‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 15 sur 686 · LIVRE I : DE DIEU · texte numérisé non relu

LIVRE I : DE DIEU

hamadryades. La nymphe Dophnè fut changée en laurier. Numa prétendait consulter la nymphe Egêrie dans le bois u'Aricie. La nymphe Echo fut changée en rocher et ne conserva que la voix.

Pénates. — Les pénates étaient les dieux domestiques des Romains. Il y avait les Pénates publics, pour ainsi dire, ceux qui auraient été apportés de Troie par Enée(cf. palladium). Chaque famille avait, en outre, ses pénates particuliers et son dieu Lare. Les lares (en étrusque, lars, seigneurs), étaient des génies domestiques, qu'on peut assimiler aux héros grecs ; c'étaient comme les mânes des ancêtres élevés au rang des dieux ou des demi-dieux. Leurs statues, fort petites, étaient placées au coin du foyer. Le lare de la famille en était regardé comme le fondateur. Il y avait aussi des lares pour la cité, pour les quartiers et les carrefours. On offrait aux lares du lait, des fruits, les prémices des moissons . Quant aux dieux Mânes ou âmes bienfaisantes et protectrices des ancêtres, ils ne différaient pas des lares. Les Mânes méchants étaient appelés Lémures.

Titan. — On distingue plusieurs Titans. Le premier et le père de tous les autres était fils d'Uranus et frère de Saturne ; avant Apollon, il était dieu du Soleil. De lui et de la Terre naquirentles Titans qui se révoltèrent contre Saturne et étaient sur le point de vaincre, lorsque Jupiter les foudroya et les plongea dans le Tartare. On donne aussi le nom de Titan â d'autres enfants de la Terre : Prométhée, Atlas, etc. (v. Histoire fabuleuse).

Géants, êtres fabuleux, qui naquirent de la Terre fécondée par le sang d'Uranus. Ils se révoltèrent contre Jupiter, mais furent précipités dans les enfers ou ensevelis dans des volcans. Les principaux sont : Briarée ou Egèon, aux cent bras; Encelade, qui fut enseveli sous l'Etna, Antée, qui fut étouffé par Hercule (v. Histoire fabuleuse).

Centaures, êtres fabuleux ou peuplade ancienne et guerrière qui habitait la Thessalie, près des monts Ossa et Pélion. Ils attaquèrent les Lapithes aux noces de Pirithoùs etd'Hippodamie. Ils furent combattus par Hercule et Thésée. Vers le vie siècle av. J.-C. l'imagination populaire en fit des monstres, moitié hommes et moitié chevaux. Les principaux centaures sont : Chiron, qui fit l'éducation d'Hercule et d'Achille et enseigna la médecine â Esculape ; Nessus, qui fut tué par Hercule, mais dont la mort fut fatale à ce héros.

Cyclopes, géants fabuleux, fils du Ciel et de la Terre, au dire d'Hésiode, qui n'avaient qu'un œil au milieu du front. Vulcain se les associa pour fabriquer avec lui les foudres de Jupiter, dans les forges de l'Etna ou de Lemnos. Homère en fait un peuple de Sicile, pasteur et anthropophage. Poly— phème est le type de ces derniers.

Sphinx — On distingue le sphinx grec et le sphinx égyptien. Celui-ci, qui paraît être une forme du dieu Soleil, est un lion accroupi, à tête humaine. On voit encore, dans les ruines des temples égyptiens de la Thébaïde, des avenues de sphinx monolithes. Le grand Sphinx n'a pas moins de 20 mètres de haut et date d'avant la Grande Pyramide. Le sphinx grec avait une tête et une poitrine de jeune fille, avec des ailes d'aigle. Il se tenait sur la route de Delphes à Thèbes, en Béotie, et proposait des énigmes aux passants, qui, ne pouvant les deviner, étaient précipités à la mer. Œdipe devina l'énigme, et le sphinx se jeta dans les flots.

Génie. — Les Romains et les Grecs admettaient l'existence de certaines divintés subalternes qui présidaient à la vie de chaque homme en particulier (genius, en latin ; démon, en grec). Dans le christianisme on distingue les bons anges ou anges gardiens et les génies malfaisants. Certaines légendes distinguaient des génies pour les divers éléments : sylphes et sylphides, pour l'air; gnomes,

pour la terre et les mines ; ondins, pour les eaux. Obéron était le roi des génies de l'air dans la mythologie Scandinave.

Cabires. — Les Cabires étaient des divinités mystérieuses adorées très anciennement dans les îles de Samothrace et d'Imbros. Les Phéniciens les importèrent en Grèce. Enée les aurait fait coiuiaitre en Italie. Mais leur culte était environné de tant de secrets et même d'épreuves terribles qu'on n'en peut rien dire de certain.

Eons (en grec, longue durée, éternité), émananations divines et éternelles, d'après les sectes gnostiques, sortes de dieux secondaires qui auraient présidé aux créations. Basilide en comptait 365 ; Valentin, 30.

Fées, sortes de génies fantastiques doués de pouvoirs merveilleux, dont parlent certains contes du moyen âge et surtout les romans de chevalerie. On les représente tantôt jeunes et belles, richement parées, tantôt vieilles et vêtues de haillons ; elles sont armées de la baguette magique. On les voit présider aux naissances, secourir leurs pupilles dans les cas désespérés, etc. On a essayé de les rattacher aux druidesses, si vénérées chez les Gaulois. On a essayé également de les rattacher aux Parques, aux Destins (fata). Les plus célèbres sont: Mélusine, patronne des Lusignan : Viviane, protectrice de Lancelot du Lac, et élève de l'enchanteur Merlin, Morgane et Urgèle, la Dame Blanche des Avenel, en Ecosse, etc. Ces traditions se retrouvent dans les Contes de fées écrits pour l'enfance par Perrault et Mme d'Aunoy.

Vampires — Ces êtres fantastiques, analogues aux lémures des Romains, ont été créés par la superstition et sont redoutés encore en certains pays. On imagine qu'ils sortent de leur tombeau vers minuit pour venir sucer le sang des vivants, surtout de leurs parents et de leurs amis, qui n'en sont pas réveillés, mais meurent ensuite de consomption. (La divinité chez les ChinoisAes Hindous, etc.)

Tao — C'est l'un des noms sous lesquels Dieu a été connu en Chine. Le Tao, c'est la Loi ou la suprême Raison. Le philosophe métaphysicien Lao- Tseu, fonda, au vie siècle avant J.-C., la secte des adorateurs du Tao, nommée Tao-Tsée. Sa doctrine est écrite dans le Tao-te-King. Son contemporain, le philosophe moraliste Confucius, préfère donner à Dieu le nom de Tien ou Ciel. Les Chinois reconnaissent, en outre, l'existence d'êtres supérieurs à l'homme, et ils rendent aux ancêtres un culte spécial qu'on a regardé souvent comme idolàtrique. Bouddha, avec son culte, est également connu en Chine sous le nom de Fo.

Brahma est le premier dieu de la Trimourti indienne, composée avec lui de Vichnou, conservateur, et de Siva, destructeur. La légende le fait sortir d'un œuf qui flottait sur les eaux primitives. L'ayant brisé en deux, il fit d'une moitié le ciel, et de l'autre la terre ; il se partagea en mâle et femelle et produisit toutes les créatures. Son culte est peu répandu. Il n'a qu'un temple dans l'Inde Dans les Védas, il porte le nom de Para-Brahma ou dieu supérieur, (v. brahmanisme).

Vichnou, le Conservateur, s'est incarné souvent déjà et s'incarnera encore une dizaine de fois. Ces incarnations sont appelées avatars. Il prit d'abord et successivement les formes de poisson, de tortue, de sanglier, de lion, d'homme enfin. Il fut ensuite Rama, le héros du Ramayana, Krichna et enfin Bouddha. Il est représenté souvent comme le premier dieu de la Trimourti : de son nombril sort un lotus qui porte les deux autres dieux. Dans l'intervalle des destructions du monde, il flotte endormi sur les eaux et étendu sur le grand serpent Ananta ou Adisècha, qui recourbe ses têtes au nombre de sept au-dessus de la sienne. On le représente avec quatre mains et quatre bras, coiffé d'une

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