GRAMINÉES
MÉROU, pois. — Voy. serran.
*MERRETIA, Soland. (Afsc). bot. ph.
— Syn. de Corynocarpus , Forst.
*MERTENSIA (Mertens, zoologiste allemand), acal. — Genre de Béroïdes proposé par M. Lesson, qui le place dans sa tribu des Cydippes, et le caractérise ainsi : Corps oblong , vertical , échancré en bas , comprimé sur les côtés , formé de huit côtes , portant chacune sur leur arête une rangée de cils; près de l'ouverture supérieure naissent deux longs cirrhes contenus dans deux tubes latéraux, et sortant par l'extrémité opposée. Le type de ce genre est le Beroe ovum de Fabricius , qu'Eschscholtz avait nommé Cydippe ovum , et qui est la Mertensia Scoresbyi de M. Lesson. Cet Acalèphe, de la grosseur d'un œuf, est bleuâtre, presque diaphane. Il vit près du pôle arctique, dans la baie de Baffin , et au Spitzberg. M. Lesson rapporte au même genre , et
peut être à la même espèce , le Beroe compressa de Mertens, qui est une Jmura de M. de Blainville. (Dcj.)
MERTEIVSIA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Celtidées, établi par H.-B. Kunth (in Humb. et BonpL, Nov. ' gen. et $p., II, 31 , t. 103). Arbres de l'Amérique tropicale. Voy. celtidées. — Roth. (Catalect., I, 54), syn. de Steenhammera , Reichenb.
MERTEIVSIA, Roth. (in Schrad. Journ., II, 1, t. 1). bot. cr. — Syn. de Champia, Lamk.^
*MÉRULAXE. Merulaxis. ois. — Genre de la famille des Fourmiliers et de l'ordre des Passereaux , caractérisé par un bec médiocre, à mandibule supérieure convexe, presque droite, à arête très marquée entre les narines , et à pointe recourbée et notablement échancrée; des narines en partie recouvertes en avant par une écaille bombée, au-dessous de laquelle elles sont percées , et cachées en arrière sous des plumes rigides , étroites , courtes et dirigées en avant; des ailes obtuses, très courtes , très concaves et arrondies; une queue longue, étagée, à rectrices peu fournies , acuminées et molles; des tarses forts, assez robustes ; quatre doigts armés d'ongles minces , comprimés et peu vigoureux.
Ce genre a été établi par M. Lesson, dans sa Centurie zoologique , sur un oiseau fort voisin des Fourmiliers : aussi les auteurs ont-ils été d'accord pour le placer dans la même famille. MM. Swainson et Ménétrier ont de leur côté reconnu, dans l'oiseaa publié avant eux par M. Lesson , le type d'un genre nouveau qu'ils ont proposé, le premier sous le nom de Platyurus, et le second sous celui de Malacorhynchus.
Les espèces qu'a fait connaître M. Lesson sont : le Mérulaxe noir, M. ater Less. (Cent, zoologique, pi. 30). Noir ardoisé, uniforme; tarses jaune clair. — Habite le Mexique.
Le Mérulaxe roux, M. rulilus Less. Brun ardoisé en dessus , roux vif sous le corps ; les plumes du front formant sur la narine une petite houppe comprimée. — Patrie inconnue.
Peut-être cette deuxième espèce est-elle établie sur la femelle ou le jeune âge du Mérulaxe noir.
Depuis la publication de ce genre par
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M. Lesson , quelques autres espèces ont été découvertes ; ainsi M. de La Fresnaye en a fait connaître quatre dans la Revue zoologique pour 1840 (n° d'avril) : le M. senilis, le M. grisei-collis , le M. squamiger ( tous les trois venant de Santa-Fé de Bogota), et le M. analis, que M. de La Fresnaye croit provenir du Paraguay ou du Chili.
On ne sait absolument rien sur les mœurs des Mérulaxes ; cependant , comme , par l'ensemble de leurs formes, ce sont de vrais Fourmiliers , il est probable qu'ils en ont les habitudes et le genre de vie. ( Z. G.) MÉRULIDÉES. Merulidœ , Vig. ois. — Syn. de Turdidées. Voy. ce mot. (Z. G.) *MERULINA (merulius, genre de champignons), polyf. — Genre établi par M. Ehrenberg aux dépens des Agaricies de Lamouroux et de Lamarck, et ayant pour type le Madrepora ampliata d'Ellis et Solander. Les expansions de ce Polypier sont presque flabellées , avec des rides longitudinales séparées par des carènes saillantes dentelées en scie, très rudes. Il se trouve dan. la mer des Indes. (Duj.)
MERULIUS. bot. cr. — Genre de Champignons créé par Haller, et si vaguement caractérisé, que les auteurs y ont introduit un grand nombre d'espèces dont on a formé depuis de nouveaux genres. Ainsi on trouve décrits sous ce nom, des Agarics, des Chanterelles, des Pézizes, des Théléphores, des Dœdalea, etc., etc. Il appartient à la classe des Basidiosporés, et doit être mis parmi les Polyporés. Le réceptacle est réfléchi ou résupiné, ordinairement membraneux. L'hyménium est de la même nature, confondu avec le réceptacle, et composé d'une membrane parcourue par des veines peu saillantes , obtuses, et qui forment des aréoles ou de larges cellules, dont la surface dans l'état frais est couverte de bandes quadrifides. Ainsi limité , le g. Merulius est parfaitement distinct; mais, à l'exemple de Persoon, il faut en séparer les Xylomyzon , qui ont la même forme, et dont la consistance est coriace au lieu d'être charnue. Voy. xylomyzon. (Lév.) MERVEILLE A FLEURS JAUNES.
bot. rn. — Un des noms vulgaires de 17mpatiens noli tangereL.
MERVEILLE DU PÉROU, bot. ph. — Nom qu'on donnait autrefois à la Belle-denuit*
MERYCOTHERIUM. mam. voss.—Voy.
CHAMEAUX fossiles.
*MER1'UM (p./jpuw, pelotonner), ins. — Genre de Coléoptères subpentamères, tétra mères deLatreille, famille des Longicornes, tribu des Cérambycins , créé par Kirby (Faun. boreali americana , 1837, p. 172), et qui se rapporte au genre Phymatodes , de Mulsant , que ce dernier auteur n'a publié qu'en 1839 ( Hist. nat. des Gol. de Fr.), et qui par conséquent doit être rejeté. (C.)
MER1X (pvîpvw, pelotonner), ins. — Genre de Coléoptères tétramères, famille des Xylophages, tribu des Mycétophagides, créé par Latreille (Gênera Crust. et Ins., t. III, p. 17 , t. I , pi. 1 1 , f. 1). Ce genre se distingue par des palpes maxillaires tous saillants et terminés par un article plus grand, en triangle renversé. Le type , M. rugosa Latr., indiqué à tort comme originaire des Indes orientales, est indigène de la Nouvelle-Hollande. (C.)
*MESACWiEA (pe'ffoç, moyen, médian; axp.c.t'o;, robuste). roLYP. — Sous-genre d'Actinies , établi par M. Ehrenberg pour les espèces qui auraient les tentacules moyens les plus forts, les internes et les externes étant au contraire plus petits ; mais on ne connaît pas encore d'espèces de ce sousgenre. (Duj.)
*MESAGROICUS (p.^âypcuxo; , qui est un peu rustique), ins. — Genre de Coléoptères tétramères , famille des Curculionides gonatocères, division des Brachydérides, établi par Schœnherr [Gênera et sp. Curcul. synon., t. VI, I, p. 281 ). L'auteur en décrit deux espèces du Caucase, les M. pisi férus Schr., et obscurus Stevens. (C.)
MÉSAL. moll. — Adanson (Voy. au Senég.) nomme ainsi une coquille qu'il place dans son genre Cérithe , mais qu'une étude plus approfondie a fait reconnaître comme appartenant aux Turritelles. Voy. ce mot.
*MESAL1NA. rept. — Division formée par M. Gray (Ann. of se. hist., 1830) aux dépens du grand genre Lacerta. (E. D.)
MÉSANGE. Parus, ois. — Genre type de la famille des Paridées , dans l'ordre des Passereaux. On lui assigne pour caractères : un bec petit , court , droit , conique , comprimé , non échancré, et garni de poils à sa base, à mandibule supérieure quelquefois un peu recourbée vers la pointe; des
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ratines situées à la base du bec , arrondies et presque entièrement cachées par de petites plumes dirigées en avant; des pieds médiocrement forts, et des doigts, au nombre de quatre, armés d'ongles assez puissants , surtout le pouce.
Les Mésanges composent une division fort intéressante. Les espèces connues s'isolent d'une manière bien tranchée des autres groupes ornithologiques , non pas tant par leurs caractères extérieurs que par leurs habitudes naturelles. Ce sont, en effet, de petits Oiseaux que leur manière de vivre suffirait pour caractériser d'une façon assez nette, tant elle leur est particulière. A la vérité , on trouve bien dans la série quelques espèces, les Colious, par exemple, les Sîtelles, et surtout les Roitelets, dont les mœurs ont quelques traits d'analogie avec les leurs; mais quelques traits isolés ne sauraient constituer en entier le naturel d'un oiseau, et celui des Mésanges leur est tellement propre, qu'il pourrait servir, nous le répétons, à caractériser le genre qu'elles forment. Aussi est-il possible de faire leur histoire générale; car, à quelques particularités près , ces Oiseaux ont des mœurs et des habitudes communes.
Si les Mésanges avaient autant de force qu'elles ont de hardiesse et de courage, il est très certain qu'on pourrait les placer parmi les espèces les plus redoutables. En général, elles sont vives, actives, auda- . cieuses et hargneuses au suprême degré. Elles se montrent jalouses à l'égard des autres Oiseaux, et ont, pour quelques uns d'entre eux, une antipathie bien prononcée. La Chouette surtout est leur lête d'aversion ; elles se lancent dessus avec fureur, avec opiniâtreté , en hérissant leurs plumes et en poussant des cris perçants qui attirent les autres petits Oiseaux.
Il est excessivement rare, durant le jour, de les trouver au repos. Constamment elles voltigent d'arbre en arbre, sautent de branche en branche, et s'y soutiennent dans toutes les attitudes. Tantôt elles s'accrochent à l'écorce pour prendre un insecte ou les œufs qu'il y a déposés , la frappent de leur bec pour en faire sortir ceux qui pourraient s'y être cachés ; tantôt elles se suspendent à l'extrémité du rameau le plus faible, pour chercher dans le bourgeon, ou sur la lige i
qui le termine, les petites mouches qui s'y reposent. Après qu'elles ont ainsi exploré. un arbre depuis le bas jusqu'à la cime, elles.se jettent sur un autre arbre voisin , re-j commencent leur chasse, et ainsi successi-' vement elles visitent quelquefois toute la lisière d'un bois.
La plupart des Mésanges étant en quelque sorte omnivores , la nature leur offre presque partout de nombreux moyens d'existence. Il est probable que c'est à la facilité qu'ont ces Oiseaux de se procurer partout une nourriture facile qu'il faut attribuer leur courte pérégrination ; car nous devons dire que les Mésanges n'entreprennent pas de longs voyages; elles errent çà et là plutôt qu'elles n'émigrent. L'été, elles mangent des Abeilles, des Guêpes, des Punaises de bois , des Chenilles et un grand nombre d'autres Insectes, soit à l'état^arfait, soit à l'état de larve; l'hiver, elles se nourrissent de fruits à noyau, de graines sèches ; elles recherchent avec avidité celles du Tilleul, du Sycomore, de l'Érable, du Hêtre et du Charme ; elles aiment aussi les noisettes, les glands , les noix, les Châtaignes, et surtout les olives piquées et à demi sèches. Peut-être n'attaquent-elles ce dernier fruit que pour mettre à découvert les larves qui le rongent. Il est surprenant que d'aussi petits Oiseaux , avec des moyens peu puissants en apparence , puissent venir à bout de rompre l'enveloppe ligneuse d'une noisette , par exemple , ou d'une noix. Le seul instrument qu'elles emploient à cet effet est le bec ; elles s'en servent comme d'un coin , à l'aide duquel elles frappent à coups redoublés sur l'enveloppe de la noix jusqu'à ce qu'elles soient parvenues à pratiquer un trou assez grand pour en extraire le contenu. C'est du reste de cette manière qu'elles mangent toutes les graines; car, malgré leur bec ferme et solide , elles ne les écrasent pas , comme font certains Oiseaux conirostres : elles les dépècent, en ayant soin de les assujettir préalablement sur une bran-S che , avec leurs pieds. La prévoyance n'es )\ ordinairement pas une des qualités des Oi-I seaux : ils vivent au jour le jour, sans prendre souci du lendemain. Cependant il paraîtrait que les Mésanges, quelques unes du moins , entassent dans des trous , pour leur provision d'hiver, des graines et des fruits
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à noyaux. Toutes sont gourmandes et voraces ; la plupart d'entre elles même sont, à vrai dire , carnivores. La Mésange charbonnière, la Mésange bleue et la Nonnette ont un appétit excessivement prononcé pour le suif et la graisse rance ; c'est là pour elles un appât auquel elles ne sauraient résister. Un fait certain, déjà signalé , et dont nous avons été témoin bien souvent , c'est qu'elles attaquent, en cage, les Oiseaux faibles et languissants, même ceux de leur espèce, et qu'après les avoir tués en les frappant à coups redoublés sur la tête, elles leur ouvrent le crâne pour en dévorer la cervelle. Bechstein a vu une grande Charbonnière tuer de la sorte une Caille. Cette cruauté , comme le dit Buffon , n'est pas toujours justifiée par le besoin, puisqu'elles se le permettent lors même qu'elle leur est inutile, par exemple dans une volière où elles ont en abondance la nourriture qui leur convient. En captivité , on nourrit les Mésanges avec du chènevis , de la faîne et plusieurs autres graines ; elles mangent aussi du pain trempé dans du lait ; mais on a remarqué que , sans rien perdre de leurs habitudes et de leur activité naturelles , elles ne supportent pas longtemps l'esclavage. On ne peut les garder que trois ou quatre ans en cage. Malgré la nourriture qu'elles prennent en abondance, et qu'elles savent si bien varier, les Mésanges ne sont jamais bien grasses ni de bon goût ; leur chair est noirâtre , grossière , sèche et amère.
11 est peu d'Oiseaux plus sociables que ceux dont nous faisons l'histoire ; car il est très rare de rencontrer des individus isolés. Ils vivent en troupes ou plutôt en familles, Surtout après les couvées. On les entend se rappeler sans cesse et redoubler leurs cris dès qu'ils se perdent de vue; on les voit se réunir un instant, se quitter, puis se rapprocher de nouveau. Les lisières des bois , les buissons, les haies, les jardins, les endroits marécageux , les bords des rivières , sont les lieux où ils exercent constamment leur industrie. On a prétendu qu'il règne entre les Mésanges moins d'attachement que de méfiance, et que les individus d'une même espèce se craignent mutuellement; on a même avancé que cette méfiance et cette crainte mutuelles étaient cause que t, vin. ——**■.
ces Oiseaux se tenaient toujours à quelque distance les uns des autres. Si le fait était vrai, on ne saurait trop comment expliquer leur instinct de sociabilité; mais nous pouvons assurer que , dans cette circonstance comme dans beaucoup d'autres , on s'est trompé. Si bien souvent les Mésanges qui composent une bande sont éparpillées çà et là sur le même arbre , c'est que les insectes qu'elles y cherchent n'y sont pas non plus ramassés sur un seul point, et non seulement alors elles se dispersent sur toutes les branches , mais , lorsque deux de ces Oiseaux suivent la même direction , on les voit arriver jusqu'au bout de la tige qu'ils parcourent, exerçant tranquillement leur industrie l'un près de l'autre. Si quelquefois il y a querelle entre les Mésanges, c'est toujours lorsque l'une est sur le point d'enlever la proie à l'autre. D'ailleurs la plus grande preuve de leur sociabilité est que la plupart d'entre elles ne sauraient vivre seules. La Mésange à longue queue surtout offre un exemple bien remarquable du besoin de la société de ses semblables. Se voit-elle isolée, on l'entend incontinent se désespérer, si nous pouvons ainsi dire. Elle, d'ordinaire si active pour ses besoins, oublie même alors de chercher sa nourriture. Ce n'est plus dans le bas des arbres qu'elle se pose; elle n'en visite plus les branches jusqu'au dernier rameau pour y découvrir l'insecte qui s'y cache; c'est sur la cime qu'elle se perche alors ; et de là , poussant de hauts cris d'appel, elle paraît attendre qu'on lui réponde. Si rien ne lui indique la présence de ses compagnes dans le voisinage , elle vole se percher sur un arbre plus éloigné, pour y recommencer ses cris. Enfin cette agitation ne cesse que lorsqu'elle a retrouvé la petite troupe dont elle faisait partie, ou une autre dans laquelle elle comptera désormais.
Mais pour offrir un témoignage plus éclatant de rattachement que ces petits Oiseaux ont les uns pour les autres, nous citerons le fait suivant. Étant en chasse, nous démontâmes d'un coup de fusil une Mésange à longue queue qui demeura accrochée à l'arbre sur lequel nous l'avions tirée. Soudain elle poussa de petits cris plaintifs qui attirèrent tout autour d'elle les individus assez nombreux dont se composait la bande à la-
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quelle elle appartenait. Ils voltigeaient avec agitation à côté de leur compagnon blessé, s'en approchaient jusqu'à le toucher, et paraissaient s'efforcer de l'attirer à eux par des cris particuliers. Enfin, après avoir observé quelque temps cette série de dévouement, nous les abattîmes l'un après l'autre, jusqu'au dernier, sans que les coups de fusil pussent les déterminer à s'éloigner.
Voilà bien certainement une preuve de l'attachement , nous dirions presque de l'amitié que les Mésanges à longue queue ont l'une pour l'autre. Si toutes les espèces du genre sont en général sociables, ce qu'on ne saurait mettre en doute, nous n'en connaissons cependant pas qui le soient à ce point. Les autres genres même ne nous offrent pas un exemple aussi remarquable ; les Roitelets seuls pourraient peut-être, sous ce rapport , soutenir la comparaison.
Mais il n'est point, parmi les Oiseaux, de lien si étroit que l'époque des amours ne détruise , et les Mésanges à longue queue, comme toutes leurs congénères , quand vient le moment de la reproduction, cessent de former des familles; on ne les rencontre plus que par couples.
Toutes les Mésanges ne mettent pas à faire leur nid le même soin ni la même adresse. Les unes le construisent dans les arbres creux, dans les fentes des murailles, dans les trous abandonnés des Mulots et des Taupes , dans les vieux nids des Pies et des Écureuils ; les autres le placent entre les tiges des roseaux, à une certaine distance de l'eau; d'autres le posent contre le tronc des arbres ou à l'enfourchure des branches; d'autres enfin le suspendent à l'extrémité des rameaux les plus flexibles. Parmi elles, celles qui apportent le plus d'art dans la construction de l'édifice qui doit recevoir leurs œufs et protéger leurs petits, sont la Mésange à longue queue et la Mésange Rémiz. Celui de la première de ces deux espèces, ordinairement posé sur l'enfourchement des branches , est composé à l'extérieur avec des lichens , de la mousse et de la laine, entrelacés avec un art admirable, et est garni intérieurement d'une grande quantité de plumes et de duvet. Ce nid, qui affecte la forme d'un ovale, offre ceci de particulier que, sur deux de ses faces opposées, sont pratiquées deux petites cuver-
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tures qui se correspondent de telle façon que la femelle ou le mâle puissent entrer dans ce nid et en sortir sans être oblfgés de se retourner. Cette double ouverture est évidemment un fait de prévoyance inspiré à cet Oiseau par la nature; c'est afin que sa longue queue , qui, au moindre obstacle, se détache ou se froisse , fût à son aise durant l'incubation ; et ce qui le prouve, c'est que, après l'éclosion et lorsque les jeunes peuvent se passer de la chaleur maternelle, en d'autres ternies, lorsqu'il n'y a plus nécessité pour la femelle ou pour le mâle de se tenir dans le nid , ils se hâtent de boucher l'une des deux ouvertures qu'ils y avaient ménagées. La Mésange Rémiz, elle, procède d'une autre façon et se montre bien autrement industrieuse. C'est, de tous les Oiseaux d'Europe , celui qui apporte le plus d'art dans la construction de son nid. Il le suspend à l'extrémité d'une branche flexible et pendante au-dessus de l'eau , l'attache avec les fibres du chanvre , du lin , de l'ortie , ou avec d'autres matières filamenteuses ; lui donne la forme d'un sac , d'une bourse ou d'une cornemuse aplatie; en place l'ouverture sur le côté, ordinairement sur celui qui fait face à l'eau, et le compose du duvet léger qui se trouve aux aigrettes des fleurs du saule, du peuplier, du tremble, des chardons, des pissenlits, etc. Pour entrelacer ce duvet avec des brins de racine, de façon à en composer un tissu épais, serré, presque semblable à du drap, la Rémiz n'emploie d'autre instrument que son bec. L'intérieur de ce nid ne diffère pas de l'extérieur. Quant aux autres espèces, elles se bornent à entasser sans trop d'art, dans le trou qu'elles ont choisi, du crin, de la bourre , des plumes, en un mot des matières molles.
Les Mésanges sont en général extrêmement fécondes. Certaines espèces, comme la MoustacheetlaRémiz, nefontordinairement que six ou huit œufs ; mais la Mésange bleue et la grande Charbonnière en pondent jusqu'à quinze et dix-huit. Il n'est pas rare de voir le dernier de ces Oiseaux commencer une seconde ponte avant d'avoir émancipé sa première couvée. Ce qu'il yaderemarquable^ c'est que les Mésanges pondent toutes des œufs qui ont à peu près la même couleur; ils sont blancs, marqués de taches rouges et
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violettes. Il y a quelquefois si peu de différence entre ceux des diverses espèces , qu'il est très difficile de ne pas les confondre. Peu d'oiseaux nourrissent leurs petits avec un zèle et une activité aussi infatigables ; il y en a peu qui leur soient plus attachés, et qui les déTendent avec plus de courage contre les agresseurs.
En raison du nombre des espèces et de leur considérable reproduction, les Mésanges seraient abondamment multipliées, si elles savaient veiller à leur conservation. Mais, en général, peu méfiantes, curieuses, hardies et sans défense, elles deviennent facilement la proie de l'oiseleur et des animaux qui cherchent à les surprendre. Le Hobereau, TÉmérillon, généralement tous les petits Oiseaux de proie, tant diurnes que nocturnes et même les Pies-Grièches , leur font la guerre; d'un autre côté, le Lérot, le Loir et les Souris détruisent souvent leurs pontes ou leurs nichées, en pénétrant dans les trous où la plupart d'entre elles font habituellement leur nid. Tous les pièges, quelque grossiers qu'ils soient, sont bons pour prendre les Mésanges; elles s'y jettent en étourdies, même lorsqu'elles ont déjà failli en être les victimes.
On trouve des Mésanges dans l'ancien et dans le nouveau continent; mais, par une exception assez rare, les espèces sont beaucoup plus nombreuses en Europe, et surtout dans le nord de cette partie du monde que partout ailleurs.
Les Mésanges ont été confondues par quelques naturalistesavecles Pics; d'autres, sans en faire des oiseaux de même genre, les ont pourtantconsidérés comme étant très voisins les uns des autres. Cependant, si l'on excepte une seule espèce (la Mésange des marais), qui, à ce qu'on assure, creuse elle-même les arbres pour y placer son nid, particularité -qu'elle partagerait avec les Pics, ces deux genres d'oiseaux sont aussi éloignés entre * eux par leurs habitudes qu'ils le sont par : leurs caractères.
Le genre Mésange ( Parus) de Linné n'est ! plus aujourd'hui tel que l'avait fait son fon- ' dateur ; des coupes assez nombreuses y ont été introduites. G. Cuvier, le premier, l'a divisé en Mésanges proprement dites, en Moustaches et en Rémiz, et a fondé cette division sur quelques légères différences ti-
rées du bec et sur quelques particularités dans les habitudes. M. Temminck, qui d'abord avait résisté à cette manière de voir, s'est, lui aussi, décidé à établir trois sections dans le genre Parus : les Sylvains, les Riverains et les Penduîiens. Ces trois sections, qui ont pour motifs les oppositions d'habitudes, sont également distinctes entre elles par de légers caractères tirés des rémiges et du bec. Ainsi les Sylvains ont la première rémige de moyenne longueur; chez les Riverains elle est nulle, et les Penduîiens ont un bec qui diffère totalement de celui des autres espèces. Quelques ornithologistes ont poussé plus loin encore le démembrement du genre Parus, devenu pour eux la famille des Paridées. Ainsi, pour ne parler que de nos espèces d'Europe, la Mésange à longue queue est devenue pour Leach le type d'une division particulière sous le nom de Mecistura, et les Parus cristatus, cœruleus et palustris ont servi à Kaup à fonder, la première, le genre Lophophanes , la seconde, le genre Cyanistes, et la troisième, le genre Pœcile. C'est là, ce nous semble, pousser un peu trop loin la manie de faire des genres: Nous reconnaissons que le genre Mésange ne pouvait rester tel que l'avait créé Linné, ni même tel que l'avait modifié G. Cuvier; mais nous sommes loin d'admettre qu'il faille sans motif réel multiplier les coupes et faire presque de chaque espèce un genre. Pour ne point tomber dans cet excès, nous adopterons la classification de G. Cuvier; seulement nous détacherons de ses Mésanges proprement dites le Parus caudatus, qui paraît réellement devoir composer, sinon un genre, du moins un groupe particulier dans la famille des Mésanges.