SÉCRÉTION
L'ensemble des modifications subies par les aliments dans le tube digestif constitue l'acte de la digestion. Les animaux seuls digèrent , puisque seuls ils sont pourvus d'un tube digestif. Cependant l'acte de la digestion doit présenter, et il présente en effet , dans les diverses classes du règne animal , de notables différences , résultant de la variété d'organisation ; ces différences se remarquent , non seulement en comparant l'acte digestif chez l'Homme et chez les Animaux inférieurs , mais elles existent aussi , quoiqu'à un moindre degré , dans les quatre classes des Animaux vertébrés. Elles ne portent cependant que sur des faits de détail , si nous pouvons nous exprimer ainsi, les faits principaux, c'est-àdire la préhension des aliments, leus. introduction dans le canal digestif, leur modification sous l'influence d'agents mécaniques et chimiques, la séparation des principes alibiles, l'excrétion des fèces se retrouvant chez tous les animaux.
Nous présenterons ici l'exposé sommaire des phénomènes de la digestion chez l'Homme, renvoyant aux articles spéciaux pour les autres classes du règne animal.
1 es aliments, successivement introduits
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dans !a bouche, sont soumis à l'action mécanique des dents, ou à la mastication, ainsi qu'à l'action chimique de la salive ; ramollis, et réduits ainsi en bol alimentaire, ils cheminent bientôt, par une suite de contractions constituant la déglutition, de la bouche à Vœsophage, en franchissant le pharynx. L'acte de la déglutition, soumis à l'empire de la volonté , est favorisé par les abondantes mucosités que sécrètent toutes les parties environnantes. La déglutition des liquides s'opère par le même mécanisme ; elle est toutefois plus difficile en raison de leur peu de cohésion qui rend nécessaire une contraction musculaire plus forte. De là, la douleur qu'on éprouve à avaler les boissons dans les angines , tandis que les aliments solides peuvent encore passer sans difficulté.
Vœsophage n'est plus susceptible de mouvements volontaires ; mais chaque bouchée, en en déterminant progressivement l'ampliation, le sollicite aussi à se contracter, et ces contractions ondulatoires, en se succédant dans toute la longueur du canal œsophagien , conduisent les aliments dans l'estomac en leur en faisant franchir l'orifice supérieur , ou cardia.
Vestomac vide et resserré par l'action contractile de sa tunique musculeuse, se laisse graduellement dilater par les aliments que lui renvoie l'œsophage, et finit par se remplir; alors cesse le besoin de manger, le sentiment de la faim, sorte de malaise que remplace une sensation de bien-être.
Accumulés ainsi dans l'estomac, les aliments y éprouvent une altération profonde sous la double influence des contractions du viscère et de l'action dissolvante du suc gastrique; ils s'y transforment en une pâte homogène , pultacée , grisâtre, qui prend le nom de Chyme.
La salive, avons-nous vu plus haut, n'est pas sans exercer une action chimique sur la substance alimentaire ; cependant cette action ne peut être que peu énergique , puisque les glandes salivaires manquent chez un grand nombre d'animaux, chez les Poissons , par exemple, et qu'elles ne sont que rudimentaires chez la plupart des Oiseaux. Mais l'action du suc gastrique est bien autrement importante; c'est dans l'estomac, en effet, que, sous l'influence de
ce suc, les aliments fibrineux perdent leur consistance, qu'ils se ramollissent, qu'ils se dissolvent, et qu'à mesure que cette dissolution s'opère , ils se transforment peu à peu , comme nous l'avons dit plus haut , en chyme. Bien que ce chyme présente évidemment quelques différences dues à la nature des aliments ingérés, il tient en dissolution les matières fibrineuses et albumineuses que les veines de l'estomac absorbent pour les transporter directement dans le torrent de la circulation. 11 en est de même pour toutes les matières solubles dans l'eau, qui se dissolvent par conséquent dans les boissons ingérées, et qui sont absorbées avec elles par les veines de l'estomac.
Le suc gastrique , qui dissout avec une grande facilité les aliments fibrineux , ne touche point aux matières grasses, et ne dissout même qu'une très petite quantité des substances amylacées, qu'il transforme en acide lactique.
Dans les premiers temps de la digestion, le pylore reste tout-à-fait clos ; mais, à mesure qu'elle s'opère , il oppose moins de consistance , et 'finit par s'ouvrir pour laisser passer la masse chymeuse , et avec elle des substances non digérées et non digestibles , tels que des noyaux de fruits, des fragments d'os, etc.
Le chyme, déjà dépouillé dans l'estomac d'une portion de la molécule nutritive, mais renfermant encore la majeure partie des matières amylacées , les matières grasses et les autres résidus de la digestion stomacale, pénètre donc dans le duodénum, et de là dans V intestin grêle, où s'accomplit l'absorption de ce qui lui reste encore de parties alibiles.
La bile, qui se rapproche du savon par sa nature et ses propriétés, est éminemment propre, sinon à dissoudre, au moins à émulsionner les substances grasses et à les présenter aux orifices des vaisseaux chylifères dans un état de division favorable à leur absorption; cette transformation a lieu dans le duodénum, avec lequel s'abouche le conduit cholédoque ou biliaire. Une portion de la bile est néanmoins rejetée au-dehors avec les excréments, qui lui doivent en partie leur couleur foncée.
Le suc pancréatique est destiné à transformer l'amidon en dextrine et en sucre ;
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c'est principalement dans l'intestin qu'a lieu cette transformation.
Quant au suc intestinal que sécrètent les cryptes mucipores , les follicules, les glandes, etc. , son rôle paraît se borner à compléter la dissolution de certaines parties d'aliments , à favoriser la progression de la masse alimentaire; enfin, à rester combiné avec les excréments qu'il concourt à former. La dissolution des principales substances que renferment les aliments se trouve donc accomplie. Dans l'estomac s'est opérée celle des matières albumineuses et fibrineuses; et dans l'intestin, celle des matières grasses et féculentes.
Il va sans dire que la masse alimentaire cbemine toujours, poussée en avant par les mouvements vermiformes ou péristaltiques de l'intestin, tout aussi involontaires que ceux de l'estomac.
Nous avons vu que l'absorption veineuse, si active à la surface de l'estomac, porte directement dans le sang la majeure partie des aliments azotés, rendus solubles par l'action du suc gastrique. Les produits de la digestion intestinale qui constituent le chyle proprement dit , passent moins directement dans le sang; ils n'y arrivent qu'après avoir traversé un ordre particulier de vaisseaux extrêmement ténus , nommés chylifères , en raison du liquide qu'ils absorbent dans l'intestin par leurs radicules. Ces mêmes vaisseaux s'anastomosent bientôt avec les vaisseaux lymphatiques proprement dits , de telle sorte que le chyle ne vient se mêler au sang que mélangé lui-même avec la lymphe (voy. ce mot).
Le chyle y considéré d'une manière générale , est un liquide blanc laiteux, quelquefois coloré en rose , ou même en rouge. Il renferme de la fibrine et de l'albumine; aussi se coagule-t-il spontanément au bout de huit à dix minutes ; il est en outre très riche en globules gras, bien que ce soit dans la proportion des matières grasses que sa composition présente la différence la plus considérable ; et ceci se conçoit facilement, car cette proportion doit nécessairement varier en raison de la nature des aliments.
La masse alimentaire a cependant parcouru toute la longueur du petit intestin , se dépouillant peu à peu de ses parties nutritives par l'absorption, et devenant de
moins en moins fluide. Arrivée à la limite du gros intestin , elle franchit la valvule iléo-cœcale , qui la laisse librement passer, mais qui s'oppose à son retour. Parvenue dans le gros intestin , elle y devient plus consistante et y acquiert une odeur particulière; sa couleur jaune se rembrunit ; il ne reste plus enfin qu'une sorte de magma homogène , composé des résidus de la digestion , unis aux différents liquides qui ont successivement imprégné les aliments , mais dans lequel on ne retrouve plus, à l'état normal , ni aliments , ni mucus , ni suc gastrique, ni bile. Les matières fécales, car c'est le nom que reçoit dès lors le contenu du tube digestif, semblent ne plus éprouver de changement quand elles sont arrivées dans le rectum ; elles continuent seulement à s'y condenser et deviennent de véritables excréments. La partie la plus inférieure du rectum est garnie d'un muscle nommé sphincter, continuellement contracté, si ce n'est au moment de la défécation , qui n'a lieu que quand le besoin s'en fait sentir, et qui est par conséquent soumise à l'empire de la volonté. Les agents de cette évacuation sont, d'une part, les fibres musculaires du gros intestin , et de l'autre les muscles des parois de l'abdomen , et surtout le diaphragme. Tous ces muscles pressant tous les viscères renfermés dans la cavité abdominale, et agissant ainsi médiatement sur les matières contenues dans le rectum, les forcent à s'échapper par le point qui présente le moins de résistance, c'est-à-dire par Vanus.
Il arrive ordinairement que l'évacuation des excréments est accompagnée de la sortie plus ou moins bruyante d'une quantité indéterminée de gaz, tantôt inodore, tantôt ayant une odeur fétide. A l'état normal , ces gaz sont généralement rares; mais leur proportion augmente dans kw mauvaises digestions ; le genre de nourriture a en outre une très grande influence sur leur production , qui est toujours déterminée , dans l'intestin grêle , par les décompositions spontanées qu'y subissent les aliments ; il suffit de manger certains légumes contenant du soufre , pour qu'il y ait abondante formation de gaz acide sulfurique.
L'acte de la digestion est accompli; les radicules veineuses dans l'estomac , les
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vaisseaux chylifères dans l'intestin , ont absorbé, puis transporté, les premiers immédiatement , les seconds médiatement, dans le torrent de la circulation, les matériaux nécessaires à l'entretien delavie. Mais tous ces matériaux servent-ils indifféremment à la Nutrition proprement dite, c'est-àdire à l'accroissement du corps , au renouvellement des organes , à la réparation des parties? S'il est vrai, comme il n'est point permis d'en douter , que cet accroissement, ce renouvellement, cette réparation, se font aux dépens du sang, c'est-à-dire aux dépens des principes immédiats qui constituent ce liquide , il faut réserver exclusivement le nom d'aliments aux seules substances susceptibles de se transformer en sang. Or, comment arriver à reconnaître ces substances , si ce n'est en comparant la composition des divers aliments avec celle des principes immédiats du sang ?
Le sang recueilli après une saignée, dans un vase convenable , se sépare bientôt en deux parties : l'une liquide , de couleur jaunâtre , nommée sérum; l'autre solide, le plus souvent rouge, surnageant le sérum et formant le caillot. Le caillot est une masse semi-solide, s'attachant, sous forme de filaments mous et. élastiques, constituant !a fibrine, au faisceau des baguettes avec lesquelles il est battu. Le sérum, de son côté, tient en dissolution une substance qui lui donne toutes les propriétés du blanc d'ceuf , avec lequel elle est identique; c'est V albumine qui, par l'action de la chaleur, se prend en une masse blanche et élastique. On trouve aussi, dans le sérum, du chlorure de sodium ( sel marin ) et quelques autres sels à base alcaline.
La fibrine et Y albumine sont donc les deux principes essentiels du sang; elles se composent d'un certain nombre d'éléments chimiques, d'oxygène, d'hydrogène, decarbone, d'azote , et de plus , d'une petite quantité de phosphore et de soufre; on y rencontre aussi la substance terreuse des os.
Outre la fibrine et l'albumine qui y sont dissoutes, le sang présente encore, en nombre indéfini , des particules solides circulant avec lui, et auxquelles il doit plusieurs de ses propriétés. Ce sont les globules, composés eux-mêmes de fibrine , d'albumine et d'une matière colorante hématosine, con~
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tenant du fer. Malgré leur importance , les globules ne semblent point concourir à la Nutrition , comme nous le verrons plus tard. Le sang renferme de plus quelques matières grasses {voy. sang).
Soumises à l'analyse chimique , la fibrine et l'albumine sont isomériques, c'est-à-dire qu'elles contiennent les mêmes éléments , dans les mêmes proportions précédentes , mais groupés d'une manière différente. Ce fait a été mis hors de doute par les expériences récentes d'un physiologiste , M. Denis , qui est parvenu à convertir artificiellement de la fibrine en albumine. Elles possèdent, en outre, une propriété chimique commune; toutes deux se dissolvent dans l'acide chlorhydrique concentré, pour donner naissance à un liquide bleu indigo foncé , déterminant les mêmes réactions.
Si , maintenant , l'on compare la composition de tous les tissus animaux avec celle de la fibrine et de l'albumine contenues dans le sang, on arrive aux résultats suivants : Toutes les parties du corps qui affectent une forme déterminée, et qui constituent les organes , contiennent de l'azote ; il n'existe pas, dans un organe doué dévie et de mouvement, une seule molécule qui n'en renferme. Cet élément entre pour 16/l00cs environ dans la composition du sang , et cette proportion n'est jamais moindre dans les différentes parties de l'organisme. On rencontre de plus , dans les différents tissus , du carbone, ainsi que les éléments de l'eau, oxygèneet hydrogène. Or, il est démontré que l'organisme animal ne peut produire de toutes pièces un élément chimique , tel que l'azote , au moyen de substances qui n'en contiennent pas ; d'un autre côté, l'azote de l'atmosphère ne se combine jamais avec les tissus animaux. Il est donc de toute nécessité que les substances alimentaires , pour être aptes à se transformer en sang, et former de là le tissu cellulaire, les muscles , la peau, etc. , il est donc de nécessité que ces substances renferment l'azote en quantité déterminée.
Or, la fibrine et l'albumine remplissent cette condition; toutes deux peuvent donc se transformer en sang , par suite en fibre musculaire, en tissu cellulaire, etc. ; elles sont, en conséquence, parfaitement propres à la Nutrition.
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Les principes non azotés de l'organisme animal constituent Yeau et la graisse, toutes deux amorphes et jouant dans les phénomènes vitaux le rôle d'intermédiaires, nécessaires à l'accomplissement de certaines fonctions. Les principes inorganiques sont le fer, la chaux , la magnésie , le chlorure de sodium , et quelques autres composés alcalins.
Venant, maintenant, à examiner comment s'opère la Nutrition chez les Animaux, nous la voyons s'accomplir avec la plus grande simplicité possible chez les Carnivores ; ces animaux se nourrissent , en effet, du sang et de la chair des Herbivores (1), dont la composition est identique avec leur propre sang, avec leur propre chair. Parvenus dans l'estomac, ce sang, cette chair, fluidifiés , deviennent donc immédiatement propres à être transportés dans les organes et à y être assimilés. Les Carnivores mangent, en outre, de la graisse mêlée aux matières azotées, qui forment la presque totalité de leurs aliments. Nous verrons plus tard le rôle que joue cette graisse.
Il semble, au premier abord , que les choses se passent tout différemment chez les Herbivores; ces animaux sont même d'un appareil digestif plus compliqué ( voy. intestin) ; ils se nourrissent de végétaux, qui ne contiennent qu'une très petite quantité d'azote comparativement au volume de leur corps. Ces différences ne sont toutefois qu'apparentes ; les substances végétales qui servent à l'alimentation des Herbivores contiennent certains principes immédiats, riches en azote ; ce sont la fibrine végétale , Y albumine végétale et la caséine. La première , insoluble dans l'eau , est surtout abondante dans les Graminées , mais on ne la rencontre nulle part en aussi forte proportion que dans le Blé et dans quelques autres céréales , où elle constitue le gluten. Valbumine végétale existe à l'état de dissolution dans le suc des plantes ; on la rencontre aussi dans certaines semences, telles que les Noix, les Amandes , etc. La caséine, enfin , se trouve dans les Pois , les Lentilles, les Haricots; soluble dans l'eau, comme l'albumine, elle ne se coagule point par la
(i) Tout ce que nous dirons des Herbivores s'applique évidemment aux Granivores et à tous les awiciaux dont la nourriture est «■xclusivcment véi-étale.
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chaleur, mais elle se prend en caillot, comme le lait , si on la traite par un acide.
Soumises à l'analyse chimique, ces trois substances présentent les mêmes éléments combinés dans les mêmes proportions, et, ce qui est plus important encore, c'est qu'elles ont la même composition que les principes essentiels du sang, et qu'elles déterminent les mêmes réactions avec l'acide chlorhydrique ; en un mot, la fibrine et V albumine végétale sont absolument identiques avec la fibrine et Y albumine animale. Quant à la caséine , nous retrouverons son analogue dans le lait.
Il résulte de ce fait que la Nutrition, chez tous les animaux , présente la plus admirable simplicité, l'Herbivore trouvant toutes formées, dans les végétaux, des substances nutritives , complètement semblables à celles qui servent à l'alimentation du Carnivore, et que celui-ci rencontre dans la chair de l'Herbivore.
De ce qui précède , Ton peut rigoureusementdéduirequele développementdes organes, leur accroissement en volume et en masse, dépendent de l'absorption de certaines substances, identiques aux principes essentiels du sang; l'on peut même ajouter que le rôle de l'organisme se borne à donner au sang une forme déterminée pour chaque ergane, sans pouvoir en fabriquer luimême.
Mais un grand nombre de substances alimentaires contiennent encore les matériaux non azotés ; tels sont : les corps gras , le sucre, la fécule, la gomme, qui, s'ils ne servent point directement à la Nutrition proprement dite , sont cependant nécessaires à l'entretien de la vie, surtout chez les nombreux Herbivores, qui mourraient bientôt s'ils n'en consommaient une quantité suffisante. Nous allons voir que sous ce rapport même il y a identité parfaite dans les premiers temps de la vie entre les Herbivores et les Carnivores, puisque le lait se trouve être, pendant cette période, l'aliment unique des animaux des deux classes.
Le lait (voy. ce mot) ne contient qu'un seul principe azoté, la caséine, dont la composition est la même que celle de la fibrine et de l'albumine du sang, et qui n'en diffère que par son extrême solubilité et son impossibilité de coaguler. Cette caséine, iden-
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tique avec la caséine végétale, représente donc les principes essentiels du sang, et elle contient en outre la substance terreuse des os à un état de division extrême ; eYm peut donc se convertir directement en sang, circuler , se déposer dans toutes les parties du corps, et concourir au développement, à l'accroissement des organes. Indépendamment de cette caséine, le lait renferme du beurre et du sucre de lait , substances non azotées, dont la dernière est composée de Carbone, puis d'Hydrogène et d'Oxygène dans les proportions nécessaires pour former l'eau.
Quel est le rôle de ces substances qui , ingérées en même temps que la caséine , ne servent cependant point à la formation du sang? Elles augmentent, dans l'économie, la quantité de Carbone et d'Hydrogène, destinés à être brûlés par l'oxygène absorbé dans l'acte de la respiration.
Chez le Carnivore adulte, qui n'augmente ou ne diminue sensiblement d'un jour à l'autre , la quantité d'aliments consommés , celle d'Oxygène absorbé, les pertes éprouvées par l'organisme sont toujours entre elles dans un rapport déterminé ; le Carbone de l'acide carbonique exhalé, celui de l'urine , l'Azote de l'urine , l'Hydrogène éliminé sous forme d'ammoniaque et d'eau , tous ces éléments pris ensemble représentent le Carbone, l'Azote, l'Hydrogène des aliments ingérés , ceux-ci remplaçant ce que les tissus perdent incessamment. S'il en était autrement, l'animal varierait de poids et de volume.
Mais chez l'animal qui se développe, dont le corps va sans cesse croissant, il faut bien un supplément de principes combustibles pour neutraliser la quantité d'Oxygène absorbé par la respiration , quantité bien supérieure à celle qui est nécessaire pour convertir en eau et en acide carbonique l'Hydrogène et le Carbone provenant des tissus métamorphosés ; sans cela , le jeune animal diminuerait au lieu d'augmenter. C'est ainsi que se trouve expliquée la présence, dans le lait, de substances non azotées.
La Nutrition, chez les Carnivores, affecte donc deux formes parfaitement distinctes; la première, dans le jeune âge, ressemblant à ce qui se passe chez l'Herbi-
vore pendant tout le cours de sa vie ; la seconde, dans l'âge adulte , en différant au contraire ; l'ingestion de substances non azotées, autres que la graisse qui accompagne la chair de leur proie, leur devenant nécessaire.
Quant aux Herbivores , ils ne présentent point, aux différents âges de leur vie , le changement qui se remarque entre le genre d'alimentation du jeune Carnivore et du Carnivore adulte. Les substances dont ils se nourrissent , après l'allaitement , ne contiennent qu'une faible proportion de Carbone, si on le compare à celle de l'Oxy-> gène qui leur arrive par les voies respiratoires ; de là, la nécessité pour eux, pendant tout le cours de leur vie, d'aliments non azotés , qui, suppléant, sous forme d'amidon, de sucre , de gomme , etc. , à la quantité insuffisante de l'élément destiné à neutraliser l'action comburante de l'Oxygène , viennent jouer le rôle que le beurre et le sucre de lait ont joué dans leur jeune âge.
Il résulte de ce qui précède que les aliments se divisent naturellement en deux classes : l'une comprend les aliments azotés ; l'autre, les aliments non azotés. Les premiers, auxquels on a donné le nom de plastiques , ont la faculté de se transformer en sang et de fournir aussi des matériaux de réparation et d'accroissement aux tissus et aux organes , ce sont : la fibrine, V albumine, la caséine végétale, le sang et la chair des animaux; les seconds , qui ont reçu le nom d'aliments respiratoires , ne se convertissent point en sang, mais ils servent à l'acte de la respiration en présentant des matériaux combustibles à l'Oxygène ; ce sont: là graisse, Vamidon, la gomme, le sucre, etc. ,et la plupart des boissons mises en usage par l'Homme.
On rencontre dans les matières alimentaires d'autres substances azotées, les alcalis végétaux, par exemple , mais il est reconnu que toute substance azotée dont la composition diffère de celle de la fibrine, de l'albumine et de la caséine , est impropre à la Nutrition.
Puisqu'aucune partie de l'Oxygène absorbé ne ressort du corps sous une autre forme que celle d'une combinaison hydrogénée ou carbonée, et que de plus, dans l'état de santé, le Carbone et l'Hydrogène
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éliminés sont restitués à l'économie par les aliments, il résulte de cette liaison intime des deux actes de la Nutrition et de la Respiration que la quantité d'aliments nécessaire pour l'entretien de la vie doit être en rapport direct avec la quantité d'Oxygène < absorbée; c'est, en effet, ce qui arrive. L'enfant , dont les organes respiratoires sont plus actifs que ceux de l'adulte, prend, toute proportion gardée, plus de nourriture que ce dernier. L'Homme qui agit , qui respire plus vite par conséquent , mange plus que celui qui garde le repos ; et la quantité d'Oxygène inspiré par le poumon dépend non seulement du nombre des inspirations , mais encore de la température et de la densité de l'air. En hiver comme en été, aux pôles comme sous l'équateur , au bord de la mer comme sur le sommet des montagnes , nous respirons le même volume d'air, mais non le même poids; en hiver, aux pôles , au bord de la mer, cet air, plus condensé, contient plus d'Oxygène; il y a donc , sous l'influence de ces circonstances, nécessité d'une plus grande réparation que pendant l'été, que sous la zone torride, que sur le sommet des Alpes, et non seulement la réparation doit être plus grande , mais la proportion d'aliments non azotés doit augmenter. Les faits viennent à l'appui de ce que nous avançons. L'Homme, omnivore, mange bien plus de viande dans les contrées septentrionales que sous les tropiques, où la nourriture est presque entièrement végétale. L'habitant du Nord s'abreuve à longs traits de liqueurs fermentées où prédomine le Carbone, tandis que l'Arabe prend tout le jour du café contenant une notable quantité d'Azote. Les fruits des pays équinoxiaux contiennent à peine douze centièmes de Carbone, et la graisse, l'huile de poisson, si largement consommée par les peuplades hyperboréennes, ^en contiennent jusqu'à quatre-vingts.
Ce qui vient d'être dit de l'homme, dans les différentes positions d'âge, de climat, de genre de vie où il peut se trouver, s'applique également aux différentes classes d'Animaux; ainsi, l'Oiseau, à respiration si fréquente, à circulation si rapide, mange bien plus que le Reptile , que le Serpent qui, plongé dans l'engourdissement, supporte des mois entiers d'abstinence.
On peut donc poser en principe que la quantité d'aliments à consommer se règle sur le nombre d'inspirations , sur la température, et par conséquent sur la densité de t*air inspiré, ainsi que sur le degré de chaleur produite dans l'acte de la respiration , acte qui n'est qu'une véritable combustion.
Il arrive, parfois, que l'Hydrogène et le Carbone absorbés avec les substances alimentaires ne sont ni complètement ni immédiatement brûlés ; dans ce cas , il y a formation de graisse , qui s'accumule surtout dans le tissu cellulaire. Cette formation de graisse, presque nulle chez les Carnivores , qui ne consomment d'autres substances non azotées que la graisse des Herbivores, augmente chez les Animaux qui prennent une nourriture mixte, et parvient enfin au plus haut degré chez les Animaux domestiques auxquels on fournit des aliments non azotés en quantité bien supérieure à celle de l'Oxygène absorbé par eux. Cette accumulation , formée de graisse chez Jes animaux domestiques, a lieu normalement chez les animaux hibernants, qui se trouvent avoir aussi en réserve de quoi subvenir à la combustion respiratoire pendant leur temps de sommeil.
Le sang a reçu ses éléments réparateurs; d'une part , ceux qui lui ont été fournis par les aliments ; de l'autre, ceux qui, provenant de l'intérieur même des organes, se sont transformés en lymphe. Mais il n'est point encore propre à l'entretien de la vie , à la rénovation, à la recomposition des parties; il faut qu'il reçoive dans les poumons l'influence vivifiante de l'Oxygène, qu'il devienne sang artériel en abandonnant une certaine quantité d'acide carbonique (voy. circulation). Sous ce nouvel état-, il est transporté dans les parties les plus profondes des organes et des tissus où chaque molécule constituant chaque cellule primitive attire celle des substances nutritives avec lesquelles elle a le plus d'affinité, et la modifie pour se l'assimiler. C'estainsiquelenerf se forme de la substance nerveuse, le muscle de la substance musculaire; il n'y a pas jusqu'aux produits morbides organisés qui ne s'approprient de nouveaux matériaux. Les cellules ont en outre la propriété de retenir certaines substances qui diffèrent complètement de celles
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'dont elles sont formées elles-mêmes , telle est la graisse , par exemple; cependant , à mesure que s'opère ce travail de réparation, un travail de décomposition a lieu en sens inverse, la vie s'accompagnant d'un renouvellement continuel de la matière.
En déposant les molécules qui doivent servira renouveler les organes, le sang reprend donc celles qui doivent être éliminées; mais comment se fait cet échange?
Jusqu'à présent on l'ignore; l'acte de la Nutrition échappe à l'observation microscopique. Les globules sanguins ne sont évidemment point les matériaux assimilables ; d'un volume de beaucoup supérieur à l'épaisseur de la plupart des fibres qui constituent les tissus, ils portent constamment des artères dans les veines, en prenant une teinte plus foncée. Leur rôle, dans l'économie, a, sans contredit, une grande importance, mais il paraît tout-à- fait étranger à la Nutrition proprement dite.
En outre, les derniers vaisseaux capillaires ne se répandent point sur les fibres primitives, infiniment plus petites qu'eux. 11 faut donc admettre que l'échange des matériaux de composition et de décomposition a lieu au travers des parois de ces anciens vaisseaux capillaires , que la Nutrition s'accomplit par une sorte d'exsudation , aux dépens des parties dissoutes du sang, et par conséquent de la fibrine et de l'albumine. Ces parties dissoutes vont baigner les cellules et les fibres des tissus, et les vaisseaux lymphatiques ramènent ensuite dans le sang ce qui ne sert plus ou ce qui n'a pu servir à la Nutrition.
Les matériaux immédiats des organes existent déjà en partie dans le sang. Il contient, en effet, l' albumine , qui se retrouve dans le cerveau , dans les nerfs et dans un grand nombre d'autres tissus; la fibrine, qui forme les muscles et les différents organes musculeux ; la graisse non azotée déposée dans le tissu cellulaire; la graisse azotée et phosphorée , qui existe dans le cerveau ; le fer et les autres substances inorganiques que renferment la plupart des organes, et surtout les humeurs. Il est cependant certains matériaux particuliers qui doivent être produits aux dépens des matériaux immédiats des organes eux-mêmes , car il est impossible d'en retrouver les ana-
logues dans le sang ; telles sont la gélatine des os, des tendons, des cartilages, le tissu élastique , la substance cornée.
Résumons maintenant ce qui a été dit jusqu'à présent. Nous avons vu l'Homme (et ce que nous disons de l'Homme peu£ s'appliquer à tous les Animaux) , nous avons vu l'Homme prendre des aliments , les digérer, les assimiler en partie, rejeter par les fèces les portions non assimilables et en même temps certains produits sécrétés , tels que la bile, les mucosités intestinales, etc. Les matériaux assimilables ont été transportés , soit immédiatement, soit médiatement, dans le système vasculaire veineux , pour aller subir , avec le sang qui s'y trouve contenu, l'influence vivifiante de l'Oxygène atmosphérique inspirée par les poumons.
Devenu artériel , et propre à la Nutrition , le sang s'est répandu dans toutes les parties du corps pour y entretenir la vie, y renouveler les tissus , y réparer les pertes, y reproduire même , dans quelques cas , certaines parties.
Mais si l'Homme, si les Animaux empruntent aux aliments, ils doivent nécessairement restituer autant qu'ils empruntent, car, comme les végétaux, ils ne sont pas susceptibles d'un accroissement indéfini. Les aliments, quelle qu'en soit la nature, quel!'., qu'en soit la source, contiennent, ceux qui sont destinés directement à la Nutrition, de l'Oxygène , de l'Hydrogène , du Carbone et de l'Azote; les autres, servant de combustible dans l'acte respiratoire, des trois premiers éléments seulement, mais point d'Azote ; nous laissons de côté les substances inorganiques. L'Homme, les Animaux , absorbent de plus, par la respiration , une quantité d'Oxygène en rapport avec les besoins de chaque espèce. Eh bien ! ce même Homme , ces mêmes animaux, produisent, par l'expiration, de l'acide carbonique et de l'eau, et par les urines, de l'Ammoniaque (Hydrogène azoté) représentant les quantités d'Oxygène, d'Hydrogène, de Carbone et d'Azote, absorbées par la respiration et par les aliments ; il y a, en outre, production de Chaleur et d'Électricité, car l'oxydation du Carbone et de l'Hydrogène dans l'acte respiratoire ne peut s'opérer sans donner lieu à un dégagement de ces deux principes. Si, maintenant, nous jetons un coup d'oeil sur les Végétaux, nous
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les voyons fixer du Carbone, de l'Hydrogène , de l'Azote, de l'Eau , et fabriquer, à l'aide de ces matériaux, des matières organiques , tandis qu'ils rejettent de l'Oxygène dans l'atmosphère. Or, ces matières organiques servent à la nourriture des Herbivores, et ceux-ci, à leur tour, deviennent la pâture des Carnivores, qui trouvent tout formés dans leur proie, les principes nécessaires à leur nutrition. « Ainsi, tout s'enchaîne dans la nature, a dit l'illustre professeur auquel nous devons l'éloquent exposé de la Statique chimique des êtres organisés; rien ne se perd , rien ne se crée. On ne connaît ni création , ni transmutation d'éléments; tous les changements qui s'opèrent continuellement à la surface du globe sont dus à des combinaisons qui se font, ou à des combinaisons qui se défont. La matière du tapis de verdure, qui aujourd'hui revêt une prairie, fait paître le lendemain des animaux qu'elle nourrissait; quelques jours encore, et elle passera dans notre propre organisation , d'où elle s'en ira dans l'atmosphère, qui , la cédant à de nouvelles plantes, reproduira plus tard une nouvelle végétation » (A. D.)
NUTTAINIA. crust.— C'est un genre de l'ordre des Trilobites qui a été établi par M. Eaton , sur le fragment d'un bouclier céphalique de Trilobite , et qui a beaucoup de ressemblance avec la tête du Diplure de Dekay, mais paraît moins bombé, et avoir le bord antérieur prolongé et un peu relevé en forme de bec. C'est avec doute cependant que cette coupe générique estadoptée et dont la seule espèce connue est la Nuttainia sparsa. (H. L.)
NUTTALLIA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Rosacées ( tribu incertaine), établi par Torrey et A. Gray ( Flor. of north amer., ï, 412). Arbres des forêts de l'Amérique boréale. Voy. rosacées.
©eux autres genres ont été créés sous ce nom : l'un, par Dicks et Barton (Flor. Bor. amer., II, 74, t. 62), est synonyme du grand genre Mauve de Linné; l'autre, publié par De Candolle ( Happ. jard. genev., 1821 , p. 24 ), est syc. du genre Nemopanthes, Raûn.
KUTTALITE (nom propre). Brooke. min.
— Substance vitreuse, d'un éclat gras, qui,
par sa forme, se rapproche de la Paranthine, mais qui en diffère par une moindre dureté, et peut-être aussi par sa composition atomique. Elle se trouve en cristaux disséminés dans le calcaire à Bolton dans le Massachussets. (Del.)
rsiUX. bot. ph. — Voy. NOIX.
NUXIA. bot. ph. — Genre de la famille des Scrophularinées, tribu des Buchnérées, établi par Commerson ( ex Lam. illustr. , t. 70). Arbrisseaux du cap de Madagascar.
Voy. SCROPHULARINÉES.
*NU\TSIA. bot. ph. — Genre de la famille des Loranthacées, établi par R. Brown {in Journ. géograph. soc., I, 17). Arbres de la Nouvelle-Hollande. Voy. loranthacées.
NYALELIA, Denst. (Hort. Malab., IV, 16). bot. ph. — Syn. de Milnea, Roxb.
NYCTACTES , Gloger. ois. — Synonyme de Capito, Vieillot. (Z. G.)
NYCTAGINÉES. Nyctagineœ. bot. ph.— A.-L. de Jussieu a établi dans son Gênera, p. 90, sous le nom de Nyctages, Nyctagïnes, une famille de plantes qu'il range dans ses dicotylédones apétales, à étamines hypogynes. La circonscription de ce petit groupe, qui ne comprenait que quatre genres, est si nette et si tranchée, que les botanistes n'ont eu à l'altérer en rien , et qu'ils se sont bornés à modifier son nom de Nyctages en celui de Nyctaginées , et à l'enrichir de quelques genres nouveaux dont un examen plus approfondi ne manquerait certainement pas d'augmenter le nombre. C'est donc une des familles les mieux circonscrites de tout le règne végétal. Les plantes qui la forment sont herbacées ou ligneuses : dans le premier cas, rarement annuelles, plus souvent vivaces, à racine tubéreuse; dans le second, frutescentes ou arborescentes, à rameaux noueux-articulés, souvent épineuses. Leurs feuilles sont opposées, souvent inégales dans chaque paire , celle à l'aisselle de laquelle naît le rameau étant plus petite que l'autre, quelquefois alternes, simples, généralement entières, pétiolées, dépourvues de stipules. Leurs fleurs sont hermaphrodites , ou plus rarement unisexuelles, de grandeur extrêmement variable, depuis 1-2 millimètres jusqu'à 1 décimètre et plus de longueur. Elles sont accompagnées d'un invelucre 1-fiore ou pluriflore , dans le premier cas
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ressemblant à un calice , à bractées soudées ou distinctes, quelquefois colorées au point de faire de ces plantes de magnifiques espèces d'ornement ( Bougainvillea); cet involucre persiste souvent autour du fruit. Ces fleurs présentent : un périanthe unique généralement coloré , parfois même très brillant et aussi délicat qu'une corolle (Mirabilis), tubulé, à limbe en entonnoir ou hypocraté ■ rimorphe, à tube plus ou moins long, divisé en 4, 5, 10 lobes, quelquefois tronqué ou à peine denté à son bord , dont la base verdâtre, plus épaisse et accrescente, forme autour du fruit une enveloppe résistante, qui pourrait facilement être prise pour un péricarpe ; des étamines en nombre parfois égal à celui des lobes du périanthe, mais plus généralement remarquables par leur défaut de symétrie, soit de nombre, soit de position avec l'enveloppe florale, insérées sur le réceptacle, quelquefois soudées entre elles par leur base en une sorte de godet qui entoure la base de l'ovaire, à anthères introrses, biîoculaires ; un pistil à ovaire libre ou même un peu pédicule, formé d'un seul carpelle, très remarquable par son mode de développement, renfermant dans une seule loge un ovule unique ; cet ovaire est surmonté d'un style souvent un peu latéral , conséquence naturelle de son mode de formation, que termine un stigmate généralement renflé et couvert de grosses papilles en forme de bouteilles; rarement le style manque, et le stigmate est alors sessile.
Le fruit est un akène enveloppé par la base persistante du périanthe qui s'est accrue , s'est relevée de côtes , souvent de productions semblables à de gros poils capités, etc., autour duquel persiste encore assez fréquemment l'involucre ; cette circonstance a fait donnera ce fruit par quelques carpologistes une dénomination particulière (Scleranthum Moench , Dyclosium Desv. ). La graine , solitaire , a son tégument confondu avec le péricarpe; son embryon est toujours disposé de manière à envelopper l'albumen qui est farineux. Les observations organogéniques et embryogéniques que nous avons faites sur les Nyctaginées, et que nous nous proposons de publier prochainement, nous ont fait connaître des faits très curieux dont nous nous bornerons à signaler ici l'un des plus remarquables. Dans la Belle-de-Nuitde
nos jardins (Mirabilis jalapa), nous avons constaté l'existence de trois sacs embryonnaires groupés l'un à côté de l'autre ; l'embryon ne se développe que dans l'un d'eux, qui se sépare et s'isole des autres après que la fécondation a eu lieu.
Les particularités remarquables que présentent les Nyctaginées dans leur périanthe, leurs étamines , leur pistil et leur fruit, comme aussi dans la structure de leur tige (pour la connaissance de laquelle on pourra consulter entre autres ouvrages le beau mémoire de M. Unger sur l'anatomie des Monocotylédons etDicotylédons) ,ne permettent pas de leur assigner une place dans la série des familles naturelles ; le plus souvent on les range à côté des Polygonées, desquelles elles s'éloignent cependant à plusieurs égards.
Ces plantes croissent pour la plupart dans les contrées inter tropicales, particulièrement en Amérique. Un petit nombre d'entre elles sont cultivées comme jolies espèces d'ornement.
Voici le tableau des genres de Nyctaginées d'après M. Endlicher :
BoerhaviaL'm.;CollignoniaEnd\ic.;Abronia Juss. (Tricratus L'Hérit); Mirabilis Lin. (Nyctago Juss.; Jalapa Tourn.); Oxybaphus l'Hérit. (Calyxhymenia Or teg.; Calymenia Nuit. ; Vitlmannia Turr.); Allionia Lin.; Okenia Schiede; Tricycla Cavan.; Bougainvillea Commers. (Josepha FI. fl. ); Rei~ chenbachia Spreng.; Salpianthus H. et B. Boldoa Cavan.); Neea R. et Pav. ) Mitscher- UchiaKunlh); Pisonia Plum. (Calpidia Pet.- Thou.; Bessara Fl. fl.; Palavia Fl. fl.; Torrubia Fl. fl.; Columella Fl. fl.. — Genre douteux : Epilithes Blume. (P. D.)
NYCTAGO, Juss. (Gen. 90; Annal, de Russ. 11, 274). bot. ph.~- Syn. de Mirabilis, Linn.
NYCTALE. ois. — Genre établi par Brehm sur la Chouette Tengmalm. (Z. G.)
*I\lCTALEMOïV. ins. —Genre de Tordre des Lépidoptères diurnes, démembré des Urania par Dalmann , et placé par M. Blanchard ( Hist. des Insecles , suites à Buffon Duménil) , dans la tribu des Hespérides, groupe des Cydimonites. On ne connaît qu'une espèce de ce genre, le Nyclalemon orontes Del m. (Papilio orontes Linn., Fab., Cram,, Urania oronles God.), qui ha-
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bite les îles de l'Inde australe (Amboine, Java , etc.) (L.)
NYCTALOPS. ois. — Genre établi par "Wagler sur une espèce de la famille des Chouettes. Cette espèce porte pour Wagler Je nom spécifique de Stygius. (Z. G.)
*NYCTALUS(vuxra*oç, nocturne), mam.
— M. Lesson (Nouv. tàbl. des Mamm., 1842) a créé sous ce nom un sous-genre du grand genre Vesperlilio {voy. ce mot), et il y place quatre espèces , provenant des Indes orientales, les Vesp. Temminckii, Belangeri, Heathii et Aleclo. (E. D.)
NYCTANTHES (vwÇ, nuit ; avQoç, fleur).
bot. ph. — Genre de la famille des Jasmina* cées, établi par Linné {Gen. n. 16)etdontIes principaux caractères sont : Calice tubuleux, 5-den té. Corolle hypogyne,hypocratériforme, à limbe 5-8- parti. Étamines 2, insérées au lube de la corolle, incluses. Ovaire à 2 loges uni-ovulées. Style court ; stigmate capité. Capsule membraneuse, comprimée, à loges monospermes.
Les Nyctanthes sont des arbrisseaux de l'Asie tropicale , à rameaux tétragones , à feuilles opposées , pétiolées , ovales ou oblongues , acuminées, cordiformes à la base, «cabres ; à fleurs disposées en ombelles invoîucrées, axillaires et terminales.
Le NïCTANTHE ARBRE TRISTE, NiJCtdntheS
arbor tristis Linné , principale espèce de ce genre , est cultivée depuis longtemps dans les jardins d'Europe. Ses fleurs, d'une couleur jaunâtre, exhalent une odeur agréable aux approches de la nuit. (J.)
NYCTEA, Steph. ois. — Synonyme de Noctua , G. Cuv. , genre établi sur la Chouette Harfang. Voy. chouette. (Z. G.)
*NYCTEIS (vvxxco;, nocturne), ins. — Genre de Coléoptères pentamères , famille des Carabiques, tribu des Brachinites, créé par Laporte {Éludes Ent., p. 148; Hist. des Animaux articulés, t. II, p. 56 ). Deux espèces de Madagascar rentrent dans ce genre : les N. Madagascar iensis Gory, et brevicollis Lap.
Dejean a compris à tort la première parmi ses Coptodera. (G.)
NYCTEL.EA, Scop. (Introduct. n. 775).
bot. ph. — Syn. d'Ellisia Linn.
NYCTELIA (wxTctÀoç, qui aime l'obscurité ). ins. — Genre de Coléoptères hétéromères, famille des Mélasomes, tribu des
Piméliaires, créé par Latreille ( Règne animal de Cuvier , t. V , p. 8) et adopté par Dejean {Catalogue, 3^ édit., p. 306), qui en énumère 24 espèces de l'Amérique méridionale. Solier {Annal, ^e la Soc. Ent. de Fr., t. V, p. 308), fait de ces Insectes une tribu, qu'il nomme Nyclélites, et réduit ce genre à une seule espèce : la Nyctelia nodosa ( Zophosis) de Gr. ; elle provient du Chili. (C.)
*NYCTÉLITES. ins. — Cinquième tribu de Coléoptères hétéromères formée par Solier {Annal, de la Soc. Entom. deFr., 1836, t. V, p. 303 à 349), et rentrant dans les Collaptérides de l'auteur. Elle a pour caractères principaux : Menton laissant un intervalle notable entre les bords latéraux et ceux de l'échancrure progéniale , rétréci vers la base , plus ou moins échancré, divisé en deux lobes arrondis, subtronqués, subrectangulaires, rarement en croissant; languette presque entièrement recouverte par le menton ; palpes maxillaires, terminés quelquefois par un article sécuriforme qui, le plus souvent, est plus gros que le précédent, tronqué ou arrondi à l'extrémité. Le dernier article des labiaux est renflé , ovalaire, subcylindrique, très rarement élargi, subsécuriforme ; yeux grands, peu saillants, latéraux , transverses ; écusson recouvert par le prothorax, ou à peine apparent; élytres peu convexes, déprimées en dessus, fortement embrassantes ; leur flanc est large à sa base et se rétrécit brusquement en bordure linéaire; mésosternum et métasternum réunis en un point au-dessus des hanches intermédiaires; épimère métathoracique entièrement caché par les élytres ; pattes couvertes de poils nombreux, laineux, serrés et disposés en bordure; antennes de 11 articles, à troisième plus long que le suivant, à dernier ovalaire, dégagé du pénultième.
Cette tribu renferme les 8 genres suivants : Nyctelia, Plectroscelis , Cerostena, Mitragenius, Auladera, Callyntra, Epipedonota et Entomoderes. Toutes les espèces qui rentrent dans ces genres appartiennent à l'Amérique méridionale. (C.)
NYCTÈRE. Nycteris (vuxtepiç, chauve- \ souris), mam. — Genre de Mammifères Carnassiers Chéiroptères, créé par Et. Geoffroy Saint-Hilaire {Hist. nat. de l'Egypte, t. II , 1814) , et adopté par les zoologistes.
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Les Nyctères ont 32 dents, savoir: incisives £; canines '—; molaires ^ ; le chanfrein est creusé d'une fosse profonde longitudinale, les narines sont à peu près re- 1 couvertes par une sorte d'opercule cartilagineux et mobile , les oreilles sont très grandes, très couvertes , antérieures, contiguës à leur base; l'oreillon est presque extérieur ; la membrane interfémorale est plus grande que le corps, et comprend la queue qui est terminée par un cartilage bifurqué et en forme de x renversé.
Ce genre ne comprend que quatre espèces :
1° Le Nyctère de la Tuébaïde , Nycteris Thebaicus Geoffr. (loc. cit.), N. Geoffroyii A. G. Desm., qui n'a pas plus d'un pouce dix lignes de haut du museau à l'origine de la queue, et dont le pelage, doux et fin, est brun en dessus et gris-brun clair en dessous. Se trouve en Egypte, en Nubie , au Sénégal et au Cap de Bonne- Espérance.
2° Le Nycteris hispidus Linn., N. Daubentonii Et. Geoffr. , Campagnol volant Daubenton. — Du Sénégal.
3° Le Nycteris Javanicus Et. Geoffroy.
— De Java.
4° Le Nycteris capensis Smith. — De l'île de Pâques. (E. D.)
*i\ ICTERE ETE S (»»«£p£VT^5, vigilant la nuit), mam. — M. Temminck (V. D.
Hœv. Tijdschr.) indique ainsi une subdivision du grand genre Chien. Voy. ce mot.
NICTÉRIBIE. Nycteribia (vv£,nuit; €toç , vie ). ins. — Genre de l'ordre des Diptères , famille des Pupipares , tribu des Phthiromyies, créé par La treille (Ilist. nat. des Ins., 1803), et adopté par tous les zoologistes. Ces Insectes, placés par Linnaeus dans le genre Pediculus , et par Hermann dans celui des PhUiiridium , avait d'abord été mis par Latreille dans la classe des arachnides , et ce n'est que plus tard qu'il ta fit des Diptères, et depuis ils sont restés jans cet ordre.
Les Nyctéribies ont pour caractères : Tête très petite, élevée verticalement ; pieds écartés ; cuisses et jambes épaisses : ces derniers à longs poils ; tarses allongés, très menus ; premier article très long et arqué , les autres très courts; ongles simples; pas d'ailes ni de balanciers.
Ce genre, quoique étudié avec soin par plusieurs zoologistes, ne nous est pas encore bien connu : toutefois on possède d'assez nombreux matériaux sur son organisation , et nous croyons devoir entrer dans quelques détails à ce sujet. Le corps des Nyctéribies est rès singulier : le corselet est plat et demi-circulaire; le derme de la face inférieure est coriace, en forme de plan égal, et présente, près de son extrémité, une ligrs; enfoncée extérieure, offrant un angle ifni semble indiquer la suture ou la réunion d segment antérieur du tronc et du suivant le derme de la face opposée ou le dos est membraneux, avec divers enfoncements, séparés par des arêtes dont les crêtes som d'une consistance plus solide ou coriace, ou de la nature du derme inférieur. Le milieu du dos présente une cavité longitudinale et qui se termine postérieurement , du moins dans le Nycteribia vesperlilionh , par une partie élevée formant le capuchon ; les arêtes des côtés sont transversales. La tête peut se rejeter en arrière, et son extrémité est reçue dans le capuchon. La tête, très distincte du corselet, ressemble à un tubercule assez grand et presque ovoïde , velu , implanté , au moyen d'un article très court servant de pédicule, sur le dos de cette partie, entre son milieu et celui de son extrémité antérieure, immédiatement derrière le point où prennent naissance les deux premiers pieds : cette tête forme une sorte de capsule coriace en cône renversé, comprimée, échancrée à son extrémité supérieure, et creusée en voûte à la partie antérieure. Les antennes, qu'Hermann n'a pas vues, et qu'il dit ne pas exister dans ce genre, ont été aperçues par Latreille : elles sont insérées dans l'échancrure du bord supérieur, très courtes, contiguës l'une à l'autre, avan çant parallèlement, composées de deux articles dont le dernier plus grand, presque triangulaire, et arrondi extérieurement. Les yeux légèrement saillants, noirs et composés de petits grains réunis, sont placés de chaque côté, et immédiatement au-dessous de la naissance des antennes. Les palpes sont insérés en avant des yeux , et aux extrémités un peu avancées des bords internes de la cavité orale : ils se présentent comme deux petites lames oblongues , étroites , obtuses ou arrondies, et garnies de poils. Dans l'in
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tervalle qui sépare les palpes, on dislingue le tubercule arrondi ou le bulbe d'où part le suçoir, que Latreille présume être semblable à celui des autres Pupipares. Les deux premières pattes, naissant à l'extrémité antérieure et supérieure du thorax, sont très rapprochées à leur base, et se portent en avant: ces pattes diffèrent des autres, qui se fixent aussi sur le pourtour supérieur du thorax, en ce que le premier article des hanches est libre et même assez allongé; le second articledeceshanches, ainsi que le même des suivantes , est très court, et ne peut se rencontrer qu'en dessous : ces pattes , par leur forme, leur écartement et leur direction, ressemblent beaucoup à celles des Hippobosques , mais elles sont plus longues , et leur premier article des tarses est plus long, grêle et arqué. Entre la première paire de pattes et la seconde, près des bords et de chaque côté, est une cavité, tantôt presque ovale, tantôt linéaire et arquée , dans laquelle on observe une rangée de petites lames ou de dents imitant un peigne, et formant en cette partie une tache noire : ces ouvertures sont destinées à l'entrée de l'air. L'abdomen est ovoïde, tantôt de six à huit anneaux découverts, tantôt paraissant en avoir beaucoup plus : le premier étant prolongé en arrière, et cachant les quatre suivants. Leach dit que dans ces derniers individus, qu'il croit des mâles, le segment terminal est le plus grand, et porte deux styles soyeux à leur extrémité, et les individus dont l'abdomen offre un plus grand nombre d'anneaux, sans avoir d'appendices saillants au bout, appartiendraient au sexe femelle. Hermann a donné une description des organes générateurs du mâle , qui sont composés d'un style aussi long que les soies que Latreille décrit, etcourbés à angles obtus en avant : ce style est divisé en deux lames , entre lesquelles est une autre tige en forme de soie, qui est probablement le pénis. Tels sont les principaux points de l'organisation des Nyctéribies , et l'on doit presque tous ces détails à Latreille (Nouv. Dict. d'hist. nat. de Déterville), auquel nous les avons empruntés.
Les Nyctéribies vivent sur les Chauves- Souris ; elles courent très vite quand elles sont sur le corps de l'animal ; mais une fois qu'on les en a séparées, elles ne peuvent plus
marcher , et ne font que des mouvements désordonnés.
On a observé que ces Insectes se renversent sur le dos pour sucer le sang des Chauves-Souris : leur tête étant placée sur le dos, il était difficile, avant cette observation , de concevoir comment la Nyctéribie aurait pu approcher sa bouche de la peau de sa victime.
On indique trois espèces de ce groupe ; mais une seule est bien connue ; c'est :
La Nyctéribie de la Chauve-Souris, Nycteribia vesperlilionis Latr., Phthiridium Hermannii Leach , Ph. Latreillii Leach, Acarus vespertilionis Linné , longue de moins de 2 lignes. Le dessus du corps et les pattes d'un jaunâtre roussâtre ; le dessous du corselet d'un brun rougeâtre, avec une ligne noire au milieu. Se trouve aux environs de Paris , et dans presque toute l'Europe , sur la Chauve-Souris fer-à-cheval.
Les deux autres espèces sont :
La Nyctéribie bi-articulée, Nycteribia biarticulata (Encycl. rnélh.), Phlhiridium biarticulatum Hermann. Réunie à la précédente par quelques auteurs, elle a la tête glabre, et l'abdomen a deux segments distincts et terminés par deux soies coniques , ce qui n'a pas lieu dans la N. vespertilionis. Du reste, elle se trouve dans les mêmes lieux et sur le même animal.
Et la Nyctéribie de Blainville , Nycteribia Blainvillii Latr., Phthiridium Blainvillii Leach. Plus grande que les deux autres ; d'un brun-marron foncé avec les pattes plus claires. A été rapportée de l'Ile-de-France. (E. Desmarest.)
*NYCTERIDIUS (vimeptSieç, nocturne).
ins. — Synonyme de Lophyrus (voy. ce mot) d'après M. Fischer de Waldheim (Mém. Nat. Mus., I, 1806). (E. D.)
NYCTERINIA , Don (in Sweet FI. gard.
II, t. 239). bot. ph. — Syn. de Zaluzianskya, J. W. Schmidt.
*NYCTERINUS (luxtepivoç, nocturne). ins. — Genre de Coléoptères hétéromères, famille des Méiasomes, tribu des Blapsides, créé par Eschscholtz (Zoologischer Allas, 3e cah., p. 13, pi. 15, fig. 7), adopté par Dejean (Catalogue, 3e édit., p. 210) et par Guérin-Méneville (Voyage de la Coquille , Ins. Atlas, p. 93, pi. 4, fig. 3 A. B. C. D. ). Quatre espèces du Chili sont
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rapportées à ce genre : les N. elongatus , substriatus Dej., thoracicus et abdominalis Esch. Ces Insectes sont complètement noirs ; leurs mœurs ne sont pas connues. (C.)
NYCTERISTITIUM , Ruiz et Pav. {Flor.
peruv. II, 46, t. 187). bot. ph. — Syn.de Chrysophyllum Linn.
NYCTERIUM, Vent. ( Malmais. 85).
bot. ph. — Syn. de Solarium Tournef.
NYCTEROPUS (vuxrepwwoç, nocturne).
ins. — Genre de Coléoptères hétéromères, famille des Sténélytres, tribu des Hélopiens, créé par Klug ( Bericht uber eine aut Madag., p. 175 , 177 , pi. 4 , fig. 2). Les types sont les N. anlhracinus et ebeninus. Guérin-Méneville ( Magasin zoologique, 1838 , p. 203 , Obs. sur les genres Dolichoderus et Nycteropus de Klug) établit que les Dolichoderus du même auteur ne doivent former avec les Nycteropus qu'un seul et même genre, de sexes différents; et que l'absence ou la présence d'ailes ne peut être un motif de les séparer : ainsi le D. acuminatus serait le mâle et le N. anthracinus la femelle. M. Goudot, voyageur français, établi à Madagascar, les a pris accouplés aux environs de Tamatave , sur un arbre nommé dans le pays tacamatha. On doit considérer comme faisant encore partie du genre les espèces suivantes: D. striatus, klugii, N. rufipes, resplendens, ovalis de L., et D. capensis Reiche. (C.)
NYCTEUS, Latr. ins. —Syn. iïEucinetuSy Guér.
NYCTHEMERUS, Swains. ois. — Syn.
de Houppifère, Temm. Voy. ce mot.
NYCTIA. ois. — Synonyme de Nyctea.
NYCTIARDEA, Swains. ois.— Synon. de Nycticorax, Steph., genre qui a pour type le Héron bihoreau. (Z. G.)
NYCTIRIUS, Vieill. ois. —Genre de la famille des Caprimulgidées. Voy. engoulevent. (Z. G.)
*NYCTIRORA (v^, nuit; 6ôPa, nourriture), ins. — Subdivision de l'ancien groupe des Blattes {voy. ce mot), d'après M. Burmeister {Handbuch der Ent. II, 1838).
NYCTICERUS (vuÇ, nuit; x~£oç, singe).
bam. — Genre de Quadrumanes de la famille des Makis, créé par Et. Geoffroy Saint-Hilaire {Ann. Mus., XIX, 1812) pour une espèce qui avait été placée d'abord dans
le genre Lemur par Gmelin , et ensuite dans celui des Loris par G. Cuvier et Fischer. Depuis, ce genre a été adopté par tous les naturalistes, qui n'y placent que trois espèces.
Les Nycticèbes ont le corps assez épais et ramassé; leur tête est ronde et terminée par un museau court et obtus , et un nez petit et aplati en devant ; les yeux sont très grands, nocturnes, rapprochés et dirigés en avant; les oreilles sont courtes, arrondies, velues; ils ont six incisives inférieures proclives; tantôt deux et tantôt quatre incisives supérieures, et dans ce dernier cas les intermédiaires sont écartées, et les latérales sont les plus petites; les canines sont médiocres , et les molaires , au nombre de six de chaque côté à la mâchoire supérieure, et de cinq seulement à l'inférieure ; de ces dernières dents , celles du fond sont à loge couronnée, éyidée à leur centre et tuberculeuse aux angles; les doigts des pieds sont en tout semblables à ceux des animaux de la même famille, c'est-à-dire que les ongles sont en général en gouttière et obtus , et que le seul ongle du deuxième doigt des pieds de derrière est fort long et subulé ; enfin la queue est rudimentaire.
Ces animaux ont beaucoup de ressemblance avec les Loris , principalement par le nombre et la forme de leurs dents, par la brièveté de la queue , par la forme des oreilles, etc. ; mais ils en diffèrent par la forme du museau , qui n'est pas brusquement pointu et relevé ; par leurs membres courts et forts, et non pas longs et grêles; par leur corps épais et non pas maigre et fluet comme celui des Loris. Us diffèrent des Galagos et des Tarsiers , parce qu'ils n'ont pas, comme eux, les membres postérieurs disproportionnés par leur longueur à ceux de devant, et parce qu'ils n'ont qu'une queue très courte.
Les Nycticèbes sont très lents et très indolents, ce qui leur a valu les noms de Paresseux et de Tardigrades ; ils semblent ne pas pouvoir se soutenir; lorsqu'ils marchent à quatre pattes, leurs jambes s'écartent de leur corps, de sorte que leur poitrine et leur ventre touchent presque le sol; ce qui leur donne une physionomie singulière et les a fait comparer à de jeunes Chiens qui viendraient de naître, et
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que leurs membres n'auraient pas encore la force de porter. Ils dorment presque tout le jour, la tête posée sur la poitrine, car ce sont des animaux essentiellement nocturnes. Ils se nourrissent principalement d'insectes et de petits Oiseaux; mais ils mangent aussi des fruits sucrés, et ceux que Ton a conservés en domesticité mangeaient même du pain.
L'espèce la mieux connue est :
Le Nycticèbe du Bengale, Nyctkebus bengalensis Et. Geoffr. , Desm. ; Paresseux
PENTADACTYLE DU BENGALE Wosmaër ; LORIS
du Bengale Buffon ; Lemur tardigradus Linné, Gm. ; Loris paresseux G. Cuvier, etc. Sa longueur totale est d'environ trentetrois centimètres; son pelage est roux, avec la ligne dorsale brune, etc. — Se trouve principalement au Bengale.
Les deux autres sont :
Le Nycticèbe de Java , Nyctkebus javanicus Et. Geoffr., qui est encore peu connu.
Et le Nycticèbe de Ceylan , Nyctkebus ceylankus Et. Geoffr., qui n'est connu que par une planche de Séba, qui lui donne le nom de Tardigradus ceylankus.
Enfin, le Potto de Bosman, qui a été placé par quelques naturalistes dans ce genre, doit probablement former un groupe distinct et plus voisin des Galagos. Voy. ce mot. (E. D.)
*NYCTICÉE. Nycticeus.ukVL.-~ Les Chéiroptères de la famille des Chauves -Souris proprement dites, ou Vespertilions, ont, en général , deux paires de dents incisives à la mâchoire supérieure, quel que soit le nombre de leurs molaires. Il en est cependant qui n'en présentent qu'une seule paire. Rafinesque leur a donné depuis longtemps le nom de Nycticées. Tel est le Vespertilio lasiurus ou noveboracensis des États-Unis d'Amérique, qui présente un caractère non moins, remarquable dans les poils nombreux et semblables à ceux du dos, qui recouvrent la face supérieure de sa membrane interfémorale. Les Chauves-Souris voisines de cette espèce ont été recueillies à l'embouchure de la Plata {Vesp. Blossevillei ou Bonarknsis Lesson ), à Cuba et au Chili. Nous avons donné la description de celles-ci dans les ouvrages de MM. de la Sagra et Gay sur Cuba et sur le Chili.
L'Inde et l'Afrique ont aussi fourni des
espèces de Nycticées, mais qui n'ont pas la membrane interfémorale velue en dessus.
Tels sont les Vespertilio nigrita, leucogaster, Belangeri, borbonkus, Temminckii et Keathii, dont on trouvera la description dans les Monographies de mammalogie de M. Temminck, t. II, p. 147. Les dents molaires , étudiées dans les différentes espèces de Nycticées , présentent quelques différences de nombre qui peuvent être aussi employées comme caractères distinctifs. (P. C.)
NYCTICORAX, Steph. ois. — Genre de la famille des Ardéidées , établi sur !e Héron bihoreau. (Z. G.)
N1CTIDROMUS, Gould. ois. — Genre de la famille des Engoulevents.
N1CTINOMUS (vv$, nuit; Wf*£ç, habitation), mam. — Et. Geoffroy Saint-Hilaire (Hist. nat. d'Egypte, t. II, 1814) a créé sous ce nom un genre de Carnassiers Chéiroptères , pour y placer une espèce qu'il a découverte en Egypte, et deux Vespertilio de Buchanan et d'Hermann ; depuis, le nombre des espèces de ce groupe a augmenté, et M. Lesson ( Nouv. tableau des Mamm. , 1842) en compte sept.
Les Nyctinomes ont trente dents ; savoir : deux incisives supérieures coniques et contiguës ; quatre incisives inférieures très petites et comme entassées au-devant des canines, qui sont en totalité au nombre de quatre et médiocrement fortes; dix molaires à chaque mâchoire, cinq de chaque côté, et dont les deux premières sont simples, et les trois dernières plus fortes et à couronne hérissée de pointes aiguës; le nez est camus , confondu avec les lèvres, et celles-ci sont profondément fendues et ridées; il n'y a pas de crêtes ou de feuilles membraneuses sur le nez, ni de sillon le long du chanfrein ; les oreilles sont grandes , réunies et couchées sur la face, et leur oreillon est extérieur ; les ailes sont grandes, avec le pouce très court ; le doigt indicateur n'a pas de phalange, le médian en présente trois; l'annulaire et le petit doigt n'en ont que deux ; les pieds de derrière sont couverts de poils très longs ; la queue est longue et enveloppée par une membrane interfémorale moyenne.
Ces animaux se rapprochent de plusieurs groupes de Chauves-Souris, et particulièrement des Molosses , dont ils diffèrent en ce
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que ces dernier» ont deux incisives inférieures de plus que les Nyctinomes , et en ce qu'ils n'ont pas, comme ceux-ci, les pieds couverts de longs poils, les lèvres très profondément ridées et les membranes bordées de poils.
Nous ne citerons, parmi les espèces, que :
Le Nyctinome d'Egypte , Nyctinomus JEgyptiacus Et. Geoffr. {loc. cit.), qui a trois pouces de longueur totale pour la tête et le corps ensemble, et dont le pelage , roux en dessus, est brun en dessous. A été trouvé en Egypte dans les tombeaux et les souterrainsdes grands édifices abandonnés. (E.D.)
NYCTIORNIS , Swains. ois. — Division du genre Guêpier. Voy. ce mot. (Z. G.)
*NYCTIPATES (vv$, nuit; ««va», errer), ins. — Genre de Coléoptères hétéromères , famille des Mélasomes , division des Blapsides, formé par Dejean {Catalogue, 3e édit., p. 209) avec deux Insectes de Turcomanie , N. carinata et coriacea, qui ont été reconnus depuis se rapporter à la même espèce, et n'être que le mâle et la femelle. Motchoulski (Mémoire de la Soc. imp. desnat. de Moscou, 1845, tom. XVII, p. 69 ) désigne deux autres espèces du même pays : les N. costata Fisch. , et le Blaps inflata Zoubk. (C.)
*NYCTIPETA(vuxtoç, nocturne; ««ré», errer ). ins. — Genre de Coléoptères subpentamères, tétramères de Latreille , famille desLongicornes, tribu des Cérambycins, formé par Eschscholtz , et qui a pour type la N. Luzonica, espèce originaire des îles Philippines. Dejean fait entrer, mais à tort, cet Insecte dans son genre Hespérophanes. (C.)
*NYCTIPITHECIJS, Spix (*4|, nuit; *rc'0/,xoç, singe), mam. — Synonyme de Nocthora et d'Aotus. Voy. ces mots. (E. D.)
*NYCTOBATES (rfg, nuit; g«T^p , marcheur), ins. — Genre de Coléoptères hétéromères, famille des Mélasomes , tribu des Ténébrionites, créé par Guérin-Méneville (Mag. de Zoologie, 1834, p. 34, pi. 15) et qui a pour type le N. gigas (Tenebrio) de Linné et le tibialis de l'auteur. Y ont été comprisdepuis les maximus Gr., sulcatus, nitidulus F., angulatus Er. (Iphithinus ) et beaucoup d'autres espèces. Chez ces Insectes le labre est très saillant et arrondi ; les antennes grossissent très sensi-
blement vers l'extrémité, et leurs derniers articles sont comprimés. (C.)
*J\YCTOCHAPJS (vu$, nuit; XafP» , se réjouir), ins. — Genre de Coléoptères pentamères , famille des Malacodermes , tribu des Lampyrides, , formé par Dejean ( Catalogue, 3e édit. , p. 115) avec trois espèces américaines : les N. Lacordairei, pennicornis Dej., et phyllog aster Dej. Les deux premières sont du Brésil, et la troisième est de Cayenne. (C.)
*NYCTOCLEPTES (w'£, nuit ; Aémvç , dissimulé), mam. — M.Temminck(i¥ono<7r. de mammalogie,t. H, p. 40) a décrit sous ce nom un genre de Mammifères rongeurs qui est fort voisin du Zemmi et du Zokon, de l'Europe occidentale et de l' Asie-Mineure , mais qui diffère de l'un et de l'autre en ce qu'il est moins profondément modifié pour la vie aquatique. Cet animal a été indiqué par G. Cuvier sous la dénomination de Spalax javanus. C'est aussi le ilfws sumatrensis de Raffles, et le type du genre Rhizomys de M. J.- E. Gray. Nous en avons donné la description et une figure dans la partie zoologique du Voyage de la Bonite; M. Temminck l'appelle Nyctoclepte Dekan , il est originaire de la presqu'île malaise. On le trouve dans les plantations de Bambous : il est nocturne et fouisseur. Ses proportions sont robustes; sa queue moins longue que le corps; ses ongles propres à fouiller le sol ; sa tête moins aplatie que celle du Spalax ; ses yeux petits , mais néanmoins fort visibles, et ses oreilles assez petites. C'est de tous les Rats-Taupes de l'ancien-monde l'espèce la moins modifiée pour la vie souterraine; sa taille égale presque celle d'un Lapin de garenne. (P. G.)
*NYCTOPÈTES ( vu? , de nuit; irarca , errer), ins. — Genre de Coléoptères hétéromères , famille des Mélasomes , tribu des Ténébrionites , créé par Guérin - Méneville ( Voyage de la Coquille , Zoologie, pag. 97, pi. 4, fig. 7) et qui se compose de trois espèces du Chili. Le type, le JV. tenebrioides de l'auteur, vient de la Conception. (C.)
*NYCTOPHANES, Dejean. ins.— Synonyme de Aspisoma de Laporte. (C.)
NYCTOPIIILUS (viîl, nuit; yftoç , qui aime), mam. — Leach a décrit sous ce nom générique , dans les Transactions de la Société linnéenne de Londres, un genre de Chéiroptè-
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res sur lequel M. Temminck a donné depuis lors (Mon. demam., t. II, p. 46) des détails plus circonstanciés. Ce genre ne comprend encore qu'une seule espèce , qui provient d'une région encore inconnue de l'Océanie; ii appartient au même groupe que les Nyctères et les Rhinolophes. Voici ses caractères : Une paire d'incisives supérieures et deux inférieures , les supérieures caniniformes ; une paire de canines et quatre de molaires à chaque mâchoire ; oreilles très grandes , réunies sur le front, et pourvues d'un tragus lancéolé ; une membrane nasale.
Nyctophile de Geoffroy, Nyctophilus Geoffroyi Leach (loc. cit.), Temm. (Monogr., t. II, p. 47, pi. 34), la seule espèce connue. Elle est moins forte que la Pipistrelle d'Europe ; son oreillon égale en longueur la moitié de l'oreille; son museau est pointu , et elle présente sur le nez deux petites feuilles dont la postérieure est la plus élevée. Le corps et la queue sont longs de 2 pouces 8 lignes. (P. G.)
*NYCTOPORIS (vuÇ, nuit ; Trwpo'w, s'endurcir), ins. — Genre de Coléoptères hétéromères , famille des Mélasomes, tribu des Blapsides, créé par Eschscholtz (Zoologischer atlas, t. IV, p. il, tab. 18, fig. 4), adopté par Dejean [Catalogue, 3e édit., p. 203) et par Manneïheim (Beitrage zur Kœferfn., 1843 , p. 91). Deux espèces font partie de ce genre : les N. cristata et œquicollis Esch. ; elles sont originaires de Californie. (C.)
NYCTORNIS , Nitzsch. ois. — Syn. de Nyctibius , Vieil I.
*NYCTOZOILUS (vuÇ , de nuit), ins.— Genre de Coléoptères hétéromères , famille des Mélasomes, tribu des Nyctélites, établi par Guérin-Méneville (Magasin zoologique , 1834 ; Matériaux pour une classification des Mélasomes , pi. 104), avec une espèce de la Nouvelle-Hollande, le IV. obesus Gn. (reliculalus Dej.). (C.)
NYLANDTIA, Dumort. (Famill. 23).
bot. ph. — Syn. de Mundia, Kunth.
NYLGAU. mam. — Syn. de Nil-Gault.
NYMPHACÉES. mole.— Famille de Mollusques conchifères dimyaires, établie par Lamarck pour un certain nombre de genres intermédiaires entre les Solens et les Conques et caractérisés par la coquille souvent un peu bâillanteaveclesnymphes saillantes, le ligament extérieur et une ou deux dents
cardinalesau plus sur la même valve ; il le» divisait en Nymphacées solénaires et Nymphacées tellinaires; mais une observation plus complète de ces Mollusques a conduit M. Deshayes à distribuer autrement les mêmes genres. Voy. mollusques. (Duj.) NYMPILEA. bot. ph. — Voy. nénuphar.
NYMPILEACÉES. Nymphœaceœ. bot.
ph. — A.-L. de Jussieu comprenait les deux genres Nymphœa et Nelumbium dans sa famille hétérogène des Hydrocharides qu'il plaçait à l'extrémité des Monocotylédons ; cependant dans une de ces remarques qu'il jetait souvent à la suite des genres et qui révèlent pour la plupart ce sentiment exquis des affinités qui le distinguait, il a indiqué l'analogie qui lui semblait exister entre ces genres et les Pavots. Plusieurs années après, Salisbury ( Descript. of the naiural order of Nymphœa, in Konig Ann. of Bot. II, pag. 69-76) retira ces deux genres des Hydrocharides de Jussieu pour en former la famille des Nymphœacées que De Candolle et après lui, tous les botanistes adoptèrent, et qu'ils s'accordèrent généralement à placer parmi les Dicotylédones polypétales, à étamines hypogynes, à côté des Papavéracées, conformément à l'idée émise primitivement par l'immortel auteur du Gênera. Dans ces dernières années, cette petite famille a été encore restreinte, le genre Nelumbium en ayant été extrait pour devenir le type de la famille des Nélumbonées, et, par là, elle s'est trouvée réduite à la circonscription avec laquelle nous l'envisageons ici.
La famille des Nymphœacées se compose de plantes aquatiquesqui sefixent à la terre par un rhizome épais et féculent, tantôt globuleux oupyriforme, tantôt allongé et horizontal. Leurs feuilles ontun long pétiole qui les élève à la surface des eaux ; leur lame est grande, arrondie ou ovale, en cœur à sa hase ou peltée, entière ou légèremenÉ dentée; elles sont dépourvues de stipules. Leurs fleurs sont régulières, grandes et très belles , bleues , blanches , rouges ou jaunes; il en est parmi elles que leur grandeur et leur beauté placent au nombre des merveilles du règne végétal , comme celles des Nelumbium, surtout du Victoria. Elles présentent les caractères suivants : Calice à 4-5, très rarement 6 sépales libres ou soudés inférieurement en tubecourt , adhérent ; disque
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charnu, urcéolé , recouvrant les ovaires, tantôt distinct du calice et portant à diverses hauteurs les pétales et les étamines, tantôt adhérent au calice dont il réunit intérieurement les sépales en tuhe et portant à son extrémité la corolle et les étamines; corolle à pétales nombreux, disposés sur deux ou plusieurs rangs, dont les intérieurs passent peu à peu à la forme des étamines , très rarement {Barclaya) soudés en une corolle gamopétale; étamines nombreuses, en plusieurs séries, les extérieures à grand filet pétaloïde et anthères rudimentaires , les intérieures à filet d'autant moindre que l'anthère prend plus de développement; pistil formé de nombreux carpelles verticillés et réunis , d'après la majorité des botanistes , en un seul corps par un disque très développé, adhérente la surface externe de leur portion ovarienne; il en résulte l'apparence d'un ovaire multiloculaire, renfermant un grand nombre d'ovules anatropes insérés sur les cloisons; stigmate pel té, rayonné , sessile ou porté sur un style court, persistant. Le fruit est recouvert d'une couche charnue formée par le disque épaissi; ses loges sont remplies de pulpe dans laquelle sont plongées les graines; il est multiloculaire et, s'ouvre d'ordinaire irrégulièrement en se décomposant. Graines nombreuses, à tégument externe dur, à tégument interne membraneux , remarquables par la présence de deux albumens farineux, dont l'externe, qui est beaucoup plus volumineux, a été formé par le tissu du nucelle de l'ovule , et se montre creusé dans le sens de son axe d'une cavité en canal , dont l'interne, situé vers le micropyle, à la base du premier, est beaucoup moins volumineux , s'est formé dans l'intérieur du sac embryonnaire, et enveloppe l'embryon qui est très petit, à deux cotylédons courts et épais.
Les Nymphœacées sont disséminées dans 'es eaux douces tranquilles ou faiblement curantes de presque toutes les contrées intertropicales et tempérées boréales. Les seules parmi elles qui aient pour l'homme un intérêt direct, sont les Nénuphars, les Nélumbos (voy. ces mots), et le Victoria regia, plante admirable de l'Amérique méridionale, dont les graines sont comestibles.
Voici le tableau des divisions et des genres de Nymphœacées.
Tribu I. — Euryalées.
Tube du calice adhérent à l'ovaire ; pétales distincts.
Euryale, Salisb. (Anneslea Andr.); Victoria, Lindl.
Tribu II. — Nupharinées.
Calice libre; pétales distincts.
Nymphœa, Neck. ( Castalia, Salisb. ; leuconymphœa, Boerh.) ; Nuphar, Smith (Nymphœa, Boerh. ; Nymphosanthus, Rich. ; Nénuphar, Hayn. ).
Tribu III. — Barclayées.
Calice libre; corolle gamopétale, insérée à l'extrémité du disque.
Barclaya, Wall. (P. D.)
NYMPIIALE. Nymphalis. îns. — Genre de l'ordre des Lépidoptères diurnes , tribu des Nymphalides. Depuis l'établissement de ce genre par Linné qui, dans son Systema nalurœ, y comprenait une partie de la quatrième division du genre des Papillons, ce genre a été démembré successivement par tous les auteurs qui l'ont suivi. Geoffroy , Degéer, Fabricius, Latreille, Boisduval, etc., dans leurs ouvrages respectifs, y ont établi plusieurs coupes , adoptées généralement comme genres distincts ( Limenitis , Neptis, Prepona , Apatura, etc. ). Duponchel , dans son Catalogue des Lépidoptères d'Europe , caractérise ainsi le genre Nymphale : Antennes de la longueur du corps et se formant insensiblement en une massue fusiforme. Palpes courts, dépassant à peine le front, velus, arqués , convergents par le haut et dont le dernier article, très petit, se perd dans les poils du précédent. Tête plus étroite que le corselet. Celui-ci assez robuste et presque aussi long que l'abdomen. Ailes très amples; les supérieures légèrement sinuées et les inférieures denticulées.
Les Chenilles ont la partie supérieure de la tête bifurquée et le corps couvert de tubercules de diverses formes, hérissés de poils terminés en massue. Les chrysalides, ovoïdes, ont la tête bifide et une bosse arrondie sur le milieu du dos.
La principale espèce de ce genre, le Nymphale du peuplier , Nymphalis populi Latr., God., Fabr., vulgairement Grand sylvain , se trouve dans les régions australes et boréales de l'Europe , dans les forêts de haute
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futaie où abonde le Tremble, sur lequel vit sa chenille. Ce Papillon a 5 à 6 centimètres d'envergure. Les ailes antérieures sont un peu échancrées, les inférieures festonnées; les quatre ailes sont d'un brun noirâtreglacé de verdâtre; les antérieures ont au sommet une ligne de trois petites taches blanches , une sur le disque, composées de six points disposés en zigzag , et une autre plus près de la base, oblongue , n'atteignant pas la seconde nervure de la cellule discoïdale ; près du sommet et du bord externe est un espace rouge, les ailes inférieures ont une bande étroite, grisâtre, transverse; le bord des ailes a deux lignes noires et une rangée de lunules noires qui , aux ailes inférieures , sont surmontées de lunules fauves; les intervalles des lignes noires sont glacés de verdâtre, et la frange est blanche dans chaque feston. En dessus, les quatre ailes sont d'un fauve rougeâtre; les antérieures ont les taches blanches de dessus bordées denoird'un côté, une tache verdâtre à la base et une grande place noire au bord interne; le bord externe est verdâtre avec les deux lignes noires du dessus ; lesailes inférieures ontla bande verdâtre transverse du dessus, et tout le bord interne verdâtre , ainsi que le bord externe, avec des traces des taches noires du dessus. Le corps, noir en dessus, est verdâtre en dessous.
La chenille est verte , avec une raie blanche au-dessus des pattes, et une partie du dos brune. La chrysalide est jaunâtre, parsemé de points bruns. Voy. l'article nymphalides par les détails relatifs aux mœurs de ces Insectes. (L.)
NYMPHALÎDES. Nymphalides. ras. — Tribu de l'ordre des Lépidoptères diurnes * caractérisée de la manière suivante par Duponchel (Catal. des Lépid. d'Eur.) : Massue des antennes allongée, peu épaisse et se confondant insensiblement avec la tige. Tête généralement plus étroite que le corselet. Yeux glabres et bordés inférieurement d'une paupière blanche; ailes inférieures ayant la cellule discoïdale ouverte et le bord interne plus ou moins profondément creusé en gouttière pour recevoir l'abdomen, qu'elles cachent entièrement dans l'état de repos.
Les Chenilles ontla peau chagrinée, tantôt avec des épines ou des tubercules épineux sur le dos, tantôt ayec la tête épineuse
seulement. Les Chrysalides, plus ou moins carénées, portent généralement sur le dos une protubérance déprimée latéralement; quelques unes sont ornées de taches métalliques.
Celte tribu, qui correspond au groupe des Nymphalites établi par M. Blanchard {Hist. des Ins., édit. Didot), comprend les genres : Cyrestis, Boisd. ; Megalura, Blanch.; Viclorina, Blanch.; Phyllophasis, Blanch.; Paphia, Boisd.; Piomaleosoma, Blanch.; Godarlia, Luc; Aterica, Boisd.; Catagramma, Boisd.; Neptis , Fabr.; Limenitis, Fabr.; Diadema , Boisd.; Nymphale , Latr. (Prepona, Heterochroa, etc., Boisd.; Apatura); Char axes , Boisd.; Agaristhos, Boisd.
La tribudesNymphalidesestl'unedesplus belles de tout l'ordre des Lépidoptères. Les bois des environs de Paris en nourrissent quelques espèces ornées des couleurs les plus brillantes et les plus variées. Ce sont des Papillons de haut vol; leurs ailes , fortes et épaisses, leur permettent aisément de voler en planant dans les allées. Ils se posent quelquefois sur la terre quand elle est humide et souvent sur les fientes des bestiaux. Ils semblent aussi rechercher les matières en fermentation , comme l'urine, le vin , les pommes pourries, etc. On a même profité de cette circonstance pour s'en emparer, ce qui est assez difficile, car les Nymphales sont très farouches, et dès qu'on les effraie, ils s'élèvent au-dessus du sommet des arbres. Les chenilles vivent principalement sur les Saules, les Peupliers, les Trembles, et s'attaquent aux feuilles situées à l'extrémité de ces arbres , ce qui en rend encore la possession plus difficile. (L.)
NYMPH ALITES. Nymphalites. ras. —
Voy. NYMPHALIDES.
NYMPHANTHUS, Lour. (Flor. cochinch.
663). bot. ph. — Syn. de Phyllanlhus, Linn.
NYMPHE. iNS. — État particulier des Insectes pendant leurs métamorphoses, et qui est intermédiaire à l'état de larve et à celui d'Insecte parfait. Voy. insectes.
NYMPHÉACÉES. bot. ph. — Voy. nym-
PHjEACÉES.
NYMPHEANTHE , Reichenb. ( Flor.
excurs. 420, in not.). bot. ph. — Voy. vil™ larsia, Vent.
NYMPHES (vu^cp/j, mariée), ins. — Genre de Névroptères créé par Leach
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