‹ Dictionnaire universel de la pensée (volume 2)Chapitre 508 sur 686 · LIVRE XV : DE LA MATIERE · texte numérisé non relu

LIVRE XV : DE LA MATIERE

le soleil monte jusqu'au zénith ; les deux sones tempérées, comprises entre les tropiques et les cercles polaires : le soleil ne s'y élève jamais au zénith, mais il y a, comme sous les tropiques, alternative continuelle de jour et de nuit ; les deux sones glaciales, où le soleil, toujours près de l'horizon, ne se couche pas pendant une partie de l'année et ne se lève pas pendant l'autre.

Paradis. — La Bible nous dit que Dieu plaça le premier homme, avant la chute originelle, dans un jardin délicieux ou paradis terrestre. Les savants ont cherché à déterminer ce lieu, en se servant des rares indications fournies par la Bible. Plusieurs ont cru le retrouver dans l'ancienne Médie, vers les sources du Phase, de l'Oxus, du Tigre et de l'Euphrate. Ces quatre fleuves seraient les quatre cours d'eau dont parle la Bible : Phison, Gihon, Chidékell et Phrat. D'autres ont placé dans l'Inde, ou ailleurs encore, le berceau du genre humain.

Enfers. — Toutes les religions et tous les peuples ont affirmé l'existence d'un lieu dans lequel les méchants auraient à subir des peines sans fin et proportionnées à leurs crimes. Les Egyptiens l'appelaient amenthès ; les Hindous, putain et aaraka; les Juifs, scheôl, etc. Mêlées souvent à des superstitions ou à des descriptions poétiques, ces croyances ont été épurées et mieux définies par l'enseignement de l'Evangile. Les anciens donnaient le nom d'enfers aux divers séjours des âmes après la mort. Les bons étaient reçus dans les Champs élysées, et les méchants dans le Tartare. Notons cependant qu'Homère fait des Champs élysées un véritable paradis terrestre : ce n'est point un lieu souterrain. En montrant que le ciel astronomique enveloppe notre globe de toutes parts, la science moderne n'a ébranlé en rien le fond même de ces croyances : elle a ouvert seulement de nouvelles perspectives, plus belles et non moins redoutables.

Continent — On distingue surtout l'ancien continent (Europe, Asie, Afrique) et le nouveau continent (les deux Amériques) ; mais on donne aussi ce nom à chacune des parties du monde, sans en excepter l'Australie, dont l'importance s'accroît chaque jour et sera bientôt peut-être proportionnée à son étendue. Les anciens ne connaissaient pas l'existence du continent américain, mais ils ont parlé d'une immense terre {Y Atlantide) située audelà du détroit de Gadès, habitée par un peuple puissant et qui aurait été abîmée dans les flots. Plusieurs ont cru à l'existence de cette Atlantide, qui aurait disparu, en effet, à la suite de quelque commotion du globe. Quoi qu'il en soit, il est certain que tous nos continents ont été immergés et que plusieurs terres, aujourd'hui sous-marines, ont fait partie autrefois du relief du globe.

Alluvion. — Les terrains d'alluvion ou de transport, tels que limons, sables, graviers, charriés par les cours d'eau, composent le fond des grandes vallées, des plaines et des deltas. Le Nil a formé ainsi toute la Basse-Egypte ; le Rhône, une bonne partie de la Provence. L'action des fleuves et des rivières était d'autant plus grande que les différences de niveau entre les monts et les vallées et la chute des eaux étaient plus considérables. On ne saurait donc appliquer aux alluvions anciennes la même échelle chronologique qu'aux alluvions modernes. C'est principalement dans les terrains d'alluvion qu'on trouve les gisements de l'or et du cuivre natifs, ainsi que du diamant.

Ile. — Sans parler des continents, qui sont de véritables îles, les îles proprement dites les plus considérables sont Madagascar, Bornéo, la Papouasie, Sumatra et quelques autres îles du même archipel, la Grande-Bretagne, Cuba et les autres grandes Antilles, Haïti, l'Irlande et l'Islande, la Sicile, Candie, Chypre. Beaucoup d'îles basses sont

formées uniquement de bancs de sable, de madrépores, de coraux. Plusieurs paraissent avoir fait partie autrefois des continents voisins : ainsi la Sicile joignait l'Italie, et la Grande-Bretagne la France. — D'après la loi française, les iles ou atterrissements qui se forment dans les cours d'eau navigables appartiennent à l'Etat, sauf titre ou prescription contraire, etc. (Code civil, art. 556 et suiv.).

Mont, montagne. — On donne de préférence le nom de mont aune montagne isolée ; par exemple le Mont-Blanc, le Ventoux. Lorsque plusieurs montagnes offrent une série continue d'élévations, elles prennent le nom déchaîne; plusieurs chaînes forment un groupe ou même un système. On assigne plusieurs causes à l'origine des montagnes. Tantôt elles paraissent résulter des plissements plus ou moins réguliers de l'écorce terrestre, amenés par le refroidissement et la concentration du globe : ainsi les montagnes du Jura ; tantôt elles résultent d'éruptions volcaniques ; tantôt enfin une montagne apparaît par suite de l'effondrement des parties avoisinantes. Parmi les monts les plus élevés du globe, citons, en Europe : le Mont-Blanc (4.810 m.) ; en Asie, plusieurs pics de l'Himalaya, dont le plus élevé atteint 8.840 m. ; dans l'Amérique du Sud, plusieurs sommets, entre autres le Chimboraço, entre 6 et 7.000 m.

Volcan. — On a comparé les volcans à des soupapes de sûreté qui font communiquer l'intérieur du globe, toujours en ébullition, avec l'atmosphère. Léo volcans s'ouvrent ordinairement par un cratère, placé au sommet d'un cône tronqué. Ce cône est formé par les éruptions successives plutôt que par un soulèvement de l'écorce terrestre, comme on l'avait supposé. On compte environ 300 volcans en activité, presque tous situés au bord de la mer; mais il en existait beaucoup plus autrefois.

Caverne. — On rencontre ordinairement les cavernes ou grottes dans les rochers calcaires, où elles ont été creusées par des eaux chargées d'acide carbonique ou par d'autres eaux souterraines, qui circulent dans les entrailles de la terre, comme le sang dans le corps. Beaucoup de cavernes renferment des ossements fossiles et aussi des débris de l'industrie humaine : poteries, haches en silex et autres objets dont s'occupe la science préhistorique. Les grottes proprement dites sont dans les montagnes et, en particulier, dans les rochers volcaniques; elles sont moins grandes que les cavernes. Citons, parmi les grottes célèbres, celle de Fingal, en Ecosse, et celle du Chien, près de Pouzzoles.

Dune. — Les dunes ou monticules de sable qu'on observe sur les côtes basses de la mer, où elles sont amoncelées par les vents qui soufflent du large, envahissent les terres lentement, mais d'une manière presque invincible. Pour les arrêter, on tâche de les couvrir de quelque végétation. Dans le Nord, on a propagé avec succès une espèce de jonc marin ; dans les Landes on a planté des pins maritimes. La ville de Bordeaux est ainsi défendue contre cette invasion redoutable, analogue à celle des sables du désert, qui engloutirent autrefois plusieurs villes de la Haute-Egypte.

Falaise. — Les falaises ou côtes escarpées taillées en précipice qui bordent souvent la mer, sont détruites assez rapidement par la double action des Ilots et des eaux pluviales. Quand elles sont formées de calcaire et de lits de silex, comme les falaises de Normandie, elles laissent après elles des masses de galets, qui couvrent la plage.

Moraine. — Les moraines proviennent de fragments de rochers, parfois considérables, tombés sur les glaciers, qui se les incorporent et les entraînent dans les vallées, jusqu'à ce que les places finissent par se fondre et laissent sur leur front ou leurs côtés tous les débris dont elles sont chargées. De là

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