LIVRE XIV : DU VEGETAL
marinier. Mimosa. Sensitive. Acacia. Gommier. Moringe. Ben.
a) Amentacées. Noyer. Saule. Osier. Quillette — Peuple, peuplier — Ypréau. Tremble.
Châtaignier. Marronnier. Hêtre. Fouteau.
Chêne, chêneau (v. chênaie) — Rouvre ou roure. Yeuse. Liège. Quercitron. Charme (v. charmille). Coudre ou coudrier. Noisetier. Avelinier. Bouleau. Aune ou aulne. Vergne ou verne. Gale.
b) Conifère. If — Genévrier, genièvre — Sabine. Thuiaou thuya — Cyprès, cupressinées — Séquoia. Abiétinées. Sapin. Epicéa — Pin, pinastre. Epinette. Mélèze. Larix. Cèdre — Cycas, cycadées.
NOTES SUR LES SYNONYMES
Végétal, plante. — Végétal est un terme scientifique ; il est très général et s'applique indistinctement, avec la même raison, à tous les êtres vivants qui tiennent le milieu entre les corps inorganiques et les êtres sensibles, abstraction faite de leurs qualités distinctives. Dans les végétaux, en effet, on considère la vie qui leur est commune, c'est-à-dire les caractères de la végétation. Le mot plante, au contraire, appartient au langage commun ; il désigne en particulier les végétaux herbacés et ne s'applique aucunement à certains végétaux, tels que les champignons et les truffes, qui ne sont pas plantés; de plus, en appliquant ce mot à certains végétaux, on ne fait pas abstraction de leurs qualités particulières; bien au contraire. On distinguera ainsi les plantes fourragères, textiles, parasites, nuisibles ou utiles, etc. Cela nous explique pourquoi La Rochefoucauld n'a pas comparé les hommes aux végétaux, mais aux plantes, quand il a dit : « La plupart des hommes ont, comme les pilantes, des propriétés cachées que le hasard fait découvrir ». •
Déraciner, extirper. — Comme l'étymologie l'indique, on extirpe\a, plante en l'arrachant au sol avec ses racines ; mais, pour déraciner, il suffit de séparer les racines du sol où elles étaient engagées. On extirpe vivement, avec force, en un coup; mais on peut déraciner en usant de patience et par un effort soutenu. Il faut bien du temps et des ménagements pour déraciner un préjugé qui est cher ou tel autre mal invétéré. Il faut déraciner ce que l'on no peut extirper : c'est ainsi qu'on déracine les arbres pour mieux les abattre ; le dentiste déracine quelquefois la dent qu'il veut arracher. Et puis on n'extirpe que le mal ou ce que l'on veut supprimer : on extirpe les mauvaises herbes ; mais on déracine un jeune arbre que l'on veut transplanter.
Bourgeon, bouton, œil ; verdir, fleurir. — Le bourgeon c'est le bouton à feuilles, lorsqu'il est développé et qu'il va s'ouvrir pour déplier ses feuilles d'un vert tendre. Le bouton c'est l'œil parvenu à un certain développement. Il y a deux espèces de boutons : les boutons à feuilles ; les boutons à fleurs et à fruits. Les premiers se distinguent des seconds par leur forme plus allongée. Uœil est le rudiment du bouton. Il est nettement formé à l'époque de la taille des arbres, vers le mois de février : on taille alors les branches et les sarments à un œil ou à deux ou à plusieurs yeux, et non pas à un ou plusieurs bouton*. C'est l'œil également, et non pas le bouton et le bourgeon, que î'on transporte, avec l'ècusson, sur l'arbre que l'on se propose de greffer. On peut suivre maintenant les progrès de la végétation : les arbres boutonnent, quand les yeux se transforment en boutons ; ils bourgeonnent, quand ceux-ci se transforment en bourgeons; ils verdoient, quand les jeunes feuilles des bourgeons sortent de leurs étuis; ils fleurissent quand les boutons à fleurs s'épanouissent, comme le fait par exemple le bouton de rose. Plusieurs arbres, entre
autres les amandiers, fleurissent avant de verdir, c'est-à-dire que les boutons à fleurs s'ouvrent plus tôt que les bourgeons. Mais la verdure accompagne bien la fleur, de même que la force la beauté.
Verdeur, verdure. — La verdeur c'est la couleur verte de la plante (surtout celle de ses feuilles nouvelles et de ses fruits avant leur maturité), considérée comme l'effet de la présence et de l'énergie vitale de la sève. Au figuré, la verdeur se dit de l'acidité des fruits, de celle du vin, de l'âcreté des paroles, et de la vigueur de la santé. La verdure, au contraire, c'est la couleur verte des plantes, considérée en elle-même et dans ses agréments, plutôt que dans sa cause. C'est pourquoi la verdure ne se dit pas de la sève comme la verdeur, mais elle se dit des choses vertes, telles que feuilles, herbe, gazon : un tapis de verdure, un lit de verdure.
Branche, branchage. —Le branchage d'an arbre est formé de toutes les brandies. La branche est plus ou moins grosse et longue; le brandi âge est plus ou moins touffu : on élague un branchage, en coupant certaines branches. Il est peu de mots aussi souvent employés que ce dernier et qui prêtent à autant de comparaisons. On dira, par exemple : les brandies d'un compas, d'un fleuve, d'une artère, d'une science, d'une administration ; être comme l'oiseau sur la branche, etc. Mais le mot de brandiage ne se prend guère qu'au propre et offre peu de ressources à l'écrivain.
Forêt, bois, bosquet, bocage. — La forêt est un grand bois. On dira, par exemple : la foret de Fontainebleau et le bois de Boulogne. Ajoutons que d'ordinaire la forêt est moins bien entretenue que le bois, précisément à cause de sa grandeur ; il y a même des forêts impénétrables, pour ainsi dire : ainsi les forêts vierges de l'Amérique et de l'Afrique centrale. Le bosquet et le bocage sont de petits bois. Mais le bosquet a été planté et disposé avec art pour l'ornement d'un parc ou d'un jardin, tandis que le bocage est venu naturellement, ou du moins a été planté sans symétrie et laissé en quelque sorte à lui-même. Le bosquet est joli; mais le bocage est non moins agréable : on se promène facilement dans le premier ; mais il y a plus de fraîcheur et on se repose mieux dans le second, que hantent de préférence les oiseaux chanteurs.
Charmoie, charmille. — La charmoie et la charmille sont des plantations de charmes. Mais la charmoie est, pour ainsi dire, un bois de charmes, comme la tremblaie est un bois de trembles, et la chênaie un bois de chênes, etc. ; la charmille, au contraire, est mieux définie et suppose plus de culture ; elle est formée de charmes disposés et taillés de façon à présenter des allées régulières, des murs, des voûtes et des berceaux de verdure. Le charme, en effet, de même que l'if, le buis, se prête à tous les caprices de l'homme; tous les costumes lui siéent bien.
Se faner, se flétrir. — Les fleurs .se fourni en perdant de leur fraîcheur et de leur éclat, en se desséchant peu à peu comme le foin. Mais une fleur peut ne se faner que pour un temps : elle attend peut-être une goutte de rosée pour relever la tête et reprendre ses vives couleurs. Ainsi en est-il des personnes que la tristesse ou la maladie a momentanément décolorées et amaigries. Mais une fleur flétrie ne conserve plus d'espoir : ses beaux jours sont passés. Aussi la flétrissure marque bien, au figuré, un mal sans remède, une honte dont on ne se lave pas. Il n'y a qu'une flétrissure redoutable, c'est celle de l'âme, qui est faite pour fructifier tous les jours et fleurir éternellement.
Prématuré, précoce, hâtif. — Les choses prématurées etprècoces sont mures avant l'heure ; mais les choses prématurées peuvent le devoir à