C. Chez les Reptiles
Chez tous les Reptiles propres, la fécondation a lieu par rapprochement des sexes, avant la ponte. Les uns sont ovipares, et les autres vivipare?. Parmi les premiers, de l'ordre des Ophidiens et de celui des Sauriens, une partie de l'incubation, nu le premier développement du fœtus, a lieu dans l'oviduete. L'autre partie de l'incubation devient ensuite extérieure; c'csl-à-dirc que l'animal pond des œufs renfermant un fœtus plus ou moins développé, dans l'air et non dans l'eau; cl que son instinct le porte à les placer dans les lieux les mieux exposés p >ur recevoir encore, outre l'influence vivifiante de ce milieu respirable, l'action salutaire de la température nécessaire à leur développement.
Les femelles de quelques Ophidiens, parmi
(i) Voir à rr «tiji-l la ptinrli» rt »nn eipliratinn , «|u« nom »«m piiLIi.f dois la gr*r»ile rdit.on du Hrgit Mimal ir Cnvtf r. Tolumc dn R cru lu.
celles des pays les plus chauds (des Pitbons)r couvent leurs œufs, par exception, en les renfermant dans les spirales de leur corps. Cette incubation , essentiellement protectrice, met en évidence chez ces animaux un instinct maternel aussi puissant que chez les Oiseaux. Nous y reviendrons en parlant de la durée de l'incubation.
Plusieurs Sauriens paraissent être vivipares (1).
Chez un certain nombre d'Ophidiens, parmi ceux qui sont venimeux, l'incubation est tout intérieure, comme chez les Vipères, auxquelles cette circonstance • valu leur nom.
Il parait que, chez les Crocodiliens et chez la plupart des Chc'hniens, dont les œufs ont une coque dure, la ponte s'effectue peu de temps après la fécondation.
La femelle des premiers tes arrange sur des feuilles, dans un trou qu'elle creuse dans le sable , et les recouvre de feuilles et de ce même sable pour les cacher.
Les Tortues d'eau douce et de mer sortent de l'eau pour pondre leur œufs dans des fosses peu profondes qu'elles creusent dans la terre ou dans le sable des lies désertes ou des rivages, et elles les recouvreat d'un peu de ce sable ou de celte terre, des lieux qu'elles ont choisis pour le; enfouir.
D. Chez les Oiseaux.
La classe des Oiseaux , de ces Vertébrés essentiellement aériens, est universellement ovipare. Elle dépose constamment ses oeufs dans l'air et jamais dans l'eau. C'est toujours, sans aucune exception, dans cemilieu respirable , que doit s'effectuer le développement du germe ren fermé dans un œuf d'Oiseau.
M. Schwann a fait des essais (2) pour savoir jusqu'à quel point ce développement et l'incubation pourraient avoir lieu dans d'autres gaz que l'air atmosphérique , ou dans le vide. Des œufs , mis dans l'acide carbonique, n'ont éprouvé aucun changement.
Dans l'hydrogène, l'azote , et dans le vide,
(i) Dru* rjpecr» i «pprof |.< <■« . «pp.rtonnl nu çtart U"i»rd pioprrmrnt dit. «. i.iimc V.\'pji-n. M J«|mo a àtûfé lVnr U'r:|r« son» |r nom (tr t'n if::r?g ; IViUlf a «Icroo- »c rt» p»r M. Gti-rin-MoirtVi». .Voir AuunUi du $t'u*ctl nalurttlei . ï* »r i t t IV. p. Ji>)
(») D* Hfetiiljlc ii'nsitrr m; V.rifi tl ifepvlt-t'ent* in «va i<irK'/ifi\ •iirîu.r S.liwjnii. Dcrol . **, ■ 3>*.
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1e germe se développe régulièrement, comme celui qui est dans l'air atmosphérique, jusqu'à la quinzième heure, après laquelle le développement s'arrête; mais la vie du germe n'est que suspendue, et elle ne cesse, sans pouvoir être ranimée par un gaz respirante, qu'après vingt-quatre ou trente heures. Durant les quinze heures du premier développement, il y a toujours un dégagement d'acide carbonique. C'est un phénomène chimique difficile à expliquer, en l'absence de l'oxygène extérieur.
MM. Baudrimont et Martin Saint-Ange ont constaté de même que l'oxygène est indispensable à l'évolution organique du Poulet, et que, durant l'incubation, les œufs exhalent de l'eau et de l'acide carbonique, comme dans la respiration (1). Les résultats obtenus par ces savants diffèrent des précédents, en ce que le développement pourrait aller, dans l'hydrogène ou l'acide carbonique , jusqu'à la formation des vaisseaux; mais ces vaisseaux ne renferment pas de sang rouge.
Une autre circonstance , en rapport sans doute avec la nature de l'Oiseau et la composition de ses œufs, est la température élevée (de 32 à 10° centigrades) nécessaire au sucres de l'incubation, cl que la mère seule, ou le père et la mère alternativement, chez les Oiseaux monogames, communiquent aux œufs , en les couvant aussi longtemps que doit durer le développement du germe et de' l'embryon.
Les parties de l'oiseau mises en contact avec les œufs, sa poitrine et son ventre, sont, à l'époque d'incubation, injectées de réseaux vasculaires artériels et veineux , dessinant deux bandes latérales sous-cutanées, qui sont, chez la Poule du moins, dénuées de plumes et de graisse. Ces réseaux ont été décrits comme une sorte d'organe d'incubation , servant à produire la chaleur extraordinaire que la couveuse doit communiquer •nx œufs (2).
L'époque d'incubation , qui succède immédiatement, chez les Oiseaux libres, à celle de la ponte , qui peut avoir lieu , chu les
(>) Voir A. BirWaw, ttr le ejrtéme artériel driOtsraui, Jrrkt„, ir«„,/M»f,,tc.,d« J.-F. Meckel.pour |8>S. p. Jli
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Oiseaux domestiques, dès le commencement de la belle saison , qui a rendu leur ponte plus abondante, provoque, cbex les uns et les autres, une surexcitation de vie qui augmente la chaleur de leur corps. Au moins developpe-t-clle ce double réseau vasculairc que nous venons d'indiquer dans les téguments de la face abdominale du corps, et» une chaleur locale de cette partie, qui duit être mise plus particulièrement en contact avec les œufs de la couvée. Mais cette surexcitation va un peu en diminuant avec la durée de l'incubation ; de sorte que la température do la couveuse est sensiblement moindre à la fin de celte époque qu'au commencement.
Au témoignage de Pline (1), les anciens Egyptiens étaient parvenus à imiter la nature, en plaçant les œufs sur de la paille, dans une étuve doot la température émit entretenue, à l'aide d'un feu modéré, jusqu'au moment où les Poulets venaient d'éclorc; et, pendant ce temps, un ouvrier s'occupait nuit et jour à les retourner. C'est encore, de nos jours, par le même artifice, au moyen de fours construits pour cet usage, qu'on fait éclore artificiellement des milliers de Poulets. Le degré de température nécessaire est senti plutôt que calculé avec précision , au moyen d'un thermomètre, par des personnes qui dirigent, de père en fils , cette délicate opération (2).
Ou a imaginé, en Europe, de petites caisses portatives pour arriver aux mêmes résultats, dans le but d'observer les différentes phases du développement du Poulet ; nous y reviendrons dans le chapitre de l'Embryogénie.
Nous dirons seulement ici que la température de l'intérieur de ces caisses où l'on placo les œufs ne doit pas être moindre de 23nR., ni au-dessus de 32* R.
Dans l'état naturel, l'incubation des œuÇs d'Oiseaux a lieu dans un nid dont on no peut se lasser d'admirer, dans beaucoup do cas, la position , la construction et le ebois des matériaux qui le composent. On y reconnaît à la fois un instinct prévoyant pour
(i) Hi*oirtm*urftU, livre X. th. Si.
(z) Voir dent le grand ouvrage *ar YÊflpU, t. I. p. toi, de Vhtatmtétrnt, un Wmotrt tvFarttt f»ir* éc'orr Itpow IfU tm Cgfflt au Hiurtn du fitutt , par Mil. ftuuërv rt Roujer Jeau Vrilinf . qui «Tilt été médecin du rootul de Venue tu Câire, »»•« drjà fait connaître, depult 1« cwrnmenerroent du îvn* nccle, cet Mt éfyplrto.
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réunir toutes les circonstances physiques favorables au succès de l'incubation , et pour éviter toutes les influences nuisibles, ou toutes les causes de destruction, en mettant les œufs et les petits à l'abri des intempéries de l'atmosphère, et hors de l'atteinte des animaux qui en feraient leur proie. Nous ne ci terons que quelques exemples de cet admirable instinct, qui s'élève au niveau d'une intelligence développée et étendue par l'eipéricnce la mieux raison née. Il montre le doigt du Créateur donnant la première direction à ces actions étonnâmes, qui se reproduisent toujours les mêmes, avec les générations qui se succèdent saus cesse.
Parmi les Oiseaux d'Europe, nous rappellerons le nid de la Fauvette cytticole, composé d'une touffe d'herbes artistement cousucs avec des brins de différentes graines; et celui de la Mésange penduline ou Henùz (Parus pendulinus), composé de bourres de chatons de Saule et de Peuplier habilement feutrés, de manière à en faire un sac à parois compactes, qu'elle suspend aux branches flexibles de ces mêmes arbres.
Parmi les Oiseaux d'Asie, d'Afrique et d'Amérique , nous citerons les Ttsserins, ainsi appelés à cause de l'adresse qu'ils mettent à tisser leurs nids avec les longs Olamenls de différentes plantes, choisis et arrangés admirablement, par cet instinct pour la conservation de l'espèce, qui semble de même ici une intelligente élevée.
Le Toucnam courvis des Philippines, et celui d'Abyssinic, qui appartiennent à une famille voisine de nos Moineaux, suspendent leur nid, comme le Remiz, à l'extrémité des branches les plus flexibles, que ne pourraient atteindre les animaux de proie. Il se compose d'un couloir qui peut avoir plusieurs mètres de longueur, et qui aboutit dans deux, trois ou quatre poches situées au dessus l'une de l'autre comme autant d'étages.
L'entrée de ce couloir est en bas cl conséquemment opposée à l'extrémité supérieure par laquelle il est attaché à la branche. Ce nid multiple est à l'usage de plusieurs couples , qui ont travaillé simultanément ou successivement à sa construction.
Celle merveilleuseassociation de plusieurs paires pour la construction des nids, distingue eucore l'espèce de Tisserin appelée
le Républicain. Un nombre variable de couples de celte espèce rapprochent leurs nids avec art et n'en fout qu'une seule masse à compartiments.
Un oiseau de l'Inde appartenant au groupe des Becs-Fins, qui comprend les Fauvettes, le Mcrion à longue queue, choisit quatre ou cinq feuilles oblongucs, les plus rapprochées d'une même branche, sans les eu détacher ; supposons cinq feuilles de Laurier- Cerise, mais un peu plus grandes; la femelle de celle espèce les coud eusemble, par leurs bords correspondants, au moyen de brins de colon qu'elle passe à travers les trous qu'elle perce avec son bec comme avec une alêne. 11 en résulte un long cône creux, dans lequel elle place du colon, pour y pondre ses œufs et pour les y couver. Il existe un nid semblable dans le Musée de Strasbourg, envoyé de Trauquebar au célèbre llcrmann, fondateur de ce Musée, vers la Cu du dernier siècle, par le missionnaire danois John.
Cet art dans la construction des nids ne se remarque guère que chez les petits Oiseaux, qui avaieut surtout besoin de protection et d'abris pour la conservation des nombreux individus de leur espèce , dont l'existence était nécessaire a l'ordre qui doit régner dans l'économie générale de la nature.
Celte multiplication des petites espèces qui se nourrissent d'Insectes loutc leur vie, ou qui en alimentent leurs petits ; et c'est le cas de plusieurs Granivores, tels que les Moineaux, etc., sert puissamment à et modérer le nombre.
Les Oiseaux de proie construisent leur nid avec très peu de soin; mais ils munirent toujours beaucoup d'instinct dans le choix du lieu où ils arrangent celte aire.
Parmi les Oiseaux de l'ordre des Grimpeurs , on trouve de singulières anomalies dans le lieu ou dans le mode d'incubation.
Les Anis pondent et couvent plusieurs paires ensemble, dans un nid commun placé sur des branches et d'une largeur proportionnée au nombre des couples.
C'est une sorte de phalanstère dont nous avons déjà vu quelque chose d'analogue chez l'espèce de Tisserin dit le Républicain, mais où les paires couvent leurs propres œufs; taudis qu'ici le soin de tous les œufs, mis en
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commun , est l'œuvre de tous les individus
Le Coucou d'Europe et plusieurs espèces étrangères du même genre ne prennent pas la peine de construire un nid pour y pondre leurs œufs et les 7 couver; ils les pondent, et les placent furtivement dans des nids d'Alouettes, de Becs-Fins, de Grives, de Merles, etc. (1). Voy. au root coucou.
On dit qu'une espèce de Troupiale , de l'ordre des Passereaux, Iclervs pecoris Tern., dépose aussi ses œufs dans les nids des Oiseaux étrangers.
L'Autrurhe les place dans le? sables brûlants des plaines africaines, sans se donner la peine de les couver, mais aussi sans cesser de les surveiller.
D'Azara rapporte que plusieurs femelles de Nandou, espèce d'Amérique do la famille des Autruches , les pondent dans la même place, et qu'un maie les couveet prend soin des petits. Cet instinct maternel transmis au mâle, à l'exclusion des femelles, paraîtra moins étonnant ; si l'on réfléchit qu'il est partagé, chez beaucoup d'espèces monogames, entre la femelle et le mile, soit pour la construction du nid , soit pour l'incubation, soit pour l'éducation des petits. Nous venons d'ailleurs d'en voir plusieurs exemples dans les deux classes des Poissons et des Amphibies.
Les Gallinacés, qui sont la plupart pofygames, sauf la famille très distincte des Pigeons, les Êchassiers, les Palmipèdes, mettent généralement très peu d'art, comme les Oiseaux de proie, dans la construction de leur nid. Les Flammanls les posent au sommet d'un céne de terre assez élevé pour être couvert par le maie ou la femelle , qui couvent tour à tour , debout et comme à cheval sur ce nid. Les Palmipèdes marins pondent leurs œufs dans les crevasses des rochers, dans des trous qu'ils creusent dans les dunes, les sables des plages désertes, les
* terres voisines des bords de la mer. Le Ca-
* nard sauvage pond les siens dans de vieux troncs de Saule; ou bien il construit au besoin son nid sur des branches d'arbres.
(i) M Flot»nl Prrtott attribut mie babiluda cxcrplion- ■cUa ait* acruapteai«nii tmtttuitê d», faaxllr* avec plu- •M«rsmil*9,à<t'ai«<tloafii»trrvalI**,et aus ponte* qui aot lira dorant rl..qu« unio* raia*|rrt (Journal rtiuliim.
Le Cygne Par range parmi les joncs des étangs ou des rivières , et le compose d'herbes aquatiques, de mousse, quelquefois de manière à le faire flotter sur l'eau. L' Aider le compose de fucus et le tapisse de soo fin duvet dont il se dégarnit l'abdomen , comme beaucoup d'autres Oiseaux de cet ordre (1).
E. Chet les Mammifères.
Chez tous les Mammifères, l'incubation de l'œuf fécondé s'effectue hors de l'ovaire, dans une partie des oviductes que nous avons appelée, à cause de sa fonction et pour faire saisir en même temps ses rapports avec la même partie chez les Ovipares elles Ovovivipares, oviduete incubateur.
L'incubation est donc dans celte clause constamment intérieure, et dépend de certaines conditions organiques et vitales que nous expliquerons brièvement.
Immédiatement après la fécondation ou sans celte fécondation , l'ovule mûr, parvenu à la surface de l'ovaire, y produit une irritation, une congestion sanguine, à l'époque du rut, à la suite de laquelle la capsule qui le renfermait éclate et s'ouvre. Il en sort pour s'introduire dans le pavillon de l'oviducte, orifice évasé en entonnoir et bordé d'un repli qui entoure l'embouchure d'un conduit étroit qu'on appelle chez la femme trompe de Fallope.
- Cet ovule chemine le long de ce conduit, de ce véritable oviduCte, qui le transmet dans sa partie dilatée et plus ou moins dilatable, dans laquelle l'incubation doit s'effectuer.
Ce n'est pas ici le lieu de décrire les difrenecs que présente l'organe d'incubation chez tous les Mammifères (l'oy. propagation et ut un s). Disons seulement qu'il peut être unique, à cavité simple, comme chez la Femme, les Singes, etc., et recevoir de chaque côté de la partie la plus large et la plus avancée, ou la plus élevée, les deux oviductes proprement dits; que, chez la plupart des Mammifères, il y a deux oviductes incubateurs, aboutissant à des oviductes propres, dans lesquels a lieu l'incubation. Chez les uns, ces deux oviductes se réunissent dans une cavité commune qui n'a qu'une embouchure dans le conduit génital (le vagin). Chez les autres, les deux oviductes incubateurs
(0 VoirFaber.
restent séparés dans toute leur longueur, et ils ont chacun une embouchure distincte dans le vagin.
Le* Marsupiaux et, parmi ceui-ci, notre division des Didelphes , ont aussi deux oviductes incubateurs qui aboutissent dans une cavité commune où sont les embouchures de deux anses vaginales, ou de deux conduits génitaux qui se terminent dans le vestibule génito-excrémentitiel. Ces parties, servant à rincu bation, ont peu de capacité et sont très peu dilatables. Nous en verront les conséquence» dans le paragraphe suivant.
Chez les Monotrêmes, qui forment la seconde division de noire série des Ma rsupiaux, les oviductes propres se continuent avec les oviductes incubateurs, qui se terminent sans l'intermédiaire d'un vagin, ou conduit génital, dans le vestibule génilo-excrémenlitiel.
Les parois de l'utérus éprouvent, chez tous les Mammifères monodelphes, immédiatement après le rapprochement fécond des sexes, un travail organique qui a pour effet de servir à Hier l'œuf à la partie de ces parois où il doit prendre ses sucs nourriciers.
C'est surtout chei la Femme que le produit de ce travail organique, appelé membrane caduque, devenait nécessaire, afin de fixer l'œuf lorsqu'il arrive dans l'utérus. Il y trouve en effet cette membrane toute formée, durant les sept à huit jours qui se sont écoulés dès le moment de la conception jusqu'à celui où il passe de l'oviducle propre dans l'utérus.
§ 2. Rapports de la composition de Vaeuf avec le mode et le lieu d'incubation et celui de la fécondation.
Ces considérations sont du plus haut intérêt, nous espérons le démontrer; elles nous conduiront a expliquer les différences nombreuses qui ont été observées dans la composition des œufs, suivant les classes, les familles, les genres et même les espèces, et elles nous feront comprendre la cause finale de ces différences.
A. Chez les Poissons.
Le lieu d'incubation est toujours t'eau, quand le Poisson n'est pas vivipare. Cependant la composition de l'œuf peut varier dans celte classe, suivant qu'il a été fé-
condé dans l'ovaire ou qu'il doit l'être dans l'eau au moment de la ponte. Dans le premier cas , il est pondu avec une coque dure, de nature cornée, qui lui forme une enveloppe protectrice puissante , sur laquelle l'eau n'a pas d'action dissolvante ou de décomposition ; te) est l'œuf des Sélaciens ovipares et des Chimères.
Dans le second cas, sa coque est mince et souvent entourée d'une substance visqueuse propre à agglutiner les œufs aux corps submergés. Celte substance, ainsi que la coque et la membrane de la coque, absorbent l'eau spermalisée, et ne se durcissent qu'après celte absorption. Leurs propriétés physiques sont dans un admirable rapport avec le mode de fécondation et avec le milieu d'incubation.
On pourra encore juger des différences que présente la composition de l'œuf, suivant le lieu d'incubation , si l'on compare les œufs des Squales ou des Raies vivipares avec ceux des espèces ovipares de ces mêmes familles.
Chez celles-ci et chez les Chimères, l'œuf a une coque très épaisse, ainsi que nous venons de l'écrire, propre à le protéger contre les chocs extérieurs ; mais il a en même temps des fentes parallèles à ses extrémités pour la respiration du fœtus et sans doute aussi pour faciliter l'éclosion.
Les œufs de Sélaciens ovipares se distinguent d'ailleurs, dans chaque espèce, par quelque caractère de forme et de volume. Ceux du Scyllium calula, parmi les Roussettes, ont jusqu'à 0m,087 de long et 0*,037 de large. Le Scyllium canicula a les siens d'une bien moindre dimension. Leur longueur est de 0",025, et leur largeur de 0",0I6. Les œufs des espèces du genre Raie sont à proportion plus larges que ceux dos Squales. Leurs angles se prolongent en pointes creuses, mais sans former ces longs filets au moyen desquels ces derniers attachent les leurs aux corps submergés ou aux plantes marines.
Chez les Sélaciens vivipares, l'enveloppe protectrice de l'œuf est devenue essentiellement nutritive par sa composition. L echorion est une poche membraneuse 1res mince, d'une bien plus grande étendue que la sphère vitelline , irès extensible d'ailleurs, qui renferme un albumen visqueux et dense, appli-
ovo
que en partie autour du vitellus, et formant encore un appendice distinct.
Le vitellus est proportionnellement petit rbez les Squales vivipares, (fautant plus qu'il s'établira des rapports directs de nutrition entre rœuf, le fœtus et la mère, ainsi que nou> le démontrerons en traitant de l'Ovogénie.
D. Chez les Amphibies.
Les œufs des Batraciens anoures, qui ont reau pour lieu d'incubation, ont une enveloppe membraneuse eitrêmement mince, Mjsccptible d'absorber beaucoup d'eau, aiusi que le mucus gélatineux qu'elle renferme et qui entoure le vitellus. Cette faculté absorbante sert éminemment à la fécondation, qui n'a lieu qu'à l'instant de la ponte. Les œufs du Crapaud accoucheur qui restent expose» à l'air, ont une coque plus résistante. Ceux du Pipa ont de même leur parti* qui reste à découvert hors de la cellule assez épaisse, et se détachant circulairement au niveau de la peau, au moment de l'éclosion, comme une graine régulièrement déhiscente (1). Les œufs des Tritons, parmi le» l'rodèles , ont une coque résistante , transparente, de forme ovale, beaucoup plus grande que le vitellus, contenant un nlbumen liquide, beaucoup moins dense que ce même vitellus. Chez les Salamandres, qui sont vivipares, l'œuf a de nouveau un *imple chorion, propre à absorber une partie de» sucs nécessaires à la nutrition du fœtus. L'enveloppe protectrice étant inutile, clic n'existe pas.