‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 202 sur 686 · LIVRE VI : DU CORPS · texte numérisé non relu

LIVRE VI : DU CORPS

se priver d'eau complètement. Les désordres qui précèdent la mort par inanition sont les suivants : insomnie et hallucinations, visions fantastiques, tantôt riantes, et tantôt terribles ; le sujet est tour à tour extrêmement abattu et très surexcité; le corps maigrit et peut même perdre les six dixièmes de son poids primitif; le tissu graisseux disparaît, pour ainsi dire, et les muscles sont réduits de moitié ; la température baisse, et lorsqu'elle atteint 25° la mort est inévitable. Les tourments de cette fin se prolongent, lorsque les sujets ne prennent qu'une nourriture de famine, de plus en plus insuffisante, comme il arrive si souvent aux Indes pour des populations entières.

Tempérament. — On peut, avec le Dr Surbled, définir le tempérament d'une manière générale : « la caractéristique /i/u/siologique de l'individu. Son importance, poursuit-il, n'a pas besoin d'être démontrée. C'est le pivot de notre activité, la source de nos forces, la base indispensable de nos facultés les plus hautes. C'est lui qui préside à notre évolution, à la longue suite de nos développements ; c'est lui surtout qui décide de notre avenir, non seulement au point de vue de la santé physique, mais à celui de notre vie intellectuelle et morale ». Déjà nous avons parlé ailleurs du tempérament au point de vue moral (v. le liv. III de l'Ame) : il faut le considérer ici au point de vue physique. La question est des plus obscures et des moins tranchées. Car il paraît bien qu'il ne faut pas insister sur la vieflle théorie, rajeunie de mille manières, d'après laquelle le tempérament serait constitué par la prédominance d'organisation d'un système (nerveux, sanguin, etc.) sur les autres : « Un seul point reste acquis et nous suffit, écrit le même auteur, c'est que les nerfs ont une allure spéciale, individuelle, et que cette allure donne la note exacte du tempérament ». Et il montre, en effet, que le tempérament bilieux, dit aujourd'hui colérique, le mélancolique, le sanguin, etc. tels qu'on les décrit généralement, correspondent à des modes de l'activité nerveuse. Mais ceci nous paraît excuser précisément l'ancienne théorie et ses adaptations nouvelles, jusqu'à ce qu'on ait trouvé mieux. En attendant, on ne doit pas faire trop de fond sur aucune théorie provisoire. On peut donc conclure avec le docteur Surbled : « Il est imprudent, dangereux d'imaginer une théorie des tempéraments comme le font tant d'auteurs, et d'y prendre une base pour la vie morale ou la thérapeutique ». Le même auteur observe que la fixité des tempéraments n'est pas soutenable : souvent ils varient beaucoup avec l'âge, le genre de vie, etc. Il serait injuste cependant d'attribuer un tempérament déterminé à la jeunesse, un autre à la vieillesse. On ne change pas de tempérament comme on change d'âge. L'influence du climat a été aussi singulièrement exagérée. (Y. l'Etude du D1' Surbled, dans la Rerue des questions scientifiques, avril-juillet 1897, où il critique les vues de Fouillée, de B. Pérez, etc.).

Embonpoint. — Vers l'âge mûr, beaucoup de personnes, surtout les femmes, prennent de l'embonpoint. Les tempéraments lymphatique et sanguin y prédisposent, comme aussi certaines professions, celle de boucher, par exemple. Lorsque l'embonpoint est excessif, au point que le jeu des organes en est entravé, il prend le nom d'obésité. Parmi les causes particulières de cet état, qui expose à une foule de maux, on signale la bonne chère et le sommeil prolongé, surtout après le repas. On traite l'obésité par des bains de mer froids, l'exercice, un régime sévère, etc.

Pléthore. — Dans cet état, plus ou moins morbide, il y a surabondance de globules rouges du sang ; le pléthorique a le pouls plein et énergique, sa respiration est gênée, l'urine est très colorée, il éprouve des sueurs abondantes, souvent des maux

de tête avec bourdonnements. La pléthore peut provenir d'une alimentation excessive ; elle prédispose aux fièvres inflammatoires, aux congestions et aux hémorragies. On y remédie par la diète, l'exercice,, le régime végétal, etc.

Albinisme. — C'est le résultat d'une dégénérescence ; sa cause immédiate est dans l'absence du pif/ment, matière colorante de la peau, des yeux, des cheveux. On rencontre des albinos sous tous les climats et dans diverses races, en particulier parmi les races nègres d'Afrique, où leur a été donné le nom de nègres blancs. L'albinisme peut n'être que partiel. Il attaque aussi les animaux : l'éléphant (l'éléphant blanc est sacré chez les Siamois), le daim, le cerf, le corbeau, la pie, le merle, etc. Le merle blanc n'est donc pas introuvable.

Mélanisme — A l'albinisme est opposé le mèlanisme, dû à une teinte et à une surabondance du piç/ment, qui donne une couleur noire ou foncée à la peau, aux yeux, etc. A cette anomalie se rattacheraient les taches brunes ou noirâtres appelées vulgairement envies. Le mélanisme se rencontre aussi chez les animaux : le lion, le castor, la poule, etc., etc.

Stature. — La stature de l'homme est de beaucoup la moins variable : elle s'étend de 1 m. 35 à 2 mètres environ. Les races les plus petites sont les Lapons, les Samoyèdes, les Esquimaux au Nord, et, dans les pays chauds, les Négrilles ou Pygmées dispersés dans toute l'Afrique. Parmi les races de haute taille on cite les Patagons. La taille moyenne de l'espèce humaine atteint près de 1 m. 70. La femme est sensiblement plus petite que l'homme. La taille des plus grands géants vraiment historiques ne paraît pas avoir dépassé trois mètres. La Bible parle de Goliath et de Og, roi de Basan. L'empereur romain Maximin mesurait 2 m. 50. La force des géants n'est pas d'ordinaire proportionnée à leUr taille.

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