‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 51 sur 192 · III. NAUCLERS. Nauclerus, Vigors · texte numérisé non relu

III. NAUCLERS. Nauclerus, Vigors

Bec court; queue très longue, très fourchue comme celle des Hirondelles; tarses courts, faibles, réticulés, garnis déplumes comme dans les Élanious.

Une espèce de cette division , dont on a

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constaté l'apparition accidentelle dans la Grande-Bretagne, est le Milan de la Caroline, Buff., maintenant Naucler de la Caroline, Nau. furcalus Gould {Birds of Europe), Mil. Caroliniensis Briss .M. Temminck, dans son Man. d'omilh. , le décrit sous le nom d'Élaniou Martinet. La tête, le cou, et généralement toutes les parties inférieures, sont d'un blanc très pur; le manteau , les ailes et la queue, d'un beau noir bronzé à reflets.

Habite l'Amérique septentrionale, d'où il se répand jusqu'au Brésil , et très accidentellement dans le nord de l'Europe.

Deux individus ont été capturés en Angleterre, l'un en Argyleshire et l'autre en Yorkshire.

Le Naucler de Riocour , Nau. Riocourii Vig. (Milan riocour Temm., pi. col. 85), du Sénégal, est la deuxième espèce de cette division. (Z. Gerbe).

MILAN MARIN, poiss. — Nom vulgaire d'une espèce de Trigle.

MILANDRE. Galeus. poiss. — Genre de Tordre des Chondroptérygiens à branchies fixes, famille des Sélaciens, établi par G. Cuvier (l\èg. anim., t. II, p. 389) aux dépens des Requins, dont ils diffèrent principalement par la présence d'évents.

La seule espèce connue est le Squalus galeus , reeonnaissable à ses dents, dentelées seulement à leur coté extérieur. Ce poisson vit dans nos mers, où il atteint une taille de 1 "ViO environ. La femelle seule parvient quelquefois à 2[U,0 de longueur; elle met bas 36 à 40 petits à la fuis. La nourriture ordinaire des Milandres se compose déjeunes poissons ; mais féroce et sanguinaire comme le Requin, il a aussi, comme lui, sa voracité et son audace. Souvent on a vu des Milandres s'élancer sur la côte, et se jeter sur les hommes qui n'avaient pas quitté le rivage. Aussi la pêche de ce poisson est-elle très dangereuse et demande les plus grandes précautions. Il en sera de nouveau question à l'article requin.

MILESIA. ins. — Genre de l'ordre des Diptères brachocères , famille des Brachystomes, tribu des Syrphides, établi par Latreillc {Gen. L. ), et généralement adopté. M. Macquart (Dipt., suites à Buff., t. I, p. 532) en cite 8 espèces réparties en deux sections : la première comprend celles qui

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ont la face courte et concave ; les cuisses postérieures unidenlées (M. crabroniformis Lat., fulminans Meig., diophthalma Lat., gigas Macq.); la deuxième renferme les espèces qui ont la face prolongée antérieurement, à légère proéminence ; les cuisses mutiques ( M. vespiformis Meig. , bombylans Fab., speciosa Lat., fallax Fab.). Toutes ces espèces habitent la France, l'Allemagne et l'Italie. Leurs larves se nourrissent du détritus du bois. — Outre les espèces que nous venons de mentionner, on en connaît encore 10 autres exotiques (Ma'cq., Dipt. exot., t. II, 2e partie, p. 78), sur lesquelles 3 appartiennent aux Indes orientales, 6 à l'Amérique septentrionale, et une au Brésil.

MILIARIA. ois. — Nom spécifique latin du Bruant proyer devenu pour Brehm un nom du genre dont cette espèce est considérée comme le type. (Z. G.)

MILIARIUM, Mcench. (Melh., 204).

rot. ph. — Syn. de Milium, Linn.

MILIOLEetMILIOLITE {milium, grain de mil), foramin., moll.? — Genreétabli par Lamarck pour de petites coquilles fossiles très communes dans les terrains marins tertiaires et que l'on croyait alors provenir de Mollusques céphalopodes. Montfort avait nommé Pollonte ce même genre, mais il avait donné le nom de Miliolite à d'autres fossiles qui sont plutôt des Mélonies. M. Aie. d'Orbigny, plaçant les Milioles dans son ordre des Céphalopodes foraminifères, en fit la quatrième famille des Agathistègues, caractérisée par la disposition des loges pelotonnées de diverses manières sur un axe commun , faisant chacune dans leur enroulement la longueur totale de la coquille, de telle sorte que l'ouverture, munie d'un appendice interne, se trouve alternativement à une extrémité ou à l'autre. Les Milioles ayant les loges embrassantes et opposées sur un seul plan de telle sorte qu'il n'en paraisse que deux en dehors, comme la M. ringens den Lamarck, constituent le genre Biloculine de M. Aie. d'Orbigny. Celles qui , au lieu de deux, ont trois loges apparentes par suite de la disposition des loges sur trois côtés, sont des Triloculines ; telle est la M. trigonula Lamk. Celles enfin qui ont cinq loges apparentes, . comme la M. saxorum Lamk., sont des Ou in- ■ quéloculines. Plus récemment, le même auteur, cessant de regarder les Foraminifères

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comme des Mollusques, a subdivisé les Agathistègues en deux familles, savoir: 1° les Miliolidées comprenant les espèces dont les loges sont disposées dans un seul plan , comme celles des Biloculines, et 2° lesMultiloculites comprenant les coquilles dont les loges sont disposées sur quatre ou cinq côtés opposés , comme celles des Triloculines et des Quinquéloculines. M. Aie. d'Orbigny a d'ailleurs fait connaître les coquilles d'un grand nombre d'espèces vivantes. Quant à la nature des animaux d'où proviennent ces petites coquilles, nous avons montré, en 1835, combien leur organisation est plus simple qu'on ne l'avait supposé précédemment, et, d'après le mode d'expansion de leurs tentacules filiformes, nous les avons nommés Rhisopodes. Voy. ce mot. (Duj.)

* MILIOLIDÉES. foramin. — Première famille de l'ordre des Agathistègues de M. Aie. d'Orbigny. (Duj.)

MILIUM. bot. ph. — Genre de la famille des Graminées-Phalaridées, établi par Linné (Gen. n., 79). Gramensde l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique. Voy. graminées.

*MIUUSIA. bot. pu. — Genre de la famille des Anonacées, établi par Alph. de Candolle (in Mem. Soc. h. n. Genev., V, 213 , t. 3). Plantes ligneuses de l'Asie tropicale. Voy. ANONACÉES.

H1ILLA. bot. ph. — Genre de la famille des Liliacées-Agapanthées, établi par Cavanilles (le., II, 76, t. 196). Herbes du Mexique. Voy. LILIACKES.

MILLE1EU1LLE. bot. ph. — Nom vuljgaire du genre Achillea. Voy. ce mot.

JMILLEFLELR. bot. ph.— Nom vulgaire du Tldaspi arvense.

MILLEGRAINE. bot. ph. —Nom vulgaire des Herniaires, de la Radiole et des Oldenlandes.

*MILLEGRANA, Surian. (in Herb.Juss.).

bot. ph. — Syn. de Cypselea, Turpin.

MILLEGREUX. bot. ph.— Dans certains cantons de la France, on désigne sous ce nom quelques espèces de Joncs.

MILLEPÈDE. moll. —Nom vulgaire et marchand du Strombus millepeda L.

MILLEPERTUIS. Hypericum, Lifl.(v*4», sur; stxwv, image), bot. ph. — Très grand et beau genre de la famille des Hypéricinées ou Hypéricacées à laquelle il donne son nom, de la polyadelphie polyandrie dans le système

de Linné. Il comprend un grand nombre d'espèces qui habitent les contrées tempérées et chaudes de toute la terre, mais qui sont cependant plus abondantes dans les parties un peu chaudes de l'hémisphère boréal. Ces plantes ont été étudiées, dans ces derniers temps, avec beaucoup de soin, par M. Spach(l), qui a établi parmi elles, et dans la famille des Hypéricinées tout entière , de nombreuses subdivisions qu'il a qualifiées de genres, mais que la plupart des botanistes n'admettent pas encore comme tels. Nous suivrons ici M. Endlicher à leur égard, ainsi que pour la circonscription du grand genre Millepertuis lui-même. Tel que le limite le célèbre auteur allemand du Gênera, ce genre correspond à la seconde des deux tribus établies par M. Spach dans la famille des Hypéricinées, moins le genre Ascyrum (que distinguent ses fleurs à 4 sépales, à 4 pétales, à nombreuses étamines presque libres, et ses styles au nombre de 1-3). Circonscrit de la sorte, il se compose déplantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles opposées, le plus souvent entières, presque toujours marquées de petits points épars transparents, qui ne sont autre chose que des réservoirs d'une huile essentielle incolore, et qui ont fait donner à ces plantes le nom français de Millepertuis ; souvent ces feuilles présentent en outre de petits points glanduleux noirs qui se retrouvent principalement sur leurs sépales et leurs pétales. Les Millepertuis manquent de stipules. Leurs fleurs sont jaunes, souvent grandes et assez belles pour en faire des espèces d'ornement, tantôt solitaires, tantôt disposées en cyme, en panicule ou même en ombelle. Leur calice est à 5 sépales distincts ou un peu soudés à leur base, dont les deux extérieurs sont parfois plus grands ; leur corolle esta 5 pétales alternes au calice, à côtés égaux ou inégaux ; leurs étamines sont nombreuses, presque toujours soudées par leurs filets en 3-5 faisceaux; leur ovaire, 1-loculaire ou 3-5-loculaire, suivant que les bords rentrants des carpelles se réunissent ou non à son centre, est surmonté de 3-5 styles. A ces fleurs succède une capsule 1-3-5-loculaire qui renferme des graines presque toujours nombreuses, oblongues-cylindriques, droites ou

(i) Voyez Suites à Buffon, V; Annales des sciences naturelles , î.e séiie. vol. V.

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courbes. Circonscrit par les caractères précédents, îc genre Ilypericum correspond à quatre des sections établies par M. Spach, dans lesquelles rentrent, comme subdivisions, plusieurs des genres proposés par ce botaniste. Voici le tableau des unes et des autres avec l'indication ou la description des principales espèces qui leur appartiennent. Section ï. Drosanthinées , Spach. Calice 5-fide ou 5-parti. Étamines triadelphes, persistantes; ovaire triloculaire, terminé par trois styles. Dans les loges 6-12 ovules horizontaux ou ascendants. Capsules se partageant en trois coques 1-3 spermes, qui tombent enfin de même que le placenta central. Cette section ne se compose jusqu'à ce jour que de plantes de la Perse et de l'Asie mineure, partagées en deux subdivisions: Eremosporus et Drosanthe, Spach.

. Section II. Hypérinées, Spach. Calice 5parti ou 5-fide, très rarement 5-sépale, à sépales distinctement bisériés. Étamines triadelphes, persistantes ou très rarement tombantes. Ovaire 3-loculaire, 3-style, multiovulé. Capsule trivalve à déhiscence septicide , les valves persistantes de même que le placentaire central indivis.

Dans cette section rentrent : A. les Webbia, Spach, que distinguent : un calice profondément 5-fide; des pétales à onglet distinct, concave; des étamines soudées en phalanges de 12-25 chacune; une capsule coriace à placentaire épais, pyramidal, 3-gone; des graines à test spongieux, lâche, renfermant une amande beaucoup plus petite. On en connaît deux espèces des Canaries et de Madère, que l'on cultive comme plantes d'ornement; ce sont les Hypericum floribundum Ait. et H. canariense Linn. Ce dernier est divisé par M. Spach en deux espèces distinctes, sous les noms de Webbia heterophylla et plalypetala. Ce sont de jolis arbrisseaux très rameux et glabres, à fleurs nombreuses, assez grandes, d'un jaune orange, que l'on cultive en orangerie sous le climat de Paris.

B. Les Millepertuis proprement dits, Hypericum, Spach, caractérisés par un calice 5-parti, à divisions égales ou inégales entre elles; une corolle à pétales plans, dont l'onglet est à peine appréciable; une capsule cartilagineuse ou chartacée , très rarement coriace, à placentaire trigone, grêle ou pyra-

midal ; des graines à test membraneux , très finement réticulé, intimement appliqué sur l'amande. C'est dans cette division que rentrent nos espèces les plus connues et les plus remarquables.

M. Spach a établi , parmi les Hypericum proprement dits, plusieurs divisions que nous nous bornerons à signaler ici en y rapportant pour exemples les espèces les plus intéressantes.

a. Holosepaltim. A cette section se rapporte notre Millepertuis couché , H. humifusum Lin., petite plante à tiges couchées, que distinguent ses feuilles oblongues, obtuses, marquées de petites ponctuations, les unes transparentes, les autres noires , ainsi que son calice à sépales oblongs ou lancéolés, à peu près de mêmek;ngueur que la corolle.

b. Milleporum. Cette division ne comprend que l'espèce la plus vulgaire et la plus anciennement connue de tout le grand genre Hypericum, savoir:

Le Millepertuis commun , Hypericum perforatum Lin. C'est à cette plante qu'a été d'abord appliqué le nom de Herbe aux mille pertuis , ou simplement Millepertuis, qui est devenu commun au genre entier. Sa tige herbacée, cylindrique, ponctuée de noir, est marquée de deux lignes saillantes opposées; ses feuilles sont sessiles, obtuses, ovales -elliptiques, les raméales plus étroites, marquées de nombreux points transparents; ses fleurs, de grandeur moyenne, sont paniculées; leurs sépales lancéolés, deux fois plus courts que la corolle , présentent des points transparents et des ponctuations noires qui se retrouvent aussi au bord des pétales et sur les étamines; le pistil est un peu plus long que les étamines , à trois styles divergents. Celte espèce est commune dans les bois , le long des haies et dans les lieux incultes. Dans l'ancienne médecine, elle jouissait d'une haute réputation sous un grand nombre de rapports, et elle passait pour produire des effets presque merveilleux dans un grand nombre de maladies diverses; elle a eu même le privilège de figurer parmi les plantes auxquelles nos ancêtres attribuaient une sorte de vertu surnaturelle et le pouvoir de mettre en fuite les esprits malins; de là lui était venu autrefois le nom de Chasse -diable. Envisagé sous des rapports moins ridiculement mer-

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veilleux, le Millepertuis commun a été employé comme fébrifuge , comme astringent, comme vulnéraire à un degré éminent , comme vermifuge, diurétique, etc. De nos jours, cette plante a beaucoup perdu de son importance , et quoique figurant encore 'dans la matière médicale moderne, elle y est reléguée à un rang secondaire.

c. Adenosepalum. A cette section, la plus nombreuse du genre , se rapportent plusieurs de nos espèces françaises, savoir: les Hypericum UnearifoliumVah], H.hyssopifolium Vill. , H. pulchrum Lin. , H. nummularhm Lin. , H. montanum Lin., H. tomeniosum Lin., que nous nous bornerons à mentionner.

d. Drosocarpium. Parmi les espèces qui entrent dans cette division, il en est qui appartiennent à notre flore , savoir : Hypericum Richeri Vill. , H. Burseri Bauh.,#.

dentatum Lois.

e. Coridium. Les plantes de cette division se distinguent entre toutes les autres par leurs feuilles verticillées. L'une d'elles est YHypericïim coris Lin. , espèce sous-frutescente, qui croît sur les coteaux et dans les parties arides de la Provence.

f. CrossophyUum. Le Millepertuis d'O- ■bst, //. orientale Desr., pour lequel a été établie cette subdivision, est facilement distingué des plantes des divisions précédentes à ses feuilles dentelées en scie et ciliées à leur bord, munies à leur base de deux oreillettes.

C. Les Olvmpies, Olympia, Spach , sont remarquables par leur calice, dont les sépales sont disposés sur deux rangs, l'extétérieur formé de deux latéraux, beaucoup plus grands que les trois intérieurs; leurs pét.iles sont très inéquilatéraux; leur capsule est presque coriace, à placentaire épais, pyramidal, triangulaire; leurs graines sont luisantes, ponctuées, scrobiculées à leur surface. L'espèce pour laquelle a été établi ce groupe est le Millepertuis olympique , Hypericum olympicum Lin. (Olympia glauca Spach) jolie espèce, qui croît spontanément en Grèce, dans l'Asie Mineure, et que l'on cultive pour l'ornement des jardins.

Sec. III. Akdros/eminées, Spach. Calice à cinq sépales , souvent bisériés , inégaux entre eux ; étamines soudées par les filets presque toujours en cinq phalanges, très rarement en 4-6-8; ovaire 3-îi-loculaire .

T. Vill.

à placentaires juxta-posés dans l'axe, mais non soudés ; styles en même nombre que les loges , libres ou plus ou moins soudés entre eux ; capsule à déhiscence septicide. Cette section se subdivise en sept groupes secondaires, qui forment autant de genres pour M. Spach, et dont voici les noms: Campylopus, Psorophytum , Androsœmum, Erevnanthe, Campylosporus, Norysca, Roscyna.

Le troisième de ces groupes, proposé comme genre distinct par Allioni, a été adopté comme tel par plusieurs botanistes, et c'est même en le considérant comme tel que M. Spach a exposé en détail ses caractères dans le tom. I, pag. 490 de cet ouvrage. Parmi les espèces qui le composent, il en est deux qui doivent nous arrêter un instant.

Millepertuis androsème, Hypericum Androsœmum Lin. (Androsœmum officinale Alli.).

Cette espèce, vulgairement connue sous le nom de Toute-saine, est assez commune dans les lieux ombragés et humides de l'ouest et du midi de la France. Sa tige rameuse , haute de 6-10 décim., porte des feuilles grandes pour le genre, sessiles, ovales ou elliptiques, arrondies au sommet, blanchâtres en dessous. Ses fleurs, de grandeur moyenne , sont réunies , au nombre de 3-9, en petites cymes, pour la plupart terminales; leurs sépales sont grands, obtus; leurs pétales sont concaves, à peu près égaux en longueur aux sépales. Le fruit bacciforrne est d'abord rougeâlre, et plus tard d'un violet noirâtre. Cette plante, fortement odorante dans toutes ses parties , jouissait autrefois d'une haute réputation comme espèce médicinale. On la regardait surtout comme un excellent vulnéraire.

Mais de nos jours elle est à peu près inusitée , et c'est à peine si elle entre quelquefois dans la médecine populaire. On la rencontre assez souvent cultivée comme plante d'ornement.

Millepertuis fétide, Hypericum hircinum Lin. (Androsœmum hircinum Spach). Cette jolie espèce est originaire de l'Orient et des parties les plus méridionales de l'Europe; elle est très fréquemment cultivée dans les jardins, et elle s'est à peu près naturalisée dans certains de nos départements méridionaux. Elle forme un sous-arbrisseau touffu, qui atteint jusqu'à 1 mètre de hauteur. Sa

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tige est rameuse, ferme; ses feuilles, assez grandes, sont sessiles , ovales-lancéolées , plus ou moins aiguës au sommet, glanduleuses sur les bords. Ses fleurs jaunes, de 3 centim. environ de diamètre , sont portées sur des pédoncules ordinairement 1-flores , à peu près de même longueur que les feuilles; leurs étamines sont très longues, les fleurs se succèdent pendant tout l'été. Cette plante doit son nom à son odeur de bouc très prononcée.

C'est au 4e groupe, celui des Eremanthe, Spach, qu'appartient le Millepertuis a grands calices, Hypericum calycinum Lin. (Eremanthe calycina Spach). Cette espèce, l'une des plus remarquables de tout le genre par i'éiégance de son feuillage, par la grandeur et la beauté de ses fleurs, est communément cultivée pour l'ornement des jardins. Elle croît naturellement en Grèce et dans l'Asie mineure. Elle trace beaucoup, ce qui rend sa multiplication facile. Sa tige ligneuse, à longs rameaux simples , nombreux, ne s'élève guère qu'à 3-4 décimètres. Ses feuilles sont grandes, vertes en dessus, glauques en dessous, sessiles, ovales-oblongues, rarement lancéolées. Ses fleurs, d'un beau jaune, se succèdent de juin en septembre; elles sont à peu près les plus grandes du genre , leur diamètre égalant 7 et 8 centimètres. Leurs étamines sont de moitié plus courtes que les pétales. Cette belle espèce se multiplie par graines, par boutures et marcottes, ou, plus facilement encore, par division des pieds et par rejets.

Sect. IV. Brathydinées, Spach. Calice à 5, très rarement à 4 sépales. Étamines entièrement libres et tombantes, ou irrégulièrement polyadelphes à la base, et alors marcescentes. Ovaire 1 -3-IocuIaire , surmonté de 3 styles distincts ou quelquefois soudés. Capsule 3-valve, septicide. Les groupes établis dans cette section par M. Spach sont au nombre de 4 , que nous nous bornerons à mentionner ici; ce sont les suivants : Isophyllum, Myriandra, Brathydium> Brathys, Mutis. C'est dans le second de ces groupes que rentre le Millepertuis prolifique, Hypericum prolificum Lin. (Myriandraprolifica Spach), originaire des États- Unis, et que l'on cultive fréquemment dans nos jardins comme espèce d'ornement. C'est un arbuste touffu , haut d'environ un mè-

tre, dont la tige produit des rameaux nombreux , grêles, à 2 angles , qui portent de petits ramules avortés, feuillus , à l'aisselle de presque toutes les feuilles. Celles-ci sont finement ponctuées, glauques en dessous, lancéolées-oblongues, rétrécies en court pétiole. Aux aisselles des deux ou trois paires supérieures de feuilles naissent les pédoncules à fleurs, qui, réunis, forment une panicule muUiOore ; ces fleurs sont d'un jaune vif, larges d'environ 2 centimètres; elles se succèdent pendant les mois de juillet et d'août. Cette espèce se multiplie par graines et marcottes. (P. D.)

MÏLLEPES , Klein ( Method. ostrac. , pag. 99). moll. — Syn. dePtérocère. Voy.

ce mot.

MILLEPIEDS. ins. —Nom vulgaire des animaux désignés scientifiquement sous le nom de Myriapodes. Voy. ce mot.

MILLEPOINTS. moll. —Nom vulgaire du Conus litteratus L.

MILLÉPORE. Millepora (mille pori, mille trous), polyp. — Genre établi par Linné pour les Polypiers pierreux, non tubuleux, qui n'offrent pour cellules des Polypes que des pores simples non lamelieux. Lamarck adopta ce genre en lerestreignantauxPolypiers pierreux, solides intérieurement, rameux ou frondescents, dont les pores cylindriques, très petits ou quelquefois non apparents, sont perpendiculaires à l'axe. Ainsi étaient séparés du genre de Linné les Eschares, les Rétépores, que Lamarck range parmi ses Polypiers à réseau, tandis qu'il classe lesMillépores avec les Polypiers foraminés et avec les Caténipores, qui sont aussi des Millépores de Linné. Ce même nom avait d'ailleurs été donné par Pallas et par Solander et Ellis à beaucoup d'autres espèces qui ont servi à former les genres Tubulipore etCellépore; toutefois le genre admis par Lamarck était encore formé d'éléments tout-à-fait hétérogènes. Il comprenait, notamment dans sa deuxième section, sous le nom de Nullipores, des corps pierreux qui sont très probablement des Algues calcifères et non des Polypiers. La première section, composée de huit espèces devait aussi donner lieu à l'établissement de plusieurs genres bien différents. C'est ainsi que les trois première* espèces auxquelles M. Ehrenberg conserve exclusivement le nom de Millépores, en les rapprochant des Madré-

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pores, ont forme pour M. de Blainville le genre Palmipore. La cinquième espèce , M. truncata, est devenue pour M. de Blainville le type du genre Myriozoon adopté par M. Ehrenberg. Enfin la huitième espèce, M. rubra, dont MM. Risso et de Blainville ont fait le genre Polytrema, nous paraît être non pas un Polypier, mais bien un Rhizopode ou Foraminifère agrégé. Lamouroux, en adoptant comme genre Millépore la première section du genre de Lamarck, y a réuni quelques espèces fossiles dont plusieurs resteront peut-être dans le genre Palmipore de M. de Blainville ou Millépore de M. Ehrenberg, mais dont les autres sont des Hétéropores. (Duj.)

MILLÉPORÉES. polyp.— Ordre de Polypiers établi par Lamouroux, et contenant dix-huit genres, dont plusieurs, tels que les Ovulites et les Mélobésies, ne sont même pas des produits du règne animal; un autre genre, Endea, est un spongiaire ; un quatrième , Lunulite, est voisin des Eschares; un cinquième, Rétéporite ou Dactylopore, n'est peut-être pas un Polypier; les autres devraient aussi être distribués en plusieurs groupes, quoique présentant un peu mieux les caractères assignés à Tordre des Milleporées d'avoir des cellules très petites, éparses ou sériales, jamais lamelleuses , sur un Polypier pierreux, compacte in térieurement. Si l'on devait conserver cet ordre, il faudrait donc le circonscrire tout différemment. (Duj.)

MILLÉPORITES. moll.? — Dénomination employée par Latreille pour désigner la quatrième tribu de ses Mollusques polythalames décapodes. Cette tribu , composée d'éléments hétérogènes , comprend une partie des Rhizopodes ou Foraminifères , tels que les Milioles et les Rotalies. (Duj.)

MILLERIA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Composées-Sénécionidées , établi par Gassini (in Dict. se. nat., XXX , 67, LIX, 235). Herbes de l'Amérique tropicale. Voy. composées.

*MILLERICRI1\US. échin.— Genre d'É-

chinodermes de l'ordre des Crinoïdes , de la

\ famille des Apiocrinidées, établi par M. Al-

'cide d'Orbigny (Hist. gén. et partieul. des

Crinoïdes). Voy. encrines et apiocrinidées.

MILLET, bot. pu. — Voy. mil.

*MILLETIA. bot. ph. — Genre de la fa-

mille des Légumineuses Papilionacées-Dalbergiées, établi par WightetArnott(Prodr., I, 263). Arbres ou arbrisseaux grimpants de l'Asie tropicale. Voy. légumineuses.

MILLINA. bot. ph. — Genre de la famille des Composées-Cichoracées, établi par Cassini (in Dict. se. nat., XXXI, 90) sans indication de patrie.

MILLINGTONIA (nom propre), bot. ph.

— Genre de la famille des Bignoniacées- Eubignoniées, établi par Linné fils (Suppl., 45). Arbres de l'Inde. Voy. bignoniacées. — Roxb., syn. de Meliosma, Blume, et de Fiemingia , Roxb.

*MILLOTIA. bot. ph. —Genre delà famille des Composées-Sénécionidées, établi par Cassini (in Annal, se. wa£.,XVII, 416). Herbes de la Nouvelle-Hollande occidentale. Voy. composées.

MILNEA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Méliacées-Trichiliées , établi par Roxburgh {Flor. ind., I, 637). Arbres ou arbrisseaux de l'Asie tropicale.

Voy. MÉLIACÉES.

*MII,NESIUM (nom propre), systol. — Genre de ïardigrades, établi par M. Doyère pour une espèce déjà vue par Spallanzani et par M. Dutrochet, qui la nommaient simplement Tardigrade, puis par M. Perty, qui lui donna le nom d'Arctiscon Dutrochetii. Le Milnesium a la tête munie de deux appendices palpiformes très courts et la bouche terminée par une ventouse entourée de palpes. Sa peau est molle , coupée transversalement par des sillons en anneaux de formes variables. Comme les autres Tardigrades , il a quatre paires de pattes munies chacune de quatre ongles , dont deux terminaux simples et en forme de filaments allongés, crochus à l'extrémité, portés chacun sur un mamelon distinct ; les deux autres sont situés en dessous et en dedans; l'antérieur étant divisé en trois crochets fortement courbés , et le postérieur en deux. La seule espèce connue, M. tardigradum, se trouve communément dans la Mousse des toits; elleestlonguede 5à6 dixièmes demillimètre ; sa peau est un peu colorée en brunjaune ; ses œufs sont lisses , opaques, presque globuleux, larges de 8 à 9 centièmes de millimètre , et quelquefois colorés en brun-rougeâtre. On remarque aussi, à la tête de cette espèce, deux points oculiformes assez

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