I. VIII
s'est développé au point de devenir extrêmement abondant et d'en former la masse presque tout entière. Dans ces cellules la fécule s'est produite en très grande quantité, et a fait de ces tubercules une matière alimentaire des plus importantes. Au reste, même lorsque la formation de ces tubercules s'est accomplie , on peut encore y retrouver, à l'aide du microscope, les diverses parties qui constituent une tige, et reconnaître par suite leur véritable nature ; ainsi, sur leur coupe transversale, on observe: 1° un épidémie; 2° une zone celluleuse, analogue à l'écorce ; 3° quelques vaisseaux épars et rares, assez régulièrement disposés circulairement , qui représentent la zone ligneuse; 4° enfin, une masse cellulaire qui forme la plus grande partie du tubercule , et qui ne peut être comparée qu'à la moelle. Une autre circonstance qui achèverait de lever les doutes, s'il en existait, relativement à la nature des renflements tuberculeux de la Pomme de terre, consiste dans leur propriété de verdir lorsqu'une circonstance quelconque leur fait perdre leur position souterraine et les expose à la lumière. Au reste, ce ne sont pas seulement les bourgeons souterrains qui peuvent se renfler en tubercules ; ceux qui naissent à l'air, à l'aisselle des feuilles normales , se renflent également en masses féculentes , plus ou moins arrondies , toutes les fois que par une incision transversale faite vers la base de la tige , ou simplement en la ployant brusquement sans la casser , on a rendu plus difficile en elle la marche de la sève. Il n'est pas rare de voir, dans les champs, des tiges de Pommes de terre sur lesquelles on a marché présenter la plupart de leurs bour geons axillaires renflés en tubercules plus ou moins verts , absolument semblables pour la forme à ceux des branches souterraines, mais terminés au sommet par de petites feuilles normales.
Nous devons dire en passant que la Morelle tubéreuse n'est pas la seule espèce du genre Solarium qui produise des tubercules souterrains. Ainsi, le Solarium montanum Linn., espèce péruvienne, donne un tubercule qui sert aussi comme matière alimentaire , mais qui est unique, d'où, selon M. Dunal , s'étëvent les tiges et naissent les racines, et que ce botaniste regarde