‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 132 sur 192 · MY · texte numérisé non relu

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dans ses parties nues. Le contour de la bouche et l'extrémité du museau sont blancs; les moustaches, longues et raides, sont également de celte couleur, à l'exception de quelques poils noirs. Chez quelques individus la couleur est plus pâle et tend à passer au blanc, ce qui tient probablement à une maladie albine. La femelle ne diffère pas du mâle pour le pelage.

Le Coypou a, par son pelage, des rapports avec le Castor; aussi en pelleterie a-t-il été principalement employé pour le commerce de la chapellerie. Pendant très longtemps, et bien avant que l'on eût des détails zoologiques sur cet animal, on en importait, chez nous, les peaux par milliers, et elles portaient dans le commerce le nom de Raconde; aujourd'hui cette branche de commerce est presque entièrement détruite. D'Azara, Molina, et plus récemment M. Auguste Saint-Hilaire , s'accordent à donner au Myopotame un caractère doux : il semble s'attacher à ceux qui prennent soin de lui et mange tout ce qu'on lui offre ; il s'apprivoise aisément, aussi l'a-t-on réduit en domesticité. On ne l'entend crier que quand il est maltraité; sa voix alors consiste en un petit cri perçant. Il habite les bords des rivières, dans des terriers qu'il se creuse, et nage avec beaucoup de facilité. La femelle fait de cinq à sept petits, qu'elle conduit toujours avec elle. Le Coypou est très commun dans les provinces du Chili, de Buénos-Ayres et du Tucuman ; il se trouve plus rarement au Paraguay et au Brésil.

Une espèce fossile a été rapportée à ce genre par M. Lund ; c'est le Myopotamus antiquus, qui se trouve au Brésil. (E. D.) MYOPTERIS(p.v;, rat; ttt/oov , aile).

mam. — Genre de Chéiroptères insectivores créé par Et. Geoffroy- -Saint-Hilaire (Descr. de V Egypte , hist. nat., t. II ) pour y placer la Chauve -Souris décrite par Daubenton sous le nom de liât volant, et ayant pour caractères : Deux incisives à chaque mâchoire, les inférieures bilobées , et les supérieures pointues et simples; quatre canines; huit molaires en haut et dix en bas, toutes à couronne hérissée de tubercules aigus ; nez simple; chanfrein méplat, sans feuilles, membranes ni sillons; museau gros; oreilles larges, isolées, latérales, avec l'oreillon in-

térieur; queue enveloppée en partie par la membrane interfémorale et libre à son extrémité.

La seule espèce placée dans ce groupe est le Rat volant Daubenton [Mém. Acad. roy. des se, 1759), Myopteris Daubentonii Et. Geoffr. (loco cit.). La longueur totale de ce Chéiroplère est de 8 centim. pour le corps et la tête ; en dessus il est de couleur brune , tandis que le dessous est d'un blanc sale avec une teinte fauve; les membranes présentent des teintes de brun et de gris. La patrie de cet animai est inconnue. (E. D.)

*MYORHINUS (f*v§, souris; p?v, nez).

ins. — Genre de Coléoptères tétramères, famille des Curculionidesgonatocères, division des Érirhinides, établi par Schcenberr (Disposilio melhodica, pag. 213; Gen. et sp. Curculion. syn.j t. III, p. 530; 7, 2, p. 421). Cinq espèces font partie de ce genre: trois sont originaires d'Europe, et deux d'Afrique ; ce sont les M. sleveni, albolineatus F. , lepidus Br., limis et incisiroslris Scbr. Germar avait donné à ces Insectes le nom générique d'Apsis , et Mégerle celui de Cyphorhynchus. (C.)

MYOSCIiïLOS (f*uç , souris; x«Aoç, lèvre), bot. pu. — Genre de la famille des Santalacées? , établi par Ruiz et Pavon (Prodr., 41, t. 34). Arbrisseaux du Chili encore peu connus.

*MYOSODUS. ins.— Genre de Coléoptères pentamères , famille des Carabiques , tribu des Féroniens , créé par Fischer de Waldheim (Entomographie, t. H, p. 121). Les espèces suivantes rentrent dans ce genre : M. Fischeri , femoratus Chaud. , intricatus Mots. , irregularis, regularis (ordinatus),. Schœnherri Stev.-Fisch. , scrobiculatus Adet variabilis Menet. Ces Insectes appartiennent à la Russie méridionale , excepté la seconde espèce, qui estoriginairede Sitka. (C.)

* IWYOSOREX ( pyç , rat ; sorex , musaraigne ). mam. — Division formée dans le genre Musaraigne (voy.ee mot) par M. Gray (Proceed. zool. Soc. Lond.,Y, 1837). (E. D.)

MYOSOTE. Myosotis (pu;, souris; ovç, wtoç, oreille; oreille de souris), bot. ph. — Genre de plantes delà famille des Borraginées, de la pentandrie monogynie dans le système de Linné. Ce groupe, établi d'abord par Dillen, avait été étendu par Linné de manière à devenir trop hétérogène pour être conserva

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«ans modification. Aussi, dans ces derniers temps, plusieurs des espèces qu'il comprenait dans les ouvrages du botaniste suédois et de ses imitateurs ont été reportées dans d'autres genres de la même famille auxquels elles appartenaient naturellement, et, d'un autre côté, deux nouveaux genres ont été établis à ses dépens, ainsi que nous le verrons plus loin. Rétabli de la sorte dans ses limites primitives, le genre Myosote se compose aujourd'hui de quarante à quarantecinq espèces herbacées , généralement de taille peu élevée, qui appartiennent presque toutes à l'ancien continent; elles sont toutes couvertes de poils assez serrés; leurs feuilles sont rétrécies en pétiole dans le bas de la plante , sessiles sur le reste de la tige. Leurs fleurs, petites, mais souvent remarquables par leur élégance, sont d'un joli bleu d'azur, roses ou blanches; elles ontparfois à la gorge de la corolle du jaune qui s'étend même dans un cas {M. versicolor, var.) sur tout le limbe. Ces fleurs forment le plus souvent des cymes scorpioïdes, pourvues quelquefois de bractées dans leur partie inférieure. Elles se composent: d'un calice à cinq divisions égales, de profondeur très variable; d'une corolle en entonnoir ou en coupe, dont le tube droit égale à peu près la longueur du calice, dont le limbe, plan ou un peu concave, présente cinq lobes obtus, àestivation tordue vers la gauche , et à la gorge de laquelle se trouvent, chez le plus grand nombre, cinq renflements {fornices) courts et obtus; de cinq étamines incluses; d'un pistil à stigmate obtus, presque 2-lobé. A ces fleurs succèdent quatre nucules enfermées dans le calice, elliptiques, comprimées, lisses et glabres, marquées à leur base d'un très petit ombilic.

Dans ces derniers temps, on a détaché des Myosotis les Echinospermum, Swartz, et les Eritrichium, Schrad. Les premiers sont déjà au nombre de trente-huit espèces dans le volume X du Prodromus; ils diffèrent des Myosotis surtout par leur corolle à estivation quinconciale et non tordue, par leurs nucules marginées, aiguillonnées, et par quelques autres caractères. C'est dans ce genre que rentre, sous le nom d' Echinospermum lappula Lehm., le Myosotis lappula Lin., espèce indigène, assez commune aux environs de Paris et dans presque toute la France. Quant aux Eritrichium, ils sont déjà au nom-

bre de cinquante dans le Prodromus; ils diffèrent des Myosotis par leur corolle à estivation quinconciale et non tordue, par leurs nucules trigones, le plus souvent rugueuses ou granulées sur le dos, dont l'insertion est plus ou moins latérale, et qui adhèrent au style par 2a portion inférieure de leur côté intérieur.

M. Alph. De Candolle a divisé les Myosotis, dans le Prodromus (vol. X, p. 101), en quatre sections qui portent les noms iVEumyosolis, Alph. DC; Exarrhena, Alph. DC; Gynmomyosotis, Alph. DC, et Strophiosloma, Endlic. La première comprend les espèces dans lesquelles la corolle est fermée à l'orifice de son tube par des renflements souvent échancrés ; leurs fleurs sont en grappes scorpioïdes ; elle renferme toutes nos espèces indigènes , savoir : les Myosotis palustris With.,M. sylvatica Hoffm., M. intermedia Link, M. hispida Schîecht. , M. versicolor Rchbch., et M. stricta Link. La deuxième section se compose des espèces dans lesquelles les anthères sont saillantes, plus courtes que le filament, oscillantes; dont les fleurs sont en grappes scorpioïdes au sommet, dépourvues de bractées. M. R. Brown pense qu'elle forme un genre à part. La troisième section est caractérisée par une corolle à gorge nue ; par des anthères presque saillantes, plus courtes que le filet, oscillantes ; par des fleurs solitaires, extra -axillaires. Enfin les Myosotis de la quatrième section se distinguent par la présence d'une petite caroncule blanche, saillante autour de l'ombilic de leurs nucules; leurs fleurs, distantes, formentune grappe feuillée çà et là. Nous nous bornerons ici à décrire la plus connue et la plus intéressante de nos espèces indigènes de Myosotes.

Myosote des marais , Myosotis palustris With. Cette charmante espècehabite les prairies et les lieux humides de toute l'Europe, du Caucase et de l'Altaï; l'abondance et la délicatesse de ses jolies fleurs bleu d'azur, marquées de jaune à la gorge, la font cultiver fréquemment en France sous les noms vulgaires de ne m'oubliez pas, Grcmillety et sous celui de Vergissmeinnicht en Allemagne, oùellecstextrêrnement recherchée. Dans une variété, ses fleurs deviennent blanches. De son rhizome, rampant et oblique, s'élève une tige anguleuse, haute de 2 à 3 décimètres.

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qui porte des feuilles oblongues-lancéolées , ini peu aiguës. Le calice, à cinq dents, porte des poils appiirnés et non crochus à leur extrémité, caractère qui le distingue de toutes nos autres espèces indigènes; il s'étaleautour du fruit. La corolle, trois fois plus grande que le calice, a son limbe plan. Le style égale presque le calice en longueur. On connaît plusieurs variétés de cette espèce. A l'état cultivé, elle fleurit depuis le mois d'avril jusque vers la fin de l'été; on la multiplie de boutures, de graines ou par éclats ; elle demande une terre constamment humide.

(P. D.) MYOSOTON, Mcench (Method., 225).

bot. pu. — Syn. de Malachinm, Fries.

MYOSURUS (avç, souris; evpeé, queue).

bot. ph. — Genre de la famille des Renonculacées, tribu des Anémonées, établi par Dillen (Nov. gen., 106), et généralement adopté. Les principaux caractères sont: Calice un peu coloré , à 5 folioles dont la base de chacune offre un long prolongement, imbriquées, caduques. Corolle à 5 pétales hy~ pogynes , plus courts que le calice, étroitement spathulés et munis d'onglets tubuleux. Étamines 5-20 , hypogynes. Ovaires nombreux, en forme d'épi, à une seule loge uni-ovulée. Akènes nombreux, triquètres, disposés en épis sur un réceptacle allongé, et surmontés d'un style très court.

Les Myosurus sont des herbes annuelles, très petites, à feuilles radicales linéaires, très entières; le scape est nu et ne porte qu'une seule fleur. Leur fruit, quelquefois très long, leur a fait donner vulgairement le nom de Queue de Souris.

La principale espèce de ce genre est le Myosurus minimus Linn., qui croît dans presque toute l'Europe, dans les champs cultivés et surtout dans ceux qui ont été inondés pendant l'hiver. (B.)

MYOTÎIERA. ois.— Voy. myiothera.

MYOTÏLITÉ. physîol.— Voy. myologie et SYSTÈME nerveux.

*MYOTIS (F.vÇ, rat; ovç, <koÇ, oreille). mam. — Genre de Chéiroptères proposé par M. Kaup (Entr. G. Ens. TL, I, 1829).

*MYOXANTHUS (w^m, trou de souris ; «wQoç, fleur), bot. ph. — Genre de la famille des Orchidées-Pleurothallées , établi par Pœppig et Enficher {Nov. gen. et spec. , I ,

50, t. 88). Herbes des forêts du Pérou. Voy

ORCHIDÉES

* MYOXICEBUS. mam. — Voy. mioxice* bus. (E. D.)

*MYOXIDJ3, Waterh.; MYOXIIVA

Gray. mam. — Famille de Rongeurs comprenant les deux genresGraphiure et Loir. Voy ces mots. (E. D.)

MYOXUS. mam. —Nom latin du genre Loir. Voy. ce mot. (E. D.)

*MYOXYNUS(/avwv, muscle; h&q, aigu, pointu), ins. — Genre de Coléoptères subpentamères, tétramères de Latreille, famille des Longicornes, tribu des Lamiaires, formé par Dejean (Catalogue, 3e édit., pag. 362). Cinq espèces de l'Amérique équinoxiale rentrent dans ce genre. Les types sont les M. gravis et blandus Dej. Le premier est du Brésil, et le second du Mexique. (C.)

*1IYRA. crust. — Genre de l'ordre des Décapodes brachyures, établi parLeach aux dépens des Leucoria de Fabricius et du Cancer de Linné. Cette coupe générique, adoptée par tous les carcinologistes, est rangée par M. Milne-Edwards dans sa famille des Oxystomes, et dans sa tribu des Leucosiens. Ce genre se rapproche beaucoup de celui des Ilia {voy. ce mot), et l'unique espèce pour laquelle il a été établi ressemble même extrêmement à Vlliapunctata; ce qui le distingue est principalement la forme du palpe ou de la tige externe des pattes- mâchoires externes, qui est un peu dilatée dans sa partie inférieure, et se termine en dehors par un bord légèrement arqué, mais se rétrécit graduellement vers son extrémité. Il est aussi à noter que la main est moins grêle, non contournée sur son axe; que la pince est plus forte, plus courte et armée de dentelures moins aiguës ; enfin que les pattes suivantes sont plus courtes et beaucoup plus comprimées. La seule espèce connue est la Myr a fugace, Myra fugax Leach , Edw.

{Atlas du, règne anim. de Cuv. , Crust. , pi. 25, fig. 3). La patrie de cette espèce est inconnue. (H. L.)

MYRCIA. bot. ph. — Genre de la famille des Myrtacées-Myrtées, établi par De Candolle (Prodr., III, 242). Arbres ou arbrisseaux de l'Amérique tropicale. Voy.

myrtacées.

*MYRÎACTÏS (avpto;, innombrable; àxxiç, rayon), bot. ph. — Genre de la fa-

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mille des Composées-As téroïdées, établi par Lessing(m Linnœa, VI, 127), et dont les principaux caractères sont: Capitule multiflore, hétérogame; fleurs du rayon bi-plurisériées, ligulées, femelles; celles du disque tubuleuses, hermaphrodites. Involucre garni d'écaillés uni-bisériées , linéaires, aiguës. Réceptacle convexe ou plan , alvéolé. Corolles du rayon très entières; celles du disque à limbe 5*-fide. Anthères sessiles. Akène plan-comprirné, glabre, sans pointe, ou un peu aminci au sommet , qui supporte une petite glande. Aigrette nulle.

De Candolle (Prodr., V, 308) décrit 6 espèces de ce genre, qu'il répartit en 2 sections, nommées par Endlicher (Gen. plant., p. 381 , n. 2353) : Distichactis : rayon à 2 séries , akène aminci au sommet ; Myriactis : rayon à plusieurs séries, akène entièrement nu.

Les espèces de ce genre sont des herbes droites, rameuses, à feuilles alternes, ovales ou lancéolées, dentées en scie; à pédoncules allongés, monocéphales; à fleurs blanches ou jaunâtres, disposées en capitules globuleux.

Toutes les espèces croissent dans l'Inde.

MYRIADENUS ( iwpfos , innombrable; lnS-ôv , glande ). bot. ph. — Genre de la fa mille des Légumineuscs-Papilionacées-Hédysarées , établi par Desvaux (in Journ. Bot., III, 121 , t. 4, f. 11). Arbrisseaux de l'Amérique tropicale. Voy. légumineuses.

MYRIAIVA (u.vçJoz, innombrable), annél.

— M. Savigny a distingué sous ce nom un genre d'Annélides de la famille des Néréides (Système des Annélides, 1817). M. de Blaîn ville le rapporte à ses Néreimyres (voy. ce mot), et M. Edwards le considère comme intermédiaire aux Phyllodoces, aux Hésiones et aux Syllis.

L'espèce type est de l'Océan européen : c'est le M. longissima Sav. (loc. cit.). M. Edwards en rapproche la Nereis pennigera de Montagu , jolie espèce trouvée sur les côtes du Devonshire, en Angleterre. (P. G.)

♦MYRÏANIDA. annél. — M. Edwards (Ann. se. nat., 3e série, t. III, p. 178 et 180) a proposé sous ce nom l'établissement d'un nouveau genre d'Annélides Chétopodes , ayant des affinités avec les Myriancs et les Phyllopodes , mais qu'il distingue de tous les deux par les caractères suivants: Tête courte

et élargie , portant quatre yeux et trois appendices antenniformes , foliacés, fixés sur la nuque; point de mâchoires; deux paires de cirrhes tentaculaires; pieds à deux rames coniques, la rame dorsale portant à son extrémité un grand cirrhe foliacé; la ventrale garnie d'un faisceau de soies et dépourvue de cirrhe; point de branchies proprement dites.

L'espèce type de ce genre a été recueillie dans les mers de Sicile , sur la côte rocheuse de l'île de Favignana. M. Edwards l'appelle Myrianida fasciata. (P. G.)

*MYRÏANITES. annél.— Dénomination employée par M. Mac-Leay (Ann. nat. history, t. IV, p. 387). Voy. myriana. (P. G.)

MYRIANTIIEIA (pup'oç , innombrable; ocvQoç , fleur), bot. ph. — Genre de la famille des Homalinées, établi par Dupetit-Thouars (Gen.Madag., n. 71). Arbrisseaux de Madagascar. Voy. HOMALINÉES.

MYRÏANTHUS (fitipïoç, innombrable; avQoç , fleur), bot. pu. — Genre de la famille des Artocarpées, établi parPalisotde Beauvois (Flor. Owar., 16, t. 11 et 12). Petit arbre de l'Afrique tropicale. Voy. artocarpées.

MYRIAPODES. Myriapoda(avptoq, sans nombre, dix mille; -noùç, 7r:<îoç , pied). zool. — Latreille désigne sous ce nom des Insectes que l'on appelle vulgairement Mille-Pieds ou Cent-Pieds , et que les anciens dénommaient sous celui de Millipèdes. Ces animaux, qui forment maintenant une classe, sont ainsi caractérisés : Terrestres , articulés extérieurement, à segments nombreux ; un ganglion nerveux et plus souvent une paire de pattes articulées pour chaque anneau du corps; le système ganglionnaire inférieur au canal intestinal est placé sur la ligne médiane. Point d'abdomen distinct du thorax. Point d'ailes. Pourvu de deux antennes ; bouche composée de plusieurs paires d'appendices. Les deux ouvertures du canal intestinal terminales et opposées. Yeux sternmatiformes, composés ou nuls. Circulation incomplète. Respiration trachéenne. Génération bisexuée, dioïque, ovipare, ou ovivipare. Tels sont les caractères principaux de cette classe très distincte de celle des Insectes. Les organes masticateurs des animaux qui la composent ont été étudiés avec soin par plusieurs naturalistes, particulièrement par Latreille, MM. Savigny, Gué-

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rin-Méneville et Newport, mais dans quelques espèces seulement. Chez les Chilognathes , Glomeris , Iulus , Polijdesmus , etc., on remarque deux mandibules épaisses, sans palpes, très distinctement divisées en deux portions par une articulation médiane , avec des dents imbriquées et implantées dans une convexité de son extrémité supérieure; une lèvre (languette suivant Latreille, lèvre inférieure composée de deux paires de mâchoires suivant M. Savigny) , située immédiatement audessous d'elles, les recouvrant, crustacée, plane, divisée à la surface extérieure par des sutures longitudinales et des échancrures en quatre aires principales, tuberculées au bord supérieur, et dont les deux intermédiaires , plus étroites et plus courtes , situées à l'extrémité supérieure d'une autre aire , leur servent de base commune. Chez les Chilopodes, au contraire (Scolopendra, Lithobius, Scutigera ou Cermatia), la bouche est composée de deux mandibules munies d'un petit appendice en forme de palpe, offrant dans leur milieu l'apparence d'une soudure , et terminées en manière de cuillère sur les bords; d'une lèvre quadrifide dont les deux divisions latérales , plus grandes , annelées transversalement, semblables aux pattes membraneuses des Chenilles , les deux palpes ou petits pieds réunis à leur base, onguiculés au bord; et d'une seconde lèvre formée par une seconde paire de pieds dilatés , joints à leur naissance , et terminés par un fort crochet mobile , et percé sous son extrémité d'un trou pour la sortie d'une liqueur vénéneuse. Cette définition, que nous empruntons à Latreille, diffère sous quelques rapports de celle qu'avait donnée antérieurement M. Savigny, et qui repose sur de patientes et laborieuses observations. Degéer avait aussi entrepris de décrire et de représenter les appendices qui composent la bouche des Scolopendres. Les figures que M. Savigny a données dans les belles planches de la Description de l'Egypte, sont les plus complètes que l'on puisse citer. Je citerai aussi l'ouvrage de M. Newport, ayant pour titre : Monograph of the class Myriapoda , order Chilopoda ; tvilh observations on the gênerai arrangement of the Arliculata(l). Dans cet excellent travaille

(i) Tram, linn. soc, vol. XIX, p. 9G3, p). Ù5.

savant naturaliste anglais fait connaître et représente les organes de la manducation de plusieurs genres de la famille des Scolopendres. M. Guérin -Méneville a étudié aussi les mêmes organes dans une espèce du. premier ordre, le Pollyxène. Il a consigné , dans son Iconographie du règne animal, Myriapod. , pi. 1 , fig. 5,1e résultat de cette étude, qui fait mieux comprendre qu'on ne l'avait fait jusqu'alors la bouche de ce Myriapode. Nous-mêmc , nous avons aussi observé les organes de la manducation de ce singulier genre sur une espèce nouvelle, que nous avons découverte dans l'ouest de l'Algérie, aux environs d'Oran.

Tous les anneaux du tronc (sans distinction de thorax et d'abdomen) sont pourvus de pattes, et dans tous les Chilopodes chaque anneau présente une paire de pattes insérées sur les parties latérales ; mais les Chilognathes ont ordinairement deux paires de pattes pour chaque anneau , et chez eux, c'est à la partie inférieure du corps que s'arrêtent ces appendices. Nous prendrons pour exemple les Polydesmus , animaux les plus voisins des Mus , mais qui s'en distinguent par un moins grand nombre d'anneaux au corps, et par suite de pattes ; des segments toujours consistants et plus ou moins carénés sur leurs bords sont au nombre de vingt, sans comprendre la tête; le premier, qui est celui de la nuque , manque de pattes , et les trois suivants en ont chacun une paire; il semble quelquefois que l'anneau ventral, bien qu'incomplet, présente une paire de pattes , et que le suivant , au contraire, en soit dépourvu. Quant aux autres, ils ont chacun deux paires d'appendices , et le dernier, ou l'anal, en est toujours dépourvu. Parfois , un ou plusieurs anneaux offrent trois paires de pattes chacun , mais c'est un cas anormal. Palisot de Beauvois en a représenté un exemple dans son ouvrage sur les Insectes d'Afrique et d'Amérique. Chez certains Iules , deux segments par anneaux sont parfois apodes ; mais ceci n'a pas constamment lieu , et se voit plus volontiers chez des individus qui n'ont point encore pris tout leur développement. Les Glomeris, les Pollyccenus , à cause du peu de consistance de leur derme, semblent offrir moins de régularité sous ce rapport.

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Les pieds des Myriapodes sont plus ou moins longs ; c'est chez les Scutig&r a ou Cermatia qu'ils prennent le plus grand développement delongueur; quantau nombre, ilsne présentent pas moins de grandes différences, non seulement suivant les espèces, mais suivant l'âge des individus. Sous cedernier rapport, les espèces qui, dans l'état parfait, en possèdent le moins , sont les Pollyxenus, qui n'en ont que douze paires. Dans le même ordre, certains Iulus en présentent près de trois cents. Mêmes variations pour les Chi- Jopodes : les Lithobius et les Sculigera n'en ont que quinze paires ; et chez un Geophilus, désigné sous le nom de G. Walckenœrii Gerv. , espèce des environs de Paris , M. P, Gervais en a compté 336.

La forme du corps est toujours en rapport avec la disposition des appendices , et les anneaux qui le composent se montrent sous différentes formes: assez meus chez les Pollyxenus, ce n'est qu'en dessous qu'ils offrent cette dispositition ; chez les Glomeris , ils sont latéralement et en dessus d'une grande consistance. Ceux des Iules sont entièrement durs et cylindriques ; ceux des Cambala , des Plalyulus , des Polydesmus et des Plalydermus sont déprimés. Chez les Scolopendra , ils affectent de même diverses dispositions; les Geophilus les ont à peu près égaux entre eux , car ils semblent constamment formés d'un segment plus petit et d'un autre plus grand, ce dernier étant seul pédigère. Dans les Scolopendra , ils sont unipartis et tous pédigères , mais ils sont alternativement plus ou moins longs; l'alternance est marquée chez les Lithobius , mais seulement à la face dorsale; enfin, chez les Sculigera , il semble exister] en dessous un plus grand nombre de segments qu'en dessus, parce qu'à cette partie les plus petits ont cessé d'être apparents. Les antennes qui président au toucher sont au nombre de deux : celles des Chilognathes n'ont jamais plus de sept articles, et celles des Chilopodcs en ont toujours un plus grand nombre; les Geophilus en ont quatorze; les Cryptops et les Scolopendra, dixsept ou vingt environ , leurs articles étant grenus ; encore ferons-nous observer que dans ce dernier genre, le nombre d'articles varie ordinairement d'une antenne à une autre : ainâ il n'est pas rare de rencon-

trer, chez les Scolopendra, des antennes où la gauche n'offre que dix-sept ou dix-huit articles, tandis que la droite, au contraire, en présente vingt. Ce cas , qui, au premier abord, semble anormal , s'explique facilement. Pendant notre séjour en Algérie , nous avons observé plusieurs Scolopendres en train de changer de peau, et nous avons remarqué que , par les efforts que fait la Scolopendra pour dégager ses antennes de leur vieille enveloppe , il arrive souvent qu'un ou deux, ou même trois articles, restent ordinairement dans cette vieille enveloppe. Cette disproportion du nombre des articles des antennes ne se remarque jamais, ou au moins très rarement, dans les Lithobius et les Geophilus , et cela est dû aux articles terminaux , qui sont beaucoup plus robustes que ceux du genre des Scolopendra. Chez les Scutigera, elles sont, au contraire, filiformes et extrêmement allongées. Certains Myriapodes manquent d'yeux (Polydesmus, Blaniulus , Cryptops et Geophilus) ; chez les Scolopendra , les Plalyulus et les Lithobius, ces organes sont stemmatiformes, et plus ou moins nombreux; dans le genre des Platydesmus , ces mêmes organes sont très gros et uniques de chaque côté. Chez les Iulus , ils sont très rapprochés; tels sont encore les Pollyxenus et les Zephronia. Enfin, ils ont, dans les Sculigera, l'aspect des yeux composés de la plupart des Crustacés. Une particularité remarquable signale le développement des organes de la vue chez quelques espèces qui ont été étudiées par M. P. Gervais : les yeux, beaucoup moins nombreux dans le jeune âge, apparaissent successivement à mesure que les autres organes se développent.

Si nous étudions maintenant les organes internes de ces animaux , nous verrons que les Myriapodes ont leur système nerveux parfaitement conforme aux autres animaux articulés; ils sont même un exemple au moyen duquel la disposition normale de tout ce type peut être le mieux comprise ; les nerfs principaux forment sur la ligne médiane du corps, au-dessous du canal intestinal, une série de ganglions, et chacun de ces ganglions correspond à un des anneaux du corps; tous donnent naissance à des filaments plus ténus qui s'en échappent latéralement: le nombre des ganglions princi-

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paux est donc proportionnel à celui des anneaux du corps, et comme dans certaines espèces ceux-ci sont incomparablement plus nombreux chez les adultes que chez les jeunes sujets, les ganglions varient euxmêmes en nombre. Tréviranus a fait connaître avec soin ce système important de l'économie des Myriapodes, ainsi que celui de plusieurs autres espèces , dans son Mémoire sur l'anatomie de quelques espèces de cette classe. Nous devons dire aussi que M. Newport a étudié le système nerveux de ces animaux , particulièrement dans les genres des Scolopendra, Geophilus , Polydesmus et Iulus. Ce Mémoire fort intéressant a été inséré dans les Phil. trans. ofthe roy. societ. of Lond. , 1S43, p. 343, pi. II, fig. 1,6,11.

Voici l'extrait que nous croyons devoir donner de ce travail remarquable :

Le cerveau des Myriapodes est formé par l'agrégation de ganglions séparés (1), placés au-dessus de l'œsophage. Les ganglions de la première paire sont toujours les plus petits, et donnent origine aux nerfs des antennes. Ceux de la seconde paire, placés immédiatement en arrière , sont, comme dans les Insectes, les organes de la volonté, et représentent le cerveau des vertélnés. Ce sont en réalité, comme je l'ai montré ailleurs, les analogues des corps quadrijumeaux ; ils fournissent des nerfs aux organes de sens spéciaux, comme les yeux. Ils sont plus développés que les ganglions des antennes , et ne cessent d'augmenter d'importance jusqu'au moment où l'animal est parvenu à son plus haut degré de perfection. Ils sont encore très volumineux, même quand ceux des antennes sont presque nuls, comme dans les larves des Lépidoptères, et même quand les yeux manquent entièrement, comme dans toute une famille de Chilognathes, les Polydesmidœ. Ils sont en communication, au moyen de deux cordons descendant de chaque côté de l'œsophage, avec les ganglions

(i) Depuis que ce Mémoire, a été présenté à la société royale, j'ai trouvé que, dans l'embryon <lu Necrophlœophagus (Geophilus) longicornis Leach (au moment de briser sa coquille), le cerveau est composé de quatre doubles ganglions, qui sont les centres d'un nombre correspondant de segments qui se réunissent ensuite pour former la seule portion mo. bile de la tête dans l'Insecte parfait. Ainsi, le cerveau des Myriapodes et des Articulés les plus élevés est en réalité composé d'au moins quatre paires de ganglions (Newport, juillet 1846).

réunis des mandibules et des mâchoires, qui constituent (selon M. Newport) l'analogue de la moelle allongée. C'est le commencement de la corde abdominale.

Dans les Iulidœ , les lobes cérébraux , pi. 11, fig. 1 et 2 (6), sont convexes et plus ou moins confondus suivant les espèces.

Chaque lobe est en connexion avec le ganglion optique (c), qui est de forme allongée, ovaluire, donnant origine aux fibres qui se rendent à la cornée, en formant un faisceau triangulaire. Les ganglions des antennes sont très petits chez les Iules, et situés à la jonction des nerfs cérébraux avec les ganglions optiques. Du renflement de chaque lobe, un tronc nerveux (e) s'étend obliquement en avant, puis transversalement audessus du palais et de la bouche, et se réunit avec son congénère du côté opposé pour former, sur la ligne moyenne, un petit ganglion triangulaire (f). Ces troncs nerveux sont les analogues des nerfs récurrents des Insectes, et les nerfs des viscères en prennent leur origine. Chez ces Myriapodes, les nerfs récurrents sont plus développés que dans les autres classes , et l'importance de ces nerfs et leur volume paraissent diminuer dans la même proportion que les autres parties du système nerveux se développent. Le petit ganglion triangulaire envoie en arrière sur la ligne médiane un nerf court et épais, qui se termine immédiatement devant le cerveau en un ganglion moins distinct que le précédent, et qui donne trois branches nerveuses. La moyenne, beaucoup plus grêle que les latérales, se dirige en arrière sous le cerveau en longeant le pharynx et l'œsophage, et donne des branches au vaisseau médian qui le couvre. C'est le tronc du nerf vague proprement dit (l). Les deux autres branches latérales qui proviennent du même ganglion sont chacune deux fois plus grosses que ce nerf vague; et après avoir donné quelques petits filaments au pharynx et à l'œsophage, elles descendent sur les côtés du pharynx, et se perdent dans une série de gros ganglions viscéraux (m), réunis ensemble sur le côté , et qui sont les analogues des ganglions latéraux des Insectes. Cette série de ganglions , comme chez les Insectes, communique avec le cerveau au moyen de deux petits nerfs (n), qui s'étendent en arrière de la surface postérieure

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«les lobes cérébraux , près de leur jonction avec les ganglions optiques. Ces ganglions viscéraux ont, chez les Iules, des dimensions très extraordinaires , ayant la moitié du volume du cerveau. Il existe quatre ganglions de chaque côté de l'œsophage, et ils sont fortement réunis ensemble pour former une seule masse , qui fournit des branches nerveuses aux immenses glandes salivaires, à l'oesophage et aux parties voisines. Us communiquent avec le nerf vague, au moyen d'un nerf qui passe directement du dernier de ces ganglions de chaque côté, à un ganglion volumineux qu'offre le nerf vague (o) à quelque distance du cerveau. Le nerf vague, après avoir passé au-dessous du cerveau et tout auprès de ce dernier, offre un autre ganglion beaucoup plus petit (i), qui communique également avec les ganglions latéraux par une très petite branche de chaque côté. Le nerf vague , après avoir longé la moitié antérieure de l'œsophage, se divise en deux branches, qui se distribuent, comme chez les Insectes, à la partie postérieure de l'œsophage et à l'extrémité cardiaque de l'estomac.

Une des particularités les plus intéressantes , relatives au système nerveux des Iules, est le volume relatif du cerveau et des ganglions viscéraux. Chez ces Myriapodes inférieurs, dans lesquels la fonction de la locomotion est dévolue également à chaque segment du corps, le cerveau ne forme qu'une petite partie du système nerveux général , et les sens sont moins parfaits que chez les Insectes : ainsi, chez les Iules, les nerfs de la vie organique et leurs ganglions sont presque aussi volumineux que toute la masse cérébroïde , organe de la volonté. Tout le contraire a lieu chez les Insectes, surtout chez certains Hyménoptères, Névroptères et Lépidoptères. Cela se voit surtout à l'état parfait de ces Insectes, car le volume du cerveau augmente au moment où la larve subit ses métamorphoses , circonstance qui semble démontrer que l'importance des nerfs viscéraux diminue à proportion que celle des nerfs de la volonté et que l'existence active augmente.

Le cerveau de l'Iule est revêtu d'une tunique propre, qui est tellement délicate, qu'on l'aperçoit avec difficulté.

Le cordon nerveux se tend de son origine

T. VIII

de la masse cérébroïde jusqu'au niveau de l'antépénultième segment du corps , en ofrant presque partout une grosseur presque uniforme. Seulement il est un peu plus gros à son extrémité antérieure, et un peu plus petit à son extrémité postérieure que dans son milieu. Chez VIulus terrestris, il présente 96 renflements ganglionnaires très petits, situés seulement sur sa face inférieure, tellement rapprochés qu'on ne les distingue qu'avec difficulté. Chaque renflement donne deux paires de nerfs : l'une d'elles est destinée à la face inférieure de l'animal et aux pattes, et i'autre à sa face supérieure et aux côtés du corps ; de sorte qu'indépendamment des nerfs qui proviennent du cerveau , le cordon fournit 272 rameaux nerveux. Chez le Spirostreptus ( fig. 3 ) , les ganglions sont même plus petits et plus serrés les uns contre les autres que dans l'Iule, mais le cordon est plus volumineux relativement à la grosseur des nerfs, dont la distribution est presque entièrement la même que chez l'Iule. Chaque renflement du cordon (a) donne à sa face supérieure et latérale une seule branche nerveuse (b) , qui marche de dedans en dehors jusqu'à une certaine distance, comme si elle n'était qu'un nerf simple ; mais en réalité elle renferme deux espèces distinctes de nerfs, qui se séparent en forme de rameaux principaux, au côté interne de la grande série longitudinale de muscles abdominaux. Le rameau antérieur est l'analogue du nerf respiratoire des Insectes , et passe à travers la couche supérieure de ces muscles , sur leur surface viscérale , en leur fournissant un grand nombre de filets. Le premier de ces filets se divise en arrière et en dedans, vers les stigmates et les principales trachées , et à la face inférieure du segment, derrière les pattes, pendant que le nerf lui-même, devenu très petit , monte pour se perdre sur les appendices musculaires du cœur. L'autre rameau se divise en deux branches principales, qui passent entre les couches des muscles longitudinaux. La première donne des rameaux aux muscles des parties inférieures et latérales du corps, auxquelles elle se distribue presque entièrement; l'autre, la plus volumineuse, après avoir décrit une anse sur les côtés du corps, se distribue aux muscles dorsaux.

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Apres une description détaillée de la structure du système nerveux des Myriapodes, trop longue pour être reproduite ici, M. Newport résume ainsi ses vues relativement à ce sujet : « Ainsi chaque tronc nerveux provenant d'un renflement ganglionnaire du cordon , est composé de quatre espèces de faisceaux de fibres : une couche supérieure et une couche inférieure qui communiquent avec les ganglions cérébraux, une couche transverse ou commissurale qui communique seulement avec les nerfs correspondants sur le côté opposé du corps , et une couche latérale qui communique seulement avec les nerfs d'un renflement ganglionnaire du même côté du corps, et qui fait partie du cordon dans l'intervalle des racines des nerfs. C'est par l'addition successive de ces portions latérales du cordon , que le volume de ce dernier est maintenu presque uniforme dans toute sa longueur. En examinant le cordon avec une grande attention, je me suis convaincu que les faisceaux de fibres longitudinaux supérieur et inférieur , c'est-à-dire le faisceau ganglionnaire et le faisceau dépourvu de ganglions, sont un peu plus grêles à leur extrémité postérieure qu'à leur extrémité antérieure ; fait dont on peut facilement se rendre raison, en réfléchissant que des séries successives de filaments en partent au niveau des renflements ganglionnaires, tandis qu'au contraire le volume relatif des portions latérales du cordon paraît être plus considérable dans la partie postérieure que dans la partie antérieure. C'est pour cette raison que j'ai donné à ces fibres latérales le nom de fibres de renforcement du cordon. L'existence indépendante de ces fibres est indiquée surtout au bord postérieur et latéral du ganglion ( fig. 7, f) , où on les voit faire partie des nerfs et du cordon sans se prolonger vers le cerveau. Dans d'autres points de leur trajet on ne peut les distinguer par leur couleur, et il est très rare qu'on puisse apercevoir une ligne longitudinale, indice de leur séparation, dans les fibres du faisceau longitudinal inférieur du cordon qui leur sont contiguës; mais cette séparation existe en toute probabilité, car ces premières fibres ne montent pas vers le cerveau comme les dernières. Leurs fonctions doivent être regardées comme étant uni-

quement de réflexion. Indépendantes de la sensibilité, ces fibres sont susceptibles d'être excitées par des stimulants externes.

L'existence de ces fibres latérales du cordon peut expliquer actuellement les mouvements réfléchis des parties antérieure et postérieure à un membre blessé du même côté du corps , comme les fibres commissurales expliquent les mouvements qui ont lieu sur le côté opposé à celui qui est irrité.

Chez les Polydesmidœ (PI. il , fig. 6), le système nerveux correspond à celui des Iules à l'égard des nerfs fournis aux orifices générateurs. Mais les renflements ganglionnaires du cordon sont plus gros et beaucoup plus éloignés les uns des autres. Les ganglions des deux premières paires de pattes sont unis au premier ganglion œsophagien (d), et forment ensemble une masse nerveuse , volumineuse et allongée , semblable à la moelle épinière courte de l'Ostracion et de quelques autres Poissons. Ce ganglion volumineux et allongé est situé antérieurement aux ouvertures des organes génitaux femelles, et par conséquent il est antérieur au troisième segment du thorax. De son extrémité postérieure, le cordon se prolonge en arrière sur la ligne médiane , entre les organes femelles, et immédiatement derrière ces derniers il donne une paire de nerfs à ces organes; ces nerfs proviennentenapparencedu cordon même, mais en réalité d'un ganglion atrophié (e) qui a presque entièrement disparu de cette partie du cordon , absolument comme des ganglions semblables disparaissent pendant les métamorphoses que subissent les Insectes, fait qui démontre la tendance constante que les portions du cordon nerveux pourvues de ganglions ont à se réunir.

Le nombre de segments dans le Polydesmus complanatus Leach (PI. 11 , fig. 6) est de 22 , y compris la tête et le segment anal. Le nombre des ganglions du cordon isolés et distincts est de 34 , chacun desquels fournit des nerfs à une paire d'organes de locomotion. De plus , il y a les ganglions réunis (e, 1,2) qui fournissent aux organes de la mastication et à la première et à la deuxième paire de pattes. Les nerfs du quatrièmeganglionatrophié, mentionné plus haut, se distribuent aux deux oviposteurs chez la femelle , les analogues d'une paire

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d'organes de la locomotion. Le trente-huitième ganglion (37, 38) est un ganglion double qui donne des nerfs aux segments antépénultième , pénultième et terminal apodes.

Le cerveau (6), dans cette famille, offre quelques considérations intéressantes. Les deux lobes sont très petits, en forme de poire, et à la face inférieure se transforment en deux prolongements, ou cuisses très grêles et allongées qui se réunissent, audessous de l'œsophage , à la grande agglomération deganglions mentionnée plus haut. Chacun de ces lobes cérébraux est arrondi à son côté externe, et les nerfs optiques et leurs ganglions manquent complètement ; l'organe externe de la vision manque également. Au-devant de chaque lobe existe un petit ganglion allongé qui fournit le nerf antennaire(a). Cette disposition du cerveau est remarquable, et elle a quelque analogie avec celle que Treviranus a décrite chez le Geophilus , quoique dans ce genre, comme je le montrerai bientôt, les nerfs optiques ne manquent pas complètement , comme dans les Polydesmidœ. Ce fait est intéressant surtout relativement à l'analogie qu'on croit exister entre ces lobes du cerveau et les ganglions optiques et les corps quadrijumaux des animaux vertébrés, et semble démontrer que les fonctions de ces parties sont plus importantes que celles de simples ganglions d'un organe individuel , et que les ganglions des nerfs optiques reçoivent les impressions de la rétine qu'ils transmettent aux ganglions moyens sus - œsophagiens , c'est-à-dire au cerveau, sensorium commun de tout le système nerveux.

Chez les Geophilidœ (Og. 2) , le système nerveux se rapproche de celui des Polydesmes pour le volume et pour la forme distincte des renflements ganglionnaires; mais il se rapproche de celui des Iules pour l'uniformité des intervalles des ganglions entre eux, et par la grande multiplication de ces ganglions. Ce nombre varie beaucoup dans les différentes espèces et sous - genres. Tantôt, dans le Mecistocephalus , Newport {Geophili maxillares Gervais), il n'y en a que 46 , tandis que dans le Geophilus sub- 'erraneus Leach il y en a 86, et dans un nouveau genre, Gonibregmatus, Newport, il y en a même 160.

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Dans les formes supérieures des Chilopodes, comme chez les Scolopendres, il n'y en a que 23 , et chez la Lithobie et la Scutigère 15, sans compter le cerveau et la moelle.

Chez le Geophilus subterraneus (Og. 2 , p. 12), le cerveau (6) ressemble à celui du Polydesme par l'absence presque complète de nerfs optiques , mais il en diffère par le fait que les ganglions optiques (c) sont légèrement développés latéralement et donnent un très petit filament au seul œil lisse qui existe à la face inférieure de la tête derrière l'antenne. Treviranus(l) a décrit le cerveau du Géophile longicorne, Leach, comme s'il était entièrement dépourvu des organes de la vision; mais comme il existe également dans cette espèce un ocelle de chaque côté derrière l'antenne, le filet grêle destiné à cet organe lui a probablement échappé. Le cerveau est volumineux, comparé à la grosseur de la tête, et les ganglions des antennes (a) sont presque entièrement confondus avec lui. Les nerfs des antennes sont excessivement gros, comme chez le Polydesme , et paraissent compenser l'imperfection de la vision, en faisant apprécier la condition et le voisinage des objets environnants par le sens du toucher. Chaque nerf paraît avoir un petit renflement ganglioniforme dans chaque article , d'où partent des branches qui se perdent diversement dans les muscles. Cette disposition du nerf antennaire n'a été trouvée chez aucun autre Myriapode.

Le cordon nerveux des Myriapodes acquiert son maximum de développement dans les Scolopendridœ et \esScutigeridœ. Chaque ganglion fournit quatre paires de nerfs: la première et la troisième sont distribuées aux muscles, la seconde aux pattes, tandis que la quatrième, l'analogue des nerfs respiratoires, est couchée au-dessus du ganglion à son bord postérieur; mais elle en tire, comme chez le Géophile, une partie de sa structure. Elle est étroitement réunie à la partie latérale du faisceau supérieur du cordon, d'où elle paraît prendre naissance, comme je l'ai déjà dit en 1834, en décrivant sa structure; plus tard, M. Swan a montré la manière dans laquelle elle se distribue

(ï) VtrmiseM* Scriften anatomitektn und riij-iiologischcn in halts Brcmen, 1817.

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sur les stigmates , et M. le professeur Owen a signalé son analogie avec les nerfs respiratoires des Insectes. L'existence de fibres commissurales qui traversent les ganglions du cordon chez la Scolopendre a été découverte par le docteur Carpenter; mais jusqu'à présent on n'a pas fait connaître les fibres longitudinales et latérales du même cordon. Ces fibres existent chez la Scolopendre comme chez les autres Myriapodes , mais elles sont moins facilement reconnues que chez le Polydesme et le Géophile, par suite de ra structure plus parfaite et du rapprochement plus grand de toutes les parties du cordon.

Les ganglionsdessegments antérieurs sont plus rapprochés que chez le Géophile, surtout les cinq premiers, qui sont séparés seulement par un très petit intervalle. Chez la Lilhobie, ce rapprochement des ganglions est porté encore plus loin , et dans les Scutigères , chez lesquelles les sept premiers ganglions sont très voisins les uns des autres , il a acquis son maximum. Chez ces derniers, le cerveau aussi a acquis un plus grand développement, les nerfs optiques et leurs ganglions ont augmenté de volume, et les ocelles se sont multipliés. Les ganglions caudaux se réunissent à un ganglion plus volumineux dans la Scolopendre, et, chez la Lithobie (pi. 13, fig. 23 et 24, p. 17 et 18), forment un appendice caudal allongé, fixé au dernier grand ganglion du cordon.

Tous ces animaux respirent l'air en nature, et ils sont pourvus de trachées; ces organes s'ouvrent sur les côtés de leurs corps par des stigmates ; leur système vasculaire, de même que celui des animaux trachéens, est fort incomplet : le tube digestif, chez ces animaux, est tout-à-fait droit, il ne dépasse par conséquent pas la longueur du corps; dans les Lithobius , l'œsophage et le jabot ne forment qu'un même tube d'un diamètre uniforme, cylindrique, enveloppé par les glandes salivaires , et atteignant à peine la seconde plaque dorsale. MM. Tréviranus et Marcel de Serres n'admettent point de jabot; mais l'analogie le fait supposer à M. L. Dufour , à cause de la présence d'un léger bourrelet à l'origine du ventricule chylifique; ce bourrelet, qui semble être l'indice d'une valvule annulaire, vient prêter un grand poids à l'induc-

tion par analogie. Cette valvule prouve que les aliments ne doivent pénétrer dans la poche qu'elle précède qu'après avoir subi une élaboration préliminaire dans le ventricule en question : le ventricule chylifique forme à lui seul les trois quarts de la longueur de tout le tube digestif; la cavité renferme une pulpe alimentaire homogène, d'un gris roussâtre. L'intestin, bien moins large et cylindroïde , paraît cannelé suivant sa longueur, lorsqu'il est vide et contracté vers lui-même; avant de se terminer à la partie anale, il offre un ccecum à peine sensible qui est caché par les derniers 'ligaments abdominaux. Il n'y a chez les Lithobius qu'une paire de vaisseaux hépatiques ; ils s'insèrent un de chaque côté, et par un bout légèrement renflé, au bourrelet valvuleux cité plus haut comme étant en arrière du canal chylifique. Chez les Scutigera, l'appareil digestif diffère très peu de celui des Lithobius ; l'œsophage est d'une brièveté extrême; le jabot n'est qu'une petite dilatation. Le ventricule chylifique est cylindroïde, et occupe environ les trois quarts de la longueur du corps; il a une capacité assez vaste; ses parois sont assez épaisses et d'une texture remarquable. L'intestin paraît plus musculeux que le ventricule chylifique; un peu avant la terminaison du rectum, existe une sorte d'appendice cœcal. Le tube alimentaire des Mus est, à peu de chose près, le même que celui des Lithobius et des Scutigera , ces dispositions générales étant fort analogues.

La reproduction des Myriapodes est ovipare , ou dans quelques cas ovovivipare. Degéer a étudié l'Iule des sables sous ce rapport , et voici comment il s'exprime : « Celui dont je viens de donner la description était une femelle ; car elle pondit un grand nombre d'œufs d'un blanc sale, en un tas, les uns auprès des autres; ces œufs sont petits et de figure arrondie. »

Audouin a aussi observé les produit* d'une ponte de celle d'une espèce du véritable genre Scolopendra , voisine d'une Scolopendre mordante, et qu'il a bien voulu montrer à M. P. Gervais. Une femelle de cette espèce, placée encore vivante dans un flacon d'alcool, y pondit, non des œufs, mais des petits déjà bien développés ; la génération dans ce cas a donc été ovovivipare :

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est-elle semblable chez toutes les espèces? C'est ce que l'observation pourra seule apprendre. Je ferai remarquer que dans ce genre de la famille des Scolopendrites (Geophilus), où la ponte a été aussi observée par M. Newport, celle-ci est ovipare. Chez les Myriapodes ovipares, un phénomène remarquable se présente. « Je n'espérais pas, continue Degéer , que nous citions plus, haut, voir des petits sortir de ces œufs, car il était incertain si la mère avait été fécondée ou non; cependant, après quelques jours, c'était le premier du mois d'août 1746, de chaque œuf il sortit un petit Iule blanc, qui n'avait pas une ligne de longueur ; j'examinai d'abord au microscope les coques d'œufs vides, et je vis qu'elles s'étaient fendues en deux portions égales, mais qui tenaient ensemble vers le bas. Ces jeunes Iules, nouvellement éclos, me firent voir une chose à laquelle je ne m'attendais nullement; je savais que les Insectes de ce genre ne subissent point de métamorphoses, qu'ils ne deviennent jamais Insectes ailés : aussi j'étais comme assuré que les jeunes Iules devaient être semblables en figure , à la grandeur près, à leur mère , et par conséquent je croyais qu'ils étaient pourvus d'autant de pattes qu'elle; mais je vis tout autre chose : chacun d'eux n'avait que six pattes, qui composaient trois paires, ou dont il y avait trois de chaque côté du corps ; ils avaient beaucoup de ressemblance avec des vers ou des larves hexapodes, telles que celles qui doivent se transformer en Insectes ailés. Ce qu'il y a de certain, c'est que ces jeunes Iules naissent avec six pattes seulement, et qu'en quatre jours de temps il leur vient encore quatre paires de pattes, de sorte qu'alors ils en ont sept de chaque côté. J'ai aussi observé d'autres changements chez ces Iules, âgés d'environ quatre jours, qui sont de même très remarquables, et qui semblent demander davantage d'être précédés d'un changement de peau. Les antennes se sont beaucoup développées; elles sont revenues plus longues et moins grosses à proportion, et elles ont pris deux articulations de plus ; elles en avaient six , et d'abord n'en avaient eu que quatre. »

M. Waga a aussi observé le développement des Iules, et voici comment il s'exprime à ce sujet : « Le 22 octobre de l'an-

née 1837, je mis dans un flacon trente et un individus de l'espèce que j'ai nommée Iulus unciger. Le vase était garni, jusqu'à moitié de sa hauteur, d'une terre prise à l'endroit où cette espèce avait été trouvée. Je donnai pour nourriture à ces animaux une pomme bien mûre , coupée en deux , que je remplaçai , à un certain espace de temps, par une autre pomme semblable, et après avoir mis dessus une couche de feuilles sèches de poirier , je couvris le flacon d'un morceau de papier. Soignés de cette manière, ils se portaient si bien, que pendant l'hiver suivant il n'y en eut qu'un seul qui mourut.

» Vers la mi-mai de l'année suivante, j'aperçus pour la première fois un paquet d'œufs, au nombre de 12 environ, placé dans un creux de terre et immédiatement contre la paroi du vase , de manière que la transparence du verre me laissait observer exactement ces œufs, dont la grosseur égalait celle de la graine du coquelicot (Papaver rhœas), et dont la forme est ovale, la couleur blanche jaunâtre,

» Dans les premiers jours d'avril, ces œufs ne présentaient aucun changement apparent ; mais dès la moitié du mois ils commencèrent à devenir opaques, et bientôt après plusieurs d'entre eux se fendirent. On pouvait distinguer, au moyen du microscope, que les deux portions de la coque étaient égales, et qu'elles contenaient un embryon d'une couleur blanche comme le lait, entièrement lisse, ne donnant aucune marque de mouvement, dépourvu totalement de membres, et si mou que la moindre pression eût suffi pour l'écraser.

» Au bout de quatre ou cinq jours, le corps de ces embryons subit la forme que présente la fig. 6, c'est-à-dire qu'à l'endroit où l'embryon était plus gros , on peut voir se relever la tête avec les deux antennes, et les trois simples paires de pattes. Le microscope faisait voir quelques soies dispersées sur les bords postérieurs des segments du corps de ces Iules nouvellement éclos. La tête, inclinée vers le sternum, qui, malgré sa petitesse , offrait parfaitement la forme de celle des individus adultes, faisait voir deux antennes courtes, grossissant insensiblement vers leur bout, composées de cinq articles apparents, l'.ipical le plus gros et

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presque sphérique. Les trois simples paires de pattes étaient très rapprochées les unes des autres. Entre la dernière paire de ces pattes et l'extrémité postérieure du corps , il y avait trois segments apparents, mais toujours graduellement plus étroits; de sorte que le dernier, prolongé et se rétrécissant vers le bout , terminait le corps en cône (fig. 6). Les mouvements de ces individus débiles se réduisaient au simple tremblement des antennes et des pattes, et au redressement ou fléchissement du corps , comme le font les nymphes de plusieurs Insectes.

» Je le trouvai encore dans cet état le 2 mai ; mais peut-être étaient-ce déjà des individus provenant d'une autre ponte, car il y avait des femelles qui avaient déjà pondu des œufs à la mi-avril, tandis que d'autres en pondaient à la fin de mai. Quoi qu'il en soit, ces jeunes individus, dont le corps était resté jusqu'à cette époque presque uniforme et lisse, offrirent, depuis les premiers jours de mai environ, sept segments très distincts; leur tête s'éloigna plus du sternum, et leurs antennes et leurs pattes acquirent plus d'extension. Tout cela cependant n'était encore que presque nu, presque immobile, mou et entièrement blanc (fig. 7); on ne pouvait encore distinguer aucune trace des yeux.

» Quelques jours après, ces individus se développèrent davantage et acquirent plus de force. On pouvait déjà compter huit anneaux apparents au corps, outre la tête, bien distingués par des rétrécissements profonds et par la ciiiature de leurs bords postérieurs (fig. 8). Il leur apparut deux doubles paires de pattes ; de sorte qu'il y avait déjà quatorze pattes en tout. Le rudiment de l'œil, consistant en un point noir assez apparent sur chaque côté de la tête, se faisait enfin distinguer près de la base de chaque antenne. Ces animaux pouvaient alors déjà mouvoir avec plus de force leurs antennes et leurs pattes, se lever sur ces dernières et marcher quoiqu'à pas très lents; c'était déjà l'époque où ils prenaient leur nourriture, consistant simplement en de la terre, dont on pouvait voir très distinctement leur canal alimentaire rempli à travers leur corps blanc et transparent.

» Il paraît que, jusqu'à cette époque, ces animaux, laissés dans leur état de tranquil-

lité, ne quittent pas volontiers la place où iis sont éclos. Quand je fis, le 18 mai, la révision d'un de leurs nids, je trouvai les individus se reposant les uns auprès des autres, et occupant la même situation respective qu'ils avaient lorsqu'ils n'étaient encore que des œufs. Les coques ouvertes de leurs œufs se trouvaient encore parmi eux ; mais chaque individu avait échangé alors sa première peau, et l'on en voyait encore les dépouilles auprès d'eux. Il n'est donc pas étonnant que Degéer, qui n'a aperçu l'Iule éclos que lorsqu'il apparaît déjà hexapode, ait encore trouvé auprès de lui les coques d'œufs vides. Au contraire, M. Savi, ayant aperçu les embryons apodes, n'a fait, a ce qu'il paraît, la révision que dix-huit jours plus tard , et, ayant trouvé alors leur dépouille, il en a conclu qu'elle était la première.

» Quant à mes individus, chacun d'eux, après cette première mue, comme je le présume, a acquis la forme de l'animal adulte. C'était un Iule d'une ligne et demie de long, qui avait avec la tête trois simples et puis six doubles paires de pattes, ou en tout trente pattes (fig. 9). La couleur dominante de son corps était tout-à-fait blanche, avec une tache brune sur le cinquième segment, près de son bord postérieur, et un point de la même couleur sur chacun des cinq segments suivants, également à leurs bords postérieurs, de manière que ces cinq pointsaveclasixième tache étaient disposés en une série régulière qui ornait chaque côté de l'animal. D'ici jusqu'à l'extrémité postérieure du corps, il avait encore sept segments, mais toujours plus courts et sans ces points. Ces derniers segments étaient encore sans pattes. Les bords postérieurs de tous les segments, et surtout les derniers, étaient garnis de poils. Le* antennes présentaient déjà leurs sept articles, apparents comme chez ies adultes, et c'est à cette époque que j'ai aperçu pour la première fois le rudiment du crochet qui distingue cette espèce dans son état adulte. Ce rudiment consistait en une dent aiguë qui se faisait voir sous le dernier segment du corps. L'œil n'était encore qu'un simple point noir situé vers le haut des antennes.

» J'ai observé que plusieurs paires de pattes ne se développent que quand l'animal a déjà déposé sa dépouille. Un individu qui ne présentait que les doubles paires de pattes, deux

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heures plus tard a présenté deux pattes antérieures , et bientôt après les postérieures de la septième paire; de sorte qu'il y avait déjà trente-quatre pattes développées. Je n'ai jamais pu saisir de l'oeil si ces pattes successives, avant qu'elles apparaissent, sont recouvertes et resserrées contre le corps par quelque espèce de tunique qu'elles déchirent en se développant. Mais ce que j'ai constaté, c'est qu'elles sont d'abord presque fixes, débiles, et que le degré de leur mouvement les fait différer des anciennes.

» Au commencementde l'année 1838, j'apportai quelques individus de différente grosseur, des Platyulus Audouinianvs Gerv.,'et je les mis avec du bois pourri dans un petit bocal que je recouvris de feuilles de Coudrier ; je me proposais de leur procurer toutes les commodités possibles, attendu que je m'étais précédemment convaincu qu'il est extrêmement difficile de les conserver vivants.. Dans les premiers jours du mois de juin, je voulus voir s'ils se trouvaient en bon état; mais, en soulevant avec des pinces une feuille chargée d'une certaine quantité de bois pourri, je fus bien étonné d'apercevoir que le plus grand individu, qui était une femelle, entourait de son corps, qui était contourné en spirale, un paquet d'œufs récemment pondus, et se tenait dans cette position sans donner aucune marque de mouvement. Ce paquet d'œufs, touché légèrement avec une petite baguette, se divisa en plusieurs parties, dont l'une resta attachée sous la tête de l'animal, d'où je conclus que c'est là que sont situés les orifices de l'oviducte des femelles. Ces œufs étaient si petits qu'à peine pourrait-on leur assigner un tiers de la grosseur de ceux des Iules. La couleur était fauve-clair, à peu près la même que celle du dessous de l'animal. Ayant égard à la difficulté qu'on éprouve d'élever ces animaux, je m'abstins d'examiner souvent la ponte de cette femelle, et, lorsque je la revis une semaine plus tard , c'est-à-dire le 17 juin, elle se trouvait encore dans la même position ; mais les œufs étaient presque tous dispersés. J'en comptai environ cinquante. Un d'eux, observé au microscope, ne m'a rien offert, si ce n'est un certain obscurcissement plus étendu à l'un qu'à l'autre bout. Trois jours plus tard, on pouvait voir, même à l'œil nu, quelques œufs se fendre

en deux. Entre la coque d'un de ces œufs fendus, j'aperçus un corps blanc, plat, arrondi presque en cercle, comme échancré en un point de la circonférence, semblable à une petite graine qui commence à paraître dans le germe des plantes légumineuses (fig. 10). Ce corps graniforme était analogue à l'embryon des Iules dont je viens de parler. Il se déplia bientôt en un être semblable à une petite écaille, c'est-à-dire plat, presque aussi large que long, voûté, pourvu de six pattes et d'une paire d'antennes, à corps composé de segments, et capable de se rouler en boule (fig. 11). L'animal, à cette époque, avait une couleur jaune-blanchâtre ; il était à demi transparent, couvert de petits poils en plusieurs endroits, et principalement aux bords des segments et des articles. Les plus longs de ces poils étaient ceux qui garnissaient le dernier segment postérieur; mais ils n'étaient pas moins apparents sur les antennes. On pouvait voir très distinctement les cinq articles de ces dernières, diminuant toujours vers le haut. Audessus se laissaient voir les rudiments des yeux, des points noirs très petits , très rapprochés sur la tête, et presque triangulaires. Le nombre, difficile à discerner, des segments du corps, paraissait ne pas surpasser quatre, outre la tête. Dans cette période de son âge, l'animal mouvait sans cesse et avec force ses antennes; mais il ne pouvait pas encore se servir avec dextérité de ses pattes, dont surtout la dernière paire était presque immobile. Ne pouvant pas même se retourner sur un verre poli , où je l'observais, il tendait continuellement à se rouler en boule (fig. 1 3). Comme les individus isoles pour l'observa* tion microscopique périssaient bientôt, e( que ceux qui restaient dans le flacon souffraient évidemment à mesure que je les inquiétais , il m'a été impossible de vérifier exactement les époques de leur développement successif. Ce qui est remarquable, et que je crois avoir constaté tant sur les Iules que sur les Platyules, c'est que les petits individus, étant encore hexapodes, ont déjà leur quatrième paire de pattes, mais qui ne se développe que peu de temps après. Lorsque j'observai cette progéniture, le 25 juin, je trouvai des œufs encore fermés, d'autres fendus, des individus hexapodes , et enfin d'autres à huit pattes (fig. 12-14). Ces divers

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degrés de maturité, observés en même temps et dans le même nid, prouvent que les œufs n'avaient été pondus qu'à des époques bien différentes. » Ici s'arrêtent les recherches de M. Waga; l'exposition accidentelle et prolongée du flacon au soleil, ayant causé le dépérissement de tout le nid, a privé ce consciencieux observateur du moyen de poursuivre ces intéressantes investigations.

A ces détails, que M. Gervais a eu occasion de confirmer dans plusieurs points et d'étendre sur plusieurs autres, nous devons néanmoins, pour être complets, opposer ceux qu'a publiés M. Savi, qui dit tout le contraire de ce qu'a avancé Degéer, car il admet que les Iules n'ont pas de pattes lorsqu'ils éclosent. Jusqu'en 1843, les observations de M. Savi avaient été presque mises en doute , et M. Waga est le premier qui, après une étude consciencieuse de ces animaux, ait confirmé ce qu'avait avancé le savant Italien dans son Mémoire. En effet, M. Waga démontre pourquoi, dans son travail, les observations de M. Savi ne sont pas d'accord avec celles de Degéer: c'est que ce dernier naturaliste n'a aperçu l'Iule éclos que lorsqu'il était hexapode, et que M. Savi, au contraire, a vu les embryons apodes, c'est-à-dire après que les œufs sont fendus pour livrer passage aux jeunes Iules. Degéer a aussi constaté que le Pollyxenus, qui a douze paires de pattes lorsqu'il est adulte, en présente un moins grand nombre à une époque moins avancée. Quelques uns de ceux qu'il observa n'avaient que six paires de pattes, et d'autres trois seulement. Il est à remarquer, dit l'auteur, que les pattes des jeunes Iules sont plus grandes, à proportion du volume du corps, que celles de ceux qui ont acquis leur juste grandeur. Une observation fort remarquable que l'on doit à M. P. Gervais, et dont ni Degéer ni M. Savi ne font mention, c'est que les variations portent, non seulement sur les segments et sur les organes de la locomotion, mais encore sur les yeux, qui sont eux-mêmes bien moins nombreux chez les jeunes que chez les adultes. Dans les Iules parfaitement développés, les yeux, qui apparaissent de chaque côté de la tête comme une tache triangulaire d'un noir profond, sont composés de petits ocelles disposés eux-mêmes en lignes parfaitement régulières et d'une manière tout-à-fait géométrique. Le nombre

des ocelles chez un jeune Iule qui n'avait encore que quelques anneaux au corps et sept paires de pattes, était de six seulement; ils étaient sur trois lignes et déjà disposés en triangle équilatéral: la première ligne ne présentait qu'un seul ocelle, la seconde en avait deux, et la suivante trois; chez un individu un peu plus âgé, une nouvelle rangée de quatre s'était déjà montrée. Les véritables Insectes, c'est-à-dire les hexapodes, n'offrentaucunexempledeces modifications; les yeux des Mus, qui varient, comme nous venons de le dire, sont donc beaucoup moins fixes et sans doute moins parfaits que ceux de ces animaux. Rappelons aussi que, parmi les Myriapodes, il est des animaux fort voisins des Iulus qui ne présentent aucune trace d'yeux, même dans l'état adulte : tels sont les Blaniulus et les Polydesmus. Chez d'autres ces organes affectentdes dispositions plus ou moins régulières. Groupés en amas chez les Pollyxenus, où ils n'avaient pas été observés jusqu'à ces derniers temps, ils ont une forme à peu près semblable chez les Zephronia, tandis que chez les vrais Glomeris ils sont disposés en une série linéaire sur chaque côté de la tête. Enfin, dans un genre que nous avons établi dernièrement et auquel nous avons donné le nom de Platydesmus , ces mêmes organes sont uniques de chaque côté de la tête, et se présentent sous la forme d'yeux lisses.

M. P. Gervais a constaté aussi un fait analogue chez les Lithobius forcipatus , espèce fort commune dans nos contrées , et quoiqu'il n'ait pas suivi exactement le développement de ces Myriapodes, nous devons cependant rapporter ce que leur étude lui a présenté. Ces animaux, que tout porte à supposer ovipares , bien qu'on n'ait réellement point encore décrit leurs œufs, ont également les anneaux du corps, et par suite les pattes , moins nombreux dans leur premier âge. Toutefois, on se tromperait gravement si l'on essayait de considérer cette particularité comme générale; car les Scolopendra qu'a observées Audouin ont, ainsi qu'il l'a dit à M. Paul Gervais, leurs pieds déjà complets , et les anneaux de leur corps sont tous développés. On pourrait peut-être admettre que cette différence entre deux animaux si voisins tient elle-mêmeà leur mode de paiturition , et que l'ovovivi-

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parité des Scolopendres proprement dites explique le développement, déjà fortavancé, de leurs petits.

Les mœurs des Myriapodes varient selon ja nature des familles auxquelles ces animaux appartiennent. Certaines espèces sont frugivores, comme les Iulus , les Glomeris, les Platyulus, etc. ; d'autres attaquent, au contraire, des animaux pour s'en nourrir : telles sont les Scolopendra ; celles du vrai genre Scolopendra se servent en même temps, pour retenir leur proie, de leurs crochets postérieurs et de ceux dont la bouche est armée; ceux-ci ont à leur extrémité une petite ouverture par laquelle s'écoule la sécrétion d'une glande spéciale. C'est à l'épanchement )Je ce liquide dans la plaie que les Scolopendra doivent la cruelle irritation qui ne tarde pas à s'y développer; toutefois, elles ne sont réellement pas dangereuses. A ce sujet, je ferai observer que pendant mon séjour en Algérie, et lorsque j'étais à la recherche des Insectes , j'ai été quelquefois mordu par la Scolopendra Scopoliana. La morsure de cette espèce, quoique causant une douleur excessivement vive et un gonflement assez fortement prononcé, ne cause jamais des accidents fâcheux , si ce n'est un engourdissement de quelques heures, et qui finit par se dissiper. Celles de petites espèces , Lithobius et Geophilus , qui vivent dans le Nord , sont bien moins irritantes. C'est dans les lieux humides, sous les mousses qui couvrent le pied des arbres, sous les écorces de ces derniers , et quelquefois dans les habitations, que vivent les Myriapodes. La plupart craignent la sécheresse; ils ne tardent pas à périr s'ils y restent exposés pendant un certain temps; mais, placés dans les conditions plus favorables, ils sont, au contraire, très vivaces , et il suffit, pour les conserver ainsi pendant plusieurs mois , de les tenir à l'ombre dans un vase rempli de terre ou de mousse ; ils s'y enferment aisément, et se creusentdans toutes les directions des chemins qu'ils ont besoin de traverser. Il est facile d'observer combien la plupart d'entre eux sont lucifuges : ils passent tout le jour sous la terre ou au milieu de la mousse, et quand le soir est venu , ils s'agitent à la surface. Quelques Scolopendres sont électriques, ou mieux, phosphorescentes , c'est-à-dire qu'à certaines époques de t. vin.

l'année elles transsudent une matière lumineuse, qui marque en une raie plus ou moins brillante le passage qu'elles viennent de parcourir. Une de nos espèces a reçu , à cause de cette particularité , la dénomination de Geophilus electricus ; une autre est appelée G. p/iosp/ioreus.Celle-ci est exotique et peu connue; mais la précédente est une de celles qu'on rencontre le plus fréquemment chez nous. Le G. carpophagus présente parfois la même propriété. C'est surtout entre les anneaux et au-dessous du ventre que la sécrétion cutanée de la Scolopendra se fait en plus grande abondance. Chez les Iulus , ces organes sont beaucoup plus évidents, car ce sont des espèces de sacs placés sur les côtés de chaque anneau du corps , au-dessus du stigmate de la trachée; la partie de la peau qui les environne est le plus souvent d'une couleur fort tranchée, et qui a plus ou moins d'analogie avec celle de la matière sécrétée. Celle-ci est toujours assez fortement odorante, et dans les diverses espèces indigènes, elle imite, à s'y méprendre, l'odeur du gaz acide nitreux. M. P. Gervais a cherché à s'assurer de la nature de ce produit dans YIulus lucifugus , et a reconnu qu'il n'est ni acide, comme on pourrait le croire, ni alcalin d'une manière positive. Cette matière en petite quantité, difficile par conséquent de s'en procurer beaucoup, est sans action sur le papier bleu du tournesol. Un des traits les plus curieux de la physiologie des Myriapodes, et surtout des Scolopendres, est la manière dont ils résistent aux plus grandes mutilations. M. P. Gervais a conservé des Géophiles pendant un et même deux jours dans l'eau , et ils n'ont point cessé de vivre; et il a vu un des fragments postérieurs de ces animaux remuer encore quinze jours après avoir été séparé du reste du corps. Quand on arrache la tête à un Géo phile, on le voit aussitôt marcher dans le sens de la queue , et il peut vivre ainsi pendant quelque temps. Si on lui enlève ensuite l'extrémité anale, il recommence d'abord à marcher en sens contraire , comme pour fuir l'objet qui vient de le blesser , mais on peut bientôt remarquer qu'il n'a plus alors de direction bien déterminée, car il s'avance iantôt d'avant en arrière , et tantôt d'arrière en avant. Les Iules sont beaucoup moins vivaces que les autres animaux de cette classe.

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La distribution à la surface du globe des espèces de la présente catégorie est encore loin de pouvoir être indiquée d'une manière positive; car on connaît encore un trop petit nombre de celles qui y existent pour rien dire de général sur ce sujet.

Quelques espèces habitent un espace assez considérable ; c'est ainsi , par exemple, qu'on rencontre la Cermatia{Scutigera)arancoidcs, depuis le nord de l'Europe jusqu'en Egypte et en Barbarie; mais c'est à tort qu'on a prétendu qu'il en était, comme de la Scolopendra morsicans , de communes aux parties chaudes de l'ancien et du nouveau monde. On a, en effet, confondu sous ce même nom de morsicans, des animaux sans aucun doute congénères , mais entre lesquels il est facile de reconnaître des différences spécifiques. Nous laisserons donc le nom spécifique de morsicans seulement à l'espèce de l'Europe méridionale (1).

Les Myriapodes qui se trouvent en France appartiennent aux deux ordres de la classe, et représentent à peu près tous les genres de cette dernière. Plus nombreux au sud qu'au nord, ils ont, dans les contrées méridionales, une grande analogie avec ceux de l'Italie et de l'Espagne , et quatre d'entre eux se retrouvent dans le nord de l'Afrique ; ce sont : la Cermatia (Scutigera) araneoides, le Crespedosoma polydesmoides, et les Polydesmus complanatus et pallipes.

Quant à la répartition géographique des genres, elle est moins régulière, car la plupart de ceux qui possèdent plusieurs espèces se trouvent en même temps représentés par des espèces différentes, il est vrai, dans des régions bien distinctes. Certains genres sont propres non seulement à un continent ou deux , mais ils peuvent être cosmopolites. On trouve des Scolopendres dans l'ancien et le nouveau monde, mais nous n'en connaissons pas encore de l'Australie. Quant aux Poiydesmus , nous en avons vu d'Europe, d'Asie , d'Afrique , de l'Amérique septentrionale et de l'Amérique méridionale, ainsi que de la Nouvelle-Hollande. Les Scutigères (Cermaties), que nous citions plus

(i) Dans notre Hist. nat. des Crust., ries Arachn. et des Myriap., nous avions considéré la Scolopendre du nord de l'Afrique comme étant la même que celle de l'Europe méridionale; mais elle en est bien distincte et forme une espèce à laquelle M. Koch a donné le nom de Scolopendra scopoliana Koch.

haut, ont aussi une espèce australienne et d'autres asiatiques. Quant au genre des Pollyxenus, on en rencontre en Europe, en Amérique, et nous-même nous en avons découvert deux espèces nouvelles dans la nord de l'Afrique.

La classification des Myriapodes n'est pas un des sujets les moins curieux de leur histoire. La classe parfaitement naturelle que composent ces animaux n'a pas été considérée par tous les naturalistes comme offrant les mêmes affinités : tous sont d'accord, comme on le pense bien, pour la rapporter au type des animaux articulés ; mais auprès de quelle autre classe doit-elle prendre place? Dans ce cas , comme dans beaucoup d'autres , les singulières divergences qu'on remarque entre les auteurs tiennent plutôt aux principes sur lesquels reposent leurs déterminations , ou au but qu'ils se proposaient dans leur classification, qu'à la nature elle-même du sujet.

Quelques uns, admettant à priori, plutôt qu'après une ample information , que toute disposition sériale est impraticable, etqu'elle seraiteontraireà l'ordre naturel, ont vu dans les Myriapodes une nouvelle confirmation de leur théorie, et les Myriapodes ont été pour eux des animaux intermédiaires en même temps à la plupart des autres classes du deuxième type. Aussi ces naturalistes ontils eu sur les Myriapodes l'opinion la moins arrêtée qu'il soit possible d'avoir : c'est ainsi que Latreille les a successivement envisagés comme formantun groupeà part, la classe des Mitosata de Fabricius; puis comme étant de véritables Arachnides, ce qui revenait à la manière de voir du célèbre de Lamarck; ensuite, il les considéra comme devant rentrer dans la même classe que les Insectes à six pieds, les rapprochant des Thysanures avec lesquels MM. Strauss, Dugès, etc., supposent qu'ils ont de véritables affinités ; mais depuis, en reconnaissant toujours leur rapport avec les Thysanures , Latreille ( Cours d'entomologie), venant à considérer les Myriapodes comme constituant une classe particulière , les place entre celle des Hexapodes et celle des Arachnides.

D'autres savants, au contraire, ayant admis que la disposition sériale est praticable danscertaines limites, rangent les animaux articulés sur deux séries parallèles, et

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reportent les Arachnides et les Crustacés sur une de ces lignes, tandis que les Insectes , les Myriapodes et les Annélides forment l'autre; ils sont conduits à regarder les seconds comme intermédiaires aux premiers et aux troisièmes (Strauss, Consid. génér., p. 19). On ne saurait, en effet, nier que les Myriapodes n'offrent avec les Annélides, et particulièrement avec les Chétopodes, des analogies évidentes: la forme générale du corps et celle de chacun de ses segments , la marche rampante, etc., doivent faire comprendre deux groupes d'animaux , et conduisent jusqu'à un certain point à établir qne les Myriapodes sont des analogues terrestres des Vers pourvus de soies latérales. Mais en admettant ce raisonnement, que l'étude du genre Peripate rend hors de doute, doit-on également reconnaître que, d'autre part, les Thysanures (Lepisma Podura, etc.), sont les animaux qui se lient le mieux aux Myriapodes? C'est ce que n'admet pas un savant zoologiste, M. de Blainville, à l'opinion duquel M. P. Gervais, qui a étudié ces animaux, croit devoir se ranger.

Les Crustacés présentent certains genres, tous pourvus de quatorze pattes, et au nombre desquels on compte les Cloportes, qui ont certainement avec les Myriapodes de la famille des Glomérites beaucoup plus d'analogie que n'en ont ceux-ci avec les Thysanures ; et cela est si vrai que Fabricius rapportait à sa classe des Milosata , non seulement les Scolopendres et les Iules, mais encore les Cloportes, auxquels sont mêlés, dans son système, plusieurs espèces de Glomeris. Olivier et G. Cuvier ont les premiers fait disparaître cette légère incorrection. Cuvier ( Tabl. clément., p. 46-4, 1798), ne laisse que deux genres parmi les Mitosa • tes : celui des Iules, partagé en trois sections comme l'avait indiqué Fabricius, et celui des Scolopendres; il les intercale entre les Crustacés et les Arachnides. Il pa- ■ mît donc démontré que les Crustacés tétrai décapodes (à quatorze pattes), et les Annélides chétopodes, étant les animaux qui se lient le mieux aux Myriapodes , on ne saurait mieux faire que de placer ceux-ci entre les uns et les autres , puisqu'euxmêmes s'y rapportent naturellement , et que cette détermination permet en même temps de reconnaître les affinités qui unis-

sent entre elles les diverses autres classes.

La position naturelle des Myriapodes une fois indiquée, la disposition de ces animaux est elle-même très facile à établir, car elle doit nécessairement être une conséquence de la première. Les espèces qui seront le plus semblables par leur forme aux Cloportes (Crustacés tétradécapodes ) seront plus rapprochées d'eux que les autres, et à la fin seront confinés des genres qui semblent plus analogues aux Annélides. M. Strauss reconnaît dans le Pollyxenus le Myriapode le plus voisin des Chétopodes : il le compare aux Léodices; M. P. Gervais pense au contraire qu'il a des rapports bien plus grands avec les Cloportes , et qu'au lieu d'être rapproché des Annélides, il doit, au contraire, en être éloigné plus qu'aucun autre. Ses pieds du genre Pollyxenus, moins nombreux que ceux du reste des Myriapodes, le rendent sous ce point de vue plus analogue aux Cloportes , dont il a le faciès. Ses yeux sont aussi semblables à ceux de ces animaux, et tout en lui semble indiquer une espèce formant le passage des Cloportes aux Glomeris. Après les Pollyxenus se placeront donc les Glomeris; et si l'on continue à consulter les antennes, la forme du corps ainsi que le nombre et le mode d'insertion des pattes , et quelques caractères tirés de l'absence ou de la présence des yeux et de leur disposition, en évaluant chacun des caractères que fournissent ces organes à leur juste valeur , on devra , ce nous semble, placer ensuite les Polydesmus, puis les Iulus proprement dits, et ceux de ces animaux dont le corps est déprimé au lieu d'être circulaire, et qu'on pourrait appeler Platyules. Latreille a fait de ces divers genres, qu'il dispose un peu différemment, un premier ordre sous le nom de Chilognathes. Dans un second groupe sont placées le^ Scolopendra et les Cermatia, auxquelles l'auteur applique la désignation commune de Chilopodes. Cet ordre correspond au genre Scolopendra de Linné et de Dcgéer, et le premier à celui des Iules.

C'est ainsi que Leach et Latreille onteonçu le rapport des Myriapodes entre eux ; mais comme le principe fondamental de toute disposition systématique est que la série des genres d'un même groupe soit établie de telle sorte que les animaux doivent être plus

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ou moins rapprochés entre eux, selon qu'ils ont plus ou moins d'analogie, et que ceux qui commencent la série doivent être plus semblables aux dernières espèces du groupe précédent, et semblablement pour les derniers échelons de cette série avec les premiers de la suivante, nous avions adopté, dans notre Histoire naturelle des Crustacés , des Arachnides et des Myriapodes, la classification de M. P. Gervais(l). Dans cette classification, les Pollyxenus sont placés les premiers , parce qu'il les considère comme les plus semblables aux Cloportes qui les précèdent dans la méthode , et il est assez facile de passer ensuite d'un genre donné à celui qui lui succède. Un intervalle semble exister entre le premier et le second ordre; mais aucune méthode ne saurait éviter cet inconvénient, et il n'en reste pas moins démontré pour M. P. Gervais que les lulus et genres voisins sont plus analogues aux Crustacés ; que les Scolopendra paraissent plus intimement liées , au contraire, avec les Annélides ; et que les Cermatia , qui seront à la tête des Scolopendres, ne sont pas sans analogie avec les derniers genres de la famille des Iules.

La classe des Myriapodes, d'après le travail que nous avons cité plus haut , a été partagée en deux ordres :

1er Ordre. — Chilognathes.

Cet ordre a été divisé en trois familles : les Pollyxénites , les Glomérites et les lulites.

2e Ordre. — Cbilopodes.

Cet ordre renferme deux familles : les Scaligériles et les Scolopendrites.

Mais depuis ce travail, qui date de 18 37, les Myriapodes ont subi de grands changements, que doit subir, au reste, toute classe nouvellement organisée. M. Brandt a tra- Yaillé beaucoup aussi ces animaux; mais le travail le plus remarquable qui ait paru sur cet embranchement de la zoologie est, sans contredit, celui de M. Newport , que nous avons déjà cité plus haut. Ce savant, après avoir fait connaître l'organisation externe et interne d'un assez grand nombre de types dans les Myriapodes, et après avoir exposé leurs affinités, abordela classification : celle-ci nous

(i) Etudes pour servir à l'hist. nat. des Myriap., Ann. des *C nat., t. VU ,183;.

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paraît plus naturelle, et surtout beaucoup plus largement établie. M. Newport, après avoir passé consciencieusement en revue les travaux préalablement faits , a reconnu des divisions si naturelles, des coupes si bien tranchées, que la nouvelle classification qu'il expose dans son intéressant travail est formée de tous les éléments des premières classifications, dont les uns appartiennent à Lamarek, Latreille, Leach , etc., et les autres à MM. Brandt, P. Gervais , etc. Cette nouvelle classification nous semble d'autant plus naturelle, que les tribus, les familles, sont établies d'après les affinités que présentent les coupes génériques qui les composent ; de manière que lorsqu'on viendra à découvrir quelques types génériques nouveaux , il sera plus facile de trouver le rang qu'ils doivent occuper dans cette nouvelle classification que dans celles qui ont été préalablement établies. Voici l'aperçu de cette classification :

Ord. I. CHILOPODA , Latr. Caput latum, prominens. Corporis segmenta inœqualia; singula par unicum pedum ad latera segmentorum gerenlia. Mandibulae prominentes , acutœ, falciformes. Organorum sexua- Iium apertura ad extremitatem analem.

Trib. 1. Schizotarsia , Brandt. Antennœ pluriarticulae, graciles, corpore longiores. Tarsi longi , pluriarticulati, inaequales. Oculi compositi, prominentes, globosi

Fam. 1. Cermatidœ, Leach. Scuta dorsalia S; singula segmenta, 2 ventralia obtegentia. Stigmata mediana.

Gen. 1. Cermatia, Ulig. Oculi prominentes. Caput transversum. Scuta dorsaliaemarginata. Stomatum latera incrassata.

Trib. 2. Holotarsia, Brandt. Tarsi 3-articulati. Caput e segmentis 2 mobilibus efformatum. Antennœ corpore haud longiores, setaceœ vel filiformes, 14 60-articulatœ. Oculi stemmatosi, aggregati, simplices vel nulli.

Fam. 2. Lilhobiidœ , Newp. Scuta dorsalia 15, subquadrata, inœqualia; angulis elongatis, acutis. Coxarum paria posteriora excavationibus ovatis.

Gen, 2. Lilhobius, Leach. Ocelli numerosi. Caput latum, depressum. Labium denticulatum.

Gen. 3. Henicops , Newp. Segmentum cephalicum latum. Ocellorum par unicum.

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Fam. 3. Scolopendridœ , Leach. Segmenta podophora 21 vel 23. Pedes posteriores inerassata;articulo primo vel secundo spinoso.

Gen. 4. Scolopendra, Linn. Segmentum cephalicum cordatum, imbricatum. Ocellorum paria 4. Spiracula valvularia.

Gen. 5. Cormocephalus , Newp. Segmentum cephalicum postice truncatum. Spiracula valvularia.

Gen. 6. Rhombocephalus, Newp. Segmentum cephalicum basilareque rhomboidea.

Labium angustatum.

Gen. 7. Heterostoma, Newp. Segmentum cephalicum truncatum. Dentés magni. Spiracula cribriformia, in paribus 10.

Gen. 8. Scolopendropsis , Brandt. Segmentum cephalicum truncatum. Pedum paria 23.

Gen. 9. Theatops, Newp. Ocelli distinct!. Antennae 17 -articulatae , subulatae. Pedes posteriores clavati. Labium dentatum.

Gen. 10. Scolopocryptops , Newp. Segmenta podophora 23. Segmentum cephali cum cordatum, imbricatum. Labium haud denticulatum. Antennae 17-articulatae.

Gen. il. Cryptops, Leach. Segmenta podophora 21. Ocelli nulli vel absconditi. Antennae 17-articulatae.

Fam. 4. Geophilidœ , Leach. Segmenta subœqualia, singula e subsegmentis 2 completis sed ineequalibus eflbrmata. Segmentum anale pedibus brevibus styliformibus.

Sub.-Fam. 1. ScolopendreUinœ , Newp.

Corpus brève, crassum. Antennae 14-20-articulatœ.

Gen. 12. Scolopcndrella , Gerv. Pedum paria 10. Antennae moniliformes, 14-20-articulatae.

Sub.-Fam. 2. Geophilinœ , Newp. Segmenta numerosa. Antennae 14 -articulatae.

Gen. 13. Mecislocephalus, Newp. Segmentum cephalicum angustissimum, elongatum.

Corpus attenuatum. Labium latum , integrum.

Gen. 14. Arthronomalus , Newp. Segmentum cephalicum subquadratum. Antcnnarum articuli inaequales. Labium angustum , emarginatum.

Gen. 15. Gonibregmatus , Newp. Segmentum cephalicum cordiforme, acutum.

Antennae filiformes , corpus lineare.

Gen. 16. Gcophilus, Leach. Caput subtriangulare. Corpus depressum, gradatim

incrassatum. Segmenta pedesque numerosi.

Ord. 2. CHILOGNATHA, Latr. Corpus verticale , rotundatum. Mandibulœ crassce , robustae , vel cum labio coalitœ et elongatae Segmenta numerosa. Corporis segmenta inaequalia. Pedes superficiel ventrali affixi. Organorum sexualium aperturae in segmenti 4U et 7"u superficie ventrali.

Trib. 3. Pentazonia , Brandt. Corpus ovale, in globum contractile, dorso valde convexo, ventre complanato. Pedes laminis liberis mobilibus affixi.

Fam. 5. Glomeridœ , Leach. Corpus laeve, in giobulum contractile. Oculi distinct.!.

Gen. 17. Glomeris, Latr. Ocelli 8, in linea laterali curvata. Segmenta 13. Pedum paria 17.

Gcu. 18. Zephronia, Gray. Ocelli numerosi, aggregati. Antennae 6-7-articulatae , clavatae. Pedum paria 21 .

Gen. 19. Sphœrotherium , Brandt. Ocelli aggregati. Antennae 7-articulatae, clavatae. Pedum paria 21.

Trib. 4. Monozonia , Brandt. Corpus vermiforme, elongatum. Segmenti singuli dimidia pars anterior cylindrica, posterior lateribus dilatata; lamina duplici coalita ventrali. Pedum paria 2 gerenti.

Fam. 6. Polyxenidœ y Newp. Caput arculatum, prominens. Corpus latum. Pedes attenuati; coxis maximis. Segmentum anale fasciculis longis.

Gen. 20. Pollyxenus, Latr. Corpus brève, squamis parvis penicillatisvestitum. Pedum paria 13.

Fam. 7. Polydesmidœ (1), Leach.

Sub-Fam. 1. Oculi nulli

vel obscuri.

Gen. 21. Fontaria, Gray. Corpus convexum. Segmenta imbricata; laminis lateralibus defiexis.

Gen. 22. Polydesmus , Latr. Corpus depressum , subconvexum ; laminis lateralibus horizontalibus.

Gen. 23. Strongylosoma, Brandt. Corpus cylindricum. Segmenta tumida ; laminis lateralibus rotundatis subnullis.

(i) Ceite famille est divisée en deux sous-familles. Dans les genres qui composent la première sous-famille. 1rs yen» sont nuls et obscurément indiqués ( Fontaria, Polydesmus Strongylosoma) , tandis que chez les genres de la seconde sous-famille, ces organes sont toujours distincts ( Creripedo- ."»uo., Platydesmus, ComOata),

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Sub-Fam. 2. Oculi distïncti.

Gen. 24. Craspcdosoma , Leach. Ocelli numerosi , aggregati. Corpus depressum ; ïaminis lateralibus prominentibus.

Gen. 25. Platydesmus , Luc. Ocelli duo, magni , prominentes. Corpus depressum ; Ïaminis lateralibus prominentibus.

Gen. 26. Cambala , Gray. Ocelli série simplici curvata. Corpus cylindricum ; Ïaminis lateralibus brevissimis , in porcam simplicem desinentibus.

Trib. 5. Bizonia , Newp. Corpus subcylindricum ; Ïaminis nullis marginalibus. Antennœ 7-articulatœ, clavatœ. Segmenta numerosa; singula e subsegmentis 2 coalitis efformata, pedumque paria 2 gerentia.

Fam. 8. Iulidœ, Leacb. Corpus cylindricum; Ïaminis lateralibus nullis. Segmenta e subsegmentis 2 coalitis efformata.

Sub.-Fam. 1. Synpodopelalinœ , Newp.

Pedes Ïaminis immobilibus affixi.

Gen. 27. lulus , Linn. Caput convexum.

Corpus cylindricum. Prothoracis latera triangularia. Antennae elongatœ.

Gen. 28. Unciger , Brandt. Squarna inferior analis mucronata. Corpus cylindricum.

Gen. 29. Spirobolus, Brandt. Caput convexum. Oculi subtetragoni. Corpus subpyramidale. Prothoracis latera triangularia.

Antennœ brèves.

Gen. 30. Spiropœus, Brandt.

Gen. 31. Spirocyclislus, Brandt. Antennœ brèves. Oculi elongati, triangulares. Thoracis latera brevia, triangularia.

Gen. 32. Spirostreptus, Brandt. Antennœ brèves, articulis infundibulatis. Oculi transversi. Prothoracis latera elongatavel dilata ta.

Sub-Fam. 2. Lysiopetalinœ, Newp. Pedes Ïaminis mobilibus affixi.

Gen. 33. Platops , Newp. Caput parvum, complanatum vel concavum. Pedes graciles, elongati. Corpus pyramidale, elongatum.

Gen. 34. Lysiopetalum, Brandt. Frons dilata ta. Pedes Ïaminis liberis mobilibus affixi.

Fam. 9. Polyzonidœ, Newp. {Ommatophora, Brandt.) Ocelli conspicui , fronti inter antennas in seriebus transversis inserti.

Gen. 35. Polyzonium , Brandt. Ocelli 6 parvi, in seriebus 2 transversis. Corpus depressum.

Gen. 36. Siphonotus, Brandt. Ocelli 2, U) série simplici transversa.

Fam. 10. Siphonophoridœ , Newp. ( Ttyphlogena , Brandt.) Oculi nulli.

Gen. 37. Siphon ophora, Brandt. Caput conicum , elongatum. Nutritionis organa rostriformia, elongata. (H. Lucas.)

*MYRÏAPORA (F.vP'o;, dix mille; irépoc, trou). polvp.,bryoz. — Genre de Polypiers ou plutôt de Bryozoaires établi par M. de Blainville pour le Millepora truncata de Linné et de Lamarck, faisant partie de la même famille que les Eschares, celle des Operculifères , caractérisée par l'opercule qui sert à fermer l'orifice de chaque cellule. Les cellules ont en effet la structure de celles des Eschares, et forment de même un Polypier calcaire; mais ce Polypier, au lieu d'être étalé en lames foliacées, est divisé en branches courtes, presque cylindriques ou seulement élargies en lames à l'extrémité. L'animal a été décrit comme possédant une sorte de trompe évasée, extensible au centre d'un entonnoir formé par un grand nombre de tentacules simples; mais it nous paraît plus probable que sa structure est semblable à celle des Eschares. M Ehrenberg a changé le nom de ce genre en celui de Myriozoon. L'espèce type (M. truncata) est assez commune dans la Méditerranée, où elle forme de petits buissons lâches de 8 à 12 centimètres de hauteur, dont les rameaux sont épais de 3 à 4 millimètres ; elle est rougeâtre pendant la vie des Polypes. (Duj.)

*MYRÏASPORA ( ptpioç , innombrable ; arrôpa, graine), bot. pu. — Genre de la famille des Mélastomacées-Miconiées, établi par De Candolle (Prodr., III, 165). Arbrisseaux du Brésil. Voy. mélastomacées.

MYRÏCA. Myrica (étymologie grecque obscure, Lin.), bot. ph. — Genre de plantes qui constitue à lui seul la petite famille des Myricées, de la diœcie tétrandrie dans le système de Linné. Tel que nous le présentons ici, il se compose d'arbrisseaux ou de petits arbres résineux, dont les feuilles sont alternes, entières ou divisées sur leurs bords plus ou moins profondément, dont les fleurs sont dioïques ou monoïques : les mâles sont réunies en chatons filiformes; chacune d'elles est solitaire à l'aisselle d'une bractée, et accompagnée de deuxbractéoles; elle présente 2-8 étamines à anthères biloculaires, à filets libres ou soudés entre eux à leur base : le» fleurs femelles forment des chatons ovoïdee

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ou cylindriques, et sont également accompagnées d'une bractée et de deux bractéoles ; elles consistent uniquement en un ovaire creusé d'une seule loge à un seul ovule basilaire, à la base duquel adhère une écaille hypogyne, et que surmonte un style très court terminé par deux longs stigmates. Le fruit est un petit drupe à une seule graine dressée.

Ce genre comprend trois sous-genres que distinguent le nombre des étamines desfleurs mâles et la forme de l'écaillé hypogyne des fleurs femelles.

A. Clarisia, Ruiz et Pavon. Fleurs mâles à deux étamines; écaille hypogyne peltéc.

B. Gale, Tournerort. Fleurs mâles à 4-8 étamines; écaille hypogyne sessile, nue intérieurement. Ici se rapportent deux espèces sur lesquelles nous devons nous arrêter un instant.

1. Myrica gale, Myrica gale Linné, vulgairement Piment royal , Gale odorante, Piment aquatique. Cette espèce appartient aux lieux humides et marécageux du nord et du centre de l'Europe, du nord de l'Asie et de l'Amérique. En Europe, elle ne descend pas plus bas que le nord de l'Italie. C'est un arbrisseau rameux d'environ 1 mètre de hauteur, dont les branches sont grêles, revêtues d'une écorce roussâtre et parsemée de lenticellcs semblables à des ponctuations" blanches. Ses feuilles sont dures et presque coriaces, oblongues et rétrécies à leur base , dentelées en scie, parsemées de points jaunâtres, résineux , portées sur un très court pétiole; elles sont odorantes, surtout lorsqu'on les froisse. Ses chatons sont nombreux et sessiles; ils commencent à se développer en été pour s'ouvrir au printemps suivant, avant l'apparition des feuilles. Les écailles des fleurs mâles sont d'un rouge brun, un peu luisantes ; celles des fleurs femelles portent vers leur extrémité des poils rougeâtres. Le fruit est petit, odorant, couvert de points résineux comme les feuilles. Cette plante, quoique habituellement dioïque, devient parfois monoïque. L'odeur pénétrante et forte qu'elle exhale en fait mettre des branches parmi le linge dans le double but de le parfumer et d'en éloigner les Insectes. Dans le pays de Galles et en Suède, on s'en sert pour la teinture en jaune et pour le tannage. Ses feuilles sont amères; on les emploie quel-

quefois en guise de Houblon pour la fabrication de la bière, mais cette substitution n'est pas sans inconvénients; enfin leur infusion était fréquemment usitée en Europe avant l'introduction du Thé.

2. Myrica cirier, Myrica cerifera Linn., vulgairement connu sous les noms d'Arbre à cire, Cirier de la Louisiane. C'est un arbrisseau ou un petit arbre toujours vert qui s'élève à 3 ou 4 mètres; il abonde en certaines parties de l'Amérique septentrionale, particulièrement dans la Virginie, la Louisiane et la Caroline, dans les lieux humides et marécageux. Il ressemble pour le port au précédent, mais il s'en distingue par sa taille au moins deux fois plus haute, par ses feuilles persistantes, plus larges, à dents de scie plus marquées, par ses chatons mâles à écailles non luisantes, et surtout par son petit fruit globuleux, que recouvre une couche de matière blanche et comme onctueuse. Cette matière, qui donne à cette espèce presque toute son importance, n'est autre chose que de la cire qu'on extrait assez aisément et en assez grande abondance pour la faire servir aux usages économiques. Pour cela , on jette les fruits dans de l'eau bouillante; après quelque temps, la couche de cire qui les recouvrait s'en sépare et vient surnager; elle est alors verdâtre, mais il est facile de l'épurer et de la blanchir. Un procédé plus rarement employé consiste à jeter seulement de l'eau bouillante sur ces fruits; on obtient ainsi une cire moins abondante, mais plus pure et colorée seulement en jaune pâle. De quelque manière qu'elle ait été obtenue, la cire de Myrica est cassante au point de pouvoir être réduite en poudre; mais il suffit de la presser fortement pour la rendre flexible et ductile comme celle des Abeilles. Préparée en bougies, elle se consume lentement, et en brûlant elle répand une odeur aromatique. En Europe, on a tenté la culture de cet arbuste dans le but d'en obtenir la cire; mais, quoiqu'on ait cru reconnaître que les individus cultivés donnaient une plus grande quantité de cette matière que ceux qui croissentspontanément, ces essais n'ontpas amené jusqu'à ce jour de résultats importants. Dans la Caroline, on confectionne avec cette substance une sorte de cire à cacheter. La racine du Myrica cirier est astringente, et clic entre dans la matière médicale des Amé-

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ricains. A l'état cultivé, et sor.s le climat de Paris, cet arbrisseau doit être couvert pendant l'hiver ou rentré en orangerie; on le multiplie de graines, de marcottes ou de rejetons.

Le Cirier de la Louisiane n'est pas la seule espèce du genre qui donne de la cire en assez grande abondance. Ainsi, le M. cordifolia Linn., du cap de Bonne-Espérance, et quelques autres, peuvent également être utilisés sous ce rapport; mais aucune de ces espèces n'est arrivée à cet égard au même degré d'utilité que celle qui vient de nous occuper.

G. Comptonîa, Banks. Fleurs mâles à six étamines; écaille hypogyne portant intérieurement une petite glande. Ces caractères, les seuls qui résistent à la comparaison exacte des Myrica et des Comptonia, ne permettent pas de regarder ces derniers comme constituant un genre distinct et séparé. Ce sousgenre renferme une espèce intéressante, le

COMPTON A FEUILLES DE CÉTÉRACH, ComptOTlia

aspleniifolia Banks, joli arbrisseau de l'Amérique septentrionale, remarquable par ses feuilles allongées-étroites, semées de points résineux brillants, divisées sur leurs deux côtés et dans toute leur longueur en lobes obtus et égaux entre eux, qui les font ressembler aux frondes du Cétéracb. Il est très rustique et se cultive en terre de bruyère. On le propage ordinairement par rejetons ou par marcottes, rarement par graines. (P. D.)

MYR1CACÉES. Myricaceœ. bot. tu. — Famille de plantes dicotylédones, établie par L.-C. Richard (Annal, de Fr., 193 ), et généralement adoptée. Les caractères de cette famille sont les mêmes que ceux du g. Myrica, le seul qu'elle renferme. Voy., en conséquence, l'article myrica.

Ml'RICARIA. bot. ph. — Genre de la famille des Tamariscinées , établi par Desvaux (in Annal, se. nat., IV, 348). Herbes ou sous-arbrisseaux de l'Europe et de l'Asie.

Voy. TAMARISCINÉES.

MYRICINE. chim. — On donne ce nom à la cire que produisent plusieurs espèces de Myrica. Voy. ce mot et cire.

MYRINA. ins. — Genre de l'ordre des Lépidoptères diurnes, tribu des Papillonides, établi par Fabricius. Les Myrina ont de grands rapports avec les Érycmes; ils en diffèrent principalement par les palpes qui,

dans ces derniers , sont beaucoup plus courts , et par les pattes antérieures très courtes et point propres au mouvement, au moins dans un des sexes. Ce sont des Papillons d'assez petite taille , et ornés quelquefois de couleurs très brillantes. On n'en connaîtque quelques espèces exotiques, dont le type est la Myrina jafra God. (Encyc. rnélhod., t. IX, p. 593), qui habite l'île de Java. (L.)

*MYR10CEPIÏALUS (pvpfo;, innombrable; xîcpa)//), tête), bot. pn. — Genre de la famille des Composées-Sénécionidées, établi par Bentham (in Enumerat. plant.

Ilugel , p. 61). Petit arbrisseau de la Nouvelle-Hollande. Voy. COMPOSÉES.

MYRIOCOCCUM (|*upws, innombrable ; xîxxço, coque), bot. cr. — Genre de Champignons gastéromycètes , établi par Fries (Syst. , II , 304) pour des espèces qui croissent par groupes arrondis sur les bois pourris. La seule espèce connue est le M. prœcox Fr., qui se développe au printemps dans les bois.

MYRïODACTYLON , Desv. (in Journ.

Bot., 1809, p. 307). bot. ca. — Syn. de Chelophora, Schrank.

*MÏRIOGYNE ( ixvpiiç, innombrable; yvvr), pistil), bot. ph. — Genre de la famille des Composées-Sénécionidées , établi par Lessing (in Linnœa VI , 219). Herbes abondantes dans l'Asie et l'Océanie. Voy.

COMPOSÉES

MYRÏOMALA, Lindl. (in Bot. Rcg. , n. 1956). bot. ph. — Voy. photinia , Lindl.

*MYRïONEMA ( w=ç , innombrable ; vyjfjux, filament), bot. cr. — (Phycées.) Ce genre, créé par M. Greville (Crypt. FI.) dans la tribu des Batrachospermées, a pour caractères : Fronde gélatineuse, étalée, formée de filaments très courts, articwlés, en massue, redressés et le plus souvent simples ; capsules situées vers la base des filaments. Les Myrionèmes sont de petites plantes qui croissent ordinairement sur les Algues marines, et s'y montrent sous la forme de petites taches. Une des espèces les plus communes est le M. strangulans Grev. , qui se rencontre sur les Ulvacées. (Bréb.)

MYRIOPHYLLE. Myoriphyllum, Linn.

({Auptoî , dix mille ; <puÀÀoy , feuille), bot. fh. — Genre de plantes de la famille des Halo-

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ragées, de la Monœcie polyandrie dans le système de Linné. On en connaît aujourd'hui an moins 20 espèces, répandues dans les eaux douces de presque toute la surface du globe, et dont quatre appartiennent à notre flore. Ce sont des plantes herbacées, submergées, et dont les fleurs seules viennent s'élever au-dessus de l'eau; leurs feuilles, opposées ou verticillées, sont divisées en lanières filiformes ; leurs fleurs sont petites , solitaires aux aisselles de feuilles normales ou rudimentaires, et, dans ce dernier cas, elles forment une sorte d épi terminal ; les supérieures sont mâles, les inférieures femelles. Elles présentent : un calice à tube adhérent, à limbe supère , 4parti ; quatre pétales alternes au calice, qui restent très petits ou avortent même dans i les fleurs femelles; presque toujours 8 étamines, rarement 6 ou 4, qui manquent dans I la fleur femelle; celle-ci se distingue par son ovaire adhérent, à 4 loges contenant j chacune un seul ovule suspendu, surmonté de 4 styles très courts, que terminent 4 stigmates épais. A ces fleurs succède un fruit formé de 4 ou plus rarement de 2 coques dures, surmontées chacune d'un style persistant, indéhiscentes, et renfermant une seule graine renversée. Les deux espèces de ce genre les plus communes dans nos contrées sont les MyriophyllumspicatumLinn., et M. verticillatum Linn. , qui abondent dans les eaux stagnantes ou dont le courant est lent et peu prononcé. (P. D.)

MYRIOPHYLLE. Myriophyllus ( pvptoç , dix mille; «pvMov, feuille), bot. — Cette épithète a été appliquée à certaines plantes qui ont des feuilles ou des divisions très découpées. Ex. : Ranunculus myriophyllus, Dalea myriophylla ( Fougère ) , Caulerpa myriophylla (Algue).

MYMOTHECA, Commers. (in Juss.

Gen.y 15). bot. ph. — Syn. de Marattia , Swartz.

MYRIOTREMA, Fée {Meth., M;Crypt.

cort. , t. XXV, f. 1, 2). bot. cr. — Syn. de Lecidea, Achar.

MYRIOZOOIV (pvp'oç, dix mille; Ço>0\, animal), polyp., bryoz. — Nom proposé par M. Ehrenberg pour le genre précédemment nommé Myriapora par M. de Blainvillc.

(Duj.) MYRIPNOIS (f,vpo7rvoo?, qui exhale des

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