‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 4 sur 192 · I. . Voyez · texte numérisé non relu

I. . Voyez

Hist. nat.

. Histoire naturelle.

Vulg. . .

. . Vulgaire.

In fus. . .

. lnfusoires.

Zool. . .

. . Zoologie.

Ins. . . .

. Insectes.

Zoopn . ,

. . Zoophytes.

mm.

MARTE. Mustela. mam. — Ce genre de Mammifères , établi par Linné et placé à la tête des Carnassiers digitigrades de G. Cuvier, forme, pour M. Is Geoffroy, sous le nom de Mustéliens, la troisième famille de son sous-ordre des Carnivores à molaires plus ou moins tranchantes , mais non hérissées de pointes. Les Martes ont une seule dent tuberculeuse en arrière de la dent carnassière de la mâchoire supérieure; on leur compte de trente-deux à trente-huit dents. Leur corps très allongé et leurs pieds très courts leur permettent de passer par les plus petits trous. Elles manquent de cœcum, et ne tombent pas l'hiver en léthargie.

Les Martes proprement dites ont à chaque mâchoire six incisives, deux canines, et, parmi les mâchelières , deux carnassières et deux tuberculeuses ; mais le nombre des fausses molaires varie quelquefois de quatre à six à la mâchoire supérieure, et de six à huit à l'inférieure, d'où il résulte que le nombre de leurs dents varie de trente-quatre à trentehuit. Les carnassières ressemblent assez à celles des Chats : cependant les supérieures ont le tubercule interne plus distinct, et les inférieures sont remarquables par un talon assez étendu que présente leur partie postérieure. Les tuberculeuses inférieures sont petites, arrondies, etleurcouronnese termine par trois petites pointes ; les supérieures sont divisées en deux parties par un sillon assez profond, et chaque partie offre trois petits tubercules. Les pieds sont courts comparativement à la longueur de leur corps effllé, et terminés chacun par cinq doigts réunis dans une grande partie de leur longueur par une membrane. Les ongles sont arqués

T. VIII

et très pointus, excepté dans les Zorilles. La queue varie beaucoup de longueur, selon les espèces. Leur pupille est allongée transversalement, comme chez les animaux crépusculaires; l'os pénial existe assez développé dans toutes, mais sa forme n'est pas toujours la même. Les mamelles sont placées sur le ventre, au nombre de quatre à huit. Près de l'anus sont de petites glandes qui sécrètent, surtout quand ces animaux sont en colère, une humeur d'une odeur toujours désagréable et souvent fétide.

De tous les animaux carnassiers, les Martes sont les plus cruels et les plus sanguinaires. Elles ne se nourrissent que de proies vivantes, et il faut qu'elles soient poussées par une faim extrême pour manger quelques baies sucrées, telles que les Raisins et les fruits de la Ronce. Celles qui vivent dans les bois sont constamment occupées de la chasse des Oiseaux, des Souris, des Rats; les plus petites espèces même, telles que l'Hermine et la Relclte, attaquent sans hésitation des animaux dix fois plus gros qu'elles, les Lapins, les Lièvres et les plus grands oiseaux de basse-cour. La ruse dans l'attaque, l'effronterie dans le danger, un courage furieux dans le combat, une cruauté inouïe dans la victoire, un goût désordonné pour le carnage et le sang, sont des caractères qui appartiennent à toutes les espèces de cette famille, sans exception. Leur corps, long, grêle, vermiforme, comme disent les naturalistes, leurs jambes courtes, leur souplesse et leur agilité, permettent à ces animaux de se glisser partout et de passer par les plus petits trous, pourvu que leur tête puisse y entrer ; aussi parviennent-ils aisément à pé-

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nétrer dans les basses-cours, et leur apparition est toujours le signal de la mort pour tous les petits animaux domestiques qu'on y élève. Rien n'est épargné, et, avant d'assouvir leur faim, il faut qu'elles aient tué tout ce qui les entoure, tout ce qu'elles peuvent atteindre. Elles ont un art merveilleux pour s'approcher doucement de leur victime sans en être aperçues et sans la réveiller, pour s'élancer sur elle, la saisir, l'envelopper comme un serpent dans les replis de leur corps long et souple, lui couper la gorge avant qu'elle ait eu le temps de pousser un cri qui eût donné l'alarme aux autres. Les Martes sont si cruelles qu'elles n'épargnent pas mêjne les animaux de leur genre; les espèces les plus fortes font une guerre à mort aux plus faibles; et cependant les mâles ne mangent pas leurs petits, comme font la plupart des Chats, les Cochons, et même les Lapins. Ils en prennent au contraire le plus grand soin, et, dès qu'ils peuvent marcher, ils partagent avec la femelle les soins de Jeur éducation. J'ai pu m'assurer de ce fait par mes propres yeux dans l'espèce de la Marte commune et celle de la Fouine.

Les Martes, d'un caractère sauvage et farouche, ne se plaisent que dans les forêts les moins fréquentées, et, si l'on en excepte la Fouine et la Belette, elles ne s'approchent pas volontiers des habitations de l'homme. On ne peut nier qu'elles aient de l'intelligence, si on en juge par l'adresse et la ruse qu'elles emploient pour surprendre leurs ennemis; mais c'est purement une intelligence de meurtre et de cruauté, qui ne les empêche pas de tomber dans tous les pièges qu'on leur tend. Réduites en captivité, elles s'apprivoisent assez bien; cependant jamais assez pour sentir de l'affection pour leur maître, et ne pas s'effaroucher de la présence d'un étranger. Sans cesse agitées par un mouvement de défiance et d'inquiétude, elles ne peuvent rester un moment en place, et si elles cessent par intervalle d'essayer à briser leur chaîne , c'est pour dormir. Cependant, comme on le verra à l'article de la Fouine , quelques individus font un peu exception et ont le caractère moins farouche.

Le genre Marte a été divisé par presque tous les naturalistes en quatre sections ou sous-genres, savoir :

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