II. Formation de l'allantoide
Dans un embryon de Couleuvre à collier, extrait de l'oviducie , ayant O-.OO* de long, l'allantoide était une très petite vessie pyriforme transparente, qui n'avait encore que le quart de celte longueur. Elle tenait par un pédicule à l'extrémité du tronc.
Au moment de la ponte, après l'incubation intérieure, lorsque l'animal a d«:jà 0 ",021 de long, l'allatitofdc est encore fort petite. Elle est aplatie en forme de gâteau et très injectée de vaisseaux sanguins.
Peu de temps après la fermeture des feules cervicales, l'allantoide double le chorion dans toute son étendue. I.a liqueur que renferme sa lame interne devient dense et filante, tout en augmentant en quantité. Ce n'est que dans les dernières périodes du développement qu'elle diminue. A celle époque elle est d'un gris Jaunâtre, collante, et montre quelques stries d'une substance opaque d'un blanc jaunâtre , qui pourrait être de l'acide urique. L'allantoide elle-même, dans ces dernières périodes, ne paraît pas éprouver de changement. Seulement elle est soumise de plus en plus, avec ses vaisseaux , à l'influence de l'air respirable chez les Ovipares, ou de l'oxygénation indirecte chez les Vivipares, par l'absorption de la lame interne du ebonon.
Ses vaisseaux , qui font partie du cordon ombilical , sont au nombre de trois, comme chez les autres Vertébrés supérieurs : deux artères provenant des iliaques, et une veine qui va gagner la face antérieure du foie après qu'elle est entrée dans l'abdomen. Leurs ramifications appartiennent surtout à la lame externe de l'allantoide , afin que le sang qui y circule soit plus rapproché de l'influence de l'oxygène. L'allantoide des Lézards , lorsqu'elle est développée , a la même structure que celle de la Couleuvre.
(i) la Samwl Tbooui Ton Sen»n>rrri)g Jatxtfcia von f.TlH*a«iM. HridcllMi-f and Utpilg, 1I1S,
Son pédicule a de même son origine à l'extrémité du canal alimentaire ; il se porte de là hors de l'abdomen , à travers l'ouverture ombilicale. C'est ainsi que ce sac membraneux conduit au dehors les artères iléoombilicales qui se ramifient entre ses deux lames, et qui semblent appartenir davantage à l'interne. Cet arrangement les rapproche le plus que possible de la surface de l'œuf, dont la coque se trouve doublée par l'allanioïde. La cavité qu'intercepte sa lame interne renferme un liquide limpide.
Chez les Chc'lonicns, l'allantoide se détache de même de l'extrémité du canal alimentaire , et forme un double sac entre les parois duquel rampent et se ramifient les vaisseaux sanguins. Ce double sac a un pédicule étroit lorsqu'il sort de la cavité abdominale par l'ouverture ombilicale , et l'espèce d'entonnoir qu'y forme l'amnios. Il se déploie ensuite sur la partie abdominale du fœtus , en dehors de la vessie ombilicale ou vitellinc qu'il recouvre.
Deux artères provenant du bassin , les artères iléo-ombilicales , sortent de l'abdomen avec le pédicule de l'allantoide , et se répandent en fines ramifications dans toute l'étendue de ce double sac , entre ses deux parois ; tandis que le sac intérieur renferme déjà un liquide excrémentiticl dans sa partie abdominale, qui deviendra la vessie urinairo.
D. Ovogénie des Oiseaux.
Ce que nous venons de dire sur l'Ovogénie des Reptiles nous dispensera de nous étendre sur celle des Oiseaui, qui en diffère très peu , et qui lui ressemble , au contraire, dans tous les détails les plus importants.
S i- Formation de la sphère d'enveloppe et sa composition.
Cette sphère n'existe pas dans l'ovaire, dans lequel le vitetlus , que le vulgaire appelle le jaune , et la vésicule germinalive qu'il renferme, sont contenus dans la capsule nutritive de l'ovule , où celui-ci s'est développé. Le vitellus et le germe qui a remplacé, après la fécondation, ta vésicule germinative , sortis de la capsule de l'ovaire , sont arrivés dans le commencement de l'oviducte. Ce canal dans lequel l'œuf do il se com-
pléter . «d se revêtant de sa sphère protectrice, ce t admirablement organisé pour remplir à la fois cette fonction d'organe de sécrétion et celle d'organe de transmission, soit de l'élément mâle du germe vers l'ovaire , pour la fécondation de l'ovule , soit des produits de la génération dans un sens contraire, ou du dedans au dehors. L'oeuf y chemine lentement en formant des tours de spire , qui expliquent la torsion des chalazes. Celles-ci sont des cordons qui naissent d'une première membrane albumineuse, dont les parois de l'oviducte revêtent le vitellus. Celle membrane se prolonge en ces deux appendices contournés, qui se portent dans le sens du grand aie de l'œuf jusqu'à ses pôles, aux<quels ces cordons semblent suspendre le vitellus. Un peu plus avant , les parois de l'oviducte recouvrent celui-ci d'une première zone d'albumen, la plus épaisse et la plus visqueuse. Plus loin encore, ces mêmes parois produisent un blanc d'œuf plus liquide, ^ui forme la zone externe de cette partie. L'une et l'autre zones sont enfermées dans une double membrane, produit d'une place plus avancée de ces mêmes parois. Enfin «Iles sécrètent, dans leur dernière portion, la coque ou la dernière enveloppe protectrice de l'œuf, qui se compose de sels calcaires et de substance animale comme nos dénis, mais qui n'est pas organisée (1). Cette dernière enveloppe, malgré sa densité «t sa dureté, est perméable, jusqu'à un certain point, aux liquides contenus dans l'œuf, et aux gaz qui s'y développent durant l'incubation , comme à l'air extérieur dont l'action est nécessaire à la sanguifleation du petit être. Cette coque est blanche ou colorée , suivant les espèces , et, dans ce cas, elle a dans ses couleurs et dans leur disposition, ainsi que l'œuf dans sa forme et dans son volume, des caractères constants, qui appartiennentà chaque espèce; circonstances qu'on ne saurait se lasser d'admirer dans {'organisation présumée et nécessaire du canal qui les reproduit régulièrement.
(i) Suivant V.uqoelin , mille partir* de coquille» ilteufi contù-nnrat:
Carbonate de caaol o,«g6.
Pbotph if* de chaut 0.0S7 .
Outra animal 0,0*7.
5 2. Changement dans la sphère (Tenveloppo durant l'incubation.
La partie aqueuse du blanc ou de l'albumen s'évapore à travers la coque et sa membrane; ce qui contribue à la diminution du poids des œufs durant l'incubation, qui s'élève à un cinquième du poids total (t), terme moyen.
L'albumen se mêle aussi, peu à peu, au vitellus qui l'absorbe ; il se dégage de dessus l'embryon, se porte vers le pôle aigu, et Gnit par disparaître.
Mais avant son entière disparition, qui n'a lieu que dans la troisième semaine de l'incubation, par évaporation ou par absorption de la part du vitellus , sa composition chimique change. Il perd sou phosphore qui augmente dans le jaune et parait s'unir à la chaux, comme acide phosphorique, pour la formation des os de l'embryon. Aussitôt après la ponte, les deux lames dont se compose la membrane de la coque se séparent dans le gros bout de l'œuf; il se forme alors un espace rempli d'air qui grandit rapidement. Cet air a la même composition que l'air atmosphérique; mais il est plus riche en oxygène, puisqu'il en contient de 0,25 à 0,27 au lieu de 0,23. Il sert à la respiration du fœtus.
S 3. Changements dans le vitellus ou la sphère nutritive.
Le vitellus, spécifiquement un peu moins pesant que le blanc, se lient du côté supérieur de l'œuf. Il augmente de volume dans les premiers temps de l'incubation, et devient plus liquide par l'addition du blanc. Il perd ensuite peu à peu de son volume, à mesure du développement du Poulet, dont les matériaux organiques lui sont fournis par le vitellus. C'est à la surface du vitellus que paraissent les premiers linéaments de l'embryon, que celui ci se développe entre ses deux membranes, dont l'une se continue avec la peau (c'est le sac ombilical), et l'autre avec le canal intestinal (c'est le sac viteliin). C'est entre ces deux membranes que se forme l'aire vasculaire composée du premier
(.) Mlnteirt ittrUt d.ffèrtntt était dt puanteur tU, potes du «tufs, au tommenetment tl à la fin dt Pimentât ton, lu a l'Académie dci Kienrei le t% aoAt llio, p*r M. Geoffroy Samt-tliUirr ; et Annale» de* H. natur., t. IV, Mcmuire d« MM. Prévoit et Duma*.
réseau nutritif et respirateur du Poulet, lequel appartient à ses vaisseaux ompbaloméseotériquea. C'est par ces vaisseaux que les matériaux du jaune passent dans la circulation du Poulet, après avoir été élaborés par la respiratioo. Une autre partie est portée directement dans le commencement du canal intestinal par le sac vitellin et son canal vitello-ombilical.
Nous verrons, dans l'Embryogénie, que cette circulation vitelline est remplacée dans le Poulet, du sixième au septième jour de l'incubation, par la circulation allantoldienne.
Les organes du Poulet devant trouver dans le jaune une grande partie de leurs matériaui, il était intéressant d'en bien connaître la composition. D'après l'analyse chimique la plus récente, on a trouvé que cette partie de l'œuf se compose:
1" De cinquante-deux centièmes d'eau; 2° d'une substance complexe albuminoïde, la vitelline, qui renferme: 3* deux centièmes de soufre et de phosphore; 4" d'une huile grasse formée de margarine, d'oléïne, de choleslérine et de deux matières colorantes, l'une jaune, l'autre rouge; 5° d'une matière visqueuse contenant du phosphoglycérate d'ammoniaque (1).
Nous devrions indiquer ici les changements chimiques que le vitellus éprouve durant l'incubation ; mais ce sujet si intéressant n'a pas encore été traité, du moins dans des publications connues, par la physiologie chimique; on n'a étudié jusqu'à présent que les changements organiques qu'éprouve, durant cette époque, les différentes couches du vitellus en se transformant en cellules. Ces changements étant analogues chez tous les Ovipares, nous en avons déjà l'Tléau sujet des Poissons et des Amphi- !'«•> ; nous y reviendrons d'ailleurs en traitant de l'Embryogénie.
S * • Des enveloppes protectrice et respiratrice cl t fœtus, ou de l'ahinios et de l'allantotde.