PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
pour asphyxier un petit oiseau; 1/100 fait périr un chien de forte taille. On purifie l'air qui en est infecté par le moyen du feu ou du chlore : le feu le décompose pour former de l'eau et de l'acide sulfureux; le chlore sépare instantanément l'hydrogène du soufre pour former de l'acide chlorhydrique.
Phosphore. — Cest un corps solide, incolore, translucide, très inflammable, dont la densité est de 1,77. Il fond à 44°, s'enflamme vers 60°, en produisant de l'acide phosphorique, et, à l'abri du contact de l'air, il fond à 290°. Le phosphore est employé dans les allumettes chimiques ; il paraît lumineux dans l'obscurité, et cette clarté est due à une combinaison lente avec l'oxygène de l'air, d'où résulte de l'acide phosphoreux. Le phosphore est si avide d'oxygène que, si on le fait brûler sous une cloche, il ne s'éteint que lorsque l'oxygène fait entièrement défaut. On extrait le phosphore des os des animaux, où il existe à l'état de phosphate de chaux.
Arsenic. — Ce corps est d'un gris d'acier, cassant, volatil, inodore et insipide, combustible; sa densité est environ de 5,63; il exhale, lorsqu'on le grille, une fumée blanche et une odeur alliacée. On donne vulgairement le nom d'arsenic, arsenic blanc, mort aux rats, à l'acide arsénieux, qui, pris en masse, est translucide, et réduit en poudre ressemble à du sucre pilé. L'arsenic entre dans une foule de médicaments, dont il est le principe actif; mais son emploi peut être dangereux. Il entre aussi dans un grand nombre de poisons. On pense que la fameuse aqua-tofana n'était qu'une solution déguisée d'acide arsénieux.
Bore. — C'est un corps simple, brun-verdâtre, infusible, inodore et insipide; il fut isolé en 1808 par Gay-Lussac et Thénard. On le tire du borax et de l'acide borique. Aujourd'hui on extrait l'acide borique le plus souvent du borate de chaux, qui se trouve en Asie Mineure. On se sert de l'acide borique, pour fabriquer le borax artificiel et vernir les poteries ; on en imprègne la mèche des bougies stéariques. Jadis, en médecine, on l'employait comme sel sédatif; on l'emploie maintenant comme antiseptique (eau boriquèe).
Chlore. — C'est un gaz jaune verdàtre, dont la densité est de 2,44, et qui se combine avec la plupart des métaux et des métalloïdes pour former des chlorures. Le sel ordinaire est un chlorure de sodium. Le chlore a pour l'hydrogène une si grande affinité qu'il décompose l'eau et l'acide sulfhydrique pour former de l'acide chlorhydrique. Ce dernier est un gaz incolore, d'une odeur forte et piquante, fumant à l'air et très soluble dans l'eau. L'eau régale, ainsi nommée parce qu'elle dissout l'or, qui est le plus précieux de tous les métaux, est un mélange de trois ou quatre parties d'acide chlorhydrique avec une partie d'acide azotique. Le chlore entre dans la composition du chloroforme et du chloral, qui sont des anesthésiques souvent employés. Le chloral est le premier anesthésique qui ait été administré à l'intérieur. L'avidité du chlore pour l'hydrogène fait qu'il détruit les matières colorantes, végétales et animales, et aussi les miasmes répandus dans l'air. De là son double emploi pour blanchir les tissus et comme désinfectant.
Brome. — C'est un liquide d'un rouge foncé ou pourpre, quand il est en couche épaisse, et d'une odeur très forte, semblable à celle du chlore. Sa densité est de 2,96; il bout à 47o et se solidifie à 20° au-dessous de zéro. Le brome attaque la plupart des matières organiques et ressemble au chlore par l'ensemble de ses propriétés. On le trouve en composition dans l'eau de mer et dans beaucoup d'eaux minérales. Les bromures ont beaucoup d'analogie avec les chlorures. Le bromure de potassium et le bromure de camphre sont employés en médecine :
le premier sert à combattre l'épilepsie; le second, qui est un hypnotique, ralentit les battements du cœur et s'emploie dans certaines maladies nerveuses.
Iode. — Ce corps se présente sous forme de paillettes d'un gris noir, brillantes, d'une odeur qui rappelle faiblement celle du chlore, et d'une saveur acre. Il fond à 114° et bout à 180", en répandant de belles vapeurs violettes très lourdes ; sa densité est de 8,72. Il est peu soluble dans l'eau, mais assez soluble dans l'alcool, avec lequel il donne la teinture d'iode, employée en médecine. Il tache en jaune les doigts, le papier et d'autres matières organiques. On peut extraire l'iode des cendres de plantes marines. On le trouve aussi, dans la nature, à l'état d'iodure et d'iodate L'iode est un médicament précieux comme antiputride, caustique et révulsif; on l'emploie pour la guérison du goitre et des scrofules. En chimie et en photographie, on utilise également ses propriétés.
Fluor. — Ce corps n'a été isolé qu'en 1886. C'est un gaz dont la densité est de 1,265 et dont la couleur, sous une grande épaisseur, est jaune verdàtre. Il décompose l'eau et attaque presque tous les métaux, avec lesquels il forme des fluorures. Avec l'hydrogène, il donne Yacide fluorhydrique, qui est très corrosif. 11 est le seul corps qui attaque la silice et ses combinaisons, comme le verre, la poterie, la porcelaine. Aussi ne peut-on le conserver que dans des vases de plomb ou de platine. On l'emploie pour graver sur verre.
Métal. — Los principales propriétés des métaux sont la densité, la ténacité, la malléabilité, la ductilité, la fusibilité, la conductibilité de la chaleur et de l'électricité, l'éclat, la couleur et la? forme cristalline. Tous les métaux, excepté le potassium et le sodium, pèsent plus que l'eau. Si la densité de l'eau est prise pour unité, la densité du platine est de 22 ; celle de l'or, 19; du mercure, 13; du plomb, 11 ; de l'argent, 10; du cuivre, 8; du fer, 7, etc. Le plus tenace des métaux est le fer. Les plus malléables sont : l'or, l'argent, le cuivre, l'êtain, le platine, le plomb, le zinc et le fer. Les plus ductiles sont : l'or, l'argent, le platine, le fer, le cuivre, le zinc, l'étain et le plomb. On voit que l'ordre de malléabilité diffère notablement de l'ordre de ductilité. Tous les métaux sont fusibles. Le mercure est liquide à la température ordinaire et ne devient solide qu'à — 39°. Le potassium fond à 58°; l'étain à 228° ; le plomb à 335° ; le zinc à 370° ; l'argent à 1022° ; le cuivre à 1092° ; l'or à 1 102° ; le fer à 21 18° ; le platine, ainsi que le chrome et plusieurs autres métaux, n'est fusible qu'au chalumeau à gaz hydrogène et oxygène. Le métal le plus conductible de la chaleur, c'est l'or. En exprimant cette conductibilité par 10,000, le platine obtient 9,810; l'argent, 9,730, etc. Le cuivre est le métal le plus conductible de l'électricité et obtient à son tour le maximum de 10,000, tandis que l'or arrive à 9,360 et le fer à 1,580, etc.
Les propriétés chimiques des métaux et spécialement le degré d'affinité qu'ils ont avec l'oxygène, permettent de les classer en sept groupes ou sections. La lre section comprend le potassium, le sodium, le lithium, le barium, le strontium, le calcium, etc. Ces métaux sont si avides d'oxygène, qu'ils décomposent l'eau à froid, en dégageant l'hydrogène. La 2e section comprend le magnésium, le manganèse, etc.; la 3e, le fer, le nickel, le cobalt, le chrome, le ~i,ic, etc. ; la 4e, l'étain, l'antimoine, etc.; la 5e, le cuivre, le plomb et le bis m uth ; la 6e, l'aluminium et le glucinium; la 7e enfin, le mercure, l'argent, le platine, l'or, etc. On trouve quelquefois certains métaux à l'état natif : ce sont ceux dont l'affinité pour l'oxygène est très faible, comme le mercure, l'or et l'argent; mais on trouve le plus grand nombre à