Ù ORA
fcrnent vers les hauteurs de l'atmosphère, pour retourner vers le centre, et dans rc mouvement il dépose sa vapeur en nuages «ragent. Cet effet, toutefois, n'est bien marque que dans la partie la plus chaude du •disquctouroant,dans celle où se trouve aussi l'air humide tenant de la mer.
Cette particularité de la formation des «rages a une grande importance, car elle permet de prévoir leur retour. Le télégraphe apporte chaque matin a Paris l'indication de la hauteur du baromètre en un certain nombre de «talions de France et d'Europe. En inscrivant ces hauteurs sur une . * <arte, en réunissant par une courb" les points où la hauteur est la même, on peut juger par l'in«pection de ces courbes de la aituation de l'atmosphère sur notre continent. Dès que les courbes se creusent de manière à présenter vers l'ouest ou le nord- -ouest une concavité bien circonscrite, des orages surviendront dans la journée ou le lendemain. On peut même ainsi juger Approximativement des lieui qui seront atteints. Au reste, les mouvements tournants ne sont pas rares dans les régions équato • riales ; ils y acquièrent même trop souvent un degré de violence inouï; les orages euxmêmes y prennent alors des proportions effroyables. Enfin, dan* la zone orageuse d'un .mouvement tournant, des mouvements tournants secondaires se forment assez fréquemment et donnent à l'orage un caractère de gravité qu'il n'aurait pas sans cette circonstance . On a alors une trombe orageuse; et toutes les chutes de grêle un peu intense se rattachent* un épiphénomènede ce genre. La trombe abaisse rapidement dans son aie et vers le sol l'air froid des régions élevées, cl porte sur son pourtour, dans les couches «•levées, l'air chaud et humide des régions iuférieures. Il résulte de ces mouvements verticaux des chaugements de température considérables, des condensations et des congélations de vapeurs. En môme temps, le mouvement de rotation rapide imprimé a toute la masse roule en pelote les particules glacées, soude eusemble des gréions isolés, transporte ces masses dans des points inégalemeut chauds et humides où naissent des alternatives de fusion et de congélation .
Depuis 186i où nous avons reconnu ces caractères généraux des orages, leur tlude
ORA
s'est étendue à toute la France et a confirmé de plus en plus ces résultats; tuais,enmémc temps, on a pénétré plus avant dans les détails, et l'on commence à préciser pour chaque département le rôle des circonstances locales sur la marche du phénomène et sur la fréquence et la gravité des dommages qu'il peut produire. Il ref sortira, avec le temps, de cette étude, la possibilité de prévenir les populations de l'arrivée des orages, et d'asseoir sur une base scientifique un large système d'assurances contre les pertes que ces météores font subir à l'agriculture.
(Mawe-Davï.) ORANG. Pilhecus, Geo IL m ah. — Genre de Mammifères quadrumanes, appartenant i la famille des Singes selon Is. Geoffroy, et à celle des Anthropomorphes selon MM. de Blainville et Lessoo. De tous les Quadrumanes, ceux de cette famille sont les seuls dont l'os hyoïde , le foie etlecoscum ressemblent à ceux de l'Homme. Ils ont le museau très proéminent, l'angle facial de 55 à 65 degrés; trente-deux dents semblables 1 celles de l'Homme, si ce n'est que leurs canines sont plus longues et se logent dans un vide de la mâchoire opposée; leurs ongles sont plats ; Us manquent de queue, et leurs membres supérieurs atteignent ou dépassent l'articulation du genou. Leurs mouvements sont graves et n'ont pas cette pétulance capricieuse ou brutale qui caractérise si bien les autres Singes. Les femelles sont sujettes aux mêmes incommodités périodiques que les femmes.
Les Orangs proprement dits, PUhecus, Geoff.; Si m ta, Lin.; Salyrus, PUhecus et Pongo , G. Cuv. , forment le premier genre de la famille des Anthropomorphes. Ils manquent d'abajoues; leurs bras sont très longs; leurs oreilles arrondies, plus petites que celles de l'Homme; enfin, ils n'ont point de callosités aux fesses.
Selon l'opinion nouvelle des naturalistes, il n'existerait qu'une seule espèce d'Orang, et l'on établit ce rail sur ce passage de Temminck : « Nous venons enfin d'obtenir la certitude de l'identité spécifique du Simia satyrus avec le prétendu Pou go Wurmbii des catalogues. (Probablement M. Temminck regarde le Règne animal de Clavier comme un catalogue, ce que nous ne pouvons accepter.) Plusieurs peaux d'Orangs
ORA
ORA
el quelques squelettes, hauts de quatre pieds et demi, obtenus récemmtnt au musée des Pays-Bai, et faisant partie des objets rassemblés par H. Diard à Bornéo, ne laissent plus aucun doute sur celte identité. » (Fauna japonica , discours préliminaire, en note, p. vi.) On réunirait également à la même espèce le Pongo d'Abel , de Lesson, le Simiamorio, d'Owen, etc.
Nous reviendrons sur ce sujet du plus haut intérêt, quand nous décrirons les variétés d'âge et de localité.
L'Osarg - Hootan , PUkocus salyrut , Des m.; Satyrus ru/us, Less.; Simia rotyrut, Lin.; l'Orang-outang , Vosm, G.
Cuvier; Y Homme des bois des voyageurs; V Homme sauvage d'Hérodote ; le Sphynx ou Satyre d'jElien; le Satyre de Pline; VOrang-PencLtk ou homme nain de Sumatra ; le Kahica des Dayaks ; VOrang roux de plusieurs naturalistes , etc. , etc. — G. Cuvier se trompe en donnant l'étymologie de re nom en langue malaise : Orang signi6e en effet Homme ou être raisonnable ; mais Outang signifie dette et non forêt. Orang-Outang veut dire littéralement un débiteur; on doit donc écrire Orang-Houtan , qui signiBe Homme des forêts. Aussi est-ce dans les forêts les plus reculées et les plus sauvages de Sumatra , de l'Inde orientale , de la Cochincbioe et de la presqu'île de Malaka, qu'il faut aller chercher cet animal devenu rare, et dont la race finira par disparaître peu à peu de dessus le globe; autant qu'on peut le prévoir , il en sera de lui comme de ces animaux fossiles dont les dépouilles, enfouies dans les entrailles de la terre, viennent de temps à autre révéler l'antique existence; et si, dans ces temps à venir , la mode des effrayants cataclysmes , de? é pou va n tables catastrophes du globe.etc. , eiiste encore , les géologues auront un Joli sujet pour inventer une nouvelle révolution de la terre.
Jadis les Orangs habitaient toute la partie occidentale de l'Asie, comme on en peut Juger par un passage de Strabon ( lib. 15 , loin. S). Selon cet auteur, lorsque Alesandre pénétra dans l'Inde à la tête de son armée victorieuse, il en rencontra une nombreuse troupe, qu'il prit pour une armée ennemie; aussitôt il fit marcher contre elle son invincible phalange macédonienne. Mais le roi
Taille , qui se trouvait auprès de lui , tir» le conquérant de l'Asie de son erreur , en lui apprenant que ces créatures, quoique semblables i nous, n'étaient que des Singesfort pacifiques, nullement sanguinaires, et n'ayant pas la plus mince parcelle d'esprit de conquête.
Les Indiens sont tellement persuadés qu'ilsont été, au moins en partie, Singes avant d'être Hommes civilisés, qu'un de leurs anciens historiens duThibet, traduit d'aborder* langue mongole, puis du mongol en anglais, par If. Klaproth , raconte ceci : « Après quela véritable religion deCbakiamouni eut étérépandue dans Nndoustan et chez les Barbares les plus éloignés, le grand prêtre et chef de la religion des Boudhistes , ntt" voyant plus rien à convertir entre les Hommes, résolut de convertir la grande espècede Singes appelée Jaktcba ou Baktcba, d'introduire ches eut la religion de Boudba r et de les accoutumer à la pratique des préceptes , ainsi qu'à l'observation exacte décrites sacrés. L'entreprise fut confiée à unr mission , sous la direction d'un prêtre regardé comme une émanation de Kbomehim- Botisato. Ce prêtre réussit parfaitement et convertit une quantité prodigieuse de Singes à la croyance indienne. » Cette fable antique prouve que l'Orang était jadis commun dans PInde, et peut-être, par cette* raison, beaucoup moins sauvage qu'au Jotxd'bul
Quoi qu'il en soit , cet animal a une ressemblance effrayante avec l'Homme, ressemblance qui avait d'abord poussé Linné , Edwards et d'autres , à le placer dans lemême genre, sous le nom d'Homo troglodytes et d'Homo sylvestris. Considérés sousles rapports anatomiques, les Orangs, en y comprenant le Chimpanxé, s'éloignent beaucoup plus des Singes que de l'espèce humaine. Le célèbre physiologiste Tiedemaors trouve le cerveau de l'Orang roux absolument conformé comme le nôtre, et Ton est obligé, pour trouver des différences spécifiques invariables, d'aller les chercher dan» les pouces des pieds, qui sont chez lui opposables aux autres doigts , et dans d'autreav caractères encore plus légers. Il en est unce pendant auquel G. Cuvier et d'autres naturalistes donnent une grande importance et le voici : les Orangs ont des poches tby-