‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 406 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

encore sous la possession de l'homme et méritent le nom de rlioses ; mais leur nature et leur caractère principal les appellent dans d'autres catégories plutôt que dans celle-ci. Ainsi les statues, les tableaux et les livres se rapportent aux signes (liv. VIII) ; les forêts, les récoltes et les fruits, au règne végétal (liv. XIV) ; les troupeaux, les fruits de la chasse et de la pêche, au règne animal (liv. XIII), etc. En se plaçant à un point de vue moins philosophique, mais plus pratique en matière de droit, on divise les choses en immeubles et en meubles. Nous avons parlé des immeubles en général dans le chap. Ier de ce livre. Restent les meubles.

D'après le Code civil (art. 527 et suiv.), « les biens sont meubles par leur nature ou par la détermination de la loi. Sont meubles parleur nature les corps qui peuvent se transporter d'un lieu à un autre, soit qu'ils se meuvent par eux-mêmes, comme les animaux, soit qu'ils ne puissent changer de place que par l'effet d'une force étrangère. Sont meubles par détermination de la loi, les obligations et actions qui ont pour objet des sommes exigibles ou des effets mobiliers, les actions ou intérêts dans les compagnies de finance, de commerce ou d'industrie... Les bateaux, bacs, navires, moulins et bains sur bateaux, et généralement toutes usines non fixées par des piliers, et ne faisant point partie de la maison, sont meubles... Les' matériaux provenant de la démolition d'un édifice, ceux assemblés pour en construire un nouveau, sont meubles jusqu'à ce qu'ils soient employés... Le mot meuble employé seul... ne comprend pas l'argent comptant, les pierreries, les dettes actives, les livres, les médailles, les instruments des sciences, des arts et métiers, le linge de corps, les chevaux, équipages, armes, grains, vins, foins et autres denrées ; il ne comprend pas aussi ce qui fait l'objet d'un commerce. Les mots meubles meublants ne comprennent que les meubles destinés à l'usage et à l'ornement des appartements, comme tapisseries, lits, sièges, glaces, pendules, tables, porcelaines et autres objets de cette nature. Les tableaux et les statues qui font partie du meuble d'un appartement y sont aussi compris, mais non les collections de tableaux qui peuvent être dans les galeries ou pièces particulières. Il en est de même des porcelaines : celles seulement qui font partie de la décoration d'un appartement, sont comprises sous la dénomination de meubles meublants. L'expression biens meubles, celle de mobilier ou d'effets mobiliers, comprennent généralement tout ce qui est censé meuble d'après les règles ci-dessus établies. La vente ou le don d'une maison meublée ne comprend que les meubles meublants. La vente ou le don d'une maison, avec tout ce qui s'y trouve, ne comprend pas l'argent comptant, ni les dettes actives et autres droits dont les titres peuvent être déposés dans la maison ; tous les autres effets mobiliers y sont compris ».

Marchandise. — Les marchandises se ramènent à trois classes : les denrées ou objets destinés à la consommation directe, en particulier à l'alimentation ; les matières premières ou produits destinés à être l'objet d'un travail manufacturier ; les produits manufacturés. On appelait autrefois marchandises de traite les objets que des trafiquants envoyaient sur les côtes d'Afrique, pour être échangés contre des esclaves. On les appelle aujourd'hui marchandises de troque, et ils servent à acheter les marchandises du pays. Ils consistent généralement en armes, poudre, munitions, couteaux, haches, tabac, verroterie, pacotille. On pourrait diviser les marchandises selon les arts ou métiers qui les produisent, ou les magasins qui les débitent, ou le genre de commerce dont elles sont l'objet. De là, par exemple : les objets d'art,

la chasublerie, l'imagerie, la bouquinerie, la quincaillerie, etc. Mais ces divisions n'offrent rien de bien précis.

Bagage. — On donne spécialement le nom de bagages à tout ce que les troupes en marche traînent à leur suite pour les besoins du soldat : les bagages ne comprennent pas les munitions et les armes. Les Romains leur donnaient, avec raison, le nom d'impedimenta. Les armées orientales en étaient fort embarrassées et leur durent souvent leur défaite. On donne aussi le nom de bagages à tout ce qu'un voyageur emporte avec lui pour son usage particulier. Les entrepreneurs de voitures, les administrations de chemins de fer sont responsables des bagages à eux confiés. Sur mer, les bagages des voyageurs sont soumis aux mêmes règlements que les autres parties du chargement.

Ameublement. — L'histoire de l'ameublement est instructive et curieuse. Chez les peuples de l'Orient, il était fort riche : les meubles étaient incrustés d'or, d'ivoire, de pierres précieuses ; il y avait des tapis du tissu le plus fin. On retrouve encore ce luxe dans certains harems, mais il cache souvent la gêne et la malpropreté. Les Egyptiens étaient habiles à fabriquer des meubles de toute sorte; ils décoraient leurs palais de figures astronomiques, d'hiéroglyphes, etc. Les Grecs décorèrent leurs palais avec art ; les Romains, avec un luxe et une somptuosité extrêmes. En Gaule et en France, on revêtit d'abord les murs de peaux de bêtes avec leurs fourrures, puis de joncs tressés et peints, qui rivalisèrent avec les nattes d'Orient. Vinrent ensuite les tentures byzantines et autres, jusqu'à celles des Gobelins. Les meubles de la Renaissance furent très riches. Vers le même temps, parurent les tapisseries de cuir bouilli, qu'on relevait de beaux ornements : armoiries, peintures, figures d'animaux. Au XVIIIe siècle, les tentures remplacèrent les tapisseries : on boisa les appartements, et les boiseries furent ornées de sculptures. A la Révolution, on imita pour les meubles le style grec et romain. On est revenu ensuite au gothique, au style Louis XV, etc.

Lampe. — L'usage des lampes a été répandu dans tout l'Orient, dès les temps les plus reculés : elles étaient fort simples dans leur appareil, mais leurs formes étaient infiniment variées, comme on peut le voir encore dans les musées, par les spécimens qui nous en sont restés. L'appareil même des lampes n'a cessé d'être perfectionné dans le dernier siècle : Argant eut l'idée des mèches cylindriques à double courant d'air ; Quinquet s'inspira de cette idée ; Carcel appliqua aux lampes un mouvement d'horlogerie ; Fresnel et Arago imaginèrent, pour les phares, les becs à mèches multiples et concentriques, etc. Les lampes ont subi aussi de vraies métamorphoses par suite de l'emploi du pétrole, du gaz et de l'électricité.

Bougie. — Les Grecs, les Romains connurent la chandelle de cire (cereiis), et les Orientaux en ont fait usage de temps immémorial. C'est d'Orient que les Vénitiens l'importèrent en Europe, au VIIIe siècle. Quant aux bougies proprement dites, elles étaient d'abord de cire ; mais ensuite on a substitué généralement à celle-ci la stéarine, qui est plus économique. On fabrique aussi des bougies avec le blanc de baleine : elles sont très blanches, très transparentes et donnent une vive lumière.

Fourneau. — Le fourneau est devenu un meuble ou une construction indispensable dans les cuisines, du moins dans les cuisines urbaines. Il y en a de toutes les dimensions, et les plus grands peuvent suffire pour la préparation des aliments nécessaires à des communautés fort nombreuses. On distingue, dans le fourneau : le foyer, où l'on place le combustible ; la grille, qui fait le fond du foyer, et par où les cendres tombent dans le cen-

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