PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE
Frein. — Les freins sont d'une extrême importance : ils sont nécessaires aux voitures de toute sorte, aux trains de chemins de fer, aux vélocipèdes. Ils agissent tous en déterminant un frottement plus ou moins énergique des roues contre une pièce fixe, de manière à ralentir et même à suspendre le mouvement. Tous les trains de voyageurs sont munis de freins très efficaces, dits continus, qui permettent au mécanicien d'agir sur tous les vagons à la fois. Les freins les plus employés sont le frein à air comprimé (frein Westinghouse) et le frein à vide.
Ballon. — Le premier ballon fut construit par les frères Montgolfier (5 juin 1783). Leur montgolfière était formée par une enveloppe de toile doublée de papier et gonflée avec de l'air chaud. Au mois de novembre suivant, Pilàtre de Rozier et le marquis d'Arlandes osèrent se risquer dans une nacelle suspendue à une montgolfière, sous l'orifice de laquelle ils entretenaient du feu pour maintenir la chaleur de l'air qui la gonflait. On ne tarda pas à substituer le gaz hydrogène à l'air chaud et les ascensions se multiplièrent. Une des plus remarquables est celle de Gay-Lussac, qui s'éleva à 7.000 mètres. Cette hauteur a été dépassée. A Fleurus, des officiers français montés en ballon observaient les mouvements des Autrichiens (1794). Pendant le siège de Paris (1870-71), les ballons servirent à établir des communications avec la province. Il existe aujourd'hui un service de ballons militaires. Ils rendraient de bien plus grands services, si on parvenait à les diriger, mais on n'y a réussi qu'imparfaitement.
Navire. — On donne ce nom à tout bâtiment de mer, surtout s'il est de quelque importance (à 2 mâts au moins). Les grands bâtiments, en particulier les bâtiments de guerre, prennent le nom de vaisseaux. Selon le moteur employé, les navires sont à rames, à voiles, à vapeur; selon leur destination, ils sont navires de guerre, de commerce, de transport, etc. Les navires ont existé dès l'origine pour ainsi dire ; la Méditerranée a été sillonnée par les Mottes phéniciennes, carthaginoises, grecques, romaines, vénitiennes, turques, etc. sans parler des flottes normandes. Mais les navires n'atteignaient pas, généralement du moins, de très grandes dimensions. Au temps des croisades, on construisait cependant des bâtiments qui pouvaient transporter jusqu'à 800 et même 1.500 soldats.
D'après le Code de commerce, « les navires et autres bâtiments de mer sont meubles. Néanmoins ils sont aifectés aux dettes du vendeur, et spécialement à celles que la loi déclare privilégiées » (art. 190). — Le séjour prolongé des hommes de mer sur les navires, où ils sont parfois très à l'étroit et soumis à un dur régime, les expose à une foule de maladies ; en particulier, les eaux qui croupissent à fond de cale sont une cause d'infection. Tout navire doit avoir son port d'attache ; il ne peut en changer sans nouvelle déclaration. Il perd sa nationalité, s'il devient propriété d'un étranger pour plus de la moitié de sa valeur.
Escadre. — C'est la subdivision principale de l'armée navale. Celle-ci comprend régulièrement trois escadres, formées elles-mêmes de deux ou trois divisions. Avant 1789, on donnait au contre-amiral le titre de chef d'escadre. L'escadre est dite d'observation, lorsqu'elle est destinée à observer les mouvements des escadres étrangères ; elle est dite d'évolution, lorsqu'elle est réunie et manœuvre pour l'instruction des maiins. L'escadre légère est celle qui comprend les bâtiments légers d'une escadre (corvettes, avisos, etc).
Vaisseau. — Jadis on donnait spécialement ce nom aux vaisseaux de ligne, bâtiments de guerre qui portaient, selon leur rang, de 80 à 120 canons.
Ceux de 1er rang avaient 120 canons, trois ponts et quatre batteries ; ceux de 2e rang, 100 canons, deuxponts, trois batteries ; ceux de 3e et de 4e rang ne différaient des précédents que par le nombre de canons (90 ou 80). Le perfectionnement des canons, l'invention des cuirasses et des torpilles, sans parler de la navigation à vapeur et des autres découvertes, ont changé cette distribution des forces navales. On distingue aujourd'hui : les cuirassés de haute mer ; les garde-côtes cuirassés ; les croiseurs, cuirassés ou non ; les transports ; les canonnières, les avisos ; les torpilleurs, de haute mer ou non ; les contretorpilleurs, etc. — Chez les anciens, les vaisseaux de guerre ou galères étaient pontés et armés d'un éperon (rostrurn), comme d'ailleurs ceux d'aujourd'hui ; ils étaient relativement très longs, à la différence des vaisseaux de charge, qui avaient beaucoup plus de largeur ; ils allaient à la voile et à la rame.
Galère. — Chez les anciens, la galère était dite unirème, birème, trirème, etc. selon qu'elle avait un, deux ou trois rangs de rames. La trirème était la plus employée. La trirème ordinaire avait à peu près 20 mètres de long, 3 de large ; elle émergeait d'un mètre et demi à deux mètres. Les Carthaginois employèrent souvent les ' quadrirèmes ; Marcellus se servit de quinquèrèmes au siige de Syracuse. On cite des galères exceptionnelles : celle de Démétrius Poliorcète avait 16 rangs de rames ; celle de Ptolémée Philadelphe, 40. Au moyen âge et plus tard, les galères furent beaucoup plus grandes qu'elles ne l'étaient généralement chez les anciens : les galéasses avaient jusqu'à 60 mètres ; les célèbres galions d'Espagne allaient jusqu'à 1.000 ou 1.200 tonneaux.
Brûlot. — Les brûlots ont été fort en usage chez les anciens et chez les modernes jusqu'au XIXe siècle : les flottes en traînaient à leur suite et les dirigeaient surtout contre les navires ancrés dans les ports ou acculés dans des impasses. Aujourd'hui ils sont remplacés par les torpilles, qui produisent des effets plus subits, mais non peutêtre plus désastreux.
Croiseur. — Ce nom est donné aujourd'hui généralement à des vaisseaux de tonnages très différents, à marche rapide, destinés, en temps de guerre, à faire des croisières, à surveiller l'ennemi, à éclairer la marche, à capturer les bâtiments de commerce, etc. Les grands paquebots transatlantiques sont destinés à être utilisés en cas de guerre comme croiseurs. Le congrès de Paris (1856), ratifié par toutes les puissances maritimes, sauf l'Espagne et les Etats-Unis, a aboli les lettres de marque ou droit de course exercé par les corsaires ; mais les croiseurs de guerre peuvent toujours poursuivre les bâtiments de commerce de l'ennemi.
Paquebot. — Les vaisseaux qui autrefois faisaient le service des dépêches et des messageries entre différents ports, étaient de petits navires solidement construits et bons voiliers. Aujourd'hui les paquebots, qui les ont remplacés, marchent tous à la vapeur et atteignent souvent des proportions colossales (140 ou même 170 m.). Ils sont aménagés de la manière la plus confortable. Les transatlantiques ne mettent pas plus de 6 à 7 jours pour passer d'Europe en Amérique. En passant sur le banc de Terre-Neuve pour abréger leur marche, ils ont brisé souvent les frêles barques de pêcheurs ; et il ne paraît pas que les protestations indignées contre cette barbarie aient obtenu jusqu'ici pleine satisfaction.
Bateau. — Ce nom s'applique surtout aux embarcations en usage sur les rivières et les lacs, dans les ports et les rades. Les bateaux sont d'ailleurs de toute dimension ; ils marchent à la voile, ou à la vapeur, ou à la rame, ou au croc, etc. ; ils sont à quille ou à fond plat. Tous les bateaux à