‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 4 sur 170 · C.ORDIEK. G. O. 4(. membre de l'Intlilut · texte numérisé non relu

C.ORDIEK. G. O. 4(. membre de l'Intlilut

•éum dliiat, naL. iotpeet. gêner, de» Mine». DELAFOSSK, O. it, membre de I IntiituL, profea*. i la

Faculté de* aciem e» el au Mutéum d'bitt. nat. DKSXOYERS. *. membre de l'lu»t.tut, bibliotbéeaire «u

Mu»cum d'bitt. nat.

JARXETTAZ. aide-iialuralitU au Uuteuni d'biat. oatur.

Chimie, Phjitique c« Astronomie .

ÉLIE DE BEAIîMOXT. G. O. * *ecrél. perpéi. de tira »c.. pr»re»». au Collège de France. ...tp. g ■unie», «eliatrur.

CH. D'ORBIGXY, iffc, aide naturalittr Ml VaaWtt**

i.at . membre dr plu.irur» n>ciele» «atanle». l'ONPTAXT PRKVllST. ift. membre de ri.wlHut.

a la Faculté dr» «eietice*. etc.

1IF.BKRT. *, profea^ur a la Faeullé dn Kie.,Cet.

F. ARAGO, C. * . t««rél. prrpet. de l'Acad. de* «cieitee*.

dirrcteui de l'Ubwital. de Pafi*.

BECQUEREL. C it, membre de IMiMlitul, profea*. .u

Mutéum d'bitt. nal.

E. BOUTMY.cli.mi* e eipert.

DUHAS. G.C .iiembre dr l'Iiittitut, pro. ... à la Fae. •I» mcd. et a la Fac. dut tt.eiice», t«. atcur.

PELTtER, membre de plu<ieui* m*. Mtaniea. AMÉDEE GOILLEMIX, MhiI'. da PELOIIZE •'„ membre de l'Inatilut.

de France, dir< et de la Motinai*.

R|Tlr"r: profratcur da aeienee* pby.que». M Alt É I»AV Y, attronome à l'Obtertaloire de

au Collège

OR

OR. — L'or est un métal que sa couleur jaune et sa densité caractérisent lorsqu'il est pur. Il pèse 19 fois et demi autant que l'eau, i volume égal. C'est le plus malléable rt le plus ductile de tous les métaux On peut l'amener à la forme de feuille* dont l'épaisseur ne dépasse pa< de millimètre. On peut en étirer une petite masse de 5 centigrammes, ou, »i l'on x eut, un cube, doot ou coté aurait uu peu plus de 2/3 de centimètre, en un 01 de plu» de 1 60 mètre» de long. L'or a une ténacité si grande, qu'un 61 de 64 centimètres de longueur, sur | de millimètre de diamètre, (.eut supporter, sans rupture, un poids de 8 kilogrammes. Lorsqu'il est réduit à une extrême minceur, il devient transparent et ne laisse passer que la lumière verte. Il est fusible au chalumeau ; lorsqu'sprès avoirété fondu, il se refroidit lentement, il crisiallise. Il n'est volatil qu'aux températures les plus élevées de la pile, ou d'une forte batterie électrique. Sa dureté est faible; aussi est-on obligé de lui allier une certaine quantité de cuivre, avant de l'employer à la fabrication des bijoux et de la monnaie.

Il n'est pas attaqué par l'oxygène, ni par les arides ; il se dissout dans l'eau régale, formée, comme on le sait, par la réaction de l'acide azotique sur l'acide eblorbydrique, ou dans un mélange de ce dernier acide et de tout* matière propre i en dégager du chl. re, telle que le bioxyde de manganèse, l'acide ebromique.

Les sels d'or sont d'un jaune orangé ; ils donnent dans l'acide sulfb ydrique et le sulfbydrate d'ammoniaque un précipité noir de sulfure d'or, qui se dissout dans un excès

de sulfhydrate; avec le protoclilorure d'étain, un précipité pourpre (pourpre de Cassius), si la liqueur est étendue ; brun, si la liqueur est concentrée. Ils sont réduits par le sulfate de protoxyde de fer, et le métal, extrêmement divisé, colore la liqueur eo bleu indigo ou brun pourpre, si elle n'est pas assex concentrée; en vert, si elle l'est suffisamment

L'or, doot l'équivalent est 98, 18, en prenant celui de l'hydrogène pour unité, peut être obtenu combiné avec l'oxygène suivant deui lois différentes. Deux atomes de ce métal forment l'oxydule d'or, lorsqu'ils sont combinés avec un seul d'oxygène, et le sesquioxyde d'or,ou acide aurique, lorsqu'ils sont unis à trois du même gaz. L'oxydule d'or forme avec l'acide stannique un stannale hydraté, appelé pourpre de Cassius, recherché dans la peinture sur porcelaine, et pour la coloration des verres en rose, en violet ou en grenat. Les corps simples qui donnent à l'or les formes les plus util es à l'industrie sont le chlore et le cyanogène. Uni aux cyanures alcalins, le cyanure d'or constitue des sels doubles employés pou r la dorure.

L'or possède une propriété remarquable:

celle de se dissoudre dans le mercure, avec lequel il forme un composé, que l'on appelle amalgame. Grèce à cette solubilité, il peut être facilement séparé des matières différentes auxquelles il est souvent si intimement mélangé.

11 se rencontre presque toujours dans la nature à IVtat de métal, mélangé ou allié & d' autres corps, simples, mais conservant ses caractères extérieurs. Il est uni à l'argent, dans réteefrum; au tellure, dans le le/fur*

natif; h l'argent et au tellure, dans le tellure graphique et le tellure jaune; au plomb et au tellure, dans le tellure feuilleté ; au palladium, dans la porpésite. Cn l'a trouvé allié au bismuth, quelquefois au rhodium, dans les monts Ourals; enfln, au mercure, en Californie, près de Alariposa, et en Colombie.

Sa couleur caractéristique se modifie souvent, quand il n'est pas pur. Il devient verdâtre, lorsqu'il est allié à l'argent, dans les proportions de 7 à 3; gris, lorsqu'il contient t de fer.

Formes. — H est souvent cristallisé. Les formes les plus habituelles sont le cube, le cubo-octaèdre, l'octaèdre, ou même le cube pyrnmidé, on enfiu l'une de celles qui se rattachent au système cubique. Les cristaux sont fréquemment groupés, et les groupes se disposent cn dendrites, en ramifications, en réseaux, parfois en lignes courbes et fines (variété capillaire) ; ou, en lames, cn enduits saillants à la surface des fissures de gangues pierreuses, parmi lesquelles le quartz occupe le premier rang.

Fréquemment aussi, le métal précieux, est disséminé en paillettes dans ses gangues, en particules extrêmement fines, imperceptibles même, dans la masse de minerais de fer ou de cuivre, et surtout des sulfures de ces deux métaux. C'est l'état sous lequel on aperçoit l'or à l'oeil nu , ou armé d'une loupe, au milieu des pyrites de fer devenues jaunes et ocreuses, au Brésil, et à Bérésof dans les monts Ourals, par suite de leur altération en limonitc. Enfin, daus les sables des rivières actuelles, ou dans les alluvions déposées par d'anciens cours d'eau dans leur lit, outre la forme de petites lamelles ou paillettes, l'or présente aussi celles de petites masses irrégulières, tantôt quelque peu sj heroïdalcs, tantôt aplaties, allongées, que Ton nomme des pépites. Les pépites atteignent quelquefois un poids assez considérable. On cite particulièrement, à cet égard, celle de Californie, qui pesait 60 kilogrammes ; la Russie en a fourni un certain nombre du poids de 10 kilogrammes; une, même, en pesait 36.

Gisements. — Ce métal est un des plus universellement disséminés à la surface du globe. Il est peu de régions qui cn manquent absolument ; mais il y en a bien peu où il soit

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abondamment répandu. Il a été un des premiers connus, à<causc de l'éclatqu'il possède, môme à l'état naturel, et l'un des plus estimés, soit à cause de cet éclat, soit parce qu'étant assez fusible, il est d'un facile travail, et aussi parce qu'il n'est altérable par aucun des éléments normalement ou accidentellement répandus dans l'atmosphère.

Il a trois sortes de gisements:

1° H se rencontre formant avec d'autres minerais des lits et des petites veines au milieu de roches métamorphiques, surtout auprès des roches éruptives, des porphyres, des diorites, des serpentines.

2" Dans des filons qui traversent les roches primitives cristallines, ou celles des terrains sédimentaires.

3° Dans les alluvions des rivières actuelles ou des cours d'eau disparus.

II n'est pas très abondant en Europe, bien que Ton en rencontre un peu partout. En France, dans le département de l'Isère, on a exploité de 1781 à 1787 les mines de la Gard et te, sans faire aucun bénéfice ; après avoir longtemps abandonné ces mines, ou les a reprises en 1837, et l'on a subi des pertes. L'or s'y trouve en paillettes, en petits cristaux, dans des filons de quartz, qui traversent legnchs; avec le plomb phosphaté, la galène, la pyrite de cuivre, la pyrite de fer, la limonitc, la malachite.

Au Pic de Pradelles, il accompagne quelquefois le wolfram, dans le quartz. Il se moutre ça et là, au milieu des alluvions des vallées de Glayeul, en Vaory, de l'étang de Creux (Haute-Vienne) , du Guchcono (Morbihan), de quelques vallées des Cévenues, mais surtout dans le lit du Rbiu, de l'Ariége, du Rhône. II a été entraîné dans ces vallées comme les fragments de cailloux, les galets quarlzeui, comme les matières pierreuses ou métalliques dont il est accompagné, par les cours d'eau qui y descendent des montagnes, ordinairement voisines, en général peu éloignées. Il a été dans presque toutes observé dans des filons de quartz, et il a éprouvé le sort de tous les débris de ces filons, détruits, en même temps que les roches qu'ils traversaient, par les agents atmosphériques.

Le Rhin est un des fleuves de l'Europe qui en contiennent le plus. C'est à partir de Kchl, vers Dahluudcn, jusqu'auprès de Carisruhe,

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que l'on exploite le lit du fleure sur ses deux rives. Les orpailleurs y puisent des niasses de gravier, qu'ils lavent ensuite sur des peaux de moutons ou sur des étoffes de laine, dont les poils retiennent le métal précieux, très* pur dans ce gisement, mais peu abondant. Eutre Bâle et Manheim, on a une moyenne annuelle d'environ 4500 fr. L'exploitation du lit de l'Ariége, assez active autrefois, n'est plui assez profitable aujourd'hui. Les fleuves de l'Europe, s'il faut en croire la tradition, roulaient bien plus d'or autrefois qu'aujourd'hui dans lenr eaux. Le Pactole et le Phase ont été célébrés plus d'nne fois à ce titre par les poètes de l'antiquité. Ce métal est encore recueilli de nos jours, en Portugal, aux environs de Lisbonne, dans un sable quartzeux assez fin, et sur la côte de ce pays, près d'Adica, entre l'embouchure du Tage et le cap Espichel ; en Espagne, dans les Asturies, où il est rare, et en petites paillettes dans le lit du Tage, qui était si riche au temps des Carthaginois.

En Irlande, l'or a été employé fort longtemps avant l'invasion des Romains, comme ou le voit par les ornements trouvés dans le* tombeaux et dans les marais tourbeux de cette Ile. La plus importante des exploitations auxquelles il a donné lieu a été celle d'uuamas dans une vallée située sur les flancs de la montagne Croghan Rinshela. Il a ét- découvert en plusieurs points de l'Angleterre, et en particulier dans des veines de quartz et de calcaire, qui traversent des grès rambriens et des schistes taf queux du silurien inférieur, à Ungules, entre Dolgclly et Barmoutb, dans le Mérionetshire. Il a été rencontré en petites quantités au milieu d<*> allnrions stannifères du Côrnouailles, et au<si. en rares parcelles, dans l'argile de Londres.

Il a été observé dans les filons de calcaire qui percent la grauwacke du canton des Crisous, en Suisse.

II a ponr gangue, en Suède, à Udelfors, paroisse d'Alsheda, en Smoland, du quartz eii filon- dans les micaschistes et les pyrites qui accompagnent le quartz, dans la masse ■ desquelles H est engagé en particules excessivement fines.

11 accompagne les minerais d'argent à RooMberg, en Norvège. On le rencontre accidentellement dans le schiste argileux et

la grauwacke de Berncastel (prorinces rhénanes) ; dans le quartz et le séléniure de plomb à Tilkcrode, au Harz.

L'empire d'Autriche possède les véritables mines d'or de l'Europe proprement dite.

Parmi les filons de quartz aurifère de la Bohème, on peut citer ceux du gneiss de Bergreichenstein.etde Eule ; ceux des granités de Tok et de Mileschow, aux environs de Prxibram. Des filous de galèneet de sulfures de fer et de cuivre aurirères sont exploités à Obergrnnd, en Silésie. En Slyrie, des sulfures répandus dans des bancs de quartz, encaissés eux-mêmes dans des micaschistes, contiennent de très polîtes proportions d'argent aurifère. C'est encore le quartz qui a entraîné l'or dans les schistes cristallins des environs de Ga»teio, enSalzbourg, dans les micaschistes de Zell (Zillerthal) et de ses ru y irons. Eu Carinthie, ce métal est exploité dans drs schistes argileux qui semblent appartenir à la grauwacke ; on en extrait aussi de la blende trtasique de Secland, commune au sud-ouest de RappeL Les mines, longtemps abandonnées, paraissent redonner aujourd'hui un peu d'espoir, à la suite de recherches récentes et de la découverte de nouveaux gîtes. Les veinules de quartz aurifère, répandues dans le granité grossier de Biiring (Hongrie), ont perdu lenr ancienne réputation. Les environs de Dobschan, et les filons de Rezbanya (Hongrie) sont presque tous aurifères. Mais leur richesse est bien inférieure à celle des grès des Carpathes. Celte chaîne forme a vec les branches extrêmes des Alpes une gigantesque couronne autour des plaines tertiaires de la Hongrie et de la Transylvanie. Outre les roches éruprives développées surtout dans la partie méridionale, et dans les petits Carpathes, la chaîne est bordée à l'intérieur par du granité, des diorites et des mehes trachytiques ; et sur son flanc extérieur, par des grès, rapportés en partie au terrain crétacé, en partie à l'éojène. Ces grès encaissent à Zsibold, et aux environs do Zalatbna, en Transylvanie, des filons de pyrites aurifères, mêles à des minerais de tellure. A VorOspatak, et aux environs, le grès est imprégué d'or natif, et traversé de fentes, occupées par du quartz abondamment imprégné d'or, d'argent natif et de pyrite aurifère.

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A Scbcmoilz, en Hongrie, des diorites, recouvertes de trachytes , renferment de nombreux filons d'argent, de sulfures métalliques aurifères, et de quart! imprégné d'or. M. Haidinger fait remonter au ixme siècle l'exploitation des mines de Scbrmniti. L'or a rendu également célèbres les filons des porphyres dioritiques à Kremnitz, à Na- \ gybanya (Hongrie), où il est associé à l'or- i gent et au cuivre dans les filons de quartz ^ qui traversent le diorite et le tracbyte; en- | fin, les porphyres dioritiques de Kapnik, de Borpatak. de Zalathna, etc., ceux d'Offeubanya (Transsylvanie), ainsi que les mines de Nagyag, et celles des monts de Csetras, si métallifères, surtout sur leur versant occidental. C'est là, principalement, que l'or se trouve allié au plomb, à l'argent, au tellure, au milieu de carbonate de manganèse, de quartz, d'une blende rouge, dans des filons de quartz qui traversent le porphyre en tous sens. Les deux provinces de Hougrie et de Transsylvanie ont rapporté 1473 kilogrammes de ce métal en 1856.

L'Italie possède assez peu d'or ; cependant quelques ruisseaux de la vallée d'Aoste en contiennent des paillettes ou des grains.

Presque tous les versants du mont Rosa offrent des filons de sulfure de fer (pyrite jaune), qui renferment quelques cent millièmes d'or et des proportions d'argent a peu près égales.

L'Asie est pourvue de gttes de ce métal bien plus féconds que ceux de l'Europe. Los deux régions de l'Oural et de l'Altaï tiennent le premier rang à ce point de vue.

La cbatne centrale des monts Ourals est formée degranite au nord d'ikaterineubourg; de schistes argileux, dans les parties plus septentrionales, vers Bogoslofsk, et de micaschistes au sud, près Zlataoust.

Cette région a été à plusieurs reprises déchirée par d'immenses fissures, qu'ont remplies les roches éruptives, granités, syéuites, serpentines, diorites et porphyres dioritiques. Ces roches soulevées ont clé elles-mêmes injectées de quartz aurifère. Mais ce sont les vallées qui contiennent dans leurs alluvious les trésors les plus Faciles à conquérir. Les ruisseaux sortis des rameaux de la chatne principale ont dû, à 4'ls époques anciennes, former des lacs aussi \astcs que profouds, et à un certain mo-

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ment, brisant les roches qui leur servaient de digues, et que les altérations produites par les agents atmosphériques les aidaient à démolir, ils ont emporté leurs débris, et tout ce qu'ils renfermaient. Dans ces mouvements, il s'est produit au sein des eaui un triage naturel des éléments qu'elles charriaient ; les fragments des roches et de leurs filons se sont séparés d'après le rapport de leurs densilts, de leur configuration. Ce sont les parties les plus lourdes qui se sont le moins éloignées des montagnes, en formant des grauers, dont l'étal de division et la teneur en or évitent à ceux qui les exploitent la nécessité de broyer la gangue et une partie des opérations du lavage, puisque le triage du minerai et de sa gangue est déjà en partie effectué. Le groupe des exploitations de Bérésowsk comprend deux sortes de gisements.

1° Près d'ikaterinenbourg, sur le flanc est de l'Oural, apparaissent desgranites mélésde schistes talqueux, de serpentines subordonnées, avec chlorite, horoblende, et de marbres en amas. Entre les sources de la Pischma et de l'Isset, la rocho dominante est un schiste talqueux, criblé de veines de quartz, qu'on appelle dans le pays bérésite. Cette roebe, surtout dans ses veines quartzeuses, renferme du nadelerz, des aiguilles de malachite, du ebromate de plomb, des pyrites aurifères et de l'or natif. La pyrite, souvent transformée en limonites , laisse apercevoir les parcelles d'or, que masque son éclat lorsqu'elle est intacte.

C'est en 1823 que le premier gisement de sable aurifère y a été découvert, le long des accotoirs orientaux de l'Oural, formés de schistes talqueux, passant aux phyllades (ardoises), liées aux serpentines et aux diorites. Ils sont arrosés par l'Atlian et la Miass, où se jettent les ruisseaux qui sortent des rameaux de la chaloe principale de l'Oural, formée de roches primitives. Dans la vallée de la Miass, plus riche que les bords de l'Allian, sur un lit de roches primitives, s'étendent les alluvions qui se composent d*argile,dc fragments de quartz, d'oxydes de fer, d'amphibole, auxquels se mêlent le platine, l'or et l'osmiure d'iridium. La couche végétale est quelquefois si mince, que l'on a trouvé des pépites jusque dans les racines des arbrisseaux. Les mines de

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ZlaUouu ont produit, de 1831 a 1835, les deux cinquièmes de ce que rapportait toute la circonscription de l'Oural. Le groupe des sable* des environsde Bogostofsk, situé plus au nord que le précédent, a peu près à la latitude de Pexm, a douné son maximan vers 1830. Puis il a fallu laver une plus grande quantité de sables pour obtenir la même quantité du métal précieui.

Des gisements considérables d'or ont déjà été découverts dans les monts Altaï, qui bordent au nord le plateau de l'Asie centrale, et qui sont composés de micaschistcs,de schistes chloriteux, talqueux, traversés par des diorites avec filons de quartz, le tout appuyé sur des roetaes granitiques (granités et syénites). Les mines se trouvent dans un espace qui fut occupé jadis par la mer Caspienne, comme l'attestent encore un grand nombre de lacs et de marais salés. Dans celte plaine immense serpentent de rares cours d'eau. Vers le sud, cette zone est acculée à la chaîne; elle a pour bornes, à l'est, le petit Altaï ; à l'ouest, la steppe des Kirghises ; au uord, la grande plaine sibérienne. Ses valléessontbaigoéesparl'Irtyscb.l'OI et laTom

Vers le sud, la cbatne de Kholzoum, granitique et schisteuse, offre des altuvions, des terres ocreuses aurifères, surtout dans leurs parties supérieures, mats peu d'or dans ses mines, exploitées avec beaucoup de succès pour les antres métaux. Les gttes les plus riches se trouvent dans une partie de la vallée de la Tom, à cimes neigeuses, que forment des syénites, flanquées de micaschistes.de phyllades, sur lesquels s'appuient d s contreforts de schistes talqueux. à veines de quartz aurifère. Il faut ajouter encore à ces gisemeuls ceux du district de Sertschinsk, situés à l'est et au sud des monts Jablonoï. Ce vaste champ ouvert A la rct herche de l'or, soit au bas du versant asiatique de l'Oural, soit à travers les steppes, sous lesquels plongent les monts Altaï ei Oamiriques, a donué depuis 1850 un produit annuel à peu près constant ; il était de 23 020 kilogrammes en 1863.

La Russie ne possède pourtant pas tous 1rs gisements aurifères de l'Asie. 11 en existe un assez grand nombre au Japon, eu particulier dans h presqu'île de Nifon ; en Chine, dans les provinces du nord-ouest et du sud-est ; ils sont assez riches, bien

qu'ils donnent peu de bénéfices. Aux Indes- Orientales, les environs d'Ava (royaume des Birmans), le pays d'Anam ; en Cochinrhine, le royaume de Siam, contiennent souvent des paillettes d'or dans leur terrain d'alluvion. Ce métal se retrouve dans les Iles de la Sonde, à Sumatra, è Java. Il estacrompagné de platine et de fer magnétique, à la pointe S.-O. de l'Ile de Bornéo, où l'argile rouge qui le renferme est superposée immédiatement à une serpentine traversée par de nombreux filons de quartz. Il y a été exploité en grande partie par les Chinois. Il occupe aux environs de Montredock près de 6000 ouvriers, au dire de Crawford. I| a été aussi rencontré en paillettes souvent empâtées par des galets de spinelle, dans la grande Ile de Ccylan. On sait enfin que le Thibct, entre la chaîne de l'Himalaya et celle de Kulkun, payait autrefois en or un tribut à la Chine.

Les renseignements qui nous ont été fournis sur l'Afrique par les relations des voyageurs modernes, nous montrent tous, sans exception, que si les gisements de l'intérieur sont peu connus, ils doivent être au moins aussi abondants que ceux des régions où les Européens ont pu facilement pénétrer. S'il faut en croire Hérodote et Pline, l'Ethiopie aurait été d'une merveilleuse production. C'est sur les cotes d'Afrique aujourd'hui, qu'a lieu l'échange important de la poudre d'or et des marchandises européennes. On peut mentionner parmi les régions où les Maures et les races africaines voot chercher les éléments de leur commerce :

r Le pays de Cordofan, où le granité est rempli de filon de diorile, avec sulfures cl arséuiures de fer et de plomb ; — 2° Le grand désert de Sahara; — 3° Le pays de Bambouck, en Sénégambie ; — 4° La contrée de Sofala, en face de l'Ile de Madagascar.

L'Amérique du Sud, dont les trésors immenses oot attiré tant de générations des peuples européens depuis le commencement de l'ère moderne, occupe uti rang bien inférieur de nos jours parmi les grandes régions aurifères. Elle qui versait encore dans le monde, au commencement du siècle, à peu près les deux tiers de l'or annuellement découvert, elle lui en procure aujourd'hui è peine le douzième. Au Mexique,

les filons argentifères renferment des traees de ce métal ; mais l'Etat de Sonora en conticut d'assez grandes quantités dans ses alluvioas de la vallée de Rio-Hiaqui. Les exploitations les pins importantes sont celles de San An tonin-de-los-Cues, ÉtatdeOaxaca. L'n grand nombre des provinces du Pérou sont aurifères ; en Bolivie, la fameuse mine de Polos i, élevée à 4865 mètres au-dessus de la mer, produit à la fois de l'or et de l'argent. Au Chili, dans les environs de Coquimbo, la mine de Toro est un véritable placer, exploité depuis une époque antérieure à la découverte de l'Amérique. Tout le terrain de cristallisation du Chili est rempli de filons souvent aurifères. Le Brésil, qui vers la fin du siècle dernier donnait plus d'or a lui seul que tout le reste du monde, promet encore de rémunérer largement des exploitations nouvelles. L'or y estépars en paillettes, en petites lames, quelquefois en agrégats de filaments capillaires, dans la roche appelée iacotinga au Brésil, et formée de quarto laminaire dont les feuillets sont séparés par du fer oligiste écaillcux. Audessus de l'iacotioga est un grès également aurifère, appelé itabirite, et composé aussi de quartz hyalin grenu, stratifié en lits parallèles avic des oxydes de fer cl un peu de carbonate de manganèse : eaflu, au contact des deux premières, une autre roche aurifère, schisteuse, a pour élémeuts le quartz, le mica» le talc; elle est nommée ilacolunule. Ces roches oui été incliuées par les diorites qui les traversent. C'est dans la province de MiuhasGerars que l'on observe le mieux ce gisement primitif; mais les vallées de cette province.et de celle de alatlo-Grosso, doivent encore aujourd'hui une grande célébrité à leurs alluvions, où l'on recueille, au milieu des éléments des roches précédeutes, l'or, le platine, le diamaut. Le mauque de bras, l'epuisemenl des anciens gîtes, ont singulièrement diminué la production du Brésil. A la Guyane française, les alluvious sont exploites avec un succès assez variable sur ' les lives de l'Arataye et d'autres fleuves. L'or s'y trouve accompagné, dans les sables, de uombreux cristaux de staurotide, de fer oxyduié, etc. La nouvelle-Grenade doune encore environ 5000 kilogrammes du métal qui nous occupe; eu 1853, on a découvert de l'or à Cumana, proviuce de Venezuela.

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Haïti, Cuba, parmi les Antilles, apportent leur petit contingent.

De uombreux glics sont aujourd'hui connus dans l'Amérique septentrionale. A la Nouvel le -Ecosse, le métal se rencontre dans le silurien inférieur, et dans des conglomérats formés à l'époque du terrain carbonifiere, aux dépens d'éléments arrachés au silurien. On avait d'abord exploré avec succès les deux Carolioes, la Virginie, et la ebatue des Alleghanys, criblée partout de filons aurifères, et dout les schistes empâtent des paillettes d'or; mais les trois grandes régious les plus riches sont la Californie, la (icorgie et le Colorado. C'est en 1848, peu après l'annexiou de la Haute- Californie aux Etats Dnis, que l'or fut découvert sur les bords d'un affluent du Sacramenlo. Les gttes occupent les vastes vallées du Sacranieulo et du Son Joaquim, sur la côte occidentale du Pacifique, a l'ouest de la ligue de faite de la Sierraj Nevada, qui continue la grande crête de la cordillièrc des Audes. Ces montagnes qui s elèveut lcntemcut a uue grande hauteur au-dessus de la mer, s'abaissent brusquement vers l'est de plus de 1800 mètres. Elles sont composées de roches primitives et métamorphiques. Dans les schistes de leurs contre forts, on a recueilli quelques ; bélcmnitcs , qui paraissent appartenir au i type des béicuiuites jurassiques. A leurs I pieds s'élendeui d'immenses plaines de j sable, d'où se dressent des massifs volcaniques, dans lesquels ou a observé des tra- | chyles, des basaltes, des obsidiennes, des I pouces, et un cortège d'eaux minérales qui en sortent à l'état d'ebulitiou. Partout les dépôts siliceux abondeut. Cette sorte de > sécretiou du quartz parait avoir commence lors de l'apparitiou des trachytes, depuis, elle n'a pas été interrompue, comme les eaux thermales actuelles en fout foi. D'après I M. Laur, c'est sans doute au temps de l'éruption des trachy tes que l'or a dû être amené dans les roches qui en renferment. Les alluvious tertiaires de celte contrée ali- I mentent des lavages uombreux et actifs, qui ont eu cependaut à subir des pertes assez grandes depuis quelques années. Ces dépôts sont recouverts par des basaltes, à l'épanchemeul desquels oui succédé de nouvelles érosion». Les placer* de Dahlo-

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tvga. en Géorgie, ont donné déjà de trèsbeaux lésultals. I/or y brille au milieu des caillom . sur le bord des lorrenls. Des veines de quartz et de tétradymilesaurifères j remplissent des scbisles micacés et nmphi.

boliqucs décomposés. Eu 1860 , 1861 et 1862 , il y eut un -courant continuel d'émigration vers le Colorado ; mais il s'arrêta, dit M. Whitney, par suite de la guerre civile des États-Uni*, et des attaques cruelles et furieuses dirigées contre les blancs |Mr iles Indiens. Les veines de quartz aurifère y apparaissent innombrables, et d'après

vr augmente avec la profondeur.

F.n 1 8S1 , l'Australie s'est à son tour peuplée peu à peu d'une colonie attirée perses richesses. Le terrain aurifère s'y étend au milieu des grandes vallées qui descendent des moniagoes Bleues, dans la Nouvelle- GalleaduSud, entre Sydney et Port Phillips. Il se campée d'une masse de matières airnacées, épaisse de 1000 à 1500 .mètres, et ebamée comme celle de Californie. Dans le district de Balloarat, une nappe de basalte, de 30 mètres d'épaisseur, repose sur les ailavions. Les sables aurifères ne «enferment que des fossiles végétaux; ils paraissent d'origine marine, et sont d'une époque assez récente de la période tertiaire. L'or s'y trouve à plusieurs niveaux, il est vrai ; mai6 ce n'est pas là son gisement pri* natif ; ces graviers proviennent évidemment de la destruction et du transport de filons aurifères, dont les débris mêlés à des sables ont été déposés par des mers assez récentes. Les filons s'observent en place dans les schistes siluriens, mais paraissent plus modernes. Les mines et les Lavages de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande réunies ont fourni depuis 1851 près de 4 milliards et demi de francs, environ 66 mètres cubes o"or. C'est dans les alluvioosdc la Nouvelle- Galles du Sud qu'a été trouvée la pins grasse pépite connue : elle pesait 84 kilogrammes.

Pendant plusieurs années à partir de 1848, des flots de chercheurs , appartenant à toutes les nations, coururent en Californie. C'est que, jusqu'en 1857, ce fut cette contrée qui conserva le premier rang parmi les pays où l'or était réuni sur certains points privilégiés en masses volumineuses ;

mais une fois les gUes de facile exploitation épuisés, il fallut imaginer des moyens qui devinrent de pins en plus dispendieux. Il fallut en venir à fouiller les filons de quartz, et l'on s'aperçut bientôt que ces filons, comme beaucoup d'autres plus anciennement connus, devenaient de plus en plus pauvres, à mesure qu'on les fouillait à une profondeur de plus en plus considérable. Jusqu'en 1857, l'or trouvé chaque année en Californie représentait les 43 centièmes de celui que l'on lirait de toutes les mines du globe. Celui que produisait la Russie n'en était que les 14 centièmes. Mais les immenses richesses de l'Australie, les nouveaux gîtes de la Géorgie, du Colorado, se disputent aujourd'hui les émigrants des pays voisins ou même éloignés ; la Californie cependant, tout en n'offrant plus à ses nouveaux colons les mêmes chances d'une fortune rapide, leur donne un sol fécond et de culture peu laborieuse.

Exploitation des gttes, et traitement des minerais d'er. — Les alluviuns aurifères sont les gttes les plusrépandus, ceux que l'on découvre en général les premiers, dont l'exploitation est la plus facile. On lave I quelquefois les graviers, comme il a été dit plus haut, sur des peaux de bètes, de mouton par exemple, dont les poils retiennent les paillettes d'or, et ce moyen a été sans doute employé par les anciens, comme le fait présumer la légende de la Toison d'or. Si le métal est bien isolé au milieu des alluvions, le lavage est la première de toutes les opérations; mais s'il est emprisonné dans un conglomérat, dans le quartz, ou dans une roche, on bocarde ces masses, on les broie en fragments assez Gns, pour qu'il devienue libre, et on soumet le tout au lavage. Voici plusieurs des procédés dont on a usé & Miask pour cette opération. Sur des tables, dont trois côtés portent des rebords, et dont le quatrième laisse descendre le gravier, on fait couler de l'eau et remonter le sable dans une direction opposée. Cependant, on enlève les parties les plus grossières sur les cotés, où l'on effectue ce premier criblage au moyen de caisses percées de trous assez larges. On obtient ainsi un sable métallique appelé schlich noir. On bien des ouvriers triturent le sable et retirent les gros galets, pendant

que de l'eau qui coule et des râteaux qui 6e meuvent eu travers de l'auge élaborent les graviers qui restcut. On obtient encore un schlich assez rîclie. On sèche les scblichs ainsi obtenus, et Ton rn sépare le fer titane, le frr magnétique à Table du barreau aimanté. La teneur moyenne des sables est de 26 parties d'or pour dix u illions de parties arénacées.

En Californie, on a exécuté des travaux gigantesques: ici l'on détournait des rivières pour en fouiller le lit; ailleurs, au moyen d'eau qui sortait de tuyaux de con- . duite, en masses éuurmes. sous une forte pression, comme celle qui jaillit de la lance des pompiers, on arrivait a rainer des montagnes de sable, et à produire des éboule* ments de tout ce qui surplombait; mais, eu dépit de l'énergie des moyens, on éprouva des pertes considérables, et les Européens abandonnèrent aux Chinois, plus modesws dans leurs désirs, et l'œuvre et sa modique récompense. Le travail des fllons exige un plus grand nombre d'opérations. Si la gangue est du quartz, el que l'or y soit distinct à l'œil ou, il suffit de faire passer le tout sous des pilons de fonte dans des caifses bordées de funte cl percées de trous. En Russie, de Peau qui passe dans ces caisses entraîne tout avec elle sur des plan» incliné», disposés à des hauteurs différentes; l'or s'arrête sur les étages supérieurs. On retire la gangue bocardée, on la lave sur des ta bles inclinées après l'avoir tamisée, «.fin de se débarrasser des parties terreuses rtl'on obtient le schlich de bocardage. Le résidu est le srblirh noir, que l'on soumet à l'action de l'aimant, comme il a été dit plus haut. Ou broie ce qui reste en \ oudre plus finn, el l'on en soumet la partie métallique à l'action du mercure. Il se forme on amalgame d'or que l'on recueille, et que l'on t«rd dans une peau de chamois; l'excès du mercure s< rt, et il reste un amalgame solide que l'on chauffe dans des vases clos, en ayant le soin de condenser dans des récipients ronvcnebl ment refroidis le mercure qui distille. L'or débarrassé du mereure est soumis de nouveau a une haute température, mais cette fois en présence du borax, qui rend fusible le quartz et '•• autres impuretés de nature terreme, et qui 1rs fait passer à l'état de scories \i-

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te uses. Souvent Ton avive l'amalgamation au moyen de l'acide sulfurique. Si les particules d'or ne sont pas distinctes dans les gangues, comme c'est le cas pour beaucoup de pyrites du Piémont, on les grille avant de les broyer, ou on les pulvérise plus finement, et l'on fait suivre ces opérations de l'amalgamation qui les complète.

Au Tyrol, tes pyrites, dont la teneur en or varie de 6 à 15 millièmes, sont d'abord réduites en poudre très fine par des bocards, et immédiatement après elles sont agitées et entraînées dans un mouvement de rotation par des moulins où l'on verse du mercure qui en amalgame les parties métalliques. L'eau, trouble au sortir des moulins, se rend dans des labyrinthes, où elle dépose un seblieb très argentifère, qu'on lave et qu'où traite comme minerai d'argent. Quant à l'amalgame, il est retiré des moulins après quatre semaines de travail, lordu dans une peau de ebamois, où il laisse un résidu solide dont on obtient l'or, en volatilisant le mercure par distillation.

Dans la haute Hongrie, on fait agir o'u plomb pur, appelé plomb pavvre, sur des minerais de cuivre peu riches en argent et surtout en or métalliques, ( ne partie du l>lomb se substitue aux métaux, et l'autre partie forme avec ces métaux, mis eu liberté, un alliage, que l'on fait agir sur des minerais nouveaux, qui n'ont encore subi d'autre opération que le grillage. On continue à enrichir le plomb, par celte méthode dite à' imbibUion , et l'on obtient un alliage, le plomb d'auvre, qui mérite d être roupellé. Pendant la coupellation, on mêle à cet alliage les tellurures d'or et d'argent très riches; les métaux qui peuvent passer a l'état d'oxydes s'infiltrent a cet état dans la coupelle, sur laquelle reste un alliage d'argent et d'or. On affine ce dernier au moyen de l'acide nitrique, de densité 1,32, exempt d'acide rhlorbydrique. Il faut que l'alliage contienne trois parties d'argent, et une partie d'or. Dans ce» conditions, l'or reste intact, et tout l'argent est dissous. On précipite l'argent de »a dissolution au moyen de lames de cuivre.

On peut aussi obtenir, par un autre

procédé d'affinage, l'or au moyen de l'accid

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MilCurique ; et s'il est allié au cuivre, en même temps qu'à l'argent, il est utile que les proportions soient à peu près celles de '200 parties du premier métal, pour 725 d'argent et 75 de cuivre. On débarrasse l'alliage 4a plomb, et des autres métaux qu'il peut contenir, par coupellation ; puis on le traite par l'acide sulfurique couceniré dam d<*s chaudières de foute, en portant à l ébullilioD, jusqu'à ce que le mélange des sulfates d'argent et de cuivre prenne la consistance péteuse. On les soumet ensuite à l'action de la Tapeur d'eau, et l'on décante à l'aide de siphons qui emportent les sulfate» dans des réservoir* de plomb, où l'on précipite l'argent par des lames de cuivre. Qoantà l'or, on le retire à l'état métallique.

Les aHiages d'argent très aurifères sont attaqués à part, dans des cornues de platine, par l'acide sulfurique. Au Colorado, le minerai est soumis a l'amalgamation sur de larges plaques de cuivre revêtues de mercure, ou dans de grands vases de fer ou de bois. On bien, on lave les sables en les remuant à l'aide de grosses pierres et de lames de fer, que l'on fait tourner au milieu de la masse ; et l'on recueille l'or trié par ce lavage. Enfin, chaque fois que l'on découvre un gtte d'one grande richesse, on emploie des procédés d'extraction d'autant plus parfaits que l'exploitation dure plus longtemps. Heureux les mineurs, lorsque leurs dépenses les plus fortes ne s'appliquent pas à des régions déjà trop épuisées.

Vsages de l'or. — Les u.*ages de ce beau métal sont trop connus pour qu'il soit utile de les rappeler ici. C'est la matière première des plus belles parures, celle dont l'éclat sied le mieux aux plus belles pierres précieuses, et particulièrement aux gemmes colorées; à l'état d'ettrèrae division, il sert

aux verres de Bohême, enûn, il sert à la fabrication des monnaies. Il s'emploie rarement par, il serait trop mou; allié au contraire au cuivre ou à l'argent, il devient plus dur et plus consistant. La proportion d'or qui entre dans mille parties d'un de ses alliages en est I: titre. La monnaie en France est au titre de 900 millièmes; les bijoux peuvent être vendus à trois titres différents: 1° de 920 millièmes; 2° de 840 millièmes; 3° de 750 millièmes. La tolérance

est de 3 millièmes pour l'or. Chaque titre, vérifié à la Monnaie, est indique sur les objets au moyen d'un poinçon particulier. Les bijoux au dernier titre n'ont plus un éclat assez beau ; on en avive la surface au moyeu d« liqueurs qui en dissolvent les métaux étrangers.

Eu général, les bijoux de Paris, marqués d'un poinçon spécial, qui portent le litre garantie or, ne contiennent de cuivre que juste ce qu'il en faut pour faciliter le travail du métal précieux.

Essais. — On appelle ainsi les moyens de reconnaître le titre des objets d'or. L'un des plus simples consiste à tracer avec l'objet que l'on essaye, sur unepierra de louc/ic,uuc ligne un peu large; on mouille avec une barbe de plume trempée dans de l'eau forte un peu étendue, additionnée d'à peu près deux centièmes d'aride chlorhydrique ; puis on essuie légèrement. La teinte verte plus ou moins foncée et l'éclat de la ligne permettent d'estimer très approximativement le titre. On n'arrive à cette appréciation délicate, qu'après s'y être exercé en s aidant de termes de comparaison, que l'on appelle des iouchaux, et qui sont des alliages composés de proportions connues, et taillés en formes d'aiguilles. On compare les lignes tracées avec des touchaux de différents litres, attaqués par la liqueur défiuie plus haut, a celle de l'objet à essayer, dans les mêmes conditions. La pierre de louche doit être homogène; elle doit être assez dure pour rayer les alliages métalliques ; noire, pour que l'or y apparaisse avec tout son éclat et «ans modification ; inattaquable aux acides. La pierre préférée par le» bijoutiers est la lydienne noire, sorted'argile siliceuse., colorée par de l'anthracite. Ou peut aussi employer le jaspe noir; mais le jaspe pur entame trop fortement les bijoux. Ce procédé, même entre les mains d'un homme habile, ne donne pas une mesure précise, et devient même mutile, lorsqu'il s'agit de bijoux de cuivre, d'argent, dorés, ou dou- Lles. La méthode employée pour une analyse complète s'appelle inquarlalion, lorsqu'il s'agit de séparer l'or de l'argent, parce qu'elle exige que l'on opère sur un alliage formé de un quart d'or cl trois quarts d'argent. Si l'objet essayé contient trop peu d'argent, après une analyse

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rapide, faite préalablement, oq eo ajoute ce qu'il faut ; puis, l'on eu forme un petit bouton que l'on aplatit, que l'on passe au laminoir, et dont on fait un petit cornet, qui ne doit pas être trop mioce On le fait entrer dans un petit matras, où l'on verse par parties, de l'acide azotique. Cet acide dissout l'argent; on fait tomber le petit cornet qui n'.i pas perdu sa forme dans un creuset ; on le recuit sur la moufle d'un fourneau de coupetlc,dont la température ne doit s'élever que peu a peu. Le cornet, sans fondre, devient assez ferme pour être pesé dans une balance.

Depuis les découvertes successives des mines de l'Oural, de la Californie et de l'Australie, le prix de l'or a baissé relativement à celui de l'argent; mais cette question est plutôt du ressort de l'économie politique que de la minéralogie. (Ed. Janmkttaz.)

ORAGE. Météor. — L'orage est une manifestation des forces électriques de l'atmosphère.

La première étincelle tirée d'un corps élcctrisé par frottement, il y a plus d'un siècle, fut comparée aux éclats de la foudre; mais Franklin conçut le premier l'idée de démontrer par des expériences directes l'identité de ces deux phénomènes et d'en tirer un moyen de préserver nos édifices des atteintes de la foudre. C'est un jouet d'enfant, le cerf-volant, qui lui permit d'arriver à un aussi grand résultat. Par un temps d'orage, il s'en alla dans les champs, seul avec son fils, « craignant, disait-il, le ridicule dont on ne manque pas de couvrir les essais infructueux ». Le cerf-volant fut lancé, la corde qui le retenait étant fixée au bout d'un support en verre. Un nuage promettant beaucoup ne produisit aucun effet; d'autres nuages s'avançaient et tout restait tranquille : on ne voyait ni étincelle, ni aucun signe électrique sur l'appareil. A la fin, rependant, une petite pluie fine étant survenue, quelques filaments se soulevèrent sur la corde comme s'ils étaient repoussés; un petit bruissement se fit entendre. Franklin présenta son doigt, une vive étincelle, bientôt suivie de plusieurs autres, s'échappa de l'extrémité inférieure de la corde rendue conductrice de Véledriciu par l'eau qu'elle avait reçue. Cette expérience eut lira en Juin 1752.

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Déjà les idées de Franklin, publiées et connues en France, y avaient reçu une complète démonstration. Le 10 mai 1752, Dali bard avait fait élever sur le plateau de Marly-la-ville un support élevé sur lequel était fixée verticalement une barré de fer ronde, de 1 3 mètres de hauteur, et terminée i son extrémité supérieure par une pointe d'acier trempé et poli. Au moment où des nuages orageux passèrent au zénith, la barre s'élertrisa assez fortement pour donner de longues et brillantes étincelles.

En juin 1753, un magistrat français, de Romas, assesseur au présidial de Nérac, connaissant l'expérience de Dalibard, mais ignorant encore celle de Frankliu, eut, comme ce dernier, l'idée de se servir du cerf-volant. Il eut soin de garnir la corde de son instrument d'un fil métallique bon conducteur; il obtint immédiatement des signes électriques très énergiques. Il répéta cette expérience en 1 757, pendant un orage ; les effets furent formidables. « I maginezvous, dit de Romas, de voir des lames de feu de 9 à 10 pieds de longueur et d'un pouce d'épaisseur, qui faisaient autant et plus de bruit que des coups de pistolet. » Maigre ses précautions, il fut une fois reuvervé par la violence du choc. Riebemanu, de l'académie de Saint-Pétersbourg, fut foudroyé en répétant l'expérience de Dalibard?

L'existence de l'électricité dans les nuages orageux n'est plus douteuse pour personne; mais d'où vieut celte électricité.

L'air est toujours éleclrisé alors même qu'il n'existe aucun nuage : il contient dans ce cas de l'électricité vitreuse ou pcsitive, en quantité d'autant plus grande qu'on le considère à une plus grande hauteur dans l'atmosphère. Dans un ciel nuageux, les signes électriques sont généralement plus intenses, mais ils sont en même temps plus variables. Dans les temps orageux, en particulier, les instruments accuseront pendant des heures entière» la présence de l'électricité positive dans les nuages, puis, sans que rien ait changé en apparence dans les conditions extérieures, les signes s'intervertissent et se succèdent rapidement tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre.

Toutes ces variations agissent puissamment sur nous. L'anxiété que l'on éprouve souvent à l'approche d un orage ou pendant

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sa dorée n'a pu d'autre origine. Les éclats | du tonnerre et la connaissance des effets redoutables que peut produire la foudre eiritent la crainte chez beaucoup de personnes ; mais on se tromperait si l'on attribuait à cet unique sentiment l'impression que l'orage produit sur nous. Des nommes dont le courage ne peut être révoqué en doute, et qui, d'ailleurs, apprécient le danger a sa véritable valeur, ne sont quelquefois pas plus épargnés que les autres par cet état nerveui résultant des brusques mouvements de l'électricité dans nos or gaoes. Les personnes d'un tempéramment nerveui, celles qui ont été affaiblies par les maladies ou qui sont atteintes d'affections rhumatismales y sont le plus «posées.

Éclair. Les sillons de feu qui constituent les éclairs atteignent quelquefois 10 a 15 kilomètres de longueur; mais alors ils sont formés par une série d'étincelles partant simultanément, ou à peu près, entre divers lambeaux de nuages. L'éclair est souvent simple, mais il affecte toujours la forme d'une ligne brisée, présentant des angles nombreux. Les effets de perspective augmentent beaucoup celte apparence. La durée d uo éclair simple est excessivement courte, bien que l'impression produite sur l'ail soit quelquefois très durable, surtout pendant la nuit. Un disque de carton sur lequel ou a tracé des secteurs alternativement blancs et noirs, étant éclairé par la lueur de l'un de ces éclairs, paraît au repos quelle que soit la vitesse de rotation qu'on lui imprime autour de son centre. Pendant la durée réelle de l'éclair il n'a pas eu le temps de se déplacer d'une quantité appréciable et les lignes de séparation des secteurs se montrent aussi nettes que si le disque était réellement au repos. Les éclairs formés de la succession rapide d'éclairs plus petits produiseniune autre impression ; le» lignes de séparation des secteurs apparaissent moins nettement limitées. Assez souvent, on voit l'éclair présenter la forme d'un tronc d'où se détachent plusieurs branches disiiuctes. Bien des détours attribués à la Toudre, quand elle frappe une habitation, n'ont pas d'autre origine qu'une division de ce genre. Le 3 juin t865 la foudre pénétra a» même instant par trois points différents et fort éloigoés les uns des autres

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dans le collège de Pembroke à Oxford. En avril 1718, vingt-quatre églises furent foudroyées auxenvirons de Saint-Paul-de-Léon, quoi qu'on n'eût entendu que trois coups de tonnerre.

Les éclairs de chaleur sont dus à des orages lointains. L'illumination du ciel produite par un éclair peut être aperçue h une distance de 40 à 50 lieues, tandis que le bruit du tonnerre n'est plus perçue à une distance de plus de 6 ou 7 lieues.

Il est dangereux de regarder les éclairs, durant la nuit surtout, leur éclat est tellement vif, qu'il est arrivé à plusieurs personnes de perdre la vue, sans remède, pour s'y être exposées.

Tonnerre. — Le tonnerre accompagne l'éclair, comme le craquement de l'étincelle d'une machine électrique accompagne le jet de lumière qui s'en échappe. Le bruit est instantané comme l'éclair lui-même ; son long retentissement tient à la lenteur avec laquelle le son se propage dans l'air,

Imaginons que des soldats soient répartis en ligne droite sur une longueur de 1000 mètres seulement et qu'ils déchargent leur fusil au même instant. Un homme placé à l'uu des bouts de la ligne entendra d'abord le coup de fusil le plus près, puis successivement tous les autres. Le roulement durera près de trois secondes et sera uniforme si les soldats en ligne sont également espacés ; s'ils sont au contraire disposés sur une ligne brisée, l'uniformité disparaît parce que les distances ne vont plus croissant d'une manière uniforme. En certains points les coups seront plus pressés, le bruit plus intense. Or le bruit de la foudre est également réparti sur toute la longueur d'un éclair ; il nous arrive en détail mais plus nourri dans certaines parties plus inclinées que d'autres. Les échos contribuent d'ailleurs à prolonger le roulement du tonnerre. Ce roulement peut durer de 35 a 45 secondes.

C'est aussi à la lenteur de progression du son qu'est dû l'intervalle qui sépare l'éclair du bruit du tonnerre. Si l'on compte le nombre des battements du pouls effectués pendant cet intervalle, et qu'on multiplie 300 mètres par ce nombre, on aura approximativement la dislance du point lo plus rapproché de l'éclair jusqu'à nous.

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Nal ne peut être atteint par uo coup de foudre dont il a vu l'éclair.

Foudre. — Il est impossible de décrire les effets de la foudre, tant ils sont en apparence bizarres et variés. Chaque coup de foudre a son histoire particulière.

Pour que ta foudre tombe, il faut que le nuage orageux soit très bas. Tous les points de la surface terrestre sont alors fortement éleclrisés par influence. L'électricité qu'ils contiennent, opposée à celle du nuage, est attirée par cette dernière et se porte sur les poiuts en relief. Elle y attire à son tour l'électricité du nuage et favorise sa décharge. Aussi, les arbres sont-ils les plus exposés aux atteintes de la foudre, et parmi eux, ceux qui sont le plus fournis de séve, dont le feuillage est le plus volumineux et le plus élevé, dont les racines plongent le plus profondément dans le sol, et qui recherchent les terrains les plus humides. Mais qu'un remous du vent abaisse un lambeau de nuage, et la foudre éclatera en apparence contre toutes les règles, en un point où les circonstances les plus désavantageuses semblent <ire réunies : l'influence de la distance devient accidentellement prépondérante.

Lorsque la foudre rencontre sur son chemin un corps lui faisant obstacle par son défaut de conductibilité électrique, elle le contourne si l'accroissement de résistance provenant de ce détour est moindre que la résistance du corps. Dans le cas contraire, elle le perce, le brise et quelquefois le disperse au loin. Son passage est toujours marqué par une production de chaleur en rapport avec !a somme de résistance vaincue Les métaux, corps bons conducteurs, sont à peine échauffés si leur section est suffisante; mais s'ils offrent à l'électricité une route trop étroite, ils sont volatilisés. C'est l'effet ordinairement produit sur la séve des arbres frappés par la foudre. Cette séve, n (lui te eu vapeur an milieu des tissus de l'arbre, dans sa partie la plus étranglée, généralement le tronc, les fait éclater et les convertit en espèce de filaments comme des allumettes.

Des effets aussi énergiques expliquent aisément l'action exercée par la foudre sur l'ho i:rne ou les animaux. Si la foudre parcourt la surface extérieure du corps, elle y < n uie un sillon, et la brûlure ainsi produite

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est profonde, très douloureuse et très difficile à guérir. Si elle pénètre dans l'intérieur, elle produit sur le sjstème nerveux une telle commotion quelle le désorganise* De là des paralysies quand la partie atteinte n'est pas essentielle^ bien la mort, sans qu'aucune blessure puisse être constatée.

Les hommes réduits en cendre ou en charbon par la foudre, si le fait est réel, ne peuvent être que des hommes saturés d'alcool, ayant péri victimes d'une combustion spontanée, accident que Pou a vu se produire chez des ivrognes en soufflant simplement une chandelle.

Choc en retour. — Nous pouvons supporter, sans nous en apercevoir, des charges d'électricité considérables. Ce qui nous impressionne, c'est moins la présence de l'électricité que ses variations.

Pendant certains orages, quand les nuages sont bas et fortement électrisés, on voit des lueurs phorphorescentrs apparaître à l'extrémité des objets dressés dans l'air. Les armes des soldats, les mâts des navires, le sommet des clochers et des girouettes , les pointes des paratonnerres et quelquefois même les cheveux et les vêtements, se recouvrent de flammes on de lueurs accompagnées d'un sifflement aigu. Ces flammes, complètement inoffensives, sont dues à l'écoulement de l'électricité, et accusent une forte dose de ce fluide sur les corps où elles apparaissent. Tant que cette dose se maintient ou ne varie qu'avec lenteur, les effets ressentis sont faibles; mais si le nuage qui la relient par attraction se décharge brusquement,, le retour également brusque «le l'électricité du corps dans le sol pro luit une forte secousse : c'est ce que l'on nomme choc en retour. Souvent, pendant les orages, les chevaux ou les bœufs bondissent ou s'abattent à un coup de tonnerre parti entre deux nuages bas ; le volume de leur corps et l'cxigulté de leurs membres y rendent les comrootous faciles A produire. Quelquefois aussi, par un violent coup de tonnerre, des hommes se trouvent transportés à plusieurs mètres sans garder couîcicnce de ce qui s'esi produit en eux : le passage instantané de l'é ectricité a fait contracter leurs muscles comme le fait la décharge d'une forte bouteille de Leyde. Ces commotions sont rarement dangereuse*; elles peuvent cepeudant devenir funestes quand

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on est très près du irajetde la foudre, parce qo* les mouvements de réleetridté deviennent très énergique*. Une grande partie des ras de mort sat» lésion apparente o*ont pas d'autre cauae.

Le nombre des personnes foudroyées est annuellement de 79 ou 80 en moyenne pour la France ; pins de la moitié l'ont été sous des arbres. Dans l'intérieur des habitations, les accidents sérieux de cette nature sont extrêmement rares, parce que tout l'effort de l'électricité porte sur les mura, surtout quand il pleut. Il est difficile, quand on est surpris par une pluie d'orage au milieu de* champs, de ne pas proQler de l'abri qu'offrent les arbres. L'inconvénient immédiat dit dédaigner un danger éventuel auquel o;i échappe très souvent. Il conviendrait du moins de prendre certaines précautions propres à éloigner le péril. Il faut choisir de préférence pour abri quelques arbres bas, situés à nne petite distance de grands arbres, y occuper le moins de place possible en hauteur, et surtout ne jamais s'appuyer au tronc. Le Docteur Winthorp conseillait de se placer à S ou 1 0 mètres de quelques grands arbres, et Franklin approuvait ce précepte.

Origine des orages. — L'électricité atmosphérique naît principalement de l'évaporation qui s'effectue à la surface du sol et des eaux. Peut-être, même, le retour de la vapeur d'eau à l'état liquide est-il aussi une source d'électricité. Quoi qu'il en soit, sur les océans, dans la zone comprise entre les aliic* du N.-E. et du S.-E. , ce qu'on nomme La zone des calmes éqoaloriaux (voy. Cibcdlatkh* atiospbériqub) , les orages sont quotidiens, et acquièrent une violence inconnue dans uos climats. L'air transporté par les alizés vers cette région est chargé de vapeur dans son long parcours à la surface des océans. Arrivé dans la zone des calmes, il s'élève en hauteur et se refroidit à mesure ; une forte proportion de sa vapeur se condense en nu;r

s qui ramassent toute l'électricité des mas* ses d'air ayant contribué à leur formation, et deux ou trois orages éclatent chaque jour. Là, les orages se préparent et se développent sur place.

Il en est quelquefois de même à nos latitudes, pour des orages isolés qu'on observe surtout dans le pays de montagnes. L'air

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échauffé dans la plaine et sur leurs flancs méridionaux, s'élève durant le jour le long de leurs rampes ; arrivé à une certaine hauteur, il s'est assez refroidi pour abandonner une partie de sa vapeur sous forme de nuage ; et ce nuage recueillant l'électricité de l'air qui l'a produit peut devenir un centre d'orage. Mais, dans la généralité des cas, les orages naissent en France dans des conditions spéciales ; et au lieu d'être localisés comme les précédents, ils s'étendent sur d«s surfaces considérables, qu'ils parcourent progressivement, depuis les cotes occidentales de la France jusqu'aux États limitrophes du nord-est.

Eu été, nos orages surviennent d'ordidairc par un baromètre peu éloigné de sa hauteur moyenne. Quand le baromètre est haut, il n'y a presque jamais d'orage ; quand il est bas, l'orage est également très rare, si ce n'est pendant l'hiver. Mais quand on examine l'ensemble des hauteurs du baromètre sur l'Europe pendant un jour orageui, ou trouve toujours une région où le baromètre est bas et cette région est placée au nord ou au nord-ouest de la zone d'orages. L'exameu des vents montre également que l'air circule autour de ce centre de dépression barométrique et constitue un mouvement tournant, se propageant à la surface de l'Europe comme les tourbillons qui se produisent en certains points d'un fleuve descendent à l* dérive d *s eaux.

Presque tous les orages de l'Europe et des régions tempérées se rattachent ainsi à un mouvement tournant, et sont distribués sur la partie méridioualc du disque tournant (voy. Tkmp&te, Tui rbillons), là où les vents soufflent du sud, du sud-ouest ou de l'ouest. Plus la saison est chaude, moins le mouvement tournant a besoin d'être énergique pour engendrer l'orage ; mais les tempêtes tournantes de l'hiver sont fréquemment accompagnées de tonnerres. Du reste, la mode de formation du nuage orageux n'y est pas essentiellement différent de ce qu'il est dans la zone ëqualoriale, seulement, les conditions favorables à son développement n'existent pas naturellement dans nos climats; elles sont amenées par le mouvement tournant. La rotation de l'air sur lui-même l'éloigné du centre de rotation ; l'air ainsi refoulé sur la périphérie s'y élève graduel-

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