PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
soleil, qui se produit rarement ; elle a même permis de dresser une carte très détaillée du ciel, œuvre colossale, qui eût été, sans elle, au-dessus des forces et des facultés humaines. Elle rend de même au naturaliste les plus grands services pour ses observations microscopiques et autres. Enfin, l'imprimerie, le dessin, la gravure, etc. bénéficient également de ses progrès : de là la photogravure, la photolithographie, etc.
Electricité. — La science de l'électricité a trouvé de nos jours des applications aussi belles que nombreuses, comme en témoignent les instruments qu'elle a inventés et dont elle se sert : télégraphe électrique, téléphone, phonographe, etc. (v. instruments). Les machines qu'elle met en mouvement se substituent (déjà aux machines à vapeur ; peut-être que le siècle prochain lui demandera tous ses moyens d'éclairage et de locomotion ; la thérapeutique elle-même lui fait des emprunts. La science de l'électricité comprend V électro-statique et 1" électro-dynamique. La première s'occupe de l'électricité supposée en équilibre (attractions et répulsions, influence) ; la seconde s'occupe des phénomènes produits par les courants. La thermoélectricité s'occupe des courants thermo-électriques, c'est-à-dire produits par la chaleur. L'électromagnétisme s'occupe des rapports entre l'électricité et le magnétisme. Les travaux et découvertes d'Ampère ont porté particulièrement sur ce point. V électro-chimie a pour objet les phénomènes de décomposition et de combustion déterminés par la pile électrique. L'industrie tire parti de ces phénomènes pour la dorure, l'argenture, la galvanoplastie, etc.
Galvanoplastie. — Cet art industriel, qui relève si étroitement de la science de l'électricité, consiste à précipiter, au moyen d'un courant électrique fourni par une pile ou une machine magnétoélectrique, un métal en dissolution saline sur des objets que l'on veut embellir, ou revêtir d'une couche protectrice, ou dont on veut prendre l'empreinte. Le métal le mieux employé est le cuivre; mais on peut aussi dorer et argenter par des procédés analogues (v. Ruolz). Si l'objet que l'on veut recouvrir d'une couche métallique est mauvais conducteur de l'électricité, comme le plâtre, la gutta-percha, on le métallisé, c'est-à-dire qu'avant de le plonger dans la dissolution saline et de le soumettre au courant, on le rend bon conducteur, en y appliquant de la plombagine en poudre impalpable avec une brosse. Chimie. — Cette science s'occupe principalement de l'analyse et de la synthèse des corps, des lois numériques de leurs transformations. Elle confine à la physique et commande la métallurgie, la teinture et d'autres arts industriels ; elle rend de grands services à l'agriculture, à la médecine, etc. On distingue la chimie théorique et la chimie appliquée. La première se subdivise en minérale et organique ; la seconde, en industrielle agricole, médicale, etc. On donne le nom de thermochimie à cette partie de la chimie qui étudie les phénomènes calorifiques dont s'accompagnent les réactions chimiques. M. Berthelot a formulé ses principes dans la Mécanique chimique.
Bien qu'elle n'ait été constituée que dans ces derniers siècles, la chimie n'était pas ignorée des anciens. Les Egyptiens embaumaient les corps avec un art parfait : ils savaient préparer le sel ammoniac, la soude, le verre, le savon, le vinaigre, l'acide prussique, divers poisons et médicaments. Les Chinois ont fabriqué de bonne heure la porcelaine, le salpêtre, la poudre à canon, l'alun et diverses teintures. Les Grecs et les Romains, moins attirés vers les sciences expérimentales, surent néanmoins travailler les métaux, composer des alliages et diverses matières tinctoriales. Chez les Arabes et au moyen âge, l'histoire de la chimie se confond avec
celle de l'alchimie. Parmi les chimistes les plus célèbres des derniers siècles, citons : Stahl, qui fit des recherches sur la combustion (système phlogistique) ; Margraff, Scheele, Priestley ; Lavoisier, qui corrigea les erreurs de Stahl et fonda la chimie sur ce principe, que rien ne seperd, vienne se crée ; Guyton de Morveau, qui introduisit la nomenclature chimique ; Bertliollet, Fourcroy, H. Davy, Berzelius, Chevreul ; Dalton, auteur de la théorie atomistique; H. Sainte-Claire-Deville, Dumas, Berthelot (v. le Dictionnaire de chimie pure et appliquée, de Wurtz ; l'Encyclopédie chimique, publiée sous la direction de M. Frémy ; les Revues et Traités de chimie).
Alchimie. — C'est le nom de la chimie ancienne, souvent chimérique et même superstitieuse, comme l'astrologie, sa contemporaine. Elle cherchait la panacée ou le remède universel, destiné à prolonger indéfiniment la vie, et la pierre philosophale ou la transmutation des métaux en or. Cette opération chimique par excellence était le grand œuvre. On peut regarder comme une sorte d'alchimie la chimie ou art sacré des Egyptiens. Elle rentrait dans la science hermétique, que les prêtres se réservaient et que l'on disait remonter à Hermès Trismégiste. Au moyen âge et un peu plus tard, on désigne sous le nom d'alchimistes, tantôt des expérimentateurs de mérite, qui devançaient la science de leur temps, comme Albert le Grand et Roger Bacon ; tantôt de simples charlatans ou des savants plus ou moins superstitieux, comme Cornélius Agrippa et Paracelse. C'est à partir de ce dernier qu'il est question de la panacée. Des charlatans plus récents ont prétendu posséder les secrets de l'alchimie : le comte de Saint-Germain, Cagliostro, etc. — M. Berthelot a publié la Collection des anciens alchimistes grecs (1887). Le plus ancien est le philosophe Démocrite, que la légende fait disciple du mage Ostamès.
Métallurgie. — Cet art relève de plusieurs sciences : géologie et minéralogie, mécanique et physique, mais il relève surtout de la chimie. Il comprend le triage du minerai, le bocardage ou broyage et le lavage, le grillage, la fonte et Y affinage. Ces dernières opérations sont toutes chimiques. La métallurgie a été cultivée dès la plus haute antiquité. L'Ecriture nomme le patriarche qui le premier travailla le fer : c'est Tubalcaïn. Dans la mythologie, le dieu de la métallurgie est Vulcain : les cyclopes sont ses ouvriers. Tous les peuples civilisés ont connu l'art de travailler quelques métaux, en particulier le cuivre, le bronze et le fer, avec lequel ils ont fabriqué leurs armes les plus redoutables. De nos jours la métallurgie a fait d'immenses progrès et elle suffit aux demandes toujours croissantes qui lui sont faites pour les chemins de fer, les lignes télégraphiques, les machines, les armements de terre et de mer. En particulier, elle fournit aux navires non seulement leur artillerie, mais encore leur cuirasse et leur coque. Le fer remplace de plus en plus le bois dans une foule d'autrps constructions.
Pyrotechnie. — Cet art, qui contribue si efficacement par les feux d'artifice aux réjouissances publiques, est très important au point de vue militaire. Il relève directement de la chimie, qui invente toute espèce de poudres et d'explosifs et apprend à s'en servir. L'ancienne chimie a même porté le. nom de pyrotechnis.k cause de l'emploi constant qu'elle faisait du feu. Les progrès de l'artillerie sont essentiellement liés à ceux de la pyrotechnie. Il existe en France deux écoles de pyrotechnie : l'une pour l'armée de terre à Bourges, l'autre pour la marine à Toulon.
Histoire naturelle. — C'est non seulement la description des règnes de la nature, mais encore l'ensemble des sciences qui traitent de ces différents