‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 16 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

sorte de trirègne. On l'honore surtout à Djaggernat ou Jaggrenat.

Siva, le Destructeur, est adoré par les Sivaïtes comme le plus grand des dieux, sinon comme le dieu unique. Son culte est fort répandu à Ceylan et dans le Sud de l'Inde. Sa demeure est le mont Kaïlaça, d'où le Gange descend. On le représente avec cinq faces et quatre mains, portant le trident, le lotus, la roue symbolique, etc. On le voit aussi porté sur un tigre et vomissant le feu ; il a des dents aiguës, un collier de crânes humains et des serpents enroulés autour de sa taille et de ses bras. Outre ces dieux principaux, le panthéon indien en contient un nombre incalculable d'autres.

Agni — C'est le dieu du feu d'après les Védas. On a remarqué parmi les épithètes qu'il reçoit le plus souvent celle de Lavishtha, qu'on a cru pouvoir assimilera Hêphœstos, nom grec de Vulcain, dieu du feu dans la mythologie des Hellènes.

Indra. — Dans la mythologie de l'Inde, c'est le roi des bons génies, lechcfde tous les dieux, à l'exception de Brahma, Vichnou et Siva. Il est représenté assis sur un éléphant, avec quatre bras et twnant une fleur de lotus. D'autre fois il est parlé d'Indra comme du Dieu suprême: « Indra est éternel, toutpuissant, grand et profond dans ses desseins... Les mortels ni les cieux ne peuvent mesurer sa puissance. L'immensité du ciel et de la terre sont dans sa main, et tous les peuples l'adorent » {Rig- Véda).

Ormuzd ou Ormazd, dont les Grecs ont fait Oromaze (en zend, le Seigneur très savant, omniscient), dieu suprême dans la religion des anciens Perses. Honover n'est que sa parole. Il créa les êtres dans le temps sans bornes (Zervane ou Zarvan akaranem). Une autre personnification de la divinité est Mit lira, sous le nom duquel on adore le soleil et le feu. De ces dieux procèdent toutes les choses bonnes. Les mauvaises sont l'œuvre à'Ahriman, père du mal et ennemi d'Ormuzd. Des esprits bons, les iseds et les péris, étendent leur protection sur l'homme, tandis que les dires ou durs, ou darvands, esprits malfaisants ne cherchent qu'à nuire. Signalons aussi les amschaspands (en zend Immortels bienfaisants), qui personnifient les attributs d'Ormuzd; les rérouers. âmes ou intelligences qui dirigent les humains. Dans la religion primitive des Perses, le génie ou le premier principe du mal n'est point l'égal du premier principe du bien, comme l'enseignera plus tard le dualisme manichéen. (V. Zoroastre).

Osiris, premier dieu chez les Egyptiens, naquit de Sibou et de Nouit, c'est-à-dire du ciel et de la terre. Il a pour femme Isis, sa sœur, et pour fils Horus. Il fut aussi, mais sans le vouloir, père à'Anubis. Il donna des lois aux hommes, pendant qu'Isis leur enseignait l'agriculture. On raconte aussi qu'il voulut répandre la civilisation par toute la terre. D'après la légende la plus connue, il fut tué par Typhon, son frère, principe du mal, qui fut vaincu à son tour par Horus. C'est pour apaiser la colère de Typhon, qui persécute l'homme par toutes les créatures mauvaises, et pour se concilier la protection d'Osiris, roi glorieux des créatures bonnes, que les Egyptiens adoraient tous les êtres sans distinction, en sorte que Bossuet a pu dire : « En Egypte, tout était dieu, excepté Dieu luimême ». Orisis, représenté comme dieu des Morts,

finit par être honoré dans toute l'Egypte et supplanta les autres dieux. Il animait le bélier Menâès, le bœuf Apis, l'oiseau dont les Grecs firent le Phénix. On le confondit aussi avec Tlxoth. Les Grecs l'ont assimilé à Dionysos.

Thoth, dieu égyptien, prit le nom d'Hermès Trismêgiste ou Mercure trois fois grand à l'époque gréco-romaine. Thoth a été regardé comme un ancien roi ou un premier ministre d'Osiris ; il inventa le langage et l'alphabet, institua le culte, créa les sciences, en un mot fut le bienfaiteur de l'Egypte. On lui attribuait les Livres hermétiques.

Alfader, ou mieux All-fadher, le père de tout, est le même quOdin, dieu des combats, le plus grand des dieux Scandinaves. Odin est omniscient et très bon ; c'est lui qui donne aux rois leur couronne, aux héros le courage, aux devins et aux poètes l'inspiration. Il reçoit les ombres des guerriers dans le Walhalla, région des nuages, où ils sont introduits par les Valkyries, ses messagères. Odin est l'époux de Frigga et le père de Thor. Il est représenté accompagné de deux loups, avec deux corbeaux sur les épaules : ces oiseaux l'instruisent de tout. On a supposé qu'Odin n'était primitivement qu'un chef Scandinave émigré d'Asie en Europe, aux environs de l'ère chrétienne.

Elfes — Ce sont des génies ou des dieux subalternes dans la mythologie Scandinave. Les uns sont bons et bienfaisants, les autres méchants. On a dit qu'ils personnifiaient les forces de la nature. Au moyen âge ils se confondent avec les sylphes, les gnomes, etc. (v. ces mots.)

Nornes — C'est le nom des trois vierges qui jouent le rôle des Parques dans la mythologie Scandinave ; elles disposent de la vie des mortels et prophétisent. Elles représentent le passé, le présent et l'avenir. On appelle aussi nornes guerrières les Valkyries.

Teutatès, chez les Gaulois ou les Celtes, est le dieu des combats. C'est aussi le Mercure gaulois : il conduit aux Enfers les âmes des morts. Il était adoré sous la forme d'un chêne et aussi, comme dieu de la guerre, sous celle d'un javelot. On célébrait ses fêtes la nuit dans les forêts. Les druides lui sacrifiaient des chiens et aussi des victimes humaines. La première nuit de l'année, ils cueillaient sur un chêne le gui sacré, avec une faucille d'or, au cri de : A gui l'an neuf !

Manitou — C'est le nom que donnaient aux esprits tutélaires les Indiens de l'Amérique du Nord, en particulier les Illinois. Le Grand Manitou, c'était l'Etre suprême. Mais chaque sauvage avait son manitou particulier ; il choisissait, à cet effet, tel objet qui frappait davantage son attention et s'en faisait comme un talisman, un fétiche (v. ces mots). Les Indiens n'entreprenaient rien sans consulter leur manitou. Ces superstitions ou autres analogues se retrouvent chez les nègres d'Alrique et autres peuplades sauvages.

Allah — Nom du dieu unique et tout-puissant, ennemi des idoles, dans la religion de Mahomet. Au-dessous d'Allah sont les djinns, les uns bons et les autres mauvais. Cependant les djinns sont plutôt regardés comme des démons dans la religion des anciens Arabes et des Persans. Avec les djinns, il faut signaler les hou ris, beautés célestes qui accueillent les croyants dans le paradis sensuel de Mahomet.

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