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pitule multiflore, hëlérogame; fleurs du rayon unisériées, ligulées, femelles ; celles du disque tubuleuses, hermaphrodites, 5-fides. Écailles de l'involucre imbriquées , apprimées, les intérieures plus longues, membraneuses. Réceptacle épaléacé, alvéolé. Anthères sessiles. Stigmates inclus, obtus. Akène nu. Aigrette en forme de couronne, dentée.
Les Nestlera sont des herbes ou des sousarbrisseaux du Cap, à feuilles alternes ou opposées , linéaires , entières; à fleurs bleues, disposées en capitules terminaux, ailés ; les ailes sessiles dans les dichotomies des rameaux.
De Candolle décrit 9 espèces de Nestlera (Prodr. , VI , 283) qu'il répartit en deux sections: a. Stephanopappus: écailles del'involucre acuminées ; akène allongé , sillonné longitudinalement; b. Strongylolepis: écailles de l'involucre scarieuses au sommet, très obtuses; akène pubérule, sillonné longitudinalement. (J.)
NESTOR, ois. — Nom scientifique du Perroquet à tête grise de la Nouvelle-Zélande (voy. perroquet), et dont. M. Wagler (Monogr. Psittac, 1832 ) a fait le type d'un petit groupe distinct. (E. D.)
*NETTARHINUS (v^tt« , canard ; p\'v , nez), ins. — Genre de Coléoptères tétramères , famille des Curculionites gonatocères , division desApostasimérides cholides, établi par Schœnherr (Dispositio methodica , pag. 269 ; Gen. et sp. Curcul. syn. , t. 3 , p. 603 , t. VIII , 1 , p. 29). L'auteur place dans ce genre les trois espèces suivantes : N. Anthribiformis , Mannerheimii Schr. , et bilobns 01. La première a été trouvée au Brésil, la seconde à Porto-Rico, et la troisième à Saint-Domingue. (C.)
♦NETTORHYNQUE. Nettorhynchus {v7,zra, canard ; pvyx°s » Dec)- helm.? — Nom (ion né par M. de Blainville, dans l'édition française des Vers intestinaux deBremser, ï>ag. 522 , 1824 , à un genre entièrement douteux de Vers intestinaux, dont la seule espèce connue serait parasite de l'espèce humaine. Voici comment M. de Blainville résume lui-même ce que l'on connaît sur le Nettorhynque :
« Nous ajouterons cependant à ce chapitre l'indication d'un Ver intestinal auquel nous avons donné le nom de Nettorhynque, et qui, quoique observé depuis longtemps, a
été passé sous silence par les meilleurs helminthologistes modernes. C'est dans le t. II des Mémoires de la Société de médecine d'Edimbourg qu'il en est question, dans un mémoire intitulé : Description d'un Ver extraordinaire, par J. Paisley, chirurgien à Glascow. Ce Ver était fort considérable, puisqu'il avait 2 pieds 6 pouces de longueursur 1 pouce 1/2 de diamètre. Il était formé de plusieurs grands anneaux semblables à ceux du Ver de terre ; les intervalles entre chaque articulation étaient de couleur brune, les articulations mêmes de couleur de chair livide. La tête, beaucoup plus petite que le corps, quoique formée également d'anneaux , ressemblait beaucoup au bec d'un Canard, étant aplatie en dessus. La bouche était triangulaire comme celle d'une Sangsue. Le Ver fut rendu par l'anus avec une très grande quantité de sang. Le malade en rendit un second encore plus gros , mais par morceaux. Le premier fut dessiné en présence de plusieurs docteurs de l'Université. Il était d'abord beaucoup plus gros ; mais , aussitôt que le malade l'eut rendu, à l'aide d'une personne qui le lui tira en partie du corps, un assistant plongea une ou deux fois un canif dans le Ver, et il en sortit une immense quantité de sang. »
M. de Blainville, qui n'a pas classé ce Ver dans son grand article du Dictionnaire des sciences naturelles publié en 1828 , le mettait en 1824 parmi les Onchocéphalés, c'està-dire dans la famille des Linguatules.
Rien ne démontre que le Nettorhynque soit réellement un animal; et l'observation du corps d'après lequel ce prétendu Ver a été indiqué est trop incomplète pour qu'on y ajoute une confiance définitive : aussi mettrons-nous jusqu'à nouvel ordre le Nettorhynque parmi les Helminthes douteux.
NEUDORFFIA, Adans. {Fam., II, 225).
bot. ph. — Syn. de Nolana, Linn.
*NEURACANTHUS (vsîipov , nervure ; axavôa, épine), bot. ph. — Genre de la famille des Acanthacées, tribu des Echmatacanthées, établi par Nées (m Wallich. Plant, as.rar. ,11, 97). Arbrisseaux de l'Inde. Voy.
ACANTHACÉES.
NEURACHNE (vtvpov, nervure; fy** , duvet), bot. ph. — Genre de la famille des Graminées , tribu des Panicées, établi paf
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R. Brown ( Prodr. , 106 ). Gramens vivaces de la Nouvelle-Hollande. Voy. graminées.
NEURACTIS (vcOpov, nervure; àxn'ç , rayon), bot. ph. — Genre de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées, établi par Cassini (in Dict. se. nat., XXXIV, 496). Herbes de Java. Voy. composées.
NEURADA (vîûpov, nervure; a<W, glande).
bot. ph. —Genre de la famille des Rosacées, tribu des Quillajées, établi par B. Jussieu (in Linn. gen. , n. 587 ). Herbes des endroits sablonneux de l'Afrique méditerranéenne.
Voy. ROSACÉES.
NEURADÉES. Neuradeœ. bot. ph. — Tribu delà famille des Rosacées. Voy. ce mot.
NEURIA (vîvpov, nervure), ins. — Genre de l'ordre des Lépidoptères nocturnes , tribu desHadénides, établi par M. Guénée ( Duponchel , Catal. des Lépid. d'Europe), qui y comprend trois espèces (JV. saponariœ, grammiptera, actinobola) d'Europe. (L.)
*\EUROCALYX ( vcvpov , nervure; xa- Xv$, calice), bot. ph. — Genre de la famille des Rubiacées (tribu incertaine), établi par Hooker (Je, t. 174). Herbes de Zeylan.
Voy. RUBIACÉES.
NEUROCARPUM (veûpov, nervure ; x«Prroç, fruit), bot. ph. — Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées , tribu des Phaséolées, établi par Desvaux (in Journ. Bot., 1814, I, 75). Herbes ou arbrisseaux de l 'Amérique tropicale. Voy. légumineuses.
NEUROLiENA (vewpov, nervure; Aoûva, enveloppe), bot. ph. — Genre de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées, établi par R. Brown (in Linn. Transact., XII, 120). Sous-arbrisseaux des Antilles. Voy.
COMPOSÉES
NEUROLOMA, Andr. (in DC. Prodr., I, 156). bot. ph. — Voy. parrya, R. Br.
*NEURONIA ( vîupov , nervure), ins.
— Leach (in Stephens illustr. brit. ent. , 1837 ) donne ce nom à un petit groupe de Névroptères de la famille des Phryganiens.
Voy. PHRYGANE. (E. D.)
*NEUROPELTIS (vswpov, nervure ; *Aryj, bouclier), bot. ph. —Genre de la famille des Convolvulacées-Convolvulées, établi par Wallich (m Roxburgh. Flor.ind. or., II, 43). Sous-arbrisseaux de l'Inde orientale. Voy.
CONVOLVULACÉES.
NEUROPTERA. ins. — Voy. névroptères.
NEUROPTERIS ou NEVROPTERIS
(veOoov , nervure ; irrtpi'ç , fougère), bot. cr. — Genre de Fougères fossiles, établi par M. Brongniart (Prodr. 52) , qui le décrit ainsi : Fronde pinnée ou bipinnée; pinnules non adhérentes par leur base au rachis , plus ou moins cordiformes, entières; nervures très fines, serrées, plusieurs fois dichotomes, arquées, naissant très obliquement de la base de la pinnule et de la nervure moyenne , qui disparaît vers l'extrémité des pinnules.
M. À. Brongniart cite 20 espèces de ce genre, dont la plupart ont été trouvées dans les terrains houillers. (B.)
NEUROPTERIS, Desv. (in Annal. Soc.
Linn. de Paris, VI, 292, t. 8 , f. 2). bot. cr. — Syn. de Pteris , Linn.
*NEEROSPERMA , Rafin ( in Journ. vhys. , LXXXIX , 102). bot. ph. — Syn.
de Momordica , Linn.
NEUROTROPIS, DC. (Prodr., I, 175).
bot. ph. — Voy. thlaspi, Dillen.
*NEUSTICURUS (vsuartxo'ç , nageant ; eupâ , queue ). rept. — Genre de Sauriens établi dans la famille des Lézards par MM. Duméril et Bibron (Erpetol. gen., t. V, p. 6, 1839). Il ne comprend qu'une seule espèce, qui est originaire de la Guiane: c'est le Lacerta bicarinata de Linné. (P. G.)
*NEUSTOSAURUS,E. Raspail (vewwç, nageant; o-aSpcç, lézard), rept. foss. — Dans une brochure publiée à Paris et à Avignon, 1842, sous le titre d'Observations sur un nouveau genre de Saurien fossile, M. Eugène Raspail a fait connaître une partie du squelette d'un reptile provenant du terrain néocomien du département de Vaucluse. Depuis les lombes jusqu'au bout de la queue, les os sont à peu près dans leur situation naturelle; le reste avait été dérangé et dégradé. Les faces antérieures et postérieures du corps des vertèbres de ce reptile sont planes ou légèrement concaves ; les os des jambes n'ont que le tiers de la longueur de ceux des cuisses , disproportion qui n'a lieu que chez les Salamandres et genres voisins; parmi les reptiles actuels, et chez les Énaliosauriens parmi les reptiles fossiles, les pieds, au contraire, sont allongés , de telle sorte que les métatarsiens sont plus longs que le tibia; les doigts paraissent avoir été au nombre de quatre, et,
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comme dans les Crocodiles, le métatarsien interne était plus fort que les autres; les premières phalanges sont longues et les deriiières portaient vraisemblablement des ongles. Avec des pieds semblables, il paraît que l'animal avait des extrémités antérieures aplaties en forme de rame , comme chez les Ichthyosaures. Chez nos animaux actuels , lorsque le membre antérieur est très différent du membre postérieur , c'est pour fouir ou pour voler qu'il a été modiGé; les animaux nageans n'avaient point offert jusqu'à prési.Tit une aussi grande dissemblance entre leurs quatre membres, lorsqu'ils existent. Les vertèbres caudales présentent aussi des particularités remarquables; les apophyses épineuses sont larges; les os en chevrons sont faibles et se perdent à peu près vers le milieu de la queue ; puis viennent quelques vertèbres qui en sont dépourvues; ensuite, d'autres os en chevron reparaissent f mais taillés en forme de hache et s'appuyant les uns sur les autres par leurs angles ; quelques Dauphins nous offrent des os en chevrons, de forme à peu près semblable, mais ils ne se touchent point; ce genre de Reptiles présente donc un grand intérêt, et il esta désirer que l'on découvre bientôt des parties caractéristiques de la tête.
L'espèce a reçu le nom de Neust. gicondarum Rasp. ; elle est à peu près de la taille de nos grands Crocodiles, la queue ayant environ deux mètres et demi de long.
NEUTRES, ins. —Les noms de Neutres et de Mulets ont été donnés à certains individus dans lesquels les organes générateurs n'ont pas atteint leur entier développement, et qui en conséquence ne sont pas aptes à la reproduction. L'observation a prouvé que ce phénomène avait lieu dans le sexe femelle. Les Neutres sont essentiellement chargés de pourvoir à la nourriture des Insectes avec lesquels ils vivent; ils sont toujours en campagne etleur activité estextraordinaire ; ce sont eux qui édifient l'habitation et qui Ja réparent; c'est à leurs soins qu'est confiée l'éducation des petits, et bien qu'ils soient des femelles avortées, ils remplissent ce devoir avec toute la sollicitude d'une mère. Voy. pour plus de détails les articles insectes et HYMÉNOPTÈRES. (E. D.)
NEUTRES (fleurs), bot. — On donne ce
nom aux fleurs privées des organes sexuels, et réduites par conséquent aux seules enveloppes florales (la Boule de Neige, l'Hortensia , etc.).
*NEUWIEDIA (nom propre), bot. ph.— Genre de la famille des Apostasiées , établi par Blume (N. famil. exposit., 12). Herbes de Java. Voy. apostasiées.
*NEVROMUS (v£5pov, nervure; w^o5 , épaule), ins. — Genre de Névroptères de la famille des Semblides , créé par M. Rambur (Névroptères des Suites à Buffon de l'éditeur Roret, 1842) et principalement caractérisé par ses palpes maxillaires de six articles , dont les trois derniers très courts, etc. M. Rambur ( loco citato) décrit quatre espèces de ce genre sous les noms de Nevromus tesfaceus (Java) , N. ruficollis (Batavia) , N. hieroglyphicus (Cayenne) et N. rnaculatus (Philadelphie). (E. D.)
NÉVROPTÈRES. Nevroplera ( vevpov, nervure; irce'pov, aile), ins. — Linné a créé sous ce nom un ordre d'Insectes qui, quoique moins naturel que les autres, a néanmoins été adopté par Latreille (Fam. nat. du Règ. anxm. ) et par la plupart des entomologistes modernes. Fabricius formait deux ordres, ou plutôt, d'après sa méthode, deux classes avec les Névroptères, et il les désignait sous les noms à'Odonates et de Synistrates. Kirby retirait tesPhryganea des Névroptères pour en faire un ordre particulier sous la dénomination de Trichoptères. Enfin Clairville a proposé de changer en Dictyoptères (de «îi'xtvov , réseau, et ir«'pov, aile) le nom de Névroptères , qui n'exprime pas d'une manière convenable la disposition des ailes membraneuses sur les nervures , disposées en réseau, se rétrécissant également dans les cellules de quelques Hyménoptères.
Les Névroptères ont pour caractères principaux : 4 ailes nues ou transparentes, réticulées et ordinairement de la même grandeur; bouche offrant des mandibules, des mâchoires et deux lèvres propres à la mastication; les articles des tarses ordinairement entiers et variant par le nombre; pas d'aiguillon à l'anus; les femelles étant rarement pourvues d'un ovicapte ou d'une tarière.
Ces Insectes se rapprochent beaucoup des Orthoptères; mais ils se distinguent de ces
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derniers , ainsi que des Hémiptères , en ce que ceux-ci ont les ailes supérieures d'une consistance différente des ailes inférieures, tandis qu'il n'en est pas ainsi chez les Né- . vroptères, qui ont les quatre ailes semblables et membraneuses. Les Hyménoptères en sont séparés par leurs mâchoires qui sont ordinairement très allongées et ne servent plus à broyer les aliments, mais seulement à sucer. Les Lépidoptères ne pourrontêtre con^ fondus avec eux à cause de leurs ailes couvertes d'écaillés. Les Diptères en sont très nettement séparés par leurs deux ailes, ainsi que par leurs organes de la manducation. Enfin est-il besoin de dire que les Névroptères se distinguent des Coléoptères parce que cbez ces derniers les ailes supérieures sont cornées et forment ce que l'on désigne sous le nom d'élytres.
La définition de cet ordre est difficile, à part toutefois les caractères principaux, parce que chacun des groupes qui forme celte division diffère essentiellement des autres par son organisation , par ses mœurs et par ses métamorphoses. Aussi ne nous étendronsnous pas longuement sur ce sujet, renvoyant le lecteur aux grandes familles des Névroptères , où les caractères seront donnés avec soin.
La tête est plus ou moins grosse, avec des antennes placées à sa partie antérieure; ces antennes sont le plus souvent filiformes ou sétacées : dans les Myrméléons elles sont terminées en masse allongée, tandis que chez les Ascalaphes elles sont fort longues, grêles et terminées par un petit bouton comme celles des Lépidoptères. La bouche est composée ordinairement de deux lèvres, de deux mandibules et de deux mâchoires. Ces derniers organes sont très aigus et très forts dans les Libellules, qui sont destinées à faire leur proie d'Insectes, tandis qu'ils sont très petits et presque imperceptibles dans les Éphémères, dont la vie est très courte et qui ne prennent pas de nourriture. Les palpes quelquefois très courts (Libellules), sont , au contraire, parfois très longs (Myrméléons). Les yeux sont à réseaux et placés sur les côtés de la tête ; on voit ordinairement entre eux trois petits yeux lisses, mais ils manquent souvent. Le corselet est renflé, comprimé et tronqué dans le plus grand nombre; il donne attache à quatre ailes habit. vm.
tuellement nues, réticulées, claires, transparentes et présentant souvent des reflets très vifs ou des taches de différentes couleurs : toutes servent au vol ; elles sont quelquefois posées en toit sur l'abdomen ; souvent elles sont écartées du corps et étendues horizontalement ; dans d'autres cas elles sont rapprochées verticalement l'une à côté de l'autre. Ces ailes diffèrent quelquefois de grandeur entre elles, comme cela se voi£ dans les Némoptères; quelquefois les inférieures n'existent plus , ou sont tellement oblitérées qu'on a de la peine à découvrir leurs traces , ainsi que cela se remarque chez les Éphémères. Les pattes sont composées, de quatre pièces, la hanche, la cuisse, la jambe et le tarse ; ce dernier varie pour le nombre des articles dont il est composé : souvent il n'y en a que trois , mais on a pu en compter quelquefois quatre et même cinq.
Les larves et les nymphes se rapprochent assez par leur forme de l'Insecte parfait. Les larves, presque toutes carnassières, et toujours hexapodes , sont terrestres ou aquatiques; celles qui vivent sur la terre se cachent sous les écorces des arbres et se nourrissent de Pucerons , ou bien elles font leur nid dans le sable et y tendent des pièges aux autres Insectes, ainsi que les Myrméléons. Les larves aquatiques se tiennent au fond des fossés , des marais et des rivières ; elles respirent au moyen d'organes qui paraissent d'abord analogues aux ouïes des Poissons , mais qui ne sont que des appendices extérieurs et trachéens nommés fausses branchies ; quelques unes se construisent des fourreaux avec de petites pierres, des débris de coquilles ou de petits morceaux de bois qu'elles assemblent au moyen d'une espèce de soie. Les nymphes, dans plusieurs familles , et de même que cela se remarque chez la plupart des Insectes, restent inertes et ne grandissent pas ; tandis que dans d'autres, les Libellules, par exemple, elles sont au contraire agiles, se nourrissent et grossissent encore sous cette forme.
L'organisation intérieure des Névroptères a été étudiée par divers zoologistes , et particulièrement par M. Léon Dufour (Mémoires de l'Académie des sciences de V Institut de France, 1843); mais comme elle varie suivant les diverses familles qui constituent cet
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ordre, nous ne croyons pas devoir en parler ici , et nous renvoyons aux mots Insectes , Libellules, Éphémères, Termites, etc.
Les Névroptères sont des Insectes en général très élégants pour le port; ils volent avec beaucoup de facilité , et sont quelquefois ornés de couleurs très variées et très agréables. Quelques uns, de même que leurs larves, sont très carnassiers, et emploient toutes leurs forces et leur agilité à saisir des Insectes dont ils veulent faire leur proie : telles sont, par exemple, les Libellules ; d'autres , au contraire , comme les Éphémères , les Phryganes et les Perles, ne prennent pas ou presque pas de nourriture , et la durée de leur vie n'excède pas quelques heures ou un jour au plus. Le plus grand nombre des Névroptères vivent solitaires sous leurs trois états ; il n^en est pas de même dans le groupé naturel des Termites , car ces Insectes , au contraire, vivent, à toutes les époques de leur vie, en sociétés innombrables composées de trois ou quatre sortes d'individus , dont la détermination n'est pas encore bien exacte.
D'après ce que nous venons de dire relativement aux différences remarquables que l'on observe chez les Névroptères , on comprend qu'il est très difficile d'établir une méthode de classification bien régulière de cet ordre ; car il est probable que toujours quelque chose viendra la contrarier, et c'est ce qui, jusqu'à présent, est arrivé à presque tous les auteurs qui s'en sont occupés. Disons quelques mots des principales classifications proposées par divers zoologistes.
Latreille ( Fam. nat. du règne anim. et Règne animal) partage les Névroptères en trois familles distinctes , qu'il désigne sous les noms de Subulicornes , Planipennes et Plicipennes. 1° Les Subulicornes, caractérisés par leurs antennes en forme d'alêne, guère plus longues que la tête, de sept articles au plus, le dernier ayant la figure d'une soie , et par ses mandibules et mâchoires entièrement couvertes par le labre et la lèvre , et correspondant aux Odonates de Fabricius et aux Éphémères , comprennent les grands genres Libellula, jEschna, Ephemera. 2° Les Planipennes, ayant pour caractères des antennes toujours composées d'un grand nombre d'articles, plus longues que la tête, des mandibules très distinctes, et j
les ailes inférieures presque égales aux supérieures, correspondent aux Synistales de Fabricius, et renferment les genres Panorpa, Myrmeleo , Ascalaphus , Hemerobius , Semblis y Termes , Psocus , Perla. 3° Les Plicipennes , caractérisés par leurs ailes inférieures ordinairement plus larges que les supérieures, plissées dans leur longueur, et par l'absence des mandibules, correspondent aux Trichoptera deKirby, et ne comprennent que les genres Phryganea, Sericostoma, etc.
Cette classification, encore assez généralement suivie aujourd'hui, a été légèrement modifiée par M. Pictet (Mém. de la Soc. d'hist. nat. de Genève, et Hist. gén. et part, des Névroptères), qui y introduit une famille nouvelle pour le genre Panorpa , et Sous la dénomination de Panorpates.
M. Burmeister (Handbuch der Entomologie, III) a fait beaucoup plus de changements à la classification de Latreille ; et pour lui ks Névroptères sont partagés en cinq familles distinctes, qu'il nomme : Corrodentia , Subulicorna, Plecoptera, Trichoptera et Planipennia.
Dans son Histoire naturelle des Névroptères, faisant partie des Suites à Buffon de l'éditeur Roret, M. le docteur Rambur propose une nouvelle classification, qui, en quelques points, rappelle celles de ses devanciers. L'auteur partage les Névroptères en huit tribus et en dix-huit familles de la manière suivante : 1° Tribu des Corrodants, divisée en deux familles : les Termitides et les Em» bides; 2° Psocides , fam. : Conioptérygides et Psocides; 3° Odonates (Subulicornia pari)m), fam. : Libellulides , JEschnides, Gomphides, Agrionides; 4° Agathes (Subulicornia parlim) , fam. : Éphémérides; 5° Planipennes, fam. : Panorpides, Némoptérides , Myrméléontides , Nymphides , Hémérobides et Mantispides ; 6° Semblides , fam. : Semblides ; 7° Perlides , fam. : Perlides ; et 8° Trichoptères, fam. . Phryganides. Voy. ces divers mots.
Enfin M. Emile Blanchard, dont nous suivons la méthode entomologique dans ce Dictionnaire, a indiqué (Hist. nat. des Insectes, 1845) une nouvelle classification des Névroptères , et il désigne ainsi qu'il suit les groupes principaux de cet ordre.
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Section I. — HYALOPTÉRES.
Ailes larges, membraneuses , parcourues par des nervures transversales.
Tribu I. — Termiens.
Ailes ayant leurs nervures transversales rudimentaires ; tête grosse, portant sur son sommet trois ocelles ; tarses de quatre articles.
Genre : Termes.
Tribu IL — Embiens.
Ailes ayant leurs nervures transversales cornées, très distinctes ; tête grosse, dépourvue d'ocelles; lèvre inférieure profondément bifide ; tarses de trois articles.
Genre : Embia.
Tribu III. — Psociens.
Ailes inégales, ayant un petit nombre de nervures ; tête fort grande , offrant trois ocelles ; antennes sétacées ; corps assez renflé, de consistance peu solide.
Genres : Coniopteryx, Atropos et Thyrsophorus.
Tribu IV. — Perliens.
Ailes inégales, les postérieures larges et plissées à leur base ; parties de la bouche bien développées et de consistance solide ; tarses de trois articles ; antennes sétacées.
Genres : Perla, Eusthenia et Neucura.
Tribu V. — Éphémériens.
Ailes inégales, les postérieures très petites ou totalement rudimentaires ; parties de la bouche complètement oblitérées ; tarses de quatre ou cinq articles ; abdomen terminé par deux ou trois filets ; antennes très courtes, styliformes.
Genre : Ephemera.
Tribu VI. — Libelluliens.
Ailes presque égales, très réticulées; parties de la bouche grandes; palpes rudimentaires; tarses de trois articles; tête très grosse; antennes fort courtes, styliformes.
Genres : Libellula, /Eschna, Agrion, etc.
Tribu VII. — Myrméléoniens.
Ailes presque égales , planes ; parties de la bouche solides; tarses de cinq articles; antennes filiformes, multi-articulées.
Genres : Myrmeleon , Ascalaphus, Panorpa, etc.
Tribu VIII. — Raphidiens.
Ailes presque égales, ayant des nervures transversales peu nombreuses ; bouche un peu avancée , en forme de bec ; prothorax très long; antennes sétacées; tarses ordinairement de cinq articles.
Genres : Mantispa, Raphidia, Semblis, etc.
Section II. — TRICHOPTÈRES.
Ailes membraneuses ; les antérieures poilues, offrant des nervures branchues , sans réticulations transversales ; bouche impropre à la mastication ; mandibules très rudimentaires.
Tribu IX. — Phryganiens.
Cette tribu, étant la seule de la seconde section , a les mêmes caractères, et comprend les genres Phryganea, Trichostoma , Tinodes , Myslacida, Hydroplila, etc. Voy. ces divers mots.
Quant à la distinction des espèces , elle est plus avancée que celle des groupes supérieurs; cependant cette branche de l'entomologie réclame encore des travaux semblables à celui que M. Pictet a commencé dans son bel ouvrage sur les Névroptères. Quoi qu'il en soit , un grand nombre d'espèces de l'ordre qui nous occupe ont été décrites dans V Histoire naturelle des Insectes des Suites à Buffon de Duménil, par M. Emile Blanchard ; dans VHistoire des Névroptères de M. Rambur , faisant partie des Suites à Buffon de Roret ; dans YHandbuch der entomologie de M. Burmeister; dans le British entomologie de M. Stephens; dans 17conographie du règne animal de Cuvier, par M. Guérin-Méneville, etc. (E. Desmarest.)
NEVROPTERÏS. bot. cr. — Voy. nedropteris.
*NEVROSCIA(v£Spov, nerf; ax'a, ombre ). ins. — Genre d'Hémiptères hétéroptères géocorises , assez voisin de celui des Halys, créé par MM. Amyot et Serville {Hémiptères des Suites à Buffon de Roret).
Deux espèces entrent dans ce genre :
Pentatoma grata Pal.-Beauv. , de Saint- Domingue ; Halys nubila Fabr. ( Syst .
Rhyn.). (E. D.)
NEVROSPERMA. bot. tu. — Foî/.nefrosperma.
NEZ. Nasus. anat. , piiys. — On déc""nc(, chez l'Homme, sous le nom de Nez,
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cette partie saillante , pyramidale, triangulaire , située au milieu de la face , dont le sommet, appelé racine , se continue avec la partie moyenne et inférieure du front , dont les faces latérales constituent les ailes , et dont la base présente deux ouvertures appelées narines. La charpente du Nez est formée supérieurement par deux os propres, dans la partie moyenne par un cartilage , et inférieurement par plusieurs fibro-cartilages. Quatre muscles impriment, de chaque côté , les mouvements nécessaires à la portion mobile de l'organe.
Les narines , ouvertures irrégulièrement ovalaires qui occupent la base du Nez, sont les oriûces antérieurs des fosses nasales; elles sont séparées l'une de l'autre par une cloison en partie osseuse , en partie cartilagineuse, formée en arrière par la lame ethmoïdale jointe au vomer, et en avant par le cartilage nasal.
Les fosses nasales sont deux grandes cavités symétriques , séparées l'une de l'autre par la même cloison qui sépare les narines; elles sont situées dans l'épaisseur de la face, au-dessous de la base du crâne, au-dessus de la voûte palatine, au-devant de la partie supérieure du pharynx , entre les fosses orbitaires , zygomatiques et maxillaires. La paroi inférieure ou plancher en est formée par la portion horizontale des os maxillaire supérieur et palatin ; la paroi supérieure ou voûte, par la lame criblée de l'ethmoïde et le corps du sphénoïde ; la paroi interne, par la face correspondante de la cloison qui sépare les deux cavités ; enfin la paroi externe , plus étendue et d'une composition plus compliquée que les trois autres , se trouve constituée par l'os maxillaire supérieur, l'os unguis ou lacrymal , l'ethmoïde , le cornet inférieur, l'os palatin et le sphénoïde. Oblique du haut en bas et de dedans en dehors, cette paroi présente successivement et en remontant, une gouttière profonde, nommée méat inférieur, surmontée du cornet susethmoidal ou inférieur ; puis le méat moyen, le cornet moyen ; enfin le méat supérieur et au-dessus le cornet supérieur. Les deux cornets supérieur et moyen appartiennent à l'ethmoïde , tandis que le cornet inférieur constitue un os particulier.
Dans les trois méats se remarquent différentes ouvertures qui font communiquer les
fosses nasales, soit avec les voies lacrymales, soit avec certaines cavités dites sinus, creusées dans les os de la face, et qui en augmentent l'étendue. Sans cependant concourir directement à la fonction qui s'accomplit dans l'organe que nous décrivons , le méat inférieur présente l'orifice du canal lacrymal ( voyez lacrymal ). Le méat moyen offre , à sa partie supérieure et antérieure, l'ouverture commune des cellules ethmoïdales antérieures qui communiquent avec le sinus frontal , et un peu plus bas et en arrière , celle du sinus maxillaire ; enfin, dans le méat supérieur, se trouve l'orifice des cellules ethmoïdales postérieures.
L'ouverture postérieure de chaque fosse nasale quadrilatère , mais plus étendue en hauteur qu'en largeur, est limitée en haut par le corps du sphénoïde , en bas par la base du voile du palais , en dedans par le vomer, en dehors par l'aile interne de l'apophyse ptérigoïde appartenant au sphénoïde.
Les fosses nasales sont tapissées par une portion de tégument interne ou de membrane muqueuse désignée plus particulièrement sous le nom de membrane pituitaire ou de Scheidner, et qui se prolonge dans les cellules et dans les sinus. Recouverte d'un épiderme sensible , et garnie de poils rudes au voisinage des narines , elle se modifie dans les parties plus profondes. Perdant son épithélium , elle devient plus épaisse , plus rouge, comme fongueuse , et adhère aux os au moyen d'un tissu cellulaire serré ; partout elle est abondamment pourvue de follicules muqueux. Changeant encore d'aspect en pénétrant dans les sinus , elle est, dans ces cavités , mince , lisse , d'un blanc jaunâtre , et peu adhérente à la surface des os qu'elle revêt.
Le Nez , considéré dans son ensemble , antérieurement et extérieurement, reçoit de nombreux vaisseaux qui se ramifient principalement dans l'épaisseur du tégument interne. La première paire de nerfs cérébraux (nerfs olfactifs) se distribue en entier aux fosses nasales , qui reçoivent de plus des filets de la première et de la deuxième branche du nerf trijumeau ou de la cinquième paire. Les muscles des parties latérales du Nez et la peau qui les recouvre sont amenés par des rameaux provenant du nerf facial (portion dure de la septième paire). Les nerfi
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olfactifs, après avoir pris naissance à la partie postérieure et intérieure de la face inférieure du lobe antérieur du cerveau, et s'être renflés en bulbe sur la lame criblée de l'ethmoïde, se subdivisent en filets dont le nombre et le volume varient, mais qui cependant pénètrent tous dans les fosses nasales en passant par les trous de cette même lame criblée. Parvenus dans les cavités du Nez , ces filets se subdivisent pour venir s'épanouir à la surface de la portion de membrane qui tapisse la cloison et les deux cornets supérieurs : le cornet inférieur, non plus que les cellules ethmoïdales et les sinus , ne semble recevoir aucun de ces filets. Quant aux filets provenant du trijumeau , ils se distribuent à toute la membrane , envoyant des anastomoses fréquentes au nerf olfactif, qu'ils entourent ainsi complètement.
Les fosses nasales sont le siège du sens de l'odorat, sens à l'aide duquel sont perçues les odeurs. Dans l'état actuel de la science , les odeurs sont considérées comme des émanations, ou plutôt comme des molécules d'une excessive ténuité, se détachant incessamment de la surface du corps, qui jouissent de la propriété d'être odorantes, se répandant dans l'atmosphère, s'y dissolvant en quelque sorte , ou s'y tenant en suspension à un état de division extrême.
Chez l'homme, comme chez tous les animaux à respiration pulmonaire, Volfaction, c'est ainsi que l'on désigne la formation qui accomplit le sens de l'odorat, l'olfaction s'effectue par le passage de l'air chargé de molécules odorantes à travers les fosses nasales; ces cavités sont, à cet effet, tapissées , comme nous l'avons vu , par une membrane muqueuse garnie de nombreuses papilles nerveuses, et toujours humectée, à l'état normal, d'abondantes mucosités dans lesquelles les molécules odorantes sont , en quelque sorte, obligées de se dissoudre pour pouvoir affecter le nerf chargé de percevoir la sensation.
L'accomplissement de l'olfaction , comme celui des autres fonctions sensorielles , exiget-il pour première condition, chez les animaux supérieurs au moins, l'existence d'un nerf spécial qui n'éprouve d'impressions matérielles et de modifications correspondantes que par un agent déterminé , tel que les molécules odorantes? Cette question,
longtemps résolue par l'affirmative , a été mise en doute dans ces vingt dernières années, quelques physiologistes ayant avancé que le nerf olfactif ne faisait que partager avec le nerf trijumeau les fonctions d'olfaction. On a invoqué à ce sujet des observations de Méry et de Bérard , par lesquelles l'intégrité de l'odorat aurait été contestée , malgré l'induration des nerfs olfactifs ou des lobes antérieurs du cerveau.
Le nerf olfactif ne se distribue qu'à une certaine région des fosses nasales , et l'on a prétendu que les odeurs affectent, à un degré plus faible , il est vrai , toutes les parties de ces cavités amenées par la cinquième paire. Il est de fait, néanmoins , que l'odorat ne réside que dans les parties qui reçoivent les filets du nerf olfactif, et que les odeurs dirigées sur toute autre partie du nez ne déterminent pas d'impression. Enfin M. le professeur Magendie , allant plus loin encore, refuse la faculté de percevoir les odeurs au nerf olfactif, pour en gratifier le nerf trijumeau, qu'il regarde, du reste, comme le nerf sensoriel par excellence , et il s'appuie sur une série d'expériences dans lesquelles la destruction des nerfs olfactifs n'a point aboli la faculté de sentir le vinaigre , l'ammoniaque, l'huile de lavande, l'huile de Dippel: l'animal dans les cavités nasales duquel l'on introduit l'une de ces substances se frotte effectivement le nez avec les pattes et éternue. Mais peut-on raisonnablement conclure de semblables faits que les filets du nerf trijumeau perçoivent les odeurs? L'animal a-t-il en réalité éprouvé une impression olfactive par l'application sur la membrane pituitaire d'un corps très irritant, très acre, produisant une sensation tactile plus encore qu'une sensation olfactive, et dont l'action sur la membrane qui recouvre le globe de l'œil est analogue à celle qu'il détermine sur la membrane qui tapisse la cavité nasale ? II faut ajouter que l'expérimentateur avoue luimême qu'un morceau de viande enveloppé dans du papier ne fut point senti par un chien, chez lequel on avait pratiqué la section du nerf olfactif.
La première condition de l'odorat, chez les animaux supérieurs, est donc l'existence d'un nerf spécial dont les changements matériels sont sentis sous forme d'odeur, et
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ce nerf est le nerf olfactif , puisque nu! autre ne perçoit et ne transmet de sensation olfactive , même en étant sollicité par une cause identique.
L'impression olfactive a lieu surtout à la partie supérieure des fosses nasales , là où s'épanouissent les filets du nerf olfactif ; les cavités accessoires du Nez , ainsi que le constate l'observation, ne servent point à l'olfaction. Nous avons vu plus haut comment agissaient les odeurs : les molécules odorantes, disséminées dans l'air à l'état de gaz, peut-être même de poussière excessivement ténue, sont amenées à la surface de la membrane muqueuse par les mouvements inspiratoires. L'air qui sort de la bouche peut aussi faire naître la sensation d'odeurs, quand il est chargé d'émanations développées, soit dans les organes respiratoires , soit dans les organes digestifs. Il est possible de diminuer et même d'abolir l'olfaction en interceptant mécaniquement le passage de l'air par le Nez; on l'exalte, au contraire, en prolongeant les inspirations , ou en les multipliant , en flairant , en un mot. De ce qui précède , l'on voit que l'odorat, comme les autres sens , peut être soumis à l'empire de la volonté, bien qu'évidemment il lui arrive le plus souvent d'être impressionné malgré nous.
Placé comme sentinelle avancée des organes de la digestion et de la respiration , le sens de l'odorat sert à explorer la qualité de l'air qui est respiré et celle des aliments qui vont être introduits dans l'estomac ; sous ce point de vue, il peut être mis sur la même ligne que le goût ; cependant il acquiert, dans quelques circonstances, un degré de développement qui lui donne une tout autre importance : il devient d'une, excessive finesse chez les aveugles, ainsi que chez les individus qui exercent certaines professions , les parfumeurs , par exemple ; enfin les nègres, et d'autres peuplades sauvages, ont l'odorat assez subtil pour distinguer de très loin à quelle race appartient l'homme qui les approche.
La nature des impressions produites par le sens de l'odorat a été parfaitement appréciée par l'auteur d'Emile, et nos lecteurs nous sauront gré sans doute de voir reproduites ici les paroles mêmes de l'éloquent écrivain.
« Le sens de l'odorat, dit-il , est au goût ce que celui de la Yue est au toucher ; il le prévient, il l'avertit de la manière dont telle ou telle substance doit l'affecter , et dispose à la rechercher ou à la fuir, selon l'impression qu'on en reçoit d'avance. J'ai ouï dire que les sauvages avaient l'odorat autrement affecté que le nôtre, et jugeaient tout différemment des bonnes et des mauvaises odeurs. Pour moi , je le conçois bien. Les odeurs, par elles-mêmes, sont des sensations faibles ; elles ébranlent plus l'imagination que le sens» et n'affectent pas tant par ce qu'elles donnent que par ce qu'elles font attendre
» L'odorat est le sens de l'imagination. Donnant aux nerfs un ton plus fort, il doit beaucoup agiter le cerveau; c'est pour cela qu'il ranime un moment le tempérament et l'épuisé à la longue. Il a dans l'amour des effets assez connus
» L'odorat ne doit donc pas être fort actif dans le premier âge, où l'imagination, que peu de passions ont encore animée, n'est guère susceptible d'émotions , et où l'on n'a pas encore assez d'expérience pour prévoir avec un sens ce que nous en promet un autre. Aussi cette conséquence est-elle parfaitement confirmée par l'observation, et il est certain que ce sens est encore obtus et presque hébété chez la plupart des enfants. Non que la sensation ne soit en eux aussi fine et peut-être plus que dans les hommes, mais parce que, n'y joignant aucune autre idée , ils ne s'en affectent point aisément d'un sentiment de plaisir ou de peine , et qu'ils n'en sont ni flattés ni blessés comme nous. Je crois que , sans sortir du même système, et sans recourir à l'anatomie comparée, on trouverait aisément la raison pourquoi les femmes en général s'affectent plus vivement des odeurs que les hommes. »
{Emile, liv. 2.)
Bien que les odeurs puissent être divisées d'une manière générale en odeurs suaves et en odeurs fétides, la fétidité et la suavité ne sont cependant que relatives pour l'homme même, telle odeur insupportable aux uns étant agréable aux autres ; et à plus forte raison ces deux propriétés n'ont-elles rien d'absolu pour les animaux, dont quelques uns recherchent avec avidité les odeurs pour lesquelles nous avons le plus de répugnance.
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Disons aussi, pour ne point y revenir, que les animaux n'ont pas tous la même aptitude à percevoir les odeurs; et il doit dépendre d'une certaine disposition du nerf olfactif que le monde odorant d'un Herbivore, par exemple, diffère totalement de telui d'un Carnivore. Les Carnivores ont an nez très fin pour l'odeur des substances animales, pour suivre à la piste, mais ils .ae paraissent point sensibles à l'odeur des plantes , des fleurs. L'homme se trouve placé bien au-dessous d'eux par rapport à la finesse de l'odorat , mais le monde de ses odeurs est bien plus homogène. Indépendamment de l'odorat, le Nez possède aussi le sens du toucher, par les filets nasaux du trijumeau. En effet, il sent le froid, le chaud, les démangeaisons, le chatouillement, la pression, la douleur; mais ces nerfs ne sauraient remplacer le nerf olfactif, comme le démontre l'exemple des individus qui, privés d'odorat, n'en ont pas moins une sensibilité tactile très développée dans le nez.
Jetons maintenant un rapide coup d'œil sur les organes olfactifs des Animaux dans les diverses classes.
Chez les Mammifères, ces organes, quant à la conformation générale , présentent une grande analogie avec ceux de l'homme:
ainsi l'on retrouve chez presque tous le nez, les fosses nasales avec leurs cornets, leurs sinus, etc. ; mais la disposition particulière de chacune de ces parties se trouve plus ou moins modifiée. Le nez est situé le plus ordinairement à l'extrémité d'une face allongée, dont il est la partie la plus saillante; dépourvu de poils à son extrémité, toujours enduit d'une humidité muqueuse, il devient un organe d'une extrême finesse chez le Cochon, par exemple, chez la Taupe, le Tapir, le Phoque à trompe, et surtout chez l'Éléphant. Il est à remarquer de plus que, chez tous les Mammifères, les narines sont dirigées en avant, tandis que chez" l'Homme elles le sont en bas. Les sinus prennent une grande extension surtout chez les Ruminants; ce développement paraît, du reste, n'avoir aucune corrélation avec un plus grand développement du sens olfactif; il n'en est pas de même de l'accroissement que présentent les cornets, et surtout le cornet inférieur subdivisé à l'infini,
chez les Carnivores, en lames et lamelles qui en multiplient la surface. Le nerf olfactif acquiert, dans la même classe, un volume considérable et en rapport avec les parties auxquelles il doit se distribuer. Il est cependant certains Mammifères dont les organes olfactifs sont loin d'être disposés aussi favorablement: ce sont les Cétacés, chez lesquels l'existence de l'odorat est révoqué en doute. Voy. cétacés.
Le Nez n'existe pas chez les Oiseaux ; les narines, s'ouvrant plus ou moins près de la base du bec, sont séparées par les os intermaxillaires qui remontent jusqu'au frontal ; souvent recouvertes par des plaques cartilagineuses, des expansions membraneuses, des excroissances charnues, des plumes, des poils, qui en rétrécissent la cloison, elles ne sont jamais contractiles.
Les cavités nasales présentent une certaine ampleur qu'augmentent encore trois cornets cartilagineux, mais simplement contournés sur eux mêmes; elles communiquent, dit Scarpa , par le plus inférieur de ces cornets avec une poche sous orbitaire qui fait saillie sous la peau, quand elle est remplie d'air, et qui remplace le sinus. La cloison est largement perforée, chez les Palmipèdes, comme pour suppléer à l'occlusion de l'une des narines, quand l'animal barbottedans la boue. Les arrière-narines se confondent en une seule fente longitudinale, garnie le plus souvent de papilles pointues, rangées en arrière et pouvant, jusqu'à un certain point, remplacer le voile du palais; cette fente est située assez loin, postérieurement et visa-vis de la glotte. La membrane pituitaire, très vasculaire, est mince etd'un tissu spongieux. Les nerfs olfactifs, généralementvolumineux, varient cependant dans les différents ordres: d'une médiocre grosseur chez les Gallinacés et les Passereaux, ils sont plus volumineux chez les Rapaces et les Palmipèdes, pour acquérir leur plus grand développement chez les Échassiers où ils sont proportionnés à l'ampleur des cornets supérieurs.
Bien que l'odorat soit indubitablement d'une grande finesse chez certains Oiseaux , chez les Rapaces, par exemple, il y a lieu de croire que ce sens est fortement aidé dans ses investigations par celui de la vue, non moins subtil chez ces animaux.
Les Reptiles ont la respiration pulmonaire,
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et cependant ils se trouvent dans des conditions particulières, si on les compare aux animaux des deux classes précédentes. Chez eux, la respiration est, pour ainsi dire, arbitraire et jusqu'à un certain point volontaire ; l'animal, dans le plus grand nombre de cas, fait, à de longs intervalles, parvenir de grandes quantités d'air dans ses vastes poumons, et l'action de ceux-ci s'exerce lentement; il faut ajouter que l'entrée et la sortie de cet air s'opèrent brusquement, en sorte que la nature et les qualités ne peuvent en être appréciées qu'à des intervalles éloignés et pendant de très courts instants. En observant les mœurs de ces animaux, on reconnaît, en outre, qu'il est bien peu de circonstances dans lesquelles l'odorat les dirige pour rechercher ou choisir leurs aliments et même pour se rapprocher des individus d'un autre sexe au temps de l'accouplement; aussi l'appareil olfactif est-il très peu développé dans cette classe, et les modifications que présentent les fosses nasales dans leur disposition sont-elles plutôt en rapport avec les différents modes de déglutition et de respiration qu'avec la nécessité de percevoir les odeurs. Le plus souvent ces cavités ne sont formées que par deux conduits simples, courts, tapissés par une membrane s'ouvrant à l'extérieur par des narines garnies, chez les Reptiles aquatiques, de valvules ou soupapes qui en déterminent l'occlusion quand il y a lieu, et présentant à l'intérieur des ouvertures dont la disposition varie.
Les cavités nasales des Crocodiles sont néanmoins plus compliquées; elles ont plus de longueur; elles offrent des replis osseux, de véritables cornets et des sortes de sinus qui constituent l'organe olfactif le plus parfait qui se rencontre dans la classe des Reptiles. Chez les Batraciens, au contraire, ce même organe est à peine éhauché ; ce n'est qu'un simple pertuis percé d'outre en outre, du bout du museau à la partie antérieure du palais, derrière la lèvre supérieure. Enfin, presque oblitéré chez les Reptiles à branchies qui ne respirent que par la bouche , il consisteen une double cavitéoblongue, s'ouvrant extérieurement à l'extrémité du museau, et intérieurement à la face interne de la lèvre supérieure. Outre cette conformation, qui les rapproche des Poissons , les Reptiles branchies présentent en outre un plissement de
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la membrane pituitaire qui en multiplie la surface. Nous retrouvons aussi cette disposition dans la classe suivante.
Malgré le peu de finesse constatée ou supposée de l'odorat des Reptiles, il est à remarquer que le nerf olfactif, très développé chez eux, forme un véritable lobe parfois aussi volumineux que la moitié de l'hémisphère cérébral.
Chez les Poissons, la respiration pulmonaire est remplacée par la respiration branchiale ; aussi trouvons-nous dans cette classe une tout autre conformation de l'organe olfactif. Le plus souvent les cavités nasales sont de petites fosses superficielles sans communication avec l'intérieur, s'ouvrant extérieurement chacune par un et quelquefois par deux orifices, et tapissées par une membrane à plis nombreux, appliqués les uns sur les autres comme des lames branchiales. La Baudroie présente une disposition toute particulière: les organes olfactifs, en forme de petites cloches pédonculées, font saillie au dehors.
Les cavités nasales des Poissons cyclostomes sont réunies en une seule, qui, chez les Myxinoïdes, traverse le palais et s'ouvre dans la bouche. Pour les Poissons, les matières susceptibles d'affecter l'odorat sont évidemment contenues dans l'eau ; et cet état de dissolution ne paraît point être un obstacle aux sensations olfactives, qui semblent très délicates chez les Raies, chez les Squales, pourvus d'un volumineux lobe olfactif à cavité intérieure.
Arrivés aux animaux invertébrés, nous ne rencontrons plus de cavités nasales; et cependant on ne saurait refuser l'odorat aux Mollusques, aux Articulés: aussi les hypothèses sont-elles nombreuses sur le siège du sens olfactif chez ces animaux. Le professeur de Blainville place l'odorat dans les tentacules des Mollusques supérieurs; Spix attribue le même usage aux petites cornes des Limaçons ainsi qu'aux courts bras des Seiches; Owen donne la faculté olfactive à un organe lamelleux placé au-dessus de la bouche du Nautile.
Chez les Crustacés décapodes (Écrevisse, Crabe) , animaux aquatiques , il existe dans l'article basilaire des antennes intérieures, ou internes, une petite cavité s'ouvrant à l'extérieur, et contenant un petit appareil
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membraneux, auquel aboutit un nerf provenant du bord antérieur du gangl/^n cérébral ; cet appareil , au dire de quelques naturalistes, et entre autres de Rosenthal, serait un appareil olfactif, tandis que, selon M. le professeur Milne Edwards, ce serait un organe auditif {voyez crustacés).
Pour les Insectes , les différentes opinions se sont multipliées. Raisonnant par induction , Cuvier et le professeur Duméril ont placé le siège de l'odorat dans les stigmates, oriOces des trachées ou conduits respiratoires de ces animaux; et, en conséquence de cette première induction , le même usage a été attribué, par ces savants , aux ouvertures des trachées et des sacs pulmonaires des Arachnides, ainsi qu'à l'expansion membraneuse qui accompagne les branchies des Crustacés.
Lyonnet, Marcel de Serres, ont regardé les palpes comme des organes olfactifs.
MM. de Blainville et Robineau-Desvoidy, regardant comme identiques, chez les Vertébrés et les Invertébrés , les nerfs qui naissent en avant des nerfs optiques, et considérant par conséquent les nerfs ou antennes comme des nerfs olfactifs, ont placé l'odorat dans les appendices que nous venons de nommer. Réaumur, Rœsel , Carus , ont mis en avant d'autres considérations pour attribuer l'olfaction aux mêmes parties (voyez