et que la branchie interne de leurs pattes présente une tige terminale multi-articulée.

Les Mysis habitent TOcéan et la Méditerranée ; ils nagent dans la mer réunis en troupes nombreuses, et paraissent abonder surtout vers le Nord. Suivant Othon Fabricius, ces petits Crustacés constitueraient l'aliment principal des Baleines.

Le Mysis spinuleux , 31ysis spinulosus Leach , peut être considéré comme le représentant de cette coupe générique ; il se trouve dans la Manche ainsi que sur les côtes de la Vendée. (II. L.)

MYSLEMUR. mah. — Syn. de Mijspithecus.

*MYSORINE. min.— Espèce de carbonate de Cuivre, de la tribu des Adélomorphes, mais qui n'est peut-être qu'une variété de la Malachite. Voy. carbonates.

*MYSPITHECES ( f*vç , rat ; wfOrjxoç , singe ). mam. — M. de Blainville, d'après M. Lesson (Sp. des Mamm.> 4 840), indique sous ce nom une des subdivisions du groupe naturel des Galéopithèques. Voy. ce mot. (E. D.)

*MYSSOSODUS (fxûç, souris; crwÇw , mettre à l'abri), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Carabiques, tribu des Féroniens, proposé par Megerle , et cité par Faldermann (Fauna transcaucasica, 1, p. 61, 53). Les deux espèces qu'on rapporte à ce genre sont les M. irregularis Stéven, et Schœnherri Fald. Elles se rencontrent dans les provinces méridionales de la Russie. (C.)

MYSTACIDA (^v<jraÇ, moustache), ins.

— Genre de l'ordre des Névroptères, tribu des Phryganiens, groupe des Mystacidites , établi par Latrcille ( Fam. nat. ) aux dépens

des Phyganes, et différent des autres espèces du même groupe par des jambes postérieures garnies de deux éperons. On en connaît un assez grand nombre d'espèces , très communes, pour la plupart, aux bords des eaux. Leurs larves se construisent des fourreaux minces et allongés; leurs filets respiratoires sont ordinairement très courts et disposés par bouquet ( M. albicornis , bilineata, etc.). (L.)

MYSTACIDITES. Mystacidites. ins. — Groupe établi par Leach dans la tribu des Phryganiens, de l'ordre des Névroptères, et caractérisé de la manière suivante par M. Blanchard (Hist. des Ins.): Palpes maxillaires très longs et poilus, de cinq articles dans les deux sexes. Ailes pourvues de nervures transversales. Antennes sétacées. Genres: Mystacida, Latr. (Setodes , Ramb.); Odonlocera, Leach. Voy. phryganiens, pour les détails relatifs à l'organisation et aux mœurs de ces Insectes. (L.)

*MYSTACIDIUM (fiwraÇ, moustache).

bot. pu. — Genrede la famille des Orchidées- Vandées , établi par Lindley (in Bot. mag. compan. , pag. 205). Herbes du Cap. Voy. orchidées.

*MYSTACL\A (uvVr^, moustache), mam.

— M. Gray (Foy. of Salph. Mamm., 1844) indique sous ce nom un petit groupe de Chéiroptères. (E. D.)

MYSTAC11YÉES. Mystacineœ. infus. — Deuxième famille de l'ordre des Trichodés de M. Bory Saint-Vincent, caractérisée par des cirres ou cils mobiles disposés sur une ou plusieurs parties du corps et rappelant parfois l'idée de petites moustaches. Elle comprend les genres suivants, pour cet auteur : Phialine , Trichode , Ypsistome, Plagiolrique, Mystacodelle, Oxytrique, Ophrydie , Trinelle, Kérone et Kondyliostome. (Dm.)

*MYSTACUMJS (mystax, moustache), ois. — Groupe d<s Fauvettes (voy. sylvic) suivant M. Boié (his, 1822). (E. D.)

MYSTACODELLE. infus. — Genre établi par M. Bory de Saint-Vincent dans la famille des Mystacinées de son ordre des Trichodés. Ce genre, très peu connu , est imparfaitement caractérisé par un corps antérieurement terminé par une fissure plus ou moins prononcée, formant comme des lèvres inégales, qui sont munies de cils en manière de moustaches. Les Mysla-

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codelles , qui étaient des Trichodes pour Muller, nous paraissent être plutôt encore des Kérones ou des Oxytriques plus ou moins altérés, ou des Systolides incomplètement étudiés ; du moins nous n'avons jamais vu que des Infusoires de ces deux derniers genres, ou certains Systolides, qui offrissent quelque ressemblance avec les Mystacodelles qu'on a décrites. Celles-ci d'ailleurs sont les Trichoda uvula, Tr. forfex , Tr. index , Tr. forceps , et Tr. cyclidium de Muller. (Dm.)

MYSTICETUS. mam. — Voy. l'article

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