‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 509 sur 686 · PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPÉDIQUE

les moraines frontales ou terminales et les moraines latérales.

Plaine. — Quand les vallées s'élargissent et que les montagnes s'éloignent beaucoup et même disparaissent à l'horizon, le pays s'appelle plaine. Il y a des plaines élevées ou plateaux ; mais la plupart des plaines, surtout ks plus vastes et les plus unies, sont basses, souvent marécageuses et insalubres. Elles prennent divers caractères et différents noms selon les pays : savane (Amérique et Canada), pampa (Amérique du Sud), steppe |Russie et Amérique:, polder (Pays-Bas), ju n oie (Inde), maremme (Italie).

Pays. — On peut considérer un pays à divers points de vue. En raison de sa configuration, il est plaine ou montagne. En raison de ceux qui l'habitent et qui en sont originaires ou du moins qui y vivent sous un même régime politique, le pays prend le nom de patrie, d' 'Etat, d'empire, de royaume. Ici viennent les divisions de territoire, soit politiques, soit religieuses : diocèses, départements, communes, etc. On peut considérer aussi un pays au point de vue des cultures : de là les forêts, les prairies, les landes, les déserts, etc.

Désert. — Les déserts sont ordinairement de vastes plaines où la végétation est nulle ou faible et rend le séjour de l'homme impossible. Les déserts sont traversés par des caravanes et des nomades, comme l'océan par les flottes. Les deux plus grands déserts sont celui de Gobi, en Asie, et le Sahara, en Afrique. Quelques déserts sont devenus célèbres : celui où les Hébreux errèrent pendant 40 ans ; la Thébaïde, où vécurent les solitaires appelés depuis les ]'ères du désert.

Habitat. — On donne ce nom, en histoire naturelle, aux lieux, stations et circonscriptions où un être organisé vit et croît naturellement. Ces lieux peuvent être disséminés, pour une même espèce, sur divers points du globe, et sont déterminés par l'altitude des régions, les degrés de latitude, le régime des vents, etc. Mais le principal habitat est le lieu d'origine. Il est à remarquer, en effet, que chaque plante et chaque animal (du moins s'il s'agit des espèces supérieures) se sont propagés à partir d'un pays déterminé, qui est comme leur berceau et leur patrie. Fort peu d'espèces ont pu devenir cosmopolites ou bien elles se sont modifiées profondément. L'homme, au contraire, peut habiter tous les climats, sans perdre ses traits les plus remarquables

Climat. — On divisait autrefois la surface du globe en 30 zones parallèles, depuis l'équateur jusqu'au pôle, et l'on donnait à chacune le nom de climat. Les climats étaient donc déterminés uniquement par la latitude. Mais, en réalité, ils résultent de bien d'autres éléments : altitude des lieux, régime des vents, voisinage de la mer, exposition, etc. Aussi les lignes isothermes, que l'on trace aujourd'hui sur les cartes pour marquer les contrées qui ont même température, ne sont-elles point parallèles à l'équateur. Et puis le climat ne résulte pas seulement de la température moyenne d'un lieu, mais encore des variations quotidiennes et annuelles de la température, de l'abondance ou de la rareté des pluies, de la sécheresse et de l'humidité. Bref, les climats sont très variés. D'autre part, leur influence sur la santé est très considérable, en bien ou en mal. De là la difficulté de s'acclimater dans certains pays, aux colonies en particulier. De là aussi les ressources que la médecine trouve souvent dans un changement de climat. Les climats constants conviennent aux phtisiques ; les scrofuleux sont fortifiés par un long séjour au bord de la mer.

Sol. — Au sens le plus général, le sol est cette partie superficielle de terrain que l'on cultive, que l'on exploite ou sur laquelle on bâtit. Au point de vue agricole, un sol est plus ou moins fertile et

convient spécialement à telle ou telle culture. En général, les meilleurs sols sont ceux qui réunissent le mieux les éléments calcaires, sablonneux et argileux. Le sous-sol peut différer notablement du sol et en modifier les qualités, en bien ou en mal. — En droit, la propriété du sol ou du fonds, emporte celle du dessus et du dessous (art. 552 etsuiv.). On peut y planter, y bâtir, y exécuter des fouilles, etc., sauf les restrictions relatives aux mines ou imposées par des servitudes, par les règlements de police.

Jardin. — Les jardins sont l'œuvre de l'homme autant que de la nature. Il y a des jardins pour les Heurs ou plantes d'agrément, pour les fruits (jardins fruitiers), pour les légumes et autres plantes alimentaires (jardins potagers, maraîchers). Il y a des jardins de naturalisation ou d' acclimatation, destinés aux plantes exotiques dont on veut enrichir une contrée. Il y a des jardins botaniques, où sont réunies pour l'étude les plantes de tous pays. On appelle jardins publics ceux qui sont ouverts aux abords des villes ou dans leur enceinte même. On parle beaucoup aujourd'hui des jardins ouvriers, c'est-à-dire créés pour des familles ouvrières, qui en retirent toutes sortes d'avantages, au double point de vue économique et moral. La manière de disposer les parties d'un jardin, ses bosquets, ses allées, ses pelouses, ses pièces d'eau, etc., constitue un art véritable, qui relève non seulement de l'horticulture, mais de l'esthétique. Citons, après les jardins "3e Versailles et des Tuileries, dessinés par Le Nôtre, Hyd<3 Park et Regent's Park, à Londres ; le Prado, à Madrid ; le Jardin d'été à Saint- Pétersbourg. La mode des jardins anglais nous est venue d'Angleterre ; mais ces jardins ne sont qu'une imitation, avec correction, des jardins chinois, remarquables par leurs caprices et leurs bizarreries. L'antiquité eut aussi ses jardins célèbres : par exemple les jardins suspendus de Sémiramis, à Babylone ; ceux d'Académus et d'Epicure à Athènes, sans parler du jardin fabuleux des Hespérides, réminiscence peut-être du paradis perdu. Lucullus et les autres Romains opulents déployèrent, à leur tour, une magnificence inouïe dans la décoration de leurs villas (v. les ouvrages d'horticulture : Laforest, Les ennemis de nos jardins, 1897).

Prairie. — On distingue les prairies naturelles, formées et arrosées par la nature, et les prairies artificielles, dues à l'industrie de l'homme. On distingue aussi, parmi ces dernières : les prairies sèches, qui couvrent des pentes ou un sol très perméable à l'eau ; les prairies fraîches, qui fournissent le foin le meilleur et le plus abondant ; et les prairies humides ou marécages. Les prairies proprement dites diffèrent des pâturages et des herbages, où les bestiaux vont paître et consomment sur place.

Parc. — On donne spécialement ce nom à des terrains clos de murs ou de palissades et d'ordinaire plantés de bois, qui embellissent les châteaux et autres résidences luxueuses. Les parcs les plus vastes servent, en particulier, à entretenir le gibier pour la chasse. Les Perses et, après eux, les Romains ont connu et recherché ce genre de luxe. A Rome, les parcs de Pompée etd'Hortensius étaient célèbres. Citons, parmi les plus beaux parcs de notre pays, ceux de Versailles, de Fontainebleau, de Saint- Cloud, de Chantilly; en Angleterre, ceux de Greenwich et de Windsor.

Voie. — La terre est sillonnée de voies ou moyens de communication. Les unes sont naturelles, telles que les fleuves et autres cours d'eau ; l'Océan lui-même, grâce aux progrès de la navigation, est moins un obstacle qu'une route facile et toujours ouverte. Mais les voies de terre sont dues surtout à l'industrie humaine, depuis les voies romaines, si justement célèbres, jusqu'à nos voies ferrées, qui ont rapproché si merveilleusement toutes

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