PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
Larmes. — Les larmes sont limpides comme l'eau, mais amôres et salées, étant de nature alcaline. Sécrétées constamment par les deux glandes lacrymales, situées à la partie supérieure et externe de l'orbite, elles lubrifient le globe de l'œil et facilitent tous ses mouvements, puis vont se perdre dans les fosses nasales, où elles arrivent par les conduits lacrymaux, dont les orifices sont les points lacrymaux (supérieur et inférieur), placés vers l'angle de l'œil, à chaque paupière. Les larmes abondent et coulent même sur le visage, lorsque l'œil est irrité ou sous le coup de certaines émotions, plus ou moins profondes. L'écoulement involontaire et continuel des larmes est une maladie, dite larmoiement ou épiphora. L'appareil lacrymal est sujet à diverses maladies : tumeur lacrymale, fistule lacrymale, etc.
Sueur. — La sueur est formée d'eau, d'acide acétique, etc. D'ailleurs sa composition, comme son odeur, est variable selon les régions du corps où elle apparaît ; elle varie aussi beaucoup selon les tempéraments et les circonstances ; elle est provoquée d'ordinaire par la chaleur, l'exercice, l'émotion, la maladie. Même à l'état de repos, la peau est le siège d'une perspiration continuelle, qu'on peut évaluer à 30 grammes par heure. C'est à cette émanation que chaque espèce d'animal doit son odeur caractéristique ; c'est elle qui permet au chien de suivre le gibier à la piste, de rechercher son maître et de reconnaître les personnes. Certaines sueurs (sueurs critiques) sont le signe d'un changement favorable dans une maladie, et le médecin s'applique à les provoquer. D'autres constituent des symptômes fâcheux : ainsi les sueurs colliquai ives de la phtisie, les sueurs visqueuses et fendes de mauvaises fièvres. Plusieurs sont sujets à des sueurs locales et habituelles, aux pi£ds, aux aisselles, etc. et il est dangereux souvent de provoquer leur suppression. D'après de récentes recherches, certaines sueurs contiendraient de véritables poisons éliminés par l'organisme.
Transpiration. — La transpiration abondante prend le nom de sueur. Il faut distinguer la transpiration cutanée et la transpiration pulmonaire. Celle-ci, par les temps froids, apparaît sous forme de vapeur. Nombre de maladies sont dues à une suppression ou à une diminution de la transpiration (rhumes, pleurésies, vulgairement chaud et froiaj. La transpiration s'observe aussi chez les végétaux.
Bile. — La bile, sécrétée par le foie, est un liquide filant, visqueux, jaune verdàtre ou brunâtre, d'une odeur nauséabonde ; elle est formée d'eau pour les neuf dixièmes et contient, avec une foule d'autres éléments, organiques et minéraux, de la graisse. des produits saponifiés, du mucus. L'homme secrète chaque jour une énorme quantité de bile (de L200 à 1800 grammes) ; une partie s'amasse, en attendant la digestion, dans la vésicule biliaire. Mais, outre la bile (bile cystique) qui se rend dans cette vésicule, il y a la bile (bile hépatique) qui va directement à l'intestin. Il ne paraît pas cependant que la bile concoure à la digestion proprement dite. Versée en grande abondance dans l'intestin, où elle doit concourir beaucoup à l'élaboration et à l'absorption des principes nutritifs, elle repasse en grande partie dans le sang sous une autre forme ; le reste est expulsé avec les éléments qu'il colore. On a attribué à la bile un grand nombre de maladies, dites bilia ires ; l'attention se porte aujourd'hui plutôt sur le foie, qui la secrète, que sur l'humeur. Lorsque la bile est résorbée, elle produit la jaunisse; lorsque les sels de la bile passent en nature dans le sang, ils peuvent y dissoudre les globules rouges ou hématies et rendre les urines sanguinolentes. La bile est altérée dans les maladies du foie, qui sont fréquentes. Les affections
profondes de l'âme agissent beaucoup sur cet organe.
Lymphe. — La lymphe est un liquide moins alcalisé que le sang, plus salé, de couleur jaunecitron, qui circule dans les vaisseaux lymphatiques, dits aussi vaisseaux lactés et vaisseaux chyli feras. La lymphe, en effet, peut devenir lactescente, lorsqu elle contient assez de matières graisseuses ; ce qui arrive normalement après la digestion, qui fournit le chyle à la circulation. La lymphe contient aussi des leucocytes ou globules blancs du sang. Elle puise ses principes dans les aliments, qui fournissent le chyle, et aussi dans le sang; les vaisseaux lymphatiques s'accolent aux petits vaisseaux sanguins, de façon à rendre facile l'endosmose.
Mucus — Le mucus, qui est sécrété par les diverses membranes muqueuses et dont la nature change avec celle de ces membranes, est un liquide demi-transparent et visqueux, destiné à lubrifier les organes, à faciliter les glissements. Le mucus contient divers principes et peut entraîner diverses matières : il fait la base de la salive et des crachats, des larmes, des glaires et de toutes les mucosités, que les membranes sécrètent avec excès, quand elles sont irritées.
Salive. — Ce liquide, qui humecte la bouche, est fourni par les glandes salivaires (v. bouche). Il contient, avec une grande quantité d'eau, du chlorure de sodium, des carbonates alcalins, des lactates, de l'albumine, de la caséine, et surtout une substance spéciale, la ptya/ine, à laquelle elle doit ses propriétés les plus remarquables. Non seulement, en effet, la salive facilite la mastication et la déglutition des aliments, mais encore elle contribue à leur digestion ; son rôle est analogue à celui du suc pancréatique et du suc intestinal : elle convertit en glucose les matières féculentes ou amyloïdes. La sécrétion de la salive peut être exagérée ou suspendue : elle est suspendue par l'émotion ; elle est exagérée sous l'influence de masticatoires irritants et dans certaines affections.
Crachat. — Les crachats, rejetés par la bouche, sont sécrétés par les muqueuses des voies aériennes : nez, pharynx, bronches, etc. Ils changent d'aspect et de nature selon la cause et le siège des sécrétions. Le crachat des tuberculeux, en particulier, est facilement reconnaissable : il est fétide et renferme les bacilles de la tuberculose. Desséchés et mêlés aux poussières de l'air, les crachats peuvent être un agent très efficace de la contagion. On ne saurait donc approuver l'usage des crachoirs à sable ou à sciure de bois. Lorsque les crachats sont mêlés de sang, il faut se rendre compte de la provenance de celui-ci : s'il vient des poumons ou des bronches et non du nez ou de la gorge, il peut être l'indice d'une affection grave. On distingue les crachats sanguinolents, sanglants, striés, rouilles : ils fournissent d'utiles indications (v. hémoptysie).
Cérumen. — Le cérumen est une matière onctueuse, analogue à la cire, ainsi que l'étymologie l'indique, qui s'amasse dans le conduit de l'oreille externe ; sécrété sous forme de lait jaunâtre par les glandes du conduit, il s'épaissit et devient visqueux. Son rôle dans l'économie est facile à comprendre : il entretient la souplesse de la membrane du conduit auditif; par sa viscosité, il arrête les corpuscules qui s'introduiraient dans l'oreille ; son amertume aussi peut éloigner les insectes qui tenteraient d'y pénétrer.
Urine. — L'aspect et la composition de l'urine sont très variables selon l'état de santé ou de maladie ; aussi fournit-elle au médecin des indications nombreuses et très utiles. Chez l'homme, l'urine est d'ordinaire transparente, d'un jaune plus ou moins clair, salée, un peu acre, d'une odeur caractéristi-