‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 129 sur 170 · VER · texte numérisé non relu

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et de la manière dont quelques auteurs ont cru devoir les classer, afin d'en rendre l'étude plut facile.

Si l'homme n'avait jamais eu en vue que les avantages ou ses besoins physiques» des divers animaux que nourrît notre globe, le Chien, le Chat, le Cheval, quelques Gallinacés, etc., auraient probablement été les seuls qu'il aurait cherché à retenir auprès de lui, parce que, seuls, ils lui rendent des services réels. Mais, en dehors de ses besoins, et sans doute par pure satisfaction morale, il a voulu avoir sous ses yeux des êtres qui, par leur pétulance, leur gaieté, leur chant, leur caquetage ou leur beauté, fussent pour lui des objets de distraction. Ceux qui réunissaient le plus de ces qualités étant sans contredit les Oiseaux , l'homme a fait de la plupart d'entre eux des privilégies auxquels il donne tous ses soins en retour du plaisir qu'ils lui procurent. Hais, parmi ceux-ci, les espèces qu'il a toujours convoitées avec le plus d'ardeur sont celles qui, par leur organisation, peuvent retenir et répéter d'une manière plus ou moins parfaite divers sons articulés empruntés au langage humain ; en un mot, pour nous servir d'une eipression populaire fort impropre, les espèces qui parlent. C'est à leur téte que se placent toutes ou presque toutes celles qui composent la nombreuse famille dont nous avons à faire l'histoire. Les Perroquets, en effet, ayant plus que les autres Oiseaux la faculté de reproduire, par la voix, certains mots dont on a chargé leur mémoire, ont dû, plus que tous les autres aussi, piquer la curiosité de l'homme, et être pour lui les premiers des Oiseaux, comme il avait fait des Singes les premiers des Mammifères. Homère, dans son Odyssé0, a célébré les Perroquets; le poète latin Catulle leur a consacré un grand nombre de vers, et beaucoup d'autres auteurs eo ont parlé avec éloge. Tous les écrivains, du reste, sont unanimes sur ce fait, que les espèces connues alors étaient originaires de l'Inde. Leur introduction en Europe date de l'époque des victoires d'Alexandre-le-Grand, et c'est pour consacrer ce fait que les modernes ont appliqué à une espèce d'Afrique {Perruche d'Alexandre) le nom du conquérant macédonien. On suppose que les premiers Perroquets africains qui parurent à Rome y furent apportés par l'expédition qui

parcourut la mer Rouge au temps de Néron. Très rares d'abord, ils devinrent ensuite tellement communs qu'on les servait dans les repas somptueux. L'empereur Héliogabale se régalait, dit-on, de leur chair. Aujourd'hui, plus que sous le règne de cet empereur, les Perroquets sont eicessivemen t communs dans toute l'Europe, et y sont de* venus l'objet d'un commerce très étendu. Nous en connaissons d'ailleurs un bien plut grand nombre d'espèces que les anciens.

Les Perroquets sont des Oiseaux grimpeurs par excellence ; toutefois ils grimpent , non plus à la manière des Pics , en s'aidant de leur queue et par des mouvements brusques et saccadés, mais en se servant de leur bec. Chez tous les autres Oiseaux qui font partie de la même classe, et qui sont doués de la même faculté, l'action de parcourir un tronc d'arbre de bas en haut ou de haut en bas pourrait en quelque sorte être assimilée à une sorte de progression terrestre ; car elle s'exécute au moyen de sauts : or, le saut est le mode locomoteur qu'un grand nombre d'Oiseaux , qui ont des habitudes terrestres , mettent en usage. Mais, cbex les Perroquets, l'action de grimper s'exécute, nous le répétons, d'une manière bien différente, et le bec est pour eux, à cet effet, un organe tout aussi nécessaire que le sont les pieds ; il leur sert même quelquefois de point d'appui lorsqu'ils marchent. Leurs mouvements sont alors si lents, si pénibles, qu'on les voit de temps a autre poser à terre la pointe et même le dos de leur mandibule supérieure. Lorsqu'ils veulent parvenir à une hauteur quelconque, ils saisissent d'abord avec leur bec une partie de la branche sur laquelle ils tendent à s'élever, et y posent ensuite les pieds l'un après l'autre; a'ils tiennent eutre leur bec un objet qu'ils désirent emporter, dans ce cas, au Heu de faire usage, comme à l'ordinaire, de la pointe du bec pour avoir un premier point d'appui, ils inclinent fortement la téte en avant et s'appuient sur la branche qu'ils veulent atteindre par le dessous de leur mâchoire inférieure. Au contraire, lorsqu'ils veulent descendre, ce qu'ils font toujours la téle en bas, c'est le dos de la mandibule supérieure qu'ils posent sur la branche comme moyen de soutien. Le* Perroquets ont donc un mode de grimper qui leur est tout particulier.

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Pour se transporter à de certaines distances, les Perroquet* emploient le mode «le locomotion ordinaire aux Oiseaux, c'estaVdire le vol. Vivant, pour l'ordinaire, dans les bois de haute futaie très touffus, et quelquefois sur les confins des lieux défrichés ,

s n'ont que de courts espaces à parcourir ; n les voit se porter d'une branche a une autre et ne prendre un vol soutenu qu'alors qu'ils sont poursuivis. Leurs battements d'ailes , lorsqu'ils volent , sont fréquents et alternatifs, d'après ce que rapporte d'Azzara . c Ils ne les agitent pas , dit-il , toutes deux h la fois, mais l'une après l'autre, comme par un mouvement tremblotant. » Quoiqu'ils ne soient pas organisés pour un vol rapide, quoiqu'ils aient de la difficulté à prendre leur essor, cependant les Perroquets, et surtout les petites espèces, volent assez vite; il en est même qui émigrent , et qui parcourent plusieurs centaines de lieues chaque .innée. Ainsi, le seul Perroquet proprement dit {Psitt. Levaillantii La th.) que Levaillant ait rencontré en Afrique, émigré par grandes bandes du nord au sud et du sud au nord deux fois l'année, de manière à se rapprocher de la ligne dans le temps des moussons pluvieuses, et à passer la belle saison, c'està-dire celle des chaleurs, da ns les forêts qui avoisioent le cap de Bonne-Espérance. Mais, en général, ces Oiseaux sont sédentaires; il en est même qui vivent dans des cantons fort restreints, qu'ils n'abandonnent jamais; telles sont la plupart des petites espèces qui ont reçu le nom particulier de PsittacuUss.

Le vol et l'action de grimper sont sans doute les seuls moyens locomoteurs dont les Perroquets font usage dans l'état de nature. La marche doit leur être aussi peu familière qu'elle l est aux Hirondelles. Il est probable que les Perroquets ne descendent à terre que très accidentellement, et seulement lorsqu'ils y sont forcés par les circonstances. Leur démarche est si lente , elle se fait par un balancement du corps si embarrassé, qu'il est impossible de croire qu'ils abandonnent fréquemment les arbres, où sont tous leurs besoins, pour descendre à terre. Cependant une exception assez remarquable à ce fait est fournie par la Perruche ingambe. Cet Oiseau, à ce qu'il parait , a pour habitude de se tenir à terre pour y chercher sa nourriture, de marcher plus qu'il ne vole

et ne grimpe ; quelques auteurs ont même avancé qu'il ne perchait jamais, et qu'il courait avec assez de vitesse, faculté qu'il devrait à l'allongement de ses tarses étais forme particulière de ses ongles, qui tout droits au lieu d'être crochus.

Les Perroquets ont un régime essentiellement frugivore. Les fruits du Bananier, Goyavier, du Caféier, du Palmier, da U* monier, sont leur nourriture favorite. Ce qu'ils recherchent le plus dans ces fruits, c'est le noyau ; car ils n'attaquent «wveot la pulpe que pour arriver jusqu'à lui. Lorsqu'ils l'ont saisi , ils l'appuient contre la voûte que forme la mandibule supérieure, la tournent et le retournent de manière à M faire prendre une position convenable; puis, lorsqu'il est placé de telle façon que le bord tranchant de la mandibule inférieure puwe efficacement agir sur lui, ils le brisent ou en écartent les valves par un effort musculaire qui rapproche les mâchoires. L aminJe une fois extraite et recueillie dans le bec, in l'épluchent, en rejettent toutes les enveloppes, et commencent a la dépecer. Comme les petits Granivores triturateurs, les Perroquets n'avalent jamais une amande ou uaa graine que par fragments excessiremeat Délits , lesquels fragmenta , avant de pesiei dans l'œsophage, sont préalablement palpes et goûtés par la langue. Durant toute etut opération ils se servent très adroitement d'un de leurs pieds, soit pour faire prendre au corps saisi par le bec une position convenable , surtout lorsque ce corps a un certain volume, soit pour retenir la misse alimentaire pendant qu'ils triturent al fruseni le fragment qu'ils viennent d'en détac&w Alors , posés sur un seul pied , l'antre leur sert en quelque sorte de main; ils l'apan* chent du bec, le retirent, le ramèneet de nouveau avec une adresse et une facilité sdmirables , et de manière i ce que saisi se présente de coté pour que le a* puisse le déchirer plus facilement. Lorsque l'aliment est trop petit, l'un des pieds devenant inutile , les mandibules seules fractionnent. La plupart des Perroquets sont un vrai fléau pour les contrées dans ksque»« on cultive le Café; ils en font une destruction considérable.

La nourriture des Perroquets réduits ea captivité consiste en semences de végétiui

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et surtout es graines de cbènevis pour lesquelles ils montrent beaucoup de goût. Au reste, ils sont alors A peu près omnivores , et mangent des amandes douces , du pain , des noisettes , du sucre , de la viande cuite et quelquefois crue. L'on prétend que ceux à qui Ton donne des os à ronger prennent un goût très prononcé pour les substances animales, mais surtout pour les tendons , les ligaments et les cartilages. 11 paraîtrait même que des individus soumis à ce régime contractent par la suite l'habitude de s'arracher les plumes pour en sucer la base , ce qui devient pour eux un besoin si impérieux, qu'ils finissent par se déplumer entièrement partout où la bec peut atteindre , sans même laisser le moindre brin de duvet. Les pennes alaires et caudales, implantées trop profondément et dont l'extraction serait trop douloureuse, sont seules respectées. M. Desmarest dit avoir vu une Amazone à tête blanche, dont le corps était aussi nu que celui d'un poulet prêt à mettre à la broche. Ce Perroquet, depuis plus de quatre ans dans cet état, avait supporté les froids de deux bivers très rigoureux , sans que sa santé en eût été altérée. Il serait bien certain, d'après Vieillot, que l'habitude qu'ont quelques Perroquets de se déplumer ne tiendrait pas toujours au régime animal auquel on les a soumis , mais à une démangeaisoo qui leur survient et qui les force à s'arracher les plumes.

Le persil et les amandes amères sont pour les Perroquets un poison violent. Les amandes amères renfermant de l'acide bydrocyanique, l'on connaît leur action sur ces auimaui ; mais il est bien plus difficile de s'expliquer comment le persil , que l'on fait manger impunément à beaucoup d'autres Oiseaux , peut devenir un poison pour les Perroquets.

En liberté, l'eau est leur boisson habituelle; ils boivent peu à la fois, mais fréquemment, et ils le font en levant légèrement la tête comme les Passereaui. En domesticité on les habitue quelquefois à boire du vin, auquel ils prennent goût; leur babil et leur gaieté semble même s'accroître lorsqu'ils se sont abreuvés de celte boisson. Vivant dans les pays chauds , ils éprouvent une vraie jouissance à se plonger dansl'eau : plusieurs fois par Jour ils se baignent; c'est

là pour eux un besoin tel , que dans nos climats et pendant l'hiver, par une température très basse , ils cherchent encore à le satisfaire.

Le plus généralement les Perroquets vivent en troupes plus ou moins nombreuses. Si durant le jour ils restent ordinairement tranquilles, et cachés au milieu des grands arbres, le matin et le soir leur activité est très grande , mais dans le repos ou l'agitation , ils font entendre un caquetage continuel. Ce sont des Oiseaux criards , querelleurs, turbulents. C'est surtout le soir , au coucher du soleil , lorsqu'ils se réunissent dans les bois les plus fourrés et d'un accès difficile, pour y passer la nuit, que leurs criailleries deviennent étourdissantes. Leur réveil , qui a lieu au lever du jour, est également annoncé par leur voix criarde. Leur sommeil très léger est souvent accompagné de rêves; car on les entend parfois pousser, au milieu de la nuit, de petits cris. Leurs habitudes sont constantes , et le départ du lieu où ils ont pris du repos s'effectue toujours de la même manière. Après avoir caqueté pendant quelque temps , ils prennent leur volée de compagnie, et se dirigent vers les cantons où ils ont coutume de passer la journée. Ordinairement, les Perroquets font entendre quelques cris en volant; mais les observateurs qui les ont étudiés à l'état de liberté ont remarqué que, lorsqu'ils se portent vers les plantalious d'orangers ou sur des lieux ensemencés , d'où on cherche à les éloigner, dans ce cas ils ne jettent aucun cri et s'alimentent en gardant un silence prudent; on dirait qu'ils ont la conscience que leur voix pourrait bien les trahir. Défiants et soupçonneux lorsqu'ils sont seuls , on les voit agir avec plus d'abandon et de confiance lorsqu'ils sont réunis. Au reste, Ja compagnie de leurs semblables étant pour eux une nécessité, il n'est pas ordinaire de surprendre des individus seuls et isolés. Les petites espèces sont surtout remarquables sous le rapport de 'l'attachement qu'elles se témoignent. Le nom d'inséparables que quelques unes d'entre elles ont reçu , exprime le be soin que ces mêmes espèces ont de vivre d ins une étroite union , à toutes les époques de leur vie.

L'époque des pontes est, pour les Perroquets, une époque d'isolement; alors il n'y

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a plus de liaison étroite qu'entre le mile et la Temelle. Il y a chez eux monogamie; le roupie demeure constamment uni, du moins c'est ce qui a lieu pour la plupart des espèces. Dans le plus grand nombre des cas , les œufs sont déposés dans des trous creusés au sein des troncs d'arbres pourris ou dans des cavités de rochers , sur des détritus de bois vermoulu , ou sur des feuilles sèches , et d'autres fois ils sont pondus dans un véritable nid grossièrement fait avec de petits rameaux à la bifurcation des grosses branches , souvent près du tronc et toujours à une certaine élévation. Les pontes se renouvellent plusieurs fois dans l'année, et les œufs, de volume différent selon les espèces, mais généralement ovoïdes, courts , à pôles égaux et d'une seule couleur uniformément blanche, sont ordinairement de deux i quatre par couvée. Us petits en naissant sont complètement nus, et leur tête est alors si grosse , que le corps semble n'en être qu'une dépendance; c'est au point qu'ils sont longtemps sans avoir la force de la remuer. Peu à peu ils se couvrent de duvet et ce n'est qu'au bout de trois mois qu'ils sont totalement revêtus de plumes; du moins est-ce le fait des grandes espèces. Les «eunes Perroquets au sortir du nid suivent leurs parents et ne Im abandonnent qu'à l'époque des pariades, nui a lieu i peu près à la On de leur première mue.

Il est des Oiseaux étrangers que l'on a cherché vainement à faire reproduire dans nos climats , les conditions de température leur étant trop défavorables. Longtemps on avait cru qu'il en serait de même pour les Perroquets , parce que de premières tentatives avaient été sans résultat ; mais la persévérance a triomphé de la difficulté. Sans parler de ceux qui naquirent à Rome en 1801, et bien antérieurement en 1740 et 1774 dans d'autres parties de l'Europe, nous nous bornerons à mentionner quelques résultats obtenus à une époque bien plus rapprochée de nous sur une paire d'Aras bleus dont M. Esnault de Caen était possesseur. Lamouroux nous fournira les détails de ces résultats.

Les Aras dont il est question, depuis le mois de mars 1 8 1 8 jusqu'à la fin d'août 1 822, ce qui comprend un laps de temps de quatre ans et demi, ont pondu en neuf fois diffé- |

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renies soixante-deui œufs. Dans ce nombre, vingt-cinq œuls seulement ont produit do petits dont dix sont morts; les autres ont pris tout leur développement et se sont parfaitement acclimatés. Les Aras pondiirot indifféremment dans toutes les saisons, «t leurs pontes ont été plus fréquentes et plus productives dans les dernières années qtif dans les premières. Le nombre des œufs dam le nid variait, et il j en avait Jusqu'à m ensemble. L'on a vu ces Oiseaux nourrit quatre petits à la fois. Le terme de Vit loiioo était, comme chei la Poule, de vingt à vingtcinq jours. Les petits se couvraient du quinzième au vingt-cinquième Jour d'un duwt très touffu, doux et d'un gris d'ardoise blanchâtre; vers le trentième jour, les plum« commençaient à paraître, et mettaient deux mois à prendre tout leur accroissement Le sixième mois, le plumage avait tonte a beauté; mais les jeûna n'atteignaient II taille des parents que dans le douzième ou le quinzième mois environ. Dès l'âge de trou mois, ils quittaient le nid et commençaient à manger seuls; jusqu'à cette époque, h père et la mère les nourrissaient en leur dégorgeant les aliments dans le bec, à la manière des Pigeons.

Pour que les Aras qui ont donné lien à cet observations trouvassent des circonstance! favorables à leur reproduction, on avait en soin de leur préparer une sorte de nid qvt consistait en un petit baril percé, vers le tiers de sa hauteur, d'un trou de 6 pou** environ de diamètre. Le fond de ce baril était garni d'une couche de sciure de bou épaisse de 3 pouces, et c'est là-dessus que les œufs étaient pondus et couvés ; seulement, pendant tout le temps de l'incubatioo et ds l'éducation première des jeunes, on avait soin d'entretenir dans la cage qui renfwmait ces Oiseaux une température égale » celle d'une orangerie ordinaire.

Ce fai t enrieux de la propagation , en France, d'Oiseaui qui semblaient ne pouvoir se reproduire qu'entre les deux tropiques, a donn' lieu à quelques autres observations intéressantes: ainsi on a vu qu'un amour eitréini unit le mâle et la femelle, qu'ils se caressent constamment , se cherchent sans jamais se fuir. L'amour maternel semble chez eut moins fort que l'amour conjugal. Pouruoi ils ont pour leurs petiu un grand atuebe-

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ment, et, lorsqu'ils les perdent, ils té m oignent le douleur qu'ils éprouvent par des cris, par une agitation continuelle et par le refus de manger ; ce refus se prolonge quelquefois pendant vingt-quatre heures et même davantage. On a encore remarqué que les Aras, d'ordinaire très doux et très familiers, deviennent méchants dans le moment de l'incubation ou lorsqu'ils ont leurs petits. Alors ils s'élancent sur ceux qui s'en approchent de trop près, et, pendant tout le temps qu'on les regarde, ils sont à l'ouverture de leur nid comme pour en dérendre l'entrée. Les petits eux-mêmes sont d'un caractère très aimant. Ceux qu'on élève à la brochette connaissent la personne qui les nourrit, l'accompagnent de leurs regards pendant que la faiblesse les retient dans leur nid, et la suivent lorsqu'ils peuvent marcher.

Depuis les faits signalés par Lamouroux, de petites Perruches à collier du Sénégal et des Perruches pa voua nés sont nées à Paris dans des creux qu'on avait pratiqués à de grosses bûches. Du reste, beaucoup d'autres espèces pondent chez nous tous les ans, et se reproduiraient probablement avec la plus grande facilité si on les plaçait à cet effet dans des conditions favorables.

Si les Perroquets, jeunes ou vieux, sont susceptibles d'attachement, ils donnent aussi bien souvent des marques d'une grande antipathie. L'on a prétendu qu'en général les mâles s'attachent aux femmes de préférence ; que, doux pour elles, ils sont méchants, pour les hommes; c'est le contraire, dit-on, pour les femelles. « Cette assertion est fondée, dit Vieillot, car j'en ai eu la preuve dans un Perroquet cendré mâle que je ne pouvais toucher sans m'étre muni de gros gants de cuir, et qui obéissait en tous points à ma femme et l'accablait de caresses, tandis qu'une femelle delà même espèce avait pour moi le plus grand attachement. » Mais Vieillot ajoute prudemment que ce sont là des faits qu'on ne doit point généraliser; car d'autres personnes ont observé le contraire. Toujours est-il que les Perroquets sout des Oiseaux dont on doit se méfier. Il semblerait qu'ils éprouvent un besoin continuel de s>e servir de leur bec pour rompre et pour ronger; les Cacatois et les Aras ont surtout et: défaut plus que toute autre espèce. En

1 i berté, ils dévastent les arbres, ils les dér. s.

pouillent de leurs feuilles et de leurs fruits en pure perte et par une sorte de divertissement ou d'occupation, tandis qu'ils consomment peu pour leurs vrais besoins. Dans l'état de domesticité, ils endommagent les meubles et tout ce qu'ils trouvent i leur portée. « Si on les enferme, dit Valmont de Bomare, ou si on les retient par une chaîne sur leur bâton pour empêcher leurs dégâts, ils étourdissent par leurs cris qu'ils redoublent avec l'ennui que leur cause l'inaction, et ils tournent le besoin qu'ils ont de se servir de leur bec contre la cage qui les retient enfermés ou le bâton qui les supporte, quelquefois contre eux-mêmes, et ils s'arrachent alors les plumes pour les rompre et les briser. Le plus sûr moyen de calmer et de prévenir leurs cris est de leur abandonner et de leur fournir en quantité suffisante des morceaux de bois médiocrement durs, sur lesquels ils exercent et satisfont le besoin do se servir de leur bec. »

Tous les Perroquets n'ont point le même caractère : les uns sont d'un naturel doux et se rendent bientôt familiers; les autres, plus sauvages, s'habituent très difficilement à vivre en captivité. Du reste, tous, quel que soit l'âge auquel on les prend, sont susceptibles à des degrés divers de recevoir quelque éducation. Mais, ainsi que cela a lieu pour tous les animaux qui naissent en liberté, les jeunes, pris au nid ou peu de temps après leur sortie, s'apprivoisent toujours plus aisément et s'attachent davantage à la personue qui leur donne ses soins. Ceux qu'on apporte en Europe sont, en général, des jeunes enlevés à leurs parents et élevés dans leur pays natal. Cependant on n'en fait pas moins une chasse assidue aux adultes.

D'après d'Azzara , les naturels du Paraguay prennent les Perroquets d'une manière qui peut-être paraîtra peu croyable : ils attachent un ou deux morceaux de buis à un arbre dont les fruits plaisent à ces Oiseaux; ils mettent un bâton ou deux en travers, depuis ces morceaux de bois jusqu'à l'arbre, et ils forment, avec des feuilles do Palmier, une cabane assez grande pour qu'un chasseur puisse s'y cacher. Celui-ci a un Perroquet privé, qui, par ses cris, appelle ceux des forêts, qui ne manquent pas d'arriver à la voix du prisonnier. Alors la chasseur, sans perdre de temps, leur passe

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m nœud coulant attaché au bout d'une longue baguette , qu'il fait mouvoir depuis aa cabane; et, s'il a quatre ou six de ces baguettes, il prend autant de Perroquets, parce qu'il ne lea relire pas sans que chacune d'elles ait saisi un Oiseau, et que ces Oiseaux ne cherchent pas à s'évader avant d'être serrés par le lacet. Les mêmes Indiens font aussi la chasse aux Perroquets avec des flèches ; et lorsqu'ils veulent les avoir vivants, ils mettent à la pointe de leurs flèches un boulon, oûti de les étourdir sans les tuer. D'autres fois on les prend lorsqu'ils sont ivres, après avoir mangé des graines de cotonnier en arbre.

Le Père Labal, dans son Voyage aux lies de l'Amérique , rend également compte de la manière ingénieuse , selon lui , dont les Caraïbes s'empirent des Perroquets. « Je ne parle pas, dit-il, des petits, qu'ils prennent au nid , mais des grands. Ils observent, sur le soir, les arbres où il s'en perche le plus grand nombre , et quand la nuit est venue , ils portent aux environs de l'arbre des charbons allumés , sur lesquels ils mettent de la gomme avec du piment vert.

Cela fait une fumée épaisse qui étourdit de telle sorte ces pauvres animaux, qu'ils tombent à terre comme s'ils étaient ivres ou à demi morts ; ils les prennent alors, leur lient les pieds et les ailes, et les font revenir en leur jetant de l'eau sur la tête. Quand les arbres sont trop hauts pour que la fumée y puisse arriver et faire l'effet qu'ils prétendent, ils accommodent des conis (enveloppe solide et vide du fruit du calebassier) au bout de quelques grands roseaux ou de quelques longues perches; ils y mettent du feu, de la gomme et du piment; ils les approchent le plus qu'ils peuvent des Oiseaux et les enivrent encore plus facilement. •

Bien que les Perroquets pris adultes soient d'ordinaire très farouches et méchants, cependant les naturels parviennent à les apprivoiser en fort peu de temps. Les moyens qu'ils emploient sont fort simples; ils consistent à leur donner ce qu'on appelle des camouflets de tabac, c'est-à-dire à leur souffler, par petites bouffées, de la fumée de tabac; ils tombent dans un état d'ivresse tel, qu'on peut alors les toucher sans danger, et lorsque l'effet de la fumée a cessé, on commence à apercevoir en eux un chan-

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gement, car ils sont déjà bien moiai violents. Pourtant il arrive quelquefois que leur caractèré résiste ou ne s'adoucit pa> assez vile ; dans ce cas , on les soumet à U même épreuve. On parvient également à les dompter en les immergeant dans l'eau très froide; ce bain forcé les saisit au point qu'ils finissent par se laisser toucher moi chercher à nuire. Pour les rendre touui hit obéissants et doux , on passe des châtiment.' aux récompenses : on les flatte de la vois et de la main , on les gourmande, on leur donrjr des aliments dont on les sait très friands. Oo agit de même à l'égard de ceux qui, depuis longtemps captifs, donnent de temps en teops des signes de méchanceté, et de ceui qui. par caprice ou par antipathie, cherchent i mordre lorsqu'on les approche. Il parait que l'audaee que l'on montre, le parler haut, leur en imposent singulièrement et les rendent, sinon doux , du moins soumis.

L'influence de l'homme sur les êtres q»' l'approchent change leur naturel et lea» penchants : ceci est de toute évidence pour les Perroquets. Nous venons de voir qu'elle pouvait les faire passer, du caractère le plus farouche et le plus méchant, à la soumiai ■*> et à la douceur; mais l'influence de l'hoauM peut aussi modifier quelques unes de les" facultés, et tout le monde sait jusqu'à que' point l'éducation agit sur les Oiseaui dont nous parlons. Il en est qui, vrais esdi'O de leur maître , se couchent sur le dosàu» signe qu'il leur fait , et ne se relèvent qm son comman dément; d'autres apprennent faire l'exercice avec un bâton , en dansant d'une manière plus ou moins grote*q^ Mats ce qui surtout a lieu de nous éionser de leur part, c'est le pouvoir qu'ils cal limiter tous les bruits qu'ils entendent \ « miaulement du chat , l'aboiement du raies, les divers cris des Oiseaux, le grincement* la scie, sont quelquefois répétés par eux •«< une fidélité surprenante ; ils sifflent des aifi et récitent des phrases doot on a chargé leur mémoire. Les Perroquets gris, connus son' le nom de Jacos, les Perroquets amaiooe ou verts et certaines Perruches , sont k* plus remarquables sous ce rapport. Le»»*** sont prouoncés par eux distinctement. « quelquefois avec une grande Justesse. Wdlughby parle, d'après Clusius, d'un P«roquet qui, lorsqu'on lui disait : Nex,Fe-

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roquet, riait effectivement t et s'écriait l'instant d'après , avec un grand éclat : 0 le grand sot qui me fait rira / Buffon dit en avoir vu un autre qui , ayant vieilli avec son mettre , et étant accoutumé à ne plus guère entendre que ces mots : Je suis malade, lorsqu'on lui demandait: Qu'as-tu, Perroquet? répondait, d'un ton douloureux «t en attendant sur le foyer : Je suis malade. Levaillant rapporte qu'une Perruche pavouane récitait en entier le Pater en hollandais, et que, dans cette circonstance, elle se couchait sur le dos et joignait les doigts des deux pieds, comme nous joignons nos mains lorsque nous prions. Mais les réponses et le caquetage des Perroquets n'ont pas toujours le sel de l'à-propos. La plupart du temps, ils prononcent des mots au hasard et sans mimique. Ce sont de purs imitateurs, privés d'une véritable intelligence , de l'idée de relation entre le mot qu'ils prononcent, le geste qu'ils font, et la chose que la parole ou le geste représentent. « Ce talent, dit Buffon, ne suppose dans le Perroquet aucune supériorité sur les autres Oiseaux, sinon qu'ayant plus éminemment qu'aucun d'eux cette facilité d'imiter la parole, ils doivent avoir le sens de l'ouïe et les organes de la voix plus analogues à ceux de l'homme; et ce rapport de conformité, qui , dans les Perroquets , est au plus haut degré, se trouve, à quelque nuance près, dans plusieurs autres Oiseaux, dont la langue est grosse , arrondie , et de la même forme à peu près que celle des Perroquets. »

Toutes les espèces n'ont pourtant pas la même aptitude à apprendre et à reproduire les sons qui les frappent; il en est auxquelles la nature a refusé complètement le pouvoir de l'imitation. De ce nombre sont les Cacatois, les Microglosses et quelques autres. Les premiers font d'inutiles efforts pour répéter ce qu'on leur dit , et les seconds sont dans l'impuissance de pouvoir même articuler des sons; l'organisation ingrate de leur langue s'y oppose.

On fait généralement admis par tout le monde, c'est que les Perroquets ont une vie de longue durée. On trouve cités dans beaucoup crouvrages les termes atteints par une foule d'espèces. Ainsi les Mémoires de l'Académie royale des Sciences de Paris (1747) rapportent qu'on a vu, i Florence, chez la

grande-duchesse, un Perroquet qui a vécu plus de cent dix années. Apporté en 1633, il était mort en 1743, et durant tout ce laps de temps, il était resté en la possession de la même famille pendant plusieurs générations. Frisch avoue qu'il lui en est mort un âgé de quarante ans. Au rapport de Buffon , le Perroquet cendré ou Jaco en vivrait quarante-trois. Enfin Vieillot dit en avoir vu un à la Bastide, près de Bordeaux, qui avait quatre-vingts ans; il avait tous les signes de la décrépitude, était hideui à voir, et n'avait plus sur lui qu'un duvet épais. Les Perruches ont une existence moins longue; à peine si elles peuvent etteindre la trentième année. De ces divers exemples, on a voulu conclure que, terme moyen, les Perroquets vivaient une quarantaine d'années, et les Perruches une vingtaine. Mais peut-on bien raisonnablement se prononcer sur la durée de la vie de tel ou tel animal d'après des individus réduits en captivité, et par conséquent placés dans des circonstances plus ou moins favorables, plus ou moins changeantes , et dont l'influence sur l'organisation peut être profonde? Que les Perroquets vivent longtemps, c'est un fait démontré ; mais que le terme moyen de leur existence soit de quarante années pour les uns , et de vingt pour les autres , c'est ce qu'on ne peut raisonnablement dire.

Les Perroquets que l'homme élève ne meurent pas toujours de vieillesse; une foule de maladies viennent souvent les assaillir dans les cages étroites où on les retient, et le défaut de mouvement auquel ils sont condamnés est presque toujours la source de ces maladies: la goutte vient les tourmenter, l'épilepsie les attaque quelquefois, et des aphthes et des ulcères se développent dans leur gorge, qui les privent, sinon de la vie, du moins assez souvent de la faculté de parler. En effet , des Perroquets sont devenus muets à la suite de chancres qui leur étaient survenus. Enfin la mue, qui s'effectue cbei eux d'une manière assez pénible et douloureuse, parce que la température au milieu de laquelle ils se trouvent n'est pas favorable au développement des nouvelles plumes , la mue les fait quelquefois périr. Et ici, nous devons condamner celle habitude qu'ont quelques personnes d'arracher les pennes des ailes de leurs Perro-

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quel* , «On de les empêcher de s'envoler. Celle sorte de mue violente, que l'on provoque, est d'autant plus funeste aces Oiseaux, qu'ils sont plus exposés, dans nos climats, à ne pas trouver ce degré de chaleur qui , dans les pays d'où ils sont originaires, favorise l'éruption des plumes dont un accident les dépouille ou qui tombent naturellement. Il est rare, en Europe, de voir le* pennes sjoe l'on a ainsi arrachées repousser, ou si rela a lieu, c'est d'une manière incomplète et toujours si lente que souvent il faut toute une année avant que la nouvelle plume ait atteint deux pouces de longueur. Il en résulte pour l'Oiseau un malaise continuel , que l'on reconnaît aisément à son air triste et taciturne. Pour arriver au même but, c'est-à-dire pour empêcher que les Perroquets ne s'échappent, et pour le faire sans inconvénients pour ces animaux, il surfit, a chaque mue, d'ébarber avec des ciseaux les cinq ou six premières pennes dans leur coté interne et dans les trois quarts seulement de leur longueur : l'air ne trouvant plus de résistance, c'est en vain que Ces Oiseaux essaient de prendre leur essor ; iU ne peuvent plus s'envoler qu'à de très petites distances , et se soutiennent cependant encore assez pour qu'en tombant ils ne puissent se blesser, comme cela arrive trop souvent à ceux dont les pennes ont été arrachées.

11 nous reste quelques mots à dire de la distribution géographique des Perroquets.

On les rencontre à peu près sur tous les point* du globe situés sous la zone équatoriale , par conséquent sur quatre grands continents, et sur la plupart des Des soumises à la même température. Le plus grand nombre se trouve sous les parallèle* les plus rapprochés de l'équateur, et quelques uns se répandent dans les deux hémisphères jusqu'à des latitudes très élevées. Ainsi certaines espèces s'avancent dans l'hémisphère nord jusqu'au 30* degré de latitude, tandis que dans l'hémisphère sud on rencontre des individus appartenant au Perroquet-Nestor Jusqu'au 52* degré.

L'Amérique a ses espèces propres : c'est sans contredit dans le Brésil et la Guiane , patrie exclusive des Aras, que vit le plus grand nombre de Perroquets appartenant , les uns à la division des Perruches, les au-

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très à celle de* Perroquets proprement dits, et d'autres enfin à celle des Psittacnles. Le Paraguay en nourrit quelques uns; antepère appartient à la terre des Pataeoni, comme il en existe une sur les terres Magel Uniques. Les lies du golfe do Mexique et le Chili , mats seulement la cote de la mer du Sud , ont aussi les leurs.

Eo Asie, les Iles de l'archipel ledit d, d'où nous viennent les plus belles espèce* , te plus grandes et les plus remarquables par leurs formes, riodostan, la Chine et la Coebinebine, sont les contrées qu'habite au» un très grand nombre de Perroquets.

Dans l'Afrique on en rencontre également , mais en moins grande quantité cependant, depuis le Sénégal jusque dans te forêts qui avoisinent le cap de Bonne-bperance. On n'en voit point sur l'Atlas et dam tout le revers septentrional de celte chaîne de montagnes.

Les Perroquet* ont encore pour patrie la Polynésie, la Nouvelle-Hollande, où, comm' toutes les productions de ce sol , ils ont en caractère qui leur est propre ; quelques a» habitent encore la Nouvelle-Zélande, te Iles Marquises , et celles des Amis et de la Société.

Dans aucune contrée du continent européen, sur aucun point du Groènlaad, et l'Islande, on n'a encore signalé aucune opèce qui appartint à la grande famille des Perroquets. C'est dans les régions intertropicales du globe, ainsi que nous l'aven* di:, et surtout dans celles qui sont situées près de l'équateur, qu'est confiné, en général, le plus grand nombre de ce* Oiseaux.

Les essais de distribution méthodique do Perroquets sont nombreux. Lorsque la teienct ne s'était point encore enrichie de cette îoole innombrable d'espèces que nous coonitsxw» aujourd'hui , ces Oiseaux , que distinguât d'une manière si nette tes caractères dont nous avons parlé plus haut, formaient uo seul genre; seulement les espèces corafw sant ce genre étaient distribuées selon leurs affinités en plusieurs sections ou groupé Ainsi Linné, Frisch, Scopoli, BrUsoo, Scb<rffer, Lalham, etc., sous la dénomination it* nérique de Perroquet ( Pnitaau), comprenaient les diverses espèces qui portent le» noms distinctes d'Aras , de Perruches , d» Cacatois, etc. Mais aujourd'hui lei F»n>

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quets forment, pouT beaucoup d'ornithologistes, une famille (celle des Psittacidées), et les sections établies pour distinguer !es divers groupes que comportait le genre Psittaems , chez les auteurs que nous venons de citer, ont été converties en sections génériques par les uns et en sous -familles par les autres. Du reste, les Perroquets ont été, vers ces derniers temps surtout , tellement démembrés , qu'on ne compte pas moins de treote-huit genres formés à leurs dépens. Pourtant, de l'aveu même de tous les orni-

moiogisies modernes , les espèces qui composent la famille des Psittacidées ont entre elles de si grands rapports, elles se confondent par des nuances tellement insensibles, qu'il est bien difficile d'établir des lignes de neniarraiion sonues. î-es genres mouernes ne peuvent donc, pour la plupart, être fondés que sur des différences minutieuses , sans beaucoup de valeur et sans aucun rapport évident avec le genre de vie des animaux dont on les compose. • Quelques uns d'ailleurs, dit Desmarest dans sa Monographie des Perroquets , n'ont de nouveau que leurs noms ; car ils correspondent exactement à des groupes secondaires qu'avaient très bien distingues, mais sans leur attribuer plus d'importance qu'ils n'en méritaient, Brisson, Buffon, Vieillot, Levaillant, Ruhl , et les naturalistes qui ont fait faire de vrais progrès à cette partie de la science ornitbologique, sans la surcharger de dénominations nouvelles et inutiles. ■

Buffon, frappé des différences qui existent entre les Perroquets d'Afrique et des Gran d es - Indes, comparés à ceux d'Amérique, ayant en outre constaté qu'aucune espèce , originaire des premières contrées , n'habite ou ne se trouve dans le Nouveau-Monde , et réciproquement, a divisé les Perroquets en deux grandes classes , comme il avait divisé les Singes, et pour les mêmes motifs. Dans la première division, il a , par conséquent, fait entrer toutes les espèces de l'ancien continent, dans la seconde, celles du nouveau ; ensuite, dans chacune de ces divisions , il a établi des groupes secondaires qui peuvent marcher parallèlement , et correspondre les uns aux autres. Ainsi , dans la manière de voir de Buffon, les Cacatois de l'ancien eonti- | nent , pourvus d'une huppe mobile , d'une queue courte et carrée, peuvent, en quelque

sorte , être représentés par les Aras k joues nues , à queue aussi longue que le corps et & grande taille; les Perroquets proprement dits, a queue courte et égale, par les Amazones à queue moyenne et à plumage vert; les Loris à queue cunéiforme et a plumage rouge , par les Crieks k plumage d'un vert mat ; les Loris- Perruches à queue un peu plus longue que celle des Loris, par les Papegais; les Perruches à queue tangue et égale , par les Perriches, dont les caractères sont les mêmes ; les Perruches à queue longue et inégale, par les Péniches à queue inégalement étagée; et les Perruches à queue courte , par les Touits ou Péniches à queue courte. Les couleurs du plumage, que l'auteur de l'ffisfoiro ««tare/la faisait mettre en considération, aident aussi à caractériser ces subdivisions. Buffon , ne connaissant point les espèces que l'on a découvertes plus lard dans l'Anstralasie, n'a pu les faire entrer dans cette sorte de méthode géographique ; il est probable qu'il les eût placées parmi celles du nouveau continent, car elles n'ont aucun représentant en Amérique.

Latham n'a établi que deux grands groupes pour les Perroquets : sans avoir égard i la patrie, il place dans l'un les espèces à queue égale , et dans l'autre celle dont la queue est étagée.

Kuhl, dans son Conspectus Psiltacorum, a adopté une méthode qui, sans être plus parfaite que celle de Buffon, est néanmoins beaucoup plus simple et beaucoup plus claire. Pour lui, les Perroquets sont distribués dans six divisions: La première comprend tel Aras [Macroccrcus) à queue longue et à joues nues ; la seconde, les Perruches [Conurns) k queue longue et étagée, et è joues emplumées ; la troisième, les Pwtiacules {Psittacula)k queue très courte, arrondie ou aiguë, et i joues emptumées ; la quatrième, les Perroquets {Psittacus) k queue égale ou carrée et sans huppe ; la cinquième, les Cacatois {Kacaloes) à queue égale ou carrée, à joues emplumées et à tête pourvue d'une huppe; la sixième, enfin, les Proboscigèrcs (Pro&osriger) i queue égale ou carrée , à joues nues et è tête pourvue d'une huppe. Prenant ensuite en considération la patrie, comme l'avait fait Buffon , Kuhl distingue, dans chaque division, des espèces américai-

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nés, africaines, indiennes, australiennes et i patrie inconnue.

Levaillaot, dans son excellente Monographie des Perroquets , a proposé pour ces Oiseaux une autre classification. Pour lui, les Aras et les Cacatois forment deux sections distinctes. Réunissant ensuite les Perroquets, les Amasones, les Papegais, sous le nom de Perroquets proprement dits , il conserve la dénomination de Perruches à toutes les espèces qui ont la queue étagée et les Joues etnptumées ; toutefois il subdivise celles-ci en Perruches- A ras, Perruches proprement dites, Perruches à queue en flèche et Perruches à large queue.

G. Cuvier, dans son Règne animal, a à peu près adopté la méthode employée par Levaillant; mais il a admis comme sousgenres deux divisions fondées Tune sur le Perroquet microglosse, et l'autre sur la Perruche ingambe ou Péxopore. M a donc fait des Perroquets qu'il place immédiatement après les Toucans, dans son ordre des Grimpeurs, un grand genre ou plutôt une famille qu'il subdivise d'après la forme de la queue et quelques autres caractères que nous ferons connaître, en cinq sous-genres qui sont : les Aras, les Perruches, les Cacatois, les Microglosse* ou Perroquets à trompe et les Péxopores ou Perruches ingambes. Ensuite, c'est d'après les affinités qu'elles présentent entre elles, que G. Cuvier a cherché à grouper les diverses espèces qui appartiennent à ces cinq divisions principales.

Beaucoup d'autres essais de classification des Perroquets ont été proposés, qui s'éloignent sensiblement de ceux dont nous venons de donner un aperçu général. M. Lesson, par exemple, fait du grand genre Psittacus de Linné une famille, y introduit dix-sept divisions ou sous-genres susceptibles euxmêmes d'être subdivisés. Ainsi il admet les sous-genres Banksien, Cacatois, Microglosse, Ara, Arara, Mascarin, Amazone, Nestor, Lort (dans lequel il distingue 1* les vrais Loris, 2* les Phigys et S* les Psittapous)f Perroquets (qu'il divise 1* en vrais Perroquets comprenant six races : les T avouas ou Criks, les Jacos, les Vasas, les Papegais, les Çaïcas et les Geoffroys; 2* en Maximiliens et 3* en Palettes), Psittacule (divisé 1* en Touits, 2* en vraies PsiUaculet et 3* en Psittacultrostres), Laibam, Pézopore, Platy-

cerque, Australasie, Guarouba et Perrurbi (comportant deux divisions et cioq rien). D'un autre côté, M. Vigors a établi sons la nom de PsUtaeida une famille qai correspond i celle de M. Lesson, an genre Psittacus de G. Cuvier, mais dans laquelle il introduit un bien plus grand nombre ds genres, qu'il distribue dans cinq soos familles : celle des Psiltacinœ ou Perroquets vrais, celle des Plyctolophinœ ou Cacatois, celle des Macrocercinœ ou Aras, celle des Palaornwt ou Perruches et celle des Psittaculina ou Psittacules. C'est en partie celte méthode que G.-R. Gray, dans sa List of the gênera af Birds, a suivie pour dresser le eaulocue des genres établis sur les Perroquets. Adoptant la famille des PsUtaeida , il y admet cinq sous familles : celle des Pesoporma ou Perruches, qui comprend dix genres; relie des Arinœ ou Aras , qui en compte quatre; celle des Lorina ou Loris, composée de six ; celle des Psittaeina ou vrais Perroquets, dans laquelle il en introduit douze, et celle des Cacatuinœou Cacatois, qui en comprend sept. La plupart de ces genres seront indiques à mesure que nous citerons les espères sur lesquelles ils ont été fondés.

La classification que nous adopterons ici pour la distribution méthodique des Perroquets, est celle que G. Cuvier a suivie dans son Règne animal. Toutefois, pour la mettre le plus possible en rapport avec les travaux qui se sont produits de nos jours, nous nous permettrons d'y apporter quelques modifications. Ainsi nous reconnaîtrons avec 6. Cuvier deux grandes divisions: l'une qui comprendra toutes les espèces à queue longue et étagée, et l'autre toutes celles à queue plus courte et égale ou presque égale. Cest i la première de ces divisions que nous rappo rterons les Pexopores , que G. Cuvier range i la fin des Perroquets, après les Microglosses, et nous placerons ces derniers dans la section des Cacatois à laquelle ils paraissent réellement appartenir. Nous distinguerons en outre les vrais Perroquets des Cacatois. De cette sorte nous aurons pour les espèces à queue longue deux divisions (Aras et Perruches), comme nous eo aurons aussi deux pour celles à queue courte ( Perroquets et Cacatois) ; chacune d'elles comprenant un certain nombre de subdivisions que nous allons faire connaître. Le nombre des espèces que rtn-

ferment la plupart de cet subdivision* (groupes ou genres ) étant considérable , nous nous bornerons à en décrire quelques unes.

t. PERROQUETS A QUEUE LONGUE, ÉTAGÉE.

1" section: Les An» (Ara, Bris*., Kuhl; Macroccrcus, Vieill.; Àrara et Anodorhynchus , Spix).

Bec très robuste,, a arête convexe, à pointe très recourbée ; face nue, quelquefois parsemée de petites lignes de plumes; queue plus longue que le corps, conique, étagée, aiguë.

Quoiqu'il ait été question des Aras dans le tome II de ce Dictionnaire, nous ne pouvons cependant nous dispenser d'indiquer les espèces qui se rapportent à cette section, et d'en faire connaître quelques unes qui ont été découvertes depuis. Telles sont :

L'Ara a iodes bougks, Ar. rubrogenys Lefresn. D'un vert olive en dessus ; une large bande de couleur rouge-écarlatesur le front et le vertex ; au-dessous et en arrière des yeux, une grande Ucbe oblique rouge; dessous du corps d'un vert glauque un peu Jaunâtre, se dégradant ou orangé-rouge sur les flancs et 1 abdomen. Habite la Bolivie.

L'Aba a fbowt châtain , At. caslaneifrons Lafresn. Dessus de la tête d'un vert bleuâtre ou glauque; front d'un marron rougeàtre; une bande de même couleur borde la mandibule inférieure; rémiges d'un bleu de mer, bordées de noir i l'intérieur; dos d'un vert olive glacé de vert jaunâtre; parties inférieures de même couleur, mais avec quelques petites taches ou stries transverses à peine visibles sur l'abdomen et les jambes. — Même habitat.

Nous citerons I'Ara canga , Ar. eanga Briss., représenté dans l'atlas de ce Dictionnaire, pl. S, fig. 1, du Brésil. — L'Aia bauha, Ar. rauna Briss. (Buff., PI. enl. 36), même habitat. — L'Aia hacao, Ar. macao VaiU. (Perr., t. I, pl. 1), des grandes Antilles. — L'Aia tricolore, Ar. tricolor Vieill., de l'Amérique méridionale. — L'Aba militai**, Ar. militaris Vieill. (Levaill., pl. 4), même habitat. — L'Aba maracava, Ar. severut Vieill., de la Guyane. — L'Aba htacinthe , Ar. hyacinlhinus Vieill. {Gai. des Ois., pl. 24). Cette espère, qui a les joues

emplumées et dont la base de la mandibule inférieure est seule couverte d'une peau nue, a été prise par Spix pour type du genre Anodorhynchus. M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire le range, parmi les Perruches, dans le groupe des Perruches- Aras.

2' sect. Les Perruches (Conurus, Kuhl.).

Dec moins gros que celui des Aras, à pointe moins crochue; faceemplumée, quelquefois le tour des yeux nu dans une étendue plus ou moins grande; queue plus longue que le corps ou de même longueur.

D'après quelques légères différences, tirées principalement de la forme de la queue, on peut établir dans cette section plusieurs groupes, comme l'ont fait G. Cuvier et Levaillant.

a. Espèces qui ont la queue cunéiforme, épaisse à sa base , et dont le tour de l'œil est nu (Perriches-Abas, Levaill. Genres : Arara, Spix , Less. ; Psittacara , Vigors ; Sittace , Wagl.; Enieognalhus, G.-R. Gray).

La Perruche- Ara pavouare, Psitt. Guyonensis Linn. (Levaill., Perr., pl. 4). Plumage vert; dessus de la tête et front bleus, rebord des ailes rouge de feu ; queue jaune en dessous. — De la Guyane et des Antilles. Type du genre Psitlacara de Vigors.

La Perbucbe-Aba a tête d'or , Psitt, auricapillus Licht. Plumage vert, nuancé de jaune en devant ; dessus de la tête orangé, puis jaune d'or; poitrine, ventre et joues rouges. — Du Brésil.

La Pbbbocbe-Aba de Patagonie, PsUl. Patagonica Less. (Zool. de la Coq., 33 bis). Plumage vert en dessus, gris sur la gorge et sur la poitrine; ventre Jaune, rouge au milieu et sur les plumes des jambes; rémiges blanches. — Du Chili.

La Perruche-Ara versicolore , Psit. versicolor Lath. (Buff., Pl. enl. 144). Bec, tête et poitrioe rouges; tache derrière l'œil et gorge jaunes; une bande bleue sur la joue ; le reste du plumage vert. — De la Nouvelle- Hollande.

La 1' f. r huche- Ara a aisselles rouges, Psitt, pyrrhopterus Lath., de Sandwick, et la Perruche- Ara de Swainson, Psitt. Swainsonii Vig. et Horsf , espèce de la Nouvelle- Hollande, nous paraissent pouvoir être rapprochées de la précédente, avec laquelle

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