‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 34 sur 192 · M EN · texte numérisé non relu

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*MENOCERAS, R. Brown. bot. ph. — Voy. velleja , Smith.

MENODORA. bot. ph. — Genre de la famille des Jasminées, établi parHumboldt et Bonpland ( Plant, œquinoct., II , 98 , t. 110 ). Arbrisseaux de l'Amérique orientale.

Voy. JASMINÉES.

*MENOETHIUS. crust. —M. Milne-Ed-

wards désigne sous ce nom, dans son Histoire naturelle des Crustacés, un petit genre établi aux dépens du Pisa de Latreille, et qui établit un passage entre cette coupe générique et celle des Halimes. Chez ce genre, la carapace est formée par un grand stylet pointu, avec les pattes des quatre dernières paires cylindriques et offrant à la face inférieure des tarses deux rangées de pointes cornées. La seule espèce connue est le Ménéthie Licorne , Menœthius monoceros Latr. (Ru pp. Crustacés de la mer Rouge, pi. 5, fig. 4). Cette espèce habite les côtes de l'Ile de France, de la mer Rouge et de l'océan Indien. (H. L.)

MENOETIUS, Dejean. ras.— Synon. de Diaprepes et de Lordops, de Schœnh. (C.)

MENONANTHES , Haller. bot. ph. — Syn. de Menyanthes, Linn.

MENONVILLŒA. bot. ph. — Genre de la famille des Crucifères-Thlaspidées, établi par De Candolle {Syst., II, 419; Prodr., I, 184). Herbes du Pérou. Voy. crucifères.

*MENOPOMA (*/v0ç, force ; u5;,a, opercule), rept. — Genre d'Amphibiens de la famille des Salamandres, créé par M. Harlan [Ann. Lyc. New-York, t. I, pi. 17), et ne comprenant qu'une seule espèce placée précédemment dans le genre Salamandra. Les Menopoma ont pour caractères : Un corps allongé , des yeux apparents , des pieds bien développés , un orifice de chaque côté du cou, des mâchoires armées de fortes dents et, en outre, une rangée de dents sur le devant du palais.

L'espèce type est la Salamandra gigantea Barton, dont la longueur est de quinze à dix-huit pouces et la couleur d'un bleu noirâtre, et qui se trouve dans les rivières de l'intérieur et dans les grands lacs de l'Amérique. (E. D.)

*MENOSCELIS (j«'voç, force; «Aoç, jambe), ms. — Genre de Coléoptères subtétramères, trimères de Latreiile, famille des Aphidiphages , de nos Coccinellidcs, formé

; par Dejean avec une espèce de Cayenne: la M. saginala de Th. Lacordaire. (C.)

MENOTTE, bot. cr. — Voy. mainotte.

MENTHE. Mentha. bot. ph. — Genre de plantes de Ja famille des Labiées, de la didynamie gymnospermie dans le système de Linné, dans lequel rentrent aujourd'hui environ 25 espèces répandues très abondamment dans les parties tempérées et septentrionales des deux mondes , d'où elles sont même parvenues, à la suite des Européens, dans beaucoup d'autres contrées. Ce sont des plantes herbacées qui ressemblent, pour la configuration, la disposition de leur tige et de leurs feuilles , à la grande majorité des végétaux de la même famille; dont les fleurs sont réunies en verticilles multiflores, tantôt éloignes les uns des autres à l'aisselle des feuilles supérieures, semblables à celles du reste de la tige , tantôt rapprochés en faux épis terminaux, les feuilles à l'aisselle desquelles ils se trouvent étant alors réduites à l'apparence de simples bractées. Ces fleurs présentent : un calice campanule ou tubuleux, à 5 dents à peu près égales entre elles, nu ou velu à la gorge; une corolle dont le limbe 4-fide est presque régulier, sa division supérieure différant seule des autres par un -peu plus de largeur, et se montrant entière ou à peine échancrée au sommet; 4 étamines égales entre elles et non didynames, distantes; un style terminé par deux courtes branches stigmatifères au sommet. Les achaines qui leur succèdent sont secs et lisses.

Plusieurs des espèces qui composent le genre Menthe sont extrêmement variables dans tous leurs organes de la végétation ; leurs feuilles particulièrement sont tantôt cotonneuses, tantôt seulement pubescentes, ou même glabres ; ailleurs elles deviennent ondulées, crépues, etc. Il en résulte $ue leur détermination est extrêmement difficile, et que , malgré les travaux de plusieurs botanistes, elles forment un véritable chaos, et rendent nécessaire une révision complète du genre. Il est à espérer que cette révision sera faite d'une manière satisfaisante par M. Bentham dans le 1 Ie volume du Prodromus. Deux des espèces dans lesquelles ces variations sont les plus nombreuses , et qui se trouvent le plus communément le long des fossés, des ruisseaux et dans tous

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les lieux humides, sont : 1° la Menthe sauvage , M. Sylvestris Lin., dont la tige est droite, les feuilles presque sessiles, ovaleslancéolées , oblongues, velues à des degrés très divers à leur face supérieure, généralement cotonneuses à leur face inférieure; dont les faux verticilles de fleurs sont rapprochés au sommet de la tige en épis denses, lin peu coniques, assez souvent interrompus à leur base; enfin dont les calices sont légèrement striés, velus -cotonneux , et deviennent ventrus après la floraison ; 2° la Menthe aquatique, Mentha aquatica Lin., dont la tige est hérissée de poils réfléchis; dont les feuilles sont pétiolées, ovales, dentées en scie, arrondies ou presque en cœur à leur base , légèrement hérissées ou velues à leurs deux faces ; dont les faux verticilles de fleurs sont en petit nombre, les 2 ou 3 supérieurs raccourcis et rapprochés en une sorte de tête arrondie ou oblongue, tandis que l'inférieur est toujours écarté. D'après M. Bentham T cette inflorescence et les caractères des feuilles caractérisent toujours la Menthe aquatique. Cette espèce est du petit nombre des plantes cosmopolites qu'on est certain de rencontrer dans les lieux humides de presque toute la terre, soit qu'elle y croisse spontanément , soit qu'elle y soit arrivée avec les Européens.

Une espèce beaucoup plus intéressante par son utilité est la Menthe poivrée, Mentha piperita Lin., qui paraît être originaire des parties septentrionales de l'Europe, mais que l'on trouve cultivée et plus ou moins naturalisée dans presque toute l'Europe, en Egypte, dans plusieurs parties de l'Asie et dans les deux Amériques. Sa tige est droite ou ascendante, flexueuse , rameuse au sommet, glabre ou ciliée de quelques poils étalés; ses feuilles sont pétiolées, ovales-oblongues , aiguës , dentées en scie, arrondies à leur base, d'un vert intense, glabres dans une variété, hérissées dans l'autre sur les nervures et les pétioles. Ses faux verticilles de fleurs sont peu nombreux, lâches, les supérieurs rapprochés en un faux épi court, oblong, rougeâtre, les inférieurs écartés ; les pédicelles de ces fleurs sont glabres; leur calice est tubuleux, rougeâtre, à dents subulées, hérissées. Tout le monde connaît l'odeur et la saveur de cette Menthe ; son odeur est forte et pénétrante; sa saveur

est poivrée, comme camphrée, et elle laisse après elle, dans la bouche , une impression de froid qui la caractérise. C'est surtout à cause de ces deux propriétés qu'on la cultive si communément et qu'on la préfère à toutes ses congénères , dont certaines sont cependant remarquables sous les mêmes rapports, comme , par exemple , la Mentha cervina. C'est surtout dans les arts du confiseur et du liquoriste que la Menthe poivrée joue un rôle des plus importants ; mais elle a aussi des usages divers en médecine. On l'emploie surtout comme excitant et stimulant, pour ranimer les organes, dans les cas où il n'existe pas chez eux d'inflammation ; on l'emploie également comme résolutive, apéritive , diurétique, etc.; mais l'un de ses principaux usages est celui d'antispasmodique. On lui a attribué une action particulière sur le lait, dont elle empêcherait, a-t-on dit, la coagulation ; on a même dit qu'elle arrêtait la sécrétion de ce liquide; mais ces faits ne sont pas suffisamment établis , bien que le dernier soit appuyé de l'autorité de Linné.

Une partie des Menthes, que distinguent leur calice fermé de poils à la gorge, la division supérieure de leur corolle entière, et leur inflorescence par faux verticilles écartés, a été regardée par Miller comme un genre distinct que quelques botanistes de nos jours, par exemple M. Koch , ont adopté, tandis que la plupart des autres l'ont considéré comme ne formant qu'un sous-genre.

C'est dans cette section , sous-genre ou genre, que rentre comme type principal la Menthe-Pouillot , Mentha Pulegium Lin.

(Pulegium vulgare Mill.), espèce très commune dans les fossés humides , le long des ruisseaux et dans les lieux inondés, que distinguent sa tige rampante , ses feuilles ovales , obtuses , presque crénelées , ponctuées en dessous , son calice presque cylindrique, à 5 dents, dont les 2 inférieures sont plus longues que les autres et acuminées. Cette plante est douée de l'odeur, de la saveur et des principales propriétés de ses congénères; de plus on l'a beaucoup préconisée comme produisant de bons effets contre la toux, l'asthme, l'enrouement; enfin quelques médecins, et particulièrement Haller, l'ont regardée comme un excellent emménagogue. (P. D.)

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MENTHOIDÉES. Menthoideœ. bot. ph.

— Tribu de la famille des Labiées [voy. ce mot), qui comprend et a pour type le genre Mentha. (Ad. J.)

HÏENTIANE. bot. ph. — Nom vulgaire du Viburnam lantana.

*MEI\TOPHILUS (Mentha, Menthe; aJoc, ami), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides Coprophages, établi par M. Laporte de Castelnau (Hist. nat. des anim. artic, t. II, p. 74), qui le place dans ses Ateuchites. L'espèce type , le Scarabœus Hollandiœ d'Olivier, est originaire de la Nouvelle-Hollande. (C),

MENTZELIA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Loasées, établi par Linné (Gen., n. 670). Herbes de l'Amérique tropicale. Voy. loasées.

Ce genre renferme 6 espèces, que De Candolle (Prodr., III , 343) a réparties en 2 sections : la première comprend celles qui ont 20-23 élamines , toutes à peu près égales; 3-6 graines ; les fleurs petites (M. asperaet oligosperma); la seconde section renferme les espèces qui ont 30-100 étamines, les 10 extérieures plus longues; 6-9 graines, les fleurs grandes (M. hispida, strigosa, scabra et slipitata).

Endlicher (Gen. plant., p. 930, n. 5111) a aussi établi plusieurs divisions dans ce genre, d'après l'aspect de la capsule et le nombre des graines. Ces divisions sont au nombre de trois : Oligosperma : Capsule à 3 valves verticales, à 3 placentaires pariétaux ; graines 3-9 ; Macrosperma : Capsule à 3 valves verticales, à 3 placentaires pariétaux; graines nombreuses, très grandes; Microsperma : Capsule à 5 valves verticales, à 5 placentaires pariétaux; graines nombreuses, très petites. (J.)

MENUISIÈRES. ins. — Nom vulgaire des Xylocopes. Voy. ce mot.

MÉNURE. Menura. ois.— Genre de l'ordre des Passereaux, caractérisé par un bec plus large que haut à sa base, droit, incliné à sa pointe, qui est échancrée ; des fosses nasales prolongées et grandes; des narines percées vers le milieu du bec, ovales, grandes, couvertes d'une membrane; des pieds grêles ; des tarses deux fois longs comme le doigt intermédiaire; celui-ci et les latéraux à peu près égaux, l'externe uni jusqu'à la

première articulation , l'interne divisé; des ailes courtes, concaves ; et une queue à pennes très larges, de différentes formes et au nombre de seize.

Le genre Ménure est un de ces exemples si fréquents en ornithologie, qui décèlent l'embarras où sont quelquefois les auteurs, lorsqu'il s'agit d'assigner à un oiseau sa vraie place. Celle du Ménure, oiseau depuis longtemps connu, et beaucoup étudié par les différents auteurs, du moins sous le rapport de ses caractères physiques, est loin d'être irrévocablement fixée. Ballotté d'ordre en ordre, de famille en famille ; placé d'abord parmi les Gallinacés sous le nom de Faisan- Lyre, ou sous ceux de Faisan des montagnes, Faisan des bois; rangé en second lieu parmi les Passereaux par la plupart des méthodistes, il a été reporté ensuite par quelques auteurs à la place qu'on lui avait primitivement assignée. Vieillot l'avait classé entre les Calaos et les Hoazins, à la fin des Passereaux. Cuvier et Temminck, d'après la remarque faite par eux de l'existence d'une échancrure à l'extrémité de la mandibule supérieure, ont été conduits à le rapporter à la famille des Passereaux dentirostres et à le rapprocher des Merles. M. Is. Geoffroy, sans lui assigner précisément le rang que lui avait marqué Vieillot, le fait voisin des Sasas, et le place dans son sous-ordre des Gallinacés passeripèdes, entre les Mégapodes et les Tinamous. Enfin, M. G.-R. Gray ( a List of the gen. ) le range dans sa sousfamille des Troglodytinées, dans sa famille des Cerlhidées. Quelle que soit l'opinion qui prévale, il résultera toujours de l'analyse faite des caractères extérieurs que l'Oiseau- Lyre, par son bec et ses pieds, se rapproche autant des Merles et s'éloigne autant des Mégapodes, dans le voisinage desquels on l'a mis, qu'il est, par ses formes générales, voisin des derniers et éloigné des premiers. L'étude complète des mœurs du Ménure pourra seule conduire à déterminer définitivement sa place ou bien encore à le connaître entièrement. Le peu que l'on en sait tendrait à faire admettre que c'est une es- j pèce fort voisine des Merles , si même elle n'appartient pas à la même famille. M. de Lafresnaye nous apprend, d'après M. Gould {Revue zoologique, n° de janvier 1841), que c'est un oiseau chanteur; qu'il niche dans

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les arbres à peu d'élévation de terre, et que ses grands ongles lui servent à gratter et à éparpiller les feuilles sèches et les détritus qui couvrent le sol des forêts pour y chercher les vers et les larves qu'ils récèlent.

« C'est, dit de son côté M. Lesson (Annal, des se. nat. et Man. d'ornith., p. 259), dans les forêts d'Eucalyptus et de Casuarina qui couvrent la surface entière des montagnes Bleues à la Nouvelle-Hollande, et les ravins qui les divisent, qu'habite principalement le Ménure, dont la queue est l'image fidèle, sous les solitudes australes, de la lyre harmonieuse des Grecs. Cet oiseau, nommé Faisan des bois par les Anglais du Port- Jackson, aime les cantons rocailleux et retirés. Il sort le soir et le matin, et reste tran quille pendant le jour sur les arbres où il est perché. Il devient de plus en plus rare. »

La seule espèce connue est le Ménure- Lyre, Men. superba Dav. (figuré dans l'atlas de ce Dictionnaire, pi. 2), auquel on a encore donné les épithètes de paradisea Swains., mirabilis Bechst. , Lyra Shaw. Comme la plupart des animaux qui nous viennent de la Nouvelle-Hollande et qui se font remarquer par une physionomie exceptionnelle, le Ménure se distingue par la singulière disposition et par la nature des plumes de sa queue. Ces plumes, dans le mâle, sont de trois sortes : douze , très longues, à tige mince, ont leurs barbes effilées et très écartées ; deux médianes, sont garnies d'un côté seulement de barbes serrées, sont étroites et se recourbent en arc chacune de leur côté; et deux externes, dont la figure est celle d'une S, ont leurs barbes extérieures très courtes , tandis que les barbes intérieures, grandes et serrées, forment un large ruban alternativement rayé de bandes brunes et rousses. La queue de la femelle ne présente point cette disposition particulière. Le plumage du Ménure est d'ailleurs fort triste; il est généralement d'un brun grisâtre.

Cet oiseau habite la Nouvelle-Galles du Sud. (Z. G.)

MÉNYANTHE. Menyanthes, Tourn. (P.vîv, rnenstrue; à'vOo;, fleur), bot. th. — Genre de plantes de la famille des Gentianées, de la pentandrie monogynie dans le système sexuel. Linné et les botanistes qui l'ont suivi lui avaient donné une étendue qui a été considérablement restreinte par la sup-

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pression des Villarsia Vent., et des Limnanthemum Gmel. Aujourd'hui, réduit pai les travaux monographiques de M. Grisebach à une seule espèce , il présente les caractères suivants : Calice 5-parti ; corolle charnue, régulière, 5-partite, dont le limbe est barbu à sa face interne, c'est-à-dire hérissé de filaments corollins; ovaire uniloculaire, dans lequel les ovules sont portés le long de l'axe des valves , entouré à sa base de 5 glandes; style filiforme; stigmate bilobé. Capsule uniloculaire, se déchirant à la maturité le long de la suture des valves. La seule espèce de ce genre est le Ményanthe trifoliolé , Menyanthes trifoliata Lin., vulgairement connu sous le nom de Trèfle d'eau, jolie espèce qui croît dans les marais de l'Europe moyenne et de l'Amérique du Nord. De son rhizome rampant s'élèvent des feuilles à long pétiole, pourvues à leur base d'une gaîne auriculée, dont le limbe est divisé très profondément en trois segments elliptiques , entiers. Ses fleurs sont assez grandes , blanches , et forment une grappe. Cette plante est d'une amertume très forte, que la dessiccation ne fait qu'affaiblir, mais que la cuisson dans l'eau lui enlève entièrement : aussi a-t-elle la plupart des propriétés des plantes amères , et ressemblet-elle, sous ce rapport, à la Gentiane jaune. On en fait usage , en médecine, contre les fièvres intermittentes , contre les maladies de la peau ; elle est encore estimée comme vermifuge , stomachique, comme antiscorbutique. Dans ces divers cas, on emploie la plante en poudre, ou son infusion , ou son extrait , ou même son suc. De plus , Linné nous apprend que les Lapons utilisent la fécule de son rhizome en la faisant entrer dans la composition de leur pain ; enfin , dans plusieurs parties de l'Allemagne et en Angleterre , ses feuilles remplacent partiellement , ou même quelquefois en totalité , le Houblon dans la fabrication de la bière.

(P. D.) MÉNYANTHÊES. Menyantheœ. bot. pu.

— Tribu de la famille des Gentianées ainsi nommée du genre Menyanthes qui lui sert de type, et distincte des vraies Gentianées par ses feuilles alternes et non opposées, par ses graines revêtues d'un tégument ligneux et non membraneux, par la préfloraison de sa corolle induplicative et non tordue, enfin

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par le séjour de ses espèces dans l'eau et non sur la terre. (Ad. J.)

MENZIEZIA ( nom propre), bot. pu. — Genre de la famille des Éricacées-Andromédées, établi par Smith (le. inédit. Nr., 56), et dont les principaux caractères sont : Calice 4-5-fide. Corolle hypogyne, campanulée ou arrondie , à limbe 4-5-fide ou réfléchi. Étamines 8 ou 10, hypogynes , incluses; filets filiformes ou subulés ; anthères obtuses ou présentant deux pointes à leur sommet, mutiques ou aristées sur la partie dorsale. Ovaire à 4 ou 5 loges multi-ovulées. Style simple ; stigmate dilaté. Capsule à 4 ou 5 loges. Graines nombreuses, lisses ou scro™ biculées.

Les Menziezia sont des arbrisseaux des contrées boréales du globe, à feuilles alternes, linéaires ou ovales ; à fleurs terminales solitaires ou agrégées.

Les espèces de ce genre ont été réparties en 4 sections, qui sont: 1° Bryardhus,Gm. : calice 5-parti ; corolle 5-partite , étalée ; étamines 10; anthères obtuses, mutiques ou aristées sur le dos ; 2° Phyllodoce, Salisb.: calice 5-parti; corolle globuleuse, à limbe 5-denté; étamines 10; anthères obtuses, mutiques ; capsule 5-loculaire ; 3° Ddbœcia, Don : calice 4-parti; corolle ovale, à limbe 4-denté; étamines 8; anthères sagittées à la base , garnies de deux pointes au sommet; capsule 4-loculaire; 4° Arcimbalda , Endl. : calice 5-parti; corolle globuleuse, à limbe 4-parti ; étamines 8 ; anthères obtuses, mutiques. (J.)

*MEPHITIDIA. bot. ph. — Genre de la famille des Rubiacées-CofféacéesGuettardées, établi par Reinwardt (Msc). Arbustes ou arbrisseaux de l'Inde , exhalant une odeur fétide.

MEFHITIS. mam. — Nom latin du genre Moufette. Voy. ce mot. (E. D.)

MER. géol. — On entend par ce mot la totalité des eaux amères et salées qui occupent la plus grande partie de la surface du globe terrestre, et qu'on subdivise en Océans, en Mers proprement dites et en Golfes, selon leur étendue et la configuration des terres qui les environnent. Notre but n'est pas de nous arrêter à cette subdivision , qu'on trouvera d'ailleurs dans tous les traités de géographie.

Étendue de la Mer. Sur environ 5 millions

de myriametres carrés que présente la surface du globe, les trois quarts à peu près sont formés par les mers; elles sont réparties d'une manière fort inégale. L'hémisphère austral en contient plus que le boréal dans la proportion de 8 à 5. En effet, c'est autour du pôle nord que les terres sont particulièrement groupées. Au sud , il n'y a de grandes terres que la Nouvelle-Hollande: du reste, il y existe une multitude d'îles plus ou moins grandes, tantôt isolées les unes des autres, tantôt rassemblées et formant des archipels.

Niveau des Mers. La plupart des physiciens sont aujourd'hui d'accord sur ce point, que la Mer actuelle est dans un état stationnaire, et que son niveau ne s'élève ou ne s'abaisse que par des causes locales et temporaires. Les lois de l'hydrostatique nous apprennent qu'une masse liquide ne peut présenter en un point de sa surface ni soulèvement, ni affaissement durable, et que le niveau doit partout se rétablir. Il en résulte que le niveau de la Mer ne peut rester stationnaire en un point sans se conserver également partout , et que ses eaux ne peuvent s'élever ou s'abaisser quelque part sans subir les mêmes changements dans tous les points du même bassin. Or, on connaît des milliers de localités où la surface des mers n'a pas subi la moindre variation depuis les temps historiques les plus reculés; donc le niveau moyen des mers n'a pas changé, et sa constance est un fait positif, puisqu'il a subi l'épreuve de tous les âges. Si l'on pouvait être conduit comme les habitants du Chili, en voyant les changements de niveau du sol qui ont eu lieu sur la côte , à penser que la Mer s'est retirée ou abaissée dans ces parages, il faudrait aussi conclure, avec ceux de la Californie , du Pérou , du Brésil, du cap de Bonne-Espérance , etc., que dans les mêmes temps elle n'a subi en ces lieux aucune variation. Ces circonstances étant incompatibles les unes avec les autres, et opposées aux lois d'équilibre qui régissent les liquides , on est en droit de conclure qu'au lieu de l'immutabilité du sol habitable , il faut admettre celle de la Mer, en reconnaissant que la surface solide de la terre est susceptible de soulèvements et d'affaissements, comme la géologie le prouve par des faits concluants. Les narrations do

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tous les temps nous présentent ces mêmes faits, mais expliqués d'une autre manière. C'est ainsi que les auteurs anciens annoncent tantôt que la Mer s'est retirée plus ou moins loin, laissant son lit à sec, tantôt, au contraire, qu'elle a envahi tout-à-coup des côtes plus ou moins élevées. Le niveau des grandes Mers est généralement le même partout, mais les golfes et les petites mers, qui ne sont que de grands golfes ne communiquant avec l'Océan que par quelques issues , peuvent être à un niveau quelquefois différent. C'est ainsi que les eaux de la Mer Rouge sont élevées de 8 mètres au-dessus de celles de la Méditerranée, parce que les vents y portent les eaux de l'Océan Indien, que le mouvement général de la Mer de l'est à l'ouest y retient. Il y a aussi de petites Mers où le niveau des eaux change avec les saisons: la Baltique et la Mer Noire, par exemple, s'enflent au printemps par la quantité d'eau que les grands fleuves leur apportent.

On sait, suivant M. de Humboldt, que l'Océan Pacifique est de 7 mètres plus élevé que l'Atlantique, et que le golfe du Mexique, qu'on peut regarder comme une pe~ tique Mer, est à 6,n,70 plus haut que l'Océan Pacifique. Ces différences s'expliquent par l'influence des vents alizés qui chassent les eaux de l'Atlantique dans le golfe du Mexique , et élèvent le niveau de celui-ci audessus de celui du grand Océan.

Quant à la Mer Caspienne, son niveau est de 108 mètres au-dessous du niveau de la Mer Noire; cette différence est due probablement soit à un affaissement du sol , soit à la diminution de ses eaux par suite de l'évaporation. Tout porte à croire qu'elle occupait autrefois une bien plus grande étendue , et que la Mer ou le lac d'Aral en faisait jadis partie: cette dernière aurait été isolée par un soulèvement.

;• Nature des eaux de la Mer. Les eaux de : la Mer ont une odeur nauséabonde, une saveur amère et très salée; c'est aux sels à base de magnésie qu'on attribue leur amertume: leur salure provient du chlorure de sodium. On remarque que l'amertume diminue à raison de la profondeur, que l'Océan est plus salé au large que sur les côtes, vers l'équateur que vers les pôles; généralement la salure diminue près de l'em-

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bouchure des fleuves et près des glaces polaires. Elle varie aussi suivant les saisons, les climats et la température.'

L'analyse faite sur 1,000 grammes d'eau de l'Océan Atlantique a donné les substances et les quantités suivantes :

Acide carbonique 0,23

Chlorure de sodium 25,10

Id. de magnésium ..... H, 50 Sulfate de magnésie .... 5,78

Carbonate f chaux. : • ) . . . 0,20 ( magnésie. )

Sulfate de chaux 0,(5

Résidu fixe. . . . 54,73

Outre ces substances, on y découvre quelques traces d'oxyde de fer, et une petite quantité de potasse qui paraît provenir de la décomposition des végétaux entraînés par les fleuves.

L'analyse chimique découvre assez facilement la nature des eaux de la Mer: mais on n'a que des hypothèses vagues sur l'origine de leur salure. Quelques géologues l'ont attribuée à des bancs inépuisables de sel , qui se trouvent , disent-ils, au fond de l'Océan, ou à des amas immenses répandus sur la terre, et que les eaux dissolvent en se rendant à la Mer. Ce qu'il y a de certain, c'est que les eaux des fleuvesencontiennentàpeinc quelques atomes. D'autres pensent que, peutêtre , les eaux se sont imprégnées de sel à l'époque de leur retraite dans le bassin , ou que la salure est le produit d'un fluide primitif aussi ancien que la création. Enfin, le célèbre chimiste Cronstaedt dit que le sel marin se forme journellement au sein des mers, et que l'acide chlorhydrique que l'on tire du sel est le produit de l'atmosphère, puisqu'on le trouve à la surface de l'Océan, tandis qu'on ne le trouve point dans les eaux marines, à quelque profondeur qu'on les prenne.

Densité. La pesanteur spécifique moyenne de l'eau de la Mer, d'après les expériences de M. Gay-Lussac , est de 1,0272; l'augmentation de pression qu'elle offre en raison de sa profondeur est un fait important à constater. Elle doit avoir une influence considérable sur les êtres organisés, et l'on doit même penser qu'à une grande profondeur, cette pression Jointe à l'absence de la lumière s'oppose à l'action vitale : consé«

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quemment qu'il n'y existe ni animaux ni végétaux. Tout fait présumer aussi qu'à de grandes profondeurs, c'est-à-dire sous l'influence d'une forte pression , l'eau de la mer occupant moins d'espace qu'à sa surface, doit avoir une pesanteur spécifique plus considérable.

Fond de la Mer. Le fond des Mers offre des inégalités analogues à celles qu'on remarque sur les continents. Quelquefois il est à peu de distance sous les eaux, et constitue ce qu'on nomme des bancs, des hauts fonds ; ailleurs on trouve avec la sonde des profondeurs diverses autour d'un point situé lui-même plus ou moins profondément sous la surface du liquide, et qui indique une montagne sous-marine. Souvent on reconnaît à peu près la même profondeur sur une très grande étendue, et par conséquent de vastes plaines qui sont aussi successivement les unes au-dessus des autres. Ailleurs, il y a des parties où la sonde , ne trouvant pas de fond à 3 et 4,000 mètres, point le plus bas où l'on puisse avec succès la descendre , nous indique des profondeurs qu'il est impossible d'évaluer. On remarque aussi que, près des côtes plaies, la Mer est peu profonde, et que le fond s'abaisse successivement en pente douce jusqu'à une très grande distance; près des côtes escarpées, au contraire, la profondeur est considérable, et «'accroît rapidement au large. Ainsi l'ensemble de ces observations indique la continuation du relief supérieur avec la partie submergée, et nous fait voir que cette dernière partie n'est pas moins irrégulière que la première.

Profondeur. Il est probable que la plus grande profondeur des Mers ne dépasse pas la plus grande hauteur des montagnes. Ce n'est que par des calculs approximatifs que l'on est parvenu à évaluer, terme moyen , la profondeur des Mers à 4 ou 5,000 mètres. En soumettant au calcul l'attraction que le soleil et la lune exercent sur la terre, et les divers effets de la force centrifuge provenant du mouvement de rotation du globe, Laplace a démontré que cette profondeur ne peut dépasser 8,000 mètres. Cette profondeur s'accorde en effet avec l'élévation des plus hautes montagnes. On sait que les principaux points culminants de l'Himalaya ne s'élèvent pas au-delà.

On connaît néanmoins assez exactement la profondeur de quelques Mers. La Méditerranée, par exemple, est fort inégale. Suivant le capitaine Smith, entre Gibraltar et Ceuta, elle est d'environ 5,700 pieds. A Nice, Saussure l'a évaluée à 2,000 pieds. La partie de cette Mer connue sous le nom d'Adriatique est beaucoup moins profonde. Le docteur Young porte à 3,000 pieds la profondeur moyenne de l'Océan Atlantique, et à 4,000 celle de l'Océan Pacifique , bien que la sonde n'y soit pas parvenue à la moitié de cette profondeur. Le capitaine Parry n'a pu trouver le fond de l'Océan Austral : cependant il est parvenu à y faire descendre la sonde à 7,700 pieds. Il importe de remarquer que la sonde ne produit pas toujours des données exactes, surtout dans les grandes profondeurs , parce qu'elle peut être entraînée par des courants sous-marins ou bien encore parce qu'elle peut avoir déplacé une quantité d'eau égale à son poids, et dans ce cas elle doit flotter entre deux eaux, sans pouvoir descendre davantage, en raison des lois de la pesanteur.

Température. La température des eaux de la Mer varie sensiblement par le voisinage des terres, selon les courants, les saisons, l'heure, la latitude et la profondeur. On a constaté surtout deux variations prononcées , dont l'une dépend de l'heure de l'observation , et l'autre de la latitude et de la profondeur des eaux. II semble que le refroidissement général et progressif des couches sous-marines est dû à l'action des courants, qui transportent sans cesse les eaux des pôles vers les régions équatoriales; action qui se fait surtout sentir à de grandes profondeurs, et qui pourrait être due à i'évaporation des eaux des Mers de la zone torride, qui sont remplacées par celles des latitudes élevées.

On remarque que la température de l'air n'est pas la même à la surface des Mers qu'à la surface des terres. En contact avec les Mers éloignées des continents, l'air présente moins de variations dans la température que celui qui touche les terres, ce qui provient évidemment de la température presque toujours égale des eaux qui lui communiquent, par leur contact, leur uniformité.

Entre les tropiques, la température di-

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minue avec la profondeur. Dans les Mers tempérées la température décroît aussi, mais l'abaissement est en raison inverse de la latitude ; ainsi au 70e parallèle elle commence à devenir croissante avec la profondeur. Par une latitude boréale de 80°, on a trouvé à une profondeur de 120 brasses que la température était de 2° 4, et celle de la surface de 1° 3. Dumont-d'Urville a trouvé dans son voyage autour du Monde, à 520 brasses de profondeur, près du 37e degré de latitude australe, 5° 4 , la température de la surface étant 12°. L'eau puisée à cette profondeur pétille comme du vin mousseux.

En général , toutes les expériences faites dans différentes régions du globe prouvent, relativement aux zones torride et tempérée, que les eaux de la Mer sont plus chaudes à leur surface que dans leur profondeur, et qu'à mesure qu'on s'approche des pôles on obtient des résultats contraires. Toutefois, il importe de remarquer que ces expériences exigent une si grande précision et sont sujettes à tant d'erreurs, qu'il n'est pas étonnant que des observateurs également habiles aient obtenu dans les mêmes parages des résultats différents. Cependant on peut admettre qu'elles s'accordent avec les lois de la physique, qui nous apprend qu'à la température de 4°, l'eau est à son maximum de densité; qu'ensuite cette densité diminue, soit que la température s'élève ou s'abaisse, d'où il résulte qu'à 4° l'eau doit toujours occuper la région la plus basse.

Mouvement général des courants. Les navigateurs attestent qu'il existe au sein de l'Océan , principalement entre les tropiques, et jusqu'au 30e degré de latitude nord et sud , un mouvement continuel qui porte les eaux d'Orient en Occident dans une direction contraire à celle de la rotation du globe. Un second mouvement porte les Mers des pôles vers l'équateur, mouvement qui, d'ailleurs, a aussi son analogue dans l'atmosphère. La cause de ces deux mouvements parait tenir à l'action du soleil, à celle de l'évaporalion des eaux et à la rotation du globe.

Le mouvement de l'est à l'ouest semble être provoqué par l'action attractive du soleil et de la lune; ces deux astres, en avançant chaque jour à l'Occident , doivent,

selon Buffon , entraîner la masse des eaux vers ce côté : de là le retard des marées , qui font le tour du globe en 24 u. 50', et en reculant chaque jour vers l'ouest; d'où. l'on conclut la tendance habituelle des eaux vers l'Occident.

On explique l'autre mouvement, c'est-àdire celui qui porte les eaux des pôles vers l'équateur, de cette manière: les rayons solaires liquéfient constamment une énorme quantité de glaces , d'où il suit que les Mers polaires ont une surabondance d'eau dont elles tendent à se décharger; d'ailleurs, l'eau, sous l'équateur, a une moindre pesanteur spécifique, et l'évaporation en absorbe une grande partie: il est donc nécessaire que les eaux voisines accourent pour rétablir l'équilibre.

La concision qui doit régner dans un article de Dictionnaire ne nous permet pas de mentionner les courants partiels résultant de la rencontre d'une grande terre ou d'un archipel , et qui forcent une partie des eaux à prendre une direction contraire à celle qu'elles avaient d'abord. On conçoit que ces mouvements doivent être aussi multipliés que les obstacles qui les font naître; de là ces courants si contraires et si dangereux décrits dans les voyages deCook,de La Pérouse et de la plupart des navigateurs.

Mouvement et action des flots. Plusieurs savants célèbres ont soumis à leurs calculs le mouvement des ondes. Newton , La Place , La Grange , MM. Biot et Poisson ont, de leur propre aveu, fondé leurs savantes théories sur des hypothèses plutôt que sur des faits. De nouvelles recherches, appuyées sur des expériences, ont conduit le colonel du Génie Emy à une théorie qui rend compte de tous les phénomènes dus à l'action des ondes. Selon cet ingénieur, « les véritables flols de fond sont produits par un de ces ressauts du fond de la mer que les marins nomment accores.

Un banc de sable en pente douce, quelque élévation qu'on lui suppose , ne formera pas de flots de fond; mais s'il présente, dans le sens du mouvement des ondes , un escarpement vertical, il produit ces flots de fond; et ceux-ci acquerront d'autant plus de force que l'accorc sera plus élevée, ou qu'elle sera suivie d'autres accores qui s'élèveront successivement les unes au-dessus

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des autres. Lorsqu'à la suite d'un ou de plusieurs ressauts les flots de fond ne rencontrent qu'une plage unie , mais en pente, l'inclinaison retarde leur mouvement de translation pendant que l'ondulation supérieure continue à les presser avec la môme vigueur; ils sont alors contraints de prendre une forme plus relevée ; ils influent davantage sur la forme des ondes de la surface , qui , en devenant plus courtes, donnent lieu à l'accroissement du volume des flots de fond. Une plage n'est', à l'égard des flots de fond, qu'une suite de très petits ressauts. Ainsi , soit que le fond s'élève par ressauts successifs , soit qu'il s'élève par une pente , les flots de fond , en s'avançant vers le rivage , se soulèvent et se gonflent de plus en plus, tandis que l'épaisseur du fluide diminue par l'effet de la pente du fond. » Les flots de fond , conduits par l'ondulation jusqu'à la limite de la Mer, s'avancent sur la grève avec toute la vigueur qu'ils ont acquise par la pression continuelle des ondulations supérieures, et forment alors ces nappes très étendues qui remontent au rivage.

C'est le mouvement des flots de fond qui produit tous les phénomènes que l'on attribue ordinairement à la réaction des hautsfonds, à l'action des ouragans dans les ras de marée, à la lutte qui a lieu entre l'eau douce et l'eau de mer à l'embouchure de certains fleuves, et qui forme les barres. C'est encore à l'action des flots de fond que le colonel Emy rapporte les atterrissements marins, les ensablements des ports, les bancs de sable et les atterrissements vaseux. Quand leur volume et leur vitesse sont suffisants, et que la masse d'eau supérieure n'est pas trop épaisse, ils montent rapidement et à une grande hauteur contre les escarpements de la côte. Souvent ils s'élancent en gerbes immenses au-dessus de la falaise. Le rocher nommé la Femme de Loth, dans l'archipel des îles Mariannes , s'élève perpendiculairement à 350 pieds de hauteur, et cependant les vagues viennent se briser contre son sommet.

Les flots de fond agissent toujours dans le même sens ; et, aune grande profondeur, ils portent tout vers le rivage , soit que la marée monte ou qu'elle descende. D'ailleurs il y a des Mers sans flux et reflux , et qui ne

rejettent pas moins à la côte les objets qui y ont été engloutis. C'est ainsi que les flots do fond portent sur la plage les corps des naufragés, ce sont eux qui jettent les navires sur les écucils , qui font échouer sur la côte les corps des Baleines et d'autres grands Cétacés, qui, surpris par de gros temps près des côtes, ne trouvent pas assez d'eau pour utiliser leur vigueur contre les flots de fond.

I! n'y a rien de plus remarquable et de plus terrible que les ras de marée, dus aussi à l'action des flots de fond. Ce phénomène, qu'on pourrait appeler bizarrerie de la mer, se manifeste dans les Antilles par un mouvement subit et violent des ondes à peu de distance des côtes, tandis qu'à quelque distance de celles-ci la Mer est calme. Le mouvement de la Mer est tel que les navires sont souvent forcés de gagner le large au commencement du ras de marée , et reviennent ensuite reprendre leur mouillage quand cette espèce de caprice est entièrement passé.

Si l'on considère que les flots de fond sont formés par des ressauts ou des accores au sein des Mers, et qu'aux diverses époques où les continents sont sortis du sein des eaux, ces inégalités du fond des Mers durent être plus abruptes qu'elles ne le sont aujourd'hui , on concevra que l'intensité des flots de fond dut être proportionnée aux obstacles qu'ils rencontraient, et conséquemment qu'ils durent exercer à la longue une influence considérable sur les côtes qu'ils ont morcelées. Tout ce que nous venons de dire prouve quelle est l'influence de la Mer sur la forme des côtes. Les flots de fond ne sont pas les seuls que Ton doive considérer. Les mouvements de l'air produisent aussi de grandes perturbations sur la surface des ondes , qui s'élèvent en montagnes écumantes , roulent et se brisent avec fracas sur les falaises, qu'elles minent par une action incessante.

Couleur de la mer. Elle est généralement d'un bleu verdâtre assez foncé et qui devient plus clair à mesure qu'on approche des côtes. Cette couleur azurée provient sans doute des mêmes causes qui font paraître bleues les montagnes vues dans le lointain, et qui donnentà l'atmosphère cette belle couleur d'azur qu'on nomme vulgairement le

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ciel. Les rayons bleus étant très réfrangibles sont conséquemment envoyés en plus grande quantité par l'eau, qui leur fait subir une déviation en raison directe de sa densité et de sa profondeur. Les autres nuances de couleur que l'on remarque dépendent de causes locales, quelquefois d'illusions d'optique. Autour des îles Maldives, la Mer est noire; elle est blanche dans le golfe de Guinée. Entre la Chine et le Japon elle est jaunâtre, rouge près de la Californie et verdâtre dans les Canaries et les Açores. 11 n'est pas impossible que plusieurs de ces teintes ne puissent provenir d'une grande quantité d'animalcules , d'un mélange de certaines substances terreuses ou minérales , de la nature du sol et de plusieurs autres causes. En 1825, M. Ehrenberg s'assura que la couleur de la Mer Rouge provenait d'une espèce d'Oscillaria , être microscopique intermédiaire entre l'animal et le végétal. M. De Candolle a aussi reconnu que la couleur de sang que prirent les eaux du lac de Mora, en 1825, provenait également d'une espèce d'Oscillaria. A l'égard des teintes noires, jaunes ou verdâtres, elles proviennent probablement des végétaux marins qui s'élèvent dans certains endroits jusqu'à la surface , et aussi dans certains parages de l'immense quantité d'eau qu'apportent les grands fleuves et qui tiennent en dissolution plusieurs substances colorantes.

Phosphorescence. Il n'est pas un navigateur qui n'ait contemplé avec autant de surprise que d'admiration le phénomène si remarquable de la phosphorescence de la Mer. Souvent par une nuit sombre, lorsque l'air est sec et la Mer agitée, une vive lumière se dégage à sa surface ; tantôt ce sont des étincelles qui brillent pendant quelques instants , quelquefois c'est une nappe immense, lumineuse, qui s'étend comme une écharpe, dont toutes les ondulations suivent les mouvements continuels des vagues. C'est surtout entre les tropiques qu'a lieu cet étonnant et magnifique spectacle, quoiqu'il paraisse se reproduire aussi dans tout l'Océan ; mais dans les régions les plus chaudes il est plus intense et plus fréquent. Un mouvement même assez léger sufflt le plus souvent pour y donner lieu. Un corps jeté dans la mer produit aussitôt des jets lumineux qui s'élancent dans l'air , et les vaisseaux qui voguent

avec une certaine vitesse paraissent comme embrasés , enveloppés de toutes parts de flammes qui brillent avec éclat.

Ce phénomène était trop fréquent , trop remarquable pour qu'on ne cherchât pas à l'expliquer. L'abbé Nollet prétendit que l'électricité était la cause de cette phosphorescence. Leroy, de Montpellier, tout en admettant ce principe, y joignait aussi l'influence exercée parla présence du sel marin. Des expériences l'avaient conduit à celte opinion, qui était un acheminement déplus vers la vérité. Plus tard , quelques personnes attribuèrent ce phénomène à la présence d'animalcules phosphoriques. Les expériences de J. Canton vinrent jeter une vive lumière sur l'explication du phénomène qui nous occupe. Ce savant ayant mis dans de l'eau de mer des Poissous morts , et leur ayant imprimé un mouvement fréquent, vit qu'à la température de 26 à 30° cette eau devenait lumineuse; il constata aussi que l'effet était plus intense lorsque l'on employait exclusivement des Poissons marins , et que la présence du sel déterminait la production plus abondante de cette matière lumineuse qui couvre souvent la surface de la Mer , matière connue par les pêcheurs sous le nom de Graissin, et que laissent souvent après eux les bancs nombreux de harengs qui paraissent avoir le corps enduit de cette humeur. Il remarqua en outre que la présence du sel marin était indispensable, et que dans son absence le phénomène n'avait plus lieu. Dès lors on n'hésita pas à trouver dans le graissin la cause de la phosphorescence, opinion qui s'appuyait entièrement sur cette expérience que chacun peut répéter et qui consiste en ceci : si dans de l'eau de mer non lumineuse on place pendant un jour ou deux des Poissons marins, cette eau se couvre d'une pellicule de matière grasse, et elle ne tarde pas à devenir lumineuse.

C'était, en effet, la principale cause du phénomène; toutefois, on n'aurait pas dû l'adopter à l'exclusion des autres; car lorsqu'on eut constaté que les Poissons étaient phosphoriques , on ne tarda pas à découvrir qu'il en était de même de beaucoup de Mollusques, de Polypiers et d'animaux microscopiques. Dès lors on cessa d'attacher autant d'importance à l'effet de la putréfactiont

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qui entre cependant pour beaucoup dans la production du phénomène. Plusieurs navigateurs célèbres attribuèrent également Ja phosphorescence de la Mer à d'innombrables animalcules qui couvrent sa surface.

Aujourd'hui, que ce phénomène et les différentes causes qui le produisent sont mieux connus , on ne saurait refuser une certaine influence à chacune des causes qui se sont tour à tour partagé l'opinion des savants; l'influen'ce de l'électricité, cet agent si général de la nature, ne peut être véritablement niée, car la phosphorescence devient plus intense si l'on agite leliquideavec une barre de fer. Celle du sel marin et des dépouilles putréfiées des animaux est prouvée par des expériences directes. Il en est de même d'un grand nombre d'animaux vivants , et surtout de certains animalcules phosphorescents dont le nombre est tel, que parfois, pendant plusieurs nuits consécutives, toute la surface de la Mer est changée en une plaine de feu. La quantité des Mollusques et des Zoophytes jouissant aussi de cette propriété est encore plus considérable.

Les observations faites lors de l'expédition commandée par le capitaine Freycinet sont venues jeter un nouveau jour sur cette importante question. Voici dans quels termes MM. Quoy et Gaimard les communiquèrent à l'Académie des sciences, le 18 octobre 1824: « Nous reconnûmes que les zones blanchâtres qui entouraient le vaisseau étaient produites par des zoophytes d'une petitesse extrême, et qui avaient en eux un principe phosphorescent si subit et tellement susceptible d'expansion , qo'en nageant avec vitesse et en zigzag ils laissaient sur la Mer des traînées éblouissantes, d'abord larges d'un pouce, et qui allaient à deux ou trois par le mouvement des ondes. Leur longueur était quelquefois de plusieurs brasses. Générateurs de ce fluide, ces animaux l'émettaient à volonté; on voyait toutà-coup un point lumineux jaillir à leur surface et se développer avec une prodigieuse rapidité. Un bocal que nous mîmes à la surface de la mer reçut deux de ces animalcules, qui rendirent immédiatement l'eau toute lumineuse. Peu à peu cette lueur diminua et finit par disparaître. Ce fut en vain qu'à la loupe et à la lumière nous fîmes des efforts pour apercevoir quelque chose ;

tout avait disparu. Seulement nous pouvons affirmer qu'à l'aide de la lueur que répandaient ces animaux , nous discernâmes qu'ils étaient excessivement petits. »

Quelquefois la Mer se montre toute lumineuse dans certaines contrées, notamment dans les Antilles. Les flammes qui sortent des récifs ressemblent à de grandes gerbes de feu d'artifice qui répandent au loin une clarté remarquable, surtout après le coucher de la lune. En pleine mer, les navires sont souvent suivis , pendant plusieurs jours, par une multitude de Bonites. Ces poissons, alléchés constamment par toutes les ordures qui s'échappent du bord, et dont ils font immédiatement leur proie, sont très visibles la nuit à l'aide des traînées lumineuses qu'ils dégagent continuellement par leurs mouvements locomotifs. (C. d'O.)

*MERACANTHA (p.vjpoç, cuisse ; ocxavôa, épine), ins. — Genre de Coléoptères hétéromères , famille des Sténélytres , tribu des Hélopiens , créé par Kirby {Fauna boreali americana , p. 238), qui le comprend dans ses Hélopides. Le type, la M. Canadensis, est originaire de l'Amérique septentrionale. (C.)

MERATIA. bot. ph. — Genre de la famille des Composées-Sénécionidées , créé par Cassini ( in Dict. se. nat. , XXX, 65 et 67 ) pour quelques espèces que De Candolle réunit à son genre Elvira.

MERATIA, Nées (m N. A. N. C. , XI , 107, t. 10). bot. ph. — Syn. de Chïmonanthus, Lindl.

MERCIERA. bot. ph.— Genre placé par Endlicher à la fin des Campanulacées. 11 a été établi par Alph. De Candolle {Camp. , 369 , t. 5 ) pour des sous-arbrisseaux du Cap.

*MERCKIA. bot. ph. — Genre de la famille des Caryophyllées-Alsinées, établi par Fischer ( Msc. ). Herbes de l'Asie et de l'Amérique. Voy. CARYOPHYLLÉF.S.

MERCURE, min. — Dans les méthodes minéralogiques qui procèdent par les bases, comme celle d'Hatiy, ce métal donne lieu à l'établissement d'un genre composé de cinq espèces, dont l'une offre le Mercure à l'état natif, une seconde à l'état d'alliage "vec l'argent, et les autres le présentent combiné avec le soufre, le chlore et l'iode. Voici les principaux caractères de ces espèces.

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1. Mercure natif. Hydrargyrum, vulgairement Vif-Argent. —Ce métal, que les anciens comparaient à de l'argent liquide, est d'un blanc d'argent et liquide à la température ordinaire; sa densité est de 13,50; il se volatilise par l'action d'une chaleur peu élevée, et se congèle à 40° centigrades audessous de zéro. En se solidifiant, il cristallise sous la forme de l'octaèdre régulier. Le Mercure natif ne se rencontre qu'accidentellement dans les mines de Mercure, où il paraît résulter de la décomposition du Mercure sulfuré. Il existe en gouttelettes dans les fissures du minerai auquel il adhère, et de la masse duquel il semble suinter. Mais il est toujours en trop petite quantité pour devenir la base d'une exploitation spéciale. Le Mercure peut dissoudre l'or et l'argent, propriété qui est mise à profit pour l'extraction de ces métaux ainsi que pour la dorure. Mais on l'emploie encore à d'autres usages importants , tels que la préparation de certains médicaments bien connus, la construction des baromètres et thermomètres, Tétamage des glaces, etc.

2. Mercure argental. Hydrargyrure d'argent; amalgame naturel d'argent. — Substance d'un blanc d'argent, cristallisant en dodécaèdre rhomboïdal, et formée par la combinaison d'un équivalent d'argent avec deux équivalents de Mercure. Elle est cassante, d'une dureté assez faible, d'une densité égale à celle ûa Mercure natif. Elle donne du Mercure par la distillation, et se décompose par l'action du feu en laissant sur le charbon un globule d'argent. Elle contient 36 ~ d'argent. On ne connaît de cette substance que deux variétés principales : le Mercure argental cristallisé, en dodécaèdres simples ou modifiés; une des combinaisons décrites par Haiiy est la réunion de six formes différentes, et offre centvingt-deux faces, quand elle est complète; le Mercure argental lamelliforme, en lames minces ou en dendrites superficielles. Ce minéral ne se trouve qu'accidentellement, comme leMercure natif, dans les gîtes de Mercure, surtout dans ceux de Moschel-Landsberg, dans le duché de Deux- Ponts, Bavière rhénane. M. Domeyko a décrit, sous le nom d'Arquérite, un autre amalgame d'argent, trouvé à Arqueros, province deCoquimbo, au Chili, lequel cristallise en octaèdre régulier, et par cotisé-

T. VIII

quent dans le mêmesystèmequele premier, mais paraît offrir une composition très différente; car il serait formé de six atomes d'argent contre un de Mercure, et contiendrait 86 £ d'argent, d'après l'analyse qu'en a donnée M. Domeyko.

3. Mercure sulfuré ou Cinnabre. Zinnober, W. — Sulfure de Mercure , composé d'un atome de soufre et d'un atome de Mercure, ou en poids, de quatorze parties de soufre et de quatre-vingt-six de Mercure; facile à reconnaître à sa belle couleur rouge, jointe à la propriété de se volatiliser complètement au feu, sans dégagement d'odeur d'ail. Sa poussière est d'un rouge écarlate. Ses cristaux, qui sont rares et généralement fort petits, se rapportent au système rhornhoédrique, et dérivent d'un rhomboèdre aigu de 71°47'; ce rhomboèdre a cela de remarquable, qu'il n'offre que des clivages à peine sensibles parallèlement à ses faces, tandis qu'il se divise très nettement parallèlement aux faces d'un prisme hexagonal. Les cristaux, de forme tabulaire ou aplatie, se composent ordinairement de plusieurs rhomboèdres combinés avec les bases et les pans de ce prisme hexagonal. La dureté du Cinna bre=2,5 ; sa densité=7 . Il n'est soluble que dans l'eau régale. Le Cinnabre se présente le plus souvent en masses grenues ou compactes, quelquefois à l'état terreux ou pulvérulent (vermillon natif); ou bien en masses feuilletées ou testacées, d'un rouge sombre passant au noir. Cette dernière variété, qui est bitumineuse, est connue sous le nom de Mercure hépatique (Lebererz). Elle se rencontre en couches puissantes, et constitue l'un des principaux minerais de Mercure d'Idria. Mais sa couleur et sa richesse en Mercure varient beaucoup : contient-elle une forte proportion de Cinnabre, elle est d'un rouge brun; mais elle s'appauvrit souvent au point de n'être plus qu'un calcaire ou un schiste noirâtre, pénétré de Cinnabre, dont la présence ne peut se reconnaître sans le secours des essais que dans les points où le sulfure s'est concentré. Cette concentration a lieu surtout dans les coquilles et autres corps organiques, lorsque la roche en contient. Le Cinnabre, surtout celui qui est bitumineux, est le seul minerai de Mercure que l'on exploite pour fournir aux besoins des arts et mannfVhires. On en extrait la

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métal par un procédé très simple, qui consiste à distiller le minerai en le mettant en contact avec de la limaille de fer ou de la chaux. Le soufre s'unit au fer ou à la chaux, et le Mercure seul se volatilise. Les mines de Mercure les plus importantes sont, en Europe: celles d'Idria en Carinthie, et d'Almaden en Espagne; en Amérique: celles de Huanca- Velica au Pérou.

Le Mercure sulfuré affecte deux gisements particuliers : il est, tantôt en filons, dans les schistes cristallins et les terrains de cristallisation (mines de Ripa, en Toscane; d'Almaden, dans la Manche, en Espagne); tantôt disséminé dans les grès, schistes et calcaires secondaires, depuis le grès houiller jusqu'aux terrains jurassiques. Il existe dans le grès houiller, dans le Palatinat et l'ancien duché de Deux-Ponts, sur la rive gauche du Rhin; ce terrain renferme, outre des impressions végétales, de nombreuses empreintes de Poissons, dont les écailles sont changées en Cirinabre. A Idria, en Carinthie, dans les calcaires et schistes bitumineux de l'âge du Zechstein, ou peut-être même jurassiques , les schistes y sont pétris de Mercure sulfuré. En France, on ne connaît que des indices de ce minerai, à Ménildot, département de la Manche, et à la Mure, départementde l'Isère. Quelques gouttelettes de Mercure natif, trouvées récemment à Saint-Paul-des-Fonts, ont fait penser que les montagnes du Larzac renfermaient un gisement de ce précieux minéral.

4. Mercure chloruré. Syn.: Mercure muriaté; Mercure corné; Calomel; Hornerz.

— Substance d'un gris de perle, fragile, très tendre, se coupant comme de la cire, volatile, déposant du Mercure lorsqu'on la passe avec frottement sur une lame de cuivre humecté, cristallisant en prismes à bases carrées qui dérivent d'un quadroctaèdre de 136° à la base des deux pyramides. Elle est formée d'un atome de chlore et d'un atome de Mercure, et contient 85 £ de métal. On la trouve accidentellement et le plus souvent sous forme de petites concrétions dans quelques mines deCinnabre, notamment à Almaden et à Moschel-Landsberg, dans le duché de Deux Ponts.

5. Mercure ioduré. Coccin'i te, Haid. — M. Del Rio a trouvé à Casas-Viegas, au Mexique, un iodure de Mercure dont la couleur

rouge ressemble à celle du Cinnabre. Cette substance est encore peu connue. (Del.)

MERCURE. Hydrargyrum (ZSwp , eau; à'pj-upoç , argent), chim. — Connu dès la plus haute antiquité , le Mercure , au moyen-âge , fut de tous les métaux celui sur lequel les alchimistes poursuivirent avec le plus d'ardeur et de persévérance le grand œuvre de la transmutation. Son vif éclat, joint à sa fluidité à la température ordinaire , leur faisait présumer que c'était de l'argent liquéfié, auquel il ne s'agissait que de rendre sa solidité ; et ce fut dans ce but qu'ils se livrèrent à une foule d'opérations et d'expériences qui , si elles ne les conduisirent où ils désiraient , amenèrent néanmoins des résultats dont la science sut profiter plus tard.

Le Mercure est liquide à la température et sous la pression atmosphérique ordinaires; il a le brillant de l'argent, avec un reflet bleuâtre; sa densité est de 13,568. Il se solidifie à — 40°, et peut cristalliser en octaèdres au moment où il se congèle. A l'état solide , il devient malléable, et il augmente de densité (14,391). Quand , sous ce dernier étal, il est mis en contact avec la peau, il fait éprouver une vive sensation de brûlure, et le point touché blanchit en perdant toute sensibilité. Le métal solidifié ne tarde point, du reste, à reprendre sa fluidité en absorbant rapidement le calorique des corps environnants.

Le Mercure, comme tous les liquides, laisse dégager quelques vapeurs à la température ordinaire; mais, soumis à unechaleur de 360 à 363", il entre en ébullition, et se volatilise complètement. La densité de sa vapeur est, d'après M. Dumas, de 6,976.

L'Oxygène et l'air secs ou humides, à la température ordinaire, sont sans action sur le Mercure. On a cru remarquer toutefois que le métal se recouvrait à la longue d'une légère pellicule noirâtre, due à un commencement d'oxydation. A une température voisine de son point d'ébullition, il s'oxyde peu à peu et se transforme en deutoxyde.

Le Mercure se combine donc avec l'Oxygène en deux proportions.

Le premier de ces composés, ouprotoxyde, ne peut s'obtenir directement; il ne peut même être maintenu isolé sans se décomposer plus ou moins promptement en métal

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ou en deutoxyde. On le produit en précipitant le proto-azotate de Mercure par une solution de potasse caustique; le précipité est formé de protoxyde de Mercure noir, pulvérulent, insoluble dans l'eau. Exposé à une chaleur rouge sombre, le protoxyde se décompose en Oxygène et en Mercure métallique ; la plupart des corps avides d'Oxygène en opèrent aussi la décomposition à une température peu élevée. Sa formule — Hg20.

Le deutoxyde se forme par la dissolution du Mercure dans l'acide azotique , puis par l'évaporation jusqu'à siccité au bain de sable ; la masse rouge ainsi produite est du deutoxyde. En maintenant le Mercure à son point d'ébullition pendant un an et même pendant deux dans un vase particulier connu sous le nom d'enfer de Boyle, les alchimistes obtenaient une poudre rouge qu'ils appelaient précipité per se, et qui n'est autre que du deutoxyde.

Le deutoxyde de Mercure , en masse, est rouge-orangé; il prend une teinte jaunâtre par la pulvérisation. Soumis à une chaleur rouge, il se réduit en Oxygène et en Mercure métallique. La plupart des corps combustibles le décomposent. L'air est sans action sur ce composé; mais l'eau, à la température ordinaire, semble en dissoudre une certaine quantité, puisqu'elle acquiert une saveur acre et styptique. La formule du deutoxyde est représentée par HgO.

Le Mercure s'unit à la plupart des Métalloïdes pour former des composés dont quelques uns sont fort employés en médecine et dans les arts. Nous citerons le protochlorure (Mercure doux, calomélas), le deuto- chlorure (sublimé corrosif), les iodures , le proto-sulfure (éthiops minéral ), le ieulo-sulfure (cinnabre, vermillon), les cyanures , etc.

On connaît deux classes de sels de Mercure, correspondant , l'une au protoxyde, l'autre au deutoxyde. Ces sels présentent les caractères suivants : Ils sont solubles ou insolubles; on reconnaît les premiers en plongeant dans la solution une lame de cuivre bien décapée, qui blanchit rapidement par la précipitation du Mercure revivifié. Les autres, réduits en poudre, sont placés sur une lame de cuivre également décapée, puis arrosée d'acide chlorhydrique ; dans cet

état , la lame , frottée avec un bouchon , ne tarde point à blanchir. Tous les sels de Mercure sont volatilisés ou décomposés par la chaleur : volatilisés, si les deux éléments sont volatils ; décomposés , si l'acide esi stable ou lui-même décomposable.

L'acide sulfhydrique forme , dans les sels solubles de Mercure, un précipité noir qui devient rouge par la trituration. Les sels de protoxyde sont précipités en noir, ceux de deutoxyde en rouge , l'acide sulfurique et les sulfates précipitent les sels mercuriels en sous-sulfate jaune. Le cyanure de potasse et de fer y détermine un précipité blanc. Tous les sels solubles de Mercure sont vénéneux; l'albumine, qui les décompose pour donner lieu à un produit insoluble , en est le meilleur contre-poison.

Le Mercure forme avec les métaux , surtout avec les métaux mous, des alliages qui portent le nom d'amalgames. Us sont solides ou liquides : liquides quand le Mercure est en excès, solides dans le cas contraire. Ces derniers sont en général plus ou moins cristallisables , cassants , et décomposables par la chaleur, qui en dégage facilement le Mercure.

Parmi ces amalgames , nous citerons d'abord celui d'Étain et celui de Bismuth. Le premier sert à l'étamage des glaces , le second à l'étamage intérieur de bouteilles et de globes de verre. Le Mercure, mêle au Plomb , à l'Étain et au Bismuth, forme un amalgame très fusible et très convenable pour les injections anatomiques. Les amalgames du Mercure avec l'Étain et le Zinc sont employés pour exciter la puissance électrique des plateaux de verre dans leur frottement contre le corps de la machine. C'est sur la propriété dont jouit le Mercure de s'amalgamer avec l'Or et l'Argent, de les dissoudre et de s'en séparer ensuite par la chaleur, qu'est fondée l'extraction de ces métaux précieux, ainsi que l'art de dorer et d'argenter, art dont l'importance est diminuée par l'invention de nouveaux procédés moins dispendieux et surtout plus salubres ( dorure et argenture galvaniques ).

Le Mercure est un métal fort employé.

Dans les laboratoires , on s'en sert, en raison de sa liquidité et de son inaltérabilité, pour recueillir certains fluides élastiques solubles dans l'eau; il constitue ainsi la

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i:\x\Qhydrargyro-pneumalique. Sa dilatabilité . plus grande que celle des autres liquides , la marche uniforme de sa dilatation, et sa moins grande volatilité le rendent des plus convenables pour les thermomètres (voy. ce mot). Sa densité particulière le rend aussi plus propre que tout autre liquide à mesurer les différentes pressions atmosphériques ; aussi est-il exclusivement employé pour la construction du baromètre (voy. ce mot). Nous avons signalé plus haut ses nombreux usages dans les arts et en médecine.

L'équivalent du Mercure est représenté par 1265,82. (A. D.)

MERCURE, ins. — Nom vulgaire d'une espèce du g. Satyre.

MERCURIALE. Mercurialis. bot. ph.— Genre de la famille des Euphorbiacées -Acaiyphées, établi par Linné (Gen., n. 1125), et dont les principaux caractères sont : Fleurs monoïques ou dioïques. 3Jâles: Calice 3-4parti.Etamioes8-12, quelquefois plus; filets libres, saillants, terminés par des anthères à loges globuleuses et distinctes. Femelles: Calice 3-4 parti. Filets 2-3, stériles, appliqués dans un sillon creusé de chaque côté de l'ovaire didyme, à 2 ou 3 loges uni-ovulées. Styles 2-3, courts, élargis et frangés dans leur contour. Le fruit est une capsule revêtue d'aspérités ou d'un duvet tomenteux, à 2 ou, rarement, 3 coques globuleuses, monospermes.

Les Mercuriales sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, quelquefois suffrutescentes, à feuilles opposées ou, rarement, alternes, stipulées, dentées ou entières ; à Heurs axillaires et terminales; les mâles disposées en épis agglomérés et bractées ; les femelles en épis ou en faisceaux, ou solitaires. Elles croissent abondamment en Europe, surtout dans les contrées australes , et se montrent rarement dans l'Asie et l'Afrique tropicale.

On connaît une dizaine d'espèces de ce genre réparties par Endlicher (Gcn. plant., p. 1111, n. 5786) en deux sections qu'il nomme : Linozostis: Capsule à deux coques ; feuilles opposées; Trismegista : Capsule à trois coques; feuilles alternes. Nous citerons principalement parmi les espèces de la première section qui sont toutes européennes : 1° la Mercuriale vivace, Mercurialis perennis Linn., très commune dans les bois om-

bragés; elle a des racines traçantes qui produisent des tiges droites ou rameuses et garnies de quelques poils ; à feuilles ovaleslancéolées, dentées et d'un vert sombre. C'est une plante dangereuse et qu'on ne doit par conséquent employer qu'avec la plus grande circonspection. Elle est même fatale aux bes tiaux; les Chèvres seules peut-être la mangent impunément. 2° la Mercuriale annuelle, Mercurialis annua Linn., extrêmement commune dans les jardins et dans les endroits cultivés. Elle ressemble à la précédente. Cette espèce sert à faire une préparation laxative, appelée Miel mercurial, qu'on n'emploieque dans les lavements. Il est composé de parties égales de suc de Mercuriale non dépuré et de Miel choisi que l'on fait cuire en consistance de sirop. (J.)

M ÉRENDÈRE. Merendera, Ram. bot. ni.

— Genre de plantes de la famille des ColchicacéesouMélanthacées, de l'hexandrie trigynie dans le système de Linné, établi par Ramond (Bull, phil., n. 47, tab. 12, f. 2) pour une très jolie plante des Pyrénées, intermédiaire par ses caractères aux Colchiques et aux Bulbocodes. Certains auteurs, particulièrement La Pérouse (Hist. abr., p. 202), l'ont rangée dans ce dernier genre, et, d'un autre côté, Bergeret (Flore des Basses-Pyrcnées,\l), en la séparant génériquement, avait proposé pour elle le nom générique de Geophila, qui n'a pu être conservé, celui qui lui avait été donné parRamond étant antérieur. Le genre Mérendère se distingue par un périanthe divisé profondément en six segments rétrécis en long onglet à leur base, portant à leur sommet des étamines dressées, dont l'anthère est aiguë, en fer de lance; l'ovaire est unique, surmonté de trois styles allongés, dressés au sommet. Le fruit qui succède à ces fleurs est une capsule à trois loges peu renflées , ressemblant à autant de follicules réunis par leur partie intérieure. L'espèce pour laquelle ce genre a été créé est la Mérendère bulbocode, Merendera Bulbocodium Ram. (Bulbocodium autumnale La Pér., Geophila pyrenaica Bergeret), fort jolie plante qui abonde dans les prairies alpines et sousalpines dans le centre de la chaîne des Pyrénées. Sa longueur tout entière n'est guère que d'environ un décimètre; son bulbe est ovoïde, d'environ un centimètre de largeur, revêtu extérieurement de tuniques brunes,

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membraneuses et sèches. Dans le mois d'août et au commencement de septembre, il en sort une fleur grande, solitaire, d'une belle couleur violacée, dont les segments sont médiocrement étalés; un peu après la fleur, commencentàsemontrer les feuilles, qui sont linéaires et étalées. La fleur est à peu près sessile sur le bulbe ; mais, après la floraison, ie pédoncule s'allonge, et finit par atteindre sous le fruit près d'un décimètre de long. Comme chez le Colchique d'automne, ce fruit n'arrive à sa maturité qu'au printemps suivant. (P. D.)

MÉRENDÉRÉES. Merendereœ. bot. ph.

— Nom donné par M. de Mirbel à la famille des Colchicacées. Voy. ce mot.

*MERETTIA, Gray (BriL, pi. I, 349).

bot. en. — Syn. de Palmella , Lyngb.

"MERGANETTE. Merganetla (mergus et anas, qui participe desharles et des canards), ois. — Genre faisant partie de la nombreuse famille des Canards et de l'ordre des Palmipèdes. Caractères : Bec de la longueur de la tête, droit, presque cylindrique, terminé par un onglet courbé à son extrémité, mais moins brusquement que dans les Harles, à mandibule supérieure pourvue de dents lamelleuses; narines linéaires situées presque sur le milieu du bec; ailes médiocres armées d'un fort éperon; queue à pennes raides ; tarses assez longs, couverts sur les côtés d'écailles hexagones; doigt du milieu un peu plus long que le tarse; pouce libre, élevé et un peu lobé.

Ce genre, créé en 1841 par M. Gould et en second lieu (1844) par M. Gay, dans son ouvrage sur l'histoire naturelle du Chili, sous le nom de Raphiptcrus, reposait jusqu'ici sur un oiseau rapporté du Chili par M. Bridges, voyageur anglais. M. 0. Desmurs, dans a belle collection d'oiseaux qu'il publie pour iiire suite aux planches enluminées de Buf- Fon et aux planches coloriées deTemminck, lient de décrire une deuxième espèce fort voisine de celle que M. Gould avait précédemment fait connaître. Ce petit genre se rompose donc, quant à présent, des deux espèces suivantes :

1 . Le Merganette armé , Merg. armata Gould (0. Desmurs, Iconog. ornith., pi. 5, sous le nom de Merg. chilensis). Tête ornée de trois bandes noires, une médiane large, et deux latérales plus étroites, séparées entre

elles par deux lignes blanches ; naissance des épaules et scapulaires d'un blanc pur lancéolé de noir; dos et croupion gris ardoisé foncé, avec de fines stries noires. Toutes les parties inférieures d'un brun marroa taché de noir.

Cette espèce est encore très rare, car M. Gay, pendant un séjour de douze ans, n'a pu s'en procurer que cinq individus de différents âges.

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