LIVRE VI : DU COUPS
les glandes ou glanglions lymphatiques qu'ils rencontrent, et les troncs auxquels ils aboutissent et qui s'ouvent dans les veines sous-clavières, forment le système lymphatique.
Valvule. — On donne ce nom à toute membrane ou repli de membrane placée dans un vaisseau ou dans un conduit, où elle est destinée à diriger le cours des liquides ou des matières, à les empêcher de rétrograder, etc. Nous avons remarqué déjà des valvules dans le canal digestif; elles abondent dans les veines, où elles empêchent le sang de refluer. Mais les plus importantes paraissent être celles du cœur, en particulier la valvule mitrale ou bicuspide, placée entre l'oreillette et le ventricule gauches. Son insuffisance peut provoquer les accidents les plus graves.
Artère. — On reconnaît les artères à leurs battements ou pulsations (pouls). -Celles-ci naissent de l'impulsion imprimée par le cœur au sang, qui est lancé dans les vaisseaux artériels. Trois membranes forment les artères : l'une externe, fibrocelluleuse ; l'autre moyenne et contractile, propre aux artères et dite tunique artérielle ; une troisième interne, la même qui tapisse les ventricules du cœur. L'ouverture des artères importantes, dans les cas de blessure, est facilement mortelle, à cause des hémorragies abondantes qui en sont la suite : on les empêche en liant les artères ou en les comprimant. Les artères sont cachées généralement dans les parties profondes des chairs, au lieu que les veines rampent plutôt à la surface. On appelle artère pulmonaire, bien qu'il porte du sang veineux, le vaisseau qui part du ventricule droit du cœur et porte le sang noir aux poumons. La principale artère est l'aorte.
Aorte. — Elle part du ventricule gauche du cœur et porte le sang artériel à toutes les parties du corps. En sortant du cœur, l'aorte s'élève d'abord un peu au-dessus, où elle forme la crosse de l'aorte, puis elle descend jusqu'au bassin et prend les noms d'aorte descendante, thoraciqne, abdominale. De la crosse de l'aorte naissent les artères carotides internes et externes, qui se rendent à la tète, et les sous-clavières, qui se rendent aux membres supérieurs. L'artère descendante fournit les branches destinées à nourrir les organes du thorax et de l'abdomen ; l'artère abdominale se divise ensuite en deux branches, les iliaques primitives, qui alimentent les deux membres inférieurs. A la naissance de l'aorte, se trouvent trois petites valvules, dites aortiques, destinées à empêcher le sang de refluer dans le ventricule du cœur, d'où il a été chassé par la contraction de cet organe. Or ces valvules peuvent s'ossifier et fermer imparfaitement l'orifice ; delà une maladie : l'insuffisance aorlique. L'aorte est sujette aussi à des anèvrismes, dont la rupture détermine soudainement la mort.
Veines. — Les veines sont moins contractiles et moins fortes que les artères ; elles sont formées par trois tuniques : l'externe, la plus épaisse, lâche et extensible, de nature celluleuse ; la moyenne, faite de fibres longitudinales ; l'interne, polie, lisse, d'apparence séreuse. Ces deux dernières se replient pour former des valvules, dirigées vers le cœur et qui empêchent par conséquent le sang de refluer. Il y a beaucoup plus de veines que d'artères ; leurs dispositions sont plus variables aussi que celles des artères. Leur ensemble forme le système veineux, dans lequel on peut distinguer le système veineux général, le système abdominal et le système pulmonaire. Celui-ci comprend les vaisseaux qui ramènent le sang des bronches vers le cœur. Ces vaisseaux sont des veines, bien que le sang soit déjà rutilant et artériel, car ce sang n'a pas encore été lancé par le cœur dans tout l'organisme. Parmi les principales veines, il faut remar-
quer les deux veines caves : la veine cave supérieure ou thoracique, qui ramène au cœur le sang des organes supérieurs au diaphragme ; la veine cave inférieure ou abdominale, qui ramène au cœur le sang des organes inférieurs au diaphragme ; elle reçoit donc la veine porte. Celle-ci, qui réunit en un même tronc, placé entre les intestins et le foie, tout le système veineux abdominal, est appelée veine porte, paice qu'elle reçoit le sang des intestins, de l'estomac, de la rate, du pancréas, où plongent ses radicules, et les porte dans le foie, où elle pousse ses ramuscules. Ainsi que l'a démontré Claude Bernard, c'est au système de la veine porte qu'il faut attribuer l'absorption des matières nutritives nécessaires à la régénération du sang. Les veines sont sujettes à diverses maladies : phlébites, varices, embolies, etc.
Basilique. — La veine basilique, à laquelle on attribuait autrefois un rôle important, d'où lui est venu son nom, est formée de la réunion de deux veines cubitales. Elle naît au pli du bras, au-devant de l'artère humérale, monte le long du bras, côté interne, au-devant du nerf cubital, et s'enfonce dans le creux de l'aisselle. C'est une des veines où l'on pratique la saignée.
Saphène. — Nom de différents nerfs et de deux veines de la jambe et du pied. On distingue la veine saphène interne ou grande saphène et la veine saphène externe ou petite saphène. C'est à l'une de ces veines que se pratique la saignée du pied. Humeur. — En physiologie, on donne le nom d'humeur à tout fluide circulant ou contenu dans le corps. Les anciens distinguaient 4 humeurs cardinales : sang, pituite, bile jaune et atrabile. La prédominance de l'une ou de l'autre déterminait les 4 tempéraments principaux. On essaya aussi d'expliquer toutes les maladies par les humeurs peccantes ou par l'âcreté, l'altération, l'excès ou le défaut de quelqu'une d'entre elles : de là l'humorisme. Quoi qu'il en soit, la variété des humeurs du corps humain est grande, et leur rôle très important. On peut distinguer les humeurs produites par la digestion (chyme et chyle), les humeurs circu^lantes (lymphe et sang, soit artériel, soit veineux), et les humeurs sécrétées. Celles-ci comprennent les humeurs exhalées ou perspirées, les unes récrémentitielles (humeur de l'œil, etc.), les autres excrémentitiellcs (sueur et perspiration cutanée. pulmonaire), les humeurs folliculaires (matière sébacée, mucus, cérumen), les humeurs glandulaires (lait, larmes, salive, bile, urine, etc.).
Synovie. — Liquide clair, filant, comme le blanc d'œuf, d'où lui vient son nom, la synovie facilite le mouvement des articulations : elle joue le même rôle que l'huile et la graisse dans les rouages deo machines. Elle est sécrétée par les membranes séreuses, qui composent les capsules synoviales des articulations, et par les glandes synoviales que contiennent ces capsules. On appelle bourses synoviales les membranes séreuses en forme de sac fermé, placées entre la peau et certains os ou cartillages saillants (rotule, trochanter, etc.) afin de faciliter le glissement.
Lait. — Le lait est essentiellement formé d'une eau qui tient en dissolution du sucre de lait, du beurre, de la caséine, du phosphate de chaux et certains autres sels : c'est la nourriture naturelle du nouveau-né et c'est un aliment complet. Le lait diffère notablement selon les espèces animales qui le fournissent; il varie aussi selon les individus, leur état de santé, leur alimentation, le rliinat, etc. Dans les premiers jours, le lait de la jeune mère est visqueux et filant et prend le nom de colostrum : il contient alors [dus de globules blancs, moins de matière grasse, et il est légèrement purgatif, tel en un mot que le comportent les besoins du nouveau-né.