‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 166 sur 170 · PHY 7W · texte numérisé non relu

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origine, le vaisseau laticifère est un conduit creusé dam le tiuu cellulaire, dont les parafe ne août pas formées par une membrane propre, mais seulement par les cellules environnantes. Ce conduit, d'abord étroit, s'élargit, et ses parois se revêlent d'un épais- .sissement qui devient bientôt appréciable aux points de jonction des cellules environnantes. Cet epaississement n'est pas toujours également considérable. Cbez beaucoup de plantes, il se montre comme un véritable dépôt; ensuite des lignes flnes de séparation et de petits espaces intercellulaires se montrent visiblement entre lui et les parois des «I Iules, et par là le conduit inlercellulaire primitif devient semblable à un vaisseau pourvu d'une membrane propre. » On voit qu'il y a loin de cette origine et de cette organisation des laticifères à ce qu'en dit M. Scnullx.

En troisième lieu , 1a nature même et la composition du latex sembleraient bien singulières pour un liquide nourricier, pour une sève dont tous les éléments seraient destinés à devenir les matériaux de l'accroisse ment végétal. En effet, comme le fait remarquer M. Hugo Mobl , il est difficile d'assigner ce rôle à un liquide entremêlé de granules souvent très abondants, et formés presque uniquement d'une matière aussi difficilement décomposable que le Caoutchouc; granules qui, dans bien des cas, sont en assez grande quantité et de proportions asset fortes pour devoir nécessairement porter obstacle à une circulation dans des canaux d'un très faible diamètre. Au contraire, cette nature de liquide ressemble beaucoup à ce qu'on sait relativement à beaucoup de matières sécrétées, et ce serait déjà un motif puissant pour faire ranger le latex dans cette catégorie.

Cette manière de voir reçoit une nouvelle force des modifications successives par lesquelles passe ce liquide pendant l'accroissement des organes. Ainsi (voj. Boton.

Zeif., loc cit.), le contenu des conduits intercellulaires , qualifiés de laticifères, « est, dans les premiers temps , un suc incolore et transparent. L'addition postérieure et successive de nouvelles matières donne à ce suc l'aspect trouble et la coloration qui sont ropres au latex. La sécrétion de ces ma* ières additionnelles a lieu cbea quelques

plantes avant , chez d'autres après la formation de la membrane du vaisseau. •

Ces divers motifs nous semblent ne plus permettre de regarder le latex comme étant la sève descendante et les laticifères comme servant à compléter la circulation dans les végétaux. Si donc on veut absolument admettre dans les plantes une sève descendante , il faudra la chercher ailleurs et lui assigner d'autres canaux que les laticifères. Mais, pour noire part, nous avouons ne pas concevoir la nécessité de faire intervenir use sève descendante dans l'explication des phénomènes de l'accroissement végétal. Déjà , dans son Iconographie végétale ( 3e vol. des Leçons de Fiore, de Poiret), Turpin avait nié que le mouvement de la sève dans les plantes pût être assimilé à une circulation , qu'il fût ascendant dans une partie de la tige pour devenir descendant dans l'autre; il avait dit: • La sève ne se porte que là où elle est appelée. • Celle proposition , qui* a été regardée comme un paradoxe, n'est peut-être pas aussi dépourvue de fondement qu'on pourrait le croire, au moins quant à son sens fondamental. Il est vrai que la science attend, à cet égard , des observations plus précises et plus démonstratives que celles qui ont été publiées jusqu'à ce jour, et que le sujet si important des mouvements de la sève dans les plantes est encore aujourd'hui l'un des points les plus obscurs de la Physiologie végétale. Mais en ce moment tout nous semble nécessiter des modifications dans l'opinion généralement répandue et professée relativement à la circulation dans les plantes, et tendre à justifier de tout point la phrase suivante de M. Kunlb (Uhrbuch der Botanik, 2« éd., 1847, 1" partie, p. 167); « L'ancienne opinion , d'après laquelle le i» suc nourricier brut ( sève ascendante ) » monterait dans le corps ligneux , serait «élaboré dans les feuilles, redescendrait » ensuite dans l'écorce pour fournir à la sé- » crétion du cambium, et produirait enfin » l'allongement des racines, doit être abana donnée comme inexacte. »

Art. VI n VU. — Runaanot* it Tba*spi- «inon.

Ces deux importanU sujets seront , plus tard , l'objet de deux articles spéciaux.

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Ait. VIII. — Élaboration st Assibïlatioh.

L'élaboration de la sève t'opère dans l'intérieur des cellule* , particulièrement dans celles des feuilles où elle est une conséquence de la transpiration qui lui enlève son eau surabondante, et de la respiration qui modifie sa composition ; ce qu'on en connaît se réduit donc à peu près aut faits qu'a dévoilés l'étude de ces deux phénomènes. Hais indépendamment de cette élaboration , en quelque sorte générale , le liquide nutritif des plantes, passé à l'état de suc cellulaire, subit encore une élaboration locale, et donne naissance aux diverses matières contenues dans les cellules , et , de plus , une assimilation qui fournit à l'accroissement de ces cellules elles-mêmes , a l'épaississement progressif de leurs parois. Ces diverses parties de l'histoire du végétal vivant ont été éclairées , sous certains rapports , par les travaux récents des chimistes et, des phytotomistes néanmoins il reste encore, à cet égard , bien des doutes à lever, bien des points à éclaircir. Comme, au reste, ce sujet délicat est situé sur les limites de la Physiologie végétale , et entre quelque peu dans celles de la chimie ; comme, de plus , son examen détaillé nous entraînerait trop loin , nous le passerons sous silence , pour ne pas dépasser les bornes que doit avoir cet article.

A*T. IX. — Sécrétions.

L'histoire des sécrétions végétales et des diverses particularités qui s'y rattachent formera la matière d'un article spécial. Voy.

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