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LIVRE XI : DE LA. VALEUR

voile sont généralement à quille. Les essais de bateaux à vapeur datent du XVIIIe siècle; l'idée en était venue à Papin, dès 1695. L'abbé Gautier de Lunéville, Périer et le marquis de Jouftroy, puis l'Américain Fulton travaillèrent à la réaliser. Napoléon refusa les offres de ce dernier, qui porta l'invention aux Etats-Uuis. — On a donné le nom de bateaux-plongeurs ou nautiles à des navires sous-marins, dont il existe plusieurs types : ils paraissent susceptibles d'être perfectionnés et utilisés en temps de guerre.

Scaphandre. — C'est un des appareils plongeurs les plus usités pour explorer le fond des eaux et y travailler. On avait d'abord employé, au XVIIIe siècle, en Angleterre et en Amérique, la cloche à plongeur. Mais le scaphandre a cet avantage de permettre à un homme isolé de circuler sous l'eau, d'en explorer le fond, de rechercher et de réparer les avaries des œuvres vives d'un vaisseau, d'exécuter un travail de construction, etc. La tête du scaphandrier est enveloppée par un casque hermétiquement fermé et garni de verres à la hauteur des yeux ; on renouvelle l'air dans l'appareil au moyen d'air comprimé, envoyé par des tubes ou débité par un réservoir, qui accompagne le scaphandrier.

Bord. — Le bord se dit proprement des côtés ou de la muraille du bâtiment ; mais il se prend aussi pour le bâtiment tout entier. Le bâbord est le côté gauche du navire, opposé au tribord ou côté droit, qui est le côté d'honneur, occupé par les officiers. Le bâbord est réservé pour la manœuvre. On entre dans le bâtiment par le tribord. On appelle livre de bord le livre que doit tenir tout capitaine ou patron de navire et où sont consignées les résolutions prises pendant le voyage, les dépenses et les recettes, etc. (v. Code de comm., art. 224).

Mât. — Les mâts des grands bâtiments sont composés de plusieurs autres, placés bout à bout. Les mâts inférieurs ou bas-mâts portent les mâts de hune, surmontés des mâts de perroquet, sur lesquels s'élèvent les mâts de cacatois. On compte sur les grands vaisseaux quatre mâts principaux; ce sont : le mât d'artimon, le grand mât, le mât de misaine et le mât de beaupré, qui est couché sur la proue et l'éperon. Le sapin et le pin sont les bois le mieux employés pour les mâts.

Vergue. — Les vergues sont de longues pièces de bois placées en travers des mâts pour porter les voiles ; elles sont généralement en bois de sapin, faites d'une seule pièce ou d'assemblage. Les basses vergues dépassent facilement les bords du navire. C'est sur les vergues qu'on serre les voiles, quand elles ne doivent pas rester tendues.

Lest. — On distingue le lest dormant et le lest volant, qu'on change selon les besoins. Dans la marine militaire on n'emploie guère pour lest que des gueuses de fonte de fer ; dans la marine marchande, le lest se compose de pierres, briques, sable, etc. On y emploie aussi les parties les plus lourdes du chargement ou même de l'eau. Naviguer sur lest, c'est naviguer sans cargaison. Il est défendu sous des peines sévères de jeter le lest dans les ports.

Agrès. — On comprend sous le nom d'agrès et apparaux d'un navire tous les objets nécessaires à sa mâture (mâts, voiles, vergues, poulies, etc.), en un mot tout ce qui n'est pas coque, vivres ou chargement. On y comprend les machines et l'artillerie, si le navire est à vapeur et pourvu de canons. La coque, les agrès et apparaux sont l'hypothèque du loyer de l'équipage {Code de comm., art. 271). L'armateur qui assure un navire doit spécifier la coque, la quille, les agrès et apparaux.

Ancre. — On distingue, dans l'ancre : l'anneau ou organeau, au moyen duquel elle est sus-

pendue ; la verge ou pièce droite, qui tient à l'anneau; les bras ou branches recourbées à leurs extrémités; le jas, qui fait que l'une des branches mord nécessairement sur le fond. Les vaisseaux ont au moins 3 ancres : 2 à l'avant et l'ancre de salut. Les bâtiments à trois mâts ont 6 ou 7 ancres. Le poids des ancres peut atteindre 3.000 kilogr.

Voile. — Les voiles sont faites ordinairement d'une toile de chanvre plus ou moins forte. On emploie aussi le coton, le cuir, les tissus de jonc (en Chine), de paille, d'écorces (chez certains naturels dans les mers du Sud). Les voiles prennent le nom des mâts auxquels elles sont attachées : voile d'artimon ou brigantine, voii; de misaine, etc. Quelques voiles ont aussi un nom particulier : bonnette, civadière. Les voiles peuvent être en forme de carré, de trapèze, de triangle. On cargue les voiles en les pliant contre les vergues. On les déferle en les mettant au vent.

Circumnavigation. — Dépourvus de la boussole et de connaissances géographiques assez étendues et assez précises, les anciens ne se sont guère aventurés dans la haute mer ; ils ne pratiquaient pas habituellement les longues traversées, qui sont devenues aujourd'hui si faciles : mais leurs grands voyages maritimes n'étaient que des circumnavigations ou périples. Parmi les voyages les plus célèbres en ce genre et les récits qui en furent faits, citons le périple du Carthaginois Hannon sur les côtes d'Afrique : celui de Scylax, Grec de Carie, sur les côtes de l'Europe et de l'Asie. Les voyages les plus lointains paraissent avoir été ceux des Phéniciens, qui franchirent les colonnes d'Hercule et poussèrent jusqu'à l'île de Thulé, au nord de l'Europe ; ils auraient fait plus encore, s'il est vrai qu'une de leurs flottes fit le tour de l'Afrique au temps de Néchao et par ordre de ce roi.

Cabotage. — On distingue le grand et le petit cabotage. Celui-ci se fait d'un port à l'autre de la France, dans la Manche, dans l'Océan ou dans la Méditerranée. Le grand cabotage se fait dans la Manche avec la Belgique, la Hollande et les îles Britanniques ; dans l'Océan, avec l'Espagne et le Portugal; dans la Méditerranée, avec l'Espagne et l'Italie. Les marins qui commandent les bâtiments caboteurs n'ont pas le titre de capitaines, mais de maîtres au cabotage. Certaines formalités sont nécessaires pour l'admission à cette maîtrise. Le cabotage a l'avantage de transporter les marchandises à bon marché et de former d'excellents marins.

Avarie. — Le Code de commerce traite longuement des avaries (art. 397 et suiv.), et ses dispositions doivent être observées « à défaut de conventions spéciales entre toutes les parties ». Il distingue deux espèces d'avaries : les avaries grosses ou communes et les avaries simples ou particulières. Si les avaries causées à un navire proviennent d'un accident imprévu, c'est le propriétaire seul du navire qui en supporte les conséquences.

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