PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
ensuite (1539) un droit sur ces loteries. Souvent prohibées à cause de leurs abus, les loteries ont toujours reparu. Mazarin autorisa Tonti à établir une loterie (165G). Lors du mariage de Louis XIV on imagina une loterie pour distribuer les présents du roi. Enfin, en 1776, la loterie royale de France était créée. Tous les dix jours un tirage avait lieu à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille et Strasbourg. On tirait cinq numéros à la fois sur les 90 qui composaient la loterie. Le numéro sorti (extrait) gagnait 15 fois la mise et 70 fois, si le numéro était déterminé, Yambe (2 numéros) gagnait 270 fois la mise, et 5,100 fois, s'il était déterminé ; le terne gagnait 5,500 fois, et le quaterne 75,000 fois la mise. On voit facilement que l'Etat jouait le rôle immoral de banquier et que ses chances de gain allaient toujours croissant (v. roulette). La loterie de France fut supprimée en 1793 et rétablie le 9 vendémiaire an VI ; elle lut supprimée définitivement en 1836. Aujourd'hui l'émission des valeurs à lot, qui sont si répandues, constitue encore une véritable loterie.
Tombola. — La tombola, de l'italien tombolo, culbute, nous est venue d'Italie. C'est une espèce de loto, où l'on culbute son adversaire, en garnissant tous les numéros d'un carton. C'est aussi une espèce de loterie où l'on tire au sort des objets variés, les uns de valeur, les autres ridicules.
Dominos. — Le jeu de dominos est très ancien : on l'a attribué aux Hébreux, aux Grecs, aux Chinois. Il passa d'Italie en France au milieu du XVIIIe siècle. Il se joue avec 28 petits rectangles, noirs d'un côté et blancs de l'autre ; ce qui les fait ressembler aux dominos ou costumes d'anciens moines. Le côté blanc est partagé en deux carrés, dont chacun peut porter de un à six points. Les doubles (doubleblanc, double-six) ont leurs deux carrés semblables On gagne, en réussissant à placer, avant son adversaire, tous ses dominos, qui doivent être alignés de façon que les nombres des dominos voisins se correspondent. On joue d'ailleurs ce jeu de plusieurs manières.
Dés. — Ce jeu est d'origine asiatique et fut probablement introduit en France au temps de Philippe-Auguste. Aristophane le mentionne dans sa comédie des Dieux. On le joue en lançant avec la main ou avec un cornet deux ou trois dés sur une table. Le vainqueur est celui qui a le plus de points. On sait que les dés sont de petits cubes, dont les six faces portent chacune de un à six points. Il y a d'ailleurs mille manières déjouer aux dés. Parmi les jeux qui se jouent avec les dés, nous remarquerons ici le jeu de Foie, qui est, dit-on, renouvelé des Grecs. Il se joue sur un carton portant 63 figures, parmi lesquelles l'oie paraît sept fois, de neuf cases en neuf cases. Pour gagner, il faut atteindre l'oie royale ou 7e. Le joueur qui tombe sur certaines figures comme le puits, la prison, paye une amende ou rétrograde ou recommence même le voyage.
Trictrac. — Le jeu de trictrac était connu des Romains sous le nom de jeu des douze lignes ; au moyen âge, on l'appelait le jeu des tables. On le joue, en effet, sur un tablier de bois divisé en deux compartiments rectangulaires, où sont marquées 24 cases, etc. Chaque joueur se sert de deux dés et de quinze dames de couleur différente.
Cartes. — On attribue l'invention des cartes à
jouer à un peintre de la fin du XIVe siècle, Gringonneur; mais d'autres font remonter ce jeu jusqu'aux Lydiens. Il aurait même origine que les échecs. Quoi qu'il en soit, les cartes amusèrent la démence de Charles VI et devinrent dès lors fort à la mode. Sous Charles VII, les figures reçurent les noms qu'elles ont gardés jusqu'à présent. Le roi de pique, Darid, serait Charles VII, dont l'Absalon aurait été Louis XI ; la dame de trèfle, Argine (regina) serait la reine, Marie d'Anjou; la dame de pique, Pallas, la Pucelle d'Orléans ; la dame de carreau, Rachel, Agnès Sorel; la dame de cœur, Judith, la reine Isabeau, etc. Le jeu renferme d'autres allégories, toutes militaires : le cœur signifie la bravoure ; le pique et le carreau, les armes ; le trèfle, les vivres ; l'as, l'argent, qui est le nerf de la guerre. Une infinité de jeux, les uns de pur hasard, les autres de calcul, peuvent se jouer avec les cartes, qui d'ailleurs peuvent varier de nombre et de valeur (52 ou 32). Elles servent aussi très bien aux cartomanciens, tireuses de cartes, diseuses de bonne fortune pour exercer leur industrie plus ou moins superstitieuse. En France, la vente des cartes est réglementée et elles supportent un impôt particulier (v. cartes, instruments de jeu, livre XII).
Echecs. — On attribuait l'invention du jeu des échecs àPalamède, au siège de Troie; mais l'inventeur serait plutôt un brahmane de l'Inde, ministre d'un rajah, au VIe siècle de notre ère. Ce jeu se répandit en Chine et dans la Perse; il pénétra en Europe au temps des croisades. C'est une image frappante de la guerre et il prête à de profonds calculs. On le joue sur un échiquier de 64 cases. Chacun des deux joueurs dispose de 8 pions ou fantassins, rangés sur l'avant-dcrnière ligne, et de 8 pièces rangées derrière eux, savoir : 2 tours, aux extrémités, 2 cavaliers, 2 fous, le roi et la reine. Chaque pièce a sa marche particulière. Le vainqueur est celui qui fait mat le roi de l'adversaire ; ce qui peut arriver sans prendre beaucoup de pièces. Ce jeu a toujours passionné bon nombre d'amateurs ; il a son histoire et même sa littérature et ses journaux.
Dames. — Ce jeu était connu des Grecs et des Romains ou du moins il avait chez eux des analogues. L'inventeur en serait Palamède ou un sultan de Ceylan. On le joue avec 12 pions sur un damier de 64 cases (c'est le jeu à la française) eu avec 20 pions sur un damier de 100 cases (c'est le jeu à lu polonaise, le plus usité). Les pions, partagésen deux camps, comme aux échecs, les uns noirs et les autres blancs, marchent les uns contre les autres, mais obliquement, et prennent l'adversaire en le franchissant, s'il laisse un vide derrière lui. Le pion qui traverse le jeu et atteint la dernière ligne devient dame : il peut avancer et reculer et franchir toutes les distances. — Au jeu de dames peut se rapporter le jeu du solitaire, jeu de patience qui se joue seul. Il a été décrit par Ovide. On se servait jadis d'une table à cavités où l'on faisait mouvoir de petites boules. On le joue aujourd'hui avec une tablette de bois percée de 37 trous, dans lesquels sont introduits des fiches d'os ou d'ivoire. On prend comme aux dames. Pour gagner il faut qu'il ne reste qu'une seule fiche ; s'il en reste plusieurs isolées qui ne peuvent se prendre réciproquement, la partie est perdue.