AD. J
•PAPAYACEES. Papayaceœ. bot. ra. — Petite famille de plantes dicotylédonées, primitivement placée avec les Passiflores à la suite des Cucurbitaeées, et qui parait en effet se rapprocher des unes et des autres. Ses caractères sont les suivants : Fleurs unisexuées. Dans les mâles : Calice très petit, 5-denté; corolle monopétale, infundibull forme, à limbe 5 lobé dont la préfloraison est valvaire ; étamines en nombre double, insérées vers le sommet du tube et ne le dépassant pas; à anthères presque sessiles dans les opposi péta tes, introrses, biloculaires avec les loges un peu dépassées par le connectif et s'ouvrent longitudinalement; au centre et au fond de la fleur, un rudiment de pistil. Dans les femelles: Calice libre, 5-denté; 5 pétales alternes, distincts, à préfloraison valvaire , ne divergeant que par leurs sommets dans la floraison; pas de
traces ou rudiments très petits d'étamines ; ovaire sessile, surmonté d'un style court duquel rayonnent 5 stigmates plus ou moins allongés, présentant au dedans autant de placentas pariétaux qui portent sur deux rangs des ovules anatropes en nombre déGni ou indéfini; ces placentas peuvent s'arrêter à cette distance à laquelle ils portent les ovules, ou se prolonger en cloisons qui se joindront au centre et diviseront en cinq la cavité de l'ovaire. Baie à chair ferme au dehors, pulpeuse au dedans. Graines plus ou moins nombreuses, fixées à sa paroi et nichées dans cette pulpe , à test crus lacé, caché dans une enveloppe lAche, charnue ou mucilagiueuse ; embryon droit dans Taxe d'un périsperme charnu qu'il égale presque en longueur, à cotylédons elliptiques foliacés, à radicule courte, tournée du côté du bile. On ne connaît encore que deux genres de cette famille : le Papaya, Tourn. (Caricat L.) et Va^concella St-tlil., tous deux originaires de l'Amérique tropicale. Ce sont des arbres à suc laiteux, i feuilles alternes, longuement péliolées, découpées en lobes palmés ou pennés, dépourvues de stipules; à fleurs verdàtres, monoïques ou diolques, disposées en grappes axillaires, simples dans les femelles, composées ou corymbiformes dans les miles. Une espèce, le Papayer commun, dont on recherche les fruits, s'est répandu du nouveau continent en Asie et en Afrique, et c'est la mieux connue de cette famille. Ce fruit, qui rappelle un peu la forme du Melon, se mange cru ou cuit, et passe pour doux et rafraîchissant , seulement un peu laxatif. Cependant le suc, abondant dans le tronc et les feuilles, a des propriétés fort énergiques , et son action serait Tort dangereuse si on l'employait 4 forte dose et sans précaution. Il présente une particularité fort remarquable et unique peut-être, la présence d'une matière que la chimie reconnaît comme identique avec la fibrine animale, et il a de plus une action prodigieuse sur cette fibre, car il ramollit les chairs presque instantanément par son contact ou même ses seules émanations, et détermine leur putréfaction rapide. Les propriétés de quelques autres espèces semblent encore plus violentes, notamment celle du Chamburu de la province de Maynas, où elle inspire la même terreur et les mêmes fables que l'Cpasà Java. Sigoa-
Ions de plus te port du Papayer dont le tronc ne se modifie pas et, se continuant seulement par son boyau terminal, parait une colonne nue couronnée par une touffe terminale de feuilles, un peu à la manière des Palmiers. (Ad. J.)
PAPAYER. Carica. bot. pu. — Genre de plantes de la famille des Papoyaeées, de la dirccie dérandrie, dans le système de Linné. Les espèces médiocrement nombreuses dont il se compose sont des arbres de l'Amérique tropicale, à suc laiteux, qui ont un port assez anatogue à celui d'un Palmier, à cause de leur tronc en colonne simple, terminé par un bouquet de feuilles alternes et ramassées, longuement péliolées, palmées; leurs fleurs sont unisexuelles, presque toujours dioïques, portées sur des pédoncules multiflores pour les mâles , pauciflores pour les femelles; elles présentent les caractères suivants : Calice libre, très petit, à cinq dents fort courtes dans les deux sexes; chez tes mâles, corolle bypogyne, en entonnoir, à limbe quinquéparli; 10 étamines insérées à la gorge de la corolle dont les cinq alternes avec les lobes de la corolle sont plus longues et ont un filet assez long, tandis que l'anthère des cinq autres , opposées à ces mêmes lobes, est presque sessile ; un pistil rudimentaire. Chez les femelles, on observe une corolle à 5 pétales libres ; un pistil à ovaire libre, uniloculaire , renfermant de nombreux ovules portés sur cinq placentas pariétaux, surmonté d'un stigmate presque sessile, cinq lobes rayonnants, frangés sur leur bord extérieur. A ces der nières fleurs succèdent un fruit charnu , pulpeux , ovoïde , marqué de 5 côtes plus ou moi os prononcées, uniloculaires , contenant des graines très nombreuses. Ce genre renferme, entre autres, une espèce très curieuse, sur laquelle nous croyons devoir nous arrêter.
Papayer cultivé, Carica Papaya Linn. Cet arbre a un tronc en colonne, qui s'élève droit et sans branches Jusqu'à 10 mètres environ de hauteur, cylindrique, ou un peu épaissi à sa base, couvert d'une écorce grisâtre, assez unie, marquée, par intervalles, de cicatrices laissées par la chute des feuilles ; celles-ci sont étalées, pourvues d'un pétiole long de 3-6 décimètres et cylindriques , palmées à 7 lobes oblongs, généralement sinués, ou
laciniés, et aigus au sommet, glabres sur leurs deux faces, dont la supérieure est d'un vert foncé, tandis que l'inférieure est beaucoup plus pâle, marquée d'un réseau de veines proéminentes. Ses (leurs mâles forment des grappes un peu composées, axillaires; leur corolle est longue de 3 ou 4 centimètres, d'un blanc jaunâtre , d'un tissu épais et presque coriace; les fleurs femelles, portées presque toujours sur des pieds différents, forment de petites grappes asilaires, simples, pauciflores; leur corolle jaunâtre est divisée très profondément en 5 segments oblongs, un peu étalés, ou même elle est à 5 pétales distincts. A mesure que leur ovaire grossit et se développe, les feuilles, à l'aisselle desquelles se trouvaient les fleurs , se détachent , de telle sorte que le fruit, qui , à sa maturité, forme une baie ovoïde , à 5 côtes prononcées , longue de 12-15 centimètres , se montre pendant sur une portion du tronc entièrement dénudée. Ce fruit est d'un jaune orangé un peu terne; sa chair est épaisse, de couleur plus pâle que celle de la surface externe; il est creusé d'une grande cavité qui renferme des graines nombreuses. Les auteurs s'expriment de manières diverses relativement au fruit du Papayer; les uns, comme P. Browne, lui attribuent une saveur douce très agréable, tandis que d'autres , tels que Sloane , assurent qu'il est toujours assez médiocre, même après qu'il a été assaisonné de sucre. La manière la plus habituelle de le préparer consiste à le couper en tranches qu'on laisse tremper dans l'eau jusqu'à ce que tout le suc laiteux ait disparu; on fait ensuite bouillir ces tranches , ou bien on les cuit au four. Comme espèce médicinale, le Papayer ne manque pas d'intérêt; le sue laiteux de son fruit encore vert agit comme un excellent vermifuge ; de plus, Descourtilz, dans sa Flore médicale des Antilles, le donne comme un bon cosmétique, très efficace contre les rousseurs de la peau. Mais le fait le plus remarquable dans l'histoire des propriétés du Papayer est celui relatif à la composition de son suc laiteux et à son action sur les viandes. En effet, l'analyse a fait reconnaître dans ce suc l'existence de la fibrine; de là vient l'odeur ammoniacale qu'il exhale lorsqu'on le brûle. De plus, l'eau mélangée de ce suc a la propriété sio-
gnlière d'attendrir en peu de minutes les viandes qu'on y plonge; aussi en fait-on journellement usage dans les contrées tropicales. L'existence de cette singulière propriété a été reconnue et prouvée par plusieurs observateurs. Entre autres, le docteur Holder (Transac. de la soc.Wernér., vol. III) a rapporté les expériences faites par lui à cet égard. D'après lui, le suc laiteux du Papayer agit en séparant et désagrégeant les fibres musculaires. Les exhalaisons mêmes de l'arbre agissent d'une manière analogue; aussi les habitants des pays où l'on cultive cet arbre suspendent-ils dans sa partie supérieure les viandes, les volailles, etc., qu'ils veulent attendrir. La viande préparée de la sorte ou par immersion dans le suc étendu d'eau devient, il est vrai, fort tendre; mais elle est sujette i passer et à se décomposer très vite. Aussi a-l-on observé que la chair des Cochons nourris du fruit du Papayer est absolument impropre aux salaisons.
La patrie du Papayer est difficile à déterminer. Willdenow le regarde comme indigène dans l'Inde, d'où il aurait été importé en Amérique; au contraire, Rumphius dit qu'il a été porté dans l'Inde par les Portugais. M. R. Brown , se basant sur ce que toutes les autres espèces du même genre sont américaines , adopte une opinion semblable à celle de Rumpbius; la plupart des auteurs reconnaissent aujourd'hui cette manière de voir. Quoi qu'il en soit, à cet égard, cet arbre est aujourd'hui répandu et cultivé dans la plupart des contrées chaudes du globe. (P. D.)
PAPEGAI. ois.— Nom donné par Bu'ffon à un groupe de Perroquets du nouveau continent , distincts des autres espèces en ce qu'ils n'ont point de rouge dans les ailes.
•PAPELLA. bot. ca. — Nom sous lequel Fries désigne [Index alph, Syst. Myc, vol. lit, p. 125) le genre Patella de Chevallier sans doute par erreur typographique. Voy.
PATELLARIA. (LÉV.)
PAPIIIA. moll. — Dénomination proposée par Boissy pour les Crassalelles. Voy. et root. (Duj.)
PAPILIOXACÉE (corolle), bot. — On nomme ainsi une corolle irrégulière , composée de cinq pétales inégaux et dissemblables, qui, par leur disposition, offrent quel-
que ressemblance avec un Papillon dont les ailes seraient étendues (Orchis papilionacea, Pelargonium papilionacevm, etc.).
PAP1LIONACÉES. Papilionacea. bot.
fb. — On a donné ce nom à des fleurs où la disposition particulière des parties de la corolle rappelle la forme d'un papillon. Nous l'avons définie à l'article légumineuses (voy. ce mol) dont elle caractérise une grande division. Ces mêmes plantes forment une des classes de la méthode de Tournefort.
(An. J.)
«PAPILLACÉE9. Papillaceœ. bot. cr.
— Famille de Champignons établie par M. Dumortier (Comment. Bot an., p. 82), caractérisée par un chapeau mince, coriace, irrégulier et sessile dont la surface sporophore est recouverte de papilles recouvertes de spores nues.
Celte famille comprend les genres Thclephora, Coniophora et peut-être les Menima.
Voy. MYCOLOGIE. (LÉV.)
PAPILLAIRE. Papillaris. bot. fh.— On donne celle épithète à certaines protubérances en forme de mamelons, logées dans des fossettes , et composées de plusieurs rangs de cellules placées circulairement. C'est ce que l'on nomme glandes populaires (Satureia hortensis).
PAPILLE. Papilla. bot. — Nom donné à certaines protubérances que l'on observe sur les organes de plusieurs végétaux; elles sont filiformes, petites, molles et compactes. On donne aussi ce nom a de petites éminences qui , dans quelques Champignons , supportent les spores.
PAPILLES. zooL. — Voy. lakguk.
PAPILLON. Papilio. iss.— Linné (Système na(ur<E)avait créé sous ce nom un genre de l'ordre des Lépidoptères très nombreux en espèces, et qui est devenu pour les entomologistes modernes la grande famille des Diurnes.
Un genre qui, comme celui des Papillons, comprend un très grand nombre d'espèces, a dû, dès l'origine de sa création, être partagé en plusieurs groupes distincts. Linné, dans les premières éditions de son Systema naturœ, et dans la première de sa Fauna suecica, divise ce genre de la manière suivante : Espèces à 1* quatre pieds; 2° six pieds, ailes élevées, anguleuses ; 3* six pieds, ailes élevées, arrondies; 4* six pieds, ailes étendues;