‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 443 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE

qu'il en ait été détaché, pour être employé comme matière première, On dira donc : une belle étoffe de laine ; mais on dira plutôt : cette brebis porte une belle toison. On abat la toison ; mais on file et on teint la laine.

Vol, volée, voleter, voltiger, essor. — Le vol c'est la manière dont l'oiseau se transporte à travers l'espace : le vol est plus ou moins rapide et régulier ; chaque oiseau a son vol. La volée est un vol prolongé : le pigeon revient d'une seule volée au colombier ; c'est aussi le vol d'une bande d'oiseaux : une volée de moineaux. Voleter, c'est prendre et reprendre son vol, comme le font les jeunes oiseaux, trop faibles encore pour se soutenir longtemps sur leurs ailes. Voltiger, c'est voler de çà et de là, sans poursuivre sa volée, mais plutôt par caprice et inconstance que par faiblesse. Quant à l'essor, c'est le commencement du vol, et surtout d'un grand vol; c'est le moment où l'oiseau s'élance dans l'air en battant énergiquement de l'aile ; c'est aussi et mieux encore l'élan soutenu de l'oiseau qui poursuit son vol, en montant plus haut ou en se maintenant hardiment dans les hauteurs : l'essor de l'aigle est magnifique, si bien qu'on lui a comparé celui du génie.

Bercail, bergerie. — Ces deux mots ont même étymologie; mais la bergerie comprend les brebis et le berger; le bercail, au contraire, ne comprend que les brebis et, en outre, il appartient au style poétique. Au figuré, bercail se dit de l'Eglise catholique, considérée comme un troupeau, dont Jésus- Christ lui-même est le bon Pasteur, toujours prêt à ramener en lieu sûr la brebis égarée et repentante.

Aigle, lion, tigre, renard, serpent, etc. — Tous les animaux expriment par leurs mœurs et leurs instincts, ou du moins par ceux qu'on leur prête, quelque qualité de l'ordre moral ; ils sont devenus ainsi les symboles de toutes les vertus et de tous les vices, de tous les talents et de toutes les incapacités. L'aigle représente le génie ; le lion, le courage dans le combat; le tigre, la férocité ; le renard, la ruse; le serpent, la prudence, et aussi la perfidie ; la colombe, la simplicité ; le clxïen, la fidélité. Tel animal est réputé sot (oie)'; tel autre orgueilleux (paon), ce qui est pire ; tel autre bavard (poule); tel autre voleur (pie), etc. L'allégorie est tour à tour plaisante et sérieuse, mais toujours instructive. Les belles-lettres ont emprunté ainsi au règne animal, de même qu'au règne végétal, plusieurs des meilleures comparaisons.

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