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comme faisant partie de la tige même.
Ainsi encore, sans parler du S. stoloniferum, rapporté récemment du Mexique par MM. Schiede et Deppe, ni du Solarium que, d'après M. Alcide d'Orbigny, les Boliviens cultivent sous le nom de Papa Usa, et qui paraît l'emporter, à certains égards, sur la Pomme de terre elle-même, nous mentionnerons une espèce que Manuel Blanco,dans sa Flore des Philippines (Flora de Filipinas, in-8°, Manille, 1837) décrit sous le nom de Solarium sinense. Cette plante est, dit-il, originaire de la Chine; on la cultive aux Philippines pour ses tubercules, qui ressemblent à ceux de la Pomme de terre, dont la grosseur égale au plus la moitié du poing, et qui sont estimés par les habitants de ces îles (1).
La Morelle tubéreuse est cultivée très abondamment et depuis une haute antiquité dans les parties un peu élevées de la Colombie, au Pérou, où elle porte le nom de Papas, etc. ; elle forme l'aliment principal des habitants de ces contrées. 11 paraît même démontré qu'elle est originaire du Pérou, quoique la détermination du lieu précis où elle se trouve à l'état sauvage soit entourée de difficultés , de même que pour les autres végétaux alimentaires les plus importants. Son introduction en Europe remonte à moins de trois siècles; c'est seulement à une époque bien plus rapprochée de nous qu'elle a commencé de se répandre partout et que son tubercule est devenu une matière alimentaire de la plus haute importance. Les auteurs ne sont pas d'accord relativement à celui à qui revient l'honneur d'avoir doté l'Europe de cette précieuse acquisition. Au milieu de cette divergence d'opinions , nous croyons voir plus de probabilité en faveur de la version reproduite par le docteur Putsche {Versuch einer Monographie der Kartoffeln, in-4, Weimar, 1819) , et nous croyons dès lors devoir l'adopter. Selon ce savant, le capitaine John
(i) Planta oriunda de Cliina, de ia altura de dos pies, y que «e planta en este pais por sus raices que son estimadas. Ignoro Si esta planta se poilra perpétuât-, ya de por si , sin necesidad detraher anualmente ias raices de Cliina. Estas se parecen a las patatas de Espagna . y ia cortera es blanquecina como en otras que vi yo en Vallatiolid... Se multiplican plantando las rames . o derechas o hechadas o por los yemas de la raice cividiendolas estas. El grandor de los majores raices escomo la midad Utl pugno, B'unco, 1. c, p. 137.
Hawkins est le premier qui ait essayé d'introduire enEurope la culture de cette plante; en 1565, il en rapporta en Irlande, de Santa-Fé de Bogota , quelques tubercules, qui furent entièrement négligés. Aussi le nom de Hawkins ne peut il figurer que pour mémoire dans l'histoire de l'importation de la Pomme de terre en Europe. Le célèbre navigateur Franz Drake, qui avait d'abord navigué sur les vaisseaux de Hawkins, reconnut toute l'étendue des services que pourrait rendre à l'Europe la culture de ce précieux végétal. A son retour de son expédition dans la mer du Sud , il en porta des tubercules en Virginie, où ils furent cultivés avec succès. Ce fut en Virginie qu'il prit ceux qu'il porta en Angleterre en 1586, et qu'il remit à son propre jardinier, en lui enjoignant de donner tous ses soins aux plantes qui en sortiraient. On s'explique par ce fait pourquoi la Morelle tubéreuse fut regardée d'abord comme originaire de la Virginie. Drake donna également quelques tubercules de cette plante au botaniste anglais Gérard , qui les planta dans son jardin à Londres, et qui, à son tour, en envoya à quelques uns de ses amis , et particulièrement à Clusius : aussi ce dernier botaniste est-il le premier qui ait fait mention de l'espèce qui nous occupe. Tout porte à croire que vers la même époque il arriva des Pommes de terre dans le midi de l'Europe, par l'intermédiaire des Espagnols ; mais les documents historiques ne sont pas très précis à cet égard , et de plus , on n'apprécia pas plus en Espagne et en Italie qu'en Angleterre l'importance de la nouvelle acquisition , qui resta dans la catégorie des raretés, et qui fut même bientôt oubliée, puisque l'on regarde assez généralement cette conquête si importante pour l'Europe comme due à l'amiral Walter Raleigh, tandis que ce célèbre marin n'eut en réalité d'autre mérite que de rapporter de nouveaux tubercules de Virginie en Irlande, au commencement du xvue siècle. Cette fois , cependant , l'acquisition fut définitive , et les cultivateurs de la Grande-Bretagne, en appréciant la haute valeur, commencèrent à en faire l'objet de tous leurs soins : aussi cette nouvelle culture ne tarda- t-elle pas à prendre de l'importance dans les îles Britanniques; mais son introduction et ses progrès
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sur le continent furent beaucoup plus tardifs. En 1616, il est vrai, des Pommes de terre furent servies en France sur la table du roi ; mais ce fait môme montre que c'était alors dans notre royaume une rareté de haut prix; et Ton sait, en effet, que jusque vers le dernier tiers du xvme siècle, la culture de cette plante se répandit à peine sur quelques points. En Allemagne, ce ne fut qu'en 1650 que son introduction eut lieu, et les mêmes préjugés , les mêmes erreurs populaires qui, chez nous, entravèrent si longtemps sa marche, eurent des effets analogues pendant longtemps au-delà du Rhin. Enfin , vers la fin du xvuie siècle, un homme dont le nom est devenu célèbre, Parmentier , employa plusieurs années de sa vie en efforts dont une énergie de volonté peu commune et une conviction profonde pouvaient seules le rendre capable, pour propager parmi nous une plante qu'il savait être appelée à rendre les plus grands services. Cependant ses efforts et ses écrits n'auraient peut-être amené que partiellement les résultats qu'il désirait; mais la disette de vivres qui suivit les premières guerres de la révolution fit sentir toute l'étendue des ressources qu'offrait la plante préconisée par Parmentier : la Morelle tubéreuse se répandit presque instantanément sur toute l'étendue de la France , et lorsque ses immenses avantages furent universellement constatés , la reconnaissance publique la nomma Parmentière , pour rappeler le nom de l'homme de bien dont les généreux efforts avaient enfin contribué à produire de si importants résultats. Aujourd'hui , il est inutile d'insister sur le mérite de cette plante; aucune voix ne s'élèverait pour le contester.
Depuis que sa culture a pris de l'extension en Europe, la Morelle tubéreuse a donné un nombre extrêmement considérable de variétés que distinguent des différences dans l'époquedudéveloppement, dansla grosseur, la forme, la couleur, la surface , etc. , des tubercules , dans le mode de végétation , dans les feuilles, les fleurs, etc. Beaucoup de ces variétés sont caractérisées par des nuances tellement délicates , qu'un œil très exercé éprouve souvent de la difficulté à les saisir. Il ne peut entrer dans le plan de cet ouvrage de signaler ces nombreuses variétés ;
mais, d'un autre côté, il est impossible de les passer toutes sous silence , sans faire connaître en quelques mots les plus connues et les plus utiles d'entre elles, celles que Ton cultive le plus habituellement en France.
Parmi ces variétés, il en est que l'on qualifie de hâtives, comme donnant leurs produits de très bonne heure : elles sont en général médiocrement productives ; mais les malheureuses circonstances qu'ont présentées ces deux dernières années tendent à leur donner de l'importance , puisque leur récolte a échappé entièrement au fléau qui a sévi si cruellement sur les variétés tardives. Parmi elles, on distingue surtout les suivantes : la Pomme de terre naine hâtive, dont les tubercules sont jaunes, ronds et déjà bons à être récoltés au mois de juin , et la fine hâtive , à peu près aussi précoce, mais de meilleure qualité et plus productive. La Chave ou Schaw , un peu moins précoce, mais déjà mûre en juillet, et d'ailleurs plus productive; ses tubercules sont plus gros , jaunes , de bonne qualité et de forme arrondie un peu ovoïde. La grosse jaune hâtive l'emporte beaucoup sur les trois précédentes pour l'abondance des produits; mais ceux-ci sont de qualité médiocre, et sont principalement employés, comme fourrages-racines, à la nourriture des bestiaux. A la suite des variétés hâtives, on peut ranger celles qui arrivent plus tard et celles qu'on qualifie de tardives; ce sont les plus nombreuses et aussi les plus répandues ; parmi elles, nous mentionnerons les suivantes : la truffe d'août , dont les tubercules sont mûrs en août, d'un rouge- pâle et de très bonne qualité; le Cornichon jaune ou Hollande jaune , à tubercules allongés , jaunes , très farineux et des plus délicats ; le Cornichon rouge ou rouge longue, très connu à Paris sous le nom de vitelot te : tubercules de forme très allongée, rouges , fermes et très longs , fort estimés ; la descroizille , à tubercules rosés , de forme allongée, de très bonne qualité et très féculents, se conservant très bien; là tardive d'Irlande, qu'on nomme aussi Pomme do terre suisse, que distingue particulièrement sa propriété de se conserver presque sans pousser jusque vers le milieu de l'été qui a suivi la récolte. Dans cette même catégorie
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des Pommes de terre tardives rentrent les variétés que l'abondance de leurs produits a fait adopter plus spécialement que les précédentes dans la grande culture, et qui servent principalement à la nourriture du peuple des campagnes et à celle du bétail. Ce sont la grosse ronde blanche ou patraque blanche, qu'on cultivait surtout beaucoup il y a quelques années, et qui se distingue par l'abondance de ses produits; la grosse jaune ou patraque jaune, la plus commune aujourd'hui , dont les tubercules sont gros, nombreux et ramassés, cequi distingue cette variété de la grosse jaune coureuse; on l'emploie beaucoup pour les féculeries.
Enfin , pour ne pas trop prolonger cette énumération , nous nous bornerons à citer encore la Pomme de terre Bohan , qui a été tant préconisée il y a quelques années , et qui, dans certains terrains, donne des tubercules énormes , mais bons seulement pour la nourriture des bestiaux; et, comme simple objet de curiosité, la Pomme déterre haricot, à tubercules remarquables parleur petitesse, ainsi que des variétés marbrées, d'un violet très foncé et presque noir, etc. L'une des qualités les plus précieuses de la More! le tubéreuse consiste dans la facilité de sa culture et de sa multiplication. Elle s'accommode presque de toutes les natures de sol; cependant, les terres argileuses compactes lui sont peu favorables. Pour les détails de cette culture, nous renverrons aux ouvrages d'agriculture et aux traités ou mémoires spéciaux. Sa multiplication se fait de diverses manières : 1° Par graines; c'est de cette manière qu'on obtient les variétés nouvelles; mais jamais on n'a recours aux semis dans la culture en grand, à cause de la nécessité d'attendre les produits pendant deux ans. 2° Par les tubercules, ce qui constitue de véritables boutures. A cet égard, tantôt on plante les tubercules tout entiers, tantôt on les divise par morceaux, dont chacun doit porter au moins un bourgeon ou un œil. On a cherché à reconnaître quel est le plus avantageux de ces deux derniers moyens de multiplication, et les nom- Dreuses expériences comparatives qui ont été faites à ce sujet ont paru prouver qu'il vaut mieux employer des tubercules entiers de grosseur moyenne que de simples fragments.
Nous n'essaierons pas d'énumérer tous les usages de la Morelle tubéreuse et de ses diverses parties. Ses tubercules rivalisent aujourd'hui d'importance avec les céréales pour la nourriture de l'homme et des bestiaux ; ils remportent même de beaucoup sur elles dans certains pays, comme la Belgique et l'Irlande , où ils jouent le même rôle dans l'alimentation du peuple que le mais dans quelques uns de nos départements méridionaux. Ce n'est pas seulement en nature qu'on les consomme : l'extraction de leur fécule constitue une industrie importante; cette fécule devient la base de nombreuses préparations alimentaires ; elle sert même à la fabrication d'un pain de bonne qualité, soit pure , soit surtout mélangée d'environ moitié de farine de froment; enfin , par l'effet de la fermentation alcoolique, elle donne un alcool et une eaude-vie qui, dans certains pays du nord de l'Europe, et surtout parmi les classes inférieures de la société, sont consommés en très grande quantité , concurremment avec les alcools et les eaux-de-vie de vin. Les fanes elles-mêmes de ce précieux végétal ne sont pas dépourvues d'importance : les bestiaux les mangent ^lontiers, et elles constituent ainsi pour eux un bon fourrage; de plus, enfouies dans la terre, elles forment un excellent engrais ; enfin il n'est pas jusqu'aux fleurs qui ne puissent être utilisées, puisqu'on peut en extraire une matière colorante jaune.
Les usages médicinaux de la Pomme de terre sont très peu importants, et tout qui a été dit à cet égard mériterait peutêtre d'être l'objet d'un nouvel examen plus attentif et sans prévention; dans l'état actuel des choses, ils se bornent à l'emploi de sa fécule, principalement en cataplasmes: aussi nous ne nous y arrêterons pas; et nous terminerons ce que nous avons à dire sur cette espèce par quelques mots sur deux maladies qui, dans ces dernières années, ont fait des ravages affreux dans les cultures de ce précieux végétal,
La première de ces maladies paraît s'être manifestée pour la première fois, en 1830, dans plusieurs districts de l'Allemagne voisins du Rhin; de là elle se répandit dans le Palatinat, entre Cologne et Neuwied, près d'Erfurth, en Saxe, dans le Mecklembourg,
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la Bohême et la Silésie. Dans ces diverses contrées ses ravages furent tels, que la récolte de la Pomme de terre en fut réduite des deux tiers sur plusieurs points. Ses caractères étaient fort remarquables. Les tubercules qui en étaient affectés n'en offraient d'abord extérieurement d'autre indice que des taches plus foncées et réticulées à leur surface, dues à la dessiccation partielle de l'épiderme. Plus tard, la dessiccation de leur tissu faisait des progrès rapides, et leur intérieur présentait plusieurs parties d'une teinte livide et noirâtre. Enfin, l'altération, gagnant sans cesse, arrivait à un tel degré, que les tubercules entiers devenaient durs comme une pierre, au point de pouvoir être frappés à coups de marteau sans se briser; leur dureté résistait même à l'action de l'eau bouillante et de la vapeur, et l'on sent dès lors qu'il devenait absolument impossible de les utiliser. Cette maladie, qui s'est montrée à des degrés variables d'intensité pendant plusieurs années, a été nommée en Allemagne Trockenfaiile , Stockfaille , ou gangrène sèche. Chargé par le gouvernement Bavarois d'en étudier la nature, les progrès et les remèdes, M. de Martius l'a attribuée à un Champignon microscopique, qu'il a nommé Fusisporium Solani, qui se serait produit en immense abondance au milieu du tissu cellulaire des tubercules, et qui aurait pu se propager par infection. On peut consulter à ce sujet, soit le grand mémoire spécial de M. de Martius, soit la note qu'il a présentée à l'Académie des sciences de Paris, le 16 août 1842, et qui a été reproduite dans les Annal, des se. natur., 2e sér., t. XVIII, septembre 1842, pag. 141-148.
La seconde de ces maladies a produit des effets bien plus déplorables encore et plus étendus. Elle a commencé de se manifester à la fin de juillet et au commencement d'août 1845, dans certaines parties de la Belgique, de la Hollande, et de là elle s'est répandue avec une désolante rapidité dans une grande partie de l'Allemagne, de la France, dans la Grande-Bretagne, etc. Son intensité a été telle sur plusieurs points, qu'elle a détruit entièrement la récolte de la Pomme de terre , ou que du moins elle l'a réduite à une fraction très faible de son chiffre moyen. Cette année mêmc(1 846), et au moment où nous écrivons , elle s'est ma-
nifestée de nouveau, soit avec les mêmes caractères , soit avec des modifications prononcées , sur un assez grand nombre de parties de l'Europe , généralement avec beaucoup moins de gravité, mais aussi, dans certaines localités, et particulièrement en Irlande, avec une intensité si désastreuse, qu'elle a détruit totalement cet aliment fondamental et presque unique du peuple des campagnes. Cette maladie de la Pomme de terre a donné matière à tant d'écrits dans les diverses parties de l'Europe, que, dans l'impuissance d'en présenter ici un résumé, quelque succinct qu'il fût, nous renverrons à notre Revue botanique (1), dans laquelle nous avons publié un extrait étendu et détaillé de ces nombreux travaux. Nous nous bornerons à dire ici que cette maladie, nouvelle aux yeux des uns , déjà ancienne pour les autres, s'est manifestée par des taches brunes sur les fanes qui n'ont pas tardé à périr, et dans les tubercules par la production d'une matière d'un jaune brun qui s'est montrée d'abord vers l'extérieur pour pénétrer ensuite toute la masse et en amener la décomposition. Nous ajouterons que deux opinions ont été publiées à cet égard : l'une soutenue par quelques savants, qui , par analogie peut-être avec l'explication donnée par M. de Martius pour la gangrené sèche, ont attribué tout le mal à un Champignon parasite microscopique agissant comme cause, qui même ont voulu voir cette funeste Mucédinée dans la matière brunâtre des tubercules malades; l'autre professée par la grande majorité des observateurs , qui ont vu dans cette matière brunâtre une simple altération des matières azotées, albumineuses ou autres, contenues dans le tissu des tubercules, altération qui aurait eu pour cause des influences météorologiques anormales. Nous ajouterons que cette maladie n'a pas empêché d'utiliser les Pommes de terre toutes les fois qu'on les a retirées de terre avant qu'elle eût atteint un haut degré de développement.
2. Morelle faux-piment, Solanum pseudO' capsicum L\nn., vulgairement Cerisette, petit Cerisier d'hiver, Amome des jardiniers. Cette
(i) Voy. Revue botanique (journal mensuel cor ocré à là botanique et à ses application»; Paris , chez Frank, rue Ri* dielleu, 69), tre année, pages 147, 22.3, 226, 227, 256, 375 ' 56r, 565, 568.
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jolie espèce, si communément cultivée comme plante d'ornement, est originaire de Madère. D'après De Candolle {FI. franc., V, p. 417) , elle est aujourd'hui naturalisée au bord des murs, dans le village d'Arette en Béarn. C'est un joli arbuste sans épines, d'environ un mètre de haut, dont les feuilles sont oblongues, lancéolées, pétiolées, persistantes; ses fleurs sont petites, blanches, solitaires sur des pédoncules extra-foliacés, et se succèdent pendant tout l'été. Le fruit qu'elles produisent est une jolie baie d'un rouge vif, de la grosseur et de la forme d'une Cerise, qui, persistant sur l'arbuste pendant tout l'hiver, en forme le principal ornement et lui a valu ses divers noms vulgaires. Cette espèce est d'Orangerie ; on la multiplie de graines.
3. Morelle faux-quinquina , Solanum pseudoquina Aug. St.-Hil., plante très remarquable par l'amertume extrême et par les propriétés éminemment fébrifuges de son écorce, que les Brésiliens emploient avec beaucoup de succès en place du Quinquina. Elle forme un petit arbre sans épines; ses feuilles sont oblongues-lancéolées, étroites, aiguës, entières, glabres à leur face supérieure, munies à leur face inférieure de petits faisceaux de poils dans les angles formés par la ramification des nervures.
M. Auguste deSaint-Hilaire n'a pu voir ses fleurs; i! l'a vue seulement pourvue de ses fruits, baies globuleuses, d'environ 15 millimètres de diamètre , réunies en petit nombre en grappes courtes, extra-axillaires. Vauquelin a analysé l'écorce de cette Morelle, et il y a reconnu l'existence d'un principe amer, dans lequel réside probablement la propriété fébrifuge , et qui entre dans sa composition pour 1/12; de même qu'une matière résineuse ou résinoïde , amère, dans la proportion de 1/50; divers sels, etc.
4. Morellenoire, Solanumnigrum Linn., vulgairement Morelle , Mourelle , Crèvechien. Cette plante est extrêmement répandue dans les lieux cultivés, le long des enclos, etc. Elle est glabre dans ses diverses parties, d'une teinte générale vert sombre. Sa tige est herbacée, rameuse, anguleuse, et s'élève à 3 décimètres environ ; ses feuilles sont ovales, dentées-anguleuses, pétiolées; ses fleurs sont petites, blanches,
presque ombellées, pendantes; il leur succède des baies d'environ 6 ou 8 millimètres de diamètre, noires à leur maturité. La Morelle noire est une de ces espèces litigieuses au sujet desquelles les botanistes sont loin de s'entendre; les uns en séparent, en effet, surtout d'après la couleur des baies mûres, la villosité, etc., des plantes que d'autres y rattachent comme de simples variétés ou comme des formes tranchées, il est vrai, mais trop faiblement caractérisées pour en être séparées. Elle sent le musc d'une manière très prononcée. Depuis l'antiquité, elle est usitée comme plante alimentaire dans certaines contrées , où ses feuilles remplacent celles de l'Epinard et leur sont même quelquefois préférées. Cependant en France elle est négligée presque partout. Ses feuilles perdent par la cuisson les principes nuisibles qu'elles renferment, et deviennent entièrement inoffensives. Ses fruits sont généralement regardés comme suspects, ou même comme décidément vénéneux : cependant les observations consignées par M. Dunal, dans son histoire des Solanum, sont loin de confirmer cette croyance populaire ; ce botaniste en a mangé une assez grande quantité sans en être incommodé; il en a donné 40 à un Cochon de mer, 30 à un Coq, sans que ces animaux en aient éprouvé le moindre accident. Il a été reconnu cependant par l'analyse chimique (Desfosses) que ces baies renferment une certaine quantité de Solanine à l'état de malate. En médecine , les usages de cette plante sont limités à cause de son peu d'énergie ; cependant on l'emploiecomme narcotique léger, comme sédatif, surtout en cataplasmes.
5. Morelle douce-amère , Solanum dulcamara Linn., vulgairement Douce-amère, Loque, Vigne de Judée. Cette espèce est commune dans les haies de toute l'Europe. Sa tige est ligneuse, sarmenteuse et flexueuse; ses feuilles sont glabres, ovales en cœur, aiguës, les supérieures avec deux lobes basilaires; ses fleurs sont violacées, avec taches verdâtres vers la gorge, et blanches dans une variété, en corymbes à peu près opposés aux feuilles; il leur succède des baies ovoïdes, rouges à leur maturité. Le nom de Douce-amère a été donné à cette plante, parce que son écorce paraît d'aborc douce au goût et devient ensuite amère. Son
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odeur, à l'état frais, est forte et vireuse. On emploie en médecine ses tiges à titre de dépuratif, de sudorifique et d'antiscorbutique, particulièrement dans les maladies de la peau, dans les affections rhumatismales. Ses feuilles sont regardées comme anodines et calmantes. Au reste, les médecins de nos jours font beaucoup moins usage de cette plante que ceux du siècle dernier, dont certains l'ont beaucoup préconisée.
6. Morelle mélongène , Solanum melonçjcna Linn., vulgairement connue sous les noms d'Aubergine , Mélongène , Mélanzane , etc. Cette espèce fournit un des aliments le plus habituellement usités dans ceux de nos départements méridionaux qui longent ou avoisinent la Méditerranée. Elle est indiquée comme croissant spontanément dans les Indes orientales, à Java, à Ceylan et à l'île de France. Sa tige herbacée , à base dure persistante, s'élève, à l'état cultivé, à 7 et 8 décimètres; ses feuilles sont grandes , ovales , à base inégale, sinuée-anguleuse, revêtues, surtout à leur face inférieure, de poils abondants, étoiles, blanchâtres; ses fleurs sont grandes, violacées, marquées intérieurement d'une tache jaune, portées sur des pédoncules réfléchis, renflés au sommet ; leur calice et leur corolle sont 6-9-ihJcs. Le fruit est charnu, d'un volume considérable par l'effet de la culture (jusqu'à 2 décimètres ou plus de long), glabre, luisant, obtus au sommet, entouré à sa base par le calice accru et aiguillonné; ce fruit renferme, fixées sur des placentaires charnus , un grand nombre de graines petites et comprimées. L'espèce qui nous occupe avait été divisée en deux par M. Dunal, surtout d'après la forme et la couleur de son fruit; ce botaniste a donné en effet le nom de Solanum esculenlum à la plante habituellement cultivée dans les potagers, dans laquelle le fruit est volumineux, généralement oblong et violacé, tandis qu'il a nommé Solanum ovigerum celle que l'on ne cultive guère que comme plante d'ornement, sous les noms vulgaires de pondeuse et de plante à œufs, dans laquelle le fruit ressemble parfaitement, pour le volume, la forme et la blancheur, à un œuf de poule. Comme nous l'avons dit plus haut, la Morelle mélongène se consomme en quantité considérable dans le midi de la France, où elle est fort esti-
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mée, et où on la prépare de beaucoup de manières diverses. L'abondance de ses fruits et leur prix peu élevé à la fin de l'été et pendant l'automne en font une espèce potagère très utile. Dans le nord de la France, sa culture est beaucoup moins répandue ; cependant depuis quelques années elle commence à y prendre beaucoup de développement. On la multiplie de graines. Dans le Midi, on la sème ordinairement aujourd'hui au premier printemps sur couche ou même sous châssis, lorsqu'on se propose de la cultiver en primeur; on repique ensuite le plant en place, et le reste de la culture n'exige guère d'autres soins que celui d'arroser abondamment. Dans nos départements septentrionaux, les semis se font toujours sous châssis, au mois de février; l'on repique généralement en pépinière deux ou trois fois avant de mettre en place au mois de mai. Le fruit de la Mélongène doit être mangé bien mûr, et l'on doit toujours avoir le soin d'en exprimer le suc autant qu'il est possible avant de le préparer.
On cultive dans les jardins, comme plantes d'ornement, quelques espèces de Morelles, telles que la Morelle de Madagascar, Solanum pyracanthum Lam.; la Morelle de Buenos- Ayres , Solanum bonariense Linn.; la Morelle blanche, Solanum marginatum Linn., etc. Pour ne pas trop prolonger cet article, nous nous bornerons à cette simple indication relativement à ces diverses plantes. (P. Duchartre )
MORELLE. ois. — Nom vulgaire de la Foulque macroule.
*MORELOSIA. bot. pu. — ■ Genre de la famille des Symplocées d'Endlicher, établi par LIave et Lexarza (Nov. veget. Descript., I, 1). Arbustes du Mexique. Voy. symplocées.
*MORELOTIA, Gaudich. (ad Freyc. , 416, t. 28). bot. pu. — Synon. de Lamprocarya , B. Br.
MORENIA. bot. ph. — Genre de la famille des Palmiers, tribu des Arécinées, établi par Ruiz et Pavon (Prodr., 150, t. 32). Palmiers croissant sur les montagnes du Pérou. Voy. palmiers.
MORESQUE, moll. — Nom vulgaire de marchand de VOlîva maura Lamk., et du Fusus morio L.
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MORETON. ois. — Nom vulgaire du Canard milouin.
MORETTIA. bot. pu. —Genre de la famille des Crucifères-Anastaticées, établi par De Candolle (Syst., II, 426 ; Prodr.,1, 185). Herbes de l'Egypte. Voy. crucifères.
MORFEX. ois. — Nom donné par Gesner au Cormoran.
MORF1L. mam. — Les dents d'Éléphants portent dans le commerce la dénomination vulgaire de Morfil. (E. D.)
MORGANIA (nom propre), bot. pu. — Genre de la famille des Scrophularinées-Gratiolées, établi par R. Brown (Prodr., 441). Herbes de la Nouvelle-Hollande tropicale.
Voy. SCROPHULARINÉKS.
MORGELINE. bot. ph. — Nom vulgaire de VAlsine média L. Voy. alsinecIstellaria.
*MORICA (popta, folie), ins. — Genre de Coléoptères hétéromères , famille des Mélasomes , tribu des Piméliaires , formé par Dejean (Catalogue, 3e édit., p. 202), et adopté par Solier ( Ann. de la Soc. eut. de Fr., t. V, p. 646). L'auteur le classe dans ses Collaptérides, et le rattache à sa tribu des Akisites. Quatre espèces font partie du genre, savoir : le Tenebrio grossus de Linné, Y Akis planata de F., 8-costata de Leach, et obtusa de Lat. Les trois premières sont originaires de l'Afrique septentrionale, et la quatrième se trouve en Espagne (Andalousie). (C.)
MORICANDIA. bot. ph. — Genre de la famille des Crucifères-Brassicées, établi par De Candolle {Syst.t II, 626). Herbes d'Europe et d'Afrique. Voy. crucifères.
MORILLE, moll. — Nom vulgaire du Murex hystrix Linn., qui fait partie du genre Pourpre.
MORILLE. Morchella. bot. cr.— Dillen a formé le nom latin du mot allemand Morchel. Suivant Ménage, celui de Morille serait dérivé de Morum , Morucula (Mûre), ou plutôt du mot celtique ou bas-breton Morillen. Dans les anciens auteurs , les Morilles sont désignées sous les noms de Boletus ; Yungus spongiosus, porosus , rugosus , favoginosus , cavernosus ; Merulius niger , albus ; Fungi prœcoces ; Spongiolœ ; Phallus , etc.
Quoique Dillen ne connût pas la différence qui existe entre les organes de la reproduction de ces Champignons et ceux
des Phallus, auxquels Linné les a réunis plus tard, il a créé un très beau genre; mais comme les auteurs ont ajouté plusieurs espèces qui n'offrent pas le même caractère, il faut nécessairement le diviser.
Les Morilles appartiennent à la classe des Thécasporés et à la famille des Champignons en forme de mitre ( Mitrati). Le réceptacle est charnu, fragile, arrondi, ovoïde ou conique , creux à l'intérieur , parsemé d'alvéoles polygones, et supporté par un pédicule distinct, également charnu, creux, plus ou moins long, avec lequel il se continue immédiatement. Les organes de la fructification recouvrent les cavités et les parois des alvéoles; ils consistent dans des thèques allongées , cylindriques, qui renferment huit spores simples, elliptiques et transparentes; les paraphyses sont peu nombreuses, filiformes et continues.
Les autres espèces , comme les Morchella semilibera DC, Mitra Linn., dont le réceptacle est conique ou campanule, uni ou alvéolé , mais fixé au pédicule à la moitié de sa hauteur , et dont le bord est libre , constituent le genre Mitrophora (Voyez ce mot.) 11 résulte de cette séparation un passage naturel aux Verpa, qui ont le chapeau entièrement libre. Micheli avait déjà senti cette différence, puisqu'il donnait aux uns le nom de Bolelus, et aux autres celui de Phallobolatus.
Avec le printemps nous voyons arriver les Morilles ; elles ne paraissent jamais sous la latitude de Paris avant le mois d'avril , et le plus souvent dans la seconde quinzaine, à moins que la saison ne soit chaude et humide ; rarement on en trouve dans le mois de mai , tandis que dans le midi de la France elles commencent au mois de mars. On les rencontre dans presque tous les terrains , mais plus abondamment dans ceux qui sont siliceux, dans les bois, sur les bords des chemins. On pense assez généralement qu'elles croissent plus particulièrement sous les Ormes; c'est une erreur, on en trouve aussi sous les Chênes , les Frênes , les Châtaigniers , etc. , et quelquefois dans des endroits insolites. M. de Brondeau, dans ses Plantes cryptogames de l'Agenais (p. 35, pi. 9), a décrit et figuré le Morchella vaporaria, que M. Bartayres a trouvé au printemps , à Agen , dans des serres chaudes sur
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de la tannée humide; il n'est pas rare d'en voir dans les cavités des vieux arbres qui sont remplies d'humus. Feu le professeur Balbis a trouvé, à Parme, le Morchella hiemalis sur un mur. Les caractères spécifiques qui distinguent ces Champignons sont infiniment légers. Comme ils croissent à la même époque, et qu'ils sont presque tous comestibles, les auteurs les regardent assez généralement comme des variétés d'une même espèce. La couleur paraît à peu près constante, et ceux qui en ont récolté pendant plusieurs années dans un même endroit, n'y ont presque jamais vu que des individus de la même couleur, mais dont le volume et la forme étaient très variables.
Les auteurs distinguent les espèces suivantes :
1° La Morille commune, Morchella' escuîenta Pers. Sa forme est généralement arrondie; elle présente plusieurs variétés.
a. La Morille blanche, dont le réceptacle et le pédicule sont blancs. M. Czerniaew a vu cette variété atteindre, dans la Russie méridionale , près d'un pied de haut. On la rencontre quelquefois à Paris chez les marchands de comestibles , où elle est recherchée, quoiqu'elle passe pour être d'un goût fade et aqueux.
b. La Morille blonde, Morchella rotunda. C'est la variété qui, dans nos pays, atteint le plus grand développement : son réceptacle est globuleux, d'une couleur jaune, légèrement fauve; les alvéoles sont presque rondes. Elle est très recherchée et d'un bon goût. Cette variété, assez rare dans les environs de Paris , aime les terrains argileux , et souvent on la rencontre dans les bois, sur les places où on a fait du charbon.
c. La Morille ordinaire , Morchella vulgaris. C'est , en effet , la plus commune de toutes, et celle qui est le plus généralement connue par rapport à sa couleur. Le réceptacle, tantôtrond, tantôtovale, estd'unecouîeur fuligineuse qui la fait reconnaître de suite. Ses alvéoles sont , en raison de son développement, extrêmement variables, quadrangulaires , hexagones, avec des cloisons très saillantes, obtuses et quelquefois cérébriformes. Elle passe pour la meilleure.
d. La Morille violette , Morchella violacea Despr. Cette variété a été trouvée et dessinée par le docteur Despreaux; le récepta-
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de est ovale; les alvéoles régulières, hexagones, avec les angles arrondis, et d'une couleur violette; le pédicule blanc, un peu violeté, et renflé à sa base. Cette description a été faite sur un dessin conservé dans la bibliothèque de M. Benj. Delessert. Cette Morille a été trouvée au Mexique.
e. La Morille changeante, Morchella cœrulescens. Lév., décrite par Sterbeek (Theat. fung. , pag. 94 ; pi. 10 , fig. I). Le réceptacle est presque sphérique et d'une couleur jaune; les alvéoles irrégulières; la chair, quand on la rompt, prend au contact de l'air la couleur de l'indigo.
2° La Morille délicieuse , Morchella deliciosa Fr. Le réceptacle est conique , de couleur jaune , quelquefois un peu livide; les alvéoles sont longues, parallèles, profondes; le pédicule est assez gros, nu et blanc.
Cette espèce est assez commune en Hongrie; il paraît, d'après Fries , que Vaillant l'aurait rencontrée dans le parc de Saint- Maur, près de Paris; mais comme il n'en donne pas les caractères , on peut la regarder comme douteuse pour la flore de Paris.
3° La Morille conique , Morchella conica Pers. Le professeur Fries regarde cette espèce comme une variété de la Morille commune. On la reconnaît facilement à son chapeau généralement assez petit, de forme conique et d'une couleur fuligineuse; le pédicule est creux , blanc et farineux. Persoon dit qu'elle est rare en France, qu'on la trouve en Alsace , et très communément en Allemagne; on l'aperçoit dans le temps où le Prunellier, le Pétasite et les Primevères commencent à fleurir. Je l'ai rencontrée assez abondamment dans les Makis de la Corse, et surtout dans les endroits qui avaient été incendiés. Si j'en juge d'après la quantité que j'ai vu sécher au soleil pour la conserver, elle serait également très commune et très recherchée en Valachie et en Moldavie.
4° Morille perforée , Morchella foraminulosa Schweinz. Espèce de l'Amérique septentrionale, que Schweinitz fait connaître (Syn. fung. amer. Bor. , p. 169); elle ressemble beaucoup au Morchella esculenta, avec lequel elle croît. Sa hauteur est de trois pouces ; le réceptacle, plus ovale que conique , présente une ouverture annulaire au sommet.
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5° Morille d'hiver , Morchella hiemalis Fr. Cette espèce est à peu près du volume de la Morille commune; les alvéoles du réceptacle sont très profondes, et le pédicule est marqué de stries légères. Ce dernier caractère, s'il est constant, peut facilement la faire distinguer. Le mur sur lequel elle a pris naissance a peut être contribué à modifier une espèce déjà connue.
6° La Morille a gros pied, Morchella crassipes Fr., figurée par Ventenat (Mém. ïnst. iiat. , 1, p. 509, fig. 2) et par Krombholtz {Esbar. und Verdacl. Schwœm, 2 heft. , p. 6, tab. XVI, fig. 1-2), a été trouvée dans le bois de Pont-Chartrain , par Ant. de Jussieu. Elle est remarquable par sa haute taille. Son réceptacle est conique, aigu et brun ; le pédoncule est atténué à sa partie supérieure, trois à quatre fois plus long que le réceptacle , et très renflé à sa partie inférieure.
7° La Morille tremelloïde, Morchella tremdloidesFï., n'est probablement qu'une variété de la Morille ordinaire, dont elle ne diffère que par la brièveté du pédicule et la forme des alvéoles, qui, au lieu d'être anguleuses , sont contournées, obtuses comme les circonvolutions des Tremelles. Elle a été également trouvée s Pont-Chartrain par Ant. de Jussieu.
Si ces caractères sont exacts, on ne conçoit pas comment les auteurs ont pu rapporter à cette espèce la figure de la Morille comestible que Bulliard a donnée pi. 218, fig. l,dont les alvéoles paraissent d'une parfaite irrégularité.
8° La Morille élevée , Morchella elata Fr. Grande et belle espèce, dont le réceptacle est obtus et conique; les cloisons des alvéoles longitudinales, minces, très saillantes, et réunies par d'autres cloisons transversales moins prononcées ; elle est d'une couleur grise tirant sur le brun. Le pédicule a deux ou trois pouces de longueur , et quelquefois plus d'un de diamètre. Il est creux, fragile, avec quelques lacunes, de couleur jaune ou rosée. Sa saveur est fade, aqueuse, et devient très fétide en vieillissant. Quelques personnes la regardent comme dangereuse. Krombholtz dit qu'on peut la manger sans crainte.
8° La Morille pubescente, Morchella pulescens Pers. Persoon, dans sa Mycologia
Europœa, regarde cette espèce comme une variété du Morchella esculenta. Krombholtz et Rabenhorst, au contraire, croient qu'elle en diffère ; en effet , son pédicule grêle et pubescent lui imprime un caractère particulier, ainsi que les alvéoles, qui sont beaucoup plus grandes. Krombholtz l'a figurée (Loc. cit., p. 13, lib. XVII, fig. 20). Elle est commune dans la Suisse, le Jura , la Bohême, où on l'apporte sur les marchés avec la Morille comestible. Elle croît sur la terre, dans les forêts de Pins.
10° La Morille de loup ou du diable , Morchella pleopus Paul. Cette Morille est fort peu connue ; Paulet l'a figurée dans son Traité des Champignons, tab. CXC bis. 11 dit qu'on la trouve au printemps dans la forêt de Fontainebleau, dans les friches et parmi les bruyères , et qu'elle a causé des accidents presque mortels ; elle diffère <ie la Morille ordinaire par sa forme irrégulière , par sa tige, qui n'est pas creuse, par xm vilain aspect et par son odeur. Cette espèce n'a été observée par personne depuis Paulet, et presque tous les auteurs ont oublié d'en parler. Si l'on consulte les figures, on remarque, en effet, qu'elle a des rapports avec les Morilles; mais son réceptacle, au lieu d'alvéoles , présente des ondulations, comme Vllclvella esculenta, et le pédicule est solide au lieu d'être creux. Les accidents qu'elle a causés, et l'incertitude du genre auquel on doit la rapporter, font vivement désirer qu'elle soit soumise à un nouvel examen. p
11° Enfin, M. Mérat, dans ses Additions à la Revue de la flore parisienne (janvier 1816, p. 493), a décrit comme Morchella dubia une belle espèce qui a de l'analogie avec la Morchella semilibera que M. Bouteille a trouvée à Halaincour, près de Magny; mais comme le chapeau est entièrement libre, qu'il n'adhère que par lesommet à l'extrémité supérieure du pédicule , elle appartient manifestement au genre Verpa; on devra donc dorénavent la désigner sous le nom de Verpa dubia. Voy. verpa.
Il y a des gourmands de Morilles comme il y en a de Truffes ; aussi rencontre-t-on souvent des personnes qui demandent comment on pourrait parvenir à les cultiver. Je ne connais aucune expérience sur ce sujet. On dit généralement qu'elles sont capri-
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cieuses, c'est-à-dire qu'elles naissent tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre; qu'elles sont très abondantes une année , très rares une autre , et même qu'elles en restent quelquefois plusieurs sans se montrer. C'est très vrai ; mais comme les Truffes, les Mousserons, les Ceps, on peut toujours les trouver à la même époque et dans les mêmes localités, quand les circonstances favorables à leur développement ne changent pas. Que l'on défriche un endroit où elles croissent habituellement, on peut être certain de n'en pas trouver l'année suivante ; que îe mois d'avril soit sec au lieu d'être pluvieux, elles seront rares et d'un petit volume. Comme leur époque de végétation est fixée, elles ne paraîtront pas dans le mois de mai, quand même les pluies seraient abondantes. Les plus heureux sont ceux qui ont des clos ou des parcs dans lesquels les Morilles viennent naturellement , parce qu'ils savent où aller les chercher, et qu'ils peuvent toujours arriver à temps pour en faire la récolte.
Les Morilles, comme le plus grand nombre des Champignons, absorbent une grande quantité d'eau dans les temps humides : alors elles ont beaucoup moins d'odeur et de goût; leur conservation est beaucoup plus difficile pour les usages culinaires ; il faut donc avoir le soin de les recueillir quand la rosée est dissipée, ou quand la pluie a cessé de tomber et qu'elles sont ressuyées. Au lieu de les arracher, on coupe le pied à une certaine distance du sol , afin que la terre ne pénètre pas dans les alvéoles, puis on les enfile dans une ficelle de manière qu'elles ne se touchent pas , et on les fait sécher en les exposant à un courant d'air. Quand elles sont bien sèches, on peut les laisser exposées à l'air: elles se conservent très bien si elles ne sont pas dans un Jieu humide; pourtant, comme elles se retouvrent toujours de poussière, il vaut mieux les enfermer dans des sacs de papier, pour les garantir de la poussière, des insectes et des ordures qu'ils déposent dessus. Quand on veut les accommoder , il est prudent de les laver dans de l'eau tiède; cette légère préparation leur enlève un peu de leur couleur, de la terre, du sable dont elles conservent toujours une certaine quantité , des moisissures qui ne manquent
jamais de se développer, et enfin un petit goût de renferme qui suffit pour en altérer le goût. Préparées par le procédé d'Appert, elles se conservent longtemps et ne perdent pas leur parfum; mais il faut les consommer à l'instant même, parce qu'elles se décomposent avec une grande rapidité lorsqu'elles ont été exposées au contact de l'air. Il convient donc , quand on veut faire usage de ce moyen , de se servir de vases proportionnés aux besoins que l'on peut avoir. Lorsqu'on tient seulement à leur parfum , on peut, quand elles sont bien sèches, les râper comme les Ceps et les Mousserons , et les renfermer dans des vases bien clos; quelques cuillerées de cette poudre suffisent pour donner au plat que l'on veut assaisonner le goût des Morilles. On pourrait encore , je crois , préparer une sauce aux Morilles, un Ketchup semblable à celui que les Anglais font avec le Ceps. Après les avoir lavées et coupées par morceaux, on les fait cuire dans l'eau avec du sel, du poivre et d'autres aromates. Quand elles sont bien cuites , et que l'eau a presque la consistance sirupeuse , on exprime légèrement la. masse et on met le decoctum qui en résulte dans un vase bien fermé , après y avoir ajouté un peu d'eau- de-vie pour en assurer la conservation. Quelques cuillerées de ce ketchup mises dans une sauce remplaceraient les Morilles. Pour ce qui concerne la manière de les accommoder, je ne puis renvoyer qu'au Traité des Champignons de Paulet.
Dans les herbiers on trouve toujours les Morilles mal desséchées; pour les préparer convenablement, on doit, autant que possible, les ramasser entières avec un peu de terre à la base; on les laisse exposées au grand air jusqu'à ce qu'elles commencent à se flétrir ; alors on les soumet à une légère pression: elles ne tardent pas à s'aplatir, et en augmentant de temps en temps la pression elles conservent parfaitement leur forme. Quand on veut les avoir à peu près comme dans l'état naturel, il suffit de faire un trou à l'extrémité inférieure du pédicule et de les emplir de sable très fin; on les suspend à un fil la tète en bas , et quand elles sont desséchées on fait tomber le sable. Par ce moyen elles ont éprouvé un peu de diminution dans leur volume, pri»
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une couleur plus foncée, mais elles peuvent servir très avantageusement pour les démonstrations botaniques. (Lév.)
MORILLON, ois. — Espèce du genre Canard. Voy. ce mot.
*MORIMUS (po'fHfAo;, fatal), ins.- Genre de Coléoptères subpentamères , tétramères de Latreille, famille des Longicornes, tribu des Lamiaires, créé par Semlle (Ann. delà Soc. eut. de Fr., t. IV, p. 95). Ce genre renferme les quatre espèces suivantes : Lamia lugubris , tristis , funesta de F., et M. verecundus Fald. Les trois premières sont originaires de l'Europe australe , et la quatrième est propre à la Perse et à la Turcomanie. (C.)
MORINA. bot. pb. — Genre de la famille des Dipsacées-Morinées , établi par Tournefort (Corollar., 48), et présentant les caractères suivants : Fleurs verticillées , bractéées. Involucellemonophylle, tubuleuxcampanule, sans fossette, denté-épineux sur les bords. Tube du calice soudé à la partie supérieure de l'ovaire; limbe à deux divisions oblongucs, entières ou bifides. Corolle épigyne , à tube allongé ; limbe bilabié ; la lèvre supérieure à 2 lobes; l'inférieure à 3 lobes. Étamines 4 , libres , didynames , quelquefois soudées deux à deux. Ovaire infère, à une seule loge uni-ovulée. Style filiforme ; stigmate pelté-capité. Utricule monosperme, enfermé dans l'involucre, et couronné par le limbe du calice.
Les Morina sont des plantes herbacées vivaces, simples, droites; à feuilles opposées ou verticillées, oblongues, sinuées, dentéesépineuses, rarement très entières; à fleurs disposées en verticilles dans l'aisselle des feuilles supérieures , et dont les pédicelles sont bibractéés au sommet.
Ces plantes se trouvent en abondance dans certaines contrées du Levant, dans la Syrie, la Perse et l'Inde boréale.
De Candolle (Prodr., IV, 644) en décrit quatre espèces , qu'il répartit en deux sections nommées : Diotocalyx : limbe du calice bilobé ; lobes oblongs , inermes , plus ou moins émarginés au sommet; étamines soudées deux par deux; feuilles sinuées, à dents épineuses (M. persica , longifolia , polyphylla ). Acanthocalyx : limbe du calice oblique, irrégulièrement denté-épineux; étamines 4, libres, didynames; feuilles cau-
linaires très entières , les florales dentéesépineuses à la base (M. nana). (J.)
MORINDA. bot. pu. —Genre de la famille des Rubiacées-Cofféacées-Guettardées, établi par Vaillant (in Act. Acad. Paris. , 1722, p. 275), et dont les principaux caractères sont : Fleurs réunies en capitule globuleux. Calice à tube ovale, soudé à l'ovaire, à limbe supère, court, irrégulièrement denté. Corolle supère, infundibuliforme ; limbe à 4 ou 5 lobes étalés. Étamines 5 ou 4, insérées au tube de la corolle, incluses ou très rarement saillantes; filets courts ; anthères dressées. Ovaire infère, à 2 ou 4 loges uni-ovulées. Style filiforme; stigmate bifide, rarement indivis.
Le fruit est un drupe anguleux, comprimé, à 2 ou 4 noyaux cartilagineux et monospermes.
Les Morindes sont des arbrisseaux à feuilles opposées , rarement verticillées par groupes de 3 ou de 4; stipules souvent obtuses, membraneuses; pédoncules axillaires ou terminaux, simples ou rameux; fleurs fixées sur un réceptacle nu , globuleux. Ces plantes croissent assez abondamment dans toutes les régions tropicales du globe.
De Candolle (Prodr., IV, 466) décrit 32 espèces de ce genre, qui ont été réparties en 4 sections nommées : Roioc , Plum. (Gen., II, t. 26) : fleurs pentamères, pentaudres; stigmate bifide; baies à 2 ou 4 coques; Padavara, Rheede (Maldb., VII, 51, t. 27) : fleurs tétramères, tétrandres ; stigmate bifide; baie à 4 coques. Phyllireaslrum, DC. (Prodr., IV, 449): fleurs tétramères, tétrandres; stigmate indivis; baie à 4 coques. Chrysorhiza , DC. ( loc. cit. ) : fleurs pentamères, pentandres ; baie à 2 loges 2-spermes ; capitules oppositifoliés.
La racine de la plupart des espèces de ce genre participe aux propriétés tinctoriales des Rubiacées; ainsi celle de la Morinda roioc donne par infusion une liqueur noire analogue à l'encre , et celle de la Morinda umbellata produit une teinture jaune-safran assez belle. (J.)
MORINÉES. Morineœ. bot. ph.— Tribu de la famille des Dipsacées (voy. ce mot), ayant pour type le genre Morina , Tournefort.
*MORINELLA. ois. — M. Meyer (Tas-
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chenb., 1840) donne ce nom à une division des Scolopax. Voy. ce mot. (E. D.)
MORJNGA. bot. ph. — Ce nom a été donné par Burmann (Zeylan., 162), Jussieu (Gen., 348), Gaertner (II, 316), De Candolle (Mem. Legumin., t. 21 ; Prodr., II, 478), R. Brown (ad Denham , 33), Decaisne (in Nov. Annal, se. nat.,W, 213),Wight et Arnott (Prodr., I, 178) , à un genre rangé par De Candolle dans la tribu des Cassiées, de la famille des Légumineuses-Cœsalpiniées, et que R. Brown considère comme devant former le type d'une nouvelle famille, celle des Moringées, dont il est encore le seul représentant. Il offre pour caractères: Calice 5-parti, à divisions oblongues. Corolle à 5 pétales périgynes, oblongs, linéaires. Étamines 8-10, insérées sur un disque cupuliforme , enveloppant la base du calice; filets connivents en un tube fendu antérieurement, libres à la base et au sommet , soudés à la partie médiane , inégaux; anthères introrses , uniloculaires , oblongues, fixées par la partie dorsale, s'ouvrant longitudinalement. Ovaire pédicellé , à une seule loge pluri-ovulée. Style terminal, simple, renflé au sommet. Le fruit est une capsule en forme de silique uniloculaire, à 3 valves. Graines ovales , trigones , attachées au centre du fruit, dépourvues d'albumen, à angles aptères ou saillants en forme d'ailes.
Les Moringa sont des arbres inermes à feuilles 2-3-pinnées avec impaire; à stipules décidues; à fleurs disposées en grappes paniculées. Ces plantes sont originaires de l'Asie tropicale, d'où elles ont été introduites dans l'Afrique et l'Amérique.
Endlicher(Gen. plant., p. 1321, n. 6811) a divisé ce genre en deux sections qu'il nomme : Balanus : Graines dépourvues d'ailes; Moringa: Graines à trois ailes.
Les espèces de ce genre fournissent une huile doue, sans odeur, et qui ne se rancit point en vieillissant. Cette dernière qualité l'a fait rechercher des parfumeurs qui l'emploient dans la composition de leurs essences. Cette huile est désignée généralement sous le nom d'huile de Ben, de la dénomination de l'espèce (M. Ben) qui fournit principalement cette huile. (J.)
MORINGÉES. Moringeœ. bot. ph. — Famille établie par R. Brown ( Observ. on the Plants of A fric, central collect. by Dr. Rid-
ney), et qui ne renferme encore que le seul genre Moringa. Voy. ce mot.
MORIO. moll. — Voy. haume.
MORION. Morio. ins. — Genre de Coléoptères pentamères , famille des Carabiques, tribu des Scaritides, créé par Latreille (Règne animal, t. IV, p. 386) , et adopté par Dejean ( Species général des Coléoptères , t. I, p. 429; t. V, p. 512). Douze espèces font partie du genre; neuf sont originaires d'Amérique, deux d'Afrique, et une est propre à l'Asie. Nous citerons, comme types, les espèces suivantes : M. Georgiœ P.-B., parallelus Klug, et Orientalisme]. La première est des États-Unis, la deuxième de Madagascar et la troisième de Java. (C.)
*MORIS. ois. — Groupe de Pélicans (voy. ce mot) d'après Leach (G.-R. Gray, Gen. ofBirds, 1840). (E. D.)
*MORISIA (nom propre) . bot. ph. — Genre delà famille des Crucifères-Anchoniées, établi par Gay (in Colla. Hort. Ripul. append., IV, 50). Herbes de Sardaigne. Voy. crucifères.
MORISONIA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Capparidées-Capparées, établi par Plumier (Gen., 63, t. 23), et dont les principaux caractères sont : Calice renflé au milieu, bifide. Corolle à 4 pétales obtus. Étamines nombreuses, plus courtes que la corolle ; filets subulés , soudés en un tube à la base; anthères oblongues , dressées. Ovaire stipité, ovale. Stigmate sessile, convexe , ombiliqué. Baie globuleuse, cortiquée, uniloculaire.
Les Morisonia sont des arbres des Antilles, à feuilles alternes , pétiolées, ovales ou oblongues, membraneuses, brillantes; à fleurs blanchâtres , axillaires, disposées en corymbe, et plus courtes que le pétiole.
La principale espèce de ce genre est. la Morisonia americana L. et Jacq. , qui croît sur les montagnes de l'Amérique méridionale, et dont les racines, longues, grosses, nerveuses, compactes et pesantes, servent aux sauvages pour faire des massues. (J.)
*MORlTZIA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Aspérifoliées ? établi par De Candolle (Msc. exMeisner Gen., 230). Herbes du Brésil.
MORMODES, Lindl. (Orchid. , t. 14).
bot. ph. — Syn. de Catasctum, Rich.
MORMOLYCE ( poPij.o\vxYi , masque ).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères,
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famille des Carabiques , tribu des Féroniens, créé par Hagenbach {Mormolyce novum Coleopt. genus), et adopté par Dejean (Species général des Coléoptères, t. V,p. 712), qui dit n'avoir pu convenablement lui assigner la place qu'il doit occuper. Le type, la M. phyllodes H., est originaire de Java. Cet Insecte est l'un des plus extraordinaires de cet ordre , tant par sa taille que par la forme des élytres qui sont aplanies, évasées, réticulées, etressemblent à des feuilles sèches. Voy. l'atlas de ce Dict., Coléoptères, pi. 2, (C.)
MORMON, ois. — Syn. de Macareux.
MORMON, mam. — Espèce du genre Cynocephalus {voy. ce mot), dont M. Lesson (Spec. des mamm-., 1840) a fait un petit groupe générique. (E. D.)
*MORMOMA(f/.opP.w'v, hideux), ins. — M. Curtis a établi sous ce nom, dans la tribu des Phryganiens de l'ordre des Névroptères, groupe des Séricostomites, un genre qui serait ainsi caractérisé : Article basilaire des antennes allongé, très velu. Jambes antérieures munies de deux éperons, les intermédiaires de quatre. Palpes courts. L'espèce type serait le M. nigromaculata Steph. (Bl.)
MORMOPS. Mormops (F.oPuw, hideux; cty, aspect), mam. — Leach (Trans. Linn., t. XIII) a créé sous le nom de Mormops un genre de Chéiroptères qui ne comprend qu'une seule espèce, et qui a été adopté par tous les zoologistes. Chez ces animaux, les dents sont au nombre de trente-six, dix-huit supérieures et autant d'inférieures : les quatre incisives supérieures sont inégales, et les intermédiaires sont largement échancrées ; les quatre incisives inférieures sont trifides, égales; les canines , au nombre de deux à chaque mâchoire, sont comprimées et canaliculées en devant , les supérieures ayant le double de longueur des inférieures; il y a cinq molaires en haut et six en bas de chaque côté. Les oreilles, réunies aux membranes du nez, présentent un vaste appareil propre à recevoir les sons et les odeurs, et la bouche elle-même participe à cette richesse d'organisation; mais ce qui passe toute mesure, c'est que les os du crâne s'élèvent perpendiculairement au-dessus de ceux de la face, de sorte que ces deux parties principales de la tête forment un angle droit. La queue est entièrement enveloppée dans la membrane interfémorale.
Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, qui a été prise à Java : c'est le Mormops Blainvilii Leach (loco citato), dont le corps et la tête réunis ont environ deux pouces de longueur, et dont l'envergure est de dix pouces; la couleur de ceChéiroptère est un brun uniforme. (E. D.)
MORMYRE. Mormyrus (p.opp.wv , hideux; oipa, queue), poiss. — Genre de l'ordre des Malacoptérygiens abdominaux»
famille des Ésoces. G. Cuvier, qui le considère comme devant probablement donner lieu à une famille particulière, le caractérise ainsi {Hèg. anim., t. II, p. 288) : « Poissons à corps comprimé, oblong, écaillcux; à queue mince à sa base , renflée vers la nageoire; dont la tête est couverte d'une peau nue et épaisse, qui enveloppe les opercules et les rayons des ouïes, et ne laisse pour leur ouverture qu'une fente verticale , ce qui leur a fait refuser des opercules par quelques naturalistes, quoiqu'ils en aient d'aussi complets qu'aucun poisson, et a fait réduire à un seul leurs rayons branchiaux, quoiqu'ils en aient 5 ou 6. L'ouverture de leur bouche est fort petite , presque comme aux Mammifères nommés Fourmiliers ; les maxillaires en forment les angles. Des dents menues et échancrées au bout garnissent les intermaxillaires et la mâchoire inférieure, et il y a sur la langue et sous le vomer une longue bande de dents en velours. L'estomac est en sac arrondi, suivi de deux cœeums, et d'un intestin long et grêle, presque toujours enveloppé de beaucoup de graisse. La vessie est longue, ample et simple. »
On connaît une dizaine d'espèces de ce genre qui toutes vivent dans le Nil et sont comptées parmi les meilleurs poissons de ce fleuve. Elles sont réparties en quatre sections généralement adoptées, et caractérisées de la manière suivante.
La première renferme toutes les espèces dont le museau, est cylindrique , la dorsale longue (M. d' Hasselquist Geoffr., caschive Hasselq., oxyrhynchus Geoffr., cannume Forsk.).
Les espèces de la seconde section ont le museau cylindrique , la dorsale courte {M. de Denderah ou Anguilloïdes L., le même que le Zferse de Sonnini).
Dans la troisième section sont comprise» les espèces à museau court, arrondi ■ à dor-
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