PER PER
On a constaté qu'en automne il reste quel- I successivement jusqu'à soixante- tretie, « que fois chez noua des Cailles. Ce sont pro- I ce qu'il y a de plus extraordinaire, t'est que bablemcnt des individus maladifs par suite tous ces oeufs étaient féconds, ce dont on a de blessures, et incapables alors d'entre- pu se convaincre en les faisant couver par prendre un long voyage, ou bien déjeunes I une poule.
Oiseaux provenant d'une ponte tardive, et Les Cailles ont un fol plus vif que dos trop peu forts, au moment des migrations, Perdrix; elles filent plus droit. Il fa«t pour suivre leurs parents. Ces Cailles sé- qu'elles soient vivement pressées pour dentaires cherchent des cantons bien eipo- qu'elles se déterminent à prendre leur essor; sés, où elles puissent trouver une nourri- elles courent donc plus qu'elles ne volent, ture suffisante. j Lorsqu'on surprend une famille , il n'arme
Nous avons dit que les Cailles étaient au- jamais que tous les individus qui la contant, et peut-être plus que les Perdrix , ar- posent partent ensemble et se suivent ea dentés en amour. Le besoin de se repro- volant; ils se lèvent un i un, prenœat duire est cbez elles si impérieux, qu'on a vu des directions diverses , mais ils ont pour des mâles, sollicités par la voix des femelles, habitude de revenir bientôt an même ense précipiter aveuglément au devant du droit d'où ils sont partis, ce que ne fini pu chasseur; d'autres se sont accouplés avec les Perdrix proprement dites, plusieurs femelles , jusqu'à douze fois de Enfin , ce qui distingue encore les Cailles suite. C'est dans les blés, dans les prairies, I de ces dernières , c'est qu'elles sont soseepdansles luzernes, que les Cailles établissent I tibles de prendre un embonpoint «traorleur nid. La ponte est ordinairement de I dinaire; comme les Ortolans et certains Berdouze à quinze oeufs. Les Cailleleaux nais- fins, elles se couvrent d'une couche épaisse sent couverts d'un duvet et peuvent , bien 1 de graisse. On attribue avec assez de raison plus tôt que les Perdreaux, se passer de leur I la facilité qu'elles ont à engraisser, sa long mère; leuraccroissementestrapide.il n'est repos qu'elles prennent pendant le Jour. Eo pas certain que les Cailles Tassent chez nous effet, on voit les Cailles rester plusieurs deux couvées par an, comme quelques faits I heures à la même place, couchées sur le exceptionnels ont pu le faire croire. Ainsi, I coté et les jambes étendues. Comme ces Oivers la fin de l'été si on a trouvé des fe- I seaux ont la réputation méritée d'être un melles dont l'ovaire était pourvu d'oeufs très de nos meilleurs gibiers ; comme leur chair, développés , et prêts à être pondus , si à la de l'aveu de tous les gourmets, est des pics même époque on a vu des Cailleteaux âgés à exquise, il n'est pas surprenant que l'homme peine de quinze jours, on ne peut arguer de ait non seulement inventé mille moyeas ces faits que ces Oiseaux fassent deux couvées; pour les prendre , mais que les ayante»» car l'on sait qu'une femelle dont on détruit possession il ait également cherché à leer la ponte et le nid , se livre de nouveau à I faire acquérir celte graisse à laquelle elles l'œuvre de la reproduction. On a dit que la I doivent une partie de leur renommée. Peur Caille ne produisait point en captivité, obtenir ce dernier résultat, il lui a suffi de ' qu'elle n'y faisait point de nid, et qu'elle ne donner aux captives une prison fort étroite, prenait aucun soin des murs qui lui échap- mais abondamment pourvue de millet, de paient. De ces trois assertions , aucune ne cbènevis , de blé et d'eau. Ce sont, do reste, serait vraie si Ton plaçait cet oiseau dans les aliments qu'elles préfèrent le plus ea des conditions favorables : il est vrai que liberté ; seulement , à ce régime elles joidans une cage étroite ou dans une volière gnent des insectes, des herbes vertes et des trop peuplée, une femelle ne fera point de I graines de toutes sortes. , nid et paraîtra ne prendre aucun soin de I Les Cailles et surtout les individus du ses œufs; mais que celte même femelle soit I sexe mâle ont un caractère très querelleur, dans un lieu convenable, et il est certain qu'on a su, de temps immémorial , mettre i qu'elle accomplira tous les actes de la repro- profit pour l'amusement delà multitude, duciion. Nous avons vu une Caille à laquelle I en dressant ces oiseaux à se battre. Ces on enlevait tous les jours ou tous les deux I sortes de combats, qui seraient puérils aujours l'œuf qu'elle pondait, en produire jourd'hui, étaient fort goûtés des anciens.
PEU
Il fallait même que leur institution tint en quelque sorie à la politique, puisque nous voyons qu'Auguste punit de mort un préfet d'Egypte pour avoir fait servir sur sa table une Caille, que ses victoires avaient rendue célèbre; et que Solon voulait que les enfants et les jeunes gens assistassent aux combats de ces Oiseaux , aûn , saus doute, d'y prendre des leçons de courage.
Le plumage des Cailles offre, comme celui des Perdrix , des variétés accidentelles. Le Musée de Paris conserve une variété albine, tuée par Louis XV.
Toutes les Cailles sont originaires des contrées chaudes de l'ancien continent; et si celle d'Europe fait exception, il n'en est pas moins vrai qu'elle se trouve dans des climats plus chauds que le nôtre, et que c'est probablement pour les rechercher qu'elle se livre à de si longs et de si pénibles voyages.
En résumé, de toutes les espèces que comprend la famille des Perdrix, celles qui composent la division des Cailles s'éloignent le plus, par leurs mœurs et .leurs habitudes , des Perdrix proprement dites : elles sont moins sociables, plus paresseuses à prendre leur volée et émigrent régulièrement tous les ans ; les Francolins, après elles, offrent, sous le même rapport, le plus de différences; ils recherchent les plaines humides et marécageuses , couvertes de bois et de roseaux, ce que ne font point les vraies Perdrix, et surtout perchent sur les arbres , ce qui n'est pas dans la nature de ces dernières ; enfin , les Colins ont avec nos Perdrix, et principalement avec la Perdrix grise, le plus d'affinités. Cependant l'habitude qu'ile ont de chercher un refuge sur les arbres lorsqu'on les presse, et leurs migrations accidentelles , les en distinguent sufû-
Ainsi , en ne consultant que les mœurs , on voit que Buffon avait eu raison de distinguer les Perdrix, en Perdrix vraies, en Francoline , en Colins et en Cailles. Les caractères extérieurs venant confirmer la manière de voir de, Buffon , ces divisions sont devenues pour presque tous les ornithologistes autant de genres distincts. Vieillot, tout en les adoptant, a cru cependant devoir séparer génëriquement sous le nom de Tocro {Odontophorus), du groupe des Colins, où on
PER 477
la plaçait, une espèce américaine à bec très robuste. Ce genre, que beaucoup d'auteurs ont trouvé assez fondé pour l'adopter , portait donc à cinq le nombre des divisions admises dans la famille des Perdrix; mais vers ces dernières années, le démembrement dont elle a été l'objet a été poussé jusqu'à l'exagération. Les Perdrix, ou, pour nous servir de la nomenclature moderne, tes Pcrdicinâes , sont distribuées dans seixe genres distincts. Sans les adopter tous, nous aurons cependant à les signaler et a indiquer les types sur lesquels ils ont été fondés. Nous suivrons donc pour la classification des espèces celle qu'ont adoptée G. Cuvier, Vieillot et beaucoup d'autres naturalistes , c'est-à-dire que nous établirons quatre coupes principales: celle des Perdrix proprement dites, celle des Francolins , celle des Colins et celle des Cailles ; seulement, lorsque les caractères nous y autoriseront, nous admettrons comme groupe, telle division à laquelle on donne aujourd'hui une valeur générique.