LIVRE XV : DE LA MATIERE
mant : il est très précieux; le rubis balais, qui a une valeur bien moindre
Saphir. — Cette pierre précieuse, qui est d'une belle couleur bleue, est une variété de corindon. Après le diamant et le rubis, elle est la plus estimée. Mais on étend le nom de saphir à d'autres pierres, de composition et de valeur diverses.
Houille. — La houille ou charbon de pierre est le combustible le plus nécessaire à l'industrie, qui n'aurait pu se développer sans lui. On le trouve abondamment dans la plupart des contrées du globe, l'Angleterre surtout. Ce pays ne produit pas moins de 150 millions de tonnes par an; les Etats- Unis en produisent 70 millions; l'Allemagne, 60; la France, 20. On attribue l'origine des dépôts de houille aux immenses forêts de l'époque carbonifère, qui furent enfouies dans les entrailles de la terre par suite des affaissements du sol. La houille se distingue des anthracites et des lignites, en ce que ces combustibles, distillés en vases clos, ne donnent pas le résidu combustible appelé coke. La houille, au contraire, est utilisée soit comme combustible direct, soit pour produire le gaz d'éclairage et le coke qui résulte de cette production. On en tire aussi un goudron minéral ou coaltar et plusieurs matières colorantes. Les anciens n'ignoraient pas l'emploi de la houille comme combustible; on a exploité régulièrement des houillères en Angleterre dès le XIIIe siècle; les mines du pays de Liège étaient ouvertes dès le XIe siècle. Mais la houille n"a été extraite en immenses quantités qu'à partir du XIXe siècle.
Plâtre. — Le plâtre, qui se présente sous forme d'une poudre blanche, est un sulfate de calcium anhydre, qu'on obtient par calcination du sulfate de calcium hydraté ou pierre à plâtre, gypse. Délayé avec de l'eau, le plâtre s'hydrate de nouveau et forme une pâte, qui acquiert, en séchant, une grande cohésion. On s'en sert pour modeler des figures, fabriquer des moules, enduire les plafonds et les murs, etc. Mêlé à la colle forte, il forme le stuc et peut prendre le poli du marbre. Le plâtre est aussi utilisé pour amender les terres : on emploie, en particulier, le plâtre des démolitions. On tire de l'excellent plâtre des carrières des environs de Paris. Les mouleurs se servent du plâtre le plus fin.
Craie. — Les différentes sortes de craies, qui tonnent la partie supérieure du système crétacé, sont constituées par du carbonate de chaux amorphe. On trouve la craie en grande quantité en Picardie et dans une partie de la Champagne, aux environs de Paris, à Meudon. La craie argileuse sert à fabriquer les ciments et la chaux hydraulique ; la craie marneuse sert à amender les terres ; avec la craie ordinaire, on fabrique la chaux commune. Si la craie est assez dure, elle est employée comme pierre à bâtir. Avec une craie très pure, on fait les crayons pour écrire sur le tableau noir.
Sable. — Les sables proviennent de la désagrégation de diverses roches. Il y a des sables siliceux ou quartseux (grès, granit) ; dessables calcaires ; des sables volcaniques (cendres de volcans); des sables micacés, aurifères, etc. Ils abondent à partir des terrains tertiaires ; on les rencontre surtout au bord de la mer et des fleuves, dans certains déserts. Les sables peuvent être blancs, gris, rouges, verts. On les emploie, selon leur nature, à divers usages : confection des mortiers et des ciments hydrauliques ; fabrication du verre et du cristal ; fabrication de creusets, briques, moules, etc. Argile. — Les argiles sont composées de silicate d'alumine hydraté provenant d'une décomposition des feldspaths; elles sont souvent mélangées de carbonate de chaux, de magnésie, etc. et colorées par divers oxydes. On rencontre les argiles dans tous les terrains, où elles forment souvent des
couches épaisses; étant imperméables, elles retiennent les eaux pluviales, qui s'amassent et jaillissent en sources. Quand elle renferme de l'eau, l'argile est ductile et plastique; desséchée, elle est dure et onctueuse au toucher; elle prend par la cuisson une grande consistance et se vitrifie à une très haute température. Les argiles servent à fabriquer toutes sortes de poteries, fines ou grossières : porcelaines, faïences, etc. L'argile commune ou terre glaise est employée par les potiers et les sculpteurs. h' argile à foulon ou terre à foulon sert à nettoyer les draps ; on l'emploie dans certains pays en guise de savon.
Marne. — Les marnes sont des dépôts argileux, plus ou moins riches en calcaire et mêlés à d'autres substances variables. De là les marnes calcaires, argileuses, sableuses. Elles sont tendres et friables et affectent toutes les couleurs. On les emploie, selon leur nature, à divers usages : fabrication des briques et des poteries, apprêt des draperies, etc. Elles servent surtout à l'amendement des terres.
Engrais. — On peut donner le nom d'engrais à toutes les matières susceptibles d'améliorer la composition du sol cultivable et de le rendre plus fertile. Les engrais sont animaux (sang des animaux, cadavres, excréments, guano), ou végétaux (mauvaises herbes ou herbes qu'on sème pour être enfouies, varechs et fucus employés sur les côtes), ou mixtes (fumiers). On distingue ces engrais proprement dits des amendements, qui sont essentiellement inorganiques. La question des engrais et des amendements est de la plus haute importance en agriculture (v. ce mot). Mais on remarquera ici combien il est merveilleux que la nature tire un si bon parti des éléments de corruption qui lui sont abandonnés : la terre, d'où notre corps a été tiré, absorbe des cadavres et elle nous rend des moissons.
Liquide. — Les liquides diffèrent des solides en ce que leurs molécules jouissent d'une grande mobilité, qui leur permet de se mouvoir indépendamment les unes des autres ; et ils diffèrent des gaz en ce qu'ils ne tendent pas à occuper un espace aussi grand que possible : ils sont donc dépourvus ou à peu près de cette force d'expansion, de ce ressort qui rend les gaz comprimés parfois si redoutables (explosions de toute nature). Les liquides ne sont que légèrement compressibles. Ils sont plus ou moins fluides : de là les liquides aqueux, oléagineux, visqueux, etc.
Fusibilité. — Tous les corps solides sont fusibles, mais à des températures fort diverses : de là les différents degrés de fusibilité. La glace fond à 0 ; le phosphore, vers 44 ; l'étain, à 235 ; le plomb, à 335; le zinc, à 450; le bronze, à 900; l'argent, à 954; l'or, à 1035; le cuivre, à 1054; la fonte, vers 11 ou 1200; le platine, à 1775; l'iridium, à 1950. Absolument, il n'y a pas de corps rèfrac— taire.
Solubilité. — Tous les corps ne jouissent pas de la même solubilité dans un liquide donné. Ainsi le sucre, le sel commun, le salpêtre, le carbonate de sodium sont solubles dans l'eau; mais le sulfate de baryum, le carbonate de calcium sont insolubles. La cire, les résines, les graisses sont solubles dans l'éther. Certains gaz, comme l'acide carbonique, l'acide sulfureux, le gaz ammoniac, l'air atmosphérique, sont solubles dans l'eau.
Endosmose. — Lorsque deux liquides ayant de l'affinité l'un pour l'autre ou simplement miscibles, sont séparés par une membrane organique, ils traversent la membrane, mais inégalement, de façon qu'il y a accumulation do liquide d'un côté de la membrane et diminution de l'autre côté. Par exemple, si l'on immerge dans l'eau pure une vessie remplie d'une solution de sucre, lavessic