‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédiesChapitre 99 sur 192 · MYCOLOGIE · texte numérisé non relu

MYCOLOGIE

MUCRONÉ. Mucronalus. bot. — Ce nom s'applique, en botanique, à tout organe qui se prolonge en une petite pointe raide et droite. Ex. : les feuilles de YAgathosma apiculala , les fruits du Palicourea apicata, etc.

*MUCRONEA (mucro, pointe), bot.

ph. — Genre de la famille des Polygonées- Eriogonées, établi par Bentham ( in Linn. Transact. , XVII, 419, t. 20). Herbes de la Californie. Voy. polygonées.

MUCUNA. bot. ph. — Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées-Érythrinées, établi par Adanson (Fam., II, 325), et caractérisé de la manière suivante : Calice campanule, bilabié , à lèvre supérieure large, entière ou échancrée ; l'inférieure à trois lobes , celui du milieu le plus long. Étendard de la corolle cordiiorme, à ailes oblongues-linéaires, conniventes, à carène droite à la base, courbée en faux au sommet, et se terminant en un rostre aigu. Étamines 10, diadelphes ; 5 anthères oblongues-linéaires; 5 autres ovales, hirsutées. Ovaire sessile, pluri-ovulé. Style long, mince, barbu à là partie inférieure , glabre au sommet; stigmate petit. Le fruit est un légume indéhiscent ou quelquefois bivalve , linéaire-oblong ou ovale , mono-oligosperme , bosselé dans les parties qui renferment les graines, très souvent hérissé extérieurement de poils qui, pénétrant dans la peau, excitent de vives démangeaisons. Intérieurement le légume est divisé en plusieurs loges séparées entre elles par de petites cloisons transversales.

Les Mucuna habitent principalement l'Asie et l'Amérique. Ce sont des arbrisseaux ou des sous-arbrisseaux grimpants, à feuilles pinnées-trifoliées; à folioles stipellées , opposées , avec la terminale éloignée ; à fleurs disposées en grappes axillaires longues ou courtes , ou en forme d'ombelles.

Ce genre renferme 15 à 20 espèces qui

T. VIII

ont été réparties en 4 sections nommées : Zoophlhalmum , P. Br. (Jam. , 290 , t. 31) : légume oblong, à sillons transverses, lamelleux , à sutures sans sillons ; Slizolobium , P. Br. {loc. cit.) : légume à sillons transverses nuls, à sutures sans sillons; Pillera, Endlich. (Gen. plant. , p. 1295, n° 6665) : légume oblong, à sillons transverses nuls, à sutures marquées de deux sillons profonds; Citta, Lour. (Flor. Cochinch., 557) : légume arrondi ou oblong, mono-trisperme, à sillons lamelleux transverses, à sutures marquées de deux sillons profonds.

Parmi les curieuses espèces de ce genre , nous citerons le Mucuna gigantea , dont les gousses sont d'une énorme dimension; le Mucuna urcns,h semences grosses, brunes, bordées d'un cercle noir, à fleurs jaunes , tachées de pourpre; le Mucuna pruriens, d'une hauteur excessive, et remarquable par l'aspect de ses fleurs à étendard couleur de chair, à ailes pourpres et à carène verte. Cette dernière espèce porte vulgairement le nom de Poil à gratter. (J.)

MUCUS, zool. — Voy. membranes, peau et sécrétions.

MUE. Mutalio. zool. — A certaines époques de leur vie, les animaux sont sujets à deux sortes de changements; les uns, connus sous le nom de Métamorphoses, dans lesquels il y a transformation, c'est-à-dire où la forme nouvelle que revêt l'animal est différente de celle qu'elle remplace ; et les autres, désignés sous la dénomination de Mues, dans lesquels il n'y a pas transformation, c'est-à-dire où la forme primitive de l'animal est conservée. D'après cela , on voit que l'altération ou la persistance de la forme primitive de l'animal, est ce qui distingue la Métamorphose de la Mue; mais, du reste, il n'y a entre l'une et l'autre aucune différence que celle qui existe entre le plus et le moins: toutes deux sont des phénomènes de même ordre, des phénomènes produits par une même cause, c'est-àdire par une métastase. Quelles sont les causes de la persistance de la forme primitive dans un cas, et de son altération dans l'autre? C'est que, dans le dernier, la métastase se produit à l'égard d'organes d'une haute importance, tandis qu'au contraire, dans l'autre, elle a lieu entre des organes d'une importance bien secondaire, et qui, le plus souvent, n'appartiennent même qu'au sys-

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tème tégumcntaire, quoique certains phénomènes , comme le remplacement des dents de lait par celles de la seconde dentition, le renouvellement annuel d'un nouveau bois chez certains Mammifères, soient du domaine de la Mue. Une autre différence notable doit être constatée: dans la Mue, comme dans la Métamorphose, il y a bien métastase d'un organe à un autre ; mais, dans le premier cas, le nouvel organe est essentiellement analogue à celui qu'il remplace, et il y a toujours entre Je premier et le second, sinon une similitude parfaite, du moins beaucoup de ressemblance; et, au contraire, dans la Métamorphose, la métastase s'effectue, du moins le plus souvent, à l'égard de deux organes entre lesquels il n'y a pas d'analogie, et entre lesquels on ne peut trouver d'autre relation que celle qui existe entre deux organes dépendant du même appareil et appartenant à la même fonction; encore peut-on très bien concevoir une métastase entre deux parties étrangères l'une à l'autre, même sous ce dernier point de vue. Enûn, dans la Mue, et cette dernière différence n'est en quelque sorte qu'un simple corollaire de la précédente , les deux organes à l'égard desquels se fait la métastase ont la même position, et l'un se développe à la place qu'occupait l'autre, ou du moins près de cette place, en sorte que tous deux ne se ressemblent pas moins par leur position que par leur essence ; il n'en est pas de même de la Métamorphose, et le changement d'organe se fait parfois d'un lieu à un autre: c'est ainsi que, chez certains Amphibiens, la métastase a lieu de la queue aux membres. Il y a donc des différences notables entre la Mue et la Métamorphose ; mais cela n'empêche pas que ces deux phénomènes ne soient produits par la même cause, et souvent de la même manière; tellement que l'on peut dire, avec M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, que la Mue n'est qu'une sorte particulière de Métamorphose. Au mot transformation de ce Dictionnaire, les phénomènes particuliers à la Métamorphose seront exposés avec détail, et nous ne nous occuperons plus maintenant que de ceux qui appartiennent à la Mue.

La Mue se manifeste chez presque tous les animaux, et même on peut observer des phénomènes qui s'y rattachent chez les végé-

taux. Toutefois le mot de Mue ne s'applique guère, en général, qu'aux Mammifères, aux Oiseaux et à quelques Articulés, tandis que le nom de Métamorphose est donné aux changements plus ou moins notables que l'on remarque chez les Amphibiens etsurtout chez les Insectes en général.

Chez les animaux supérieurs, on doit distinguer deux sortes de Mues , celles qui s'effectuent au passage d'un âge à un autre, et celles qui se font au passage d'une saison à une autre. Ces dernières sont peu sensibles dans quelques espèces, et produisent, au contraire, chez d'autres, des changements d'une haute importance : ainsi l'on n'ignore pas que beaucoup d'animaux blanchissent en hiver, et qu'un très grand nombre d'Oiseaux revêtent, à l'approche de la saison d'amour, de riches parures, qu'ils dépouillent bientôt après. De là d'immenses différences entre le plumage de deux individus de la même espèce pris à différentes époques de l'année; de là aussi une source de graves difficultés et d'erreurs sans nombre pour ceux qui aborderaient l'étude de l'ornithologie sans une sage défiance. La Mue n'est pas, comme on pourrait le croire, un phénomène simple; elle n'arrive jamais sans quelque trouble dans les fonctions, et l'animal qui la subit éprouve des malaises plus ou moins graves.

Après ces considérations générales , examinons rapidement les phénomènes que produit la Mue dans les différentes classes d'animaux.

Quoique V Homme soit sujet à muer , quoh qu'on ait considéré sa seconde dentition comme un phénomène analogue à celui de la chute des bois dans certains Ruminants, et par suite comme une sorte de Mue, nous n'entrerons cependant dans aucun détail à son égard, parce que ses Mues ne sont que partielles , et parce qu'enfin la métastase semble s'opérer chez lui à toute époque de la vie. Voy. l'article races humaines.

Chez les animaux domestiques à l'abri des rigueurs du froid, élevés par les soins de l'homme, il en est de même ; et peut-être pour les mêmes causes, les changements que produit la Mue sont soustraits à l'influence des saisons : la Mue, chez eux, se fait à des époques irrégulières ; mais chez les animaux sauvages, c'est-à-dire chez ceux qui vivent en plein état de liberté , elle a lieu

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périodiquement et à des époques régulières, au printemps et à l'automne.

La Mue ne produit ordinairement, dans Jes Mammifères, que des changements peu remarquables : seulement le poil , pendant l'hiver, est souvent plus touffu , plus fin et plus moelleux , ce qui s'observe surtout chez les animaux des pays froids, et ce qui fait que les fourrures de cette saison sont plus habituellement recherchées que celles d'été. Pourtant on trouve des modifications beaucoup plus remarquables dans les espèces qui blanchissent dans la saison froide , comme l'Hermine, le Lièvre variable, etc., dont le poil d'hiver est ainsi entièrement différent de celui d'été; mais cependant les parties noires du pelage conservent habituellement la même couleur pendant toute l'année.

Cette parure d'hiver leur a sans doute été donnée par la nature pour qu'ils fussent moins impressionnés par le froid ; car on sait que les vêtements blancs, plus frais que ceux de toute autre couleur pendant les chaleurs de l'été , sont , au contraire, les plus chauds pendant les temps d'hiver. Parmi les animaux des pays septentrionaux, le Cheval de Norwége subit aussi des changements très variables ; son poil, court et lisse en été, devient en hiver très long et très frisé. Chez les Mammifères des pays chauds , au contraire, le pelage est le même avant et après la Mue, ou du moins ne diffère pas sensiblement.

Les changements qui s'effectuent au passage d'un âge à l'autre méritent également d'être étudiés; car souvent il existe de très grandes différences entre les jeunes et les adultes dans la même espèce. Ces phénomènes ont été observés avec soin par M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire chez les Mammifères, et nous copions ce qu'il en dit à l'article Mue du Dictionnaire classique : « Les jeunes des deux sexes ressemblent ordinairement, chez les Oiseaux, à la femelle adulte , et leur plumage est aussi ordinairement beaucoup moins orné que. celui du mâle. Chez les Mammifères , le contraire a quelquefois lieu ; car, d'une part, les jeunes des deux sexes ressemblent , dans certains cas , au mâle adulte, comme cela a lieu chez le Maki vari ; et , d'une autre part, la livrée du premier âge est le plus souvent un ornement que l'animal perd avec l'âge pour

prendre des couleurs plus simples et plus uniformes : c'est ainsi que les Faons de presque toutes les espèces de Cerfs , les Lionceaux, les jeunes Couguars, les jeunes San- , gliers et les jeunes Tapirs, ont le pelage va- . rié de deux couleurs disposées de la manière la plus agréable à l'œil et la plus gracieuse , tandis que les adultes de leurs espèces sont unicolores. Il est à observer que, dans le cas de l'existence d'une livrée, les jeunes représentent d'une manière transitoire ce qui a lieu dans d'autres espèces du même genre d'une manière permanente.

C'est ainsi que les taches de livrée sont noires chez les Lionceaux et blanches chez les Faons des Cerfs, de même que la plupart des Chats sont rayés ou tachetés de noir, et que l'Axis et la plupart des Cerfs le sont de blanc. On pourrait même, à l'égard de ces dernières espèces, au lieu de dire qu'elles ne portentpas de livrée dans le jeune âge, admettre qu'elles conservent leur livrée pendant toute îa durée de leur vie. »

C'est principalement chez les Oiseaux que les observations les plus multipliées ont été faites relativement aux phénomènes qui dépendent de la Mue. Tous les Oiseaux muent régulièrement en automne, les uns plus tôt, les autres plus tard. Parvenu à l'état parfait, le plumage, chez le plus grand nombre, est invariable et ne change qu'accidentellement. Chez un grand nombre d'Oiseaux il y a une double Mue. Dans certaines espèces, le mâle seul change son vêtement , et prend en hiver le plumage modeste de sa femelle ; c'est ce qui a lieu chez lesTangaras, les Gros-Becs, les Bruants, etc. Il est quelques Oiseaux dont la livrée, vers le temps des amours, se complique d'ornements extraordinaires; les plumes longues, subulées, qui forment des panaches ou des huppes, sont les dernières à paraître au printemps, et ce sont les premières qui tombent, même avant la mue d'automne. Dans le plus grand nombre des Oiseaux de rivago, de marais et de haute mer, on voit la double Mue opérer, soit totalement, soit en quelque partie du corps, des changements réguliers et périodiques dans les couleurs du plumage des deux sexes. Chez quelques espèces qui ne muent qu'une seule fois dans l'année, on observe un phénomène d'une autre nature : à une certaine époque fixe de

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l'âge, tous les individus se couvrent d'un plumage nouveau dont la couleur diffère totalement de celle qui a existé l'année précédente, de celle qui sera leur partage durant le reste de la vie; c'est ce qui arrive chez les Becs-Croisés et chez quelques espèces de Gros-Becs. Dans le nombre des Oiseaux qui muent une seule fois, les seules espèces des genres Hirondelle et Martinet font exception dans l'époque où cette Mue a lieu ; c'est dans les mois de février et de mars que ce changement a lieu. Il faut, à quelques espèces dont la [Mue est double, plusieurs années avant que les couleurs du plumage soient stables et non bigarrées; telles sont toutes les espèces du genre Mouette et quelques unes des groupes des Gobe-Mouche et Bec-Figue.

On peut poser en principe, avec G. Cuvier, que lorsque les adultes mâles et femelles sont de même couleur, les petits qui en résultent ont une livrée qui leur est propre. Lorsque , au contraire , la femelle diffère du mâle par des teintes moins vives, les jeunes des deux sexes, avant la première Mue, ressemblent à la femelle. Nous ne nous étendrons pas davantage sur la Mue des Oiseaux , et nous renvoyons le lecteur pour plus de détails à l'article Oiseaux de ce Dictionnaire.

Chez les Reptiles, les Amphibiens et les Poissons , les phénomènes de la Mue se reproduisent, mais d'une manière moins manifeste que dans les Mammifères et les Oiseaux. Toutefois, on sait qu'à une certaine époque de l'année, le Serpent se dépouille entièrement de son ancienne peau pour prendre une robe nouvelle; que les membres des Lézards et la queue des Salamandres, brisés par quelque accident, se reproduisent bientôt; que, dans diverses circonstances, les écailles des Poissons tombent et sont renouvelées , etc. : tous ces phénomènes sont du domaine de la Mue. Nous n'entrerons toutefois pas dans des détails à cet égard , renvoyant le lecteur aux mots

REPTILES , OPHIDIENS , SERPENTS , LÉZARD , AM- PHIBIENS , GRENOUILLE , SALAMANDRE , POIS- SONS, etc.

Dans les Animaux articulés, la Mue a lieu toutes les fois que le corps a acquis plus de volume que ne le comporte l'enveloppe extérieure; celle-ci alors se déchire et fait

place à une autre peau qui, plus tard, sera remplacée par un nouveau tégument, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'animal ait atteint son dernier degré de croissance, ou , en d'autres termes , qu'il soit devenu adulte. Après avoir changé de peau, l'animal articulé reparaît toujours, à peu de chose près, sous la même forme : ces phénomènes, qui ne produisent pas de changements notables dans l'animal , appartiennent bien à la Mue, tandis que d'autres, par lesquels l'Insecte change de forme, sont du domaine delà métamorphose, et ne doivent pas être développés dans cet article. C'est particulièrement dans les Crustacés , les Arachnides et les Insectes que la Mue, ou ces changements de peau, a été observée avec soin, et nous allons en dire quelques mots.

A leur état d'oeuf, les Crustacés subissent leurs métamorphoses, et toutes les modifications qu'ils éprouvent depuis leur naissance pe consistent qu'en des mues successives qui s'effectuent à des époques différentes et à des intervalles plus ou moins éloignés. Les Décapodes opèrent ordinairement le renouvellement de leur test vers le milieu du printemps; ils cherchent un lieu tranquille et abrité; puis, à la suite de violents efforts , ils viennent à bout de se débarrasser de leur enveloppe. Plusieurs périssent dans la durée de l'opération ; ceux qui y résistent ne sont plus recouverts que d'une peau mince et très molle , qui ne tarde pas à devenir aussi solide que l'ancienne. Les Tourlouroux et quelques autres Crustacés subissent leur Mue dans des terriers qu'ils creusent eux-mêmes , dont ils bouchent avec soin l'entrée, et où ils restent plusieurs semaines avant d'en sortir revêtus d'une nouvelle enveloppe. La Mue a été surtout étudiée dans les genres écrevisse et monocle (Voy. ces mots). Les Mues sont peu variables dans leur marche. Chez les Crustacés, le petit Monocle , en général , depuis le moment de la naissance jusqu'à l'âge adulte, en subit au moins trois. C'est entre la troisième et la quatrième que naissent les petits; immédiatement après la ponte, l'animal renouvelle encore une enveloppe, et répète cette opération jusqu'au moment de la mort; et tout cela dans un espace très court, car des individus nés le 30 juin

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étaient arrivés à leur huitième mue le 19 Juillet. Dans la saison froide, la marche des Mues est de beaucoup retardée; elles n'ont lieu , chez les Monocles, qu'à des intervalles de dix jours.

On doit rattacher aux Mues le phénomène de la reproduction des membres , phénomène qui se présente souvent chez les Éerevisses et dans d'autres espèces de Crustacés, et dont nous ne croyons pas devoir parler ici ; disons toutefois , d'après Audouin , que ce renouvellement des membres n'a lieu qu'à l'époque de la Mue.

Les Arachnides sont sujettes également à des Mues, c'est-à-dire à un renouvellement total de leur enveloppe extérieure ; et ces changements qui se reproduisent indiquent les différents degrés de leur naissance; enfin elles deviennent aptes à la fécondation, et après la ponte elles se dépouillent encore une fois de leur peau. Degéer a décrit avec soin l'opération que subit l'Araignée pour changer de peau. Les Arachnides , comme les Crustacés , possèdent la faculté de reproduire leurs membres , pourvu que la rupture ait eu lieu primitivement à la base de la patte, ou que l'animal ait pu détacher le moignon sur ce point, sans quoi l'Araignée ne tarde pas à périr par suite de l'hémorrhagie qui se déclare.

La Mue est surtout sensible dans les Insectes ; mais elle n'a lieu que dans leur premier âge, et depuis l'instant de leur naissance jusqu'à celui où ils subissent leur métamorphose. C'est donc particulièrement à l'état de larve qu'on l'observe, et ce sont les Chenilles qui , sous ce rapport, ont été le mieux étudiées. Les changements de peau de l'une d'elles, celle du Ver à soie, ont été surtout observés avec beaucoup de soin.

La plupart des Chenilles renouvellent leur peau trois ou quatre fois ; mais il en est qui en changent jusqu'à huit ou neuf fois avant leur transformation en Chrysalide. Un jour ou deux avant cette opération , ces Chenilles cessent de prendre de la nourriture; souvent elles se mettent à l'abri dans des espèces de nids qu'elles se pratiquent avec art. Bientôt elles perdent l'usage de leurs membres et n'ont plus que des mouvements généraux de la partie antérieure de leur corps, qu'elles redressent quelquefois avec brusquerie, en môme temps qu'elles gon-

flent et resserrent les anneaux de leurs corps , et l'agitent de manière à décoller petit à petit la peau qui les recouvre. Cette peau , déjà décolorée , se dessèche, et quand l'animal gonfle de nouveau son corps, elle commence à se déchirer sur le milieu, vers le point qui correspond au deuxième ou au troisième anneau. La fente gagne la tête, et se prolonge en arrière presque sur le quatrième anneau ; elle s'est ainsi augmentée successivement parce que la Chenille a d'abord fait sortir en entier la partie antérieure du corps; dès lors il lui devient assez facile d'opérer complètement sa dépouille en contractant successivement et en ramenant en avant ses anneaux postérieurs. La nouvelle peau est reconnaissable à la vivacité de ses couleurs, et elle est couverte de poils tout formés. Tels sont, d'une manière générale , les principaux phénomènes de la Mue chez les Insectes.

Il n'y a pas de véritable Mue chez les Mollusques et chez les Zoophytes ; car l'accroissement périodique de la coquille dans les premiers , et des enveloppes calcaires , cornées ou tout-à-fait molles des seconds , bien qu'indiquant d'une manière graduelle les différents âges de ces animaux , ne saurait être rapporté au phénomène dont il s'agit, et constitue une autre fonction (Voy. les articles mollusques et zoophytes).

Enfin, chez les Végétaux, on aperçoit encore, d'après Vieg et quelques autres naturalistes, des phénomènes à peu près semblables à ceux que nous venons de décrire relativement à la Mue chez les animaux. La défoliation des arbres , et la chute des organes de leur reproduction , des fruits et des graines, sont leur Mue annuelle, qui s'opère aussi chez les autres végétaux , et même chez les arbres toujours verts , mais alors d'une manière moins rapide et moins sensible , une feuille remplaçant successivement l'autre , de sorte que ces arbres ne sont jamais dépouillés de verdure. (E. D.)

MUET, ois.— Synonyme vulgaire du Tétras des Saules. (E. D.)

MUFLE. m.,.vi. — On désigne sous le nom de Mufle une partie nue et muqueuse qui termine le museau de certains Mammifères, particulièrement des Carnassiers, des Rongeurs , et surtout de la plupart des Rumip;»n«£ Cette partie est plus ou moins éten-

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due selon les genres, ce qui a fait distinguer des mufles entiers et des demi-mufles.

(E. D.) MUFLIER, bot. ph. — Nom vulgaire du g. Antirrhinum. Voy. ce mot.

MUGE. Mugil. poiss. — Genre de l'ordre des Acanthoptérygiens , famille des Mugiloïdes , établi par Linné. MM. Cuvier et Valenciennes, qui ont conservé ce genre {Hist. des Poissons, t. XI, p. 7), le caractérisent ainsi : Corps presque cylindrique, couvert de grandes écailles, à deux dorsales séparées, dont la première n'a que quatre rayons épineux; les ventrales sont attachées un peu en arrière des pectorales. Six rayons aux ouïes. Tête un peu déprimée , couverte aussi - e grandes écailles ou de plaques polygonales; museau très court; bouche transversale, formant un angle au moyen d'une proéminence du milieu de la mâchoire inférieure qui répond à un enfoncement de la supérieure; dents infiniment déliées, souvent même presque imperceptibles. Os pharyngiens très développés, donnant à l'entrée de l'œsophage une forme anguleuse comme l'ouverture de la bouche, qui ne laisse arriver à l'estomac que des matières liquides ou déliées ; l'estomac se termine en une sorte de gésier charnu , analogue à celui des Oiseaux ; les appendices pyloriques sont en petit nombre, mais l'intestin est long et replié.

MM. Cuvier et Valenciennes ( loc. cit. ) décrivent 52 espèces ou variétés de Muges , qu'ils ont réparties en 4 sections, d'après leur habitat.

Muges de u Méditerranée , Muges d'Amérique, Muges d'Afrique, Muges des Indes. Nous nous contenterons de décrire aussi brièvement que possible les principales espèces de nos mers, en constatant ce qu'il y a de plus certain sur leurs habitudes et leurs propriétés.

L'espèce la plus remarquable est le Muge a large tête, Mugil cephalus Cuv. et Val., vulgairement Cabot sur quelques côtes de France. C'est une des plus grandes espèces de Muges ; elle atteint près de 70 centimètres de longueur et pèse jusqu'à 8 et 9 kilogrammes. Ce poisson se distingue des Muges d'Europe par ses yeux à demi couverts par deux voiles adipeux qui adhèrent au bord antérieur et au bord postérieur de l'orbite,

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par le maxillaire qui se cache entièrement sous le sous - orbitaire lorsque la bouche est fermée, et par la présence d'une écaille longue et carénée qui surmonte la base de la pectorale.

Les orifices de la narine sont écartés l'un de l'autre; ses dents sont assez visibles.

Le Mugil cephalus est un poisson d'un gris plombé sur le dos, plus clair sur les flancs. Le ventre et toutes les parties inférieures sont d'un blanc argenté mat. Les opercules et les côtés de la tête ont de beaux reflets dorés et argentés. Le long des flancs, il y a 6 ou 7 lignes longitudinales et parallèles, grises, à reflets un peu dorés, formées par une teinte plus brune sous le milieu de chaque écaille. Sur les écailles des flancs se remarquent aussi de petits points gris ou bruns. Les nageoires dorsales et la caudale sont gris foncé. L'anale est plus pâle, avec une teinte noire en travers sur sa base; vers son bord terminal il y a aussi une bande un peu noirâtre. Les ventrales sont blanches. L'iris de l'œil est gris, à reflets dorés; la pupille, d'un bleu noirâtre, est entourée d'un cercle d'or; la peau adipeuse qui recouvre l'œil est d'une belle couleur jaune d'ambre. Voy. l'atlas de ce Dictionnaire, poissons, pi. 13.

Deux autres espèces qui se trouvent aussi dans nos mers sont:

Le Muge capiton ou du Ramado, M. c-.pito Cuv. et Val. Le maxillaire est visible, même lorsque la bouche est fermée; les dents sont bien plus faibles que dans l'espèce précédente; les orifices de la narine sont rapprochés : la peau des bords de l'orbite n'avance point sur le globe de l'œil; l'écaillé du dessus de la pectorale est courte et obtuse.

Cette espèce est à peu près de même taille que la précédente ; elle la surpasse même quelquefois. Elle présente quelques teintes qui diffèrent un peu de celles du Mugil cephalus. L'iris est jaunâtre; le dos est gris d'acier avec des reflets bleuâtres et en partie jaunâtres. Le ventre est blanc d'argent. Toutes les écailles ont le bord mat. Sur les flancs se trouvent six ou sept lignes d'un brun roussâtre. La tache noire de la pectorale se replie en dedans, et occupe la moitié de la largeur de l'aisselle; la teinte est d'ailleurs plus ou moins foncée.

Le Muge a grosses lèvres, M. cheto Cuv.

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et Val. (M. provençalis Riss.), est remarquable surtout par des lèvres très grosses, charnues, dont les bords sont ciliés par des dents qui pénètrent dans leur épaisseur comme autant de cheveux; son maxillaire se recourbe et se montre derrière la commissure.

Cette espèce atteint aussi une assez forte taille. Les couleurs sont très brillantes; le dos est d'un beau bleu d'acier, et des lignes d'un brun doré courent sur un fond d'argent. Les pectorales sont jaunâtres, et les ventrales rougeâtres.

Les autres espèces de nos mers sont : le Muge doré , Mugil auratus Riss. ; le Muge sauteur, il/, saliens Riss. ; le Muge labéon , M. labeoCu\. et Val. (Mugesabounier, Riss.) ; le Muge dubahra, M. dubahra Cuv. et Val. ; le Muge a lèvres cachées , M. cryplocheilos Cuv. et Val. ; le Muge raccourci , M, curtus Yarrell.

Les Muges étaient déjà connus des anciens. Pline a surtout célébré les grandes pêches que l'on en fait à l'embouchure des étangs de la côte du Languedoc. On en prend peu en grande eau; c'est surtout dans les parcs, les pêcheries, les étangs qu'on en fait les plus grandes captures dans la saison du frai. Ils remontent souvent dans la Garonne, la Loire, la Seine, comme dans le Rhône, le Tibre et le Pô. D'après les observations de M. Bâillon, le Muge capiton entre au mois de mai dans la rivière de la Somme, avec la marée, et se porte jusqu'à une lieue ou une lieue et demie en avant d'Abbeville, quelquefois en si grande abondance , que toute la rivière en est couverte, et que les pêcheurs qui les prennent avec la seine sont fort embarrassés pour les tirer de l'eau. Us en remplissent alors leurs bateaux, car cette grande abondance ne dure que deux ou trois jours ; l'on n'en voit ensuite que de loin en loin.

Selon M. Risso , la lumière du feu semble attirer en foule les Muges dans les filets. Quand le temps est orageux et la mer bourbeuse, des feux allumés sur la proue des navires les attirent si fortement qu'ils se laissent percer avec le trident.

Les Muges n'ont qu'un seul moyen de se soustraire aux embûches qu'on leur tend ; ce moyen consiste à s'élancer verticalement hors de l'eau. On les voit même quelquefois

traverser en sautant par dessus les bateaux. Ces sauts les préservent quelquefois des filets des pêcheurs, qui, pour obvier à ces pertes, ont imaginé un filet particulier nommé la Saulade. Pendant qu'il plonge verticalement au moyen de ses plombs, ce filet a son bord supérieur soutenu horizontalement par des roseaux placés d'espace en espace, et en même temps divisé en autant de poches que ces roseaux laissent d'intervalles entre eux. On entoure la troupe des Muges avec le grand filet vertical , et lorsqu'ils veulent sauter hors de son enceinte , ils tombent dans les poches qui entourent son bord supérieur.

La chair de ce poisson est tendre, grasse et d'un goût agréable. Elle peut se conserver séchée ou salée pendant plusieurs mois. Les œufs, comprimés , salés et séchés , donnent une espèce de caviar qu'on nomme botargue , et qui est beaucoup recherchée en Provence, en Corse et en Italie.

On trouve encore un grand nombre d'autres espèces de Muges dans les mers d'Amémérique , dans celles de l'Afrique et celles des Indes, différentes des Muges d'Europe , soit par les couleurs dont elles sont ornées, soit par quelques petits détails d'organisation pour lesquels nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer à VHistoire des Poissons par MM. Cuvier et Valenciennes.

Toutes ces espèces , ou du moins la plupart, sont l'objet d'une pêche assez active, et sont généralement recherchées , dans les pays qu'elles habitent, pour la bonté et la délicatesse de leur chair. (J.)

MUGIL. poiss. — Vby. muge.

MUGILOIDE. Mugiloides. poiss.— Genre établi par Lacépède {Poiss. , t. V) aux dépens des Muges , pour une espèce mal observée par Molina. Ce genre, en conséquence, doit être rayé du catalogue ichthyologique.

MUGILOIDES. Mugiloides. poiss. — Famille établie par MM. Cuvier et Valenciennes (Hist. des Poiss., t. XI) dans l'ordre des Aeanthoptérygiens , pour des Poissons qui présentent les caractères suivants : Corps allongé, comprimé, couvert de grandes écailles; deux nageoires dorsales, courtes, écartées , et dont la première a quatre épines fortes et pointues; lèvres charnues et crénelées; les dents sont si fines qu'elles

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sont à peine perceptibles et manquent quelquefois.

Cette famille comprend cinq genres nommés : Muge, Cestre, Dajao , Nestis et Tétragonure.

MUGILOMORE. Mugilomorus. poiss.— Une espèce de Poisson dontBosc avait communiqué la description à Lacépède avait entraîné ce dernier à créer pour elle un genre qu'il plaçait à côté des Mugil. Ce Poisson n'est autre qu'une espèce d'Elops. En conséquence , le genre Mugilomore doit être supprimé.

MUGUET, bot. ph. — Nom vulgaire des espèces du genre Convallaire. Voy. ce mot.

MUÏILENEERGIA (nom propre), bot. ph.

— Genre de la famille des Graminées-Agrostidées, établi par Schreber (Gram., II, t. 50, 51 ). Gramens de l'Amérique. Voy. graminées

*MUISCA (avt'axvj, espèce de petit coquillage), ins. — Genre de Coléoptères tétramères , famille des Malacodermes , tribu des Clairones, établi par Spinola {Essai monographique sur les Clérites , 1844 , t. II, p. 1-48 , pi. 46, f. 4). Le type, M. bitœniala de l'auteur, est originaire de la Nouvelle- Grenade (Colombie). (C.)

MULAR. mam. — Espèce du genre Cachalot (voy. ce mot) indiquée par Klein {Quadr. disp. h. n., 1751). (E. D.)

HfULARDS. ois. — On donne ce nom aux métis provenant du croisement de diverses races de Canards. (E. D.)

MULATRE, zool. — Voy. races humaines.

"ylULGION. Mulcio. crust.— Sous ce nom est désigné par Latreille un g. de Crustacés, qu'il place à la fin des Décapodes macroures, et chez lequel le corps est mou et le thorax ovoïde, avec les yeux cachés et les antennes internes coniques, inarticulées et fort courtes. Les pieds sont en forme de lanière, et, pour la plupart au moins , pourvus d'un appendice à leur base ; ceux de la quatrième paire sont les plus longs. On n'en connaît qu'une seule espèce , qui est le Mulcion de Lesueur , M. Lesueurii Lalr. Ce Crustacé remarquable a été recueilli par ce zélé naturaliste dans les mers de l'Amérique septentrionale. M. Milne Edwards , dans son Histoire naturelle sur les Crustacés, n'adopte

pas ce genre, qu'il place dans son Appendice aux Décapodes douteux. (II. L.)

*MULDERA. bot. ph. — Genre de la famille des Pipéracées, établi par Miquel (Comment., II, 34, t. 4, f. 6). Arbrisseaux de Java. Voy. pipéracées.

MULE et MULET, mam. — Espèce du genre Cheval. Voy. ce mot. (E. D.)

MULET, mam. — Voy. métis.

MULETS, poiss. — Nom vulgaire des Muges.

MULETTE. moll.— Voy. unio.

MULGEDÏUM. bot. ph. — Genre de la famille des Composées-Chicoracées, établi par Cassini (in Dict. se. nat., XXXIII, 296 ; XLVII1, 426). Herbes vivaces des régions froides de l'hémisphère boréal. Voy. composées.

MULINÉES. Mulineœ. bot. pu. — Tribu de la famille des Ombellifères. Voy. ce mot.

MULLVUM. bot. ph. — Genre de la famille des Ombellifères-Mulinées, établi par Persoon (Encheir., I, 309). Herbes du Chili. Voy. ombellifères.

MULIO (nom que les Romains donnaient autrefois à une Mouche qui tourmentait les Mulets), ins. — Genre de l'ordre des Diptères brachocères , famille des Tanystomes , tribu des Anthraciens, établi par Latreille (Gen., 4), et adopté par Meigcn et M. Macquart. On en connaît 4 ou 5 espèces , qui habitent particulièrement le nord de l'Afrique; 2 cependant (M. obscurus etinfuscatus) se trouvent aussi dans le midi de l'Europe.

MULLE. Mullus. poiss. — Genre de Poissons de l'ordre des Acanthoptérygiens, de la famille des Percoïdes à ventrales abdominales, établi par Linné, et que MM. Cuvier et Valenciennes (Hist. des Poiss., t. III, p. 419) caractérisent ainsi: Les deux dor< sales sont séparées l'une de l'autre par leî écailles larges et peu adhérentes qui garnissent la tête et le corps ; il y a deux barbillons attachés sous la symphyse de la mâchoire inférieure, et qui se retirent entre ses branches dans l'état de repos. Le corps de ces Poissons est oblong, peu comprimé; les nageoires sont de médiocre étendue; leur profil est plus ou moins convexe ; un sous-orbitaire haut et étroit, qui ne couvre point la joue, relève l'œil jusque près de la ligne du profil ; l'ouverture de la boucha

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est petite, faiblement garnie de dents ; celle des branchies est bien fendue, mais leur membrane n'a que quatre rayons; la ligne latérale, parallèle au dos, se marque par un petit arbuscule sur chacune de ses écailles ; enfin le fond de la couleur est presque généralement d'un rouge plus ou moins vif.

Deux sections ont été établies dans ce genre : la première, à laquelle on a conservé le nom de Mullus, renferme des espèce> qui n'ont que trois rayons aux branchies, manquent d'épine à l'opercule, de vessie natatoire, et de dents à la mâchoire supérieure ; mais , leur vomer a deux larges plaques de petites dents en pavé.

Les Poissons de la seconde section , désignés sous le nom d'Upcneus, ont quatre rayons à leurs branchies , une petite épine à l'opercule, une vessie natatoire, et des dents aux deux mâchoires.

Les Mulles proprement dits , qui constituent le premier sous-genre, sonttousd'Europe , où on les nomme aussi Rougets et Rougets barbets. On en connaît principalement deux espèces :

1. Le Surmulet ou Grand mulle rayé de jaune, Mullus surmuletus Linn. Elle diffère de la suivante par un museau plus oblique, dont le rouge est interrompu par des lignes longitudinales jaunes. La couleur générale de ce poisson est, sur le dos et les flancs, d'un beau rouge de minium ou de vermillon clair, avec trois lignes jaunes dorées. Les lignes sont beaucoup plus marquées au mois de mai , époque à laquelle le poisson approche de son frai. La gorge, la poitrine , le ventre et le dessous de la queue sont blancs, légèrement teintés de rose; les nageoires ont leurs rayons plus ou moins rouges; l'iris de l'œil, couleur d'or pâle, est teinté de quelques points rougeâtres ; la prunelle est large et noire; sa longueur ordinaire est de 30, 35 et 40 centimètres.

Le Surmulet vit non seulement dans la Méditerranée, mais encore dans l'Océan, où il est assez commun : il n'est pas rare dans la Manche , mais il est plus abondant dans le golfe de Gascogne; aussi en manget-on beaucoup à Bordeaux et à Bayonne, où on le nomme Barbeau et Darberin ,; sa chair cependant est beaucoup moins estimée que celle de l'espèce suivante {Mullus barbatus). U se nourrit ordinairement de jeunes Crus-

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tacés et de Mollusques, ce qui, au dire de Galien, donne à sa chair une odeur désagréable ; souvent aussi il se jette sur les cadavres d'animaux. Dès le commencement du printemps , les Surmulets vont par troupes dans les profondeurs de la mer, où ils font leur première ponte, autres des embouchures des rivières. On les pêche avec des filets, des louves, des nasses et surtout à l'hameçon.

2. Le Vrai Rouget, ou Rouget barbet, Mullus baroalus Linn. Cette espèce se distingue particulièrement de la précédente par la forme de sa tête , dont le profil tombe plus verticalement,, par sa couleur plus uniforme et d'un rouge plus foncé , avec les plus beaux reflets irisés , mais sans lignes jaunes; le dessous de son corps est argenté; ses nageoires sont jaunes. Voyez l'atias de ce Dictionnaire, poissons, pi. 3.

Le Rouget est un des poissons qui ont éi,é le plus célébrés dans les ouvrages des anciens, autant pour l'excellence de son goût que pour la beauté de ses couleur:. Les Romains en avaient fait un objet de luxe , et, pour s'en procurer, ne reculaient pas devant les dépenses les plus folles. Asinius Celer, au rapport de Pline, en acheta un huit mille sesterces (1,558 francs) du temps de Caligula. Suétone parle de trois Rougets qui furent payés trente mille sesterces (5,844 francs), ce qui obligea Tibère à rendre des lois somptuaires et à faire taxer les vivres apportés au marché. Varron dit (Dere rustic, I: III, c. 17) qu'Hortensius avait dans ses étangs une immense quantité de Rougets, et qu'il les faisait venir d^ns de petites rigoles jusque sous les tables où on les mangeait, pour les voir mourir dans des vases de verre et observer tous les changements que leurs brillantes couleurs éprouvaient pendant leur agonie. Beaucoup de riches Romains imitèrent cet exemple. Du reste, ce n'était pas seulement pour le plaisir des yeux qu'on voulait avoir le Mulle vivant, c'était aussi pour le manger plus frais. Et cette précaution était en quelque sorte devenue nécessaire depuis qu'Àpicius avait enseigné à faire mourir le Mulle dans le garum des convives , et à lui préparer une sauce avec son propre foie.

Les Rougets ne sont plus comme autrefois l'objet de soins extraordinaires et de

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folles prodigalités ; mais ces Poissons n'en sont pas moins recherchés comme des meilleurs et des plus beaux. Ceux de Provence , et surtout ceux de Toulon , sont particulièrement célèbres. Leur chair est blanche , ferme, friable, agréable; elle se digère aisément , parce qu'elle n'est pas grasse.

Le Rouget habite principalement la Méditerranée; il s'y prend dans tous les parages, d'ordinaire sur les fonds limoneux. Sur les côtes de l'Océan, et surtout dans la Manche, il devient rare; cependant, M. AL d'Orbigny l'a vu et dessiné à la Rochelle.

Le second sous-genre est celui que MM. G. Cuvier et Valenciennesont nommé Upeneus, et dont nous avons indiqué plus haut les principaux caractères.

Les Upeneus sont plus nombreux que les Mulles proprement dits. MM. G. Cuvier et Valenciennes en citent et décrivent 23 espèces ou variétés. Ces Poissons proviennent tous des mers des pays chauds, principalement des mers des Indes. Ils présentent entre eux certains caractères différentiels qui les ont fait répartir en 4 petites divisions.

1° Upénéus à dents en velours aux deux mâchoires , au vomer et aux palatins {Up. vittatus, sulfureus, etc.).

2° Upénéus à dents en velours aux deux mâchoires et sur le chevron du vomer, mais* non aux palatins (Up. porosus Cuv. et Val.).

3° Upénéus à dents en velours aux deux mâchoires et sans dents au palais (Up. flavolinealus Cuv. et Val., etc.).

4° Upénéus à dénis distinctes et sur une seule rangée; ils n'en ont point au palais (Up. auriflamma Cuv. et Val., barberinus Lac, etc.).

Une cinquième division comprend toutes les espèces d'Upénéus qui se trouvent principalement dans l'xUlantique (Up. maculatus Cuv. et Val., punctatus id., etc.). (J.)

MULLERA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées-Lotées, établi par Linné fils (SwppL, 53, 329). Arbres de Surinam.

MULLERÏA. gbust. — Synonyme de Gammarus. Voy. ce mot. (H. L.)

MULLERÏA (nom propre), kcqin. — Genre d'Holothurides hétéropode.;, de la section desSporadipodes, établi par M. Brandt, daprès Mertens , pour les espèces qui ont

les tentacules clypéiformes et l'oriQce anal pourvu de six dents, servant de point d'attache aux muscles longitudinaux ; telles sont les H. lineolata, miliaris , mauritiana, etc. (Duj.)

MULLI, Feuille (Peruv., III, 43, t. 30). aoT. ph. — Syn. de Schinus, Linn.

MULLUS. poiss. — Voy. mulle.

MULOT, mam. — Espèce de Rongeur du grand genre Rat.

Le nom deMulot a aussi été parfois étendu aux espèces du groupe des Campagnols. Voy. ces mots. (E. D.)

*MULTANGULA. mam.— Illiger (Prodr.

syst. Mam. et Av., 1811) donne ce nom aus Pachydermes j dont il excepte toutefois leî Chevaux. (E. D.)

*MULTICEPS. helm.— Syn. de Cœnurus , employé par Gœze, en 1782. (P. G.)

MULTIFLORE. Mulliflorus. bot. — On donne cette épithète à la plante ou à une partie de la plante qui porte beaucoup de fleurs (tige mulliflore, spalhe mulliflore, pédoncule mulliflore , etc.).

MULTÏLOCULA1RE . Multilocuîaris (multum, beaucoup; locula, loge), bot. — Cette épithète s'applique à l'ovaire ou à toute espèce de fruit divisé en un grand nombre de loges.

MULTÏLOCULAIRES. moll.— Dénomination commune des coquilles cloisonnées.

*MULTILOCULIDiE.FonAMiN.— M. Aie.

d'Orbigny donne ce nom à la deuxième famille de l'ordre des Agathistègues. Elle est caractérisée principalement par une coquille inéquilatérale formée de parties non paires, et comprend les genres Triloculina, Cruciloculina, Arliculina, Sphœroidina, Quinquetoculina et Adelosina. Voy. foraminifères

MULTINERVÉ et MULTINERVIÉ.

MuUinervatus et Mullinervis ( multum , beaucoup; nervus, nerf), bot. — Se dit des feuilles et des folioles dont la surface est couverte de nombreuses nervures

*MULTI-OVULE. Multi-ovulatus (multum, beaucoup; ovulum, ovule), bot. — On nomme loges mulli-ovulées , celles qui renferment un grand nombre d'ovules.

*MULTIPARTI. Multipartitus (multum , beaucoup; pars, partie), bot. — On donne cette épithète à toutes les parties d'une plante divisées en un grand nombre de lanières étroites (Yarille du Myristica , les

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