‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 338 sur 686 · LIVRE X : DE LA LOI · texte numérisé non relu

LIVRE X : DE LA LOI

s'est renouvelé sur une vaste échelle à la suite de la découverte de l'Amérique, est le commerce des esclaves. La traite des noirs consistait à acheter des noirs que vendaient des rois nègres de la côte de Guinée, etc. ou à s'en emparer de force et à les exporter en Amérique pour les appliquer aux travaux des plantations. Cette marchandise humaine était entassée dans des navires appelés négriers, où sévissaient souvent de terribles épidémies. L'Afrique centrale était encore ravagée naguère par des Arabes ou métis esclavagistes , qui faisaient périr annellement 500.000 personnes pour amener à la côte quelques milliers d'esclaves. Léon XIII et le cardinal Lavigerie invoquèrent solennellement l'intervention 'des puissances chrétiennes. La conférence de Bruxelles, en 1891, avait pour but principal la répression de la traite.

Colporteur. — Le colportage, en particulier celui des imprimés, a été toujours plus ou moins soumis à des règlements de police. D'après une loi du 27 juillet 1849, les colporteurs d'imprimés devaient être pourvus d'une autorisation préfectorale, toujours révocable ; les imprimés colportés durent même, à partir de 1854, être revêtus d'une estampille. Il existait (de 1854 à 1870) une commission du colportage, chargée de la censure des objets, gravures, etc., destinés à. être colportés. Le colportage fut tout à fait affranchi par la loi sur la presse du 29 juillet 1881. Néanmoins il est soumis, entre autres lois générales, à celle du 13déc. 1893, interdisant les publications qui excitent au crime et à l'anarchie.

Libraire. — 11 y eut des libraires (bibliopolce) chez les Grecs et les Romains ; mais leur profession se confondait ou à peu près avec celle des scribes ou copistes. Atticus avait un grand nombre d'esclaves copistes. Au moyen âge, les monastères furent seuls d'abord à s'occuper de la transcription et de l'échange des livres ou manuscrits. Mais les libraires ne tardèrent pas à reparaître, et leur corporation était organisée dès le XIIIe siècle; elle se rattachait aux universités. Avec l'invention de l'imprimerie et l'abaissement du prix des matières premières, la librairie a pris un très grand développement et une haute importance. Les premiers imprimeurs et éditeurs furent aussi les initiateurs de la librairie nouvelle, dont les origines ont été ainsi illustrées par la science et l'érudition (v. les Estienne, les Elzévir). La profession a revêtu ensuite un caractère plus mercantile. On distingue aujourd'hui les libraires-éditeurs, qui publient des livres pour leur compte ou pour celui des auteurs avec lesquels ils ont traité; les libraires commissionnaires ou d'assortiment, qui placent et expédient les livres publiés par d'autres ; les libraires en vieux ou bouquinistes. Longtemps soumise à l'obligation du brevet et du serment, la profession de libraire n'est assujettie aujourd'hui qu'à certains règlements de police. Aucun livre ne doit être mis en vente sans le nom et le domicile de l'imprimeur ; deux emplaires des ouvrages publiés doivent être déposés, etc.

Epicier. — Les épiciers furent organisés en corporation sous François Ier ; ils durent ne rien entreprendre sur les droits des apothicaires. Leur

commerce était exercé auparavant par les chandeliers vendeurs de suif. On les qualifia, au XVIIIe siècle, à' épiciers-droguistes. Aujourd'hui les épiciers vendent, outre les épices, tous les articles nécessaires couramment dans l'économie domestique : denrées indigènes ou coloniales, sucre, café, bougie, huile, savon, comestibles, vins et liqueurs, etc. On distingue les épiciers en gros et les épiciers en détail.

Aubergiste. — L'industrie et le commerce des aubergistes, maîtres d'hôtel, traiteurs, cafetiers, etc., s'est développé beaucoup de nos jours, à mesure que les voyages et les autres déplacements devenaient plus faciles et plus fréquents. Mais cette extension, d'ailleurs nécessaire, de l'hospitalité mercantile, a nui beaucoup à la pratique de l'ancienne hospitalité, dont l'effet moral était d'une si haute portée. Les aubergistes, logeurs, etc., sont obligés par la loi de tenir un registre des voyageurs qui descendent chez eux (Code pénal, art. 475) ; ils sont responsables des effets des voyageurs, etc.

Transport. — Depuis l'invention de la vapeur et la construction des chemins de fer, les industries qui ont pour objet le transport des personnes ou des marchandises par terre ou par eau ont subi un renouvellement complet et pris un développement inouï auparavant. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, les transports étaient relativement lents : ils se faisaient par les routes et les canaux, et, sur mer, par les navires à voiles. Aujourd'hui les transports rapides se font par les chemins de fer ou les paquebots à vapeur ; l'activité commerciale intérieure et extérieure (exportations et importations) a décuplé. La transformation et le perfectionnement des moyens de transport ont entraîné des changements correspondants dans toutes les industries qui leur sont subordonnées. Celles-ci occupent un plus grand nombre de bras qu'autrefois et d'une autre manière : beaucoup de bateliers, de rouliers, de matelots engagés sur les navires à voiles ont été remplacés par des employés de chemins de fer, des mécaniciens, des chauffeurs, etc. D'autre part, les entreprises de voitures, de tramways, etc., ont engagé un nombre considérable de cochers, de conducteurs. On voit facilement combien les progrès de la science et de l'art des transports intéressent tout le corps social et directement une grande partie des classes laborieuses.

Contrebande. — C'est l'importation de marchandises en fraude. Tout pays peut avoir intérêt à défendre l'introduction de certaines marchandises ou à les soumettre à des droits, qui protègent l'industrie nationale en même temps qu'ils sont une source de revenus pour le Trésor. De là les douanes. Si les droits imposés sur l'entrée des marchandises étrangères sont sagement réglés, ils corrigent les mauvais effets que pourrait avoir la liberté absolue du commerce international (v. libre-échange). La contrebande est frappée de diverses peines selon les cas : confiscation des marchandises et des moyens de transport; amende, emprisonnement. On entend par contrebande de guerre l'introduction d'armes, munitions, etc., par un neutre sur le territoire de l'un des belligérants.

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