‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 167 sur 170 · CHAP. II. — MULTIPLICATION · texte numérisé non relu

CHAP. II. — MULTIPLICATION

On peut distinguer deux modes généraux de multiplication dans les plantes; l'un par simple extension d'un végétal déjà existant, l'autre par formation d'un embryon ou d'une production nouvelle i laquelle concourent les organes des deux sortes. Le premier que nous appellerions multiplication proprement dite ou multiplication gemmaire , que d'autres nomment propagation! s'effectue au moyen des marcottes , des boutures et des greffes; or ces trois sujets ont été déjà l'objet d'articles spéciaux auxquels nous nous

bornerons à renvoyer. Quant au second , il constitue la multiplication par le concour» des sexes, ou la multiplication sexuelle, ou la reproduction, ou la fécondation ; phénomène de la plus haute importance , puisque seul il assure la conservation des espèces dans la nature , et qui a fourni déjà la matière d'un article particulier très détaillé auquel nous renverrons aussi. Voy.

FÉCONDATION. (P. DCCOAITW.)

PHYSIQUE (fvîcç , nature). — Ce mot, comme l'indique son étyroologie grecque , désigne la science de la nature , science que les auteurs latins ont appelée philosophie naturelle , attendu que dans l'origine elle avait pour objet l'étude et l'explication des phénomènes que présentent tous les corps répandus dans l'univers. Dans l'enfance des sciences , cette dénomination suffisait , attendu que toutes les branches composant la philosophie naturelle, telles que l'astronomie, la mécanique, etc., ne formaient qu'une science ; mats peu à peu , à mesure que les faits débordaient les cadres , on fut obligé de séparer ces diverses branches, et de faire une science de chacune d'elles ; aujourd'hui la Physique s'occupe des propriétés des corps et des actions qu'ils exercent à distance. Nous allons présenter un tableau de la marche que la Physique générale a suivie depuis les temps les plus reculés jusqu'à notre époque.

Les écrits des anciens nous apprennent que les Égyptiens se livraient avec une grande sagacité à l'étude de la nature. L'art de traiter les métaux et de faire diverses préparations utiles, ainsi que celui de polir les pierres et de les graver, éuit porté très loin chez eux. La méthode expérimentale leur était donc connue ; ils n'étaient pas moins habiles dans la mécanique, comme l'attestent les monuments gigantesques qu'ils ont élevés à leurs dieux et à leurs rois. Ils connaissaient en outre I hydraulique , dont les débordements du Nil leur faisaient une loi de s'occuper, en raison des avantages qu'ils en retiraient.

Bien que les Égyptiens connussent un grand nombre de faits relatifs à la Physique générale, car ils n'avaient pas songé à rassembler toutes les connaissances éparses , et à les disposer dans un ordre méthodique qui permit de les déduire les unesdes autres, ils

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n'avaient que des notions vagues, plutôt poétiques que philosophiques , sur les causes des phénomènes. Les peuples de la Basse-Égypte accoutumés à voir leurs terres sableuses fertilisées par les débordements du Nil, durent penser que l'eau sous des modifications différentes , donnant naissance a des matières diverses , devait être considérée comme un élément. Cette doctrine servit de base à la première école grecque, et fut le point de départ de systèmes plus ou moins erronés.

Thalès de Ifilet, qui vivait 640 ans avant Jésus - Christ , est le premier qui ait transporté dans sa patrie les connaissances scientifiques des Égyptiens. Ce philosophe croyait la terre sphérique et placée au centre [du monde; il pouvait prédire les éclipses, et savait que la lune n'est éclairée que par la lumière qu'elle reçoit du soleil. Les philosophes grecs qui suivirent son école adoptèrent la méthode à priori pour arrivera la vérité, laquelle régna pendant deux mille ans dans les sciences , et retarda leur développement. Néanmoins, de temps à autre on vit des hommes supérieurs essayer de secouer le joug des écoles, mais sans trouver d'imitateurs.

Anaiimandre apprit le premier aux Grecs à tracer des cartes géographiques et des cadrans solaires ; Anaxagore leur enseigna que la matière existe de toute éternité , qu'elle renferme des parties élémentaires de diverses natures , que les parties similaires en se rapprochant peuvent donner naissance i des corps différents; que l'arc-en-ciel est produit par la réfraction des rayons solaires, etc.

Thalès avait pris l'eau pour principe universel, Phérécide choisit la terre, Héraclite le feu et Anaximènes l'air. D'autres philosophes adoptèrent successivement pour principes plusieurs de ces éléments ; il y avait là progrès, car la nature devait leur montrer chaque jour qu'elle ne disposait pas seulement d'un seul élément pour constituer le*

Corps.

Pytbagore , né 534 ans avant J.-C. , donna une nouvelle direction aux études en s'attachent à la méthode expérimentale. Ce philosophe et ses disciples eurent des idées assez justes sur la disposition générale des diverses parties du système solaire et sur la

place que devait occuper la terre, dans ce système. Ils annoncèrent, en effet, que la terre tourne, que les comètes ont des révolutions périodiques, et que les étoiles sont autant de soleils autour desquels gravitent d'autres astres. Les expériences de Pytbagore sur la vibration des corps sont pleines d'intérêt. Passant un Jour devant l'atelier d'un forgeron , il entendit diverses coosonnances produites par des marteaux qui frappaient sur une enclume; il en conclut que la variété des sons provenait du poids différent des marteaux. Cette observation fut pour lui te germe d'une expérience importante. Il tendit des cordes de même grosseur et de même longueur et suspendit différents poids à l'extrémité de chacune d'elles. Après quelques essais , il parvint, eu faisant vibrer ces cordes , i exprimer en nombre les rapports des sons.

Aristoxène conçut la doctrine de l'harmonie, au moyen de laquelle il voulut prouver que la pensée et la sensibilité ne sont que des modification* de la matière.

Leucippe et Démocrite imaginèrent la théorie des atomes, qui fut défendue plus tard par Épicure, et qui règne aujourd'hui dans la science. Suivant ces philosophes , le vide et la matière composent essentiellement l'univers , et ont toujours existé. Tous les corps sont composés d'atomes laissant entre eux des distances immenses relativement à leurs dimensions , et qui deviennent libres après la destruction des corps. Ces atomes, dont la dureté est parfaite, ont des formes diverses, carrées, crochues, etc. Ils sont toujours en mouvement, se précipitent dans le vide, se repoussent, t'attirent, s'accrochent, s'unissent pour former des corps qui, eux-mêmes, sont décomposés par la rencontre d'autres corps.

Leucippe a été plus précis; suivant lui» la forme des atomes varie avec la nature des corps ; en changeant leur ordre et leur disposition , il en résulte des corps différents. Nous envisageons aujourd'hui l'iso» mérie sous ce point de vue.

Des opinions aussi diverses firent naître de» disputes dans toutes les écoles de la Grèce, sur la nature du temps, de l'espace et de la matière. Platon, né 434 ans environ avant l'ère chrétienne, reconnut pour cause universelle un Être suprême, et adopta les

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quatre éléments comme bases de tous les

corps.

A ces systèmes succéda celui d'Aristote , qui se mil à étudier la nature pour en interpréter les phénomènes. Ses doctrines , fondées sur des causes occultes, furent suivies dans les écoles pendant deux mille ans ; elles disparurent sans retour depuis Bacon et Galilée. Aristote, né à Stagyre, en Macédoine, 384 ans avant l'ère chrétienne, e immortalisé son nom pour avoir coordonné les connaissances humaines éparses, et les avoir réunies dans un corps de doctrine d'après les lois de la logique. Sa Physique est bien inférieure à son histoire naturelle. Il ne pouvait guère en être autrement à une époque où les philosophes étaient plus occupés à façonner la nature à leur guise qu'à décrire les phénomènes pour en recueillir des faits conduisant à des lois. C'est lui qui, toutefois, a jeté les bases de la météorologie ,et quia Tait sentir de nouveau la nécessité d'allier l'étude des mathématiques à celle de la Physique.

Aristote considérait l'univers comme une vaste machine composée de roues qui, en se mouvant par elles-mêmes , et s'engrenant entre elles , produisaient des effets dépendant de la nature des principes dont elle* étaient composées. Malgré un système aussi absurde, il nous a transmis des notions qui prouvent qu'il s'était réellement occupé d'expériences. Oo trouve, en effet, dans ses ouvrages , des détails sur la différente conductibilité des corps pour la chaleur. Il y parle de la pesanteur de l'air , du refroidissement produit par un ciel serein , de la formation de la rosée qui en résulte, de la figure de la terre déduite de la forme de l'ombre que notre globe projette sur la Lune, dans les éclipses de cet astre, etc. Pour expliquer tous les phénomènes , à l'aide de causes occultes , de causes qu'on ne pouvait découvrir, U entravait nécessairement la marche de l'esprit humain dans les recherches expérimentales. Les ouvrages d'Aristote , qui fournissaient des armes à la controverse , durent avoir un immense succès à des époques où les discussions scolastiques et les subtilités de raisonnement étaient en grande faveur. Davy a dit •vee raison, en parlant des philosophes grecs , « qu'ils avaient, comme par instinct, .1 le sentiment de tout ce qui est beau ,

» grand et brillant ; que leurs philosophes » n'errèrent point par manque de génie, ni » même d'application, mais seulement parce » qu'ils parcoururent une fausse route; » qu'Us raisonnèrent plutôt d'après un sys- . tème imaginaire touchant la nature, que » d'après un ensemble perceptible à la vue » et au tact. »

Nous devons mettra hors de rang , parmi les anciens, comme physicien, Archimède, né vers l'an 267 avant J.-C. Outre ses grandes connaissances en mathématiques , qui le mettent au rang des premiers géomètres de l'antiquité , on lui doit, à ce qu'il parait , les premières idées sur la réfraction astronomique et la découverte du principe à l'aide duquel oo détermine la densité des corps.

La Physique n'existait donc pas réellement comme science chez les Grecs, puisque les vérités connues de leur temps étaient encore éparses, malgré les efforts deThalès et d'Aristote pour les réunir. U en fut de même chei les Romains , plus occupés de conquêtes que d'études scientifiques.

Au rapport de Cicéroo, la géométrie était peu cultivée à Rome , et l'astronomie , qui était entachée de magie, se bornait à prédire les éclipses. Les discussions scientifiques roulaient principalement, comme du temps de Leucippe et de Démocrile, sur la métaphysique des atomes et le vide.

Lucrèce, contemporain de Cicéron.dans son poème de Naturâ rsrwm, eipose le précis des opinions d'Épicure , comparées a celles d'autres philosophes célèbres. On y trouve des notions assez exactes, quoique vagues , sur plusieurs points de la Physique. Il avance, comme du reste on devait le savoir depuis Archimède, que la chute des graves ne s'effectue pas de la même manière pour tous les corps ,el que les corps sont composés de matière et de vide; il décrit avec exactitude les effets du tonnerre , etc.

On trouve dans Sénèque des observations aur le grossissement que produisent les globes de verre par réfraction et les miroirs courbes par réflexion et d'autres sur les couleurs de l'iris qui se forment dans les prismes de verre ; sur la diminution de la chaleur dans les hautes régions de l'atmosphère; il parle des différentes couleurs des étoiles; il dit que les comètes ont uo cour»

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régulier, et que les tremblemenu de (erre «ont dus è une chaleur centrale.

Pline, dani son histoire naturelle, donne quelques notions sur le dégagement de l'électricité par le frottement et sur divers phénomène» électriques. Quant à ses principes de physique, ils sont a peu près ceui de Platon et d'Aristote, qui régnaient alors dans toutes les écoles.

Du temps de Pline on reconnaissait la propriété dont Jouit la Torpille de produire un engourdissement en la touchant avec une pique ou une baguette.

Appien a décrit les deux organes de la Torpille qui possède la faculté de donner des commotions, et dont les anciens se servaient comme d'un moyen curatif dans la goutte, la paralysie, etc.

Les anciens paraissent s'être beaucoup occupés des propriétés du tonnerre ; suivant eus, faire descendre le tonnerre ou la Divinité elle-même était même chose. Selon Pline, Numa avait eu fréquemment ce pouvoir.

On a été même Jusqu'à dire que le procédé 1 l'aide duquel on relire du nuage le fluide électrique était connu des anciens , et en partie de Numa Pompilius , et que Tullus Hostilius, son successeur, périt pour avoir maladroitement employé ce dangereux procédé. On trouve, en effet, dans Pline ce passage remarquable relatif a Tullus Hostilius : Quod scilicet fulminis evocationem imitaium parum rite , Tullum Hostilium ictum fulmine (Plin., lib. II, c. 53). « Dans le moment où il évoquait la descente de la foudre par le 'procédé de Numa , mais maladroitement, Tullus fut frappé de la foudre. » On trouve encore, dans Lucaio , un passage remarquable relatif au même sujet:

Colll|il. « tmt immio cub nvnCt roodlt

lM».,rtm,/,M.

Aruns, savent étrurien , instruit dans les mouvements du tonnerre, dit avoir rassemblé lu reux de l'éclair disperses dans l'air, et les avoir ensevelis dans la terre.

Il est impossible de s'espliquer avec plus de précision sur l'emploi des paratonnerres pour soutirer la foudre.

L'astronomie, entachée de magie, fit de tels progrès à Rome pendant le premier siècle de l'ère chrétienne, que tout l'empire lomiin finit par croire i l'astrologie.

D'un autre côté, les attaques réitérées des barbares et la lutte incessante entre le christianisme et le paganisme , qui devint si vive que l'on quitta les sciences positives, quoi, que encore dans leur enfance, pour se livrer i des sujets purement spéculatifs , arrêtèrent non seulement pendant longtemps les études scientifiques, mais finirent même par les anéantir presque entièrement pendant plusieurs siècles.

Arrêtons-nous un instant pour parler de la Chimie, considérée plus tard comme une des branches de la Physique générale, et qui ,a contribué i l'impulsion que celle-ci reçut dans le xv* siècle , en appelant continuellement l'attention des philosophes sur l'art des expériences, sans lequel la Physique ne saurait exister.

La chimie, comme science, était inconnue des anciens ; cependant plusieurs peuples, et en particulier les Égyptiens, cultivèrent avec succès les applications de celte science aux arts, sans en connaître les principes, particulièrement à la teinture des étoffes , à la fabrication du verre , des émaux. Ils savaient purifier la soude ou natrum et retirer la potasse des cendres.

Les Phéniciens connaissaient l'usage de l'or, de l'argent, du plomb, de l'étain et du fer ; ils savaient retirer ces métaux de leurs minerais , les combiner entre eux et faire diverses préparations , telles que la litbarge, les vitriols, etc. ; ils connaissaient l'usage des liqueurs fermentées. Les arts chimiques passèrent des Égyptiens chez les Grecs et les Romains, qui s'occupèrent peu des connaissances scientifiques sur lesquelles ils "reposaient , puisque leurs philosophes n'en ont pas Tait mention. Il faut remonter Jusqu'au vu* ou au vin* siècle pour apercevoir les premiers rudiments de la chimie, envisagée comme science.

Revenons è la Physique générale; en Europe, dans les premiers siècles de l'ère chrétienne , alors que de toutes parts l'empire romain croulait sous les coups réitérés des barbares. Peu à peu les ténèbres couvrirent les ruines de l'empire d'Occident, et menacèrent bientôt celui d'Orient, où la lutte entre les païens et les chrétiens devint si vive, que l'esprit de discussion, qui avait pris naissance chez les Grecs, ne tarda pas à prévaloir partout. L'étude des choses fut négligée pour

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raisonner sur les mou, et les connaissances scientifiques floirent par disparaître.

Tous les efforts de retprit humain , dutant l'antiquité, auraient été perdus pour la civilisation, si les livres échappés à la proscription générale n'eussent été conservés dans les communautés religieuses , dont la première rut fondée en Occident en 543, sur le mont Cassin. A la vérité, les sciences physiques n'y gagnèrent d'abord rien, mais elles recurent plus tard une impulsion des travaux de quelques moines, que nous mentionnerons dans un instant.

Le dépôt des connaissances humaines, en Orient, fut recueilli, conservé et mis au four, dans le moyen âge, par un peuple qui avait été plongé dans la barbarie pendant toute l'antiquité, et chez lequel les lumières ne brillèrent, pendant quelques siècles, que pour s'éteindre ensuite tout - à - fait. Nous voulons parler des Arabes, qui, vers le vut* siècle, sous les Abbassides, commencèrent à sortir de la barbarie, dans laquelle l'islamisme les avait maintenus. Ils adoptèrent avec prédilection les principes d'Aristote, et cultivèrent avec succès la géométrie, la médecine, et surtout la chimie. On leur doit la découverte de l'alambic, du sublimé corrosif, de l'acide nitrique, et diverses préparations pharmaceutiques, qui passèrent en Europe par l'intermédiaire de ceux qui fréquentaient leurs écoles. La chimie toutefois ne fut cultivée par les Arabes que comme une branche d'une autre science, de la science par excellence, selon eux, qui prit naissance vers le vu' siècle de l'ère chrétienne, et à laquelle la Physique et la chimie doivent d'avoir mis en faveur la méthode expérimentale comme moyen de recherches; nous voulons parler de l'alchimie, dont le but principal était la transmutation des métaux à l'aide d'une substance qui pouvait changer toutes les autres en or, et enlever du corps humain les principes morbides qui allèrent les fonctions vitales : cette substance était la pierre philosophale , la panacée universelle. En s'attacbant à cette chimère , les alchimistes , nous le répétons, ont mis sur la voie des méthodes expérimentales pour interroger la nature, et ont contribué, par cela même, à la grande impulsion que reçurent plus tard les sciences physiques et chimiques.

En Occident, il faut remonter jusqu'au xiu* siècle pour trouver un homme qui se soit occupé de la Physique sous le rapport expérimental. Cet homme, considéré encore par le peuple comme le magicien par excellence, est Albert, né en Souabe vers 1255, et moine de l'ordre de saint Dominique. Il avait une grande aptitude pour la sciences mécaniques, et s'occupait de l'étude des phénomènes naturels. On trouve dans ses ouvrages une dissertation touchant les aréolithes , sur l'existence desquels il n'élève aucun doute , et qu'il cherche à expliquer soit en les considérant comme formés dans les hautes régions de l'atmosphère, soit comme étant tombés de la lune, hypothèse* renouvelées de nos jours, et auxquelles on en a ajouté une autre, celle de corps errant dans l'espace, et qui tombent sur la terre dès l'instant qu'ils se trouvent dans sa sphère d'activité.

Dans le même siècle parut Roger Baron, cordelier, qui conçut l'idée de fonder les sciences physiques sur l'observation , au moyen de l'expérience. Il fut persécuté par son ordre pour avoir essayé de dissiper les préjugés dont son siècle était imbu. Il fut jeté en prison, et n'en sortit qu'à la condition de ne plus s'occuper de Physique.

On lui doit des notions sur les propriétés des verres concaves et convexes. Il fait tnention,-dans ses ouvrages, de verres à l'aide desquels on pourrait grossir les objets et voir à des distances immenses, qu'il exagère; de la possibilité de faire mouvoir des chariots et des vaisseaux à l'aide d'un mécanisme intérieur, auquel on pourrait appliquer la force du vent : prévision de l'emploi de la vapeur.

Dans son Spéculum ak'àimut, il parle de la propriété de la poudre à canon; il y avance qu'en employant la composition de salpêtre, de soufre et de charbon, on pourrait renverser les villes. Néanmoins l'impulsion donnée par ces deux hommes supérieurs pour le temps ne put s'étendre, en raison des événements qui troublèrent l'Enrope dans le xiV siècle. Peut-être aussi les idées qu'ils émirent étaient-elles trop avancées pour être comprises de leurs contemporains.

Dans le xv« siècle, les sciences physique» prirent une marche régulière et progressive.

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C'est vert 1527 que Paracelse occupa, 1 Bile, la première chaire de chimie qui servit à répandra et i donner le goût de cette science.

C'est dans ce siècle que l'astronomie et la Physique firent de grands progrès sous Copernic, Galilée et Képler.

Copernic, en 1473, établit son système du monde; mats il mourut avant d'avoir été témoin du scandale que devait produire son ouvrage, qui fut condamné par l'inquisition comme faux et absurde en philosophie et hérétique. Ce système prépara les voies à Galilée, qui démontra, par des expériences incontestables, que le système combattu était le véritable, le seul admissible. On doit 1 ce grand physicien la découverte de l'isochronisme des oscillations du pendule , dont il fit une application i la conatruction d'une horloge astronomique , qui fut ensuite perfectionnée par Huygens; celle de la balance hydrostatique, i l'aide de laquelle on trouve la densité des corps. Il découvrit la théorie du mouvement uniformément accéléré, en vertu duquel les corps tombent sur la terre. Il est regardé comme l'un des inventeurs du thermomètre; on lui doit les armures au moyen desquelles on augmente la force des aimants. Sur l'indication d'un instrument destiné i voir les objets éloignés, inventé en 1608 par Jacques Métius, il en construisit un semblable : c'était le télescope. L'ayant dirigé sur la lune qui apparaissait à l'horizon , il reconnut que la ligne de séparation de la lumière et de l'ombre était terminée irrégulièrement, et qu'il existait des points éclairés dans les ombres; il en conclut aussitôt que la surface de la lune était, comme celle de la terre, couverte d'aspérités. Il fut le premier qui vit Vénus avec ses phases , Jupiter entouré de ses satellites. Il reconnut encore les Nébuleuses et une foule d'étoiles, que l'on ne pouvait distinguer à la vue simple. Quelques Jours lui suffirent pour faire tant de dérouvertes, qui, portant atteinte, dans un siècle peu éclairé , aux croyances religieuses sur plusieurs articles de foi, attirèrent sur Galilée le mépris et les persécutions du clergé.

A cette même époque vivait Képler, auquel on doit les trois grandes lois qui régissent le mouvement des planètes autour du

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soleil , et qui ont servi de point de dépari à Newton pour découvrir les lois de l'attraction universelle.

Les grandes vérités que Galilée et Képler venaient de mettre au Jour au milieu de difficultés sans nombre sapaient à coups redoublés jusque dans ses fondements la doctrine d'Aristote. Il s'agissait de lui en substituer une autre fondée sur les faits et appropriée aux besoins de te science à cette époque. Cette grande tâche fut remplie par François Bacon , né en 1560. Cet émineot philosophe a fait peu de découvertes en Physique; ses expériences n'ont pas un grand intérêt; mais, en revanche, il a rendu d'immenses services aus sciences, an traçant te marche à suivre pour arriver i la vérité par l'induction. Ses vues spéculatives ûrent sentir, plus que l'on n'avait fait Jusqu'alors, la nécessité de rechercher les faits pour fonder la nouvelle philosophie sur des bases que les siècles futurs devaient respecter. Cest ainsi que des faits , qui avaient été jugés jadis comme do peu d'importance , furent étudiés, classés, et conduisirent à des principes et à des lois. L'amour de l'étude et de la philosophie fut porté chu lui i un si haut degré, que, bien qu'il fût chancelier d'Angleterre , il laissa à peine de quoi subvenir à ses funérailles.

Descaries vint ensuite; il renversa de fond en comble la philosophie d'Aristote pour lui en substituer une autre qui éprouva le même sort, mais avec cette différence que Descartes , malgré ses erreurs, n'en est pas moins un des fondateurs de la Physique. Il imagina , à l'Age de vingt ans, l'application de l'algèbre à te géométrie, nn des puissants auxiliaires de la Physique, et dont il s'est servi pour déterminer, par le calcul, l'équilibre des forces, la résistance des poids, l'action du frottement, le rapport des vitesses et des masses ; on doit donc le regarder comme le fondateur de te mécanique analytique.

Constamment guidé par l'esprit d'analyse, et tourmenté du besoin de tout expliquer, Descartes conçut l'idée de réunir toutes les sciences et d'établir entre elles une dépendance mutuelle. C'est lui qui, en rejetant le vide, admit le premier l'existence d'un fluide très délié répandu dans l'univers ei pénétrant tous les corps; il supposa en

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môme temps que l'espace était infini , attendu que l'esprit ne pouvait laisir de limites. Il admit aussi une matière primitive, unique, élémentaire , source et principe de tous les êtres, divisible à l'infini , se modifiant par le mouvement , se décomposant et pouvant même s'organiser. C'est avec cette matière primitive qu'il essaya d'expliquer la formation de l'univers. Suivant lui, il existe trois éléments formés de millions de molécules entassées les unes a côté des autres, qui se heurtent, se froissent, se brisent, et sont emportées d'un mouvement rapide, comme des tourbillons autour des différents centres d'où elles tendent i s'éloigoer en vertu d'une force centrifuge qui naît du mouvement circulaire. Ce système, i l'aide duquel il voulut expliquer tous les phénomènes naturels, prêtait tellement à l'illusion , puisqu'il ne fallait que quelques instants pour le rendre accessible à tous les esprits, qu'il eut le plus grand succès, fut généralement adopté, puis commenté par les philosophes qui voulaient renverser les doctrines d'Aristote.

Descartes avait eu la grande pensée de réunir toutes les observations faites avant lui pour obtenir un système du monde dans lequel il comprenait le mécanisme des cieux. En essayant d'appliquer ses tourbillons à l'explication des phénomènes naturels , il passa successivement en revue la pesanteur, les marées, etc. Il admit l'existence d'un feu central , et essaya de montrer comment la vertu magnétique se développe, et de quelle manière le fluide électrique circule dans les corps.

Galilée avait découvert la pesanteur , Toricelli la pression de l'atmosphère ; Des- ' cartes donna l'idée à Pascal decette fameuse expérience avec, le baromètre, sur le Puyde Dôme, pour montrer que la pression atmosphérique diminue à mesure que l'on s'éloigne de la surface de la terre. Il a donné la théorie de l'arc-en-ciel , et ai son explication n'est pas complète, cela tient à ce qu'il ignorait la composition de la lumière. Ses principaux travaux roulent particulièrement sur la lumière dont il a expliqué les propriétés générales dans sa Dioptrique ; il la suit dans sa route à travers les corps; il la voit, dans un milieu uniforme, se mouvoir en ligne droite, se réfléchir sur la surface

des corps solides , en faisant un angle de réflexion égala l'angle d'incidence; il la voit, enfin , quand elle traverse les différents milieux, se déranger de son cours et se briser d'après des lois dont l'exactitude est parfaitement démontrée par l'expérience , et dont voici l'énoncé : « 1 • Le rayon réfracté » et le rayon incident sont dans un plan » perpendiculaire à la surface; 2* le sinus de

• l'angle d'incidence et le sinus de l'angle » de réfraction sont dans un rapport con-

• stant pour la même substance réfringente, » quelle qu'en soit l'incidence. »

Descartes a analysé les phénomènes de la vue, et tout ce qui tient a l'organisation de rueil. Avant lui, on avait découvert les propriétés des verres concaves et convexes. Melius, artisan hollandais, avait fait le premier télescope dont Galilée avait expliqué le mécanisme en construisant lui-même l'instrument sur une simple indication; Descartes s'empara de toutes ces découvertes ; il en donna la théorie mathématique, ajouta une infinité de vues nouvelles sur la lumière, et guida l'opticien dans l'art de travailler le verre. On peut donc dire qu'il jeta les bases de la dioptrique , qui est un de ses plus beaux titres de gloire. Ce fut lui , enfin , qui , ayant appris à secouer l'autorité d'Aristote, donna l'impulsion à la nouvelle philosophie.

»V La philosophie d'Aristote a rendu un grand servicflcn annonçant que l'on ne peut arriver à la connaissance des choses qu'a l'aide de l'expérience; malheureusement il ne s'en tint pas toujours à ce principe. Pour bien juger les immenses progrès que fit la philosophie naturelle depuis l'impulsion donnée par Descaries, il faut passer rapidement en revue les travaux de Huyghens et de Newton.

Huyghens, né en 1629, s'occupa dès l'âge le plus tendre des arts mécaniques. Galilée avait découvert l'isochronisme des petites oscillations du pendule. Huyghens, en 1657, en fit une application aux horloges ; celte importante découverte fait époque dans l'histoire de l'astronomie et de la physique. Il imagina l'échappement, qui est susceptible d'une perfection presque indéfinie, et ne tarda pas i appliquer ses horloges à la détermination des longitudes. Étant parvenu à construire un objectif de 22 pieds de foyer.

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il étudia tout le système de Saturne, dont II avait découvert un des satellites. Galilée , à la vérité, avait déjà remarqué les aspects singuliers que présente cette planète ; mais la lunette dont il se servait n'avait pas un assez fort grossissement pour en découvrir la véritable cause. Huygbens reconnut que c< s différent» aspects étaient dus à un anneau très mince qui entourait la planète, et dont les positions diverses, par rapport i la terre , en altéraient la forme apparente au point de la faire disparaître. On lui doit des eipériences intéressantes sur la forte adhérence que conservent dans le vide deux lames de méul polies, bien planes, et qui ont été frottées quelque temps Tune contre l'autre. Il soupçonna dès lors que cette adhérence était due à des forces qui agissent à de petites distances , et qui produisent la cohésion. C'est lui qui , le premier , eut l'idée , comme on le voit dans une lettre qu'il écrivit à Williams Jones , de la possibilité de trouver la hauteur d'une station au moyen de la pression de l'air en ce lieu.

Hu jghens a doté encore la société des montres ordinaires ; avant lui , outre qu'elles étaient d'un grand pris, elles n'étaient susceptibles ni de simplicité ni de régularité. Il adapta i ces montres grossières le ressort spiral pour régler les oscillations du pendule.

On lui doit encore la théorie mathématique de la double réfraction dans le Spath d'Islande; de belles recherches sur l'aplatissement de la figure de la terre à l'aide du pendule. Après avoir reconnu que la terre était aplatie vers ses pâles, il calcula la longueur des deux axes qu'il trouvait daas le rapport de 577 i 578 , rapport trop faible de près de moitié , et cela parce qu'il n'avait pas adopté comme Newton la loi de la gravitation.

Comme Descartes, Huygbens admettait que l'espace aiosi que tous les corps étaient remplis d'un fluide subtil et impondérable ou matière étbérée. Suivant lui , les corps qui paraissent lumineux doivent celte propriété à ce que leurs particules étant mises dans un mouvement de vibration très rapide transmettent ce mouvement à la matière étbérée, ci 7 produisent des ondes analogues à celles des ondes sonores , avec cette différence que leur propagation est plus ra-

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ptde i cause de la plus grande élasticité du milieu ; ces ondes , en frappant la rétine , produisent la sensation de la lumière.

On voit que Huyghens, pour expliquer les phénomènes naturels, imagina, comme Descartes, des combinaisons artificielles, au lieu de déduire par les mathématiques, comme Newton le fit, les forces qui agissent, en s'appuyant sur les faits connus. C'est ainsi) qu'il voulut expliquer la pesanteur en admettant la pression d'une matière subtile , répandue autour de la terre dans une sphère d'une étendue limitée , et qui, étant douée d'un mouvement circulaire très rapide , et par suite d'une force centrifuge très grande, tend à pousser les corps vers le centre de la terre. Quoi qu'il en soit, Huyghens doit être considéré , avec Descartes et Galilée, comme un des fondateurs de la Physique ; mai* a Newton appartient la gloire d'avoir coordonné tous les faits trouvés avant lui en découvrant et mesurant la force productrice, et enrichissant lui-même la Physique d'admirables découvertes.

Ce grand homme est né en 1642, Tannée même de la mort de Galilée. En partant des) lois de Képler, et i l'aide du calcul dea fluxions qu'il créa pour expliquer te système du monde, il trouva que l'attraction solaire, comme l'attraction terrestre, décroît en raison inverse du carré de la distance. Aussitôt a près cette découverte, il appliqué celte lei à la lune , c'est-à-dire i la vitesse de ses mouvements de rotation autour de la terre, d'après sa distance déterminée astronomiquement, puis à la force d'attraction de la terre sur 1rs corps qui tombent à sa surface.

La composition de la lumière est une de ses grandes découvertes ; en étudiant la réfraction à travers les prismes, il trouva que la lumière, telle qu'elle émane des corps rayonnants, n'est pas une substance simple ét homogène, mais qu'elle est composée d'une infinité de rayons doués deréfrangibilités inégales.

Il s'occupa des intermittences de réflexion et de réfraction qui s'opèrent dans les lames minces, et peut-être, suivant lui, dans les dernières particules des corps. En cherchant k expliquer les phénomènes de coloration qui s'observent dans les plaques épaisses de tous les corps lorsqu'elles sont convenablement présentées à la lumière incidente,

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Newton ramena cet phénomènes à se déj duire des mêmes lois que les phénomènes des lames minces; puis- il réunit le tout en une propriété unique qui peut s'exprimer ainsi : chaque particule de lumière, depuis l'instant où elle quitte le corps d'où elle émane, éprouve périodiquement, et a des intervalles égaui , une continuelle alternative de disposition à se réfléchir et à se transmettre à travers les surfaces des corps diaphanes qu'elle rencontre. Tel est l'énoncé du principe des accès de facile réflexion et de facile transmission, il chercha à allier ces propriétés à une hypothèse relalire à l'existence d'une matière éihérée, afin de pouvoir en déduire la nature de la lumière, celle de la chaleur , et l'explication de tous les phénomènes de combinaison ou de mouvement qui semblent produits par des principes intangibles et impondérables.

Suivant Newton , et comme l'avait dit , avant lui, Descaries , il existe dans la nature un fluide imperceptible à nos sens, très élastique, qui s'étend dans tout l'univers, et pénètre les corps avec des degrés de densité divers, et qu'on appelle élher. Ce corps étant très élastique , il en résulte que , par l'effort qu'il fait pour s'étendre, il se refoule lui-même, et presse les parties matérielles des autres corps avec une énergie plus ou moins puissante, selon sa densité actuelle , ce qui fait que tous ces corps doivent tendre continuellement les uns vers les autres. L'éther venant à être ébranlé en un de ses points, il en résulte un mouvement vibratoire, lequel est transmis dans le milieu éclairé par des ondulations, comme l'air transmet le ton , mais plus rapidement en raison de son extrême élasticité. Cet ondulations tont aptes à ébranler les particules matérielles elles-mêmes. Newton n'admit pas comme Descartes que la lumière résultât de l'impression produite par les ondulalions de l'étber tur la rétine ; ma» il supposa la lumière une substance d'une nature propre différente de l'étber, et composée de parties hétérogènes qui , partant des corps lumineux dans tout les sens avec une vitesse excessive que l'on peut mesurer cependant, parviennent jusqu'à la réline, et produisent la sensation de lumière.

On doit considérer également Newton comme ayant posé le premier les bases de

la chimie mécanique , en montrant que les combinaisons dépendent de l'action moléculaire, en même temps qu'il avançait des idées tur la composition et les changements d'état des corps. L'impulsion donnée à la physique générale par ce grand homme fut telle, que Ton renonça peu i peu aux hypothèses et aux principes vagues qui avaient retardé pendant tant de siècles la marche de l'esprit humain : aussi les découvertes se succédèrent-elles rapidement dans toutes tes branches des sciences et des arts qui en dépendent ; l'optique surtout Ht d'immenses progrès. Tout s'enchaîne dans les sciences : les perfectionnements de l'astronomie servirent à étendre le domaine de la géographie et de la navigation. En étudiant les lois du mouvement , on sentit la nécessité d'employer les principes de mécanique. Les mathématiques devinrent alors indispensables , et l'on fut obligé de leur donner plut de développements pour les appliquer aux nouvelles découvertes.

L'histoire des sciences, dans le moyen âge et dans les siècles postérieurs, Jusqu'au milieu du xvu* siècle , est, pour ainsi dire, celle des hommes qui les cultivaient , car on ne voit que de loin en loin des hommes supérieurs livrés isolément i des recherches relatives à la physique générale. Cet état de choses changea aussitôt que l'étude des sciences se répandit dans la société et que les académies furenteréées. D'un autre cdté, les découvertes de Newton excitèrent une émulation générale dans le courant du iviii* siècle ; aussi l'électricité , la lumière, la chaleur, le magnétisme, l'acoustique, reçurent-ils des développements extraordinaires. Aujourd'hui chacune de ces parties constitue, pour ainsi dire , une science à part , dont l'élude suffit pour remplir la vie d'un seul homme. Nous allons tracer rapidement l'impulsion que recurent cet diverses branches de la physique postérieurement à Newton , en évitant toutefois de revenir sur des détails qui se trouvent dans des articles déjà publiés.

De la Chaleur.

On a considéré longtemps la chaleur comme un fluide impondérable répandu dans tous les corps et pouvant passer d'un corps à l'autre quand il devient libre. Ce système

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prévalut jusqu'à la découverte dei lois de la chaleur rayonnante, qui conduisirent i des résultats tellement semblables ( du moins dans un grand nombre de cas ) à ceui obtenus arec U lumière , que l'on admit généralement que la chaleur, comme celles-ci, était due à an mouvement vibratoire des molécules , transmis au molécules des corps environnants, par l'intermédiaire de Tétoer. Les eipériences et déductions de Th. Young , Fresnel , de MM. Arago , Mel-

à corroborer cette opinion.

On considère dans l'élude de la chaleur cinq parties principales: les sources d'où die émane; S* la transmission qui a lieu de ces sources aux corps en contact avec elles ou placés à distance et les lois de cette transmission ; S* les effets produits par la chaleur sur les corps, suivant les divers degrés de son intensité; 4° la mesure de ces effets ; 5* l'action de la chaleur sur lés gaz et les vapeurs.

Parmi les sources nombreuses de chaleur, on distingue le soleil , la chaleur terrestre, la chaleur stellaire, les actions mécaniques, les actions chimiques, les décharges électriques et les actions capillaires.

On ignore quelle est la cause de la chaleur solaire. La chaleur terrestre est une chaleur d'origine. En partant de la surface et pénétrant dans l'intérieur, la température augmente de !• par 30 mètres environ, tandis que les variations annuelles de température dues aux influences calorifiques de l'atmosphère vont au contraire en décroissant , Jusqu'à une certaine profondeur où elles ne sont plus sensibles.

La chaleur stellaire est celle qu'émet- \ traient tous les astres si le système solaire 1 n'etistaft pas. 1-a température résultant de tet état calorifique serait, suivant Fourier, , inférieure à la plus basse température observée à la surface du globe , laquelle est de 60° au-dessous de zéro.

Les actions mécaniques tel les que le frottement , la pression , la percussion , sont autant de causes qui dégagent de la chaleur, par suite de l'ébranlement des molécules.

Les actions chimiaues sont les causes oui dégagent le plus de chaleur ; la combustion, qui est le résultat de la combinaison d'un

combustible avec un corps comburant , en est un exemple frappant.

Les décharges électriques sont encore un puissant moyen de produire de la chaleur.

Voy. iLECTBIOTt.

Enfin, les actions capillaires comme toutes les actions moléculaires dégagent de la

chaleur.

De même que la lumière, le rayonnement de la chaleur est soumis aux lois de la réflexion , de la réfraction et de la polarisation.

La vitesse de la chaleur rayonnante n'a pu être déterminée jusqu'ici; quant à son intensité , elle varie comme celle de la lumière en raison inverse du carré de la distance. Quand )■ chaleur émane par radiation de corps obscurément chauds , elle se comporte différemment que la chaleur solaire. La première est absorbée en totalité ou en partie suivant sa température par les corps qu'elle traverse, tandis que la chaleur solaire traverse ces mêmes corps sans en modifier la température. U en est de même de la chaleur rayonnante artificielle dont la température est très élevée. La chaleur terrestre et la chaleur solaire ne diffèrent donc que sous le rapport de l'intensité.

Les effets du rayonnement ont été expliqués au moyen d'une théorie très simple de Prévost, de Genève, et dont voici l'énoncé: tous les corps rayonnent sans cesse de la chaleur dans tous les sens et absorbent également celle émise par d'autres corps jusqu'à ce qu'il y ait égalité de température entre eux. En s'appuyanl sur ce principe , on est parvenu à expliquer plusieurs phénomènes météorologiques et en particulier la rosée. M. Melloni, qui s'est beaucoup occupé de la faculté que possèdent les corps de transmettre plus ou moins facilement la chaleur rayonnante, a été conduit i cette vérité que la transparence des corps pour la chaleur est différente de la transparence proprement dite. Quant aux corps transparents, il y en a , comme l'alun , qui ne laissent point passer de la chaleur rayonnante d'un fil de platine incandescent, tandis que le sel gemme en laisse passer une très grande quantité; de là la distinction des corps en corps diatbermanes et corps athermaoes. Les expériences de M. Melloni

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tendent encore a démontrer 1° que I* chaleur rayonnante émanée d'une source de chaleur eit formée de divers rayons, en proportions variables, de même que la lumière est composée de rayons colorés; 2« qu'il existe des substances qui laissent passer certains rayons , et d'autres qui les arrêtent.

La chaleur se réfléchissant comme la lumière , suivant les mêmes lois, on a cherché comment variait le pouvoir réfléchissant suivant l'état de la surface et la nature du corps. Outre ce pouvoir on a encore étudié le pouvoir émissif et le pouvoir absorbant. Le premier est cette faculté que possède un corps chauffé d'émettre de la chaleur par voie de rayonnement dont la quantité varie suivant l'inclinaison du même rayon ; le second est la propriété que possède un corps d'absorber de la chaleur qui lui est transmise par voie de rayonnement. Le pouvoir émissif est inverse du pouvoir réflecteur. La chaleur, outre la propriété d'être réfléchie, émise et absorbée par un corps, possède encore, comme la lumière, celle d'être polarisée, faits qui concourent i établir son identité avec elle. Toutes les questions mathématiques relatives à la transmission de la chaleur dans les corps placés sous l'influence de causes extérieures d'écbauflement et de refroidissement ont été résolues par Fourier, puis développées et complétées par Laplace et Poisson.

La transmission de la chaleur par contact et sa propogation dans les corps sont des questions importantes qui ont beaucoup occupé les physiciens.

La loi de la propagation est celle qui indique comment la chaleur varie d'une tranche k une autre. On l'a déterminée pour un certain nombre de corps; les métaux sont en première ligne , tandis que les substances composées de filaments très Ans, tels que le coton , la laine, la paille, etc., occupent le dernier rang.

Les liquides sont, en général , peu conducteurs. Cette faculté est très difficile k étudier dans ces corps en raison du déplacement de leurs molécules. 11 en est de même de l'étude de la chaleur rayonnante i l'égard des gaz.

L'échaufTement et le refroidissement des corps sont soumis à des lois dépendant des

milieux ambiants. Si le corps est placé dans le vide , ce phénomène est dû uniquement au rayonnement; s'il se trouve dans l'air ou dans un gaz, il se refroidit, en outre, en raison de son contact avec ces gaz. Newton est le premier qui se soit occupé de cette question. Il avait posé en principe qu'à chaque instant, la quantité de chaleur perdue par un corps était proportionnelle à l'eieês de la température de ce corps sur celle du milieu ambiant; mais cette loi ne se vérifie qu'autant que les différences de température ne dépassent pas 20* à 30*.

Depuis Newton, divers pbjsiciens se sont occupés de la même question; en 1817, Petit et Dulong publièrent un travail complet sur les lois du refroidissement des liquides dans le vide et dans les gaz. Ces lois ont montré que la nature de la surface est sans influence sur les pertes de chaleur dues au contact seul des gaz. Pour un même gaz sous la même pression , mais à des températures différentes , les pertes de chaleur sont les mêmes pour les mêmes différences de température. Ces lois s'appliquent aux corps solides de petite dimension.

Le volume d'un corps augmeote ou diminue lorsque ce corps reçoit ou perd la chaleur. Cn grand nombre de physiciens, parmi lesquels nous citerons Laplace, Lavoisier, Ramsden, Roy, Dulong et Petit, se sont occupés de la dilatation des corps. Les deux premiers avaient annoncé que les corps se dilataient uniformément de 0* à 100". Petit et Dulong, qui ont mis plus de précision dans leurs espériences, ont trouvé que pour un même degré la dilatation croissait avec la température; mais que de 0* à 100* cet accroissement était insensible , et qu'il devenait considérable de 0* à 300*.

Les liquides se dilatent et se contractent comme les solides par l'effet de la chaleur; c'est sur cette propriété que sont fondés les thermomètres destinés à comparer les diverses quantités de chaleur sensible que possède un corps. Nous décrirons ces instruments et tout ce qui les concerne au mot TBnioitm. Quant à la dilatation des gaz , on avait admis qu'ils se dilataient tous de la même quantité entre les mêmes limite r de température, et que cette dilatation dan > ces mêmes limites était indépendante de la densité primitive du gaz. Suivant M. Re

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gnault, cet loi* sont mie* 1 U limite, c'està-dire lorsque l'on preod les gaz dans leur plus grand état de dilatation, et quand leur état gazeux est parfait.

De la Chaleur spécifique. Deux corpa quelconques n'exigeant pas ia même quantité de chaleur pour être élevés à la même température, on a dû rechercher le rapport de ces quantités, lequel caractérise la chaleur spécifique. Parmi les physiciens qui ont traité celte question, nous citerons Wilke, Crawford, Gadolin, Meyer, Dation, Lavoisier et La place, Dulong et Petit, de ia Bocbe et Bérard, Neumano , Avogadro, Mercet, de la Bive. 04 enfin M. Kegnauit.

Petit et Dulong avaient été conduits à ce résultat, que tous les atomes possèdent exactement la même capacité pour la chaleur; mais, à l'époque ou cette loi parut, les poids atomiques des corps n'étaient pas bien fiiés; on avait à opter entre plusieurs nombres : Dulong et Petit crurent devoir prendre précisément les poids atomiques qui convenaient le mieux à la loi qu'ils voulaient produire. U n'en est plus ainsi aujourd'hui en raison des progrès de la chisaie ; aussi la loi annoncée ne se vériûe-t-elle pas à beaucoup près d'une manière aussi satisfaisante. Néanmoins, M. Regnault , qui a cherché la chaleur spécifique d'un grand nombre de corps, l'adopte comme approchant de la vérité , et par cette considération que les poids atomiques des substances simples, sur lesquelles on a opéré, varient de 200 à 1,400, tandis que les produits des poids atomiques par les chaleurs spécifiques resteot compris entre 38 et 42, limite aasez restreinte. La détermination de la chaleur spécifique des gaz présente plus de difficultés que celle qui

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d'une part, que celle chaleur est toujours très faible , et que, de l'autre, on peut l'envisager sous deux points de vue : 1" quand la pression reste constante, et que le gai en l'échauffant peut se dilater; 2° lorsque le volume reste constant, et que la force élastique augmente avec le vapeur. MM. de la Roche et Bérard trouvèrent, en 1813, que les capacités calorifiques des gaz simples , à pression consume et à volumes égaux, sont les mêmes. On est parti de là pour conclure que les atomes des gaz simples , dans les mêmes circonstances, devaient avoir la t. x.

capacité, par ia raison que les gat, è la même température et sous la même pression, devaient contenir, probablement pour le même volume , le même nombre d'atomes. MM. de la Bive et Marcet ont déterminé la chaleur spécifique des gaz à volume constant; mais te procédé dont ils ont fait usage n'est pas i I abri de tonte objection.

M. Gay-Lussac, qui a recherché les varia» lions des capacités calorifiques des gaz , a reconnu que le rapport de la capacité ca- , lorifique à pression constante, à la capacité [ du même gaz à volume constant, ne change pas avec ia pression et la température , et que la capacité calorifique augmentait avec la température.

Des Vapeurs. Toutes les fois qo'un liquide est abandonné à lui-même dans le vide , dans l'air ou dans un gaz quelconque, il se dissipe, en plus ou moins de temps, sous

les huiles grasses, sont privés de cette propriété. Toutes les fois que le liquide se trouve dans le vide, il émet instantanément toute la vapeur qu'il peut former à la température è laquelle on observe ; la force élastique de cette vapeur est indépendante de l'espace qui la renferme. La vapeur, sur un excès de liquide, n'augmente ni de densité ni de force élastique par la pression ; s'il n'y a pas assez de liquide pour que la vapeur sature toot l'espace, celle-ci se dilate comme un gaz. La force élastique de la vapeur croit plus rapidement que celle du gaz permanent.

De nombreuses expériences ont été faites pour déterminer la tension de la vapeur à diverses températures; nous citeront, parmi les physiciens qui se sont occupés de cette importante question, Dation, Clément, Dulong, M. Arago et M. Regnault.

En recherchant le rapport entre le poids d'un certain volume de vapeur , et le même volume d'air à la même pression et i la même température, on trouve qne ce rapport est constant pour la même nature de vapeur.

La densité des vapeurs a été déterminée! sous diverses pressions : on a appelé densité absolue de la vapeur formée par un liquide le nombre constant qui exprime le rapport de deux volumes égaux de vapeur et d'air ,

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à la même pression et à la même température.

On a déterminé également la capacités caloriques des vapeurs comme celles des gai permanents; on doit à Dalton l'étude des phénomènes produits dans le mélange des gaz et des vapeurs. Il a reconnu : 1* que les vapeurs qui se développent dans les gaz ne saturent pas instantanément l'espace occupé par le gaz ; 2° que la force élastique d'un mélange de gaz et de vapeur est égale à la force élastique du gaz, plus celle de la vapeur, qui se développerait dans le vide, à la même température; 3* que la quantité de vapeur qui se forme dans un gaz est égale à celle qui se formerait dans un même espace vide, à la même température.

De l'Hygrométrie. L'hygrométrie est la partie de la Physique qui détermine les différents degrés d'humidité de l'air à l'aide d'instruments nommés hygromètres ou bydroscopes. On appelle -état hygrométrique de l'air le rapport entre la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air et celle qui s'y trouverait , si l'air était complètement saturé. On doit a M. Gay-Lussac la détermination de la force élastique de la vapeur correspondante aux degrés de l'hygromètre, à la température de 100° centigrades, exprimée en centièmes de la tension à saturation. A l'aide de ces résultats, on peut déterminer facilememt le poids de la vapeur renfermée dans un volume d'air donné , quand on connaît la température et le degré de l'hygromètre.

Des phénomènes produits dans les changements d'état des corps. Quand les corps changent d'état, il se produit une foule de phénomènes dont la connaissance intéresse au plus haut degré la Physique générale et les arts. Nous mentionnerons seulement quelques uns de ces phénomènes.

Quand un corps se refroidit , il se contracte , mais l'eau ne Jouit de cette propriété que jusqu'à 4* seulement; puis, audessous de cette température, le volume de l'eau augmente jusqu'au terme de la congélation , où il prend alors un grand accroissement, qui est le 0,07 de volume à 0*. Tous tes physiciens qui ont étudié ce phénomène n'ont pas trouvé le maximum de densité au même degré. Quand l'eau est privée d'air, on peut faire descendre la température jusqu'à

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6* au-dessous de 0, sans qu'elle se congèle M. Despretz a reconnu que toutes les dissolutions ont un maximum de densité dont la température s'approche d'autant plus du terme de la congélation que la quantité de matière dissoute est plus grande. Un liquide, quand il passe à l'état de vapeur, produit des effets divers , dont nous allons indiquer les principaux : la température de l'ébullition varie avec la pression de l'atmosphère ; l'eau entre en ébullition à des températures plus élevées dans des vases de terre et de verre que dans des vaisseaux métalliques; la différence est quelquefois de l* à t°,5. Le terme de l'ébullition de l'eau dépend de la nature des substances qu'elle tient en dissolution.

Quand les vases sont clos, la température à laquelle commence l'ébullition est d'autant plus élevée que la pression est plus grande ; dès lors la force élastique de la vapeur croit dans un certain rapport. La vapeur qui se forme relarde l'ébullition jusqu'à une certaine température , à laquelle tout le liquide se vaporise. Cette température est celle pour laquelle la densité de la vapeur est égale à la densité du liquide multiplié par le rapport du volume du liquide à celui du vase. La chaleur employée pour maintenir les liquides à l'état *» vapeur a été nommée cbaleur latente ; elle a été déterminée pour l'eau avec le plus grand soin par divers physiciens.

De la Pesanteur.

La force en vertu de laquelle le soleil agit sur les planètes, les planètes sur les corps qui se trouvent dans leur sphère d'activité , • été appelée pesanteur. Quand cette force agit à de petites distances, on l'appelle attraction moléculaire , affintté. Nous avoos. traité avec de grands développements tout ce qui est relatif à la pesanteur ; nous y renvoyons le lecteur. Nous ne parlerons seulement que du mouvement des liquides et des gaz, dont il n'a pas été fait mention.

Quand un liquide renfermé dans un réservoir s'écoule par une ouverture à minces parois , les diverses parties de ce liquida sont assujetties à des mouvements particuliers , que l'on observe en répandant dan* ce liquide des corps d'un petit volume et d'une faible densité. Dès l'instant que l«

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liquide commence à sortir, on voit les molécule* liquides se mouvoir verticalement Jusqu'à quelques centimètres de l'orifice ; «près quoi elles se dirigent vers lui. Or, il doit toujours passer dans le même la même quantité de liquide pour toutes les tranches horizontale* , à chaque instant la vitesse moyenne dans chacune de ces tranches doit être en raison inverse de sa surrace. Pendant que l'écoulement a lieu, le liquide n'est pas toujours terminé par une surface horizontale. Bi le jet sort verticalement par un orifice placé au fond , et que te niveau soit descendu à une petite distance de l'orifice, le liquide s'écarte de l'axe de ce dernier, et forme un entonnoir dont le sommet répond à son centre. Quant i l'écoulement par des orifices à minces parois et à la constitution des veines liquides , les phéuomènes sont tellement complexes que nous renvoyons , pour leur description , aux travaux de Savart sur ce sujet. Les expériences que l'on a faites pour déterminer la dépense par des orifices percés en minces parois ont conduit aux résultat* suivants : quand la hauteur du liquide est constante, 1° la forme de l'orifice est sans influence, à moios que son contour ne présente de* angles rentrants ; 2* pour des orifices percés en minces parois , dont le diamètre excède 40 millimètres, la section contractée est à peu pré* égale i 0,6 de la surface de l'orifice ; 3° pour les orifices très petits , la section contractée est un peu plu* grande, probablement parce que l'épaisseur de la paroi devient alors sensible, et qu'il se produit un effet analogue à celui qui résulte des ajutages ; 4* avec le même orifice la dépense est plus grande, quand la surface dans laquelle il est percé est concave en dedans, que lorsqu'elle est plane, et c'est le contraire quand cette surface est convexe.

Quant au choc des veines contre des obstacles fixes ou au choc des veines entre elles, il faut consulter les travaux de 5a-

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Les ajutages sont des tuyaux additionnels placé* *ur l'orifice d'écoulement. 11 peut se taire que la veine passe sans toucher l'ajutage ou en le touchant. Dans le premier cas, la dépense n'est point changée ; dans le second, l'écoulement te fait alors à plein orifice. Dans les tuyaux capillaires , la vitesse

est beaucoup plus diminuée que dans le* tuyaux dont le diamètre a une certaine dimension , en raison du frottement qui agit directement sur le liquide adhérent anx parois.

Quant au mouvement des corps gaxeux , il est dû à plusieurs causes : à l'action de la chaleur; au mouvement des corps solides ou liquides qui leur transmettent une partie dt> leur vitesse ; enfin i la compression. Ces diverses causes produisent des effets particuliers que nous ne pouvons décrire ici.

Des phénomènes capillaires. Toutes les fois qu'un corps solide est en contact avec un liquide capable de le mouiller, il se manifeste aussitôt une action attractive, eo vertu de laquelle il y a adhérence entre les deux corps. Cette action a la plus grande analogie avec celle qui produit les affinités , puisque, dans certains cas, elle peut opérer des décompositions chimiques. On étudie particulièrement ce phénomène eo plongeant un tube de verre à ouverture capillaire dans un liquide qui le mouille. On voit aussitôt le liquide s'élancer dans l'intérieur, et y demeurer suspendu i une hauteur dépendante du diamètre du tube et de la nature du liquide; la surface qui termine ce dernier à la partie supérieure est concave, la surface du liquide à l'extérieur s'élève également au-dessus de son niveau dans les parties contigué* au tube, de manière A former à l'entour une surface annulaire concave.

Au lieu d'un tube , si l'on plonge une lame de verre , la partie adjacente du liquide s'infléchit en se relevant vers chaque face, de manière à former une surface annulaire concave. Si l'on emploie dans l'expérience du tube un liquide qui ne mouille pas , tel que le mercure , les changements de figure et de position que subit la surface du mercure se font en sens opposé, c'est-à-dire que le mercure s'abaisse au-dessus de son niveau et que sa surface supérieure est convexe. Un même liquide dans différents tubes homogènes, capables d'être mouillés par lui, s'élève à des hauteurs qui sont à très peu près en raison inverse du diamètre des tubes. L'abaissement du mercure au-dessous de son niveau suit la même loi. L'expérience montre encore que les hauteurs auxquelles s'étèvent différent* liquide* dans

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raison de leur

le» tube» ne ■

densité.

Pendant longtemps, on ne put donner une explication satisfaisante des phénomènes capillaires qui fuient successivement l'objet de recherches de le put de Descertes , de Neuton et de Glairaut. Leplace a donné la véritable théorie en a'appuyant sur ce principe que l'action des parois s'exerçait à des

du ménisque devait être prise en cousidéjatien. Il est parvenu ainsi à obtenir l'équaliou de lé surface dans son état d'équilibre, et il a pu déduite de l'analyse mathématique tous les phénomènes généraux des tubes capillaires , produits soit dans les tubes , toit entre deux lames situées parallèlement l'use à l'autre a une très petite distance, ou réunis par un de leurs bords de manière à comprendre entre elles un très

La théorie explique aussi facilement les attractions et répulsions apparentes de deux petits oarps qui Douent sur un liquide et à peu de distance l'un de l'autre.

Le théorie de Laplace e été complétée par Thomas Young et Poisson.

De r Acoustique.

Jadis l'acoustique ne l'occupait que des sons ou des vibrations perceptibles à l'ouïe, mais aujourd'hui cette branche de la physique s'est considérablement agrandie, puisqu'on y comprend encore l'étude des vibrations résultant des propriétés moléculaires des corps , indépendamment de la sensation qu'elles produisent sur l'ouïe : c'est particulièrement celle dernière partie de l'acousu que qui doit intéresser les sciences naturelles , attendu qu'elle fournit des principes servant à étudier la constitution moléculaire des corps.

Les sons sont produits par des vibrations ou ébranlements successifs plus ou moins prolongés: ces vibrations se communiquent à tous les corps avec lesquels le corps ébranlé est en contact, ainsi qu'à l'air qui sert d'intermédiaire pour arriver jusqu'à l'organe de l'ouïe. La sensation du son dépend donc communiqués à la m cm tympan par l'intermédiaire de l'air ou des fluides dans lesquels elle est plongée. Les sons étant plus ou moins aigus selon

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que le nombre des vibrations est plus ou moins rapide, on a imaginé des moyens exacts pour mesurer le nombre des vibrations qui produisent un son. Les appareils le» plus parfaits sont lasjrène de M. Cagniard- Latour et l'appareil à quatre roues dentées de M. Savart, dont l'une contient 20© dents, la seconde 250 , la troisième 300 et la quatrième 400; système avec lequel on produit la sensation d'un ton , de sa tierce , de sa quinte et de l'octave, en choquant les dents avec un corps quelconque, quand elle* sont animées toutes d'un même mouvement de rotation.

La vitesse du son a occupé à pl'uictm reprises les diverses académies de l'Europe, parliculièrer/ent l'Académie des seienees; en 1738, les membres de cette dernière déterminèrent la vitesse du son entre Montmartre et Montlhéry, distants l'nn deTantre de 29,000 mètres; le signal était donné par des coups de car on, et des observateurs placés à différentes distances sur la même ligne droite marquaient le temps écoulé depuis l'apparition de fa lumière Jusqu'à l'arrivée du son. On déduisit de ees expériences les résultats suivants : !• la ritwse du son est uniforme, c'est-à-dire, q«>o général, l'espace parcouru est proportionnel au temps ; 2° la vitesse est la même que le temps soit couvert ou serein , dair on brumeux, que la pression atmosphérique soit grande ou petite, pourvu que l'air soit tranquille; mais que, si Pair était agité par le vent, la vitesse du vent, décomposée suivant la direction de !a figue sonore , augmenterait ou diminuerait de toute sa valeur la vitesse du son; 3* »a ritesse^ do son à la température de 6* est de 331 .1»

par seconde.

Les expériences faites en 1822 par je Bureau des longitudes dans les mêmes localités, admettent que la vitesse du ion est de 340*88 par seconde, à la température de 16° centigrades.

Les ondes sonores éprouventune réflexion partielle ou totale comme la lumière et d ou résultent les échos sut mer. Les nuages forment quelquefois échos ainsi que les voiles d'un bâtiment éloigné. Les ondes lonor»

sont également réfléchies dans une atmosphère sans nuages, lorsque toutes les parties ne sont pas également échauffée*.

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Nous passons sous silence la perception et la comparaison des sons et les vibrations des colonnes d'an- renfermé dans les tuyaux des corps rigides, des verges, etc., pour dire quelques mots des vibrations des veines fluides.

L'écoulement des liquides par des orifices circulaires en minces parois donne naissance à des colonnes en vibration , phénomène dont Savait a fait une étude spéciale. Une veine fluide se compose (Tune partie limpide, fixe et continue, et d'une portie trouble qui offre des renflements séparés par des nœuds ou étranglements également espacés. Cette partie trouble est discontinue.

Le Jet est soumis i des alternatives périodiques, et on peut le comparer à une corde qui vibre, comme on peut s'en assurer, en approchant l'oreille de ce Jet. On entend alors un son ires faible si l'on reçoit le Jet •nr une membrane; la chute successive des gouttes d'eau produit on son fort , qui est bien celui de la veine , car, en le recevant sur des corps très différents , il reste toujours le même. Si Ton fait rendre ce même son à un instrument mémo à une très grande distance, on voit alors les rentres de la veine remonter aux dépens de la partie continue, et l'on remarque alors une extrême sensibilité dans le Jet. La périodicité de l'écoulement se fait également apercevoir sur la partie limpide de la veine , car, si on éclaire une partie, on y remarque des agitations très régulières et rapides qui démontrent ce qui se passe i l'orifice

Les recherches sur les vibrations des corps solides ne peuvent manquer d'avoir un grand intérêt en raison des notions qu'elles peuvent nous donneT «tir l'arrangement des molécules dans les corps. Savart est parvenu effectivement à reconnaître au moven des vibrations, les aies différents d'élasticité dans un même corps, ainsi que plusieurs de leurs propriétés physiques.

Jusqu'ici on a supposé que les lames, distues ou autres corps vibrants étaient parfaitement homogènes, et que les figures nodales, composées de points qui ne vibrent pas, que présentaient les plaques circulaires, par exemple , dépendaient de points fixes ou de pointa ébranlés; mais il n'en est pas

ainsi. Les cristaux et les métaux purs sont les corps qui font entendre une plus grande d i ff érence de sons, suivant les poin ts ébranlés. Cette différence dans les sons produits, due à des différences dans les axes d'élasticité, a finît naître i Savart ridée de recherches intéressantes sur l'élasticité des corps qui cristallisent régulièrement, afin d'acquérir de nouvelles notions sur la structure intime des eorps.

En appliquant ainsi la production des vibrations à différents corps cristallisés régulièrement et confusément, tels que les métaux, le verre, le soufre, le cristal de roche, la chaux earbonatée, la chaux sulfatée, le plâtre, etc., Savart a trouvé que, dans une même masse de métal qui, au premier abord, parait homogène, les lames, prises suivant différentes directions, ne donnent pas les mêmes modes de division de lignes nodales. Si l'on taille, par exemple, une lame dans un prisme de cristal de roche i peu près parallèlement a l'aie et non parallèlement à deuxfaces de l'hexaèdre, on peut seulement, i Taide des figures acoustiques, distinguer quelles sont les faces de la pyramide qui peuvent se cliver. Quelle que soft la direction des lames, Taxe optique ou sa projection sur leur plan occupe une position qui est liée intimement avec l'arrangement des lignes acoustiques.

Cette substance , d'après M. Savart, ne peut être mise au nombre des substances à trois axes rectangulaires, et inégaux d'élasticité, ni au nombre de celles dont les parties sont arrangées symétriquement autour d'une ligne droite, mats doit renfermer trois systèmes d'axes ou de lignes principales d'élasticité dont il a déterminé la direction. Ce simple exposé montre que l'arrangement des figures acoustiques et les vibrations sonores qui les accompagnent sont toujours intimement liées avec les directions du clivage dans chaque lame. (Test ce rapport que Savart n'a pu déterminer que dans quelques substances et qui nous laisse entrevoir les services que Ton peut attendre de l'acoustique pour l'avancement de la Physique moléculaire. Aussi est-il permis de croire que l'on parviendra, au moyen des vibrations sonores, à déterminer la forme primitive de certaines substances opaques qui ne se prêtent pas à la division mécanique et dans l'in-

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lérieur desquelles on ne peut introduire UD faisceau de lumière polarisée.

De VÉUclricUé.

Lorsque Du fa y eut découvert, en 1733 , ks deux électricité* jouissent de cette propriété que les électricités de même nature se repoussent , et q ne celles de nature contraire s'attirent ; quand la machine électrique eut reçu de grands perfectionnements , on put alors se procurer une quantité suffisante d'électricité pour étudier quelques unes de ses propriétés physiques, entre autres celle d'enflammer les corps combustibles. En 1747, Franklin commençait des eipériences pour démontrer l'identité de la foudre et de l'électricité , identité qui fut démontrée en France, en mai 1752 , par Dalibart, et en Amérique, en Juin de la même année, par Franklin lui-même, à l'aide d'un cerf-volant lancé dans les nuages. Le philosophe américain ne tarda pas à découvrir le pouvoir des pointes, dont il fit l'application aux paratonnerres. Il essaya de ranger ensuite dans un ordre méthodique tous les faits dont l'électricité venait de s'enrichir à l'aide d'un système qui a encore des partisans , bien qu'il ne satisfasse plus aux besoins de la science . et dont voici le principe fondamental : les effets de l'électricité sont le résultat du mouvement d'un fluide particulier qui agit par répulsion sur ses propres molécules , et par attraction sur telles de la matière; il eiiste dans les corps une certaine quantité de fluide à l'état ratent , et si celte quantité est augmentée , le corps est électrisé en plus ; si elle est diminuée, il est électrisé en moins. L'électricité devint alors si populaire , surtout après la découverte de la bouteille de Leyde, que l'on vit passer les appareils électriques du cabinet du physicien sur la place publique entre les mains du bateleur.

Les effets électriques par influence et leurs applications occupèrent vivement les physiciens.

Coulomb, de 4785 à 1786, en découvrant les lois des attractions et répulsions électriques a l'aide de la balance de torsion , lois qui sont les mêmes que celles qui régissent le mouvement des planètes autour du soleil , fit Taire un grand pas à l'électricité statique.

En 1790, le hasard , mais an de ces hasards heureux , conduisit Galvani à découvrir tes contractions produites dans les animaux par le contact de deui méuui différents en communication avec les muscles et les nerfs. Vol ta annonça que l'effet était produit par l'électricité dégagée au contact des deux métaux et non, comme le pensait Galvani , à l'eiistence d'une électricité propre aux animaux , laquelle passait des muscles aux nerfs par l'intermédiaire de l'arc métallique. La lutte qui s'éleva alors entre Galvani et Voila conduisit ce dernier , en 1800, à la découverte de la pile, le plus admirable instrument que les sciences aient produit. Peu de temps après, Nicholsonet Carlisle décomposèrent l'eau et les sels au moyen de la pile ; on se mit alors à l'œuvre dans toute l'Europe pour étudier les phénomènes chimiques , calorifiques et physiologiques de l'électricité. En 1806, Davy commença la publication de ses travaui sur l'électro-chimie ; deux ans après, préoccupé de l'idée qu'avec l'électricité on parviendrait à vaincre les plus fortes affinités, il retira des alcalis, au moyen de l'électricité, le potassium et le sodium , radicaux de la potasse et de la soude qui ne sont que des oxydes.

Wollaston s'attacha à démontrer l'îdendité de l'électricité ordinaire avec celle fournie par la pile.

Poisson enchaîna par l'analyse mathématique tous les faits relatifs à l'électricité statique que Coulomb et d'autres physiciens avaient observés ; il déduisit de ces calculs que la tension de l'électricité a l'eitrémité d'un cône deviendrait infinie si l'électricité pouvait s'y accumuler. Le pouvoir des pointes Tut ainsi démontré par le calcul.

Jusqu'en 1820, la science électrique se trouvait dans un état stalionnaire lorsqu'on apprit que M. OErstedt, professeur de physique à Copenhague, venait de découvrir qu'une aiguille aimantée, placée à peu de distance d'un fil de métal joignant les deux extrémités d'une pile, éprouvait, de la part de ce fil, une action révolutive. Immédiatement après cette découverte fondamentale , Ampère se livra i une suite remarquable de recherches expérimentales et théoriques sur les lois de ce phénomène , recherches qui lui ont servi à jeter les bases de l'élec-

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tro-dynamique. De 1821 à 1822, H. Seebeck découvrit les phénomènes thermo-électriques en montrent qu'une différence de température entre les deux soudures d'un circuit fermé, composé de deux métaux différents, produisait uo courant électrique.

De toutes parts on se mit a étudier les phénomènes électro-dynamiques et électrochimiques. M. Auguste de la Rive est un de ceux dont les travaux ont eu constamment pour but de combattre la théorie du contact de Volta , en cherchant a prouver qu'un contact qui n'est suivi d'aucune action mécanique, chimique ou calorifique, ne saurait donner lieu à un dégagement d'électricité.

L'action des aimants sur tous les corps avait déjà attiré l'attention de Coulomb au commencement de ce siècle , mais elle acquit un nouveau motif d'intérêt quand M. Arago découvrit, en 1825, ce fait remarquable que l'amplitude des oscillations d'une aiguille aimantée est influencée par le voisinage des substances métalliques qui l'entourent, et que les oscillations ne diminuent pas dans leur vitesse , mais dans leur amplitude, il fut conduit ensuite au Tait suivant non moins remarquable: quand on place une aiguille aimantée librement suspendue au-dessus d'un disque de cuivre auquel on imprime un mouvement de rotation , l'aiguille se dévie d'un angle d'autant plus grand que le mouvement est plus rapide.

Ces phénomènes restèrent ineipliqués Jusqu'à ce que M. Faraday, en découvrant les courants électriques produits par l'influence des aimants ou des courants électriques dans des conducteurs voisins , eut Jeté un grand Jour sur les rapports existant entre les aimants et les courants électriques; Is production du courant d'induction était une vérification des vues théoriques de M. Ampère sur les aimants et une eiplication très simple des phénomènes découverts par M. Arago. Peu de temps après la découverte d'OErstedt, on s'occupa en France, sans interruption jusqu'à ce jour, de l'électro-cbimie sous un point de vue nouveau. On s'attacha d'abord à trouver les lois du dégagement de l'électricité dans toutes les actions chimiques et les actions moléculaires, on prouva par des expériences incon-

testabtes que la plus faible action chimique donnait lieu à un dégagement d'électricité appréciable.

On croyait du temps de Davy que pour obtenir de grands effets de décomposition , il fallait employer des courants énergiques; on démontra que cette condition n'était pas indispensable et qu'on arrivait au même but avec de très raibles courants fonctionnant continuellement.

Davy n'avait songé qu'à décomposer éleetro-chimiquement les corps ; on fit jouer un autre rdle à l'électricité en la faisant servir à la formation de composés insolubles et de substances analogues à celles que l'on trouve dans la nature. Il suffit pour cela d'opérer avec des actions lentes.

Le but de tous ces travaux a été de Jeter les bases de l'électro-chimie , partie des sciences physico-chimiques qui fait concourir l'action de l'électricité dégagée dans les plus faibles réactions chimiques avec celle des affinités, pour augmenter ou diminuer l'énergie de ces dernières, de même que l'on emploie la chaleur pour vaincre la force d'agrégation et provoquer le jeu des affinités dans des circonstances où elles ne se manifestent pas.

L'application de l'électricité soit à la chimie, soit à la géologie, soit aux arts, exigeait que l'on eût des piles douées d'une force constante ou, du moins, qui n'éprouverait que de faibles variations dans un certain laps de tempe. On fit connaître des principes simples à l'aide desquels on atteignait ce but. Ce principe a été mis en pratique pour construire des piles à courants constants de diverses espèces.

En étudiant les effets électriques produits dans l'action chimique de la lumière solaire, on a été conduit à ce fait remarquable, contraire à la théorie de Voila, que lorsqu'une substance agit sur une autre, sous l'influence de la lumière solaire , il se produit des effets électriques qui cessent aussitôt que cette influence n'a plus lieu, bien que le contact subsiste toujours. D'où l'on déduit qu'un contact qui n'est pas suivi d'une action chimique ne saurait troubler l'équilibre des forces électriques.

Le dégagement de l'électricité dans toutes les circonstances possibles a toujours été un sujet d'étude de la part de tous les physt-

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ciem ; aussi n'ont-ils pas été peu étonné en apprenant que M. Armstrong avait découvert, en 1940, un dégagement considérable d'électricité dans un jet de vapeur sortant d'une chaudière. L'analyse que l'on a faite de ce phénomène prouve que l'effet est produit par le frottement de l'eau entraînée avec la vapeur contre la paroi de l'orifice.

Les applications de l'électricité aui arts tieoneot une place importante dans l'histoire de l'électricité dans ces derniers temps. Ces applications sont relatives aux traitements des minerais d'argent, de cuivre et de plomb, à la galvanoplastie, à la dorure et i la télégraphie.

Le traitement électro-chimique des minerais n'a encore été eiéeuté que sur une petite échelle , attendu qu'il eiige l'emploi du sel marin en grande abondance, et par conséquent à bas prix, ce qui n'est pas toujours facile à obtenir dans les localités où il existe des mines; mais on peut être assuré que dans la suite des temps, lorsque la rareté du combustible, conséquence des défrichements et de l'épuisement des houillères, se fera sentir, alors le traitement électro-métallurgique rendra de très grands services.

On s'est disputé l'honneur de la découverte de la galvanoplastie; mats M. Jaeobi est celui qui a fait les premières publications touchant ce nouvel art. Il a annoncé, en effet, dans une lettre à AI. Faraday, antérieurement à tout autre écrit, qu'il était parvenu à obtenir des copies en relief et en creui d'une planche de cuivre gravée, avec une exactitude telle , que les lignes les pins délicates étaient reproduites avec une rare perfection.

M. de la Rive est le premier qui ait songé et réalisé l'idée d'appliquer l'or sur les métaux au moyen des appareils électro-chimiques simples. Sa dorure néanmoins ne satisfaisait pas aux exigences de l'industrie; la dissolution dont il faisait usage ne le lui permettait pas. M. Elkington fit faire de grands progrès è cet art , en indiquant comme convenant parfaitement 4 la dorure électro-chimique les aura tes alcalins et les doubles cyanures.

Aujourd'hui on applique sur les métaux non feulement l'or, mais encore l'argent,

divers autres métaux, et do oxydes métalliques.

L'application de l'électricité a fa télégraphie a occupé les physiciens pendant une quarantaine d'années , mais sans succès.

II. Wheastone est le premier qui ait montré la possibilité de transmettre, è de grandes distances, des mots, des phrases avec simplicité et économie , au moyen d'un double appareil électro- magnétique en communication, i l'aide de deux fils métalliques, et fonctionnant de telle manière, qu'on observe è la station d'arrivée , sur un cadran, au moyen d'une aiguille, les lettres correspon-

Idant i celles sur lesquelles on a placé l'aiguille du cadran de l'appareil delà station de I départ.

La phosphorescence a été étudiée dans se» rapports avec l'électricité, de »or le qu'aujourd'hui on est conduit à M supposer une origine électrique ; en «flet, il est démontré que le dégagement de l'électricité a Heu toutes les fois que les molécules des corps éprouvent un dérangement quelconque soie dans leur constitution, soit dans leur groupement. Or, ce dégagement est toujours accompagné d'une recomposition desdeux fluides, qui peut être suivie, selon la nature des corps et la quantité d'électricité devenue libre, d'une émission de lumière et de chaleur, même lorsque les molécules ne sont pas séparées. Il s'ensuit que lorsque ces molécules sont ébranlées ou séparées par la percussion, la chaleur, l'action chimique oo le choc électrique, il peuty ■voir également émission de lumière. Or, comme ces causes sont précisément celles qui produisent la phosphorescence, on est naturellement porté à en inférer que celle pbospboresreace est d'une origine élertrique.

Les phénomènes physiologiques de l'électridlé n'ont point cessé d'occuper les physiciens depuis Galvani, avec plus ou moins de succès, notamment par MM. Marieoim et Matteucci, mais sans qu'il en soit résulté jusqu'ici des découvertes importantes pour la physiologie. Il faut en escepier toutefois les phénomènes de la torpille, euiquels on

n'avait fait jusque là que soupçonner.

En examinant les causes qui ont concouru à l'avancement de l'électricité, on ne

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quatre périodes pendant chacune desquelles celle partie de la physique a reçu une certaine impulsion , conséquence de la découverte qui caractérise chacune de ces périodes.

Première période depuis les temps les plus anciens, où Ion ne connaissait que le pouvoir attractif de l'ambre ou succio, et de quelques substances , jusqu'à la découverte des deux électricités.

Deuiième période, comprenant tout ce qui a été trouvé depuis la fin de la première période jusqu'à la découverte de la pile.

Troisième période, comprenant tout ce qui a été découvert depuis la pile jusqu'à l'électro-magnétisme.

Quatrième période ; elle commence à la découverte d'OErsted, et se termine à notre époque. Cette découverte a eu pour conséquence : la détermination des lois qui régissent les attractions et répulsions des courants électriques ; l'analyse des effets électriques produits dans les actions chimiques et de l'action définie de l'électricité; la construction de la pile à courant* constants, sans laquelle les forces électriques ne pourraient être appliquées aux besoins des arts et de l'industrie; enfin la substitution de l'électricité à petite tension , à l'électricité à forte tension, non seulement pour décomposer les corps, mais encore pour les recomposer. L'impulsion donnée à l'électricité pendant cette période est telle, qu'on ne peut savoir où elle s'arrêtera , et quetles en seront un jour les conséquences pour la Physique, la chimie et les sciences naturelles.

Dm Magnétisme.

Les anciens avaient observé des propriétés de l'aimant, auquel ils attribuaient des vertus médicinales. Il parait que les Chinois avaient des connaissances plus étendues que les Grecs et les Romains sur les .propriétés de l'aimant naturel et artificiel ; car on prétend que plusieurs siècles avant l'ère chrétienne ils savaient qu'une aiguille aimantée librement suspendue se dirigeait sensiblement du nord au sud. On n'est pas bien certain de l'époque où cette propriété fut connue en Europe; on sait seulement que, dès 1497, Vasco de Gama , navigateur portugais, fit usage de la boust. x.

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sole lors de ses premières expéditions dans l'Inde.

La déclinaison de l'aiguille aimantée, observée avant le xv* siècle , n'a bien été constatée et étudiée que dans le xvi*.

L'inclinaison aété découverte en 1576 par Robert Norman. La construction des barreaux aimantés, dits aimants artificiels, ont été un objet de recherches de la part d'un grand nombre de physiciens, particulièrement d'OEpinu* etdeCoulomb. Le fer n'est pas le seul métal jouissant de la propriété magnétique; le nickel et le cobalt sont aussi dans le même cas. Les physiciens s'attachèrent particulièrement, dans le siècle dernier, à donner aux aimants artificiels le maximum d'intensité magnétique; la théorie du magnétisme ne prit toutefois un certain développement que lorsque Coulomb , en 1789, eut découvert les lois qui régissent les attractions et répulsions magnétiques , lois qui sont les mêmes que celles des attractions et répulsions électriques.

La détermination des différeuu éléments dont se compose la résultante de* forces magnétiques terrestres a été depuis deux siècles l'objet des recherches des physiciens et des navigateurs. On a construit à cet effet des appareils joignant , à une grande précision, une manœuvre assez facile pour que des observateurs peu exercés obtinssent des résultats sur l'exactitude desquels on pût compter. Les recherches relative* au magnétisme terrestre sont faites aujourd'hui avec un soin tel , que l'on a égard non seulement aux variations qui surviennent dans l'intensité du magnétisme des aiguilles , mais encore à l'influence de la chaleur et à l'attraction locale soit des vaisseaux sur lesquels sont placés les instruments magnétiques»

soit des pièces de fer situées près des observatoires magnétiques.

Le principe le plus simple et le plus exact à l'aide duquel on se garantit des effet* de l'attraction locale est dû à M. Barlow (voir l'article magnétisme).

Les observations de déclinaison n'ont pas cessé d'occuper les physiciens elles voyageurs depuis deux siècles.

Halley, en 1701, publia la première carte des lignes d'égale déclinaison; depuis, plusieurs autres cartes se succédèrent; mais nous ne mentionnerons que celle de M. Haus-

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teen,qui parut en IT87, parce qu'elle offrait le tableau le plus complet de toutes les observations de déclinaison faites Jusque là. M. Barlow Tint ensuite, puis M. le capitaine Dupcrrey, qui publia, en 1836, de nouvelles cartes dans lesquelles la déclinaison de l'aiguille aimantée se trouve employée scion sa véritable destination, qui est de faire connaître la direction du méridien magnétique en cbacun des points où l'observation a été faite et, par suite, la figure générale des courbes qui ont la propriété d'être d'un pdle à l'autre les méridiens magnétiques de tous les lieux où elles passent.

Les variations séculaires, annuelles et diurnes de la déclinaison ont été l'objet d'observations non interrompues depuis 1580.

L'extrémité nord de l'aiguille, à Paris, déviait à l'est de 11" 30'; en 1663, elle se trouvait dans le méridien magnétique; depuis lors la déclinaison est devenue occidentale; en 1814, elle avait atteint son maximum, et depuis elle a continué à diminuer.

On a reconnu que les variations annuelles de l'aiguille aimantée paraissent se rattacher à la position du soleil i l'époque des équiooxes et des solstices.

Les variations diurnes, découvertes depuis 1822 par Oraham, ont été constamment observées. En Europe, l'extrémité boréale de l'aiguille horizontale marche tous les jours de l'est à l'ouest, depuis le lever du soleil jusque vers une heure après midi, et retourne ensuite vers l'est par un mouvement rétrograde, de manière à reprendre à très peu près, vers dix heures du soir, la position qu'elle occupait le matin. Pendant ce temps l'aiguille est presque stattonnaire et recommence le lendemain ses excursions périodiques.

Les oscillations diurnes ont été également étudiées dans les différentes parties du globe, ainsi que les variations irrégulières qui se manifestent lors de l'apparition des aurore* boréales on à l'instant des éruptions volcaniques et des tremblements de terre.

L'inclinaison de l'aiguille aimantée est également soumise à des variations continuelles, qui vont en diminuant depuis 1671 Jusqu'à cette époque. On les considère comme la conséquence nécessaire d'un changement dans la latitude magnétique provenant des nœuds de l'équateur magnétique modifiés par la forme de la courbe. Quant aux varia-

tions diurnes, M. Haustecn a reconnu que, pendant l'été, l'inclinaison était d'environ 15' plus forte que pendant l'hiver, et d'environ 4 ou 5' avaul midi qu'après.

L'intensité magnétique du globe eu divers points de sa surface a attiré l'attention d'abord de Graham, puis d'un grand nombre de physiciens et de voyageurs ; mais ce n'est que de 1798 à 1803 que M. de flumboldt a mi* en évidence ce fait fondamental découvert par M. de Rossel, que l'intensité magnétique allait en augmentant de l'équateur au pôle.

L'intensité magnétique du globe décroît très lentement, à mesure que l'on s'éloigne de la terre, probablement suivant la loi inverse du carré de la distance^ comme les attractions magnétiques. Il e*t à présumer que les astres, la lune, le soleil, sont doués également de la puissance magnétique; mais, en raison de leur distance, ils ne doivent réagir que faiblement sur nos aiguilles; peut-être ces réactions interviennent-elles dans les variations diurnes.

L'intensité magnétique du globe est soumise aussi à des variations diurnes et annuelles ; le minimum a lieu entre dix et onie heures du matin, et le maximum entre quatre et cinq heures de l'après-midi; les intensités moyennes mensuelles sont elles-mêmes variables ; l'intensité moyenne vers le solstice d'été surpasse de beaucoup l'intensité moyenne des jours semblablement placés au solstice d'été; les variations d'intensité moyenne sont à leur minimum en mai et en Juin, et à leur maximum vers les équinoxes.

Pour discuter avec facilité les observations magnétiques, non seulement on a tracé des lignes d'égale déclinaison, mais encore des lignes d'égale inclinaison, des ligna d'égale intensité ou isodynamiques et enfin l'équateur magnétique formé de tous les points où l'inclinaison est nulle. On doit à M. Duperrey la détermination pour 1824 de l'équateur magnétique dans la presque totalité de son cours.

De la Lumière.

Pendant les deux siècles qui viennent de s'écouler, les découvertes en optique se sont succédé rapidement ; elles se sont ralenties cependant vers la fin du siècle dernier; puis il y a eu une recrudescence lors de la découverte de la polarisation. Ayant déjà traité

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Particle Limitas, il ne sera question uniquement ici que de ses propriétés générales, afin de réunir dans un cadre très restreint les bases de la Physique.

La détermination de l'intensité de la Lumière a beaucoup occupé les physiciens; néanmoins cette partie de l'optique qu'on désigne sous le nom de Photométrie est encore la moins avancée. On a bien des procédés pour comparer par approximation les , intensités de môme couleur, mais ces procédés ne sont plus applicables quand les Lumières sont de couleur différente.

Quand un rayon tombe sur une surface polie, il se réfléchit en faisant un angle de réflexion égal à l'angle d'incidence; le rayon incident elle rayon réfléchi sont situés dans un plan normal à la surrare réfléchissante aux points de réflexion. Ce phénomène a été expliqué diversement par Newton et Huygbens.

La quantité de Lumière réfléchie diminue 1 mesure que le faisceau incident, ayant toujours la même intensité, s'approche de la normale ; pour une môme incidence, des surfaces de natures différentes réfléchissent des portions très différentes de ce môme faisceau. Au moyen de ces principes, on explique sans difficulté tous les phénomènes relatifs à la réflexion de la Lumière sur les surfaces ayant une courbure quelconque.

Quand on fait tomber un rayon lumineux, dans une chambre obscure, ce rayon change bientôt de place en raison du mouvement diurne apparent du soleil, inconvénient dans les expériences d'optique. On y obvie au moyen do l'bélioslat À l'aide duquel on fait mouvoir une surface réfléchissante qui suit le . mouvement appareut du soleil de manière à 'obtenir de« rayons réfléchis toujours dans la môme direction.

Tous les fois qu'un rayon de Lumière passe d'un milieu dans un autre, il est dévié de sa direction. On dit alors qu'il est réfracté. La déviation dépend de la densité plus ou moins grande du nouveau milieu dans lequel passe le rayon, de la nature du corps réfringent et du degré d'obliquité d'inridenco du rayon. Descartes a découvert la loi de ce phénomène dont voici l'énoncé:

Le rayon réfracté, ainsi que le rayon incident, sout dans un plan perpendiculaire à la surface; le sinus de l'angle d'incidence et le*

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, sinus de l'angle de réfraction sont dans un rapport constant pour la même substance réfringente et quelle que soit l'incidence. C« rapport est l'indice de réfraction que les physiciens ont déterminé avec beaucoup de soin sur un grand nombre de substances solides, liquides ou gazeuses.

La Lumière est composée d'un grand nombre de radiations jouissant de propriétés distinctes, telles que radiations lumineuses, caloriflques , chimiques , phosphorogéniques, etc. On sépare ces radiations en réfractant un rayon solairo à travers un prisme recevant l'image sur une feuille de carton blanc, dans une chambre noire. On. obtient alors une image allongée du soleil, perpendiculairement aux arêtes parallèles du prisme, composées des sept couleurs suivantes, rangées d'après leur réfrangibilité : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet, cette dernière étant la plus réfrangible. Cette décomposition de la Lumière est due à l'inégale réfrangibilité des différents ordres de rayons lumineux. Ces sept couleur* ont été considérées par Newton comme simples; mais plusieurs physiciens ont prétendu que le nombre des couleurs simples pouvait être réduit; Meyer n'en admet que trois : le rouge , le jaune et le bleu; Young: le rouge, le vert et le violet. Drewsler adopte les trois couleurs de Meyer, et pose en principe que le spectre solaire est formé par la superposition de trois spectres, chacun de couleur homogène de même étendue, mais dans lesquels le maximum d'intensité n'est pas placé de la même manière.

En reportant sur un môme point les rayons diversement colorés du spectre, on reforme de la lumière blanche.

Le spectre solaire, vu avec une lunette, parait sillonné transversalemcnlpar un grand nombre de raies ou bandes noires très étroites, observées la première fuis par Frauenhoffer. Ces raies sont inégalement réparties dans l'intérieur du spectre, et on n'en compte pas moins de six cents, parmi lesquelles on en distingue sept plus faciles à reconnaître, une dans chaque couleur.

Les raies de la lumière directe du soleil sont les mômes que celles de la lumière des planètes, de la lune , des nuages, de l'atmosphère , tandis que la lumière des étoiles, des flammes, de l'électricité, don-

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sent des raies disposées d'une autre manière.

La décomposition de la lumière , sa ré» flexion et sa réfraction produisent différents phénomènes atmosphériques, parmi lesquels on distingue particulièrement l'arc-en-ciel, les halos et les parhélies.

L*arc-en ciel se produit toutes les fois qu'un spectateur, tournant le dos au soleil, regarde un nuage placé en face de lui , et qui se résout en pluie. Il est dû aux actions combinées de la réfraction, de la décomposition et de la réflexion de la lumière dans les gouttes de pluie.

Les halos sont des couronnes brillantes et ordinairement colorées qui entourent quelquefois le disque du soleil ou de la lune. L'espace compris entre les bords de l'astre et l'intérieur des cercles lumineux est d'un gris plus intense ou d'un bleu plus foncé que la couleur de l'atmosphère. On attribue ce phénomène à la présence dans l'atmosphère d'aiguilles de glace, dans lesquelles la lumière se réfracte.

Les parhélies ou faux soleils se montrent quelquefois sur l'horizon pendant les halos à la même hauteur que cet astre; ces imagos sont toujours unies les unes aux autres pur un cercle blanc, pareillement horizontal, dont le pôle est au zéhitb. Ce cercle suit le mouvement apparent du soleil. Les images de soleil qui paraissent sur le cercle, du même côté que le soleil, présentent les couleurs de l'arc-en-ciel, et quelquefois le cercle lui-même est coloré dans la partie qui les avoisine. Les images situées du côté opposé sont toujours incolores ; celles-ci doivent être produites par réflexion , ainsi que le grand cercle, et les autres par réfraction dans les globules vésiculaires qui se trouvent dans l'atmosphère.

Toutes les parties du spectre ne jouissent pas des mêmes propriétés coloriûques; elles vont en augmentent du violet au rouge.

M. Bérard a filé le maximum dans le rouge, Herschell dans la bande obscure qui le suit. M. Secbeck a observé que la position du maximum varie avec la nature du prisme ré' fringent; M. Melloni, enfin, a reconnu que ce maximum est d'autant plus écarté du jaune vers le rouge, que la matière du prisme est plus diathermane, et qu'il existe un spectre colotifique, comme un spectre lumineux.

On a constaté également l'existence «l'un spectre chimique en faisant réagir les diverses parties d'un spectre solaire sur une matière impressionnable , telle que le chlorure d'argent. On a trouvé que la portion active du spectre s'étend non seulement à travers l'espace occupé par le violet , mais encore, à un degré égal , à pareille distance environ, au-delà du spectre visible. Chaque substance impressionnable agit différemment; ainsi ce ne sont pas les mêmes portions de spectre qui exercent sur chacune d'elles des actions chimiques.

Les sels d'argent soumis à l'influence de la lumière solaire jouissent d'une propriété remarquable , qui consiste en ceci : à partir de la limite d'action du spectre ordiuaire qui agit sur ce sel jusqu'au rouge, il existe des rajons chimiques , dont la seule fonction est de continuer une réaction chimique commencée.

Le pouvoir phospborogénique des rayons solaires est celui en vertu duquel certains corps deviennent lumineux par insolation. On a reconnu l'existence de spectres phosphorogéniques analogues aux spectres calorifiques.

Quand un faisceau de rayons solaires tombe sur une lentille, les rayons diversement colorés, à cause de la différence de réfrangibilité, convergent vers des points différents de l'axe, et produisent ainsi un certain nombre de foyers. C'est à cette diffusion de couleur qu'est due l'aberration de réfrangibilité , que l'on corrige au moyen de l'achromatisme , découvert par Jean Dollond en 1757. La lentille qu'il construisit et qui était à peu près achromatique, était composée d'une lentille bicouvexe en crown glass, et d'une lentille biconcave en flint glass. Ce procédé a été depuis perfectionné.

Newton est le premier qui ait avancé que les rayons lumineux, après avoir traversé toutes les parties de l'œil , communiquent un ébranlement aux nerfs optiques par l intermédiaire de la réline , d'où résultent (es sensations de la lumière. L'explication du phénomène de la vision repose donc sur la connaissance parfaite de la structure de l'oeil. La lumière éprouve une telle action en traversant cet organe, qu'elle vient peindre les objets extérieurs sur la rétine, sans qu'ils soient environnés d'auréoles de di-

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•erses couleurs, ni que la netteté des images •oit dépendante de la distance de l'objet.

La découverte de la diffraction et de l'interférence de la lumière a permis d'expliquer plusieurs phénomènes optiques, qui n'avaient pu l'être jusque là. Le phénomène de diffraction, que nous avons décrit à l'article ixaitiE, a été observé la première fois par Grimaldi en 1665, puis étudié par Young et Frenel. Young Fa eipliqué dans le système des ondes, en supposant que les parties latérales de l'écran étaient autant de points lumineux qui réfléchissaient en tous sens la lumière qui tombait sur elles; que parmi tous ces rayons, il y en avait qui interféraient et produisaient les franges intérieures et extérieures. Voici en quoi consiste le principe des interférences.

Si deux rayons, qui émanent du même corps au même instant, arrivent au même point par des routes différentes, l'un doit renforcer ou détruire, en totalité ou en partie, les effets que l'autre produit, suivant que le trajet qu'ils ont parcouru est plus ou moins long ; d'où résultent de l'obscurité, de la lumière ou des couleurs.

Fresnel, ayant mesuré très exactement les franges, trouva qu'il y avait une différence dans les longueurs observées et les longueurs déduites de l'explication de Young ; il donna une théorie complète des phénomènes de diffraction dans le système des ondulations, en partant du principe fondamental de Hufgliens, savoir, que si Ton considère une onde lumineuse dans une position quelconque, l'impulsion lumineuse reçue en un point situé au-delà peut être considérée comme la somme des mouvements élémentaires communiqués des divers points de cette onde.

Les interférences permettent d'expliquer les phénomènes ayant lieu dans l'entrecroisement de tous les rayons qui éclairent une région quelconque de l'espace, rayons qui proviennent non seulement de la lumière directe, mais encore de la lumière réfléchie ou réfractée plus ou moins obliquement.

Les anneaux colorés produits parles lames minces et par les lames épaisses, expliqués d'abord par Newton dans le système de l'émission, au moyen des accès de facile réflexion et de facile réfraction, l'ont été ensuite par Fresnel d'une manière directe dans

le système des ondulations, en s'appuyant sur les principes relatifs au sensdu mouvement dans les ondes réfléchies.

Ce phénomène de la double réfraction produit, quand un rayon de lumière, en pénétrant dans un milieu , se partage en deux faisceaux réfractés , a été signalé d'àbord par Érasme Bartolin , dans le spath d'Islande, puis étudié successivement par Newton , Huyghens , qui en détermina les lois dans la théorie des ondes , Wollaston , Laplace. Newton avait admis qu'un rayon de lumière , après son émergence d'un cristal bi réfringent, possède des propriétés dépendantes de l'espace environnant, et qu'il conserve ensuite pendant tout le reste de son trajet. 11 faut rapporter à ces propriétés les phénomènes de polarisation découverte par Malus en 1810.

Cette découverte ouvrit à l'optique une carrière immense par son étendue, par sa richesse, et dont les sciences chimiques et naturelles recevront de grands secours. A celte époque, le système de l'émission était en faveur; aussi le nom de polarisation fut-il adopté pour rappeler que les molécules lumineuses possédaient des pôles. Malus appela en conséquence plan de polarisation le plan suivant lequel était réfléchie la lumière» qui se trouve polarisée par réflexion, et qui était censée renfermer les axes des molécules lumineuses.

Brewster découvrit la polarisation par des réflexions successives sur deux glaces , sous des incidences quelconques ; Malus fit voir qu'un rayon se polarisait par la simple réfraction , et que des deux faisceaux ordinaire et extraordinaire obtenus quand un rayon traverse un cristal bi-réfringent, sont polarisés , le premier dans le plan d'émergence , le second dans un plan perpendiculaire. On doit à M. Brewster la loi simple à l'aide de laquelle on obtient l'angle de polarisation en fonction de l'indice de réfraction. Malus avait donné une loi empirique de l'intensité du rayon polarisé, que Fresnel, à l'aide de sa théorie, est parvenu à démontrer par le calcul. Fresnel et M. Arago, en cherchant si les rayons polarisés exerçaient les uns sur les autres une action mutuelle, ont été conduits à ce résultat, que deux rayons polarisés à angle droit ne peuvent exercer une influence sensible l'un sur l'autre.

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En étudiant l'action de la lumière polarisée sur les corps doués de la double réfraction, M. Ara go fut conduit à une classe de phénomènes des plus remarquables et qui consistent en une série de couleurs semblables à celle des anneaux colorés. Les couleurs se manifestent lorsqu'un faisceau de rayons polarisés traverse, suivant des directions particulières, des lames plus ou moins minces de substances biréfringentes. L'élude de ces lois a occupé tous les physiciens les plus distingués de cette époque, et leurs travaux ont conduit à une série importante de faits qui peuvent être divisés en cinq parties : 1° teinte colorée des lames cristallisées; 2° anneaux colorés des lames cristallisées ; 3° polarisation circulaire ; 4° couleur des corps irrégulièrement agrégés; 5" absorption de la lumière polarisée. Toutes ces différentes parties ont été traitées à l'article lu«ièke, il est donc inutile d'y revenir. En résumé, l'optique nous présenta trois périodes ; la première comprend tout ce qui a été découvert, j usquea et y compris Descaries qui a jeté les bases de la dioptrique; la deuxième, depuis la première {usquesau commencement de ce siècle; la troisième , tout ce qui a été fait depuis la découverte de la polarisation.

Dans cet article, notre but a été de présenter un précis très concis des progrès de la Physique depuis les temps les plus reculés Jusqu'à notre époque, afin que le lecteur puisse en quelques instants avoir une idée assex nette de l'état actuel de celte science.

(BeCQUEtlEL.)

PB YSIS. root. — Scopoli a signalé sous ce nom, comme un Entozoaire d'un genre inédit, un débris de la trochée- artère de quelque Oiseau. C'est un des nombreux Pseudhelminthes dont il est question dans les ouvrages de xoologie médicinale. Celle erreur a été d'abord signalée par Malacarne, et démontrée plus tard par Blumenbaeb. (P. G.)

PIIYSKILM, Lour. (Ft. cochinch., I, 814). bot. pb. — Synonyme de Walhsneria, liich.

PHYSOCAIACIUM, Vest. (in Flora, 1820 , p. 409 ). bot. PB. — Synonyme de

Bryophyllum , Salisb.

PHY SOC A I. Y M !M A (?v«>, vessie; r±- À>f»P«, enveloppe), bot. ph. — Genre de la j des Lythrariêes, tribu des Lagtrs- I

trœmiées établi par Pool (plant.

p. 99). Arbres du Brésil. Voy. lytiuuru.es.

•P1IYSOCAIAX. (fv«D, vessie; ulv£ , calice), bot. rn. — Genre de la famille des Scropbularinées , tribu des Gérardiées, établi par Polit ( Plant. Bmsil. I , 65, t. 53). Arbrisseaux du Brésil. Voy. scbo-

PH0LAR1KÈES.

PHYSOCAAPIDIUU, Rcicbenb.(Co«sp, 192). bot. pn. — Synonyme de Phytocarpum, DC.

PI11SOCARPUM, DC. (Prodr. I). bot.

p-h. — Voy. toalictruh , Tournef.

PnYSOCARPUS, Cambell. (in Annal, se. nat.r I, 229). bot. PB. — Voy. smAA, Linn.

PBYSOCLASNA , G. Don. ( Syst., IV, 470 ). bot. pb. — Syn. de /fyojcyawius , Tournef.

•PUYSOCOELUS(f>vaa», totltt ; «•?• lov, creux), tus. — Genre de l'ordre des Coléoptères héléromères , famille des Siénélytres, tribu des Hélopiens, formé par De- Jean 'Catalogue, 3« édit., p. 233), avec une espèce des Élals-Unis à laquello il donne le nom de P. inflalus. (C.)

•PUYSOCOBYKA (r/^, enfler ; »pv»n , massue ). iks. — Genre de l'ordre des Coléoptères subpentamères , télramères de Lalreille , de la famille des Cydiques et de la tribu des Cassidaire* hispites, formé par nous et adopté par Dqean (Calai., 3e édtt., p 389), qui en mcnlioone trois espèces: les P. costata , scabra et clavicomis. Les deux premières sont originaires du Brésil , et la troisième se trouve à Cayenne. Leurs étuis sont dilatés et tronqués à l'extrémité, et Im antennes courtes, avec la massue on peu aplatie. <c>

PHYSODACTYLA (yi»»», J'enfle; <*»tvloç, doigt), ura. — Genre de l'ordre des Coléoptères pentamèrea, de la famille des Malacodermes et de la tribu des Cébrionites, créé par Fischer de Waldbeim (Lettre sur le Physodactyle, noue. peu. de Col. élatéroide, 1834), adopté par Guérin-Méneville ( /et». du Règ. anim. de Cuvier , pl. 14 , f. 1 ) et par Lalreille ( Annales de la Soe. entom. de France, t. III, p. 165). Il se compose de deux espèces du Brésil ; des P. lltnningii Fischer, et Besckii Mann. Perly a fait connaître la première sous les noms générique et spécifique de Drep<inùiiusclav<pcs(De!cct.

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an. art. , p. 15 , pl. 5 , f. 15 ). Ce geure a pour caractères : Corps ovalaire ; antennes plus courtes que la tète et le corselet, perfoliées, insérées sur les côtés d'un chaperon frontal, élevé et arrondi ; pattes très robustes, les postérieures surtout, a cuisses grosses, à jambes courtes, triangulaires; dessous des trois premiers articles des tarses offrant chacun une palette membraneuse.

•PHYSODERA (?v<x*'» , j'enfle ; , cou), ins. — Gcore de l'ordre des Coléoptères penlatnères, de la famille des Carabiques et de la tribu des Troncatipennes , créé par Fscbscboltz (Zoulogical atlas, 1829, p. 8, t. 8, Gg. 6), adopté par Gray ( The , Animal Kiugdom , pl. 8, f. 29) et par Hope (Coleopterisïs manual, t. I , p. 85). Le type, la P. DcjeaniiEsch., est propre aux lies Philippines. Dejean l'a comprise dans le genre Ubia. (C.)

*POYSODERMA(vv(ra, vésicule; HPli*t peau), bot. ca. — Genre de Champignons de la famille des Crédinées , créé par Walroth (Pl. germ., II, p. 92), caractérisé par des spores simples , volumineuses, opaques, développées dans le parenchyme des feuilles •ur lesquelles elles forment de petites pustules.

Le PhysodermaBryngii, qui a été figuré par Corda (/«m. fung., III, p. 3, tab. 1, fig. 8), forme, & la face inférieure des feuilles, de petites pustules arrondies ou anguleuses, qui se déchirent irrégulièrement et d'une couleur d'un violet roui. Les spores sont jaunâtres, pulpeuses, sans forme constante, sessites ou munies d'un court pédicule ; leur épispore est jaune et le noyau blanc. La figure que Je viens de citer représente bien les filaments du Clinode auxquels les spores sont attachées. Wallrotb en a décrit trois autres espèces qui croissent sur les feuilles de VAlisma Plantago , de l'yfigopodium PodagrarUsfettw différentes espèces de Chénopod des. (Ltr )

PHYSODES. cru». — Synonyme d'Idotée. Foy. ce mot. (H. L.)

•PII YSODE LTE RA (?v »&», s'enfler; iiCftpot , deuxième), uu. — Genre de l'ordre des Coléoptères pentamères, de la famille et de la tribu des Cicindélides , créé par Tb. Lacordaire (Révision de la famille des Cicindélides, 1842, p 31), qui lui donne

pour type la P. adonis de L. Dr., espèce originaire de Madagascar, et qui est caractérisée par l'élargissement du pénultième article des palpes labiaux et la petitesse du dernier. Son menton offre une petite dent au milieu de l'échancrure. Cet Insecte a , du reste, le faciès des Odonlocheila. (C.)

•PHYSODIUM (rv9«&)<, venteux)- bot.

re. — Genre de la famille des Bytlnériacées , tribu des Dombeyacées , établi par Près! (m Rcliq. Hamk., H, 150, t. 12). Arbres ou arbrisseaux du Mexique, loy.

BTrntéatACÉBS.

•PDYSOGASTER (f v*im , enfler; y««r»»p, ventre), iw. — Genre de l'ordre des Coléoptères héiéromères, de la famille des Melasomes et de la tribu des Piméliaires, formé par Latreille, adopté par Dejean (Catalogue, y éd., p. 190), par Hope (Coleoplerisl's manual, t. III, p. 118) et parM.Guérin Méneville (Mag. sool. 1834). Quatre espèces rentrent dans ce genre : les P. toinentosus , mêlas (Mendocinus Lat.), eumoipoides Lac, et Silbermannii Buqt. La première et la quatrième sont originaires du Chili, et les deuxième et troisième du Tucuman. (C.)

+PI1YSOGRADES. acal., mou.. —Nom proposé par M. de Blainville pour un ordre d'animaux qu'il croit devoir classer avec les Malacozoaires ou Mollusques , au lieu d'en faire une famille d'Acalèphes, comme Escbscholtz , qui les nomme Physophorides. Cet ordre, qui comprend les genres Physale, Physopbore, Dipbyse, Rhizophyse, Apolémie , Stépbanomie , Protomédée et Rhodophyse, est caractérisé ainsi par M. de Blainville: Corps régulier, symétrique, bilatéral, charnu, contractile, souvent fort long, pourvu d'un canal intestinal complet , avec une dilatation plus ou moius considérable , aérifère; une bouche, un anus, l'un et l'autre terminaux , et des branchies anomales en forme de cirrbes très longs, très contractiles, entremêlés avec les ovaires. (Dot.)

"PHYSOLOB1UM (94n>, vessie; li&o», gousse), bot. pb. — Genre dé la famille des Légumineuses-Papilionacées, tribu des Phaséolées, établi par Bentbam (in HUgel. bot. Archiv., t. 2). Arbrisseaux de la Nouvelle- Hollande. Voy. LÉGBUIRED5KB.

•PHYSOYIERUS (<pw«î, enflure; ^po?, cuisse), irs. — Genre de l'ordre des Hémiptères hétéroptères, tribu des Lygéens, établi

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par M. Burmeister {Bntomol., H). L'espèce type et unique, Phys. grossipes Fabr., habite Java.

•PIIYSOMERllS s'enfler; iw'poç,

cuisse). iï»s. — Genre de Tordre des Coléoptères létramères , de la famille des Curculionides gonatocères, et de la division des Apostasimérides baridides, créé par nous et adopté Schœnberr (Gênera et sp. Curculion. $yn.,l. VIII , p. 268), avec une espèce de Cayenne, le P. calandroides Ch. Sch. Cet Insecte est entièrement noir , a la forme d'un Sphenophonu, et se rapproche des Baridius , mais il se dislingue des uns et des autres par ses cuisses très renflées. (C.)

•PHYSONOTA (Tv»«« , enfler ; »»to; , dos), lits. — Genre de Tordre des Coléoptères fubpenumères, létramères de Latreille, de la famille des Cycliques et de la tribu des Cassidaires , établi par nous et adopté par Dejean (Catalogue, t. III, p. 398), qui y rapporte les cinq espèces suivantes : P. alutacea Kl., condtda, futcata, i-lincala et ingrala Dej.; la première est du Mexique, la cinquième du Tucuman, et les trois autres proviennent du Brésil. (C.)

•PHYSONYCIHS s'enfler; ongle), irs. — Genre de Tordre des Coléoptères subpentamères , létramères de La-* treille, de la famille des Cycliques, et de la tribu des Alticites, formé par Dejean (Catalogue, 3* édii., p. 408), avec une espèce du Sennaar, rapportée par M. Cailliaud de Nantes, et que Dejean nomme P. africana. (C.)

PBYSOON. Écmit. — Genre proposé par Rafinesque pour des animaux i corps enflé, arrondi, couvert de tubercules prenants, avec la bouche et l'anus opposés et lerminaui. Ces animaux, que l'auteur avait trou- Tés sur les côtes de Sicile, et dont il fait une clajse à part, les Proctolia, ne sont peut-être pas autre ebose que des Holothuries. (Dw.)

* PHYSOPALPA (ifviât», s'enfler; palpum , palpe), tus. — Genre de Tordre .des Coléoptères subpentamères , létramères de Latreille, famille des Cycliques et tribu des Galérucites, formé par Dejean (Calai. t f édit. p. 399), et qui ne se compose encore que d'une espèce, la P. ny$a Buquet; elle provient de l'Ile de Java. (0.)

PHYSOPBORA et FHYSSOPHOIU ( fv«T», vessie ; ? «p*» porter), acal. — Genre d'Acalèphei sipbonopbores d'Escbscholti ,

donnant son nom à la famille des Pbysoph or ides de cet auteur, qui le caractérise ainsi : Animal à corps mou, gélatineux, flottant, terminé par une vessie aérifère et muni de deux rangées alternes de pièces cartilagineuses, creusées d'une cavité natatoire, et portant des tentacules rameux, à la base desquels se trouvent des vésicules allongées et amincies , remplies de liquide. Eschscholiz te distingue des Apolcmia, qui sont également pourvues de réservoirs de liquide en forme de vésicules allongées et amincies à la base des tentacules, parce que ces vésicules prennent naissance toutes au même point et entourent les suçoirs et les tentacules cachés derrière elles, et parce que surtout les tentacules ont beaucoup de petits rameaux. C'est Forskahl qui établit le genre Pbysophore pour une espèce de la Méditerranée, P. hydrostatica, longue de 4 centimètres, avec les organes natateurs trilobés, et ayant le canal nourricier et quatre longs tentacules rouges. Péron et Lesueur en décrivaient une seconde espèce, P. nusonerna, de l'océan Atlantique, longue de 11 centimètres.

Lamarck adopta ce genre en le nommant, par erreur sans doute, Physsophora, et il le plaça dans sa première division des Radiaires mollasses et lui assigna un corps libre, gélatineux, vertical, terminé supérieurement par une vessie aérienne et avec des lobes latéraux , distiques, sub-trilobés vésiculeux ; la base du corps est tronquée , perforée , entourée d'appendices, soiteorniformes , soit dilatés en lobes subdivisés et roliiformes, et porte des filets lenticulaires plus ou moins longs. MM.Quoy etGaimard, pendant le voyage de YUranie, trouvèrent une troisième espèce, la P. Fortkahlii, d'après laquelle M. de Blainville se trouva conduit à rapprocher ces animaux des Mollusques dans son ordre des Pbysogrades.

Ces mêmes naturalistes en trouvèrent une quatrième, P. auslralis, pendant l'expédition de V Astrolabe. M. Lesson en a décrit une cinquième , P. dislicha , et a rapporté au même genre la Slephanomia tectum et la CopuJifa Bardwich, de MM. Quoy et Gaimard. Ce genre forme seul la cinquième tribu de la famille des Physophorées de M. Lesson, qui caractérise ainsi la tribu de ce nom : Vessie aérifère ovalaire. perforée

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au sommet, «apportant une tige creuse et portant sur les cotés des organes natateurs, creux , ouverts ou fermés par des soupapes ; arec la partie inférieure du tube évasée en une ouverture arrondie, sur le rebord de laquelle s'attachent des sacs stomacaux allongés, terminés par des suçoirs. (Dui.)

• PHVSOPnOBIDES. acai. — Famille d'Acalèpbea sipbonopbores d'Esebscboltr , comprenant des animaux dont le corps est mou et muni, à une de ses extrémités, d'une vessie remplie d'air, souvent entourée de pièces cartilagineuses, qui, dans plusieurs genres, sont, en outre, creusées de cavités natatoires. Les Phjsopborides se distinguent des Diphjides , parte que leura organes digestifs ne sont point intimement nnis aux pièces cartilagineuses , et par leur vessie plaine d'air, qui les soutient à la surface des eaux. A partir de cette vessie, le corps se continue ordinairement comme un canal nourricier pourvu de plusieurs trompes ou suçoirs, et portant aussi un grand nombre de tentacules qui présentent, dans chaque genre, une structure différente. Tantôt ce sont des filaments simples roulés en tirebouchon ou garnis de suçoirs mamelonnés, tantôt ils portent des rameaux déliés qui peuvent eux-mêmes aussi être simples ou être terminés par un renflement prolongé en deux ou trois pointes. Quelques genres sont caractérisés aussi par la présence de petits réservoirs situés de liquide à la base des ten-

rentes qui, en nombre variable, entourent le conduit nourricier sont, dans quelques genres, toutes pareilles; tantôt sans cavité, tantôt creusées d'une cavité natatoire, et destinées à servir d'organes locomoteurs, en se contractant pour chasser l'eau qu'elles contiennent. D'autres Phjsopborides ont, auprès de la vessie aérifère, des pièces creusées d'une cavité natatoire, et disposées sur deux rangs alternes, tandis que le reste est entouré de pièces divemformei sans cavité et irrégulièrement placées. Les pièces natatoires cartilagineuses des Phjsopborides se

lité; et, conservant encore un peu de contractilité, elles ont pu être prises pour des animaux distincts; tels sont les prétendus genres Cuneolaria, PorUocardia, Gleba, etc. Parmi les Pbysophorides, Escbscholiz forme

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une division particulière avec les genres Discolabe et Pbysalie, qui ont le corps mou, nu ou sans pièces cartilagineuses, et qui diffèrent parce que la vessie du premier est ronde , sans crête , et celle du second est oblongue et surmontée d'une crête. Puis il place le genre Stépbanomie comme appendice à une première division comprenant sept genres, tous pourvus de pièces cartilagineuses. Les trois premiers , Apolemia , Physo~ phora et Hippopodium ou Protomedca , ont des réservoirs de liquide situés à la base des tentacules, qui sont simples pour le premier, et rameux pour le second, ou à la bate des rameaux des tentacules du troisième. Les autres sont dépourvus de réservoirs de liquide, et se distinguent, parce que le genre Rhizophysa seul a les tentacules simples, tandis que les autres , à tentacules rameni, sont des £pt6ufia si les rameaux sont de simples filaments, ou des Agalma s'ils sont terminés par un renflement à deux pointes, ou A&Athorhybia (Rhodophysa, Bl.) si le renflement terminal a trois pointes. M. Brandt a divisé la famille des Phjsopborides en quatre sous-familles, qui sont : 1° les Physopborés, ayant au-dessous d'une petite vessie nue dent séries distiques de cartilagineuses bilobées, creusées chacune d'une cavité , et dont les tentacules sont composés ; 2* les Bbizophyses; 3* les Agalmides ; et 4* les Anlhophysides. M. Lesson enfin nomme Physophorées une partie seulement de ces Acalèpbes , et en fait une famille de même valeur que lea Médusaires, c'est-à-dire un ordre, en leur consacrant le cinquième livre de son Histoire des Acalèphes. Les Stépbanomies et les Pbyselies forment deux autres familles. Il les définit comme ayant une tige cylindrique, verticale, creuse, terminée par une vessie aérienne avec une ouverture en soupape, ou donnant attache à des ampoules aériennes latérales, diversiformes , entre* mêlées de sacs stomacaux dilatables, munis de suçoirs ou terminés par des paquets de suçoirs entremêlés de vrilles et de tentacules drrhigères, et des appareils natateurs de formes très variées et diversement creusés en canaux aériens ; et enfin des paquets d'ovaires placés à la base des estomacs eiserlUes. &I. Lesson divise les Physophorées en sept tribus, dont les trois premières, Rbizo-

pbyses, Diicolabes et Argèles, comprenant

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