‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 444 sur 686 · Chapitre Premier · texte numérisé non relu

Chapitre Premier

Des animaux en général.

Animal, bête. — Espèces animales. — Bien

au-dessous de l'homme se trouve l'animal, être merveilleux cependant, doué comme l'homme de sens extérieurs et intérieurs, souvent plus subtils et plus développés. Mais quelle que soit la perfection de l'animal, il est dépourvu de raison, de libre arbitre et de moralité : il est sans devoir à remplir et sans responsabilité ; il ne jouit d'aucun droit proprement dit ; il est incapable de progrès véritable; enfin il n'a qu'une âme inférieure, destinée à périr avec les organes qu'elle anime sans les dominer. Ici toutes les philosophies incomplètes se sont trouvées en défaut : tant la question est difficile, complexe, liée à toutes les autres. Les uns ont opposé l'homme à l'animal, au point de regarder celui-ci comme un simple mécanisme et l'âme humaine comme un pur esprit; d'autres ont élevé l'animal jusqu'à l'homme, en confondant son instinct merveilleux avec les premiers efforts d'une véritable intelligence ; d'autres enfin ont ravalé l'homme jusqu'à l'animal, de même qu'ils avaient rabaissé Dieu jusqu'à l'homme. Ces opinions, qui virent le jour dès le commencement du paganisme, sont également fausses.

L'homme diffère essentiellement de la bête ; car il est intelligent, c'est-à-dire qu'il perçoit l'universel, le vrai, le beau, le bien; il sait discerner sa fin et la rechercher par tous les moyens ; il peut aimer ce qui n'est pas sensible, se sacrifier pour une idée, détester son propre corps et sa propre vie jusqu'à chercher la mort : aucun de ces caractères ne convient à la bête (v. livre II, vie, animal, et livre III, âme).

Les espèces animales. — Tandis que tous les hommes ne forment qu'une seule espèce, dans laquelle coule un même sang et qui partage une même fécondité, les animaux paraissent distribués en espèces nombreuses. Elles s'étendent depuis l'homme jusqu'au règne végétal ; elles offrent, en s'éloignant de nous, une organisation de moins en moins parfaite : chaque espèce le cède à l'espèce supérieure et l'emporte sur l'espèce inférieure. Toutefois, à côté de cette subordination essentielle, il y a des supériorités et des infériorités accessoires,

qui créent dans l'ordre général divers ordres particuliers. Quant à certains instincts, par exemple, on voit de chétifs insectes mieux doués que les animaux supérieurs : ainsi les abeilles et les fourmis.

On peut considérer les espèces animales à divers points de vue. Le zoologiste observe surtout l'organisation. Il remarque, par exemple, comment les membres du quadrupède se transforment, pour ainsi dire, dans l'oiseau, disparaissent dans le serpent et reparaissent de quelque manière dans le poisson ; comment la griffe si redoutable du lion et du tigre devient la pince inoffensive de la brebis et la patte si déliée, si menue de l'insecte ; comment le cœur et les artères, les os, les nerfs et les sens se simplifient peu à peu à mesure qu'on descend l'échelle de la vie et qu'on se rapproche des zoophytes, qui paraissent ne sentir que par le tact. Il étudie les métamorphoses de nombre d'espèces. Il admire, avec Cuvier, commj tout concours et consent, dans l'organisme de l'animal, à une même fin providentielle.

A d'autres points de vue, le fabuliste, l'économiste, le chasseur, l'artiste, etc., s'occupent du règne animal ; le premier observe surtout les mœurs et les instincts ; le second apprécie les ressources merveilleuses que nombre d'espèces offrent à l'homme, qui utilise leurs forces (cheval, éléphant, chameau), leur chair (bœuf, mouton), leur laine, leur poil, leur peau, etc.

Tous les animaux que l'homme attache immédiatement à son service sont compris sous la dénomination générale d'animaux domestiques : animaux de trait, bétail à cornes et bétail à laine, oiseaux de basse-cour, chiens de garde, etc. Le Code civil (art. 522 et suiv.) range parmi les immeubles par destination les animaux attachés à la culture des propriétés. Il est défendu de laisser vaguer les animaux dont on est propriétaire et l'on est responsable du dommage causé. La loi Grammont punit les mauvais traitements envers les animaux domestiques.

Dragon. — Parmi les animaux fabuleux ou mal définis par l'histoire ancienne et de vieilles légendes, on peut remarquer le dragon, le griffon, la licorne. C'était un dragon qui, d'après la Fable, gardait la toison d'or et le jardin des Hespérides. Le dragon a été l'objet d'un culte en Orient ; il

Page 1