LYON
LIBRAIRIE GÉNÉRALE CATHOLIQUE ET CLASSIQUE Emmanuel VITTE, Directeur
Imprimeur-libraire de V Archevêché et des Facultés catholiques de Lyon. 18, rue de la Quarantaine, et place Bellecour, 3.
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Cette seconde partie doit s'ouvrir par le plan général du Dictionnaire logique. Pour l'exposer philosophiquement et le justifier dans toutes ses parties, il faudrait un volume, que l'auteur espère écrire un jour, mais qui ne peut entrer dans le présent ouvrage. Il suffit maintenant d'une exposition sommaire qui montre toute l'économie de l'œuvre. Cette œuvre comprend : la langue, l'histoire, la géographie.
PREMIÈRE SECTION. — La langue.
Voici l'ordre général qui a présidé à la classification des mots de la langue, et par conséquent à celle des idées et des choses exprimées par ces mots:
Au sommet des idées et des choses, il y a l'être. Sa primauté absolue est attestée par le langage, de concert avec la pensée. L'être, en effet, soutient les deux termes et forme le nœud de toute proposition, de même qu'il est l'objet de toutes les conceptions de l'esprit et le lien invariable de tous les jugements.
Or l'être est fini ou infini, créé ou incréé, créature ou Créateur. L'être infini est le premier absolument, bien qu'il ne nous soit connu naturellement que par le fini : celui-ci n'est que son image, sa ressemblance et son effet ; l'analogie les rapproche, sans que l'identité les confonde.
L'être fini se fait remarquer à son tour sous deux formes principales : il est abstrait ou concret, universel ou particulier. L'être universel n'existe pas tel quel hors de nous : ainsi l'unité, la vérité, la bonté, l'humanité ne subsistent pas en elles-mêmes, dégagées de tout accident et dépouillées de toute particularité. L'être universel a cependant sa réalité hors de nous, réalité inséparable des individualités dans lesquelles nous la considérons et d'où notre intelligence l'abstrait, en quelque sorte, pour lui donner toute l'extension qu'elle comporte. L'être universel est donc idéal dans sa forme intellectuelle, mais il est réel dans son fondement, c'est-à-dire dans la réalité qu'il exprime. — Remarquons, en outre, que tous les mots de la langue sont plus ou moins abstraits et universels : il n'y a de tout à fait particuliers que les mots historiques et géographiques (les seuls qu'on écrive avec une majuscule, pourvu cependant qu'on ne généralise pas leur sens); mais il y a divers degrés d'abstraction et de généralisation, et il convient de faire une catégorie distincte et supérieure de tous les mots dont la signification directe est la plus générale et éminemment philosophique.
Après avoir ainsi déterminé la catégorie de l'être en général ou universel, tournons-nous vers les êtres particuliers.
Ils sont distribués en quatre ordres : les hommes, les choses proprement dites, les êtres vivants, mais dépourvus de raison, et la matière inorganique. — Il faut entendre ici par les choses, celles qui sont simplement telles, c'est-à-dire les objets qui, de leur nature, sont possédés par l'homme, comme étant essentiellement le produit de son art et de son industrie (ainsi les édifices qui l'abritent, les vêtements dont il se couvre), à la différence des oeuvres de la nature, qui peuvent exister indépendamment de l'homme, avant qu'il se les soit appropriées (ainsi la montagne, le fleuve, les fruits). Parmi les choses il ne faut pas comprendre non plus des objets tels que les livres, les statues, etc. ; car ils ont pour caractère principal d'être des signes : on les trouvera donc sous ce titre. Au-dessus des êtres organisés et immédiatement après l'homme, il sera permis de placer les choses ainsi comprises, car, étant son œuvre, ou du moins sa possession, elles tombent sous sa dépendance et obtiennent par là même un rang auquel la matière brute et les êtres organisés ne s'élèvent pas toujours. En jurisprudence, on a toujours maintenu cette distinction si juste, ce rapprochement si naturel des personnes et des choses.
Mais chacun de ces quatre ordres doit être subdivisé. En effet, l'homme peut être considéré individuellement ou en société. L'individu est composé d'une âme et d'un corps. Cette âme peut être étudiée en elle-même, dans ses facultés, dans ses actes, puis dans ses habitudes morales et intellectuelles (vertus et sciences). D'autre part, la société peut être considérée en elle-même ou bien dans les liens qui la forment et la conservent. Ces liens sociaux sont au nombre de trois : les signes, par lesquels s'établissent toutes les relations humaines ; la hiérarchie, d'où résultent les rapports de subordination; la loi, qui fait naître ou détermine les droits et les devoirs. Telles sont les subdivisions du premier ordre.
Passons au de axiome ordre, aux choses. Elles forment deux classes naturelles : premièrement, celle des râleurs, qui comprend généralement tout ce qui de sa nature est produit et possédé par l'homme (édifices, étoffes, aliments, etc.); secondement, celle des instruments,