‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle, servant de complément aux œuvres de Buffon, de G. Cuvier, aux encyclopédies, aux anciens dictionnaires scientifiquesChapitre 81 sur 170 · J26 PAP · texte numérisé non relu

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5° six pieds, ailes réfléchies : il ne distinguait pas alors les Sphynx et les Phalena. Plus tard, dans les dernières éditions de son Systema naturœ, le genre Papillon, qu'il n'avait Jusqu'alors caractérisé que par le renflement terminal des antennes , prend un signalement nouveau tiré de la position des ailes qui sont élevées et conniventes supérieurement ainsi que du vol qui est diurne, et les espèces sont divisées en six phalanges: 1° Les CnEVAUEW, Equités, partagés en Chevaliers troyens ou Trocs, et Chevaliers grecs ou Achwi, et correspondant entièrement au genre Papilio de Latreille ; 2° les Hélicomens, Heliconii; 3" les Parnassiens, Parnassii; 4° les DanaIdes, Danai, partagés en Danaïdes blanches ou Candidi, et les DanaIdes bigarrées ou Festici ; 5' les Nympbales, Nymphales, partagées en Nympbales à yeux ou Gemmait, et Nympbales aveugles ou Phalerati; et 6° les Plébéiens , Plèbe», divisés en Plébéiens ruraux ou Rurales, et Plébéiens urbicoles ou Urbicolœ.

Geoffroy (Histoire abrégée des Insectes) conserve le genre Papilio tel qu'il avait été créé par Linné ; il le subdivise en deux ramilles, suivant que les individus n'ont que quatre pieds propres à la marche , les deux antérieurs étant repliés, ou qu'ils en ont six tous semblables et dont l'insecte se sert également, soit pour marcher, soit pour se soutenir. Les premiers, qui ont été appelés Maçons ou Grimpants, sont distribués en trois groupes : 1" Papillons venant de chenilles épineuses; à antennes terminées par un bouton presque rond; a pattes antérieures courtes, velues, ramassées près du cou; à ailes anguleuses et souvent très découpées à leurs bords ; 2° Papillons offrant les mêmes caractères que dans le groupe précédent, excepté que les bords des ailes sont arrondis et légèrement découpés; 3° Papillons à chenilles non épineuses; les deux pattes antérieures de l'insecte parfait étant très courtes et nullement velues. Les chrysalides des Lépidop- ' tères de cette famille sont toutes posées per- | pendiculairemen t et suspendues par la queue, la tète en bas , tandis que celles de la seconde famille, dont les Papillons ont six pattes ambulatoires, sont posées transversalement et attachées par la queue et le milieu du corps au moyen d'un anneau ou d'une anse de fil. Cette famille dont aucun des

Lépidoptères ne provient de chenilles épineuses et dont plusieurs ont le bouton qui termine Panlenne, allongé et comme en fuseau, est subdivisée ainsi: 4° Les grands

Porte-Queue; 2' les petits Porte-Queue; T les Argus; 4" les Estropiés; et 5' les Papillons du Chou ou Brassicaires. Les seconde, troisième et quatrième sections embrassent les Papillons Plébéiens de Linné avec lesquels Fabricius composa plus tard (Entomologia systematica) son genre Besperia.

Degéer,quisuitGeoffroy, failde nouveaux changements dans le genre Papilio, et profite pour cela des travaux de ses devanciers, et principalement de ceux de Réaumur (Mémoire sur les Insectes) dont il copte presque entièrement les phrases caractéristiques. Il divise les Papillons en cinq familles; pout les trois premières, il se sert d'un caractère dont Geoffroy n'avait pas fait usage, celui de la direction du bord interne des secondes ailes; dans sa quatrième famille, il place des Diurnes très différents: tels que les Vanesse, Argynne, Satyre, etc.

Scopoli, qui vient ensuite , avait d'abord (Faune de Carniole) divisé les espèces du genre Papilio en Tetropes (quatre pieds) et en Hexopes (six pieds) ; mais, plus tard (/«troduction à l'histoire naturelle, 1777), son genre Papillon forme la troisième race ou peuplade (gens) de sa siiièmc tribu du Règne animal, sépare des Papilio proprement dits les Plébéiens rurtcoles de Linné, et il en compose les genres Argynus, Argus, Pteraurus, Battus, Graphium et Ascia.

Fabricius, dans ses premiers ouvrages entomologiques, ne fit aucun changement à la distribution du genre Papillon de Linné; mais, dans son Entomologia systematica, il en détache plusieurs espèces sous le nom d'Hespéries, et aux autres divisions du genre Papilio il en ajoute deux : celle des Parnassiens précédant immédiatement les Danaïdes blanches, et celle des Satyres qui vient après les Danaïdes, termine le genre Papillon et comprend des espèces qui sont loin de présenter des caractères semblables.

Latreille, à son tour, fait de notables changements au genre Papilio de Linné. Il crée (Histoire générale des Insectes) plusieurs coupes génériques adoptées par Fabricius, qui lui-même en propose quarante dans son dernier ouvrage (Systema glossatorum).

Ce grand genre pour Latreille est devenu la famille entière des Diurnes; aussi ne croyons-nous pas devoir indiquer ici tontes les subdivisions qui y ont été introduites,

et LÉMDOPTtHES.

Les auteurs du Cataloguedes Lépidoptères de Vienne se sont servis pour caractériser leurs coupes génériques de ta connaissance des chenilles et des métamorphoses ; mais ces caractères, assex bien connus pour les espèces européennes, ne le sont nullement pour celles des autres parties du monde.

Ocbsenbeimer a étendu cette méthode à toutes les espèces européennes; fl partage le genre PapHio de Linné en quinze familles dont il faut toutefois retrancher ta dernière, celle des Ascalaphes , qui n'entre pas dans l'ordre des Lépidoptères. Les caractères de ces groupes ont pour base la forme, la couleur et les habitudes des chenilles, leur manière de se métamorphoser, la figure et la disposition de leurs chrysalides, et cnQn Tinsecte parfait considéré sous le rapport du nombre de ses pieds, de la position de ses ailes, de ta figure de leur contour, du dessin et des couleurs de leur sxirface, et les cinq premières familles de cet auteur comprennent les Diurnes beiapodes, et correspondent aux genres suivants de Lalreille: Uespérie, Papillon, Parnassien, Thaïs, Piéride, Coliade. Les neuf autres familles sont composées des Hétrapodes ou Satyre, Nymphale , Vanesse, Arggnne et Polyommaie. Cette méthode, presque entièrement adoptée, a été légèrement modifiée par Latreille qui partage les Papillons qui y entrent en deux tribus: \* Papillon ides et 2° HEst»éai0ES. Voy. ces mots.

M. Duméril (Zoologie analytique) indique ces Papillons diurnes sous les noms de Giobclicobkis ou de RoPALoctfcES, et il y forme trois divisions génériques : celles des Papillon, Jlctéropïère et Hespérie.

De Lamarck (Animaux sans vertèbres) forme, avec le genre Pupilio de Linné, ta seconde section des Lépidoptères , celte des | Papillonides, et il y établît deux divisions qoi répondent aux deux tribus des Hespéridcs et des Papillonides de Latreille.

Dans ces derniers temps, Codart et, plus tard, Duponcbel {Histoire naturelle des Lépidoptères d'Europe) adoptèrent presque en-

tièrement les divisions proposées par Latreille et n'y firent que de légers changements.

Enfin M. Boisduval (Histoire naturelle des Lépidoptères, dans les Suites à Buffon de l'éditeur Roret, 1836) adopte en grande partie les subdivisions de Latreille, en indique quelques unes d'après des entomologistes modernes et en crée même de nouvelles. Il admet dans l'ancien groupe linnéen des popilio les genres Ornithoptère , Papillon 9 Leptocirque, Thaïs, Doritis , Eurychus et

Depuis cette époque, peu de changements ont été introduits dans cette branche de l'entomologie; aussi avons-nous cru devoir suivre l'ouvrage de M. Boisduval dans l'indication des espèces de ce groupe important de l'ordre des Lépidoptères.

Les Papillons, en comprenant sous cette dénomination tous les Insectes que Linné avait placés dans ce groupe qui constitue presque exclusivement les Diurnes des entomologistes modernes, sontdes Lépidoptères ornés des couleurs les plus briltantes, des formes les plus gracieuses et qui pour cela sont les plus recherchés par tous les amateurs. Ces Insectes se trouvent dans tous les pays, mais ceux des régions chaudes sont les plus riches en couleurs et les plus grands de tous.

Les Papillonides, ou plutôt les Papillons de Latreille, ont pour principaux caractères: Six pieds presque semblables et également propres à la marche dans les deux sexes. Crochets des tarses simples ou sans dents. Tète moins large que le corselet, portant deux gros y eux sa il I a n ts , arrondis , à réseaux ; palpes très couru, de trois articles et obtus à leur extrémité supérieure : leur dernier article à peine distinct. Antennes longues, allant en augmentant d'épaisseur jusqu'à l'extrémité supérieure. Trompe longue, roulée en spirale et placée sous les palpes; corselet assez grand, convexe, très velu; ailes grandes, fortes, chargées de nervures très fortes, à bord interne concave et comme éebancré ; la forme de ces ail es variant beaucoup; les inférieures allongées sans queue dans quelques espèces, elau contraire avec uuequeue distincte dans beaucoup d'autres. Les chenilles sont rases. Les chrysalides sont nues et attachées par un cordon de soie ; celles des Parnassiens swiles font un cocon de soie.

Les espèces de ce groupe, très nombreuses, car on en connaît plus de trois cents, sont répandues dans toutes les parties du inonde; toutefois elles sont plus particulièrement propres aui contrées de l'Asie et de l'Amérique situées entre les tropiques. Les espèces qui ont des taches rouges à la poitrine, et qui forment la division des Chevaliers troyens de Linné, ne paraissent appartenir qu'à l'Inde. Les espèces propres à la Nouvelle-Hollande ont plus d'affinités avec celles des Moluques qu'avec celles de l'Améque. Celles de l'Amérique septentrionale ont une physionomie particulière; en général, elles sont noires et sans queue. Celles d'Afrique ont des rapports avec les espèces de l'Inde et de l'Europe.

Telles sont les généralités que nous avons cru devoir rapporter relativement aux diverses espèces de l'ancien groupe des Papillons ; maintenant il nous reste à donner la description des espèces les plus remarquables.

Restreint comme il Test par les naturalistes modernes, le genre Papilio de Linné fait partie de la tribu des Papillonides , et, d'après M. Boisduval dont nous suivons la méthode dans cet article, comprend tous les Lépidoptères ayant pour caractères: Tête grosse; yeux grands, saillants; palpes très courts, ne dépassant pas les yeux, fortement appliqués sur le front, à articles très peu distincts; le iroUième complètement invisible; antennes assez longues, renflées à leur extrémité en une massue arquée de bas en haut; abdomen assez gros, médiocrement allongé; ailes assez robustes , à nervures saillantes ; les inférieures ayant le bord abdominal replié en dessus, plus ou moins évidé et laissant l'abdomen entièrement libre; leur bord extérieur plus ou moins denté, et souvent terminé par une queue. Chenilles épaisses, cylindroides ou amincies antérieurement, avec le premier anncju toujours pourvu d'un tentacule charnu, rétracté en forme dT . Téte assez petite, arrondie; corps glabre, quelquefois garni de prolongements ebarnus, plus ou moins allongés. Chrysalides sans taches métalliques, médiocrement anguleuses : tantôt presque droites, tantôt fortement arquées, avec les bords latéraux parallèles ou comprimés, et comme garnis de crêtes régulières; quelquefois une corne

sur le dos ; téte tantôt carrée, tantôt bifide, et quelquefois tronquée.

Ce genre, extrêmement nombreux en espèces, est répandu sur tout le globe , principalement dans les régions ialer tropicales; l'ancien et le nouveau continent en possèdent une quantité à peu près égale. Les chenilles vivent le plus souvent solitairement ; mais quelques unea restent en familles jusqu'à l'époque de la transformation en chrysalides : elles se nourrissent de plantes des familles des Malvacées , Ombellifères, Laurinées, Aristolochiées , Aurautiacées , etc.

On connaît près de 300 espèces de ce groupe, et If. Boisduval en décrit 224. Ce grand nombre d'espèces a donné lieu à l'établissement de divisions secondaires.

Hubner et M. Swainson ont essayé ce travail , et , plus récemment , M. Boisduval a partagé les Papilio en 32 groupes distincts, qu'il a créés d'après la forme des chenilles , le dessin et la coupe des ailes , le faciès et la patrie de l'insecte parfait; mais il n'a pas donné la caractéristique particulière de ebacun de ces groupes. Pour nous, nous allons rapporter toutes les divisions de H. Boisduval, en indiquant quelques unes des principales espèces t et surtout les plus anciennement connues.

1" groupe. Deux espèces provenant de l'Afrique intertropicale.

Le Papillon antenob, Papilio Antenor Fabr., Dcnov., Boisd., ayant 15 à 16 centim. d'envergure ; à ailes noires : les supérieures dentées et parsemées de taches blanches inégales ; les inférieures à dents obtuses, et présentant une queue noire, longue. De l'Afrique in ter tropicale, et, suivant M. Hope, de Tombouctou.

2* groupe. Douze espèces du continent et de l'archipel Indien.

Le Papillon mknkon, PaptUo Memnon Linn., God. , Boisd.; P. anceus Cram. ; P. laomedon , P. Agenor Linn. , etc. Le mâle, qui a 16 i 17 centim. d'envergure, a les ailes noires , à reflet un peu verdltre, arec des raies longitudinales d'un cendré verdatre ou grisâtre; la femelle diffère beaucoup pour sa coloration, ce qui a donné lieu à la création d'un grand nombre d'espèces nominales. Cette espèce , dont on connaît la chenille, se trouve très communément

tn Chine, et dans une grande partie de l'archipel Indien.

3' groupe. Une seule espèce provenant de Java.

Le Papillon coan, Papilio coan Fabr.

Un peu plus petit que le précédent, avec lequel il a de nombreux rapports pour la coloration géoérsle; i antles ailes supérieures beaucoup plus rétrécies.

4e groupe. Neuf espèces provenant du continent et de l'archipel Indien.

Le Papillon Paris, Papilio Paris Lion., Fabr., God., Boisd., ayant 11 centim. d'envergure ; les ailes ont une coloration , en dessus, d'un noir-brun sablé de vert doré ; la queue large , spatulée , marquée d'atomes verdâtres. Se trouve communément en Chine.

5r groupe. Cinq espèces du continent et de l'archipel Indien.

Le Papillon Hélèni, Papilio Helenus Lion., Fabr., God., Boisd. , de la taille du précédent, avec les ailes d'un brun-noir en dessus et des raies longitudinales un peu plus claires dans la cellule discoidale et sur J'extrémilé des supérieures; les inférieures terminées par une queue noire, large, spatulée.

Se rencontre abondamment en Chine, à Java et à Sumatra.

6* groupe. Neuf espèces propres aux Moluques et à l'Australie.

Le Papillon axion, Papilio Axion Boisd . ; P. enchenor Guérin. Les ailes sont déniées, noires, offrant sur le milieu une bande commune, large, d'un Jaune sourre pèle, très anguleuse antérieurement, formant sur chaque aile deux dents saillantes. De la Nou- Telle-Guinée.

V groupe. Une seule espèce provenant de Java et de Bornéo.

Le Papillon cbrsphostks, Papilio Crasphontes Fabr., God., Boisd. ; Papilto Dcmo- Uon Cramer. Dessus des ailes d'un noir foncé, très faiblement saupoudré de grisâtre à la base et le long de la cote , traversé vers le milieu par une bande d'un jaune-soufre pâle de moyenne largeur; quelques lunules Jaunes sur les ailes inférieures.

8* groupe. Une seule espèce propre a la Cafrerie.

Le Papillon Bbotos, Papilio Brutus Fab., God. , Boisd. , Papilio Merope Cram., ayant t. x.

11 à 12 centim. d'envergure; le dessus des ailes d'un blanc un peu soufré ; les supérieures bordées de noir, et les inférieures terminées par une queue blanche , spatulée, assez longue.

9* groupe. Une seule espèce trouvée sur la cote de Guinée.

Le Papillon dorkus , Papilio doreus Fab., Boisd.; P. phoceas Cramer. Un peu plus petit que le P. Brutus, ayant les ailes noires, traversées dans leur milieu par une bande verte asses large.

10* groupe. Cinq espèces de l'Afrique australe, de Madagascar et Bourbon.

Le Papillon nirecs, Papilio Nireus Linn., Fabr., Drury, Boisd., ayant 13 a 14 centim. d'envergure ; ailes noirâtres, avec une bande bleue qui les traverse toutes quatre ; pas de queue, et les ailes inférieures prolongées obtusément à l'angle anal. De Madagascar.

11' groupe. Deux espèces propres aux Moluques.

Le Papillon Empedocles , Papilio Empedocles Fabr., God., Donov., Boisd. Il est en dessus d'un brun noirâtre , avec la base et le bord interne des ailes blanchâtres ; les ailes inférieures sont terminées par une queue obtuse.

12* groupe. Dix espèces appartenant à l'Australie, au continent et à l'archipel Indiens.

Le Papillon Mgîstk, Papilio Mgitlus Linn., God. , Cram., Boisd. Le dessus des ailes noir, avec un grand nombre de taches d'un vert jaunâtre pâle et une raie transversale de la même couleur ; le dessous brunâtre avec des taches semblables ; ailes inférieures n'étant pas terminées par une queue.

13* groupe. Une seule espèce , trouvée à Java.

Le Papillon db Paten , PapUlo Payent Boisd., d'uu brun roussàtre , avec une raie ocracée sur les ailes supérieures ; celles-ci sont Talquées et très acuminées au sommet, tandis que les inférieures sont rétrécies insensiblement en une queue linéaire.

14' groupe. Quatre espèces qui se trouvent à Madagascar, dans l'Afrique centrale et dans l'Inde.

Le Papillon Deholeds, Papilio demoleut Linn., Fabr., Boisd., ayant environ 11 centim. d'envergure; les ailes noires sablées de jaune , les inférieures n'étant pas terminées

par une queue. Se trouve au cap de Bonne- Espérance et à Madagascar.

15* groupe. Quinze espèces de l'Afrique intertropicale et de Madagascar. Nous indiquerons comme type :

Le Papillon Léo m id as , Papilio Uonidas Fabr. , God. , Boisd. ; Papilio similis Cram. Le dessus des ailes noir , les supérieures avec une vingtaine de taches irrégulières blanc-verdâtre, et les inférieures ayant à leur base une large tache également vert clair. De la côte de Guinée.

16* groupe. Il comprend 18 espèces propres à l'ancien et au nouveau continent. Nous ne citerons que :

Le Papillon pooalibb , Papilio podalirus Linn.,God., Rœs., Boisd.; le Flambé, GeofT., Papilio Feslhamelii Duponchel, Yar. D'une envergure d'environ 4 pouces ; le dessus des ailes d'un jaune pâle, avec des bandes noires transverses, dont six sur les supérieures, et les inférieures avec trois seulement qui font auite aux bandes antérieures. La chenille , qui vit sur les Amandiers, est lisse et d'ane couleur variant du vert gai au jaune rousfllre. Ce papillon habile l'Europe tempérée et méridionale, le nord de l'Afrique et de l'Asie mineure. On le trouve aussi, mais rarement, aux environs de Paris.

17* groupe. Douze espèces du continent et de l'archipel Indiens. Le type est :

Le Papillon antiphus , Papilio Antiphus Fabr., God., Boisd.; Papilio polygius God. D'une envergure d'environ 5 pouces ; ailes d'un noir foncé : les supérieures ayant des raies longitudinales grisâtres vers l'extrémité , et les inférieures terminées par une queue noire spalulée ; le dessous des inférieures avec une rangée de six lunules carmin vif. Des lies Philippines.

18* groupe. Une seule espèce de Java.

Le Papillon i»ox, Papilio nox Swains. , Horf., Boisd.; Papilio merecus God.; Papilio Neesius Zinck. Ailes noires un peu chatoyant en verdàtre et sans taches.

19e groupe. Cinquante espèces, la plupart de l'Amérique méridionale. Nous ne décrirons que :

Le Papillon Évandrk , Papilio Evandres God., Hubn., Boisd. D'une envergure de 4 pouces ; les ailes noires : les supérieures avec l'extrémité gris cendré, et les inférieures présentant deux éebancrures blan-

châtres, et cinq taches d'un rouge violet chatoyant. Se trouve communément au Brésil.

20e groupe. Une seule espèce particulière a Cayenne.

Le Papillon Tbiopas, Papilio Triopat God., Boisd. Ailes supérieures noires avec deux taches jaune d'ocre; les inférieures avec une tache de même couleur vers son milieu, et des éebancrures blanches.

21* groupe. Une seule espèce dont la patrie est inconnue.

Le Papillon Coibthhus, Papilio Corethrut Lacord., Boisd. Les ailes supérieures d'un noirâtre pâle, avec les sinus liserés de jaune et une bande jaune d'ocre; les inférieures jaunâtres avec des raies noires.

22* groupe. Seize espèces, toutes américaines. Nous prendrons pour type :

Le Papillon Cbassus, Papilio Crassut Cram. , Hub. , Boisd. , Papilio Belus Var., God. Ayant 11 à 12 centim. d'envergure; les ailes d'un noir verdàtre foncé : les inférieures aveedes éebancrures liseréesde blanc, et leur bord antérieur offrant une bande longitudinale jaune pâle. La chenille, d'un pourpre vineux , vit sur le Citronnier. Le Papillon est commun au Brésil.

23* groupe. Une seule espèce de la Cafrerie.

Le Papillon Lalandk, Papilio Lalanda God., Boisd. Ailes noires en dessus avec une bande médiane jaune d'ocre; neuf points jaunes sur les supérieures, et une lunule de la même couleur sur les inférieures, la queue longue et spatulée.

24, groupe. Ce groupe, qui comprend 17 espèces particulières à l'ancien et au nouveau continent, renferme l'espèce type du genre, savoir :

Le Papillon Machaon, Papilio Machaon Linn., Fabr., Boisd.; le Gbano pobte-ocece Geoffr. D'une envergure d'environ 11 cen tim. , les ailes supérieures jaunes avec une bordure noire assez large, divisée sur te» supérieures par une série de huit points jaunes , et sur les inférieures par une séri de six lunules de même couleur; ces lunules précédées d'une tache orbiculaire d'à tomes bleus : quelques lignes noires marquant encore les ailes ; la queue assez longue ; le dessous du corps avec les mêmes dessins , mais d'une couleur plus pâle. La

chenille est d'un beau vert, avec des anneaux d'un noir de velours, alternativement ponctués de rouge-fauve : elle vit sur les Ombellifères , et principalement sur le Fenouil et la Carotte. La chrysalide est d'un gris verdàtre, avec une bande latérale jaune. Se trouve aux environs de Paris, et est commun dans toute l'Europe , la Sibérie , l'Égypte, les côtes de Barbarie, etc.

Nous citerons encore dans ce groupe :

I<e Papillon Alexano* , Papilio Alcxanor Esp., God., Boisd. Un ffu plus petit que le précédent; en dessus les ailes sont d'un jaune d'ocre pale, avec une bordure noire et quatre lignes transverses de la même couleur ; dessous plus pâle encore. La chenille, qui ressemble assez à celle du Machaon , vit sur le Seseli montanum et sur la plupart des Ombellifères alpines. Ce Papillon se trouve en France dans les Hautes et Basses- Alpes, ainsi qu'en Dalmatie et en Morée : il est rare.

25' groupe. Trois espèces , toutes brésiliennes.

Le Papillon Dolicaon, Papilio Dolicaon Cram., Fabr. , Hubn., Boisd. Ailes d'un blanc mat, faiblement teinté de jaune, avec une bordure noire.

26* groupe. Dix espèces particulières à l'Amérique méridionale. Le type est :

Le Papillon Thoas , Papilio Thoas Lin n., Fabr. , Cram. , Boisd. ; Papilio Cresphonles Cram. Dessus des ailes d'un noir foncé, traversé obliquement par une bande jaune d'ocre; offrant six lunules jaunes sur les inférieures. Se trouve en Géorgie, au Paraguay, etc.

27* groupe. Cinq espèces de l'Amérique méridionale. Le type est :

Le Papillon Palamèdes, Papilio Palamedes Fabr., Boisd. Ailes supérieures noires, avec des taches marginales jaunes vers la base en dessus ; les inférieures noires, avec des taches roussàtres et une queue.

28* groupe. Une seule espèce provenant do Brésil.

Le Papillon Poltcaon , Papilio Polycaon God., Fab., Cram., Boisd., etc. Le mâle a les ailes d'un noir obscur, traversées par une bande ocraeèe ; les inférieures avec un croissant rougeâtre. La femelle varie pour la coloration ; aussi l'a-t-on désignée sous des noms différents, tels que ceux de Papilio

Anirogeus, Pyrantheus, Laodocut, etc. Trèa commun au Brésil.

29* groupe. Quatre espèces propres au Brésil. Nous prendrons pour type :

Le Papillon Duponchkl, Papilio DuponcheliiH. Lucas ; Ann. Soc. ent.t de Fr. 1'* série, t. VIII, pl. 8, iSZ9,ttAtlasdece Dict.t Lépidoptères, pl. 1, flg. 1. Envergure d'environ 11 centimètres; les ailes sont, en dessus, noires, et traversées dans leur milieu par une bande jaune d'ocre pile , formée de taches irrégulières ; les inférieures présentant quelques lunules ocracées , et une queue linéaire noire.

30* groupe. Quatre espèces propres a l'Amérique méridionale. Le type est :

Le Papillon a collik , Papilio torquatus Cram., Esp., God., Boisd. D'une envergure de 14 centim.; les ailes d'un noir foncé, traversées du milieu des supérieures au bord abdominal des inférieures par une large bande jaune d'ocre, naissant brusquement du milieu de la surface des premières , et occupant presque toute la moitié des secondes. Assez commun au Brésil.

31* groupe. Cinq espèces de l'Afrique intertropicale.

Le Papillon Cyrobta , Papilio Cynorta Fabr., God., Boisd.; Papilio Messalina Stoll. D'une envergure de 5 à 6 centim.; ailes d'un brun noirâtre avec une bande blanche. De la Cafrerie.

32* groupe. Sept espèces du continent et de l'archipel Indien.

Le Papillon Panopb, Papilio Panope Lin., Fabr., Cram., God., Boisd. 14 centim.

d'envergure ; les ailes d'un brun noir avec des taches blanches. De la Chine.

(E. Dcsnaxest.)

PAPILLONACÉES. Papillonaceœ. eor. ph. — Voy. papilionacees.

PAPILLONIDES. Papillonides. ins. — Le grand genre Papilio de Linné est devenu pour La treille (Règne animal) et pour tous les entomologistes, une tribu distincte d'Insectes de l'ordre des Lépidoptères. Celte tribu contenait autrefois tous les vrais Papillons, sauf toutefois les Hespéries qui en avaient été séparées dès sa création ; mais , dans ces derniers temps, elle a été de plus en plus restreinte, et d'après M. Boisduval (Hitt. nat. des Lépidoptères des Suites à Buffon de l'éditeur Roret, 1836), dont la

classification est suivie par la plupart des naturaliste*, elle ne comprend plus que les Lépidoptères diurnes, ayant pour caractères: 1° A l'état parfait : une tétc assez grosse; des jeux saillants , grands ; des palpes courts , ne dépassant pas les yeux ; des ailes larges, assez robustes, à nervures saillantes; les inférieures ayant le bord abdominal éridé ou replié ; la cellule discoldale fermée à chaque aile; l'abdomen libre , non reçu dans une gouttière ; 2* a l'état de nympbe : les chrysalides attachées par la queue et par un ou plusieurs liens transversaui ; 3# à l'état de larves: les chenilles médiocrement allongées , cylindriques, épaisses, munies de deux tentacules rétracliles , placés sur le premier anneau ; étant lentes dans leurs mouvements.

Les genres qui entrent dans cette tribu sont les suivants: Ornitfmptera t Papilio, LeptocircuSf Thaïs, Doritis, Ewychut et Parnassitu. Voy. ces divers mots et surtout l'article papillon. (E. D.)

PAPILLONS, iss. — On donne vulgairement ce nom i tous les Insectes que les entomologistes désignent sous la dénomination de Lépidoptères. Voy. ce root. (E.D.)

On a aussi nommé :

Papillons a ailes cm floues, les Ptéropbores ;

Papillons des blxs> les Àluciies, les OEcophores et les Teignes ;

Papillons- Bourdons, différents genres de Crépusculaires (Spbyni, Smerintbe, Série);

Papillons de Chardon, les Vanesses;

Papillons de la chenille du Saule, les Cossus et le Bombyx queue-fourchue;

Papillons du Cnou, les Piérides;

Papillons de l'Éclairé, les Aley rodes;

Papillors estropiés, les Hespérides ;

Papillons feuille - nom , les Bombyx feuille-morte;

Papillons nacres, les Argynnes;

Papillons a numéro, les Vanesses vulcaios;

Papillons de l'Orme, les Vanesses grandes Tortues ;

Papillons-Paons, leVanesse Paon du jour et les Bombyx;

Papillons a tête de mont , le Sphyox atropos ;

Papillons tipdles, les Ptérophores.

PAPIO. ham. — Nom latin d'une espèce de Cynocéphale, duquel on a fait Papion. Erxleben (Spsl. règ. anim. , 777) et quelques zoologistes en ont fait un genre distinct qui correspond i celui des Cynocéphales. Voy. ce mot. (E. D.)

PAPION. sua. — Espèce de Cynocéphale. Voy. ce mot.

♦PAPPEA. bot. ph.— Genre de la famille des Sapindacées?, établi par Ecklon et Zeyber {Enumeral. plant. Cap., 53]. Arbres du Cap.

PAPPOPI10RKES. PappopAore*. rot.

ph. — Tribu de la famille des Graminées. Voy. ce mot.

PAPPOrnORLM («mr*é<, aigrette ; poç , qui porte), bot. ph. — Genre de la famille des Graminées , tribu des Pappopborées, établi par Schreber (G«n., n. 1715), et dont les principaux caractères soot:Épillets 2- 4 -flores. Glumes2, muliques , plus grandes que les fleurs, l'inférieure la plus courte. Paillettes 2 : l'inférieure terminée antérieurement par 9 13 arêtes subulées; la supérieure plus longue, 2 -carénée. Paléoles 2 , tronquées. Étamines 2-3. Ovaire sessile. Styles 2, terminaux; stigmates plume ux. Caryopse libre.

Les Pappophorum sont des gramens originaires des régions tropicales et subtropicales du globe; leurs feuilles sont planes, et leurs fleurs disposées en pankules serrées.

Les espèces comprises dans ce genre ont

été réparties en 3 sections , fondées principalement sur l'aspect des épilleu et de la glume. Ces sections sont ainsi désignées : a. Enneapogon , Desv. (in Joum. fiot.,111, 70) : Êpilleis bi Dores; glumes 3-7-oerviécs;

— b. Polyrtutphis, Trin. (in Act. Patrop., VI, 1 , p. 5 ) : Épilleu 3-4 -flores ; glumes uninerviées; — c. Euraphix, Trin. (loc. cit.): Épilleu 6-flores; glumes....

Parmi les différentes espèces du groupe des Pappophorum, nous citerons comme espèce type le Pappophorum alofHxurwàcvm Scbreb., originaire de l'Amérique méridionale.

PAPULAIUA (populo, papule), bot. ci.

— Genre de Champignons de l'ordre des Clinosporés eetodines, établi par Fries, caratérisé par un réceptacle, très ferme recouvert de spores globuleuses qui s'épanchent

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au dehors quand l'épiderme qui les recouvre est rompu. Ce genre, qui n'e pu eocore été analysé convenabIement,paraUextrêmement voisin des Melanconium. Une espèce et la seule connue jusqu'à ce jour (Papularia Fagi Fr.) se développe sur les feuilles du Hêtre, et forme des petites taches d'un gris noirâtre. (Lév.)

PAPULE. Papula. bot. — Nom donné par De Gandolle à certaines protubérances arrondies, molles, remplies d'un liquide •queui , et formées par une boursouflure de 1'épiderme de certaines plantes.

Les Papules ont été désignées par Guettard sous le nom de Glandes ulrkulaires.

PAPÏR1US, Lan». (t. 762). bot. pb.— Syn. de Broussonelia , Vent.

PAPYRUS , Willd. bot. pb.— Foy. soc-

PAQUERETTE, bot. ra. — Nom vulgaire du genre Battis. Voy. ce mot.

PAQUERIXA. bot. pb. —Genre de la famille des Composées - Tuboliflores , tribu des Asléroîdées, établi par Cassini (in Dict. se. nal., XXXVII , 464 et492). La principale espèce de ce genre , l'aq. graminea ( Bel- Us id. Labill.),est originaire de la Nouvel le-

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PARA Foy. ce mot.

•PAaUBLOPS(«op«a«4, Jooebe). ma.

— Genre de Coléoptères tétramères, famille

Anlhribidcs, créé par Schœnherr (Gênera et spte. Cvwevlionid. sy*»., L V, p. 252). Le type, seule espèce connue, le P. pauper de

rance. (C.)

*PAR ACÉ PUA LE . Paractphedus. rtaaf . — Genre de l'ordre des Monstres unitaires oraphatosites, de la famille des Paracépbaliens, établi par M. Isidore Geoffroy -Saint- Uilaire {Traité de Téralologie). Voy. para-

TÉPHAUEHS,

PAJLACÉPHAJL1BNS . Paracephalcei.

cisAT. — Famille de l'ordre des Monstres unitaires omphalo&ttcs , et dont les caractères consistent, d'après M. Isidore Geoffroy Saint^HUoire(Terawi., L II, p. 437), dans la forme de leur corps, qui, dans presque toutes les régions , s'écarte très manifestement de la symétrie normale; dans leurs membres toujours imparfaits, soit seule-

ment quant à leur forme ou leurs proportions , soit même quant au nombre des doigts qui les terminent; dans l'absence d'une très grande partie des viscères tboraciques et abdominaux, enfin dans l'existence d'une tète très imparfaite, mais apparente à l'extérieur.

D'après le petit nombre d'exemples da Paracépbalie soumis à l'observation, M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire rapporte à la famille des Paracépbaliens trois genres, dont voici les noms et les caractères :

1 . Paraclpjiale. Paraccphalus (*3f>£, presque, è coté de; tête). Tête mal eon-

tincte, avec une bouche et des organes i sitifs rudimentaires; existanL

Un des principaux exemples de cette < malieest le sujet étudié par Christophe Goeller (Abortus humant monstroti hitf. analom.). C'était un fœtus femelle né à la fin du septième mois de la gestation, avec deux autres individus, tous deux bien conformés, femelles comme lui, dont l'un précéda et l'autre suivit le monstre. Ce fœtus présentait, a l'extérieur, les caractères suivants : La tête était conique; les yeux, le nez, les oreilles existaient o leur place ordinaire» mais rud inventaires ; la bouche était beaucoup moins imparfaite, et les mâchoires portaient même déjà quelques dents; le col n'étant point distinct, la tète se trouvait entièrement confondue avec le thorax, elle face semblait ainsi placée sur la poitrine ; les deux bras, très mal conformés, et inégalement longs , se terminaient l'un et l'autre par un seul doigt pourvu de son ongle , et dans lequel on crut reconnaître le ponce. Les membres inférieurs présentaient des modifications analogues et plus

encore; l'unique doigt de chaque pied était à peine distinct. Les organes sexuels étaient assez développés , mois il n'y avait point d'anus.

L'organisation interne présentait des anomalies non moins graves. L'abdomen ouvert, on le trouva presque entièrement occupé par une poche remplie de liquide, dans laquelle Gœller crut retrouver le péritoine. L'intestin était très incomplet, mais pourvu de son mésentère. Quant au foie, i la rate, on n'en trouva pas même de vestiges, et il

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n'y avait de même ni estomac ni œsophage. Les reins, un utérus bicorne, une vessie, occupaient la partie inférieure de l'abdomen, séparé par un diaphragme de la poitrine. Cette dernière cavité ne renfermait ni poumons, ni coeur. La trachée-artère existait, mais ne s'étendait pas intérieurement au-delà de la première côte ; elle se terminait en une petite cavité membraneuse, gonflée d'air, et représentant peut-être en rudiment l'appareil pulmonaire. Enfin la cavité encéphalique présentait supérieurement une ouverture, qui donnait passage au liquide hydroencéphalique. 11 existait d'ailleurs quelques vestiges de cerveau (Isid. Geoffr. Saint- Hilaire, Traité de tératologie, t. II, p. 439).

2. Ohacépbalk. Omacephalus (5p0ç, épaule; xtf*H, tète). Tète mal conformée, mais encore volumineuse; face distincte; organes sensitifs rudimentaires; point de membres thoraciques.

Un auteur allemand, Seiler, a publié, sur ce genre d'anomalies , la description et la figure d'un Monstre très intéressant, et qui a servi de type i M. Isid. Geoffr. Saint- Rilaire, pour l'établissement du genre Ornacéphale.

Ce Monstre paraissait un foetus de sii à sept mois. Extérieurement, il présentait les caractères suivants : La tête était volumineuse et très mal conformée; dans la région faciale , dont les deux moitiés offraient de nombreuses différences, on apercevait supérieurement deux sillons transversaux, sans ouverture, correspondant manifestement aux deux fentes orbitaires; entre eux et un peu plus bas, quelques vestiges de nez; plus bas encore, une bouche fort mal conformée. L'oreille droite existait imparfaite; la gauche manquait. Enfin la joue gauche présentait une petite fente. Il n'existait point de cou; un léger rétrécissement indiquait seul les limites de la tête et du corps. Celui-ci ne paraissait pas divisé en abdomen et en thorax, quoiqu'on pût reconnaître par le toucher la présence de quelques cotes, et il était plus court que la tête. Les membres abdominaux , seuls existants, étaient sans aucune symétrie; le droit, un peu contourné, était plus long que le gauche, et terminé par quatre orteils; le gauche, très fortement contourné et comme luxé, avait cinq orteils, les trois premiers

libres, les deux derniers soudés entre eux. Les ongles étaient à peine développés.

Intérieurement, il n'existait ni yeux, ni cœur, ni trachée-artère, ni poumons, ni diaphragme, ni foie, ni rein gauche; on trouva, au contraire, le rein droit, l'estomac et le canal intestinal qui était imperforé inférieurement.

3. HéuucEraALE. Hemiacephaltu [îpxsvu demi ; « privatif ; xi?aW, tête). Tête représentée par une tumeur informe avec quelques appendices ou replis cutanés en avant ; membres thoraciques existant.

Ce dernier genre a été établi par M. Geoffroy Saint-Hilaire, et c'est un cas d'anomalie, sinon le plus anciennement, du moins le mieux connu. Nous citerons, comme exemple d'Hémiacépbalie, le sujet étudié et publié par Werner Curtius (Spee. inaug. med. de montiro humano corn infante gemello, in-4 , Leyde, 1762). C'était un fœtus mâle, né sans vie vers le commencement du huitième moif de la gestation. Il n'y avait point de tête, mais on voyait placé obliquement au-dessus du cou, et comme enfoncé dans la poitrine, un hémisphère représentant la tête, sans en avoir ni la forme, ni le volume. De la portion antérieure de cet hémisphère naissaient deux appendices : l'un, sans cavité, n'était qu'une petite masse eellulo-spongieuse; l'autre, plus grand , membraneux , percé vers son extrémité de trois petits trous, formait une poche que l'auteur dit très semblable au scrotum d'un enfant. La peau était très mince et présentait des inégalités sur la surface et à la base des deux appendices formés, suivant toute apparence, par les rudiments de la face. Ceux du cerveau et du crâne se retrouvaient plus manifestement encore dans l'hémisphère. Cet hémisphère était donc évidemment une tête imparfaite, mais contenant en elle les rudiment* plus ou moins manifestes de ses trois parties essentielles : la face , l'encéphale, le crâne. Les deux membres du côté gauche étaient plus couru et plus imparfaits que les droits ; la main gauche, fortement contournée et très difforme, n'avait que quatre doigts mal conformés, le cinquième étant représenté seulement par un tubercule cutané ; la main droite avait, au contraire, cinq doigts très distincts, mais très courts et très mal faits. Le pied droit avait quatre orteils, dont l'un hors rang; la

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gauche, feulement deux orteils et les rudiments de deux autres. Une partie seulement de ces doigts et de ces orteils avait des ongles.

Parmi les anomalies intérieures, nous signalerons, d'après M. Isidore, l'absence du diaphragme et la confusion du thorax et de l'abdomen en une seule et même cavité. Au sommet de cette cavité, on remarquait un canal cylindrique, médian, descendant de la tête, et se terminant dans une poche qui paraissait être un estomac imparfait. A droite et un peu plus bas, était une petite masse d'un brun rougeâtre, fibreuse, sans cavité, sans vaisseaux, mais ayant quelques rapports de conformation avec le cœur. Au-dessous, on voyait les intestins ramassés en masse, adhérents même en quelques parties par leurs parois, et se continuant jusqu'à l'anus. Le mésentère était très imparfait ; il en était de même des capsules surrénales, des reins, des urètres, de la vessie et de l'ouraque. La veine ombilicale et les deux artères du même nom existaient. L'aorte, sans cœur, fournissa i t diverses branches. Quant au système nerveux, il manquait presqu'en entier.

Lee trois cas d'anomalies que nous venons de citer (et qui constituent les trois genres de la famille des Paracépbaliens), encore presque inconnus parmi les animaux , sont, dans l'espèce humaine, presque toujours jumeaux. Ces jumeaux sont attachés à un placenta commun ; mais chacun d'eux se trouve contenu dans une poche distincte. Dans tous les cas connus, ib sont du même sexe, et, dans le plus grand nombre, femelles. Ces Monstres, non seulement ne sont pas viables, mais même, dans tous les sujets observés, , n'ont donoé, à leur naissance, aucun signe de vie. (M.)

PARACÉPIULOPHORES. Paracephalophora. noix. — Classe de Mollusques ou Malacoioaires établie par Vf. de Blainvllle, et comprenant les Gastéropodes des autres auteurs. Cette classe, suivant le mode de réunion ou de séparation des sexes, forme trois sous-classes, savoir: Paracépbalophoresdioïques, monoïques ou hermaphrodites. (Doi.)

PARACIIILIA {„ ypctj contre \ giDo;, lèvre), m.— Genre de Coléoptères pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabeides mélitopbiles, créé par Burmeister {Handbuch der Entomologie, t. III), et adopté

par Scbaum {Annales de la Société entomologique de France, 2* série, t. III, p. 50). Deux espèces y sont comprises : les P. melanocala B. et Bufo G. P. Elles sont originaires de Madagascar. (C.)

*PAnACRUSI8,Newman. ws.— Synon.

de Mimela, Kirby, Burmeister. (C.)

* PAR ADIG ALLA , Lesson. ois. — Synonyme û'Astrapia, Vieill.

PARADIS, ois. — Synonyme de Paradisier. Voy. ce mot.

PARADISBA. ou. — Nom génériquo des Paradisiers dans Linné.

PARADISEI. ois. — C'est, dans Vieillot, le nom latin de sa famille des Manuco* diates , famille qui correspond à celle des Paradiséidées , et en partie à celle des Paradisiers. (Z. G.)

«PARADISÉIDÉES. Paradiseidœ. ois.— Famille de l'ordre des Passereaux et de la tribu des Coniroslres, établie par G.-R. Gray, dans sa List of the gênera of birds. Elle représente celle des Manucodiates de Vieillot , et comprend les genres que noua avons admis dans l'article paradis»», auquel nous renvoyons. (Z. G.)

PARADISIER. Paradisea. ots. — Co nom, iotroduitpar M. Duméril, dans sa Zoologie analytique, est substitué à celui de Paradis, que M. de Lacépède avait antérieurement proposé, s'applique, dans nos méthodes modernes, à tous les Oiseaux que l'on connaissait sous la dénomination vulgaire d'Oisoau& de Paradis , et doit lui être préféré en ce sens qu'il est simple, et qu'il correspond parfaitement au nom de Paradisea , que Linné donnait aux espèces dont nous allons faire l'histoire.

Les Paradisiers composent une famille des plus remarquables, non seulement sous le rapport des vives couleurs que présente leur plumage , mais encore par l'élégance et la bizarrerie des attributs qui les parent. Il n'est peut-être point d'Oiseaux sur lesquels on ait fait autant de contes que sur ceux-ci ; comme il n'en est point qui aient fait émettre autant d'erreurs. Pendant longtemps leur histoire a été fabuleuse ; et si , de nos jours, la vérité a définitivement pris la place des opinions absurdes qui avaient cours , il ne faudrait cependant pas remonter fort haut , pour rencontrer des auteurs dont les écrits ne sont point entièrement dépouillés

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des traditions que nous avaient léguées les premiers historiens des Oiseaux de Paradis.

Ce qui avait puissamment contribué i faire adopter le merveilleux dont les Paradisiers ont été l'objet , c'est que leurs dépouilles, introduites en Europe par les navigateurs, n'offraient, à l'eiamen, aucuoe trace de pieds ; dès Ion , de conjectures en conjectures, on arriva h affirmer que ces Oiseaux en étaient privés; et, celte opinion admise, on fut entraîné à d'autres conséquences tout aussi extraordinaires, et à adopter, comme vrais, les récits les plus étranges. Malgré le principe émis par Àristote, qu'il n'v a point d'Oiseaux sans pieds , les naturalistes que ce principe touchait le plus persistèrent à partager l'erreur populaire et à croire que les Paradisiers faisaient exception. Linné lui-même sanctionna cette opinion en donnant i VÉmeraude le nom trivial de Apoda (sans pieds).

La cause qui avait donné lieu A l'erreur fut aussi celle qui contribua à l'accréditer, et c'était naturel. D'un autre coté, le charlatanisme et l'esprit mercantile, dans le but d'accroître la valeur et la réputation d'Oiseaux aussi beaux et aussi recherchés que l'étaient les Oiseaux de Paradis, ajoutèrent aux Tables qui avaient cours, et le merveilleux, pour lequel l'homme a une tendance ai prononcée , tint lieu de la vérité. Mais c'est bien plus; des querelle» s'élevèrent entre les écrivains d'alors , et Aldrovande, l'un de ceux qui soutenaient que les Paradisiers n'avaient pas de pieds, maltraita, dit-on , Pigafeita , de ce qu'il osait avancer le contraire. Pigafeita, en effet, dès 1521, écrivait sur son Journal du premier voyage autour du monde avec Magellan (p. 197 de la traduction française), que le roi de Bach ian leur donna pour le roi d'Espagne deox Oiseaux morts très beaux , de la grosseur d'une Grive et ayant les jambes du volume d'une plume à écrire ; que ces Oiseaux , nommés Bolondinatal c'est-à-dire Oiseaux de Dieu, passaient pour venir du paradis terrestre. Mais l'erreur était enracinée , et il fallut que Jean de Laët, Marcgrave, Clusius, Wormius, Bontius, etc., vinssent confirmer, par de nouvelles preuves ou par de nouvelles affirmations, l'opinion de Pigafeita, pour que l'on n'eût plus de doute i ce sujet, du moins dans le monde sa-

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vant; ear, parmi le peuple, Terreur persista.

Après que l'on sut que les Paradisiers n'étaient point naturellement privés de pieds, quoique pourtant ceux de ces Oiseaux que l'on apportait en Europe n'en eussent pas, on chercha nécessairement l'explication < d'un fait aussi singulier et aussi contradic- j loire. 11 est curieux de voir les conjectures que l'on fit à ce sujet. Vigneui-Marville , J dans ses Mélanges d'histoire naturelle et de i littérature, donna une raison fort singulière. • « Comme ceux qu'on trouve morts au pied ■ des arbres, dit-il en parlant du Manucode, i n'ont point de pieds, quelques naturalistes ont pensé que cet Oiseau était privé de celle partie si nécessaire à tous les auimaux; mais la vérité est que les Fourmis ne manquent jamais, quand elles en rencontrent, de commencer par leur manger tes jambes, et c'est ce qui a fait que ceux que l'on envoie embaumés en Europe paraissent n'en avoir jamais, u Barrere, au contraire, admit que ses Paradisiers ont les pieds si couru et tellement garnis de plumes jusqu'aux deigU, qu'on pourrait croire qu'ils n'en ont point du tout. Plus tard , l'on sut à quoi s'en tenir fur ce point, et l'on s'accorda généralement à reconnaître que. ai ces Oiseaux arrivaient dans le commerce privés réellement de ces parties, c'est que les naturels des contrées d'où ils sont originaires, et qui en font l'objet de leura chasses activa», les leur arrachaient , dans les préparations qu'ils leur font subir.

Il paraîtrait certain pourtant que le merveilleux dont on s'est plu à environner le» Paradisiers n'a pas pris naissance sous notre ciel d'Europe; il nous est arrivé avec les dépouilles de ces Oiseaux. Les Européens n'ont fait qu'ajouter aux fables primitivement transmises par les Indiens eux-mêmes. Ceux-ci d'ailleurs, pour donner plus de prix à un objet dont ils tiraient profit, étaient intéressés à les accréditer. Ainsi, il esta peu près certain que les prêtres mahotnétans, alors comme aujourd'hui , source permanente de toute superstition , insinuèrent d'abord aux grands, c'est-à-dire aux chefs, et ensuite au peuple, que les AYbnuco-de- Wata (nom dont a fait Hanucodiala , et qui signifie Oiseau de Dieu) venaient du paradis de leur prophète. Pour colorer leur

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Imposture, ils affirmèrent qu'ils ne vivaient que de rosée etde vapeurs, qu'ils avaient leur ventre rempli de graiue et dépourvu de viscères, et que la mort seule pouvait les faire appartenir i la terre. Enfin ils surent persuader aux chefs que leurs plumes avaient pour vertu de rendre invulnérable, et les chefs portèrent sur eux des dépouilles de Manueodes. Ces Oiseaux , en effet , ont longtemps joué et jouent encore aujourd'hui un rôle dans les croyances superstitieuses des peuples d'origine malaise.

Les premiers naturalistes qui ont écrit l'histoire des Paradisiers n'ont fait que broder sur ce canevas d'absurdités. Lorsque l'imagination s'empare d'un sujet, l'on ne peut prévoir quelles seront ses bornes. C'est ce qui est arrivé pour les Oiseaux qui nous occupent. « Des volatiles que l'on croyait «ans pieds, dit Vieillot, dans sa Galerie des Oiseaux, si étonnants par la richesse, par la forme, le luxe, la position, le jet de leurs plumes, ne devaient pas avoir la même manière de vivre que les autres. On leur chercha donc des mœurs et des habitudes analogues i leur prétendu physique. Acosta assura que, privés de la faculté de se percher et de se reposer i terre, ils se suspendaient aux arbres avec leurs filets; qu'ils n'avaient d'autre élément que l'air ; qu'ils dormaient, s'accouplaient, pondaient et couvaient en volant. D'autres , pour rendre la chose plus vraisemblable, dirent que le mâle avait une cavité sur le dos, dans laquelle la femelle déposait ses œufs, et les couvait au moyen d'une autre cavité correspondante qu'elle avait à l'abdomen, et que, pour assurer sa situation, la couveuse entrelaçait ses deux longs filets aux deux filets du maie. D'autres publièrent qu'ils se reliraient dans le paradis terrestre pour nicher et élever leurs petits, d'où leur est venu le nom qu'on leur a généralement imposé. Enfin, quelques uns ont cru que la femelle plaçait ses œufs sous ses ailes, etc. »

Mais les Paradisiers ont depuis longtemps perdu tout le merveilleux dont on s'était plu à les environner. S'ils attirent encore notre attention, si on les recherche, ce n'est plus à cause de l'intérêt qu'ils peuvent faire naître sous le rapport de leurs mœurs fabuleuses , mais bien à cause de leur beauté. On en a fait un objet de loxe. Distraits de t. x.

la science, on aime à les retrouver sur la téte des dames. Tout le monde sait que les Paradisiers sont pour elles une parure qui ne leur messied pas.

Dépouillée de tout ce qu'elle a de fabuleux, l'histoire des Paradisiers est encore intéressante à connaître. Quoique les habitudes naturelles de la plupart de ces Oiseaux n'aient pu être observées, à cause de la difficulté qu'il y a de pénétrer dans les lieux où ils vivent, cependant les affinités qui unissent les espèces entre elles permettent de penser que ce que l'on sait des unes doit être applicable aux autres. Les espèces les mieux connues, sous le rapport des mœurs, sont les Émeraudes et le Manuoode.

MM. Quoy, Gaimard et Lesson, dans leurs voyages de circumnavigation , ont pu étudier quelques uns de ces Oiseaux à l'état de nature, et c'est à ce qu'ils en ont dit, et surtout à ce qu'en a écrit le dernier, dans son Histoire des Paradisiers, que nous emprunterons la plupart des détails qui vont suivre.

Les Paradisiers ont, les uns un naturel solitaire , les autres des mœurs sociables , et vivent en bandes; ceux-ci ne se perchent jamais , dit-on , sur les grands arbres et voltigent de buisson en buisson ; ceux-là , au contraire, se tiennent presque constamment dans les arbres élevés; tous habitent les forêts profondes de la Nouvelle-Guinée , des Iles d'Arou et de Waigiou. Ce sont des Oiseaux de passage , changeant de districts , i ce que l'on suppose , suivant les moussons. Dans la saison des muscades, fruits dont ils paraissent très friands , on les voit voler en troupes nombreuses, comme cbex nous le font les Grives à l'époque des vendanges ; mais ils ne s'éloignent guère.

Le Paradisier petit Émeraude, l'espèce qui a été le mieux étudiée, a des mouvements vifs et agiles et quelques unes des habitudes des Coraces. Dans les forêts qu'il fréquente, il recherche la cime des plus grands arbres, et lorsqu'il descend sur les branches intermédiaires, c'est pour chercher sa nourriture ou pour se mettre à l'abri des rayons du soleil : il fuit ainsi l'infiueuce de la chaleur et aime l'ombre que produit l'épais et touffu feuillage des Tecks. 11 abandonne rarement ces arbres dans le milieu du jour, et ce n'est que le ma'.in et le soir qu'on le voit en quête do

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M nourriture. Ordinairement, lorsqu'il te croit seul, il fait entendre un cri perçant, fréquemment répété, que rendent avec eue* titude les syllabes voike, eotk*, eoifco, fortement articulée*. Ces cris ont paru être à M. Lésion ceux du mâle appelant des femelles; cependant celles-ci, au rapport de MM. Quoj et Gaimard, en pouMent d'à peu près semblables. H. Lesson dit aussi n'avoir jamais tu qu'un seul mâle l'ébattant orgueilleusement au milieu d'une troupe de femelles composée d'une vingtaine d'individus, et il se demande si le Paradisier petit Émeraude ne serait pas polygame, ou encore si le nombre disproportionné de femelles ne tiendrait pas à ce que les indigènes, par la chasse continuelle qu'ils font aux mâles, en amènent la dépopulation. Cette dernière opinion est très certainement la plus vraisemblable. « Lorsqu'un bruit inaccoutumé, poursuit-il , vient frapper l'oreille du petit Émeraude, son cri cesse, ses mouvements font pièce à la plus parfaite immobilité. U reste caché dans l'épaisseur du feuillage, qui le dérobe i la vue; mais, si le bruitscontinue, il ne larde pas i s'envoler. Il se percha sur les rameaux les plus élevés des plus bauls arbres; il devient fort difficile de le tirer, à moins de se servir d'armée à feu i longues portées , tels que les fusils du gros calibre de guerre, car il ne tombe qu'autant qu'il est tué roide, «t la portée convenable à laquelle il faut l'ajuster n'est guère moindre de 150 pes. Lorsqu'il n'est que Mené, il expire dans les faalliers. C'est donc le soir, ou mieux le matin , que le chasseur doit se rendre au guet, après avoir soigneusement reconnu les arbres chargés de fruits, sur lesquels doivent venir se poier les Paradisiers. » Ce caractère craintif du petit Émeraude, cette défiance qu'il montre i la vue de l'homme, cette persistance qu'il met i le fuir, ne proviendraient-ils pas des poursuites continuelles dont cet Oiseau est l'objet? Ce qui nous le ferait penser, c'est que presque toutes les espèces, qui, n'ayant jamais été chassées, vivaient dans une sécurité parfaite, même à côté de l'homme, n'ont commencé à prendre de la méfiance qu'alors que celui-ci en a fait le but de ses poursuites.

Lorsque les Paradisiers passent d'un canton dans un autre, et c'est, ayons-nous dit

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i l'époque des moussons, Us font ce voyage par bandes de trente à quarante individus. On avait supposé que chacune d'elles voyageait sous la conduite d'un autre Oiseau, qui volait toujours au-dessus de la troupe. Ce chef, auquel les auteurs anciens donnaient un plumage noir tacheté de rouge , et dans lequel on a reconnu plus tard le Manucode , avait pour mission , au dire des insulaires qui en vendaient les dépouilles, de veiller i la conservation de la bande, en allant goûter l'eau des fontaines placées sur la route des émierants, eau que les Papous, disait-on, empoisonnaient pour obtenir, par ce moyen, un plus grand nombre d'Oiseaux, objets de leur convoitise. Mais ces récits, propagés dans des temps d'ignorance, sont tombés avec les autres fables. Les émigrations des Paradisiers se font comme celles des autres Oiseaux; chaque espèce voyage à part.

il paraîtrait que les faisceaux de plumes dont la plupart des espèces sont parées rendent, dans quelques circonstances, le vol de ces espèces difficile et même impossible. Les Paradisiers émeraudes, entre autres, lorsqu'un vent contraire les surprend, sont obligés de suspendre leur voyage. Si les plumes longues et souples qui ornent les flancs de ces Oiseaux les aident, par un temps propice, à se soutenir dans l'air, à le fendre avec la légèreté et, dit on, la vitesse de l'Hirondelle, ce qui les a fait nommer quelquefois Hirondelles de renvoie, il arrive aussi que, par un vent trop violent ou qui souffle selon le direction qu'ils suivent, ce luxe de plumes devient un obstacle pour leur vol et un danger pour eui. Dans le premier cas, ils cherchent i éviter ce danger en s'élevant perpendiculairement en l'air, jusqu'à ce qu'ils atteignent une région où l'atmosphère moins agitée leur permettra de continuer leur route; dans le second cas, force leur est de s'arrêter : plus que tout autre Oiseau , ils ont besoin , pour voyager, d'un vent de bout.

On a émis sur le genre de vie des Paradisiers plusieurs opinions. Parmi les auteurs anciens, les uns, et Tarernier est de ce nombre, disent qu'ils se nourrissent de muscades, dont ils sont très friands; les autres, avec Bontius et Sonneras, en font des Oiseaux de proie, qui chassent et mangent les petite

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Oiseaux, ce qui n'est pas très probable, d'après la structure de leurs pieds et de leur bec; Helbigius dit qu'ils mangent les fruits rouges du Waringa ou Ficus benjamina; Ottoo, Forster, Val en tin, ont avancé qu'ils vivaient de baies, et Linné leur donne pour régime des Insectes et surtout de grands Papillons. On les a dit aussi 1res avides des épices , car ils ne s'écartent pas des contrées où elles croissent. Les Paradisiers seraient donc à la fois frugivores et insectivores; ce qui est en réalité. M. Lesson a pu constater que les Émeraudcs recherchent les capsules charnues des Tecks , mais surtout les fruits muciiagjneux du Figuier amihou, et qu'à ce régime ils joignaient des Insectes , ce qui lui fut démontré par l'inspection du gésier de ses Oiseaux. En outre, deux Paradisiers émeraudes vivants, qu'il a vus i Amboine, étaient nourris avec de grosses Blattes et du riz bouilli.

Selon les habitants des Iles Arou, la mue rend les Paradisiers fort malades, et dure plus de la moitié de l'année. C'est après la ponte, dont on ne sait absolument rien, pas plus que de leur mode de nidification, que leurs parures reviendraient. Buffon prétend que ce phénomène a lieu en août; « mais, dit M. Lesson, nous pouvons affirmer que les Paradisiers tués en juillet nous ont offert leurs anciennes parures, ce qui forcerait i changer d'opinion sur cette prétendue mue ayant lieu, chaque année, pendant plusieurs mois. »

Les Paradisiers forment une branche d'industrie assez étendue. Les Papous font le commerce de ces Oiseaux depuis uu temps immémorial, et bien avant la conquête des Moluques par les Européens. Leurs dépouilles, estimées par le luxe asiatique, servaient de parures aux chefs puissants des diverses contrées de l'Inde australe , et ornent encore le turban des sultans indiens, la coiffure, et surtout le yatagan des radjahs malais. On sait avec quelle avidité ces dépouilles furent recherchées en Europe par la coquetterie et le luxe.

Les Papous font la chasse aux Oiseaux de Paradis, soit à l'aide de lacets, soit au moyen de bâtons enveloppés de la glu qu'ils retirent du sue laiteux de l'arbre à pain : dans ces cas ils les prennent vivants. D'autres fois, ils cherchent à les tuer en grisa pant

pendant la nuit a la manière des chats et silencieusement sur les arbres où dorment ces Oiseaux. M. Lesson, à qui l'on doit les détails de ce curieux mode de chasse, avance que , lorsque les individus qui vont ainsi i la recherche nocturne des Paradisiers arrivent aux divisions les plus faibles des branchages, ils s'arrêtent, attendent avec un calme imperturbable la naissance du jour, et ajustent leur proie avec des flèches faites avec des racbis de feuilles de Latanier. Leur coup d'ail est parfait, et la raideur du trait qu'ils décochent est assez puissante pour percer l'Oiseau qu'ils visent avec une merveilleuse adresse. • Heureux de leur capture, poursuit l'auteur que nous venons de citer, ils s'empressent de l'écorcber grossièrement ou d'arracher les chairs avec les pattes et souvent les ailes, puis dessécher au feu ces peaux enfilées sur un petit bâton; souvent aussi ils les renferment dans une tige creuse de bambou en les exposant à la fumée. Les Malais, depuis longtemps en possession d'acheter ces dépouilles pour les porter aui Moluques, d'où elles sont expédiées en Europe, en Chine et dans l'Inde continentale, ont cependant établi des différences dans les prix suivant le degré de conservation; aussi les indigènes font-ils en sorte aujourd'hui de ne point mutiler les Oiseaux qu'ils prennent et dont ils se défont d'autant plus facilement que leur plumage est moins endommagé. LesCampongs d'Emberbakène et de Mappia, sur la cote nord, sont ceux qui préparent le plus de ces peaux que les Malais nomment Bouroung mate (Oiseaux morts) , et c'est de ces deux villages qu'il s'en exporte les quantités les plus considérables. ■

La patrie des Paradisiers a des limites géographiques assez restreintes. Ces Oiseaux se trouvent, en effet, confinés entre les 137* et 146e degrés de longitude occidentale, sur ces terres équatoriales connues sous le nom de Nouvelle-Guinée ou terre des Papous.

Considérés sous le rapport de leurs carao» tères physiques, les Paradisiers offrent deg particularités assez remarquables. En général, ils ont les plumes du front, de la gorge et des rectriees plus ou moins courtes, serrées, tomenteuses et veloutées. Leurs flancs sont ornés de faisceaux de plumes longues , décomposées, délicates et fragiles;

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quelquefois aussi des brins de formes diverses , et chei lesquels la matière cornée prédomine, partent de la queue. Chez quelques uns le plumage chatoie comme une émeraude ou se recouvre de lames d'or; chez d'autres il est uniformément et simplement velouté. La plupart de ces attributs sont le partage des maies; les femelles et les jeunes , Jusqu'à l'âge de trois ans , ont un plumage simple et peu propre à attirer les regards.

Les Paradisiers ont encore une tête petite, un bec droit, comprimé, robuste, large a la base, recourbé a la pointe, qui est avec ou sans échancrure ; des narines profondes cachées par les plumes veloutées qui descendent du front; des tarses forts, longs, scu telles, a doigts et ongles robustes; et une queue généralement courte, rectiligne.

Linné, avons-nous dit en commençant, réunissait sous le nom générique de Paradisea tous les Oiseaux dont les auteurs modernes ont fait la famille des Paradisiers. Parmi les naturalistes qui ont adopté cette division linnéenne dans presque toute son intégrité, nous citerons Latbam, Illiger, Temminck, Lacépède, M. Duméril, Wagler et G. Cuvier. Ce dernier cependant, dans la dernière édition de son Règne animal, a été entraîné à reconnaître plusieurs groupes dans le genre Paraiisea. Mais les premières modifications importantes qui y aient été introduites furent proposées parVieillotdans le Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle. Guidé par des analogies de formes extérieures, il le décomposa en Paradisiers proprement dits, ou Smalies [Paradisea), en Manucodes ( Cicinnurus ) , en LopnoRiNEs (Lophorina)eltn Sifilets {Parolia). Quelques

[auteurs, après Vieillot, ont poussé plus loin encore le démembrement de l'ancien genre

| lin m'en.

Quant k la place que doivent occuper les I Paradisiers dans la série ornithologique , tous les méthodistes sont à peu près d'accord pour reconnaître qu'ils ne sauraient être ; éloigoésdes Corbeaux. En effet, si ces Oiseaux présentent entre eux des différences nombreuses sous le rapport du plumage , leurs autres caractères physiques ont des affinités telles , qu'on est forcément conduit à les rapprocher. Ainsi, les Paradisiers ont le bec droit, fort, comprimé des Corbeaux; ils en

ont les pieds, et, qui plus est , ils vivent comme eux dans les bois, ont un cri rauque comme le leur , des mœurs et un genre de vie fort analogues.

Acceptant les divisions établies par Vieillot, par M. Lesson , et en quelque sorte consenties par G. Cuvier, nous distinguerons les Paradisiers en :

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