PARTIE LOGIQUE ET ENCYCLOPEDIQUE
Thèbes et sur l'Attique et bâti Eleusis. De son temps aurait eu lieu un déluge partiel, que les Grecs considéraient comme antérieur à celui de Deucalion. De son nom, la Béotie, où il avait régné, fut appelée Ogygie.
Triptoléme. — D'après la légende grecque, ce roi d'Eleusis donna l'hospitalité à Cérèsou Déméter, alors qu'elle parcourait le monde pour trouver sa fille. Il fut initié par elle à l'agriculture et suivit la déesse dans ses pérégrinations. Revenu en Attique, il enseigna aux habitants l'art qu'il avait appris et institua les mystères d'Eleusis.
Hellen. fils de Deucalion, est regardé comme la souche des Hellènes ou Grecs. Il régnait en Phthie, pays de Thessalie. Il eut trois fils : Eolus, Dorus et Xuthus, qui fut lui-même le père cYInn et à'Achœus. De là les Eoliens, les Doriens, les Ioniens et. les Achéens (v. peuple*).
Inachus, fondateur d'Argos, était donné par la mythologie comme fils de l'Océan et de Téthys. On l'a regardé comme le chef d'une colonie égyptienne ou libyenne, qui se serait établie dans l'ancienne Argolide. D'autres traditions en font un h^ros d'origine pélasgique. Inachus fut le père d'Io et l'ancêtre d Argus.
Argus. — Ce nom est donné à plusieurs personnages mythologiques. L'un fut le 4e roi d'Argos. Un autre descendait aussi d'Inachus, par Arestor, et avait 100 yeux. Junon lui confia la garde d'Io, qu'elle avait changée en génisse. Mercure l'endormit au son de sa flûte et lui coupa la tête. Alors Junon transporta les 100 yeux sur la robe du paon, oiseau qui lui est consacré.
Danaùs, Danaides. — Selon la légende grecque, Danaiis était fils de Bélus et originaire d'Egypte. Forcé de fuir Egyptus, son frère, il vint à Argos. où il fut élu roi. Danaùs avait 50 filles et Egyptus avait 50 fils. Celui-ci ayant voulu contraindre les 50 filles de son frère à épouser leurs cousin;', celles-ci convinrent avec leur père de tuer les maris qu'on leui imposait. Une seule, Hypermnestre, épargna son époux, Lyncée, qui régna après son beau père. Jupiter condamna les Danaïdes à remplir éternellement dans le Tartarc un tonneau sans fond. On a essayé d'expliquer ce mythe, en assimilant les Danaïdes aux nymphes des fontaines, et les fils d'Egyptus aux torrents.
Persée, fils de Jupiter et de Danaé, elle-même fille d'Acrisius, roi d'Argos, fut exposé sur les flots avec sa mère. Devenu grand, il vainquit les Gorgones et trancha la tête de Méduse. Du sang de ce monstre naquit Pégase. Monté sur Pégase, Persée délivra Andromède, que Neptune avait fait attacher à un rocher, pour être dévorée par un monstre marin. La légende raconte encore que Persée tua involontairement, sans le connaître, son grandpère, aux jeux de Larissa ; elle lui attribue la fondation de Mycènes, etc.
Be'lérophon. — D'après la légende de Corinthe, ce héros, ayant tué involontairement son frère, alla demander au roi d'Argos, Prœtos, de le purifier. Mais il fut accusé faussement, auprès de Prœtos, par la femme de ce dernier. Prœtos envoya alors Bellérophon chez son beau-père Iobate, roi de Lycie, avec des lettres, où il disait à Iobate de faire périr celui qui les lui présenterait. De là cette qualification de lettres de Bellérophon donnée aux lettres de recommandation perfides. Mais Iobate, ne voulant pas tremper les mains dans le sang de son hôte, se contenta de lui imposer des entreprises périlleuses, qui rappellent les travaux d'Hercule. Ce fut alors que Bellérophon, monté sur Pégase, combattit et vainquit la Chimère; il vainquit aussi lesSolymes, les Amazones et les plus vaillants héros de Lycie A ces signes, Iobate reconnut un fils des .lieux ; il lui donna sa fille en mariage et partagi a avec lui la royauté.
Caimus, fils du roi de Phénioie, Agénor, fut envoyé par son père à la recherche de sa sœur Europe, enlevée par Jupiter. Ne l'ayant pas retrouvée et n'osant reparaître devant son père, il se fixa en Thrace, puis en Béotie, où il bâtit la Cadmée, qui devint la citadelle de Thèbes. Cadmus passe pour avoir importé l'alphabet phénicien. Sa femme, Harmonie ou Hermione, initia les Grecs à la musique.
Amphion, fils de Jupiter et d'Antiope, femme de Lycos, roi de Thèbes, fut abandonné, avec son frère Zéthos, sur le mont Cithéron, et élevé par des bergers. Devenus grands, les deux frères s'emparèrent de Thèbes. Amphion reçut d'Apollon une lyre d'or, au son de laquelle il bâtit les remparts de Thèbes, les pierres venant d'elles-mêmes se poser les unes sur les autres. Il épousa Niobé, fille de Tantale; mais, désespéré de la mort de leurs enfants, il se tua.
Niobé, fille de Tantale, épousa Amphion, dont elle eut 7 fils et 7 filles, qui faisaient sa gloire. Ayant raillé Latone, qui n'avait que deux enfants, celle-ci fit tuer tous les enfants de sa rivale, par Apollon et Diane, qui les percèrent de flèches. Niobé, en les voyant périr, fut transformée en un rocher, qui, pendant l'été, versait des larmes. On a expliqué ce mythe, en disant que Niobé est une déesse de la nuée, vaincue par le soleil. L'art a souvent traité ce sujet mythologique.
Œdipe, fils de Laïus, roi de Thèbes, et de Jocaste, fut exposé sur le mont Cithéron, parce qu un oracle avait prédit à Laïus qu'il serait tué par son enfant. On retrouve ici la légende d'Amphion. Comme Amphion encore, Œdipe fut élevé par des bergers. Devenu grand, il tua son père sans le connaître, expliqua l'énigme du sphinx, devint roi de Thèbes et l'époux de Jocaste, sans savoir qu'elle fût sa mère, fut le père d'Etéocle et de Polynice, d'Antigone et d'Ismène. Ayant appris le secret de sa naissance, il se creva les yeux, pendant que Jocaste se pendait de désespoir, fut chassé par ses fils et mena une vie errante, conduit par la vertueuse Antigone. Cette légende a fourni à Sophocle le sujet de deux belles tragédies : Œdipe roi et Œdipe à Colon e.
Tirésias était fils de Phorbas, roi légendaire d'Argos. Frappé de cécité par les dieux, il reçut en retour l'esprit prophétique. Il joue un grand rôle dans beaucoup de fables de la Grèce primitive, et en particulier dans celle d'Œdipe. Les Thébains l'honorèrent comme un dieu, et il eut un oracle à Orchomène. Sa fille, Manto, fut prophétesse et prêtresse d'Apollon, à Thèbes; elle eut pour fils le devin Mopsus, rival de Calchas.
Adraste, roi d'Argos, reçut Polynice, fils d'Œdipe, chassé par son frère Etéocle, et lui donna sa fille en mariage. Il voulut, en outre, l'établir comme roi à Thèbes. De là la célèbre guerre des Sept Chefs. Les cinq autres, avec Adraste et Polynice, étaient : Tydée, le devin Amphiaraùs, Capanéc, Hippomédon, Parthénopée. La mort des sept chefs, hormis Adraste, fut prédite par Amphiaraùs, qui tenta vainement de ne pas suivre l'expédition. On sait comment Etéocle et Polynice s'entre-tuèrent pendant le siège. La guerre des Sept Chefs a été le sujet de plusieurs tragédies d'Eschyle et d'Euripide. La Thêbaïde est aussi le titre d'un poème épique de Stace et de la première tragédie de Racine.
Epigones. — C'est le nom donné aux fils des Sept Chefs qui, dix ans après la première guerre, vengèrent leurs pères en prenant et en détruisant Thèbes. Ils furent réunis par Adraste, seul survivant des sept chefs. Mais celui-ci perdit, dans la seconde guerre, son fils Egialée ; il en mourut de douleur.
Cécrops, premier roi d'Athènes, était peut-être
HISTOIRE
de race pélasgique. Cependant, d'après une tradition, il serait venu de Sais, en Egypte, avec une colonie. Il fonda les 12 bourgades de l'Attique, établit l'Aréopage, organisa le culte, développa l'agriculture et les autres éléments de civilisation.
Thésée, de même qu'Hercule, n'est qu'un héros légendaire, auquel on prête une foule d'aventures et d'exploits. 11 était fils d'Egée, roi d'Athènes, mais fut élevé secrètement par son aïeul maternel, le roi de Trézène. Il délivra la contrée de plusieurs monstres : Procuste, Cercyon etc., se fit reconnaître par Egée, qu'il défendit contre ses ennemis, alla en Crète et tua le Minotaure, après avoir pénétré dans lu labyrinthe, au moyen du fil d'Ariane. Mais il oublia, à son retour, de mettre des voiles blanches à son vaisseau, en signe de victoire ; son père, le croyant mort, en n'apercevant que des voiles njires, se jeta de désespoir dans la mer. Thésée gouverna sagement l'Attique, prit part à l'expédition des Argonautes, vainquit les Amazones, etc. Avec son ami Piiithoùs, il voulut enlever Proserpine, femme de Pluton ; mais les deux héros furent retenus captifs aux enfers, et Thésée lut condamné à rester assis éternellement. Lai "»gende ajoute cependant que Thésée fut délivré par Hercule. Thésée avait épousé Antiope, reine des Amazones, qui lui donna Hippolyte. Il épousa aussi la fille de Mi nos, Phèdre, qui accusa faussement Hippolyte auprès de son père et causa sa mort.
Godrus, dernier roi d'Athènes, se dévoua pour son peuple, en guerre avec les Doriens. Ayant appris par l'oracle que la victoire serait à celui des deux peuples dont le chef périrait dans la lutte, il se jeta dans la mêlée et y trouva la mort qu'il cherchait Les Athéniens ne croyant personne di^ne de lui succéder, confièrent l'autorité à des archontes, et d'abord au fils de Codrus, qui fut archonte à vie.
Amazones, femmes guerrières qui, d'après la fable, habitaient le Pont, d'où elles étendirent beaucoup leurs conquêtes. Elles eurent plusieurs reines célèbres : Antiope, qui attaqua Thésée ; Penthésilée, qui vint au secours de Priam et fut tuée par Achille. Afin qu'elles pussent manier plus facilement l'arc et le javelot, on brillait dès l'enfance aux futures Amazones la mamelle droite. Outre les Amazones d'Asie, il y eut des Amazones d'Afrique, qui furent vaincues et détruites par Hercule. Ces fables reposent peut-être sur cerlains faits réels, si l'on songe qu'il a existé, en Bohême, au VIIIe siècle, de véritables amazones, qui répandirent la terreur dans les pays voisins, et que les troupes les plus redoutables des rois de Dahomey étaient composées de femmes guerrières.
Minos. célèbre législateur des Cretois, était fils de Jupiter et d'Europe, fille d'un roi de Phénicie. Il gouverna la Crète avec tant de sagesse qu'il devint, après sa mort, juge des Enfers, avec Eaque et Rhadamante. — Un autre Minos, son petit-fils, fut aussi roi de Crète. Il épousa Pasiphaé, dont il eut Phèdre, Ariane et un fils, que les Athéniens firent périr. C'est pourquoi il leur imposa un tribut annuel de 7 jeunes gens et de 7 jeunes filles, destinés à être dévorés par le Minotaure. Ce monstre était enfermé dans un labyrinthe, construit par Dédale, qui lui-même y fut emprisonné avec Icare, son fils.
Argonautes, héros qui, sous la conduite de Jason, partirent d'Iolchos, en Thessalie, et allèrent conquérir la Toison d'or, gardée par un roi de Colchide. Les plus célèbres étaient : Hercule, qui so sépara de ses compagnons, Castor et Pollux, Orphée, Lyncée, Tydée, Tiphys, pilote du navire Argo, qui servit à l'expédition. Apollonius de Rhodes a raconté dans son poème, les Argonautiqu.ee, les aventures des 50 héros grecs, qui, après s'être emparés de la Toison d'or, grâce à Médee, revin-
rent en Grèce par des contrées inconnues, peut-être par la Volga, la Baltique et la Méditerranée.
Orphée, poète et musicien de la Fable, était fils d'un roi de Thrace et de Calliope, ou d'Apollon et de Clio. Il fut le compagnon des Argonautes et, après leur expédition, l'époux malheureux d'Eurydice. Celle-ci étant morte de la piqûre d'un serpent, Orphée obtint de Pluton, qu'il avait charmé par ses chants, de la ramener des enfers, à condition de ne la regarder qu'au sortir du Tartare; il la perdit, en désobéissant. De retour en Thrace et ne cessant d'exhaler sa douleur, il fut mis en pièces par les femmes de ce pays, furieuses de se voir méprisées; elles jetèrent sa tête et sa lyre dans l'Hôbre, et le flot les porta jusqu'à Lesbos, qui depuis lors a vu naître tant de poètes. Plus tard on prétendit qu'Orphée avait institué des mystères, où l'on dévoilait aux initiés des vérités sublimes.
Her ule, nom de plusieurs héros mythologiques, dont le plus célèbre est l'Hercule grec, fils de Jupiter et d'Alcinène (v. dieux). Son frère Eurysthée lui imposa 12travaux fameux, qui furent glorieusement accomplis. 1° Il étouffa le lion de Némée; 2° il tua l'hydre de Lerne ; 3° il prit vivant le sanglier d Erymanthe; 4° il atteignit à la course la biche aux pieds d'airain; 5° il tua à coups de flèches les oiseaux du lac Stymphale; 6" il dompta le taureau de l'île de Crète envoyé par Neptune contre Minos; 1" il tua Diomède, roi de Thrace, qui nourrissait ses chevaux de chair humaine; 8° il vainqu.t les Amazones; 9° il nettoya les écuries d'Augias, en détournant le fleuve Alphée ; 10 il combattit et tua le géant Géryon ; 11° il enleva les pommes d'or du jardin des Hespérides ; 12° enfin il délivra Thésée des enfers. Il accomplit en outre une foule d'exploits : il étouffa dans ses bras le géant Antée,filsde la Terre, qui reprenait de nouvelles forces toutes les fois que le héros le terrassait; il ouvrit le détroit de Gibraltar, en séparant les montagnes de Calpé et d'Abyla, appelées colonnes d'Hercule; enfin il tua le centaure Nessus ; mais cette victoire causa sa mort. Déjanire lui envoya une tunique trempée dans le sang du centaure. Hercule l'eut à peine revêtue, qu'il se sentit consumé par d'atroces souffrances; il se jeta dans un bûcher sur le mont zEta.
Héraclides. — Après la mort d'Hercule, ses descendants, les Héraclides, furent chassés de Tirynthe et du Péloponèse par Eurysthée. Après plusieurs tentatives, qui échouèrent, ils réussirent enfin à rentrer dans le pays et à en faire la conquête. Leurs chefs (v. Aristodème, Eurysthène, Proclès, Cresphonte, etc.) régnèrent à Lacédémone, à Argos et en Messénie. Sous cette légende, il faut voir, sans doute, l'invasion du Péloponèse par les Doriens, qui se soumirent la population achéenne, peut-être dès le XIIe siècle.
Atrides. — C'est le nom patronymique d'Agamemnon et de Ménélas, fils ou petit-fils d'Atrée, lui-même descendant de Pélops et de Tantale. Les crimes les plus épouvantables et les malheurs les plus tragiques qui remplissent l'histoire de cette famille, ont fourni de riches sujets aux poètes grecs, à Sophocle et à Eschyle. Parfois on a vu, dans ces légendes, de simples mythes solaires. Mais on peut aussi y reconnaître le souvenir de crimes qui trop souvent ensanglantèrent le berceau des dynasties et des peuples.
Agamemnon, roi d'Argos et de Mycènes et frère de Ménélas, épousa Oytemnestre, sœur d'Hélène. Le Grecs ['(''lurent pour leur chef suprême dans la guerre de Troie; ce qui l'a fait appeler le roi des rois. Longtemps la flotte des Grecs, réunis à Aulis pour cette célèbre expédition, fut retenue par des vents contraires. Ils ne cessèrent que lorsque Agamemnon eut consenti à sacrifier sa fille Iphigénie, sur l'avis du devin Calchas. Devant Troie,